DJANGO UNCHAINED : Il était une fois Tarantino

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djangounchainedafficheAprès une vaine tentative le week-end dernier, hier j’ai enfin pu voir, que dis-je contempler, le nouveau film de Quentin Tarantino, Django Unchained. Attention le D est muet… Bref, l’attente fut longue car entre les réunions, les séances de vœux et mon sport obligatoire, je n’avais pas pu caser une séance pendant la semaine. Mais tout vient à point à qui sait attendre comme dit le dicton et ma patience fut récompensée par un spectacle toujours aussi jouissif et toujours réalisé avec un brio proprement prodigieux.

King Schultz est chasseur de primes. Pour pouvoir reconnaître une de ces cibles, il libère Django, un esclave qui l’a côtoyé dans la plantation où il travaillait précédemment. Une fois cette première mission accomplie, les deux hommes vont s’associer le temps d’un hiver, formant un duo particulièrement efficace. Mais Django ne pense qu’à une seule chose : retrouver et délivrer sa femme, elle aussi esclave, dont il a été séparé. Son compagnon décide alors de l’aider dans son entreprise.

Django Unchained est un Tarantino, un vrai Tarantino, rien qu’un Tarantino. Si l’univers du western n’avait pas encore été exploré par le réalisateur américain, il lui applique tout ce qui a fait son succès. Il reprend tous les codes du genre (enfin du côté western spaghetti, pas version John Ford) pour les approprier, les réutiliser pleinement sans les parodier mais en les poussant plus haut, plus loin, plus fort, le tout avec un talent inédit pour un film du genre… Enfin presque inédit parce que le western spaghetti a quand même connu Sergio Leone…

La force de Django Unchained, comme tous les films de Tarantino, est qu’il est incroyablement jouissif vu au second degré, sans que ce dernier ne soit justement apparent. On est face à un film qui ne se prend jamais au sérieux, mais qui est réalisé avec le plus grand sérieux. Cela donne quelques scènes absolument incroyables. On découvrira par leur intermédiaire que les membres du Klu Klux Klan forment vraiment une bande d’abrutis ou qu’il ne faut pas se contenter de compter le nombre de balles tirées, mais aussi le nombre de pistolets… On est face à un film qui deviendra forcément culte, dont on pourra revoir des passages encore et encore, sans jamais se lasser.

Django Unchained est aussi typique du style Tarantino dans sa construction. On retrouve une nouvelle fois ces longs dialogues, interminables pour certains, qui précédent une déchaînement de violence spectaculaire. Cela constitue vraiment sa marque de fabrique. C’est vrai que cela tourne quelque peu au tic et que certains peuvent trouver ça relativement insupportable (si, si, j’en connais…). Mais c’est tellement bien fait, les échanges verbaux ou à coup de pistolets sont tellement savoureux, qu’on en redemande encore et encore !

Django Unchained est aussi un Tarantino typique parce qu’il est porté par une réalisation une nouvelle fois sublime. Chaque plan, chaque angle de caméra, chaque éclairage démontrent une maîtrise artistique hors du commun. Ces petits riens qui font le génie, le vrai, pas celui qui se voit par des effets spectaculaires. C’est de mon point de vue ce qui fait encore la différence entre Quentin Tarantino et Christopher Nolan. Bref, c’est beau, c’est parfait, c’est quasi magique. Ce film est une nouvelle bouffée de cinéma à l’état brut, du 7ème art en intraveineuse comme seul le réalisateur de Pulp Fiction sait nous en proposer.

Comme tous les Tarantino, Django Unchained, c’est aussi une bande-originale qui déchire, comme disent les jeunes. Bon, on m’avait parlé d’une tuerie (je cite!), je m’attendais donc à un chef d’œuvre au niveau de Pulp Fiction ou Kill Bill, volume 1 à ce niveau-là. Je l’ai trouvé quand même un petit ton au-dessous, alors j’ai ressenti une très légère déception. Cependant, si on regarde les choses objectivement et dans l’absolu, elle reste tout de même constellée de petits bijoux, comme seul Tarantino sait en dégoter. Et surtout, elle s’intègre toujours aussi bien dans la construction globale du film, ne venant pas simplement s’ajouter aux images, mais en devenant un élément constitutif. De ce point de vue-là, seul Kubrick savait faire aussi bien.

djangounchainedDjango Unchained restera dans la série des Tarantino purement divertissants. Certains diront mineur, mais je ne souhaite pas accoler un tel adjectif à un tel film, même si cela reste relatif à la carrière d’un vrai génie. Pour moi, il se rapproche de Boulevard de la Mort dans l’enthousiasme dont fait preuve le réalisateur à faire revivre les séries B qui ont marqué sa jeunesse. Le film n’a en fait rien d’innovant, il est plutôt un hommage à un cinéma populaire qui contribue largement à la richesse du 7ème art. Mais un bien bel hommage.

Django Unchained nous propose un casting comme Quentin Tarantino est capable d’en rassembler. Après l’avoir découvert dans Inglourious Bastards, il offre à Christoph Waltz un rôle à la mesure de son immense talent. Cet acteur est définitivement génial, rendant les répliques les plus anodines terriblement percutantes ou drôles. Jamie Foxx est égal à lui même, incarnant parfaitement son personnage. Leonardo Di Caprio fait preuve de son charisme habituel, ce qui n’est pas peu dire. La grande surprise vient de Samuel L. Jackson, l’habitué des films de Tarantino, qui livre là un numéro d’acteur comme il en a rarement offert. Il est tout simplement génial et presque méconnaissable ! Bref, un casting irrésistible !

Quentin Tarantino est grand ! Vive Tarantino ! Vive Django Unchained !

