
11 septembre 2001, Oussama Ben Laden devient l’ennemi mondial numéro 1. Mais les années passent et il reste introuvable. Alors, la CIA se tourne progressivement vers d’autres priorités. Maya ne veut pourtant pas lâcher la piste qui la conduirait à Abu Ahmed, le messager personnel du leader d’Al-Qaïda, malgré les ordres de sa hiérarchie. Seule contre tous, sa persévérance finira par payer…
Bon, je ne gâche pas trop le suspense en laissant entendre que Zero Dark Thirty se termine par l’exécution de Oussama Ben Laden. L’intérêt du film est évidemment dans le comment, dans la découverte de l’envers du décor d’évènements qu’on nous a raconté à la télévision. En cela, ce film est un remarquable film d’espionnage, infiniment plus réaliste que le reste du genre. Kathryn Bigelow mélange forcément beaucoup de fiction avec la réalité, surtout que le scénario avait été écrit avant que Ben Laden ne soit retrouvé (et a donc été profondément transformé suite à cela).
Il y a eu une forte polémique aux Etats-Unis autour de Zero Dark Thirty, l’accusant de faire l’apologie de la torture. Le film nous livre surtout une vision loin de toute naïveté. On sait quand même très bien qu’elle s’est pratiquée longuement après 2001 et il aurait été ridicule de nier son rôle dans l’obtention de renseignements. Certes, Kathy Bigelow ne cherche pas à dénoncer. En fait, son film ne cherche pas à donner une opinion. Il reconstitue les évènements, nous les montre de manière assez froide et distante. A chacun de se faire une opinion.
Ce recul et cette neutralité donnent tout son intérêt à Zero Dark Thirty. Bien sûr, c’est un hommage aux services de renseignements américains, à la ténacité de certains de ses agents. Mais justement, le film montre bien à quel point ce ne sont pas de super-héros à la James Bond, mais juste de hommes et des femmes prêts à mettre toute leur énergie pour chercher une aiguille dans une botte de foin. Il montre l’ingratitude de ce travail de fourmi, où l’on risque sa vie, sans vraiment vivre de grandes aventures, faites de glamour et d’action.
Mais ce regard un peu froid constitue aussi la limite de Zero Dark Thirty, d’un point de vue cinématographique. Il bride quelque peu l’enthousiaste du spectateur, qui peut s’enflammer pour un film à thèse fortement romancé, comme l’a pu être JFK d’Oliver Stone en son temps. Ce film parle plus à notre raison qu’à notre cœur, même si la longue scène finale de l’assaut est assez prenante pour avoir le cœur qui se serre un peu en pensant à la portée des évènements.
Tout comme Démineurs, Zero Dark Thirty est un film magnifique visuellement, mais qui manque un peu d’une légère étincelle. Kathy Bigelow est une réalisatrice remarquable, le travail de photographie sur ce film était vraiment sublime. Si on y rajoute la musique d’Alexandre Desplat, on est vraiment face à une œuvre artistiquement très abouti. Mais encore une fois, j’ai aussi trouvé que tout cela reste quand même un rien contemplatif et manque d’un léger souffle. Au final, il y a peut-être un bon quart d’heure de trop. A vouloir éviter les raccourcis, l’histoire décortique un rien à l’excès les évènements.

Zero Dark Thirty évite donc tous les pièges dans lesquels il aurait pu facilement tomber. Témoignage historique plutôt qu’œuvre de fiction passionnante, il fait définitivement de Kathy Bigelow une grande réalisatrice.
Fiche technique :
Production : Annapurna Pictures
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Kathryn Bigelow
Scénario : Mark Boal
Montage : William Goldenberg
Photo : Greig Fraser
Décors : Jeremy Hindle
Son : Paul N.J. Ottosson
Effets spéciaux : Richard Stutsman
Directeur artistique : Ben Collins, Rod McLean
Durée : 149 mn
Casting :
Jessica Chastain : Maya
Joel Edgerton : Patrick
Jason Clarke : Dan
Jennifer Ehle : Jessica
Reda Kateb : Ammar
Kyle Chandler : Joseph Bradley


Le Dernier Rempart est un peu plus qu’une série B. Il suffit de regarder le casting. Aux côtés d’un Arnold Schwarzenegger toujours inexpressif, mais toujours aussi parfaits dans ses rôles, on retrouve notamment le trop rare Forest Whitaker, pour une contraste entre flic du FBI des villes contre shérif des champs. Le méchant est interprété par Eduardo Noriega, que l’on avait déjà vu récemment dans un western crépusculaire, Blackthorn. Il est secondé par Peter Stormare qui est décidément spécialiste des rôles d’homme de main des pires truands. Il faut dire qu’avec son physique…


Edouard Deluc fait donc preuve d’une certaine timidité pour son premier film. Sa réalisation est propre, sans être ni brillante, ni particulièrement imaginative. Là encore, Mariage à Mendoza ne brille pas particulièrement, sans être foncièrement désagréable. Mais aucune lueur d’intérêt profond ne s’allume jamais au fond des yeux des spectateurs. Le réalisateur n’est pas parvenu à insuffler un vrai souffle à un film qui ne décolle jamais d’une certaine platitude. Et malheureusement, on ne peut même pas dire qu’il a mal exploité un potentiel, car l’idée de départ n’était même pas prometteuse. 


Django Unchained restera dans la série des Tarantino purement divertissants. Certains diront mineur, mais je ne souhaite pas accoler un tel adjectif à un tel film, même si cela reste relatif à la carrière d’un vrai génie. Pour moi, il se rapproche de Boulevard de la Mort dans l’enthousiasme dont fait preuve le réalisateur à faire revivre les séries B qui ont marqué sa jeunesse. Le film n’a en fait rien d’innovant, il est plutôt un hommage à un cinéma populaire qui contribue largement à la richesse du 7ème art. Mais un bien bel hommage. 
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