ZERO DARK THIRTY : Ou comment Maya a gagné à Où Est Charlie ?

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zerodarkthirtyafficheKathryn Bigelow a sans doute signé l’Oscar le plus inattendu avec son Démineurs. Une film que j’avais beaucoup apprécié, sans imaginer qu’il puisse remporter le prix le plus prestigieux du cinéma mondial. Un film qui apportait une regard neuf et sans concession sur la souffrance psychologique des soldats américains embraqués dans une guerre sans fin en Irak et en Afghanistan. Faire un film sur la traque et l’exécution de Ben Laden aurait pu donner le pire résultat qui soit. Mais elle était la femme de la situation et nous livre finalement ce très réussi Zero Dark Thirty.

11 septembre 2001, Oussama Ben Laden devient l’ennemi mondial numéro 1. Mais les années passent et il reste introuvable. Alors, la CIA se tourne progressivement vers d’autres priorités. Maya ne veut pourtant pas lâcher la piste qui la conduirait à Abu Ahmed, le messager personnel du leader d’Al-Qaïda, malgré les ordres de sa hiérarchie. Seule contre tous, sa persévérance finira par payer…

Bon, je ne gâche pas trop le suspense en laissant entendre que Zero Dark Thirty se termine par l’exécution de Oussama Ben Laden. L’intérêt du film est évidemment dans le comment, dans la découverte de l’envers du décor d’évènements qu’on nous a raconté à la télévision. En cela, ce film est un remarquable film d’espionnage, infiniment plus réaliste que le reste du genre. Kathryn Bigelow mélange forcément beaucoup de fiction avec la réalité, surtout que le scénario avait été écrit avant que Ben Laden ne soit retrouvé (et a donc été profondément transformé suite à cela).

Il y a eu une forte polémique aux Etats-Unis autour de Zero Dark Thirty, l’accusant de faire l’apologie de la torture. Le film nous livre surtout une vision loin de toute naïveté. On sait quand même très bien qu’elle s’est pratiquée longuement après 2001 et il aurait été ridicule de nier son rôle dans l’obtention de renseignements. Certes, Kathy Bigelow ne cherche pas à dénoncer. En fait, son film ne cherche pas à donner une opinion. Il reconstitue les évènements, nous les montre de manière assez froide et distante. A chacun de se faire une opinion.

Ce recul et cette neutralité donnent tout son intérêt à Zero Dark Thirty. Bien sûr, c’est un hommage aux services de renseignements américains, à la ténacité de certains de ses agents. Mais justement, le film montre bien à quel point ce ne sont pas de super-héros à la James Bond, mais juste de hommes et des femmes prêts à mettre toute leur énergie pour chercher une aiguille dans une botte de foin. Il montre l’ingratitude de ce travail de fourmi, où l’on risque sa vie, sans vraiment vivre de grandes aventures, faites de glamour et d’action.

Mais ce regard un peu froid constitue aussi la limite de Zero Dark Thirty, d’un point de vue cinématographique. Il bride quelque peu l’enthousiaste du spectateur, qui peut s’enflammer pour un film à thèse fortement romancé, comme l’a pu être JFK d’Oliver Stone en son temps. Ce film parle plus à notre raison qu’à notre cœur, même si la longue scène finale de l’assaut est assez prenante pour avoir le cœur qui se serre un peu en pensant à la portée des évènements.

Tout comme Démineurs, Zero Dark Thirty est un film magnifique visuellement, mais qui manque un peu d’une légère étincelle. Kathy Bigelow est une réalisatrice remarquable, le travail de photographie sur ce film était vraiment sublime. Si on y rajoute la musique d’Alexandre Desplat, on est vraiment face à une œuvre artistiquement très abouti. Mais encore une fois, j’ai aussi trouvé que tout cela reste quand même un rien contemplatif et manque d’un léger souffle. Au final, il y a peut-être un bon quart d’heure de trop. A vouloir éviter les raccourcis, l’histoire décortique un rien à l’excès les évènements.

zerodarkthirtyZero Dark Thirty repose fortement sur les épaules de la pourtant frêle Jessica Chastain. Mais son interprétation remarquable, qui pourrait lui valoir un Oscar (même si on espère tous qu’Emmanuelle Riva sera récompensée à sa place), sublime vraiment son personnage. Elle arrive à nous faire ressentir toute la force et toute la faiblesse qui se trouvent réunis dans cette femme dont la ténacité parfois horripilante sera finalement récompensée.

