LA BELLE ET LA MEUTE : Voyage au bout du mépris

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labelleetlameuteafficheOn ne peut que se réjouir de voir de plus en plus de films parlant de la condition des femmes au Maghreb et au Moyen-Orient. Ce qui est évidemment nettement moins réjouissant c’est que ces films rendent compte d’une situation particulièrement catastrophique. La Belle et la Meute apporte un nouveau témoignage de celle-ci, nous transportant en Tunisie, où une jeune fille essaye désespérément de porter plainte après un viol par des policiers. Un film qui possède une grande valeur en tant que témoignage, mais à force d’enfoncer un clou, on finit par le rendre invisible.

La Belle et la Meute bénéficie d’une forme relativement audacieuse. En effet, il est composé d’un nombre limité de longs plans séquences, qui arrivent à merveille à créer une impression d’oppression quand la jeune fille se heurte encore et encore à un mur de mépris. Si la technique n’est pas nouvelle, elle est ici assumée pleinement et jusqu’au bout et surtout employée à bon escient pour servir son propos. Si on ajoute à cela la prestation remarquable de Mariam El Farjani, ce film est incontestablement réussi d’un point de vue formel.

labelleetlameuteEvidemment, en nous livrant les faits de façon direct, pour ne pas dire brutal, Kaouther Ben Hania ne peut qu’inspirer la révolte chez le spectateur, face à une situation aussi abjecte. L’absence total de recul, de perspective, de réflexion ne constitue pas forcément un problème en soi, c’est un choix de narration, mais elle limite forcément la portée du film. On ne mesure pas bien à quel point ce qui nous est présenté est un cas extrême ou bien est vraiment révélateur de l’état de la société et des institutions tunisiennes. La Belle et la Meute ne peut évidemment pas laisser indifférent, mais on reste dans une émotion comme face à un fait divers tragique. Une émotion forte, mais une émotion qui passe.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Kaouther Ben Hania
Scénario : Kaouther Ben Hania
Photographie : Johan Holmquist
Montage : Nadia Ben Rachid
Musique : Amine Bouhafa
Production : Nadim Cheikhrouha
Pays d’origine : Tunisie
Langue originale : arabe
Format : couleur
Genre : thriller, drame
Durée : 100 minutes

Casting :
Mariam Al Ferjani : Mariam
Ghanem Zrelli : Youssef
Noomane Hamda
Mohamed Akkari
Chedly Arfaoui
Anissa Daoud
Mourad Gharsalli

LOGAN LUCKY : Retour à pleine vitesse

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loganluckyaffichePersonne n’a vraiment cru Steven Soderbergh quand il avait annoncé qu’Effets Secondaires, sorti en 2013, serait son dernier long métrage. Effectivement pour un réalisateur qui tournait quasiment deux films par an, la pause fut longue. Elle lui a permis notamment de se consacrer à une série, mais le voilà revenu à ses premiers amours cinématographiques avec Logan Lucky. Et il revient au meilleur de sa forme, avec un casting d’enfer pour nous offrir un vrai bon moment de cinéma jouissif et une nouvelle fois réalisé à la perfection.

Pour son retour, Steven Soderbergh n’a pas pris trop de risque et s’est aventuré sur un terrain particulièrement connu pour lui. En effet, Logan Lucky a des faux airs de Ocean’s Eleven (et ses deux suites). Bref, c’est un film de casse et même si le contexte et le décor sont ici assez différents, les mécanismes sont les mêmes. Mais on y replonge avec grand plaisir, se laissant porter par une mécanique sans faille qui nous amène vers le twist final qui va bien. Pas de grande originalité à l’horizon donc, mais des personnages assez savoureux et un second degré qui ne l’est pas moins, égratignant toujours au passage les travers de la société américaine. De quoi passer un bon moment !