Fiche technique :
Production : Sony Pictures, The Weinstein Company
Distribution : Sony Pictures Relasing France
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Montage : Fred Raskin
Photo : Robert Richardson
Décors : J. Michael Riva
Maquillage : Heba Thorisdottir
Directeur artistique : Page Buckner, David F. Klassen, Mara LePere-Schloop
Durée : 164 mn

Casting :
Samuel L. Jackson : Stephen
Leonardo DiCaprio : Calvin Candie
Christoph Waltz : Dr King Schultz
Jamie Foxx : Django
Kerry Washington : Broomhilda
Walton Goggins : Billy Crash
Dennis Christopher : Leonide Moguy

ALCESTE A BICYCLETTE : Misanthrope²

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alcesteabicycletteafficheN’ayant pas pu aller voir Django Unchained pour cause de séance complète, je me suis rabattu sur Alceste à Bicyclette. Je préfère vous prévenir, il y a nettement moins d’action. Le duo d’acteurs qui se partagent l’affiche m’avait donné envie, même si j’avais un peu peur que cela finisse en cabotinage insupportable. Au final, il fonctionne plutôt bien. Mais il reste bien des défauts à ce film pour un résultat final plutôt moyen.

Gauthier Valence connaît un grand succès dans son rôle de chirurgien dans une série télévisée. Il rêve néanmoins de montrer une pièce de théâtre, le Misanthrope de Molière. Il souhaite avoir à ses côtés sur scène Serge Tanneur, avec qui il a tourné plusieurs films. Le seul problème est que ce dernier vit désormais reclus sur l’Ile de Ré. Mais comment pourrait-il refuser un rôle qui lui ressemble tant ?

Le premier problème de Alceste à Bicyclette est un réel manque de rythme, causé par trop d’éléments inutiles qui n’apportent rien, mais ralentissent constamment l’intrigue principale. Les personnages secondaires sont notamment trop absents, trop mal utilisés pour que leur intervention soit vraiment justifiée et pertinente. Le meilleur exemple reste la jeune fille qui débute une carrière dans le X, intervenant dans une scène totalement superflue dont on cherche encore l’intérêt. Bref, Philippe Le Guay n’a pas su choisir entre un vrai enrichissement par des intrigues secondaires à la réelle épaisseur et un choix assumé de se concentrer uniquement sur les deux protagonistes principaux. Comme souvent, l’entre-deux ne donne rien de bon.

Le deuxième problème d’Alceste à Bicyclette est que l’intrigue principale en question ressemble plutôt à un simple prétexte au cabotinage des deux acteurs vedettes. Certes, ils le font au final très bien, j’y reviendrai, mais cela aboutit à une conclusion qui n’arrive pas à donner un sens et un intérêt à l’ensemble. On reste un peu sur notre faim car on avait appris à aimer les deux hommes et aurait vraiment apprécié de voir leur performance récompensée par une fin plus convaincante.

Troisième problème, qui découle d’ailleurs quelque peu des deux premiers, est qu’Alceste à Bicyclette n’arrive pas à choisir entre la franche comédie et un propos plus profond. Les deux n’auraient pas été incompatibles, le cinéma français nous a quand même souvent proposé de très bonnes comédies de mœurs. Mais dans le cas qui nous intéresse, aucun des deux aspects n’est vraiment abouti, alourdi par la sensation que Philippe Le Guay cherche désespérément le ton juste.

alcesteabicyclettePar contre, Alceste à Bicyclette m’a fortement envie de me remette au théâtre. Bon, c’est un sentiment qui revient régulièrement chez moi (notamment quand j’y vais…), mais voir les deux hommes répéter, apprivoiser le texte, jouer avec les mots, chercher le ton le plus juste m’a rappelé quelques souvenirs. D’ailleurs, on ressort de ce film avec une folle envie de voir une représentation du Misanthrope ! Ce film, même moyen, vous fera infiniment plus aimer Molière que tous les cours de français du monde.

Ce qui finalement permet à Alceste à Bicyclette d’être un film qui peut se laisser voir un soir de pluie reste le savoureux duo formé par Lambert Wilson et Fabrice Luchini. Il fonctionne à la perfection, notamment parce que le second est vraiment dirigé et ne sombre jamais dans les insupportables cabotinages qu’il nous a parfois proposé. De ce point de vue là, le travail de Philippe le Guay est à saluer. Quant au premier, il fait preuve de sa classe habituelle et elle est éclatante.

Au final, il manque un vrai film autour des deux acteurs principaux. Ces derniers sont excellents mais ne peuvent à eux-seuls donner un profond intérêt à Alceste à Bicyclette.

Fiche technique :
Production : Pathé, les Films des Tournelles, Appaloosa, France 2 Cinéma
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Philippe Le Guay
Scénario : Philippe Le Guay, sur une idée de Fabrice Luchini
Montage : Monica Coleman
Photo : Jean-Claude Larrieu
Décors : Françoise Dupertuis
Musique : Jorge Arriagada
Costumes : Elisabeth Tavernier
Durée : 104 mn

Casting :
Fabrice Luchini : Serge Tanneur
Lambert Wilson : Gauthier Valence
Maya Sensa : Francesca
Laurie Bordesoules : Zoé
Vamille Japy : Christine
Annie Mercier : Tamara
Ged Marlon : Meynard
Christine Murillo : Madame Françon
Josiane Stoléru : Raphaëlle La Puisaye

THE MASTER : Master and Commander

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themasteraffichePremier film événement de l’année 2013, The Master est arrivé sur nos écrans. Très remarqué à la dernière Mostra de Venise, il pourrait offrir à une partie de son casting quelques statuettes lors de la prochaine cérémonie des Oscars. Un long métrage très attendu donc (enfin quand même moins que le nouveau Tarantino, il ne faut pas déconner!), mais qui, autant le dire tout de suite, m’a profondément fait chier… Reste maintenant à expliquer un peu plus en détail pourquoi…

Freddie Quel revient de la guerre dans le Pacifique légèrement perturbé. Enfin plus que légèrement… Instable et violent, il semble partie pour une vie d’errance et d’expédients. Un soir, complètement saoul, il s’embarque clandestinement sur un bateau. Le navire a été loué par Lancaster Dodd, le chef spirituel d’un mouvement appelé la Cause. Ce dernier va prendre Freddie sous son aile… ou plutôt en faire un cobaye.

