
Jules César a décidé d’écrire lui-même une nouvelle page de sa légende en envahissant ce qui n’est pas encore la Grande-Bretagne. En attaquant à l’heure du thé, il conquière rapidement l’ensemble de la contrée, sauf un village qui résiste. La Reine qui s’y trouve se résout à envoyer son émissaire, Jolithorax, demander de l’aide au village gaulois qui connaît cette même situation depuis des années, grâce à sa fameuse potion magique.
On le sait, une bonne comédie dure 1h30. C’est généralement amplement suffisant et chaque minute en plus est une minute en trop, minant ce qui représente la base du rire en cascade, le rythme. Mais voilà, Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté dure 1h50, soit vingt minutes de trop. Bon, vous me direz, Asterix et Obelix : Mission Cléopâtre faisait exactement la même durée, mais je ne vais pas me laisser démonter par un tel argument. Ce 4ème épisode est sympathique, mais un peu trop poussif pour être totalement réussi.
Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté est drôle, mais par intermittence. Les bonnes idées, les moments potentiellement cultes se retrouve un peu noyés au milieu de longueurs désagréables. Même les scènes les plus réussies auraient pour la plupart gagnées à être légèrement raccourcies. Il faudrait un jour que les réalisateurs de comédies françaises comprennent que l’humour n’est pas une variable cumulative et qu’un effet amusant qui dure longtemps n’en devient pas pour autant hilarant. Enfin globalement, le film se défend et pourra joyeusement égayer une soirée pluvieuse passée devant le petit écran. Par contre, que le film soit à la hauteur du mythe reste un autre problème bien plus délicat.
Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté reste une grosse production et les moyens ont été mis pour qu’il soit visuellement convaincant. Les anachronismes fonctionnent assez bien parce que les décors sont soignés, tout comme les costumes et les effets spéciaux. Bon ces derniers ne sont pas au top de la technologie, mais bien suffisant pour une pure comédie. L’univers visuel respecte celui de la BD sans chercher forcément à coller à 100%. Il s’agit d’une adaptation, on ne peut atteindre le même degré de fidélité qu’avec un dessin-animé.

Le reste du casting est prestigieux et tout le monde semble s’amuser comme des petits fous. Gérard Depardieu joue quand même particulièrement les crétins. Une second nature peut-être. Fabrice Luchini arrive à ne pas en faire des tonnes en Jules César. Guillaume Galienne parvient lui aussi à ne pas trop cabotiner. Enfin, pas trop… Mais la vraie star des seconds rôles reste Valérie Lemercier, qui ne perd rien de son potentiel comique au fur et à mesure des années.
Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté n’est sûrement pas aussi réussi qu’il aurait pu l’être. On peut disserter sur le sujet ou simplement se contenter de passer tout de même un bon moment devant une comédie distrayante, mais certainement pas mythique.
Fiche technique :
Production : Cinetotal, Fidélité Films, SCOPE Pictures, Film Kairòs, Morena Films, Wild Bunch
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Laurent Tirard
Scénario : Laurent Tirard, Grégoire Vigneron, d’après les albums de Goscinny et Uderzo
Montage : Valérie Deseine
Photo : Catherine Pujol, Denis Rouden
Décors : Françoise Dupertuis
Musique : Klaus Badelt, Casanova (BB Brunes)
Directeur artistique : Zsuzsanna Borvendég, Lionel Mathis, Étienne Rohde
Durée : 109 mn
Casting :
Edouard Baer : Astérix
Gérard Depardieu : Obélix
Guillaume Gallienne : Jolitorax
Vincent Lacoste : Goudurix
Valérie Lemercier : Miss Macintosh
Fabrice Luchini : Jules César
Catherine Deneuve : Cordelia, la reine d’Angleterre
Charlotte Le Bon : Ophélia
Dany Boon : Teledepiaf


On peut cependant reconnaître qu’on ne s’ennuie pas devant Dans la Maison. En effet, malgré tout, on reste motivé par l’envie de connaître où tout cela va nous mener. Alors, certes, la fin est décevante, mais on aura toujours gardé l’espoir qu’il y a réellement un sens à tout ça, qu’il nous échappe pour l’instant, mais qu’il nous sera révélé au final. Ce n’est pas le cas, la déception est grande, mais au moins cela a-t-il préservé un minimum de suspense tout au long du film. 
