
Alina et Voichita ont grandi ensemble dans un orphelinat en Roumanie. Elles ont été les meilleures amies du monde et beaucoup plus encore. Mais leurs chemins se sont désormais séparés. Quand la première vient rendre visite à la seconde, c’est avec l’espoir de repartir avec elle, en Allemagne où elle vit désormais. Mais son amie est devenue none dans un monastère…
Au-delà des Collines est un grand film… pendant un peu moins de deux heures. Malheureusement, Cristian Mungiu s’engage dans un dénouement beaucoup trop caricatural pour ne pas dire grand-guignolesque. D’un propos subtil, il passe à une situation assez peu crédible et surtout trop extrême pour qu’on puisse vraiment en tirer des conclusions autres qu’anecdotiques. C’est vraiment dommage car le propos aurait mérité un traitement beaucoup mieux maîtrisé de bout en bout.
En effet, pendant deux heures, Au-delà des Collines est une histoire d’amour déchirante. Une histoire d’amour qui ne peut pas vraiment dire son nom, puisque l’un des deux protagonistes a renoncé à ce sentiment, d’autant plus envers quelqu’un du même sexe. Les sentiments transparaissent pourtant dans chaque geste, chaque phrase, faisant ressortir les doutes et les contradictions. De l’autre côté, le film nous montre parfaitement la colère et la frustration qui monte face à une situation qu’Alina considère comme absurde et à laquelle elle ne peut se résoudre.
Le propos d’Au-delà des Collines met également en scène beaucoup d’autres protagonistes qui pendant longtemps jouent un rôle ambivalent et ambiguë. Cela est particulièrement vrai pour le personnage du prêtre qui dirige le couvent, partagé entre la volonté de maintenir son autorité et un altruisme sincère. En fait, tout le film repose sur l’affrontement entre les points de vue et les lectures des évènements. Les personnages vivent objectivement les mêmes évènements, mais ne les vivent de manières si radicalement différentes qu’ils sont confrontés parfois à une abîme d’incompréhension.

Au-delà des Collines restera tout de même un film nous ayant fait découvrir deux grandes actrices, justement récompensées à Cannes. Cosmina Stratan et Cristina Flutur sont tout simplement bouleversantes d’émotion et de justesse, livrant une prestation vraiment inoubliable qui éclaire l’écran du début jusqu’à la fin. Mais c’est vraiment tout le casting qui est à saluer, avec une mention spéciale pour Valeriu Andriuta et Dana Tapalaga.
Au-delà des Collines est donc un film qui aurait pu être grand, mais qui gâche la portée de son propos par un final trop mal maîtrisé.
Fiche technique :
Production : Mobra films, Why not productions, Les films du fleuve, France 3 cinéma, Mandragora movies
Réalisation : Cristian Mungiu
Scénario : Cristian Mungiu
Montage : Mircea Olteanu
Photo : Oleg Mutu
Décors : Calin Papura, Mihaela Poenaru
Distribution : Le pacte
Son : Cristian Tarnovetchi
Durée : 150 mn
Casting :
Cosmina Stratan : Voichita
Cristina Flutur : Alina
Valeriu Andriuta : Le prêtre
Dana Tapalaga : la mère supérieure

La réalisation d’Olivier Assayas reste sobre. Il n’est certainement pas amateur d’effets visuels spectaculaires et cherche avant tout à mettre en avant ses personnages et l’interprétation de ses acteurs. Mais il pêche surtout par un manque de rythme patent, restant trop souvent dans un contemplatif qui démontre bien que le metteur en scène ne sait pas vraiment où son propos doit aller. Du coup, Après Mai manque cruellement de relief et plonge le spectateur dans une sorte de torpeur intellectuelle.
Du point de vue de la forme, Rengaine souffre évidemment du manque de moyens. Cependant, c’est aussi ça qui lui donne son identité visuelle. Rachid Djaïdani a une manière bien à lui de filmer. Au bout de quinze minutes, j’ai commencé à avoir envie de crier « mais dézoome bordel ! ». En effet, les gros plans plus que serrés sur les acteurs est un effet cinématographique tout ce qu’il y a de plus respectable, mais en abuser à ce point finit par le rendre tout à fait insupportable.
