On ne peut que se réjouir de voir de plus en plus de films parlant de la condition des femmes au Maghreb et au Moyen-Orient. Ce qui est évidemment nettement moins réjouissant c’est que ces films rendent compte d’une situation particulièrement catastrophique. La Belle et la Meute apporte un nouveau témoignage de celle-ci, nous transportant en Tunisie, où une jeune fille essaye désespérément de porter plainte après un viol par des policiers. Un film qui possède une grande valeur en tant que témoignage, mais à force d’enfoncer un clou, on finit par le rendre invisible.
La Belle et la Meute bénéficie d’une forme relativement audacieuse. En effet, il est composé d’un nombre limité de longs plans séquences, qui arrivent à merveille à créer une impression d’oppression quand la jeune fille se heurte encore et encore à un mur de mépris. Si la technique n’est pas nouvelle, elle est ici assumée pleinement et jusqu’au bout et surtout employée à bon escient pour servir son propos. Si on ajoute à cela la prestation remarquable de Mariam El Farjani, ce film est incontestablement réussi d’un point de vue formel.
Evidemment, en nous livrant les faits de façon direct, pour ne pas dire brutal, Kaouther Ben Hania ne peut qu’inspirer la révolte chez le spectateur, face à une situation aussi abjecte. L’absence total de recul, de perspective, de réflexion ne constitue pas forcément un problème en soi, c’est un choix de narration, mais elle limite forcément la portée du film. On ne mesure pas bien à quel point ce qui nous est présenté est un cas extrême ou bien est vraiment révélateur de l’état de la société et des institutions tunisiennes. La Belle et la Meute ne peut évidemment pas laisser indifférent, mais on reste dans une émotion comme face à un fait divers tragique. Une émotion forte, mais une émotion qui passe.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Kaouther Ben Hania Scénario : Kaouther Ben Hania Photographie : Johan Holmquist Montage : Nadia Ben Rachid Musique : Amine Bouhafa Production : Nadim Cheikhrouha Pays d’origine : Tunisie Langue originale : arabe Format : couleur Genre : thriller, drame Durée : 100 minutes
Personne n’a vraiment cru Steven Soderbergh quand il avait annoncé qu’Effets Secondaires, sorti en 2013, serait son dernier long métrage. Effectivement pour un réalisateur qui tournait quasiment deux films par an, la pause fut longue. Elle lui a permis notamment de se consacrer à une série, mais le voilà revenu à ses premiers amours cinématographiques avec Logan Lucky. Et il revient au meilleur de sa forme, avec un casting d’enfer pour nous offrir un vrai bon moment de cinéma jouissif et une nouvelle fois réalisé à la perfection.
Pour son retour, Steven Soderbergh n’a pas pris trop de risque et s’est aventuré sur un terrain particulièrement connu pour lui. En effet, Logan Lucky a des faux airs de Ocean’s Eleven (et ses deux suites). Bref, c’est un film de casse et même si le contexte et le décor sont ici assez différents, les mécanismes sont les mêmes. Mais on y replonge avec grand plaisir, se laissant porter par une mécanique sans faille qui nous amène vers le twist final qui va bien. Pas de grande originalité à l’horizon donc, mais des personnages assez savoureux et un second degré qui ne l’est pas moins, égratignant toujours au passage les travers de la société américaine. De quoi passer un bon moment !
