2013, SURPRENDS MOI !

2013

20132012 est terminée, nous voici en 2013. Et comme chaque année, voici un petit billet bilan et perspectives. Rien de très original donc, mais puisque le statut de vieux garçon semble m’aller à ravir, il faut bien que j’ai quelques habitudes indécrottables.

2012 a réservé quelques moments inoubliables. Le premier d’entre eux a eu lieu un soir de mai, Place de la Bastille, quelques temps après avoir failli mourir étouffé rue de Solférino. Bien sûr, depuis le ciel n’est pas plus bleu et le chômage est même plus profond que jamais. Mais quand on consacre autant de temps et d’énergie à une cause, un combat, les moments de victoire restent des moments importants, ceux qui donnent un sens à toutes ces heures consacrées à défendre ses convictions. Effectivement, le plus dur vient tout de suite après, mais les souvenirs de joie demeurent à jamais.

2012, année olympique également ! Des JO que j’ai suivi plus qu’assidument, un peu même jusqu’à l’overdose ! Mais ces émotions, aussi futiles soient-elles, valaient le coup d’être vécues ! Ces bons dans mon salon méritaient d’être faits ! Alors je dis vivement Rio, même si le décalage horaire risque de rendre les évènements un peu plus difficiles à suivre.

D’un point de vue plus personnel, il s’est passé beaucoup de choses également en 2012. Mais comme tout ne s’est pas vraiment bien fini, je préfère regarder vers 2013, qui après tout sera peut-être l’année de la…. Bref, passons…

2013 commence plutôt bien pour moi puisqu’elle commencera par une belle augmentation. Bon, je ne suis définitivement pas un homme d’argent, mais cela fait toujours plaisir et ça met un peu de beurre dans les épinards, même si elles n’en manquaient pas précédemment. J’espère surtout que mon activité professionnelle va sortir d’un marasme dans lequel elle s’est quelque peu enlisée depuis deux ans. De toute façon, si ce n’est pas le cas, j’irai sûrement voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte.

Dans la série des vœux futiles, il y en a un qui me tient particulièrement à cœur cette année, surtout que je l’avais déjà formulé, confiant, l’année dernière. En fait, je le forme tous les ans depuis 1995, cela commence à dater. Mais cette année sera la bonne, le PSG retrouvera enfin son titre de champion de France. Ca sera le triomphe de l’argent roi, mais je me dis que c’est aussi un peu le mien à chaque fois que je fais le plein. Du coup, j’ai définitivement décidé de laisser les scrupules au vestiaire et de zlataner les grincheux !

2013 sera une année vierge d’élections. Mais les municipales seront tôt en 2014, alors la préparation commencera très vite dès cette année. Evidemment, c’est l’élection qui me concerne de plus près, puisque c’est celle pour laquelle je suis vraiment candidat. Après, on verra un peu plus tard pour la position exacte sur la liste !

J’aurais évidemment plein d’autres choses à me souhaiter pour 2013, mais je ferai encore une fois preuve de bien peu d’imagination en parlant de bonheur, d’amour et de santé. J’espère donc simplement cette année plutôt de l’inattendu et des surprises… Enfin avant tout de bonnes surprises !

JACK REACHER : Tom Cruise, touti rikiki, maousse costo

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jackreacherafficheQuoi de mieux pour finir l’année cinématographique qu’un bon polar… Ok, c’est complètement con ce que je viens de dire, puisque si jamais j’avais terminé 2012 par une comédie, j’aurais dit « quoi de mieux pour finir l’année cinématographique qu’une bonne comédie »… Bref, tout ça pour dire que j’ai bouclé la boucle en allant voir Jack Reacher. Un film solide, même si je m’attendais à mieux, je dois bien l’avouer.

Un ancien militaire abat six personnes visiblement au hasard. Les preuves de sa culpabilité sont accablantes. De plus, il est plongé dans dans le coma après avoir été molesté par des codétenus avant même d’avoir pu parler à son avocate. Mais avant cela, il avait juste eu le temps de demander une seule chose à la police : retrouver Jack Reacher.