S’il y a un domaine où Oliver Stone a pêché, c’est bien la direction d’acteurs. Le casting est alléchant, surtout pour les méchants, mais ils laissent trop ses comédiens cabotiner. La palme revient à Benicio De Toro qui aurait pu vraiment être génial s’il n’en faisait pas trop. Il en fait trop certes avec son immense talent, mais il en fait trop quand même. Salma Hayeck est elle-aussi quelque peu atteinte du même mal, même si elle a au moins le mérite de nous proposer un registre où on ne l’attendait pas forcément. Par contre, rien à dire sur John Travolta, très professionnel. Les deux personnages principaux manquent un tantinet de charisme malgré la belle gueule de Taylor Kitsch et Arraon Taylor-Johnson. En fait, c’est Blake Lively, qui incarne Ophélia, qui nous apporte la petite touche de charme en plus.
Un mot enfin sur l’humour… Comme je l’ai dit, c’est vraiment drôle parfois, avec de vrais gags percutants et de vraies trouvailles. Par contre, comme dans toute bonne comédie américaine, Ted est parsemé de quelques moments d’humour scato… Bon ok, je sais que c’est moi qui n’aime particulièrement pas ça, mais tout de même, ils pourraient s’en passer quelques fois. 
Et la politique dans tout cela ? Elle ne constitue pas le cœur de Les Saveurs du Palais. Cependant, le mythe mitterrandien reste tout de même bien présent. L’aura de mystère qui l’a toujours entouré, la fascination qu’il a pu exercer se retrouvent ici, là encore traité sans lourdeur, mais avec beaucoup de déférence. Evidemment, voir ce personnage historique incarné par un homme qui aura passé une bonne partie de sa vie à le combattre. Mais cette idée saugrenue montre bien à quel point l’ancien patron du Figaro ressent un profond respect pour son ancien adversaire. 
Si Noémie Lvosky se révèle une réalisatrice imparfaite, au moins est-elle toujours une actrice débordante d’énergie et de spontanéité. Elle offre aux cinémas français d’excellents seconds rôles, alors on est heureux de la voir cette fois-ci en haut de l’affiche. A ses côtés, Samir Guesmi est un peu plus en retrait, pas aidé il est vrai, par un maquillage en adolescent qui rend son personnage comique, même quand il ne devrait pas l’être. Le couple des parents, formés par Yolande Moreau et Michel Vuillermoz, est quant à lui très juste, tout comme Denis Podalydes. Camille Redouble est aussi marquée par des apparitions plus ponctuelles, mais souvent un peu ridicule comme celle de Matthieu Almaric (et oui, je peux dire du mal de lui!) ou encore Jean-Pierre Léaud.
Le plus inquiétant reste le fait que visiblement, les producteurs ne semblent pas vouloir s’arrêter là et Jason Bourne : l’Héritage semble destiné à faire lui aussi des petits. Mais il est clair que la franchise est déjà complètement à bout de souffle. Le but de cet épisode était de repartir sur des nouvelles bases pour mieux repartir, mais il ne fait en fait que souligner à quel point tout cela sent le réchauffé. Ce côté un peu pathétique gâche un peu le plaisir que l’on aurait pu ressentir devant ce film, s’il ne situait pas dans une lignée aussi prestigieuse. 
De plus, il y a quelque chose qui me gène toujours avec Alain Resnais. Il aime les acteurs. Sa fidélité au duo formé par Pierre Arditi et Sabine Azéma est tout à son honneur. Mais au fond, ne les aime-t-il pas un peu trop ? En effet, il les laisse faire ce qu’ils font de mieux, des interprétations que l’on connaît par cœur chez ses acteurs. Il ne les pousse vers aucun retranchement, ne les pousse pas à se dépasser et ne cherche pas à nous surprendre. Bref, il leur offre peut-être une grande liberté, mais sûrement pas les rôles de leur vie. Et dans un film qui repose autant sur ses comédiens, cela constitue forcément une limite.
De plus, Gene Kelly est loin d’être seul à l’écran. Son compère Donald O’Connor est lui aussi rentré dans la légende, pendant son interprétation de Make em Laugh, grâce à un double salto arrière avec appui sur un mur, qui fascina des générations de cinéphiles, intrigués et curieux de savoir si tout cela a bien été réalisé sans trucage. Cela l’a bien été, le tout filmé dans un plan séquence qui valu à l’acteur une semaine de repos tant il y met d’énergie. Bref, Singing In The Rain représente peut-être l’apogée d’un cinéma hollywoodien qui reposait presque exclusivement sur le talent de ses acteurs et de ses actrices.
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