Zero Dark Thirty évite donc tous les pièges dans lesquels il aurait pu facilement tomber. Témoignage historique plutôt qu’œuvre de fiction passionnante, il fait définitivement de Kathy Bigelow une grande réalisatrice.

Fiche technique :
Production : Annapurna Pictures
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Kathryn Bigelow
Scénario : Mark Boal
Montage : William Goldenberg
Photo : Greig Fraser
Décors : Jeremy Hindle
Son : Paul N.J. Ottosson
Effets spéciaux : Richard Stutsman
Directeur artistique : Ben Collins, Rod McLean
Durée : 149 mn

Casting :
Jessica Chastain : Maya
Joel Edgerton : Patrick
Jason Clarke : Dan
Jennifer Ehle : Jessica
Reda Kateb : Ammar
Kyle Chandler : Joseph Bradley

97 HOMMES VOUES A L’OUBLI

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mariagepourtousarticle1On se rappelle des grandes lois et de ceux qui les ont porté. Jules Ferry et l’école gratuite, laïque et obligatoire. La loi de 1901 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat sous l’égide de Waldeck-Rousseau. Les congés payés inventés par le Front Populaire. Simone Veil et la légalisation de l’avortement, Robert Badinter et l’abolition de la peine de mort. Mais à chaque fois, il y a eu des députés pour s’y opposer, voter contre et expliquer que l’on courait à la catastrophe. Qui se souvient d’eux et de leurs arguments ? Personne ! Car l’histoire est cruelle avec ceux qui croient pouvoir s’opposer à son cours et les fait sombrer dans l’oubli.

On ne sait pas encore quelle place la loi pour le mariage pour tous occupera dans la mémoire collective de notre pays. On ne sait pas non plus si un nom lui sera associé. Parlera-t-on du rôle de Christiane Taubira ? Son discours de mardi sera-t-il vu comme un moment historique ? Seul l’avenir le dira. Mais une chose est sûr, les 97 députés qui ont voté ce matin contre l’adoption du premier article de la loi disparaîtront des mémoires. Personne ne verra comme un acte significatif celui de s’être opposé à quelque chose voué à devenir aussi naturel que les congés payés ou la scolarisation universelle.

On ne fait pas de la politique pour rentrer dans l’histoire, mais pour défendre des idées. Ces 97 députés étaient donc en droit de défendre les leur. Dans notre pays, on est toujours libre de ne pas prendre le train, serait-ce celui de l’histoire. De toute façon, à une autre époque, ces 97-là se seraient opposés à l’invention de la roue…

LE DERNIER REMPART : He’s back !

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ledernierrempartafficheIl nous l’avait dit qu’il serait de retour, il nous l’avait promis et il a tenu parole. Après des caméos dans les deux The Expandables, Arnold Schwarzenegger est à nouveau sur nos écrans avec Le Dernier Rempart. Certes, cela pouvait faire peur à première vue. On pouvait craindre l’ode à l’auto-défense écervelé. Finalement, on a droit à un joli moment d’auto-dérision et tout simplement un bon western.

Ray Owens a connu la violence et la mort lorsqu’il était flic à Los Angeles. Désormais, il est le simple shérif d’une petite ville désespérément tranquille à la frontière entre Etats-Unis et Mexique. Mais au même moment, le pire chef de cartel qui soit s’évade selon un plan qui va l’amener à traverser cette sympathique bourgade. Mais cette dernière va se préparer à le recevoir.

S’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à Arnold Schwarzenegger, c’est bien de manquer de sens de l’auto-dérision. Il en avait fait déjà preuve dans Last Action Hero, un de mes films culte, dans les années 90, où il n’hésitait pas à se dépeindre comme un abruti et à démonter tous les codes des films d’action qui ont fait sa fortune. Au moins, l’homme à du recul sur lui-même et sur son œuvre qui, si elle ne nous a jamais fait mal à la tête, nous a quand même réservé quelques très bons moments de bonheur cinématographique.

Et bien, Le Dernier Rempart se situe exactement dans la même lignée. On retiendra notamment cette réponse donnée par son personnage à la question « how do you feel ? » : « Old ! ». Le film est constellé de clins d’œil à sa propre carrière et à son retour à 65 ans dans le cinéma d’action. Il est aussi marqué constamment par un humour parodique et très second degré. Les méchants sont des caricatures et les héros ne sont pas vraiment des héros. Plutôt des gens comme tout le monde qui cherchent à faire comme les héros des films d’action. Bref, ce film ne se prend jamais au sérieux et on l’apprécie d’autant plus pour cela.

