
King Schultz est chasseur de primes. Pour pouvoir reconnaître une de ces cibles, il libère Django, un esclave qui l’a côtoyé dans la plantation où il travaillait précédemment. Une fois cette première mission accomplie, les deux hommes vont s’associer le temps d’un hiver, formant un duo particulièrement efficace. Mais Django ne pense qu’à une seule chose : retrouver et délivrer sa femme, elle aussi esclave, dont il a été séparé. Son compagnon décide alors de l’aider dans son entreprise.
Django Unchained est un Tarantino, un vrai Tarantino, rien qu’un Tarantino. Si l’univers du western n’avait pas encore été exploré par le réalisateur américain, il lui applique tout ce qui a fait son succès. Il reprend tous les codes du genre (enfin du côté western spaghetti, pas version John Ford) pour les approprier, les réutiliser pleinement sans les parodier mais en les poussant plus haut, plus loin, plus fort, le tout avec un talent inédit pour un film du genre… Enfin presque inédit parce que le western spaghetti a quand même connu Sergio Leone…
La force de Django Unchained, comme tous les films de Tarantino, est qu’il est incroyablement jouissif vu au second degré, sans que ce dernier ne soit justement apparent. On est face à un film qui ne se prend jamais au sérieux, mais qui est réalisé avec le plus grand sérieux. Cela donne quelques scènes absolument incroyables. On découvrira par leur intermédiaire que les membres du Klu Klux Klan forment vraiment une bande d’abrutis ou qu’il ne faut pas se contenter de compter le nombre de balles tirées, mais aussi le nombre de pistolets… On est face à un film qui deviendra forcément culte, dont on pourra revoir des passages encore et encore, sans jamais se lasser.
Django Unchained est aussi typique du style Tarantino dans sa construction. On retrouve une nouvelle fois ces longs dialogues, interminables pour certains, qui précédent une déchaînement de violence spectaculaire. Cela constitue vraiment sa marque de fabrique. C’est vrai que cela tourne quelque peu au tic et que certains peuvent trouver ça relativement insupportable (si, si, j’en connais…). Mais c’est tellement bien fait, les échanges verbaux ou à coup de pistolets sont tellement savoureux, qu’on en redemande encore et encore !
Django Unchained est aussi un Tarantino typique parce qu’il est porté par une réalisation une nouvelle fois sublime. Chaque plan, chaque angle de caméra, chaque éclairage démontrent une maîtrise artistique hors du commun. Ces petits riens qui font le génie, le vrai, pas celui qui se voit par des effets spectaculaires. C’est de mon point de vue ce qui fait encore la différence entre Quentin Tarantino et Christopher Nolan. Bref, c’est beau, c’est parfait, c’est quasi magique. Ce film est une nouvelle bouffée de cinéma à l’état brut, du 7ème art en intraveineuse comme seul le réalisateur de Pulp Fiction sait nous en proposer.
Comme tous les Tarantino, Django Unchained, c’est aussi une bande-originale qui déchire, comme disent les jeunes. Bon, on m’avait parlé d’une tuerie (je cite!), je m’attendais donc à un chef d’œuvre au niveau de Pulp Fiction ou Kill Bill, volume 1 à ce niveau-là. Je l’ai trouvé quand même un petit ton au-dessous, alors j’ai ressenti une très légère déception. Cependant, si on regarde les choses objectivement et dans l’absolu, elle reste tout de même constellée de petits bijoux, comme seul Tarantino sait en dégoter. Et surtout, elle s’intègre toujours aussi bien dans la construction globale du film, ne venant pas simplement s’ajouter aux images, mais en devenant un élément constitutif. De ce point de vue-là, seul Kubrick savait faire aussi bien.

Django Unchained nous propose un casting comme Quentin Tarantino est capable d’en rassembler. Après l’avoir découvert dans Inglourious Bastards, il offre à Christoph Waltz un rôle à la mesure de son immense talent. Cet acteur est définitivement génial, rendant les répliques les plus anodines terriblement percutantes ou drôles. Jamie Foxx est égal à lui même, incarnant parfaitement son personnage. Leonardo Di Caprio fait preuve de son charisme habituel, ce qui n’est pas peu dire. La grande surprise vient de Samuel L. Jackson, l’habitué des films de Tarantino, qui livre là un numéro d’acteur comme il en a rarement offert. Il est tout simplement génial et presque méconnaissable ! Bref, un casting irrésistible !
Quentin Tarantino est grand ! Vive Tarantino ! Vive Django Unchained !
Fiche technique :
Production : Sony Pictures, The Weinstein Company
Distribution : Sony Pictures Relasing France
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Montage : Fred Raskin
Photo : Robert Richardson
Décors : J. Michael Riva
Maquillage : Heba Thorisdottir
Directeur artistique : Page Buckner, David F. Klassen, Mara LePere-Schloop
Durée : 164 mn
Casting :
Samuel L. Jackson : Stephen
Leonardo DiCaprio : Calvin Candie
Christoph Waltz : Dr King Schultz
Jamie Foxx : Django
Kerry Washington : Broomhilda
Walton Goggins : Billy Crash
Dennis Christopher : Leonide Moguy