Aux Etats-Unis, The Master a beaucoup fait parler de lui car l’histoire est largement inspiré par celle du fondateur de la scientologie. Ceci n’a évidemment guère plu à la secte qui a fait enfler la polémique. Paul Thomas Anderson a eu beau contester le parallèle, il est pourtant évident. Si les péripéties du film sont purement fictives, elles font tout de même écho à des situations bien réelles présentes et passées.

Que l’on considère ce film comme une pure fiction ou non, il souffre d’un grave défaut qui m’a laissé en dehors de l’histoire tout du long. Et quand un film dure 2h17, tout du long, c’est très long ! Le personnage principal a certes de bonnes excuses pour être quelque peu perturbé, mais il est avant tout hautement antipathique. Du coup, on a bien du mal à ressentir une forte empathie face à son parcours et tout ce que le gourou va lui faire subir. Peut-être que je n’ai pas de cœur, mais j’avoue que ce film ne m’a tout simplement pas touché. Et vu la nature de l’histoire, cela conduit forcément à un désintérêt certain.

Un autre défaut de The Master est son aspect purement descriptif, pour ne pas dire contemplatif. Certes, Paul Thomas Anderson cherche à dénoncer par l’exemple, mais il ne nous livre pas réellement de point de vue. On peut y voir une force car cela oblige le spectateur à arriver à ses propres conclusions, sachant qu’il a peu de chance de se dire « oh quel chic type ce gourou ! » . D’un autre côté, cela confère à ce film un rythme assez monotone où les évènements s’enchaînent sans sembler nous mener où que ce soit.

Paul Thomas Anderson réalise de toute façon des films qui laissent rarement indifférent (et qui sont généralement assez longs). Personnellement, j’étais plutôt fan, surtout de Punch Drunk Love et There Will Be Blood. En fait, The Master m’a fait la même impression mitigée que Magnolia, que j’avais déjà trouvé particulièrement maîtrisé artistiquement, mais développant un propos qui m’avait personnellement laissé largement indifférent. En fait, la réalisation est peut-être justement trop parfaite, trop académique, pour ne pas dire trop lisse.

themasterEn tout cas, Paul Thomas Anderson reste un formidable directeur d’acteurs. Il faut dire qu’il sait toujours s’entourer d’un casting de très haut niveau. Joaquin Phoenix et Phillip Seymour Hoffman ont été justement récompensés à Venise (ce qui a d’ailleurs coûté le Lion d’Or au film, la règle étant de ne pas donner plusieurs prix à un même film). Mais si leur performance est impressionnante, demandant un investissement à la fois mental et physique hors du commun. Cependant, comme tout le reste dans ce film, cela n’arrive pas à dépasser l’admiration pour passer au stade de l’émotion.

Autant le dire, The Master m’a déçu. Un film trop long, trop froid, qui laisse trop le spectateur en dehors de l’histoire pour qu’il puisse vraiment l’apprécier.

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company JoAnne Sellar, Ghoulardi Film Company, Annapurna Pictures
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Paul Thomas Anderson
Scénario : Paul Thomas Anderson
Montage : Leslie Jones, Peter McNulty
Photo : Mihai Malaimare
Décors : Jack Fisk, David Crank
Musique : Jonny Greenwood
Durée : 137 mn

Casting :
Joaquin Phoenix : Freddie Quell
Philip Seymour Hoffman : Lancaster Dodd
Amy Adams : Peggy Dodd
Laura Dern : Helen Sullivan
Jesse Plemons : Val Dodd
Rami Malek : Clark

MANAC : Dérangeant mais vain

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maniacafficheJ’ai été voir Maniac pour trois raisons. D’abord, les bonnes critiques, inhabituelles pour un film de ce genre. Ensuite, ma culture dans ce genre cinématographique connaît de sérieux trous et il y a de nombreux classiques que je n’ai pas vu. Il est donc important de ne pas rater les nouvelles productions susceptibles de le devenir ! Ensuite, je maintiens que la performance d’Elijah Wood dans le Retour du Roi a été bien trop éclipsée par le déluges d’effets spéciaux et d’action. J’ai donc toujours plaisir à le revoir. Trois bonnes raisons… Mais de mon point de vue, un mauvais film…

Frank est un garçon renfermé qui vit seul dans sa boutique, spécialisée dans la réparation de vieux mannequins. Son hobby ? Serial killer, collecteur de scalps de jeunes et jolies jeunes filles. Il faut dire que feu sa maman a un peu perturbé son rapport avec la gente féminine. Mais un jour, il croise la route d’Anna, une photographe qui semble fascinée par son travail et semble pouvoir le comprendre. Pourra-t-il créer une relations normale avec elle ?

Le style de la réalisation de Maniac tient en deux mots : caméra subjective. En effet, le film est tourné comme si les yeux du tueur était la caméra. On passe de temps en temps devant des miroirs pour se rappeler que l’acteur principal est bien Elijah Wood, mais sinon on voit ce qu’il voit, en plus de quelques flashbacks. Le principe n’est pas inintéressant, mais utilisé tout au long de l’heure et demi que dure le film, il devient lassant et on aimerait parfois voir les événements d’une autre façon. Enfin, disons que c’est un parti pris du réalisateur et il va jusqu’au bout, on peut au moins respecter la démarche.

Comme on voit tout ce que voit le tueur, Maniac est particulièrement cru puisqu’il nous permet de voir très en détail les mutilations post-mortem qu’il pratique sur ses victimes. C’est parfois assez gore, âmes sensibles s’abstenir ! Cela en est même parfois dérangeant, mais comme elles se répètent à plusieurs reprises, là aussi l’impact décroit progressivement. Tout comme l’intérêt que l’on porte à cette histoire.