Cette pause de 4 ans n’a en rien rouillé l’œil de grand réalisateur que possède Steven Soderbergh. Le style reste le même, parfaitement reconnaissable, mais difficilement imitable tant il demande une grande maîtrise du montage notamment. Il reste également un formidable metteur en scène, dirigeant de main de maître un casting particulièrement riche. Logan Lucky offre notamment un rôle à contre-emploi à Daniel Craig, mais qui lui va au final comme un gant. On sent bien que toute la distribution s’éclate à faire vivre cette histoire et ses protagonistes qu’ils incarnent. Cet enthousiasme se transmet au spectateur qui ne regrette sûrement pas d’être venu voir ce film léger certes, mais ô combien réjouissant.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Réalisation : Steven Soderbergh Scénario : Rebecca Blunt Direction artistique : Eric R. Johnson et Rob Simons Décors : Howard Cummings Costumes : Ellen Mirojnick Photographie : Steven Soderbergh (crédité sous le nom de Peter Andrews) Montage : Steven Soderbergh (crédité sous le nom de Mary Ann Bernard) Musique : David Holmes Production : Reid Carolin, Gregory Jacobs et Mark Johnson Producteur délégué : Zane Stoddard Coproducteur : Matt Summers Durée : 119 minutes
Casting : Channing Tatum : Jimmy Logan Adam Driver : Clyde Logan Seth MacFarlane : Max Chilblain Riley Keough : Mellie Logan Katie Holmes : Bobbie Jo Chapman Katherine Waterston : Sylvia Harrison Dwight Yoakam : Warden Burns Sebastian Stan : Dayton White Jack Quaid : Fish Bang Brian Gleeson : Sam Bang Hilary Swank : agent spécial Sarah Grayson Daniel Craig : Joe Bang David Denman : Moody Macon Blair : agent spécial Brad Noonan Jim O’Heir : Cal Brandon Ray Olive : le manager général
N’ayant pas lu le roman dont il est l’adaptation, c’est avec un œil neuf et sans a priori que je suis allé voir Au Revoir Là-haut. Un œil impatient également, séduit par une bande-annonce qui faisait naître une réelle envie de voir ce film. Enfin, la présence d’Albert Dupontel derrière la caméra présageait du meilleur. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le résultat est à la hauteur des attentes, nous offrant un des meilleurs films français de l’année. Et même un des meilleurs films tout court de 2017. Une nouvelle preuve de l’immense talent de son réalisateur qui ne semble définitivement plus avoir de limite.
Au Revoir Là-Haut repose d’abord sur une grande histoire. Le roman n’a pas reçu le Prix Goncourt pour rien visiblement. Une histoire inattendue et riche, peuplée de personnages relativement inoubliables. On se laisse emporter par elle dès les premières secondes jusqu’aux derniers instants. Elle arrive à véhiculer des sentiments et des émotions aussi nombreuses que contradictoires, ne laissant jamais une seconde de répits au spectateur. Tour à tour, on rit, on tremble, on pleure aussi un peu. Tout ce qu’il faut pour un récit qui marque vraiment les esprits.
Le talent d’Albert Dupontel irradie de partout dans Au Revoir Là-Haut. S’il ne peut revendiquer qu’une petite partie de la qualité d’écriture dont bénéficie ce film, il ne faut pas non plus penser que le travail d’adaptation est un travail facile. Mais là où son mérite est incontestable, c’est dans une mise en scène brillante, sachant créer des atmosphères aussi différentes que les sentiments qu’elles véhiculent. Il parvient surtout à mettre sublimement en lumière personnages et donc comédiens, au premier rang desquels Nahuel Perez Biscayart qui après 120 Battements par Minute, fait une entrée fracassante au firmament du cinéma français ! Albert Dupontel y siège depuis longtemps, mais semble avoir encore gagné en altitude. Il est bien là-haut, tout là-haut !
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : Stadenn prod, Manchester films, Gaumont, France 2 cinéma, Entourage pictures Distribution : Gaumont Réalisation : Albert Dupontel Scénario : Albert Dupontel, d’après le roman de Pierre Lemaître Montage : Christophe Pinel Photo : Vincent Mathias Décors : Pierre Queffelan Musique : Christophe Julien Durée : 117 min
Casting : Albert Dupontel : Albert Maillard Nahuel Perez Biscayart : Edouard Péricourt Laurent Lafitte : Pradelle Niels Arestrup : Marcel Péricourt Emilie Dequenne : Madeleine Péricourt Mélanie Thierry : Pauline Héloïse Balster : Louise André Marcon : Officier gendarme Michel Vuillermoz : Joseph Merlin
A l’heure de décerner des prix, c’est évidemment la subjectivité qui l’emporte. Sur quels critères objectifs peut-on juger qu’un film est meilleur qu’un autre ? La Palme d’Or est évidemment soumise aux mêmes règles et le jury est souverain. Pourtant, nombreux spectateurs sont allés voir The Square en se demandant s’il était possible que ce film soit vraiment meilleur que 120 Battements par Minute. Au final, en qualité pure, ce dernier l’emporte largement. Mais le Festival de Cannes a toujours récompensé une audace formelle et une certaine originalité non consensuelle. Et en ce sens, la récompense est loin d’être imméritée.