Je tiens tout d’abord à féliciter ceux qui ont signé la bande-annonce de Jack Reacher. Féliciter ou réprimander, c’est selon les goûts. En effet, elle donne une image assez fausse du film, du personnage principal et de l’intrigue. On aurait aussi un peu l’impression qu’elle racontait totalement le film, alors que ce n’est absolument pas le cas. Personnellement, j’apprécie beaucoup de ce genre de surprises, même si on peut aussi répondre qu’il y a légèrement tromperie sur la marchandise.

Jack Reacher est donc un polar de facture classique, sur le thème du « je vais prouver l’innocence d’un homme que tout accuse seul contre tous ! ». En fait, il s’agit de l’adaptation sur grand écran d’un personnage très populaire de roman, plus précisément du 9ème tome, édité en France sous le titre de Folie Furieuse. Il est vrai que le personnage principal constitue un des points forts de ce film et change légèrement du flic, du détective privé ou du journaliste habituels.

L’intrigue m’a par contre laissé un peu plus dubitatif. En effet, il faut bien avouer que les éléments qui ressemblent le plus à des rebondissements ou des surprises sont assez prévisibles. Mais il ne semble pas que Christopher McQuarrie ait vraiment cherché à ménager un faux suspense. Le spectateur en sait toujours plus que notre héros, il est donc toujours moins surpris. Jack Reacher est donc un polar où on se demande plus comment que pourquoi. Je trouve cependant que jouer sur les deux tableaux aurait rendu le film meilleur. Sinon, autant nous montrer tout de suite la vérité comme dans Colombo !

Autre petit bémol, le dénouement délivre une morale qu’on est en droit de ne pas du tout partager. Je trouve surtout qu’elle enlève toute ambiguïté au personnage qui devient exactement ce qu’on craignait qu’il soit. Jack Reacher finit donc par tomber dans le clichés qu’il semblait pouvoir éviter et là aussi, c’est bien dommage. Reste que Jack Reacher est un film rythmé, sûrement pas ennuyeux et aux scènes d’action spectaculaires et bien foutus. On échappe même à la romance à trente centimes d’euro qui nous pend pourtant au nez pendant tout le film. On a donc quand même pas le droit à tous les clichés…

jackreacherJack Reacher est bâti à la gloire pleine et entière de Tom Cruise. Et il faut bien avouer que ce con (non je ne suis pas jaloux…) ne prend pas beaucoup de rides et continue de posséder un des charismes les plus frappant de l’histoire du cinéma. On en oublierait presque qu’il est tout petit… Mais puisque je vous dis que je ne suis pas jaloux… En tout cas, il éclipse quelque peu Rosamund Pike, sympathique, mais tout à fait au niveau. On n’oubliera pas de saluer également la belle performance de Werner Herzog en méchant vraiment méchant, mais alors vraiment méchant. Et puis un mot enfin sur Richard Jenkins que j’aime toujours autant.

Jack Reacher est un film efficace. Mais certains éléments viennent quand même légèrement gâché le plaisir et empêchent ce film d’être un grand polar !

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Skydance Productions, Mutual Film Company
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Christopher McQuarrie
Scénario : Christopher McQuarrie, d’après le roman Folie furieuse de Lee Child
Montage : Kevin Stitt
Photo : Caleb Deschanel
Décors : Jim Bissell
Musique : Joe Kraemer
Costumes : Susan Matheson
Durée : 130 mn

Casting :
Tom Cruise : Reacher
Rosamund Pike : Helen
Richard Jenkins : Rodin
David Oyelowo : Emerson
Werner Herzog : Zec
Jai Courtney : Charlie
Vladimir Sizov : Vlad
Robert Duvall : Cash

 

BATMAN : Pas une ride pour le Joker

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batmanafficheLes films sont comme nous… Ils vieillissent… Certes, ils ne font pas comme moi et ne perdent pas progressivement leurs cheveux, mais parfois les revoir avec quelques années de recul nous fait dire qu’ils portent sur leurs pellicules quand même un peu le poids des années. Ca a été mon cas il y a quelques temps en revoyant Ghostbusters. Ca l’a été de nouveau la semaine dernière en revoyant le premier Batman de Tim Burton… Mais cet aspect vintage nous empêche-t-il de les aimer toujours autant ? Certainement pas !