loganluckyCette pause de 4 ans n’a en rien rouillé l’œil de grand réalisateur que possède Steven Soderbergh. Le style reste le même, parfaitement reconnaissable, mais difficilement imitable tant il demande une grande maîtrise du montage notamment. Il reste également un formidable metteur en scène, dirigeant de main de maître un casting particulièrement riche. Logan Lucky offre notamment un rôle à contre-emploi à Daniel Craig, mais qui lui va au final comme un gant. On sent bien que toute la distribution s’éclate à faire vivre cette histoire et ses protagonistes qu’ils incarnent. Cet enthousiasme se transmet au spectateur qui ne regrette sûrement pas d’être venu voir ce film léger certes, mais ô combien réjouissant.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Rebecca Blunt
Direction artistique : Eric R. Johnson et Rob Simons
Décors : Howard Cummings
Costumes : Ellen Mirojnick
Photographie : Steven Soderbergh (crédité sous le nom de Peter Andrews)
Montage : Steven Soderbergh (crédité sous le nom de Mary Ann Bernard)
Musique : David Holmes
Production : Reid Carolin, Gregory Jacobs et Mark Johnson
Producteur délégué : Zane Stoddard
Coproducteur : Matt Summers
Durée : 119 minutes

Casting :
Channing Tatum : Jimmy Logan
Adam Driver : Clyde Logan
Seth MacFarlane : Max Chilblain
Riley Keough : Mellie Logan
Katie Holmes : Bobbie Jo Chapman
Katherine Waterston : Sylvia Harrison
Dwight Yoakam : Warden Burns
Sebastian Stan : Dayton White
Jack Quaid : Fish Bang
Brian Gleeson : Sam Bang
Hilary Swank : agent spécial Sarah Grayson
Daniel Craig : Joe Bang
David Denman : Moody
Macon Blair : agent spécial Brad Noonan
Jim O’Heir : Cal
Brandon Ray Olive : le manager général

AU REVOIR LA-HAUT : Au sommet

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aurevoirlahautafficheN’ayant pas lu le roman dont il est l’adaptation, c’est avec un œil neuf et sans a priori que je suis allé voir Au Revoir Là-haut. Un œil impatient également, séduit par une bande-annonce qui faisait naître une réelle envie de voir ce film. Enfin, la présence d’Albert Dupontel derrière la caméra présageait du meilleur. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le résultat est à la hauteur des attentes, nous offrant un des meilleurs films français de l’année. Et même un des meilleurs films tout court de 2017. Une nouvelle preuve de l’immense talent de son réalisateur qui ne semble définitivement plus avoir de limite.

Au Revoir Là-Haut repose d’abord sur une grande histoire. Le roman n’a pas reçu le Prix Goncourt pour rien visiblement. Une histoire inattendue et riche, peuplée de personnages relativement inoubliables. On se laisse emporter par elle dès les premières secondes jusqu’aux derniers instants. Elle arrive à véhiculer des sentiments et des émotions aussi nombreuses que contradictoires, ne laissant jamais une seconde de répits au spectateur. Tour à tour, on rit, on tremble, on pleure aussi un peu. Tout ce qu’il faut pour un récit qui marque vraiment les esprits.

aurevoirlahautLe talent d’Albert Dupontel irradie de partout dans Au Revoir Là-Haut. S’il ne peut revendiquer qu’une petite partie de la qualité d’écriture dont bénéficie ce film, il ne faut pas non plus penser que le travail d’adaptation est un travail facile. Mais là où son mérite est incontestable, c’est dans une mise en scène brillante, sachant créer des atmosphères aussi différentes que les sentiments qu’elles véhiculent. Il parvient surtout à mettre sublimement en lumière personnages et donc comédiens, au premier rang desquels Nahuel Perez Biscayart qui après 120 Battements par Minute, fait une entrée fracassante au firmament du cinéma français ! Albert Dupontel y siège depuis longtemps, mais semble avoir encore gagné en altitude. Il est bien là-haut, tout là-haut !

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Stadenn prod, Manchester films, Gaumont, France 2 cinéma, Entourage pictures
Distribution : Gaumont
Réalisation : Albert Dupontel
Scénario : Albert Dupontel, d’après le roman de Pierre Lemaître
Montage : Christophe Pinel
Photo : Vincent Mathias
Décors : Pierre Queffelan
Musique : Christophe Julien
Durée : 117 min

Casting :
Albert Dupontel : Albert Maillard
Nahuel Perez Biscayart : Edouard Péricourt
Laurent Lafitte : Pradelle
Niels Arestrup : Marcel Péricourt
Emilie Dequenne : Madeleine Péricourt
Mélanie Thierry : Pauline
Héloïse Balster : Louise
André Marcon : Officier gendarme
Michel Vuillermoz : Joseph Merlin

THE SQUARE : Une Palme sans ivresse

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thesquareafficheA l’heure de décerner des prix, c’est évidemment la subjectivité qui l’emporte. Sur quels critères objectifs peut-on juger qu’un film est meilleur qu’un autre ? La Palme d’Or est évidemment soumise aux mêmes règles et le jury est souverain. Pourtant, nombreux spectateurs sont allés voir The Square en se demandant s’il était possible que ce film soit vraiment meilleur que 120 Battements par Minute. Au final, en qualité pure, ce dernier l’emporte largement. Mais le Festival de Cannes a toujours récompensé une audace formelle et une certaine originalité non consensuelle. Et en ce sens, la récompense est loin d’être imméritée.