A côté de ça, Le Dernier Rempart est un western, un vrai. Certes, on se situe au XXI ème siècle mais qu’importe, les codes sont les mêmes. Il y a toujours des shérifs et des hors-la-loi qui s’attaquent aux petites villes. Cela donne quelques belles fusillades et un duel final que n’auraient pas renié John Ford ou Sergio Leone. Et si les voitures de sport ont remplacé les chevaux, on retrouve vraiment tout ce qui a fait la grandeur du western des années 60. Entre John Wayne et Arnold Schwarzenegger, les mentons des shérifs sont tout toujours aussi carrés.

Pour couronner le tout, Le Dernier Rempart nous livre des scènes d’action convaincantes et parfaitement réalisées. Certes, encore une fois, elles ne se prennent pas au sérieux et sont fortement marquées par le second degré, mais cela ne les empêche pas d’être particulièrement spectaculaires et réussies. Tout ces ingrédients font de ce film un excellent moment de divertissement bon enfant et qui ne vous coûtera pas trop de neurones.

ledernierrempartLe Dernier Rempart est un peu plus qu’une série B. Il suffit de regarder le casting. Aux côtés d’un Arnold Schwarzenegger toujours inexpressif, mais toujours aussi parfaits dans ses rôles, on retrouve notamment le trop rare Forest Whitaker, pour une contraste entre flic du FBI des villes contre shérif des champs. Le méchant est interprété par Eduardo Noriega, que l’on avait déjà vu récemment dans un western crépusculaire, Blackthorn. Il est secondé par Peter Stormare qui est décidément spécialiste des rôles d’homme de main des pires truands. Il faut dire qu’avec son physique…

Le Dernier Rempart est donc une des bonnes surprises de ce début d’année, grâce à une bonne dose d’auto-dérision, qui n’enlève rien au caractère spectaculaire et jouissif de l’action.

Fiche technique :
Production : Lionsgate, Di Bonaventura Pictures
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Kim Jee-Woon
Scénario : Andrew Knauer
Montage : Steven Kemper
Photo : Ji Yong Kim
Format : 35mm
Décors : Franco Carbone
Musique : Mowg
Effets spéciaux : Josh Hakian
Directeur artistique : James F. Oberlander
Durée : 104 mn

Casting :
Arnold Schwarzenegger : Ray Owens
Rodrigo Santoro : Franck Martinez
Eduardo Noriega : Gabriel Cortez
Luis Guzman : Mike Figuerola
Johnny Knoxville : Lewis Dinkum
Forest Whitaker : Agent Bannister
Peter Stomare : Burell

WELCOME IN THE TEAM, DAVID !

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davidbeckhamIl y a un an, j’étais circonspect, mais je ne peux nier que j’étais aussi assez excité à l’idée de voir David Beckham revêtir le maillot du PSG. Il s’agit quand même d’un des joueurs les plus mythiques de l’histoire du football, bien au-delà de sa simple valeur purement sportive. Une telle star dans le championnat de France, voilà quelque chose qu’on avait pas vu depuis jamais. Finalement, il n’est pas venu, ça a fait rire tout le monde et les supporters s’en sont remis.

Un an plus tard, les choses ont changé. Le PSG a changé, grandi, pris une autre dimension. L’effectif s’est étoffé et possède une arme absolue nommée Zlatan Ibrahimovic. La démonstration hier soir à Toulouse a montré que l’équipe est encore parfois inconstante, mais son jeu atteint quelques sommets rarement vu dans l’Hexagone. La machine à gagner se met doucement en place et si Lyon fait encore de la résistance, la domination écrasante est pour demain. Et pour après-demain, on pense à l’Europe…

Alors la venu de David Beckham apparaît aujourd’hui définitivement uniquement comme une opération marketing. J’ai du respect pour la légende et accueillir un tel joueur est un honneur pour un club, même si l’honneur est cher payé. Mais il ne répond à aucun besoin sportif, surtout après la très bonne prestation de Lucas hier soir, qui pourrait être bien la future star annoncée, reléguant Jérémy Menez sur le banc.

Ancelotti va donc être obligé d’accorder un peu de temps de jeu à l’Anglais, simplement pour justifier l’opération. Certes, le buzz sera là, des maillots seront vendus, apportant au club de la capitale plus de moyens pour demain. Oui, voir David Beckham avec le maillot du PSG ressemble un peu à rêve de gosse. Mais revoir le club parisien champion de France l’est encore plus. Or, je doute fort que la venue du Spiceboy contribue beaucoup à la réussite de cet objectif.