Les malfrats de Gotham City ne parlent plus que de lui. Un journaliste enquête et la police se refuse à tout commentaire. Une chauve-souris rôde dans les rues de cette ville gangrénée par la violence. Et c’est une bonne nouvelle car la pègre possède désormais un nouveau leader aussi dangereux que fou… Le Joker !

On se souvient qu’à l’époque (soit 1989), Tim Burton avait su séduire le monde avec sa vison gothique et sombre de Gotham City. Avec le recul et à l’heure des effets numériques qui n’ont même plus l’air d’être des effets, il faut bien avouer que tout cela fait un peu carton-pâte. Les maquettes ressemblent vraiment à des maquettes, même sur ma petite télé. Je ne voudrais même pas imaginer sur grand écran… Bref, c’est vrai que je ne m’attendais pas à un tel choc des générations visuel et cela m’a un peu chagriné… au moins cinq minutes…

En effet, ce Batman aurait plutôt du s’appeler le Joker. Comme 20 ans plus tard, The Dark Knight me direz-vous. Comme tous les films du genre, j’ai envie de dire. Un bon super-héros, c’est avant tout un bon méchant. Et à ce niveau-là, l’homme chauve-souris a été particulièrement bien servi. Les cinéphiles éclairés pourront débattre encore pendant des décennies pour savoir qui de Jack Nicholson ou de Heath Ledger est le meilleur Joker. Bien sûr, il n’y aura jamais de réponse définitive, tant les deux sont différents, mais tout aussi géniaux.

Il est vrai que le scénario de Batman est un peu léger. D’ailleurs, à sa sortie, beaucoup de critiques furent extrêmement négatives, insistant sur ce point. Mais ce film est comme un classique du western. Qu’importe le reste, seul compte vraiment le duel final entre le gentil et le méchant. Le combat final au cœur de la cathédrale de Gotham City reste un grand moment de cinéma, dans ce décor plus exigu qui souffre moins des limites techniques dont souffre le film par ailleurs.

batmanEnfin, Batman reste légendaire parce qu’il reste un film de Tim Burton, un cinéaste à l’immense talent. La photographie reste sublime, même quand elle ne sert qu’à mettre en valeur des maquettes d’un autre âge. Et puis, il y a évidemment la musique de Danny Elfman, sans qui le cinéma de Tim Burton ne serait pas ce qu’il est. Le compositeur aura d’ailleurs su comme personne donner ses lettres de noblesse aux films de super-héros puisqu’il signera également la sublime bande-originale du non moins sublime Spider-man de Sam Raimi.

Batman, je l’ai dit, c’est presque Jack Nicholson et rien d’autre. Cependant, je tiens à saluer Michael Keaton dont le jeu totalement inexpressif lui vaudra bien des moqueries. Mais cette inexpressivité colle tellement au personnage qu’elle en est parfaite. Certes, pas sûr que l’acteur aurait pu faire autre chose, mais qu’importe, il est l’homme de la situation !

Le Batman de Tim Burton qui est un vrai chef d’œuvre reste avant tout le deuxième épisode, Batman le Défi. Mais on gardera toujours une tendresse particulière pour le premier volet qui reste le film qui aura inventé le film de super-héros moderne.

Fiche technique :
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Sam Hamm et Warren Skaaren, d’après une histoire de Sam Hamm et d’après les personnages créés par Bob Kane
Musique : Danny Elfman
Musiques additionnelles : Prince
Directeur de la photographie : Roger Pratt
Montage : Ray Lovejoy
Chef décorateur : Anton Furst
Effets spéciaux : John Evans
Costumes : Linda Henrikson, Bob Ringwood et Tony Dunsterville
Durée : 126 minutes

Casting :
Michael Keaton : Bruce Wayne / Batman
Jack Nicholson : Jack Napier / Le Joker
Kim Basinger : Vicki Vale
Robert Wuhl : Alexandre Knox
Michael Gough : Alfred Pennyworth
Pat Hingle : James Gordon
Billy Dee Williams : Harvey Dent
Lee Wallace : Le maire Joe Borg
Jack Palance : Carl Grissom
Jerry Hall : Alicia Hunt
Tracey Walter : Robert « Bob » Hawkins, le bras droit du Joker
William Hootkins : Lieutenant Max Eckhardt

LES BETES DU SUD SAUVAGE : Poésie sudiste et sauvage

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lesbetesdusudsauvageafficheSuite des films que je n’avais pas du tout l’intention de voir à la base, avant de me laisser tenter suite à de nombreux avis élogieux, voici les Bêtes du Sud Sauvage. Un film, ou plutôt un conte, à l’histoire particulièrement originale et inattendue. Une œuvre rafraîchissante pour passer ces fêtes de fin d’année devant un spectacle de qualité.