En fait, Maniac se distingue quand même par son personnage principal. Frank est un psychopathe qui aurait pu être beaucoup plus marquant s’il apparaissait dans un meilleur film. Il n’a rien du sadique cruel et sûr de lui, à la Hannibal Lecter. Il est plutôt du genre pauvre type perturbé, qui ne gère pas du tout ses pulsions, mais qui même sans cela ne semblerait pas aller très bien. Le problème est qu’il est strictement impossible de s’y attacher et, comme tout le film nous fait partager son regard, on a bien du mal à profiter du spectacle.

maniacEn fait, j’ai surtout trouvé Maniac dérangeant et malsain, mais au final de manière assez gratuite. Le rapport entre le tueur et sa mère fait un peu psychologie de bas étage et n’arrive pas vraiment à donner une épaisseur à tout cela. Visiblement, certains l’ont perçu, moi j’ai surtout trouvé le temps long, pour ne pas dire pénible. En plus, tout cela se prend désespérément au sérieux !

Maniac me conforme par contre dans l’opinion qu’Elijah Wood est un acteur qui mériterait des rôles plus intéressants et surtout mieux dirigés. Ce rôle n’avait rien de facile et il s’en sort de manière convaincante, même si ce n’est pas pour ça que cela rend le personnage plus « aimable » ou le propos plus intéressant. On appréciera aussi le charme discret de la Nora Arzemeder, seul raison de se réjouir dans ce film en fait.

J’ai donc été loin d’apprécier Maniac. Un film qui mal à l’aise comme jamais, mais finalement de manière totalement vaine.

Fiche technique :
Production : Aja/Levasseur Productions, La Petite Reine, Studio 37, Blue Underground, Ciné+
Réalisation : Franck Khalfoun
Scénario : Alexandre Aja, Grégory Levasseur, C.A. Rosenberg, d’après le scénario de Joe Spinell
Montage : Baxter, Franck Khalfoun
Photo : Maxime Alexandre
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Musique : Rob
Durée : 93 mn

Casting :
Elijah Wood : Frank
Nora Arnezeder : Anna
Sammi Rotibi : Jason
America Olivo : la mère de Frank
Liane Balaban : Judy
Freedom : le policier

RENOIR : Le crépuscule des peintres

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renoirafficheLes chiens ne font pas des chats, mais parfois un peu quand même. La famille Renoir peut en fait illustrer les deux versions du proverbes. En effet, on peut considérer qu’un immense artiste a engendré un immense artiste, ou bien qu’un peinte a engendré un cinéaste. Comme quoi tout est relatif, comme dirait Albert. En tout cas, toute cette belle famille nous a donné un bien beau film pour débuter l’année, sobrement intitulé Renoir.

Au cœur de la guerre 14-18, la jeune et belle Andrée se rend à la propriété d’Auguste Renoir, désormais perclus de rhumatismes, pour proposer ses services comme modèle. Dans la maison, les domestiques et le jeune fils du maître lui font vite comprendre qu’il s’agit d’un emploi qui l’emmènera très certainement dans le lit du peintre. Mais c’est sans compter le retour de Jean, blessé à la cuisse au cours du conflit.

Renoir est un film aux thématiques nombreuses et riches. Il faut dire qu’avec deux tels personnages, il y a de quoi faire. Certes à cette époque, Jean Renoir n’était qu’un simple soldat convalescent qui rêvait vaguement de cinéma. Mais cela n’empêchera pas très vite de voir naître une rivalité entre le fils et le père. La belle Andrée en sera bien sûr le catalyseur, mais le propos va plus loin, car le thème de la figure paternel écrasante existe même sans la jeune fille.

Mais Renoir est bien plus qu’un simple triangle amoureux ou un énième film sur les relations père-fils. Il nous parle aussi de rapports sociaux, du poids des convenances, du désir d’émancipation, de la déchéance physique ou à l’inverse des ambitions et des rêves de jeunesse. Mais il parle aussi évidemment avant tout de l’acte de création. Et on ne peut que constater encore une fois que ce processus est particulièrement cinégénique. On ne compte plus les beaux films qui font leur élément central (Frida, Séraphine, Ivre de Femmes et de Peintures…). On en a un nouvel exemple ici.

On peut cependant reprocher à Renoir un léger aspect contemplatif qui nuit quelque peu au rythme du film. On ne s’ennuie pas vraiment, mais le scénario offre un long moment de flottement en son milieu où ni la situation, ni les personnages n’évoluent vraiment, ou du moins assez lentement. Le film n’est pas spécialement long, il est très riche, mais on peut cependant trouver que le propos manque quelque fois un peu d’épaisseur. Mais comme chacun trouvera une thématique qui lui parle, on peut tout de même apprécier ce film pour de multiples raisons.

On peut également apprécier Renoir parce que c’est un beau film. Il est évidemment difficile de parler de peinture et de création artistique, si les images ne possèdent pas elles-mêmes des qualités esthétiques. La réalisation de Gilles Bourdos reste sobre, mais surtout subtile. Il arrive à nous faire saisir ce qui charme le regard du grand peintre. Des paysages bien sûr, mais aussi et même surtout le corps de la belle Andrée. La caméra épouse la vision de l’artiste, une vision partagée entre désir primaire et l’amour de ce qui est tout simplement beau. Cela passe aussi d’ailleurs par de très bons dialogues.

renoirRenoir nous propose une vraie révélation en la personne de Christa Théret que l’on avait découvert il y a quelques années dans le sympathique Et Toi, t’es Sur Qui ? En plus d’être tout simplement sublime, elle dégage un charisme sur lequel repose une large partie du film. Sa carrière devrait prendre une nouvelle dimension et méritera d’être suivie. On ne n’en dirai pas autant de Vincent Rottiers dont la performance est convaincante, mais sans être particulièrement brillante. Tout cela sous le regard d’un Michel Bouquet qui ne rajeunit pas et qui, après le Promeneur du Champs de Mars, nous livre encore une fois une interprétation sublime d’un personnage historique au crépuscule de sa vie.

Renoir confirme que peinture et cinéma font toujours bon ménage. Un beau film sur la création et l’amour. Mais peut-il exister l’un sans l’autre ?