Mais le football est irrationnel. Aimer passionnément le football est irrationnel ! Alors oui, j’avoue, quand même, au fond de moi, au-delà du discours raisonnable de circonstance, David Bekcham au PSG, ça le fait !

BIENVENUE DANS L’EQUIPE, MARION !

marionbartoli

marionbartoliIl y a des gens qu’on devrait juste détester mais que l’on aime quand même. C’est le cas pour moi de Mario Bartoli. Il s’agit effectivement d’un de mes sujets de billet préféré et j’ai souvent parlé d’elle sur ce blog. Que voulez-vous, j’ai une certaine affection pour elle, malgré mon envie de lui mettre une bonne fessée de temps en temps. Ca n’a évidemment rien de sexuel… Quoique..

Bref, dans un tennis féminin aseptisé, rempli de grandes blondes au charisme de flan, dont le niveau a chuté il y a dix ans pour ne jamais plus remonter, cette petite brune, à la silhouette loin d’être filiforme pour une taille humaine fait un peu tâche. En plus, elle est intelligente avec un QI très supérieure à la moyenne. Toutes ses victoires ont donc été conquises à force de travail et d’abnégation, sûrement pas grâce à un simple don de de la nature qu’elle se serait contentée de cultiver. Marion Bartoli a donc tout d’une héroïne et pourtant, elle s’est souvent heurtée à une certaine froideur de la part du public français.

La faute à une intelligence qu’elle a souvent transformé en prétention, alors que sa carrière aura aussi connu bien des bas indignes de son niveau réel. Mais c’est surtout sa relation avec son père qui nous rappelle un peu trop de mauvais souvenirs au sein du tennis féminin et qui surtout semble la couper du monde réel pour la rendre inaccessible. Avec comme paroxysme son refus de se plier aux règles de vie en groupe, conditions indispensables pour jouer la Fed Cup. Certes, cette compétition ne possède pas la popularité de la Coupe Davis, mais on connaît l’attachement du peuple tennistique français pour les épreuves par équipes.

Tout semble avoir changé depuis un mois. Son père est absent du bord des cours et surtout Marion Bartoli va enfin faire son retour en Equipe de France de Fed Cup. Un retour inattendu qui doit beaucoup à Amélie Mauresmo, la nouvelle capitaine. Mais il vient peut-être avant tout d’une maturité nouvelle, d’une envie de vivre tout simplement. Les Français n’ont jamais aimé les machines à gagner (surtout quand au final, elles ne gagnent pas tant que ça) et leur ont toujours préféré les sportifs sympas avec qui on aurait envie d’aller boire une bière.

Marion Bartoli est sans doute trop avancée dans sa carrière pour changer radicalement sa relation avec le public. Mais ce match de Fed Cup contre l’Allemagne peut représenter un tournant qui lui apportera une partie de l’affection que, d’un côté, elle aura tout fait pour détruire, mais que, de l’autre, elle aurait tant mérité !

MARIAGE A MENDOZA : Tous les chemins mènent à la même histoire

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mariageamendozaafficheIls sont deux, trois, plus rarement quatre. Ce sont le plus souvent des hommes, même si ça peut aussi marcher en version couple. Ils ne s’aiment pas, ils s’ignorent ou bien ils ne se connaissent pas. Ils vont faire la route ensemble et cela va être l’occasion de créer ou de renouer des liens, de voir naître une amitié, une complicité, un amour fraternel. Voilà la recette immuable du road movie. Il n’y a pas longtemps, le cinéma français nous avait offert Comme des Frères, avec Nicolas Duvauchelle. Voici, désormais Mariage à Mendoza, avec Nicolas Duvauchelle. Mais les mêmes ingrédients ne donnent pas toujours le même résultat.

Antoine et Marcus, deux frères, débarquent à Bueno Aires pour se rendre au mariage de leur cousin. Mais le premier est passablement déprimé car en rupture quasi-consommée avec son épouse. Le second espère que ce voyage remontera le moral à son cadet. Mais lui aussi ne va pas très bien, suivant un traitement qui lui évite de sombrer dans la dépression. Le trajet ne s’annonce donc pas de tout repos.