Bien sûr, tout cela est entrecoupé de scènes d’action souvent brèves et percutantes. End of Watch joue beaucoup sur le contraste entre ces moments anodins qui doivent laisser place en quelques secondes aux plus grands dangers. Du coup, on est sur la brèche tout comme eux, nous demandant quand est-ce que la tranquillité va être brisée pour laisser place à une pure décharge d’adrénaline qui pourrait se finir entre quatre planches. C’est sûrement là, plus que dans la manière de filmer, que David Ayer arrive vraiment à être convaincant dans sa démarche. Mais globalement, il arrive à ses fins et on ressort de ce film en ayant l’impression d’avoir assisté à un film policier pas tout à fait comme les autres qui, de plus, propose un dénouement particulièrement réussi.
Cependant, il est une chose qui fait l’unanimité à propos de Amour : la qualité de son interprétation. Pourtant, pendant les premières minutes, le jeu du couple Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva est un peu hésitant, un peu trop théâtral pour du cinéma. Mais au fur et à mesure, ils se mettent à habiter leur personnage, à sublimer leur émotions et à les transmettre avec une force incroyable au spectateur. Deux rôles différents, mais tout aussi difficiles et qui resteront parmi les plus marquants de leurs longues carrières.
Frankenweenie brille enfin par sa qualité visuelle. Tim Burton reste Tim Burton, à l’imagination fertile et à la maîtrise artistique parfaite. Le film est vraiment beau. L’image est toujours construite avec minutie, les scènes bénéficient d’une réalisation soignée. Bref, du cinéma, du vrai. Le tout est évidement sublimé par la musique de Danny Elfman. On ne change pas une équipe qui gagne !
Si Ben Affleck peut définitivement être considéré comme un excellent réalisateur, il n’en reste pas moins aussi un acteur d’exception. On a longtemps ironisé sur son côté bellâtre pour film d’action, mais sa filmographie a depuis prouvé qu’il était bien plus que ça. Nouvelle preuve avec Argo, où il a en plus la tâche toujours délicate de se diriger lui-même. Mais à ses côtés, c’est tout le casting qui est remarquable. D’un côté, les dessous d’Hollywood sont parfaitement incarnés par deux vieux routiers du circuit : John Goodman et Alan Arkin. Mais ce sont surtout les acteurs interprétant les six otages qu’il faut saluer, sans pouvoir en ressortir un plutôt qu’un autre. Enfin, les amateurs d’Alias seront heureux d’apercevoir Victor Garber en ambassadeur du Canada. 
La réalisation est donc plutôt sobre et totalement au service de l’histoire. C’est là que réside la principale limite de Looper qui ne dépasse pas à cause de cela le stade de divertissement très réussi. Il n’y a pas là matière à film culte, comme Blade Runner ou Minority Report. Il lui manque un brin d’esthétisme qui aurait pu pourtant coller avec l’ambiance parfois assez sombre. Mais ceci n’est qu’un léger regret car, encore une fois, on est assez pris dans l’histoire tout au long du film pour ne pas penser à tout ça et pour que le plaisir ne soit en rien gâché. 
Le Jour des Corneilles se démarque aussi grâce à un graphisme vraiment superbe. Il allie une animation fluide (mais pas totalement parfaite) avec une vrai personnalité graphique. Cela n’a pas la froideur de l’image de synthèse. Il s’agit de vrais dessins d’artiste, ce qui donne une vrai chaleur à ce film d’animation qui n’est pas rétro, mais tout simplement beau. A ce niveau là, seul un Miyazaki peut rivaliser !
Cette fois, promis, je ne médirai plus jamais sur Daniel Craig. Certes, il est blond… mais il est James Bond, définitivement… Skyfall, par la nature même de ce film, le fait incarner le personnage comme Sean Connery n’a jamais eu l’occasion de le faire. Il n’est pas que le justicier, que le super espion, mais il est aussi l’homme, ce qui lui confère une dimension supplémentaire. En face de lui, un Javier Barden dont le rôle est au final presque secondaire, mais qui nous offre une des scènes les plus mémorables de la saga, avec un dialogue que l’on aurait certainement pas entendu dans les années 60. Quant aux James Bond Girls, celles de ce film ne rentreront certainement pas dans la légende. Un James Bond pas comme les autres, on vous dit…
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