The Square à le grand mérite d’être toujours surprenant. Il s’apparente presque à un film à sketchs et chaque séquence réserve son lot d’inattendu. Le tout est parcouru d’un humour pince sans rire et décalé relativement déstabilisant. Malheureusement, la plupart des scènes semblent s’être arrêtées au milieu de l’idée qui les sous-tend. On est surpris, curieux, mais rarement enthousiaste. Certains passages savoureux, comme celui autour d’un préservatif usagé, arrachent un vrai sourire, mais une sorte de froideur toute nordique nous retient de totalement adhérer au délire.
The Square fait partie de ces films dont on ressort sans vraiment savoir si on l’a adoré ou détesté. Si l’oeuvre est audacieuse ou juste intellectuellement prétentieuse. Mais malgré sa longueur, le film n’ennuie jamais le spectateur. La diversité des séquences s’accompagne d’un sens de l’esthétisme particulièrement affûté. Photographie, mise en scène, mais aussi direction d’acteurs sont largement du niveau d’une Palme d’Or. Mais au final, le film échoue à être aussi génial que ce qu’il aurait du être. On ne peut que saluer ses qualités, sans pour autant dépasser le stade de l’admiration raisonnable.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Plattform Production, Essential Films, Parisienne Réalisation : Ruben Östlund Scénario : Ruben Östlund Montage : Ruben Östlund, Jacob Secher Schulsinger Photo : Fredrik Wenzel Décors : Josefin Asberg Distribution : Bac Films Durée : 142 min
Casting : Dominic West : Julian Gijoni Claes Bang : Christian Elisabeth Moss : Anne Terry Notary : Oleg Marina Schiptjenko : Elna Elijandro Edouard : Pojken Daniel Hallberg : le consultant RP
Quand on pense cinéma d’animation, on pense souvent au Japon, avec les animes tirés des mangas, ou bien aux Etats-Unis, avec Disney et Pixar. On pense moins souvent à la France, révélant là la faculté de notre pays à mettre au second plan ses propres réussites pour penser avant tout à ce qui ne va pas. Notre pays n’a pourtant rien à envier aux deux autres dans ce domaine et on se rappelle que certaines productions « internationales » sont en partie réalisées en France (comme les Minions notamment). Un film comme Zombillénium prouve une nouvelle fois la qualité de notre école d’animation.
Adaptation d’une bande-dessinée dont j’ignorais totalement l’existence, Zombillénium constitue un divertissement familial de qualité. Un scénario agréable, rythmé, mêlant humour et action, tout est rassemblé pour passer un bon moment. Il séduit avant tout par sa galerie de personnages légèrement décalés qui emportent rapidement l’affection du public. On ne voit pas le temps passer, même si on ne ressort pas de ce film avec un souvenir impérissable. Ca fait passer un bien bon moment et c’est déjà pas mal.
J’imagine que le style graphique de Zombillénium correspond à celui de l’œuvre d’Arthur de Pins dont il est adapté. Au final, il n’est ni beau, ni laid. Il semble hésiter entre un trait vraiment « dessin » et une image qui soit clairement « de synthèse ». Cela donne un résultat relativement impersonnel et assez passe-partout, qui permet de se concentrer pleinement sur l’histoire, sans pour autant apporter un vrai plus au film. On n’a pas vraiment de quoi se plaindre, mais on reste tout de même en droit de le regretter.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Maybe Movies, 2 minutes, Pipangai Production, Gao Shan Pictures, Dupuis édition & audiovisuel, Gebeka films, Belvision Distribution : Gebeka Films Réalisation : Arthur de Pins, Alexis Ducord Scénario : Arthur de Pins, Alexis Ducord, d’après la BD d’Arthur de Pins Montage : Benjamin Massoubre Photo : Nicolas Vercruyssen Musique : Eric Neveux, Mat Bastard Durée : 78 min
Casting : Emmanuel Curtil : Hector Kelly Marot : Gretchen Alexis Tomassian : Steven Mat Bastard : Sirius Alain Choquet : Francis
Le combat pour l’égalité homme/femme se joue pour une part importante au sein des entreprises. On pense immédiatement à l’égalité salariale. Mais il existe d’autres enjeux. On souligne souvent l’absence quasi totale de femmes à la tête des entreprises du CAC 40. C’est sur ce constat qu’est basé Numéro Une. Un film sur l’univers impitoyable des affaires et sur la manière dont les hommes cherchent à conserver l’exclusivité du pouvoir. Un film qui prend une résonance particulière dans le contexte actuel, même si les sujets sont bien distincts.