Mariage à Mendoza est un film qui ne fonctionne jamais très bien, à n’importe quel niveau que ce soit. Déjà, les deux personnages principaux, et les secondaires d’ailleurs, ne sont ni convaincants, ni vraiment attachants. En fait, on s’en fout un peu de ce qui leur arrive, on ne compatit pas vraiment à leurs malheurs. Du coup, cette légère indifférence ressurgit sur tout le film, que l’on suit sans aucun enthousiasme, pour ne pas dire un léger ennui.

Plus globalement, c’est le scénario de Mariage à Mendoza qui est bancal. Certes, les péripéties sont nombreuses et relativement variées, mais ne sont jamais vraiment très drôles et souvent pas très plausibles. Bref, on n’y croit pas, en plus de s’en tamponner un peu le coquillard. Certes, on voyage un peu, l’Argentine semble un très joli pays. Mais, ce pays nous livre assez de films intéressants permettant de les découvrir directement pour ne pas y voir une raison fondamentale d’aller voir ce film très moyen.

Comme on se situe dans un domaine cinématographique où l’offre est pléthorique, on a bien du mal à pardonner une certaine médiocrité. On traverse Mariage à Mendoza avec une impression constante de déjà-vue, mais de déjà-vue en mieux… Edouard Deluc avait bien droit de faire ce film, peut-être qu’il y a mis des éléments assez personnels, mais son œuvre apparaît avant tout pour le spectateur comme une énième version d’une histoire mainte fois racontée. Les routes ne sont jamais les mêmes, mais le parcours des personnages l’est souvent.

mariageamendozaEdouard Deluc fait donc preuve d’une certaine timidité pour son premier film. Sa réalisation est propre, sans être ni brillante, ni particulièrement imaginative. Là encore, Mariage à Mendoza ne brille pas particulièrement, sans être foncièrement désagréable. Mais aucune lueur d’intérêt profond ne s’allume jamais au fond des yeux des spectateurs. Le réalisateur n’est pas parvenu à insuffler un vrai souffle à un film qui ne décolle jamais d’une certaine platitude. Et malheureusement, on ne peut même pas dire qu’il a mal exploité un potentiel, car l’idée de départ n’était même pas prometteuse.

Nicolas Duvauchelle met infiniment moins d’enthousiasme dans Mariage à Mendoza que dans Comme des Frères. Le casting est comme le reste du film, sans conviction. Philippe Rebbot est parfois totalement horripilant et l’apparition de Benjamin Biolay est trop courte pour changer quoique ce soit. On se réjouira simplement du charme très prononcé de la jeune et jolie Paloma Contreras.

Mariage à Mendoza n’est pas vraiment un film raté, mais un film pas assez réussi pour donner de l’intérêt à une histoire déjà vue mille fois.

Fiche technique :
Réalisation : Édouard Deluc
Scénario : Anaïs Carpita, Édouard Deluc, Thomas Lilti et Philippe Rebbot
Directeur de la photographie : Pierre Cottereau
Montage : Chantal Hymans
Directeur artistique : Françoise Joset et Ignacio Luppi
Musique : Herman Düne
Durée : 1 h 34

Casting :
Nicolas Duvauchelle : Antoine
Philippe Rebbot : Marcus
Benjamin Biolay : Xavier
Gustavo Kamenetzky : Gonzalo
Paloma Contreras : Gabriela
Sarah Grappin : Mélanie
César Bordón : Emilio
Gonzalo Suárez : Le rabatteur

MADAME TAUBIRA…

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christianetaubiraPardon Madame Taubira. Oui, ce billet sera un billet d’excuses… Quand les excuses doivent être mutuelles, il faut bien que quelqu’un commence. Oh, je sais bien que les excuses en retour ne viendront sûrement jamais. Je ne l’écris pas pour en avoir (en dehors du fait que vous ne lirez jamais ces lignes), mais parce que je me suis trompé sur votre compte et que je ne peux que le reconnaître. Aussi parce qu’en ces heures, votre combat est trop important pour ne pas recevoir un soutien plein et entier.

J’ai longtemps pensé que vous n’étiez devenue Ministre de la Justice que parce que vous étiez (dans le désordre) radicale, antillaise et une femme. Peut-être que cela fait de moi un affreux raciste misogyne, mais il est ridicule de nier que la composition d’un gouvernement ressemble au moins autant à un casting qu’à un entretien d’embauche. Je continue de penser que vous n’avez pas été nommée pour vos compétences. Mais cela ne vous empêche pas d’en posséder, vous l’avez largement prouvé, je ne peux que le reconnaître.