Hushpuppy a six ans et vit avec son père dans une communauté isolée et un rien sauvage du sud des Etats-Unis. Un groupe qui refuse de quitter leurs terres menacées par la montée des eaux et le changement climatique. Mais les problèmes de santé de son père et une terrible tempête qui s’annonce va venir perturber le quotidien de la petite fille et de tous ses compagnons.

Les Bêtes du Sud Sauvage est un film dont il est difficile de parler tant il ne ressemble à rien de déjà connu. C’est un film d’ambiance, de personnages, bien plus qu’une intrigue forte. Il nous enchante par sa poésie surprenante et un charme indéfinissable. Tout cela porte une réflexion sur la modernité, sur une certaine forme d’écologie ou de retour à la nature. Cependant, le message ne nous ai pas délivré sans subtilité, du genre « la technologie, c’est mal, vivons dans les grottes, nous serons bien plus heureux ». Non, c’est à chacun de tirer de ce film qu’il voudra, à partir de ce qui le touchera plus particulièrement.

Si Les Bêtes du Sud Sauvage fonctionne, c’est avant tout parce qu’on ne peut que s’attacher de manière profonde et immédiate à la jeune Hushpuppy. Quelle personnalité, quelle présence à l’écran ! Comme le film est quand même quasiment exclusivement bâti autour de son personnage, qui est aussi la narratrice, cela était de toute façon indispensable. Mais elle fait incontestablement partie des personnages que l’on oublie pas et qui marque profondément. Qu’importe son jeune âge !

Si j’ai souligné l’absence d’une intrigue forte, il ne faut pas croire pour autant qu’il ne se passe rien dans Les Bêtes du Sud Sauvage. Des péripéties, des rebondissements nous préservent de l’ennui. On est dans un récit style « chroniques », mais qui n’a rien de contemplatif. Du coup, on traverse vraiment le film en se demandant où tout cela va bien pouvoir nous mener. Cela aboutira d’ailleurs à une très belle fin et à beaucoup d’émotion.

Si j’ai parlé de conte, c’est que les Bêtes du Sud Sauvage nous fait partager la vision du monde de Hushpuppy. Un monde où la magie et l’imaginaire ne sont pas absents, même si au final les évènements se situent tous dans un monde parfaitement réel et plausible… A une métaphore près, une histoire d’aurochs que je ne détaillerai pas ici. Mais cette vision enchantée du monde est particulièrement communicative et contribue largement au charme dévastateur de ce film.

lesbetesdusudsauvageUn dernier élément rendant les Bêtes du Sud Sauvage si envoûtant est la réalisation sobre de Benh Zeitlin. Elle arrive parfaitement à retranscrire ce mélange entre rêve et réalité. Une ambiance visuelle aussi particulière que l’est le film tout entier. Elle fait vraiment partie de l’identité si particulière de ce film définitivement surprenant et fascinant.

Les Bêtes du Sud Sauvag marque la révélation du talent de la très jeune Quvenzhané Wallis. Certes, il faut toujours se méfier des enfants-acteurs car rien ne permet d’être certain que le talent perdurera. Alors profitons simplement de son incroyable charisme qui participe fortement à la réussite de ce film inattendu.

Les Bêtes Sud Sauvage constitue un des plus beaux OVNI cinématographiques de cette année 2012 qui se termine. Qui se termine du coup en beauté.

Fiche technique :
Production : Cinereach, Court 13 Pictures, Journeyman Pictures
Réalisation : Benh Zeitlin
Scénario : Benh Zeitlin, Lucy Alibar
Montage : Crockett Doob, Alfonso Gonçalves
Photo : Ben Richardson
Décors : Annie Evelyn, Erin Straub
Distribution : ARP Selection
Musique : Dan Romer, Benh Zeitlin
Costumes: Stephani Lewis
Durée : 92 mn

Casting :
Quvenzhané Wallis : Hushpuppy
Dwight Henry : Wink
Joseph Brown : Winston
Jonshel Alexander : Joy Strong
Marilyn Barbarin : la chanteuse de cabaret

PALMARES 2012, UNE FOIS !