Numéro Une aurait pu être un film tout ce qu’il y a des plus classiques sur les jeux de pouvoir et d’influence et toutes les extrémités dont certains sont capables pour garder leur position dans l’ordre des choses. Lui donner une dimension féministe lui donne étonnamment un relief, un intérêt et un originalité supplémentaire. Etonnamment car cela permet de réaliser à quel point le sujet a pour l’instant été largement oublié par le cinéma français. Un des grands mérites de ce film est de réparer cet oubli.
Numéro Une est d’autant plus méritant qu’il est aussi maîtrisé et réussi. Emmanuelle Devos éclabousse l’écran comme à son habitude et sa présence constitue une raison à elle seule d’aller voir ce film. On retrouve globalement la science de la narration de Tonie Marshall qui sait raconter son histoire comme un polar et maintient donc une vraie tension narrative du début à la fin. Certes, le film n’est pas parfait, manque parfois d’une réelle audace, comme si la réalisatrice avait peur de desservir son sujet en prenant des risques. C’est dommage, mais ce n’est pas une raison de bouder ce film.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Tabo Tabo Films, Versus productions, France 3, Noodles production Distribution : Pyramide Réalisation : Tonie Marshall Scénario : Tonie Marshall, Marion Doussot, Raphaëlle Bacqué Montage : Marie-Pierre Frappier Photo : Julien Roux Décors : Anna Falguières Musique : Mike Kourtzer, Fabien Kourtzer Durée : 110 min
Casting : Emmanuelle Devos : Emmanuelle Blachey Suzanne Clément : Véra Jacob Richard Berry : Jean Beaumel Sami Frey : Henri Blachey Benjamin Biolay : Marc Ronsin Francine Bergé : Adrienne Postel-Devaux Anne Azoulay : Claire Dormoy John Lynch : Gary Adaùs Jérôme Deschamps : le P-DG
Si le cinéma n’a généralement aucun scrupule à ranger les personnages dans des cases manichéennes, il a beaucoup de scrupule à faire de même quand il s’agit d’enfants ou d’adolescents, n’osant considérer que leur cause est déjà entendue. Cela donne même lieu à réflexion sur les « enfants » perdus, qui semblent voués à devenir des adultes infréquentables, mais qu’il est encore temps de sauver. L’Atelier se situe dans cette lignée. Un film qui essaye de comprendre les racines de la dérive vers la haine et la violence, mais sans tout à fait y parvenir.
L’Atelier est doté de deux centres de gravité. Le sujet reste un des jeunes élèves d’un atelier d’écriture qui a commencé à basculer vers la haine et l’extrême droite. Si le début du film peut nous laisser penser à un propos plus large, il se focalise très vite sur ce seul axe. Par contre, l’histoire n’est pas raconté d’un œil extérieur et neutre. On partage clairement le point de vue de l’animatrice de l’atelier. Son désir de comprendre se transmet au spectateur et la quête devient commune. Et si le dénouement n’apporte pas de réponse claire et définitive, c’est sans doute que cette dernière n’existe de toute façon pas.