Fiche technique :
Titre : Renoir
Réalisation : Gilles Bourdos
Scénario : Gilles Bourdos, Michel Spinosa et Jérôme Tonnerre
Directeur de la photographie : Mark Ping Bing Lee
Montage : Valérie Deloof, Cyril Holtz et Yannick Kergoat
Direction artistique : Elsa Pharaon
Musique : Alexandre Desplat
Production : Olivier Delbosc et Marc Missonnier
Producteur exécutif : Christine De Jekel
Durée : 1 h 51

Casting :
Michel Bouquet : Auguste Renoir
Christa Theret : Andrée Heuschling
Vincent Rottiers : Jean Renoir
Thomas Doret : Coco
Romane Bohringer : Gabrielle
Michèle Gleizer
Carlo Brandt : Dr Prat
Hélène Babu : Odette
Stuart Seide : Dr Barnes
Paul Spera : Secrétaire de Barnes

BATMAN BEGINS : Faux départ !

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batmanbeginsaffichePour toucher du doigt la perfection, il faut beaucoup de travail et d’entraînement. Pour livrer un pur chef d’œuvre du 7ème art comme The Dark Knight, il fallait bien quelques brouillons de bien moindre qualité. Ils aurait pu rester à jamais sur le papier ou bien être tout de même porté sur pellicule. Ce fut le cas de Batman Begins, un film où Christopher Nolan explore les origines de l’homme chauve-souris. Et le fait assez mal…

Bruce Wayne croupit au fond d’une geôle asiatique, après avoir fui un Gotham City rongé par la corruption, qui a vu le meurtrier de ses parents sortir prématurément de prison. Il est libéré par l’intermédiaire d’un mystérieux personnage qui lui propose de le mettre à l’épreuve pour voir s’il est digne de poursuivre un entraînement lui procurant la force de combattre le mal. Mais les intentions de son maître d’arme apparaissent vite beaucoup plus ambiguës qu’il n’y paraît.

Batman Begins est divisé en deux aspects bien distincts. Le premier est la manière donc le jeune Bruce Wayne est devenu Batman, comment il a crée son propre personnage et pourquoi il s’est placé sous le signe de la chauve-souris, animal qui ne fait pas vraiment rêver à la base. Tous les fans plus ou moins absolus de ce super-héros seront heureux de voir comment tout cela a commencé, car il est vrai que ses origines sont moins célèbres que celles d’un Superman ou d’un Spiderman.

Mais à côté de ça, il faut bien que ce héros débutant soit confronté à des premiers ennemis et une première menace planant sur Gotham. Et c’est là que les choses se gâtent ! Cet aspect de Batman Begins n’a pas le temps d’être assez développé pour être vraiment intéressant. Du coup, cela donne l’impression d’être là juste pour que le film soit assez long. Les méchants n’ont pas de profondeur et laissent passablement indifférents. Il est vrai que rien ne peut rivaliser avec le Joker de The Dark Knight, mais le mal est plus profond. Le récit, au moins dans cette partie, est tout simplement médiocre.

Je mentirai si je disais que je me suis ennuyé devant Batman Begins. Il se passe toujours quelque chose, les scènes d’actions sont nombreuses et souvent spectaculaires. Mais il manque vraiment uns souffle épique pour que tout cela prenne véritablement une autre dimension. Même notre héros avec des allures de jeune premier hésitant ne nous séduit pas, car on l’aime généralement pour sa noirceur et son ambiguïté qui ne sont qu’esquisser.

Il faut cependant regarder Batman Begins pour ce qu’il est désormais, c’est à dire la première partie d’une trilogie tout de même magnifique dans son ensemble. Ces débuts sont moyens mais posent bien les fondations qui permettront à The Dark Knight et The Dark Knigth Rises de voir le jour et de donner à la vision de Christopher Nolan toute sa profondeur et tout son impact. J’aurais sûrement encore moins aimé ce film si je l’avais vu avant les autres et non après. Mais tout de même, il reste trop de faiblesses et d’insuffisances pour être totalement magnanime.

batmanA l’image de son réalisateur, Christian Bale semble un peu hésitant dans son costume de chauve-souris. En fait c’est tout le casting de Batman Begins qui, comme le film dans son ensemble, ne semble jamais vraiment convaincu par ce qu’il joue et donc jamais vraiment convaincant. Liam Neeson nous livre encore un rôle de mentor et ce n’est sûrement pas son meilleur. Katie Holmes est bien gentillette mais un peu transparente. Seul Cillian Murphy arrive à mettre un peu de folie et de conviction dans son personnage.

Batman Begins ne laissait donc pas présager l’immense réussie qu’allait représenter la trilogie de Christopher Nolan. Avec un peu de recul, les prémisses étaient bien là… Mais trop isolés dans des éléments bien trop médiocres…

Fiche technique :
Production : Syncopy
Distribution : Warner Bros.Pictures
Réalisation : Christopher Nolan
Scénario : Christopher Nolan et David S. Goyer
Montage : Lee Smith, A.C.E
Photo : Wally Pfister, A.S.C
Décors : Nathan Crowley
Son : David G. Evans, Stephan Henrix
Musique : Hans Zimmer, James Newton Howard
Effets spéciaux : Janek Sirrs, Dan Glass
Costumes : Lindy Hemming
Maquillage : Peter Robb-King
Directeur artistique : Simon Lamont
Durée : 139 mn

Casting :
Christian Bale : Bruce Wayne / Batman
Michael Caine : Alfred
Liam Neeson : Ducard
Katie Holmes : Rachel Dawes
Gary Oldman : Jim Gordon
Cillian Murphy : Dr. Jonathan Crane
Tom Wilkinson : Carmine Falcone
Rutger Hauer : Earle
Ken Watanabe : Ra’s Al Ghul
Morgan Freeman : Lucius Fox

FOXFIRE, CONFESSIONS D’UN GANG DE FILLES : A un souffle du grand film

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foxfireafficheConnaître un certain succès à l’international avec un film français offre peut offrir un billet pour les Etats-Unis à un réalisateur de chez nous. Ce fut le cas il y a deux ans d’Olivier Dahan qui après la Môme, récompensé par un l’Oscar de la meilleure actrice, avait réalisé le bien trop anonyme My Own Love Song, avec notamment Renée Zellweger. C’est au tour de Laurent Cantet, qui avait remporté la Palme d’Or à Cannes avec Entre les Murs, de traverser l’Atlantique pour nous proposer Foxfire, Confessions d’un Gang de Filles. Un film dont les grandes qualités se diluent malheureusement dans une longueur inutile.