Par contre, Alceste à Bicyclette m’a fortement envie de me remette au théâtre. Bon, c’est un sentiment qui revient régulièrement chez moi (notamment quand j’y vais…), mais voir les deux hommes répéter, apprivoiser le texte, jouer avec les mots, chercher le ton le plus juste m’a rappelé quelques souvenirs. D’ailleurs, on ressort de ce film avec une folle envie de voir une représentation du Misanthrope ! Ce film, même moyen, vous fera infiniment plus aimer Molière que tous les cours de français du monde. 
En tout cas, Paul Thomas Anderson reste un formidable directeur d’acteurs. Il faut dire qu’il sait toujours s’entourer d’un casting de très haut niveau. Joaquin Phoenix et Phillip Seymour Hoffman ont été justement récompensés à Venise (ce qui a d’ailleurs coûté le Lion d’Or au film, la règle étant de ne pas donner plusieurs prix à un même film). Mais si leur performance est impressionnante, demandant un investissement à la fois mental et physique hors du commun. Cependant, comme tout le reste dans ce film, cela n’arrive pas à dépasser l’admiration pour passer au stade de l’émotion.
En fait, j’ai surtout trouvé Maniac dérangeant et malsain, mais au final de manière assez gratuite. Le rapport entre le tueur et sa mère fait un peu psychologie de bas étage et n’arrive pas vraiment à donner une épaisseur à tout cela. Visiblement, certains l’ont perçu, moi j’ai surtout trouvé le temps long, pour ne pas dire pénible. En plus, tout cela se prend désespérément au sérieux ! 
Renoir nous propose une vraie révélation en la personne de Christa Théret que l’on avait découvert il y a quelques années dans le sympathique Et Toi, t’es Sur Qui ? En plus d’être tout simplement sublime, elle dégage un charisme sur lequel repose une large partie du film. Sa carrière devrait prendre une nouvelle dimension et méritera d’être suivie. On ne n’en dirai pas autant de Vincent Rottiers dont la performance est convaincante, mais sans être particulièrement brillante. Tout cela sous le regard d’un Michel Bouquet qui ne rajeunit pas et qui, après le Promeneur du Champs de Mars, nous livre encore une fois une interprétation sublime d’un personnage historique au crépuscule de sa vie.
A l’image de son réalisateur, Christian Bale semble un peu hésitant dans son costume de chauve-souris. En fait c’est tout le casting de Batman Begins qui, comme le film dans son ensemble, ne semble jamais vraiment convaincu par ce qu’il joue et donc jamais vraiment convaincant. Liam Neeson nous livre encore un rôle de mentor et ce n’est sûrement pas son meilleur. Katie Holmes est bien gentillette mais un peu transparente. Seul Cillian Murphy arrive à mettre un peu de folie et de conviction dans son personnage.
Laurent Cantet nous fait étalage ici d’aspects de son talent qu’on ne lui connaissait pas encore. En effet, Foxfire, Confessions d’un Gang de Filles est un film situé dans l’Amérique profonde des années 50 et a donc nécessité un travail important de reconstitution des décors et des costumes. La photographie est elle aussi soignée, afin de recréer une ambiance visuelle collant avec l’époque. On est très loin de l’aspect documentaire de Entre les Murs, mais a au contraire nécessité une grande maîtrise artistique. 
Jack Reacher est bâti à la gloire pleine et entière de Tom Cruise. Et il faut bien avouer que ce con (non je ne suis pas jaloux…) ne prend pas beaucoup de rides et continue de posséder un des charismes les plus frappant de l’histoire du cinéma. On en oublierait presque qu’il est tout petit… Mais puisque je vous dis que je ne suis pas jaloux… En tout cas, il éclipse quelque peu Rosamund Pike, sympathique, mais tout à fait au niveau. On n’oubliera pas de saluer également la belle performance de Werner Herzog en méchant vraiment méchant, mais alors vraiment méchant. Et puis un mot enfin sur Richard Jenkins que j’aime toujours autant.

Un dernier élément rendant les Bêtes du Sud Sauvage si envoûtant est la réalisation sobre de Benh Zeitlin. Elle arrive parfaitement à retranscrire ce mélange entre rêve et réalité. Une ambiance visuelle aussi particulière que l’est le film tout entier. Elle fait vraiment partie de l’identité si particulière de ce film définitivement surprenant et fascinant.
Commentaires récents