Il y a longtemps que Marina Foïs a quitté son statut d’actrice comique, on n’est plus du tout surprise de la voir aussi à l’aise dans un tel rôle. Mais on ne peut que constater que sa présence à l’écran apporte un vrai plus. Elle est parfaitement secondée par tout le casting post adolescent, avec le jeune Matthieu Lucci, vraie révélation. Au final, l’Atelier n’est peut-être pas le film le plus abouti et le plus passionnant de Laurent Cantet. Mais il livre une œuvre qui sait résister à tous les raccourcis qu’il aurait pu facilement emprunter pour nous offrir au final une ambiguité ni noire, ni blanche, mais grise. Bref, comme dans la vraie vie.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Archipel 35 / Archipel 33 Réalisation : Laurent Cantet Scénario : Laurent Cantet, Robin Campillo Montage : Mathilde Muyard Photo : Pierre Milon Distribution : Diaphana Films Musique : Bedis Tir, Edouard Pons Durée : 113 mn
J’avoue que lorsque j’ai vu pour la première fois les affiches de Coexister sur les murs du métro, j’ai pris un peu peur. Non que je dénie tout talent à Fabrice Eboué, mais je ne le pensais pas capable de traiter un tel sujet sans se prendre les pieds dans le tapis de la lourdeur. Le résultat confirme qu’il ne faut jamais douter a priori de la réussite ou d’un échec. En effet, sans être parfait, le film évite beaucoup des pièges qui se dressaient devant lui et se révèle surtout très drôle. Il fera en tout cas définitivement oublier le détestable Qu’Est ce qu’on a Fait au Bon Dieu ?
Excusez-moi pour cette expression triviale, mais Fabrice Eboué a quand même eu les couilles d’oser se moquer gentiment mais résolument des religions dans le contexte que l’on connaît. Il y a une forme de tendresse dans son regard certes, mais aussi beaucoup de mordant. Si on veut chercher des défauts à Coexister, on pourrait dire qu’il y en a pas toujours assez de ce dernier. On aurait aimé que Fabrice Eboué aille un peu plus loin dans le caustique, mais il est vrai que ça aurait été sûrement au détriment de l’attachement que l’on ressent pour les personnages.
Les mérites de Fabrice Eboué n’en restent pas moins multiple. Au-delà d’une réelle qualité d’écriture, il a su aussi diriger un casting qui aurait pu vite partir dans le cabotinage insupportable. Finalement, Coexister forme un tout supérieur à la somme des petits numéros de chacun. Toutes les parties du film ne se valent pas, mais il y a assez de rythme pour vite passer à un passage plus réjouissant et drôle. On peut voir de nombreuses limites à ce film, mais au moins Fabrice Eboué a osé. Voilà une audace salutaire dont on peut le remercier !
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation et scénario : Fabrice Éboué Photographie : Philippe Guilbert Montage : Alice Plantin Musique : Guillaume Roussel Producteurs : Édouard de Vésinne et Fabrice Éboué Directeur de production : Alain Mougenot Durée : 90 minutes
Casting : Fabrice Éboué : Nicolas Lejeune Ramzy Bédia : Moncef, l’imam Guillaume de Tonquédec : Benoit, le curé Jonathan Cohen : Samuel, le rabbin Amelle Chahbi : Alexia Audrey Lamy : Sabrina Mathilde Seigner : Sophie Demanche Grégoire Foessel : un technicien du cinéma Mylene Bude : la groupie Michel Drucker : lui-même Jean-Pascal Zadi : Pink Kalash
On imagine facilement qu’un film sur la vie sexuelle sera joyeux et réjouissant. Car qu’il y a-t-il de plus réjouissant et de joyeux que le sexe ? Mais quand on découvre qu’il s’agit de la vie sexuelle des Iraniens, on commence à être saisi d’un léger doute. En effet, Téhéran Tabou n’a rien de joyeux et nous fait découvrir un quotidien oppressant jusqu’à l’absurde. Par contre, si on tient compte de ses nombreuses qualités, alors on peut le considérer comme artistiquement réjouissant. A défaut d’avoir des raisons de se réjouir pour les personnages.