Dans les années 50 et une petite ville de l’Amérique profonde, la condition féminine n’est pas la plus enviable qui soit. Un groupe d’adolescentes, emmené par la charismatique Legs, va former une société secrète qui visera à les émanciper et à se venger des humiliations qu’elles subissent. Elles décident même de louer une maison pour y vivre toutes ensemble. Mais elles vont surtout se heurter très vite à la réalité.

Je ne déflorerai pas le suspense en indiquant que Foxfire, Confessions d’un Gang de Filles repose sur le schéma classique de la construction d’un groupe, d’une utopie avant de voir naître les tensions qui vont aboutir à son délitement. Le film est raconté en flash-back et il est immédiatement précisé que tout cela finira assez mal. Il n’y a donc pas de volonté de créer un faux suspense à ce niveau-là. Le scénario n’a donc rien de surprenant, ni de radicalement original. Même le fait que les protagonistes soient des adolescentes le rapproche de 17 filles sorti il y a un an.

Il est donc dommage que le film soit si long. 2h23, c’est quasiment une bonne demi-heure de trop. Foxfire, Confessions d’un Gang de Filles connaît une sorte de trou d’air narratif entre l’installation du groupe et le dénouement qui aboutira à son éclatement. Certes, on partage le quotidien et on voit certains tensions monter, mais on reste quand même longtemps sur un certain status quo. Et le status quo en cinéma, ce n’est jamais très bon, très longtemps.

Cependant, Foxfire, Confessions d’un Gang de Filles restera tout de même comme un des premiers bons films de l’année 2013. Je trouve les critiques un tantinet dithyrambique, mais il est vrai que si le film se traîne un peu, il ne nous entraîne jamais vers l’ennui. Le propos est quand même remarquablement traité. Cela reste avant tout un film de personnages et le portrait de ces jeunes filles est vraiment réussi. Elles nous sont présentées à travers leurs actes, jamais le film n’est contemplatif ou bien introspectif. Certes, la narratrice nous fait part de réflexion personnelle, mais elles restent ténues et n’alourdissent en rien l’intrigue.

foxfireLaurent Cantet nous fait étalage ici d’aspects de son talent qu’on ne lui connaissait pas encore. En effet, Foxfire, Confessions d’un Gang de Filles est un film situé dans l’Amérique profonde des années 50 et a donc nécessité un travail important de reconstitution des décors et des costumes. La photographie est elle aussi soignée, afin de recréer une ambiance visuelle collant avec l’époque. On est très loin de l’aspect documentaire de Entre les Murs, mais a au contraire nécessité une grande maîtrise artistique.

Foxfire, Confessions d’un Gang de Filles demeure tout de même une réussite grâce à son magnifique casting. Les personnages jouent un rôle trop central pour qu’on puisse pardonner une faiblesse à ce niveau là. On saluera en particulier trois des jeunes filles : Katie Coseni, Madeleine Bisson et surtout Raven Adamson qui interprète la leader du groupe avec un charisme sans lequel son personnage n’aurait pas été crédible une seule seconde. Incontestablement un nom à suivre !

Foxfire, Confessions d’un Gang de Filles est donc un bon film, mais aurait pu être un grand film avec plus de rythme. Il aurait alors eu le souffle qui lui manque parfois par moment, sans pour autant jamais nous mener jusqu’à l’ennui.

Fiche technique :
Production : Haut et Court, The Film farm, France 2 Cinéma
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Laurent Cantet
Scénario : Laurent Cantet, Robin Campillo, d’après le roman de Joyce Carol Oates
Montage : Sophie Reine
Photo : Pierre Milon
Musique : Timber Timbre
Durée : 143 mn

Casting :
Raven Adamson : Legs
Katie Coseni : Maddy
Madeline Bisson : Rita
Claire Mazerolle : Goldie
Paige Moyles : Lana
Lindsay Rolland-Mills : VV
Alexandria Ferguson : Marsha
Chelsee Livingston : Agnès
Tamara Hope : Marianne

JACK REACHER : Tom Cruise, touti rikiki, maousse costo

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jackreacherafficheQuoi de mieux pour finir l’année cinématographique qu’un bon polar… Ok, c’est complètement con ce que je viens de dire, puisque si jamais j’avais terminé 2012 par une comédie, j’aurais dit « quoi de mieux pour finir l’année cinématographique qu’une bonne comédie »… Bref, tout ça pour dire que j’ai bouclé la boucle en allant voir Jack Reacher. Un film solide, même si je m’attendais à mieux, je dois bien l’avouer.

Un ancien militaire abat six personnes visiblement au hasard. Les preuves de sa culpabilité sont accablantes. De plus, il est plongé dans dans le coma après avoir été molesté par des codétenus avant même d’avoir pu parler à son avocate. Mais avant cela, il avait juste eu le temps de demander une seule chose à la police : retrouver Jack Reacher.

Je tiens tout d’abord à féliciter ceux qui ont signé la bande-annonce de Jack Reacher. Féliciter ou réprimander, c’est selon les goûts. En effet, elle donne une image assez fausse du film, du personnage principal et de l’intrigue. On aurait aussi un peu l’impression qu’elle racontait totalement le film, alors que ce n’est absolument pas le cas. Personnellement, j’apprécie beaucoup de ce genre de surprises, même si on peut aussi répondre qu’il y a légèrement tromperie sur la marchandise.

Jack Reacher est donc un polar de facture classique, sur le thème du « je vais prouver l’innocence d’un homme que tout accuse seul contre tous ! ». En fait, il s’agit de l’adaptation sur grand écran d’un personnage très populaire de roman, plus précisément du 9ème tome, édité en France sous le titre de Folie Furieuse. Il est vrai que le personnage principal constitue un des points forts de ce film et change légèrement du flic, du détective privé ou du journaliste habituels.