The Square à le grand mérite d’être toujours surprenant. Il s’apparente presque à un film à sketchs et chaque séquence réserve son lot d’inattendu. Le tout est parcouru d’un humour pince sans rire et décalé relativement déstabilisant. Malheureusement, la plupart des scènes semblent s’être arrêtées au milieu de l’idée qui les sous-tend. On est surpris, curieux, mais rarement enthousiaste. Certains passages savoureux, comme celui autour d’un préservatif usagé, arrachent un vrai sourire, mais une sorte de froideur toute nordique nous retient de totalement adhérer au délire.

thesquareThe Square fait partie de ces films dont on ressort sans vraiment savoir si on l’a adoré ou détesté. Si l’oeuvre est audacieuse ou juste intellectuellement prétentieuse. Mais malgré sa longueur, le film n’ennuie jamais le spectateur. La diversité des séquences s’accompagne d’un sens de l’esthétisme particulièrement affûté. Photographie, mise en scène, mais aussi direction d’acteurs sont largement du niveau d’une Palme d’Or. Mais au final, le film échoue à être aussi génial que ce qu’il aurait du être. On ne peut que saluer ses qualités, sans pour autant dépasser le stade de l’admiration raisonnable.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Plattform Production, Essential Films, Parisienne
Réalisation : Ruben Östlund
Scénario : Ruben Östlund
Montage : Ruben Östlund, Jacob Secher Schulsinger
Photo : Fredrik Wenzel
Décors : Josefin Asberg
Distribution : Bac Films
Durée : 142 min

Casting :
Dominic West : Julian Gijoni
Claes Bang : Christian
Elisabeth Moss : Anne
Terry Notary : Oleg
Marina Schiptjenko : Elna
Elijandro Edouard : Pojken
Daniel Hallberg : le consultant RP

ZOMBILLENIUM : Enfer bien de chez nous

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zombilleniumafficheQuand on pense cinéma d’animation, on pense souvent au Japon, avec les animes tirés des mangas, ou bien aux Etats-Unis, avec Disney et Pixar. On pense moins souvent à la France, révélant là la faculté de notre pays à mettre au second plan ses propres réussites pour penser avant tout à ce qui ne va pas. Notre pays n’a pourtant rien à envier aux deux autres dans ce domaine et on se rappelle que certaines productions « internationales » sont en partie réalisées en France (comme les Minions notamment). Un film comme Zombillénium prouve une nouvelle fois la qualité de notre école d’animation.

Adaptation d’une bande-dessinée dont j’ignorais totalement l’existence, Zombillénium constitue un divertissement familial de qualité. Un scénario agréable, rythmé, mêlant humour et action, tout est rassemblé pour passer un bon moment. Il séduit avant tout par sa galerie de personnages légèrement décalés qui emportent rapidement l’affection du public. On ne voit pas le temps passer, même si on ne ressort pas de ce film avec un souvenir impérissable. Ca fait passer un bien bon moment et c’est déjà pas mal.

zombilleniumJ’imagine que le style graphique de Zombillénium correspond à celui de l’œuvre d’Arthur de Pins dont il est adapté. Au final, il n’est ni beau, ni laid. Il semble hésiter entre un trait vraiment « dessin » et une image qui soit clairement « de synthèse ». Cela donne un résultat relativement impersonnel et assez passe-partout, qui permet de se concentrer pleinement sur l’histoire, sans pour autant apporter un vrai plus au film. On n’a pas vraiment de quoi se plaindre, mais on reste tout de même en droit de le regretter.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Maybe Movies, 2 minutes, Pipangai Production, Gao Shan Pictures, Dupuis édition & audiovisuel, Gebeka films, Belvision
Distribution : Gebeka Films
Réalisation : Arthur de Pins, Alexis Ducord
Scénario : Arthur de Pins, Alexis Ducord, d’après la BD d’Arthur de Pins
Montage : Benjamin Massoubre
Photo : Nicolas Vercruyssen
Musique : Eric Neveux, Mat Bastard
Durée : 78 min