Le choix de passer par un film d’animation pour traiter un sujet si « adulte » pourrait surprendre sans le succès de Valse avec Bachir. Les styles graphiques de ces deux films ne sont d’ailleurs pas si éloignés, ou se caractérisent tout du moins par la même maturité qui colle parfaitement avec la gravité du sujet. Au final, on en oublierait presque ce détail de forme pour se concentrer sur le fond. En effet, on va voir Téhéran Tabou avant tout pour le sujet qu’il traite.
Téhéran Tabou reste avant tout une fiction où l’on suit le destin parallèle de différents personnages. Il y a une réelle volonté de démonstration sur l’infinie hypocrisie qui traverse la société iranienne à propos du sexe. Mais ce n’est pas une démonstration sur tableau noire, mais par l’exemple. Elle n’en est pas moins éclairante et convaincante. On s’attache aux protagonistes tout en découvrant avec effarement ce à quoi ils sont soumis. Cela rend le film réellement passionnant. Un peu attristant aussi.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Little Dream Entertainment Réalisation : Ali Soozandeh Scénario : Ali Soozandeh Montage : Andrea Mertens, Frank Geiger Photo : Martin Gschlacht Décors : Ali Soozandeh Distribution : ARP sélection Son : Janis Grossmann Musique : Ali N. Askin Durée : 96 min
Casting : Negar Nasseri : Donya Elmira Rafizadeh : Pari Zahra Amir Ebrahimi : Sara Arash Marandi : Babak
Ce qu’il y a de bien avec les suites, c’est qu’elles me permettent de faire toujours la même introduction à mes critiques, alors que les premières lignes sont les plus ardues à écrire. Mais le plus souvent, c’est pour m’insurger contre le cliché que les suites sont toujours décevantes comparées aux épisodes originaux. Et bien pour Kingsman : Le Cercle d’Or, je vais difficilement pouvoir aller à contre-courant des idées reçues. En effet, autant le premier volet avait été un vrai grand moment de bonheur cinématographique, autant le second est très moyen, pour ne pas dire médiocre.
Kingsman : Le Cercle d’Or connaît des faiblesses à à peu près tous les niveaux. En premier lieu le scénario. L’idée de la rencontre avec des homologues américains aurait pu être réellement savoureuse si elle avait été mieux exploitée. Le film manque de rythme, propose un humour parfois lourdingue et même les clins d’œil au premier échoue à nous émouvoir. Parapluie contre lasso, on préfère définitivement le premier. A trois vouloir imiter le premier volet, cette suite ne trouve pas sa propre identité et pour tout dire son propre intérêt. Surtout si c’est pour faire la même chose en moins bien !
Mais ne désespérons pas totalement car tout n’est pas à jeter dans Kingsman : Le Cercle d’Or. En effet, il nous offre quand même deux raisons de se réjouir. Tout d’abord, le surprenant mais jouissif caméo d’Elton John. On peut même parler de second rôle, car il intervient assez longuement dans l’histoire dans son propre rôle. S’il y a un élément humoristique qui fonctionne dans ce film, c’est bien celui-là et cela fait toujours plaisir de voir une telle star capable d’un peu d’autodérision. Enfin, la dernière scène d’action filmée en long plan séquence reste quand même particulièrement délectable. Elle montre aussi que les nouvelles technologies de trucages peuvent aussi servir le cinéma en élargissant les possibilités de mise en scène. Cependant, cela ne suffit pas à sauver le film. Espérons que le troisième volet qui pointe lors du dernier plan sera d’une toute autre valeur.
LA NOTE : 09/20
Fiche technique : Production : 20th Century Fox, Marv Films, TSG Entertainment, Shangri-La Entertainment Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Matthew Vaughn Scénario : Matthew Vaughn, Jane Goldman, d’après la BD de Dave Gibbons et Mark Millar Montage : Eddie Hamilton Photo : George Richmond Décors : Darren Gilford Musique : Matthew Margeson, Henry Jackman Durée : 141 min
Casting : Taron Egerton : Eggsy Colin Firth : Harry Hart Mark Strong : Merlin Julianne Moore : Poppy Channing Tatum : Tequila Halle Berry : Ginger Edward Holcroft : Charlie Jeff Bridges : Champ Elton John : Elton John
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