L’intrigue m’a par contre laissé un peu plus dubitatif. En effet, il faut bien avouer que les éléments qui ressemblent le plus à des rebondissements ou des surprises sont assez prévisibles. Mais il ne semble pas que Christopher McQuarrie ait vraiment cherché à ménager un faux suspense. Le spectateur en sait toujours plus que notre héros, il est donc toujours moins surpris. Jack Reacher est donc un polar où on se demande plus comment que pourquoi. Je trouve cependant que jouer sur les deux tableaux aurait rendu le film meilleur. Sinon, autant nous montrer tout de suite la vérité comme dans Colombo !

Autre petit bémol, le dénouement délivre une morale qu’on est en droit de ne pas du tout partager. Je trouve surtout qu’elle enlève toute ambiguïté au personnage qui devient exactement ce qu’on craignait qu’il soit. Jack Reacher finit donc par tomber dans le clichés qu’il semblait pouvoir éviter et là aussi, c’est bien dommage. Reste que Jack Reacher est un film rythmé, sûrement pas ennuyeux et aux scènes d’action spectaculaires et bien foutus. On échappe même à la romance à trente centimes d’euro qui nous pend pourtant au nez pendant tout le film. On a donc quand même pas le droit à tous les clichés…

jackreacherJack Reacher est bâti à la gloire pleine et entière de Tom Cruise. Et il faut bien avouer que ce con (non je ne suis pas jaloux…) ne prend pas beaucoup de rides et continue de posséder un des charismes les plus frappant de l’histoire du cinéma. On en oublierait presque qu’il est tout petit… Mais puisque je vous dis que je ne suis pas jaloux… En tout cas, il éclipse quelque peu Rosamund Pike, sympathique, mais tout à fait au niveau. On n’oubliera pas de saluer également la belle performance de Werner Herzog en méchant vraiment méchant, mais alors vraiment méchant. Et puis un mot enfin sur Richard Jenkins que j’aime toujours autant.

Jack Reacher est un film efficace. Mais certains éléments viennent quand même légèrement gâché le plaisir et empêchent ce film d’être un grand polar !

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Skydance Productions, Mutual Film Company
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Christopher McQuarrie
Scénario : Christopher McQuarrie, d’après le roman Folie furieuse de Lee Child
Montage : Kevin Stitt
Photo : Caleb Deschanel
Décors : Jim Bissell
Musique : Joe Kraemer
Costumes : Susan Matheson
Durée : 130 mn

Casting :
Tom Cruise : Reacher
Rosamund Pike : Helen
Richard Jenkins : Rodin
David Oyelowo : Emerson
Werner Herzog : Zec
Jai Courtney : Charlie
Vladimir Sizov : Vlad
Robert Duvall : Cash

 

BATMAN : Pas une ride pour le Joker

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batmanafficheLes films sont comme nous… Ils vieillissent… Certes, ils ne font pas comme moi et ne perdent pas progressivement leurs cheveux, mais parfois les revoir avec quelques années de recul nous fait dire qu’ils portent sur leurs pellicules quand même un peu le poids des années. Ca a été mon cas il y a quelques temps en revoyant Ghostbusters. Ca l’a été de nouveau la semaine dernière en revoyant le premier Batman de Tim Burton… Mais cet aspect vintage nous empêche-t-il de les aimer toujours autant ? Certainement pas !

Les malfrats de Gotham City ne parlent plus que de lui. Un journaliste enquête et la police se refuse à tout commentaire. Une chauve-souris rôde dans les rues de cette ville gangrénée par la violence. Et c’est une bonne nouvelle car la pègre possède désormais un nouveau leader aussi dangereux que fou… Le Joker !

On se souvient qu’à l’époque (soit 1989), Tim Burton avait su séduire le monde avec sa vison gothique et sombre de Gotham City. Avec le recul et à l’heure des effets numériques qui n’ont même plus l’air d’être des effets, il faut bien avouer que tout cela fait un peu carton-pâte. Les maquettes ressemblent vraiment à des maquettes, même sur ma petite télé. Je ne voudrais même pas imaginer sur grand écran… Bref, c’est vrai que je ne m’attendais pas à un tel choc des générations visuel et cela m’a un peu chagriné… au moins cinq minutes…

En effet, ce Batman aurait plutôt du s’appeler le Joker. Comme 20 ans plus tard, The Dark Knight me direz-vous. Comme tous les films du genre, j’ai envie de dire. Un bon super-héros, c’est avant tout un bon méchant. Et à ce niveau-là, l’homme chauve-souris a été particulièrement bien servi. Les cinéphiles éclairés pourront débattre encore pendant des décennies pour savoir qui de Jack Nicholson ou de Heath Ledger est le meilleur Joker. Bien sûr, il n’y aura jamais de réponse définitive, tant les deux sont différents, mais tout aussi géniaux.

Il est vrai que le scénario de Batman est un peu léger. D’ailleurs, à sa sortie, beaucoup de critiques furent extrêmement négatives, insistant sur ce point. Mais ce film est comme un classique du western. Qu’importe le reste, seul compte vraiment le duel final entre le gentil et le méchant. Le combat final au cœur de la cathédrale de Gotham City reste un grand moment de cinéma, dans ce décor plus exigu qui souffre moins des limites techniques dont souffre le film par ailleurs.

batmanEnfin, Batman reste légendaire parce qu’il reste un film de Tim Burton, un cinéaste à l’immense talent. La photographie reste sublime, même quand elle ne sert qu’à mettre en valeur des maquettes d’un autre âge. Et puis, il y a évidemment la musique de Danny Elfman, sans qui le cinéma de Tim Burton ne serait pas ce qu’il est. Le compositeur aura d’ailleurs su comme personne donner ses lettres de noblesse aux films de super-héros puisqu’il signera également la sublime bande-originale du non moins sublime Spider-man de Sam Raimi.

