
Alain Evrad, 48 ans, ancien routier, sort de 18 mois de prison et se voit obliger de retourner vivre chez sa mère. La cohabitation va vite se révéler très compliqué, la fracture entre ces deux êtres incapables de communiquer semble terriblement profonde. Pourtant, la vieille dame n’en a plus pour très longtemps, atteinte de tumeurs au cerveau.
Bon, là je suis partagé sur le contenu de ma critique. Ceux qui auraient vraiment l’intention de voir ce film et qui aime en savoir le moins possible avant de se rendre dans une salle obscure vont devoir s’arrêter là. En effet, je vois mal comment parler de Quelques Heures de Printemps sans évoquer le rebondissement principal du film (présent dans le moindre synopsis de presse, mais bon…). Je remercie d’avance les autres pour la poursuite de la lecture… Un peu de fayotage auprès de son public ne fait jamais de mal…
En effet, Quelques Heures de Printemps évoque le douloureux problème de l’euthanasie puisqu’on découvre que la mère d’Alain a contacté une association suisse qui propose une procédure de suicide assisté. C’est donc un sujet particulièrement sensible auquel s’est attaqué Stéphane Brizé. Mais il le fait avec une délicatesse, une intelligence et une sensibilité absolument remarquables. La dernière demi-heure de ce film représente le plus beau moment d’émotion pure de cette année cinématographique. Un vrai moment de grâce qui justifie largement de le voir et de l’apprécier.
Malheureusement, tout le film ne se situe pas à ce niveau-là. De mon point de vue, le problème se situe au niveau du personnage d’Alain qui, au final, n’est ni intéressant, ni très utile. Les problèmes de communication entre parents et enfants représentent un thème extrêmement classique et Quelques Heures de Printemps n’apporte pas grand chose de nouveau sur ce plan-là. Bien sûr, l’émotion finale puise largement dans la situation initiale et dans l’évolution de la relation entre la mère et le fils. Mais d’autres éléments, comme la tentative de romance d’Alain, ne sont guère passionnants et le rendent le personnage du fils plutôt antipathique, ce qui bride quelque peu l’empathie.

Quelques Heures de Printemps sent le rôle à César. Il faut dire que Hélène Vincent est tout simplement époustouflante, signant là le rôle de sa vie, après 40 ans de carrière. Si elle reçoit bien la petite statuette, ce que je suis prêt à parier, cela sera amplement mérité tant elle joue avec une formidable justesse et une sublime émotion. A ses côtés, Vincent Lindon est presque reléguer au rang de faire-valoir, malgré une prestation elle-aussi de tout premier ordre.
Quelques Heures de Printemps reste un film remarquable par la manière dont il traite un sujet difficile et encore particulièrement tabou. Mais il n’a pas su s’enrichir d’autres éléments vraiment intéressants.
Fiche technique :
Production : TS Productions, F comme Film, ARTE France Cinéma
Distribution : Diaphana
Réalisation : Stéphane Brizé
Scénario : Stéphane Brizé, Florence Vignon
Montage : Anne Klotz
Photo : Antoine Héberlé
Décors : Valérie Saradjian
Musique : Nick Cave
Durée : 108 mn
Casting :
Vincent Lindon : Alain Evrard
Hélène Vincent : Yvette Evrard
Emmanuelle Seigner : Clémence
Olivier Perrier : Monsieur Lalouette
Silvia Kahn : le docteur Mathieu
Ludovic Berthillot : le copain

Employer des acteurs amateurs a parfois donné le pire et le meilleur au cours de la longue histoire du cinéma. Faire tourner des adolescents aussi d’ailleurs. Mais dans The We and The I, Michel Gondry arrive à leur faire garder un naturel déconcertant, tout en échappant totalement à l’impression d’une improvisation permanente. On citera notamment le couple Michael Brody et Teresa Lynn qui interprètent les deux personnages les plus marquants du film. Mais encore une fois, c’est vraiment tout le casting qu’il faudrait féliciter.

Pascal Bonitzer parvient tout de même à nous faire passer un moment plaisant, mais parfois un peu frustrant. D’ailleurs, la fin du film est assez révélatrice. En effet, elle s’étire désespérément en longueur, comme si le réalisateur était étonné de ne pas être arrivé à tenir plus de 90 minutes avec ses idées initiales. Cela ressemble un peu un aveu de faiblesse, une preuve qu’il n’a pas su tirer tout ce qu’il y avait à tirer des différents sujets qu’il aborde.

C’est d’autant plus regrettable que Des Hommes Sans Lois est filmé avec une certaine élégance, très classique elle-aussi, mais qui porte la marque d’un vrai talent. En fait, Des Hommes Sans Loi rappelle un peu le film précédent de John Hillcoat, La Route. Un film qui se distinguait lui aussi par de vraies qualités esthétiques, mais un scénario décevant. Le réalisateur australien sait donc parfaitement mettre en image les histoires, mais ne sait pas vraiment les raconter.


Le tout est mis en image de manière particulièrement élégante par William Friedkin, qui nous rappelle que sur ce plan, il n’a rien perdu de son immense talent. Il arrive parfaitement à donner une personnalité visuelle à Killer Joe qui sert vraiment son propos. Le travail de photographie nous en dit plus sur ses personnages que les dialogues. Les décors, les costumes, chaque élément de l’image jouent un rôle et nous racontent quelque chose. Bref, c’est du cinéma, du vrai !
Restera tout de même de Superstar quelques scènes réussies et des dialogues savoureux. On retiendra notamment un dialogue de sourds entre un patron de chaîne de télévision et le personnage qui lui explique justement qu’il ne veut pas faire de télévision. Or le premier y voit justement un très bon sujet pour une émission de télévision. Mais ces bons moments restent beaucoup trop ponctuels pour vraiment tirer le film vers le haut et nous laisser pleinement un bon souvenir. Cela renforce surtout encore une fois notre impression qu’il y avait vraiment matière à faire un film incomparablement plus intéressant.
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