Je suis le premier à défendre l’idée que la fonction d’homme ou de femme politique n’est en rien celle d’un expert. On n’a pas besoin d’être spécialiste d’un domaine pour devenir un bon ministre. Ainsi on ne confie pas la défense à un militaire ou l’éducation nationale à un prof. Alors pourquoi pas vous comme ministre de la Justice ? Parce que je n’ai pas oublié le 21 avril 2002. Oh, la responsabilité de la catastrophe ne vous incombe pas, mais vous y avez largement contribué. Or, vous n’avez jamais reconnu votre part de responsabilité, ce qui est pour moi le début de l’irresponsabilité. Oui je pensais que vous ne pourriez pas être une bonne ministre, je pensais que vous ne seriez pas à la hauteur, je pensais que vous étiez une erreur de casting qu’on allait amèrement regretter.

Quand, au meeting de François Hollande à Bercy à quelques jours du premier tour des Présidentielles, on vous a applaudi, je me suis abstenu. Je ne voyais pas en quoi vous méritiez la moindre acclamation, bien au contraire. Aujourd’hui, je le frapperai mes mains en votre honneur. Aujourd’hui, je vous féliciterai surtout pour votre discours d’hier à l’Assemblée, qui n’est pas la première sortie remarquable que vous avez effectué depuis que vous êtes Ministre. Oui le discours était beau, convaincant, fort et sincère pour une cause qui vaut bien que l’on mette tout son talent à son service. Et du talent, vous en avez.

Je vous avais mal jugé, Madame Taubira. Je m’en excuse encore une fois. On n’effacera jamais le passé, mais votre action conduira demain à une société plus juste, plus solidaire, tout simplement plus agréable à vivre. Cela vaut bien des excuses. Cela vaut même bien un merci.

SACRE DJOKO !

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novakdjokovicOn pouvait penser que sur la lancée de son US Open victorieux, Andy Murray ferait basculer l’histoire, surtout après qu’il ait remporté le premier set de la finale de l’Open d’Australie. Mais le patron du tennis mondial actuel s’appelle bien encore Novak Djokovic. Certes, ce dernier profite du déclin de Federer et des blessures à répétition de Rafael Nadal, mais sa domination est réelle et assez longue désormais pour en faire un des joueurs marquants de l’histoire du tennis. Le serbe est un immense champion pour bien des raisons.

Déjà parce qu’il possède désormais un formidable palmarès. Il a remporté aujourd’hui son 6ème titre du Grand Chelem et son 4ème Open d’Australie. Cela le place déjà dans le gotha du tennis. Mais quand on connaît la concurrence à laquelle il fait face, on peut imaginer à quel point il serait encore plus fourni à une époque plus « normale ». Evidemment, tout cela n’est pas fini et on imagine mal qu’il ne continue pas à s’étoffer de manière significative.

Ensuite, parce qu’il a cette incroyable faculté à sortir vainqueur de matchs homériques. On parle beaucoup de la résistance physique de Rafael Nadal, mais celle de Djokovic est également remarquable. On a tous en mémoire la prodigieuse finale 2012 de l’Open d’Australie. Cette année, c’est en 8ème de finale contre le Suisse Wawrinka qu’il a livré un combat d’une incroyable intensité et d’une longue déraisonnable.

Enfin, Novak Djokovic sort du lot par sa personnalité. Certes, on est loin des années 80 où McEnroe et Connors rivalisaient en comportements excessifs. Le Serbe se démarque surtout par son humour et un certain sens de la dérision. Cela le rend sympathique et surtout plus humain qu’un Nadal qui ressemble parfois un peu trop à une machine. Là où Federer est le gendre idéal, Djokovic est le mec avec qui on a envie d’aller boire des bières en étant sûr de passer une bonne soirée !

Novak Djokovic fait partie de ces joueurs qui nous font aimer le tennis ! Et pour ça, on peut lui dire merci !

DJANGO UNCHAINED : Il était une fois Tarantino

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djangounchainedafficheAprès une vaine tentative le week-end dernier, hier j’ai enfin pu voir, que dis-je contempler, le nouveau film de Quentin Tarantino, Django Unchained. Attention le D est muet… Bref, l’attente fut longue car entre les réunions, les séances de vœux et mon sport obligatoire, je n’avais pas pu caser une séance pendant la semaine. Mais tout vient à point à qui sait attendre comme dit le dicton et ma patience fut récompensée par un spectacle toujours aussi jouissif et toujours réalisé avec un brio proprement prodigieux.