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bulhead2012 ne restera pas comme l’année la plus inoubliable de l’histoire du 7ème art. Beaucoup de bons films, mais pas de futurs chefs d’œuvre intemporels. Je n’ai classé que 11+1 films cette année, seulement un de moins qu’en 2011, mais loin des 28 films de 2009 et des 23 de 2010. Certes, j’ai relevé mes critères d’exigence pour donner la note maximale à un film (soit 5 étoiles sur Ciao, la condition pour figurer dans ce palmarès), mais cela n’explique pas tout.

2012 restera surtout une année aussi médiocre pour le cinéma français qu’elle fut exceptionnelle en 2011 (3 films dans les 4 premiers). Résultat : aucun film purement hexagonal au palmarès. Je peux admettre que De Rouille et d’Os aurait pu y avoir sa place, mais j’ai définitivement du mal avec le manque de rythme des films de Jacques Audiard, auxquels je reconnais d’extraordinaires qualités par ailleurs. Reste le cas Amour, production franco-autrichienne, mais qui tient une place particulière dans ce classement.

Le grand vainqueur de ce palmarès reste notre voisin belge, Bullhead étant pour moi le film de l’année. Hasta la Vista n’est pas loin non plus. 1er et 4ème, voilà une performance inattendue pour un cinéma rarement présent sur nos écrans. Dans deux styles totalement différents, il nous a pourtant livré deux grands moments de pur bonheur cinématographique.

C’est donc logiquement que, niveau interprétation, je mettrai en avant Matthias Schoenaerts, révélé par Bullhead et confirmé par De Rouille et d’Os. A revoir très vite ! Chez les femmes, je saluerai l’a performance époustouflante d’Emmanuelle Riva dans Amour. Une performance qui paraît-il pourrait l’emmener jusqu’aux Oscars.

1-Bullhead
LE film surprise de l’année et au final, pour moi, LE film de l’année. Un film noir d’une grande force, dans un milieu inattendu, celui des éleveurs bovins des Flandres.

2-Margin Call
La crise a inspiré les cinéastes depuis quelques années, mais jamais avec autant de bonheur que Margin Call. Même sans être agrégé d’économie, on reste fasciné par le mécanisme qui peut conduire une société financière à faire couler toute l’économie pour sauver la peau de ses actionnaires.

3-Skyfall
James Bond est définitivement de retour, dans cet épisode qui remet tout à plat et qui surtout nous parle enfin de l’homme derrière le smoking.

4-Hasta la Vista
2011 avait Intouchables, 2012 a Hasta la Vista, l’histoire de trois handicapés qui vont traverser l’Europe pour connaître les plaisirs de la chair dans un club spécialisé en Espagne. Un film dont on sort avec une immense joie de vivre !

5-Argo
Ben Affleck gagne définitivement ses galons de grand réalisateur avec ce polar maîtrisé de bout en bout. Récit historique, sans esbroufe, où la mise en scène crée une incroyable tension sans avoir besoin de multiplier les péripéties spectaculaires.

6-La Taupe
Un grand film d’espionnage, porté par un casting brillantissime et une réalisation d’un esthétisme foudroyant. L’univers de John le Carré enfin porté à l’écran dans toute sa force et sa complexité.

7-Starbuck
La très bonne surprise francophone de l’année. Une comédie humaniste enthousiasmante !

8-La Part des Anges
Ken Loach nous livre un film léger et optimiste, prouvant qu’il est peut-être encore plus à l’aise dans ce domaine que dans celui du drame social.

9-Avengers
La grosse production de Marvel de l’année. Une sorte de best of qui à grand coup d’effets spéciaux et d’adrénaline a su séduire des millions de spectateurs.

10-Les Mondes de Ralph
Le meilleur film d’animation de l’année. Certes, il séduira en particulier les nostalgiques du Commodore 64 dont je fais partie, mais aussi tous les amateurs d’aventures rythmées et imaginatives.