Casting :
Emmanuel Curtil : Hector
Kelly Marot : Gretchen
Alexis Tomassian : Steven
Mat Bastard : Sirius
Alain Choquet : Francis

NUMERO UNE : Oubli réparé

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numerouneafficheLe combat pour l’égalité homme/femme se joue pour une part importante au sein des entreprises. On pense immédiatement à l’égalité salariale. Mais il existe d’autres enjeux. On souligne souvent l’absence quasi totale de femmes à la tête des entreprises du CAC 40. C’est sur ce constat qu’est basé Numéro Une. Un film sur l’univers impitoyable des affaires et sur la manière dont les hommes cherchent à conserver l’exclusivité du pouvoir. Un film qui prend une résonance particulière dans le contexte actuel, même si les sujets sont bien distincts.

Numéro Une aurait pu être un film tout ce qu’il y a des plus classiques sur les jeux de pouvoir et d’influence et toutes les extrémités dont certains sont capables pour garder leur position dans l’ordre des choses. Lui donner une dimension féministe lui donne étonnamment un relief, un intérêt et un originalité supplémentaire. Etonnamment car cela permet de réaliser à quel point le sujet a pour l’instant été largement oublié par le cinéma français. Un des grands mérites de ce film est de réparer cet oubli.

numerouneNuméro Une est d’autant plus méritant qu’il est aussi maîtrisé et réussi. Emmanuelle Devos éclabousse l’écran comme à son habitude et sa présence constitue une raison à elle seule d’aller voir ce film. On retrouve globalement la science de la narration de Tonie Marshall qui sait raconter son histoire comme un polar et maintient donc une vraie tension narrative du début à la fin. Certes, le film n’est pas parfait, manque parfois d’une réelle audace, comme si la réalisatrice avait peur de desservir son sujet en prenant des risques. C’est dommage, mais ce n’est pas une raison de bouder ce film.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Tabo Tabo Films, Versus productions, France 3, Noodles production
Distribution : Pyramide
Réalisation : Tonie Marshall
Scénario : Tonie Marshall, Marion Doussot, Raphaëlle Bacqué
Montage : Marie-Pierre Frappier
Photo : Julien Roux
Décors : Anna Falguières
Musique : Mike Kourtzer, Fabien Kourtzer
Durée : 110 min

Casting :
Emmanuelle Devos : Emmanuelle Blachey
Suzanne Clément : Véra Jacob
Richard Berry : Jean Beaumel
Sami Frey : Henri Blachey
Benjamin Biolay : Marc Ronsin
Francine Bergé : Adrienne Postel-Devaux
Anne Azoulay : Claire Dormoy
John Lynch : Gary Adaùs
Jérôme Deschamps : le P-DG

L’ATELIER : En zone grise

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latelierafficheSi le cinéma n’a généralement aucun scrupule à ranger les personnages dans des cases manichéennes, il a beaucoup de scrupule à faire de même quand il s’agit d’enfants ou d’adolescents, n’osant considérer que leur cause est déjà entendue. Cela donne même lieu à réflexion sur les « enfants » perdus, qui semblent voués à devenir des adultes infréquentables, mais qu’il est encore temps de sauver. L’Atelier se situe dans cette lignée. Un film qui essaye de comprendre les racines de la dérive vers la haine et la violence, mais sans tout à fait y parvenir.

L’Atelier est doté de deux centres de gravité. Le sujet reste un des jeunes élèves d’un atelier d’écriture qui a commencé à basculer vers la haine et l’extrême droite. Si le début du film peut nous laisser penser à un propos plus large, il se focalise très vite sur ce seul axe. Par contre, l’histoire n’est pas raconté d’un œil extérieur et neutre. On partage clairement le point de vue de l’animatrice de l’atelier. Son désir de comprendre se transmet au spectateur et la quête devient commune. Et si le dénouement n’apporte pas de réponse claire et définitive, c’est sans doute que cette dernière n’existe de toute façon pas.