King Schultz est chasseur de primes. Pour pouvoir reconnaître une de ces cibles, il libère Django, un esclave qui l’a côtoyé dans la plantation où il travaillait précédemment. Une fois cette première mission accomplie, les deux hommes vont s’associer le temps d’un hiver, formant un duo particulièrement efficace. Mais Django ne pense qu’à une seule chose : retrouver et délivrer sa femme, elle aussi esclave, dont il a été séparé. Son compagnon décide alors de l’aider dans son entreprise.

Django Unchained est un Tarantino, un vrai Tarantino, rien qu’un Tarantino. Si l’univers du western n’avait pas encore été exploré par le réalisateur américain, il lui applique tout ce qui a fait son succès. Il reprend tous les codes du genre (enfin du côté western spaghetti, pas version John Ford) pour les approprier, les réutiliser pleinement sans les parodier mais en les poussant plus haut, plus loin, plus fort, le tout avec un talent inédit pour un film du genre… Enfin presque inédit parce que le western spaghetti a quand même connu Sergio Leone…

La force de Django Unchained, comme tous les films de Tarantino, est qu’il est incroyablement jouissif vu au second degré, sans que ce dernier ne soit justement apparent. On est face à un film qui ne se prend jamais au sérieux, mais qui est réalisé avec le plus grand sérieux. Cela donne quelques scènes absolument incroyables. On découvrira par leur intermédiaire que les membres du Klu Klux Klan forment vraiment une bande d’abrutis ou qu’il ne faut pas se contenter de compter le nombre de balles tirées, mais aussi le nombre de pistolets… On est face à un film qui deviendra forcément culte, dont on pourra revoir des passages encore et encore, sans jamais se lasser.

Django Unchained est aussi typique du style Tarantino dans sa construction. On retrouve une nouvelle fois ces longs dialogues, interminables pour certains, qui précédent une déchaînement de violence spectaculaire. Cela constitue vraiment sa marque de fabrique. C’est vrai que cela tourne quelque peu au tic et que certains peuvent trouver ça relativement insupportable (si, si, j’en connais…). Mais c’est tellement bien fait, les échanges verbaux ou à coup de pistolets sont tellement savoureux, qu’on en redemande encore et encore !

Django Unchained est aussi un Tarantino typique parce qu’il est porté par une réalisation une nouvelle fois sublime. Chaque plan, chaque angle de caméra, chaque éclairage démontrent une maîtrise artistique hors du commun. Ces petits riens qui font le génie, le vrai, pas celui qui se voit par des effets spectaculaires. C’est de mon point de vue ce qui fait encore la différence entre Quentin Tarantino et Christopher Nolan. Bref, c’est beau, c’est parfait, c’est quasi magique. Ce film est une nouvelle bouffée de cinéma à l’état brut, du 7ème art en intraveineuse comme seul le réalisateur de Pulp Fiction sait nous en proposer.

Comme tous les Tarantino, Django Unchained, c’est aussi une bande-originale qui déchire, comme disent les jeunes. Bon, on m’avait parlé d’une tuerie (je cite!), je m’attendais donc à un chef d’œuvre au niveau de Pulp Fiction ou Kill Bill, volume 1 à ce niveau-là. Je l’ai trouvé quand même un petit ton au-dessous, alors j’ai ressenti une très légère déception. Cependant, si on regarde les choses objectivement et dans l’absolu, elle reste tout de même constellée de petits bijoux, comme seul Tarantino sait en dégoter. Et surtout, elle s’intègre toujours aussi bien dans la construction globale du film, ne venant pas simplement s’ajouter aux images, mais en devenant un élément constitutif. De ce point de vue-là, seul Kubrick savait faire aussi bien.

djangounchainedDjango Unchained restera dans la série des Tarantino purement divertissants. Certains diront mineur, mais je ne souhaite pas accoler un tel adjectif à un tel film, même si cela reste relatif à la carrière d’un vrai génie. Pour moi, il se rapproche de Boulevard de la Mort dans l’enthousiasme dont fait preuve le réalisateur à faire revivre les séries B qui ont marqué sa jeunesse. Le film n’a en fait rien d’innovant, il est plutôt un hommage à un cinéma populaire qui contribue largement à la richesse du 7ème art. Mais un bien bel hommage.

