
La nuit, dans une salle d’arcade, tous les personnages des jeux vidéos vivent leur vie. Parmi eux, Ralph, le méchant d’une borne vieille de près de 30 ans. Il suit avec d’autres une thérapie pour accepter son rôle de vilain. Mais au fond de lui, il rêve d’être un héros et d’être enfin accepté par les autres acteurs du jeu dans lequel il évolue. Il se décide alors de prendre son destin en main et de commettre un acte interdit : quitter son jeu pour évoluer dans un autre qui lui apportera gloire et reconnaissance.
La nuit, Ralph se rend au bar du serveur central, où tous les personnages peuvent se retrouver une fois la salle fermée… Un bar tenu par Tapper… Alors là évidemment, pour la plupart des gens, cela n’évoque pas grand chose. Mais les quelques uns, qui ont, comme moi, joué pendant des heures sur leur Commodore 64, leur Atari ou leur Amstrad à ce jeu où il fallait servir des bières à des clients de plus en plus nombreux et pressés, ressentiront une bouffée de nostalgie très agréable. J’avais 8 ans et je trouvais ça génial !
Les Mondes de Ralph est plein de ces petites références. Certaines sont plus actuelles, avec la présence de Ken et Ryu de Street Fighter II et les inévitables Mario, Luigi et Bowser. Une multitude de clins d’œil à la culture vidéoludique… mais pas trop non plus ! En effet, la grande force de ce film, à mon sens, c’est d’avoir su éviter de se transformer en une usine à références pour nostalgiques. Elles apportent un vrai plus pour ceux qui savent les saisir, mais ne constituent que des détails accessoires. Ceux qui passent leur journée à regarder les vidéo du Joueur du Grenier trouveront peut-être cet aspect un peu trop léger, mais je crois que l’équilibre trouvé est le bon pour séduire le plus large public possible.
Car si j’ai vraiment adoré Les Mondes de Ralph, c’est avant tout parce qu’il nous propose un rythme soutenu d’aventures, d’action et d’humour. Rien de bien révolutionnaire, mais des péripéties variées et nombreuses. Bien sûr, tout cela est parfois un peu cousu de fil blanc et peuplé de bons sentiments. Cependant, ce film possède ce petit rien de second degré qui manquait notamment à Les Cinq Légendes. On retrouve ce qui a toujours fait le succès de Pixar, c’est à dire des histoires accessibles aux enfants, mais qui ne le prennent pas pour des crétins et qui peuvent ainsi aussi plaire au plus grands. Bien sûr le message sur « c’est bien d’être différent » sent peut-être un peu le réchauffé, mais je le trouve toujours plus sain que la célébration de la norme et de l’ordre que propose parfois le cinéma.
Pour moi, la plus grande force de Les Mondes de Ralph reste ses personnage incroyablement attachants. Ils possèdent chacun leur personnalité propre, sans être pour autant des archétypes. Ou plutôt si, des archétypes de héros (ou méchants) de jeux vidéos, mais pour lesquels on découvrirait qui ils sont vraiment une fois qu’ils rentrent à la maison après leur mission. Le tout fonctionne très bien, ce qui permet au spectateur de rentrer au cœur de l’histoire dès les premières minutes pour ne plus jamais en sortir.

Le casting voix est sympa, avec John C. Reilly qui retrouve en dessin les rôles de brave type que l’on regarde avec un rien de condescendance qu’il incarne d’habitude en chair et en os. On soulignera aussi la performance de Sarah Silverman, une humoriste américaine qui arrive vraiment à donner un supplément d’âme au personnage qu’elle double.
Les Mondes de Ralph est un film qui séduira à coup sûr les nostalgiques. Mais les autres pourront tout à fait eux aussi apprécier ses aventures menées avec humour et entrain.
Fiche technique :
Production : Walt Disney Animation Studios
Distribution : The Walt Disney Company France
Réalisation : Rich Moore
Scénario : Phil Johnston, Jennifer Lee
Montage : William J. Caparella
Musique : Henry Jackman, Randy Newman
Effets spéciaux : Cesar Velazquez
Directeur artistique : Mike Gabriel, Jean-Marc Pannetier
Durée : 101 mn
Casting :
Sarah Silverman : Vanellope
John C. Reilly : Ralph

Il est vrai qu’il est toujours injuste de faire la critique d’une œuvre en la comparant à une autre, surtout quand cette dernière est un pure chef d’œuvre. Mais Cogan : Killing Them Softly rappelle vraiment trop le cinéma de Tarantino pour que je puisse l’éviter. Le problème, c’est que dans le cinéma de ce dernier, les longues discutions sont suivies de moments de bruit et de fureur et tout l’intérêt est dans le contraste entre ces deux ambiances qui se succèdent soudainement. Ici, il n’y a rien qui succède au bavardage, sinon un total désintérêt.