Batman, je l’ai dit, c’est presque Jack Nicholson et rien d’autre. Cependant, je tiens à saluer Michael Keaton dont le jeu totalement inexpressif lui vaudra bien des moqueries. Mais cette inexpressivité colle tellement au personnage qu’elle en est parfaite. Certes, pas sûr que l’acteur aurait pu faire autre chose, mais qu’importe, il est l’homme de la situation !

Le Batman de Tim Burton qui est un vrai chef d’œuvre reste avant tout le deuxième épisode, Batman le Défi. Mais on gardera toujours une tendresse particulière pour le premier volet qui reste le film qui aura inventé le film de super-héros moderne.

Fiche technique :
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Sam Hamm et Warren Skaaren, d’après une histoire de Sam Hamm et d’après les personnages créés par Bob Kane
Musique : Danny Elfman
Musiques additionnelles : Prince
Directeur de la photographie : Roger Pratt
Montage : Ray Lovejoy
Chef décorateur : Anton Furst
Effets spéciaux : John Evans
Costumes : Linda Henrikson, Bob Ringwood et Tony Dunsterville
Durée : 126 minutes

Casting :
Michael Keaton : Bruce Wayne / Batman
Jack Nicholson : Jack Napier / Le Joker
Kim Basinger : Vicki Vale
Robert Wuhl : Alexandre Knox
Michael Gough : Alfred Pennyworth
Pat Hingle : James Gordon
Billy Dee Williams : Harvey Dent
Lee Wallace : Le maire Joe Borg
Jack Palance : Carl Grissom
Jerry Hall : Alicia Hunt
Tracey Walter : Robert « Bob » Hawkins, le bras droit du Joker
William Hootkins : Lieutenant Max Eckhardt

LES BETES DU SUD SAUVAGE : Poésie sudiste et sauvage

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lesbetesdusudsauvageafficheSuite des films que je n’avais pas du tout l’intention de voir à la base, avant de me laisser tenter suite à de nombreux avis élogieux, voici les Bêtes du Sud Sauvage. Un film, ou plutôt un conte, à l’histoire particulièrement originale et inattendue. Une œuvre rafraîchissante pour passer ces fêtes de fin d’année devant un spectacle de qualité.

Hushpuppy a six ans et vit avec son père dans une communauté isolée et un rien sauvage du sud des Etats-Unis. Un groupe qui refuse de quitter leurs terres menacées par la montée des eaux et le changement climatique. Mais les problèmes de santé de son père et une terrible tempête qui s’annonce va venir perturber le quotidien de la petite fille et de tous ses compagnons.

Les Bêtes du Sud Sauvage est un film dont il est difficile de parler tant il ne ressemble à rien de déjà connu. C’est un film d’ambiance, de personnages, bien plus qu’une intrigue forte. Il nous enchante par sa poésie surprenante et un charme indéfinissable. Tout cela porte une réflexion sur la modernité, sur une certaine forme d’écologie ou de retour à la nature. Cependant, le message ne nous ai pas délivré sans subtilité, du genre « la technologie, c’est mal, vivons dans les grottes, nous serons bien plus heureux ». Non, c’est à chacun de tirer de ce film qu’il voudra, à partir de ce qui le touchera plus particulièrement.

Si Les Bêtes du Sud Sauvage fonctionne, c’est avant tout parce qu’on ne peut que s’attacher de manière profonde et immédiate à la jeune Hushpuppy. Quelle personnalité, quelle présence à l’écran ! Comme le film est quand même quasiment exclusivement bâti autour de son personnage, qui est aussi la narratrice, cela était de toute façon indispensable. Mais elle fait incontestablement partie des personnages que l’on oublie pas et qui marque profondément. Qu’importe son jeune âge !

Si j’ai souligné l’absence d’une intrigue forte, il ne faut pas croire pour autant qu’il ne se passe rien dans Les Bêtes du Sud Sauvage. Des péripéties, des rebondissements nous préservent de l’ennui. On est dans un récit style « chroniques », mais qui n’a rien de contemplatif. Du coup, on traverse vraiment le film en se demandant où tout cela va bien pouvoir nous mener. Cela aboutira d’ailleurs à une très belle fin et à beaucoup d’émotion.

Si j’ai parlé de conte, c’est que les Bêtes du Sud Sauvage nous fait partager la vision du monde de Hushpuppy. Un monde où la magie et l’imaginaire ne sont pas absents, même si au final les évènements se situent tous dans un monde parfaitement réel et plausible… A une métaphore près, une histoire d’aurochs que je ne détaillerai pas ici. Mais cette vision enchantée du monde est particulièrement communicative et contribue largement au charme dévastateur de ce film.

lesbetesdusudsauvageUn dernier élément rendant les Bêtes du Sud Sauvage si envoûtant est la réalisation sobre de Benh Zeitlin. Elle arrive parfaitement à retranscrire ce mélange entre rêve et réalité. Une ambiance visuelle aussi particulière que l’est le film tout entier. Elle fait vraiment partie de l’identité si particulière de ce film définitivement surprenant et fascinant.

Les Bêtes du Sud Sauvag marque la révélation du talent de la très jeune Quvenzhané Wallis. Certes, il faut toujours se méfier des enfants-acteurs car rien ne permet d’être certain que le talent perdurera. Alors profitons simplement de son incroyable charisme qui participe fortement à la réussite de ce film inattendu.

Les Bêtes Sud Sauvage constitue un des plus beaux OVNI cinématographiques de cette année 2012 qui se termine. Qui se termine du coup en beauté.

Fiche technique :
Production : Cinereach, Court 13 Pictures, Journeyman Pictures
Réalisation : Benh Zeitlin
Scénario : Benh Zeitlin, Lucy Alibar
Montage : Crockett Doob, Alfonso Gonçalves
Photo : Ben Richardson
Décors : Annie Evelyn, Erin Straub
Distribution : ARP Selection
Musique : Dan Romer, Benh Zeitlin
Costumes: Stephani Lewis
Durée : 92 mn

Casting :
Quvenzhané Wallis : Hushpuppy
Dwight Henry : Wink
Joseph Brown : Winston
Jonshel Alexander : Joy Strong
Marilyn Barbarin : la chanteuse de cabaret