Django Unchained nous propose un casting comme Quentin Tarantino est capable d’en rassembler. Après l’avoir découvert dans Inglourious Bastards, il offre à Christoph Waltz un rôle à la mesure de son immense talent. Cet acteur est définitivement génial, rendant les répliques les plus anodines terriblement percutantes ou drôles. Jamie Foxx est égal à lui même, incarnant parfaitement son personnage. Leonardo Di Caprio fait preuve de son charisme habituel, ce qui n’est pas peu dire. La grande surprise vient de Samuel L. Jackson, l’habitué des films de Tarantino, qui livre là un numéro d’acteur comme il en a rarement offert. Il est tout simplement génial et presque méconnaissable ! Bref, un casting irrésistible !

Quentin Tarantino est grand ! Vive Tarantino ! Vive Django Unchained !

Fiche technique :
Production : Sony Pictures, The Weinstein Company
Distribution : Sony Pictures Relasing France
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Montage : Fred Raskin
Photo : Robert Richardson
Décors : J. Michael Riva
Maquillage : Heba Thorisdottir
Directeur artistique : Page Buckner, David F. Klassen, Mara LePere-Schloop
Durée : 164 mn

Casting :
Samuel L. Jackson : Stephen
Leonardo DiCaprio : Calvin Candie
Christoph Waltz : Dr King Schultz
Jamie Foxx : Django
Kerry Washington : Broomhilda
Walton Goggins : Billy Crash
Dennis Christopher : Leonide Moguy

SE SERRER LA CEINTURE

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serrerlaceintureContrairement à ce que pourrait éventuellement donner à penser le titre de mon billet, non, je ne vais pas vous parler d’économie. Non, il est à prendre quasiment au premier degré, puisque je vais vous parler de mon régime. Bon, je ne crois pas déjà être en mesure de fermer ma ceinture un cran plus loin, mais parti comme c’est, ça ne devrait pas tarder. En tout cas, j’espère bien qu’au bout de ces trois mois où je vais être à la diète, je flotterai assez dans mes jeans pour devoir les tenir plus fermement.

Le but de ce régime n’est certes pas de maigrir, mais à force de devoir limiter tout ce qui fait grossir, forcément on fond quelque peu. Surtout que je m’astreins à côté de ça à deux longues séances hebdomadaires minimum sur mon fidèle et loyal vélo d’appartement. Je n’arbore toujours pas une silhouette svelte, mais disons que je me sens comme une fin d’été, alors que nous sommes fin janvier. Ce n’est pas cet hiver que mon gras servira me tenir chaud.

Me voir arriver à un apéro avec ma bouteille de Coca Zéro ne me ressemble évidemment pas. J’ai un rapport quasi amoureux avec la nourriture et l’alcool (avec plus ou moins de modération). Un bon repas est pour moi le plus grand plaisir qui soit après le sexe, avec peut-être les buts du PSG, gagner à Mario Kart, les grands films et les bons bouquins… Ouf, j’ai quand même beaucoup d’activité à ma disposition pour compenser, je devrais survivre… Même si, en ce moment, le sexe… Bref, ceci est un sujet complètement différent, revenons plutôt à nos moutons…

Je ne suis pas quelqu’un qui fait les choses à moitié et cela se vérifie une nouvelle fois dans le cas qui nous intéresse. J’en fais sûrement un peu trop, surtout que je dois tenir sur ce rythme jusqu’au 10 avril et que c’est encore long. Mais il faut dire que s’il y a quelque chose auquel je ne contribue pas, c’est bien le trou de la sécurité sociale. Déjà, j’ai passé cet examen de manière quasi fortuite, pensant au départ qu’il fallait s’y inscrire volontairement. Finalement, la MSA m’a envoyé une convocation, alors que je n’avais pas l’intention d’y participer. Je n’avais pas vu un médecin depuis dix ans et encore la dernière fois, c’était pour qu’il me déclare apte à la pratique du rugby ! Bref, je ne suis jamais malade, ou alors jamais longtemps, et j’étais doté de la profonde conviction d’avoir une santé de fer, totalement indestructible !

Du coup, inconsciemment, je flippe sûrement un peu plus que de raison. Sans parler de mon ego qui en prend un coup en découvrant que je ne suis finalement pas un super-héros et que mon alimentation peut tout de même avoir un impact sur ma santé ! Merde, je suis humain ! Je vieillis aussi… Enfin, n’ayant aucune envie de prendre le moindre médicament (ma médication se limitant à deux aspirines par an) et ni même de revoir trop souvent ma charmante docteur, je fais le nécessaire pour arriver dans deux mois et demi avec des analyses sanguines en béton armé…

… avec la ferme intention de fêter dignement la fin de mes tri-glycérides !