Visuellement, Cinq Légendes est plaisant. L’animation est fluide, mais existe-t-il encore des films d’animation où elle ne l’est pas ? Les personnages principaux et secondaires ont un look sympathique qui contribue à les rendre attachants. Là encore, rien de vraiment inoubliable, ni de terriblement imaginatif. Mais au moins, c’est efficace et cela atteint son but.
On retrouve dans Thérèse Desqueyroux tout ce qui a toujours fait le charme du cinéma de Claude Miller. Une caméra très sensible qui sait capter à merveille les émotions des personnages. Il met en valeur ses personnages, ses acteurs, sans en oublier un seul. Il donne à chacun d’eux une réelle épaisseur qui nous permet de comprendre leurs relations et leur comportements respectifs. Sa narration n’est jamais manichéenne et chacun aura sa part de lumière et d’ombre.
Mauvaise Fille pêche aussi quelque peu par la forme. En effet, le film est composé d’un enchaînement entre présent et flashbacks. Le problème est qu’on a parfois du mal à distinguer ces deux moments, surtout au début quand la mère est encore en bonne santé. On finit par s’y faire et ne plus se sentir perdu, mais c’est parfois un peu perturbant dans la première partie du film. Le problème est que cela rend plus difficile au spectateur de vraiment rentrer dans cette histoire. Personnellement, je crois bien que je n’y suis jamais vraiment parvenu.
La reconstitution historique est remarquable dans A Royal Affair. Le film prouve, après les Lignes de Wellington, que le cinéma européen sait mettre les moyens quand il le veut bien. Certes, il a toujours su proposer de beaux costumes et de beaux décors, mais on sent ici que Nikolaj Arcel n’a pas eu à se limiter en termes d’extérieur ou de figurants. Bref, c’est convaincant et parfois assez spectaculaire. Il offre aussi une vision certainement plus réaliste des cours européennes que l’a proposé le Marie-Antoinette un peu rêvée de Sofia Coppola.
Les Neiges du Kilimandjaro est donc un film riche et agréable à suivre. Visuellement, Robert Guédiguian reste un réalisateur classique et sobre. Il est au service de ses acteurs dont il sait parfaitement mettre en valeur le jeu. Mais il sait aussi mettre en valeur ses décors et la région de Marseille qui aura constitué la toile de fond de toute son œuvre. 
L’Auberge Espagnole permet aussi de se rappelle que Cédric Klapisch est également un réalisateur qui sait faire preuve d’une certaine imagination visuelle. Rien de bouleversant d’un point de vue artistique, mais cela montre un vrai soucis de soigner à la fois le fond et la forme. Et dans le cinéma français, ce n’est pas si fréquent. Surtout que tout cela est fait avec vrai talent, reste au service de l’histoire, tout en l’agrémentant pour la rendre encore plus agréable à suivre. 
Les Lignes de Wellington bénéficie d’un casting international assez impressionnant. Du côté portugais, on retrouve évidemment Marisa Paredes. Les autres acteurs lusitaniens sont moins connus chez nous, mais on saluera notamment la performance de Nuno Lopez et Soraia Chaves. Côté anglophone, la grande star s’appelle John Malkovich, qui donne une vision assez caustique du Général Wellington. Côté français, on peut citer la participation de Melvil Poupaud, Matthieu Amalric, Elsa Zylberstein, Vincent Perez et les apparitions plus furtives de Catherine Deneuve, Chiara Mastroiani, Michel Picoli et Isabelle Huppert. Bref, un casting hexagonal que bien des cinéastes de notre pays aimeraient pouvoir se payer.
La réalisation d’Hugo Gélin est sobre et totalement au service de son histoire et des acteurs. Mais elle n’est pas totalement dénuée d’une certaine élégance. Il brille surtout par le rythme qu’il arrive à mettre dans Comme des Frères. Si le film a un air de déjà-vu, il n’est en rien poussif, ce qui fait que l’on passe au final quand même un très bon moment. Il sait donc raconter des histoires, les mettre en scène. Espérons que son deuxième film bénéficiera d’un scénario plus surprenant.
Commentaires récents