latelierIl y a longtemps que Marina Foïs a quitté son statut d’actrice comique, on n’est plus du tout surprise de la voir aussi à l’aise dans un tel rôle. Mais on ne peut que constater que sa présence à l’écran apporte un vrai plus. Elle est parfaitement secondée par tout le casting post adolescent, avec le jeune Matthieu Lucci, vraie révélation. Au final, l’Atelier n’est peut-être pas le film le plus abouti et le plus passionnant de Laurent Cantet. Mais il livre une œuvre qui sait résister à tous les raccourcis qu’il aurait pu facilement emprunter pour nous offrir au final une ambiguité ni noire, ni blanche, mais grise. Bref, comme dans la vraie vie.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Archipel 35 / Archipel 33
Réalisation : Laurent Cantet
Scénario : Laurent Cantet, Robin Campillo
Montage : Mathilde Muyard
Photo : Pierre Milon
Distribution : Diaphana Films
Musique : Bedis Tir, Edouard Pons
Durée : 113 mn

Casting :
Marina Foïs : Olivia
Matthieu Lucci : Antoine
Warda Rammach : Malika
Issam Talbi : Fadi

COEXISTER : Divine surprise

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coexisterafficheJ’avoue que lorsque j’ai vu pour la première fois les affiches de Coexister sur les murs du métro, j’ai pris un peu peur. Non que je dénie tout talent à Fabrice Eboué, mais je ne le pensais pas capable de traiter un tel sujet sans se prendre les pieds dans le tapis de la lourdeur. Le résultat confirme qu’il ne faut jamais douter a priori de la réussite ou d’un échec. En effet, sans être parfait, le film évite beaucoup des pièges qui se dressaient devant lui et se révèle surtout très drôle. Il fera en tout cas définitivement oublier le détestable Qu’Est ce qu’on a Fait au Bon Dieu ?

Excusez-moi pour cette expression triviale, mais Fabrice Eboué a quand même eu les couilles d’oser se moquer gentiment mais résolument des religions dans le contexte que l’on connaît. Il y a une forme de tendresse dans son regard certes, mais aussi beaucoup de mordant. Si on veut chercher des défauts à Coexister, on pourrait dire qu’il y en a pas toujours assez de ce dernier. On aurait aimé que Fabrice Eboué aille un peu plus loin dans le caustique, mais il est vrai que ça aurait été sûrement au détriment de l’attachement que l’on ressent pour les personnages.

coexisterLes mérites de Fabrice Eboué n’en restent pas moins multiple. Au-delà d’une réelle qualité d’écriture, il a su aussi diriger un casting qui aurait pu vite partir dans le cabotinage insupportable. Finalement, Coexister forme un tout supérieur à la somme des petits numéros de chacun. Toutes les parties du film ne se valent pas, mais il y a assez de rythme pour vite passer à un passage plus réjouissant et drôle. On peut voir de nombreuses limites à ce film, mais au moins Fabrice Eboué a osé. Voilà une audace salutaire dont on peut le remercier !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation et scénario : Fabrice Éboué
Photographie : Philippe Guilbert
Montage : Alice Plantin
Musique : Guillaume Roussel
Producteurs : Édouard de Vésinne et Fabrice Éboué
Directeur de production : Alain Mougenot
Durée : 90 minutes

Casting :
Fabrice Éboué : Nicolas Lejeune
Ramzy Bédia : Moncef, l’imam
Guillaume de Tonquédec : Benoit, le curé
Jonathan Cohen : Samuel, le rabbin
Amelle Chahbi : Alexia
Audrey Lamy : Sabrina
Mathilde Seigner : Sophie Demanche
Grégoire Foessel : un technicien du cinéma
Mylene Bude : la groupie
Michel Drucker : lui-même
Jean-Pascal Zadi : Pink Kalash

TEHERAN TABOU : Loin de la gaudriole

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teherantabouafficheOn imagine facilement qu’un film sur la vie sexuelle sera joyeux et réjouissant. Car qu’il y a-t-il de plus réjouissant et de joyeux que le sexe ? Mais quand on découvre qu’il s’agit de la vie sexuelle des Iraniens, on commence à être saisi d’un léger doute. En effet, Téhéran Tabou n’a rien de joyeux et nous fait découvrir un quotidien oppressant jusqu’à l’absurde. Par contre, si on tient compte de ses nombreuses qualités, alors on peut le considérer comme artistiquement réjouissant. A défaut d’avoir des raisons de se réjouir pour les personnages.

Le choix de passer par un film d’animation pour traiter un sujet si « adulte » pourrait surprendre sans le succès de Valse avec Bachir. Les styles graphiques de ces deux films ne sont d’ailleurs pas si éloignés, ou se caractérisent tout du moins par la même maturité qui colle parfaitement avec la gravité du sujet. Au final, on en oublierait presque ce détail de forme pour se concentrer sur le fond. En effet, on va voir Téhéran Tabou avant tout pour le sujet qu’il traite.

teherantabouTéhéran Tabou reste avant tout une fiction où l’on suit le destin parallèle de différents personnages. Il y a une réelle volonté de démonstration sur l’infinie hypocrisie qui traverse la société iranienne à propos du sexe. Mais ce n’est pas une démonstration sur tableau noire, mais par l’exemple. Elle n’en est pas moins éclairante et convaincante. On s’attache aux protagonistes tout en découvrant avec effarement ce à quoi ils sont soumis. Cela rend le film réellement passionnant. Un peu attristant aussi.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Little Dream Entertainment
Réalisation : Ali Soozandeh
Scénario : Ali Soozandeh
Montage : Andrea Mertens, Frank Geiger
Photo : Martin Gschlacht
Décors : Ali Soozandeh
Distribution : ARP sélection
Son : Janis Grossmann
Musique : Ali N. Askin
Durée : 96 min

Casting :
Negar Nasseri : Donya
Elmira Rafizadeh : Pari
Zahra Amir Ebrahimi : Sara
Arash Marandi : Babak

KINGSMAN : LE CERCLE D’OR : Trop de suite dans les idées

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kingsmanlecercledorafficheCe qu’il y a de bien avec les suites, c’est qu’elles me permettent de faire toujours la même introduction à mes critiques, alors que les premières lignes sont les plus ardues à écrire. Mais le plus souvent, c’est pour m’insurger contre le cliché que les suites sont toujours décevantes comparées aux épisodes originaux. Et bien pour Kingsman : Le Cercle d’Or, je vais difficilement pouvoir aller à contre-courant des idées reçues. En effet, autant le premier volet avait été un vrai grand moment de bonheur cinématographique, autant le second est très moyen, pour ne pas dire médiocre.

Kingsman : Le Cercle d’Or connaît des faiblesses à à peu près tous les niveaux. En premier lieu le scénario. L’idée de la rencontre avec des homologues américains aurait pu être réellement savoureuse si elle avait été mieux exploitée. Le film manque de rythme, propose un humour parfois lourdingue et même les clins d’œil au premier échoue à nous émouvoir. Parapluie contre lasso, on préfère définitivement le premier. A trois vouloir imiter le premier volet, cette suite ne trouve pas sa propre identité et pour tout dire son propre intérêt. Surtout si c’est pour faire la même chose en moins bien !

kingsmanlecercledorMais ne désespérons pas totalement car tout n’est pas à jeter dans Kingsman : Le Cercle d’Or. En effet, il nous offre quand même deux raisons de se réjouir. Tout d’abord, le surprenant mais jouissif caméo d’Elton John. On peut même parler de second rôle, car il intervient assez longuement dans l’histoire dans son propre rôle. S’il y a un élément humoristique qui fonctionne dans ce film, c’est bien celui-là et cela fait toujours plaisir de voir une telle star capable d’un peu d’autodérision. Enfin, la dernière scène d’action filmée en long plan séquence reste quand même particulièrement délectable. Elle montre aussi que les nouvelles technologies de trucages peuvent aussi servir le cinéma en élargissant les possibilités de mise en scène. Cependant, cela ne suffit pas à sauver le film. Espérons que le troisième volet qui pointe lors du dernier plan sera d’une toute autre valeur.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Marv Films, TSG Entertainment, Shangri-La Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Matthew Vaughn
Scénario : Matthew Vaughn, Jane Goldman, d’après la BD de Dave Gibbons et Mark Millar
Montage : Eddie Hamilton
Photo : George Richmond
Décors : Darren Gilford
Musique : Matthew Margeson, Henry Jackman
Durée : 141 min

Casting :
Taron Egerton : Eggsy
Colin Firth : Harry Hart
Mark Strong : Merlin
Julianne Moore : Poppy
Channing Tatum : Tequila
Halle Berry : Ginger
Edward Holcroft : Charlie
Jeff Bridges : Champ
Elton John : Elton John