11-Prometheus
Oui, je sais, j’ai été un des rares à avoir été autant enthousiaste à propos de ce film, que la plupart ont aimé détesté. Mais je suis rentré dans cette histoire dès les premières secondes, sans jamais en ressortir, porté par la caméra sublime de Ridley Scott.

Enfin, hors classement, Amour, Palme d’Or du dernier Festival de Cannes. En effet, le film de Michael Haneke m’a inspiré des sentiments aussi extrêmes que contradictoires. Un film qui m’a autant bouleversé que j’ai pu le trouver voyeur et malsain. Bref, à la fois le meilleur et le pire film de 2012.

 

DE L’AUTRE COTE DU PERIPH’ : Du mauvais côté de la caricature

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delautrecoteduperiphafficheS’inspirer de choses qui ont marché ressemble à une démarche plutôt intelligente et sensée. Mais en termes de création artistique, quand cela se voit un peu trop, cela peut devenir quelque peu embêtant. Et qu’est ce qui a mieux marché qu’Intouchables ? On pouvait donc s’attendre à l’arrivée de films marchant sur ses traces. C’est le cas de De l’Autre Côté du Périph’, une comédie policière, où on retrouve Omar Sy… qui n’aura certainement pas le César du Meilleur Acteur pour ce rôle.

A côté du corps sans vie de Christine Chaligny, femme du Président du MEDEF, deux flics que tout sépare. D’un côté, François Monge, de la brigade criminelle de Paris. De l’autre, Ousmane Dakhité de la brigade financière de Bobigny. Les deux hommes vont devoir cohabiter et mener l’enquête ensemble. Pour le meilleur et pour le pire.

Certes, cette fois-ci, pas d’histoire de handicap, mais centrer un film sur le choc des cultures entre le Parisien caricatural et le banlieusard qui ne l’est pas moins, avec Omar Sy en vedette, avouez qu’il est difficile de ne pas faire le parallèle. Malheureusement, il n’est pas en faveur de De l’Autre Côté du Périph’. Mais même au-delà de la comparaison, il serait difficile de s’enthousiasmer pour cette comédie inégale et parfois bancale.

Jouer sur le contraste entre deux clichés est un ressort comique classique et on peut comprendre que l’on amplifie quelque peu les différences pour les besoins de la cause. Mais il faut alors que le résultat soit vraiment irréprochable, vraiment très drôle, pour que l’on oublie la grosse ficelle. De l’Autre Côté du Périph’ alterne le très amusant avec le franchement lourdingue et facile, sans jamais passer par la case hilarant. Je serais injuste si je disais que j’ai passé un mauvais moment et que je n’ai jamais ri, mais on a tellement fait mieux dans le genre que je ne peux le conseiller que pour une soirée télévisée pluvieuse.

Etant banlieusard d’une banlieue qui ne ressemble pas vraiment à une banlieue, en tout cas pas celle décrite dans De l’Autre Côté du Périph’, j’ai bien du mal à trancher pour dire quel est le côté du boulevard est le mieux décrit. Le flic de Bobigny nous apparaît plus sympathique que le hautain Parisien, mais il possède aussi ses mauvais côtés. Du coup, les reproches que lui adressent son collègue, même exprimés de manière assez méprisante, sont souvent mérités. Bref, tout ça m’a empêché d’adorer ces personnages, même s’ils se révèlent bien sûr beaucoup plus « aimables » sur la fin, et au final d’adorer le film dans son ensemble.

delautrecoteduperiphQui dit comédie policière, dit enquête policière. Cet aspect de De l’Autre Côté du Périph’ manque quand même légèrement d’intérêt. Au mieux, il constitue un support à l’humour, mais certainement pas une raison à part entière d’aller voir le film. Certes, on ne va pas voir ce film pour assister à un thriller palpitant, mais ça n’aurait pas gâché le tout de l’enrichir par une intrigue un peu plus épaisse et inattendue de ce côté du scénario.

La performance d’Omar Sy dans De l’Autre Côté du Périph’ est un peu à l’image du film. On a parfois l’impression qu’il se caricature lui-même. On est loin de sa justesse dans Intouchables et il ressemble pour le coup un peu trop à tous ces comiques issus de la télévision qui n’ont jamais su trouver le ton juste sur grand écran. On lui préfèrera Laurent Laffite, pas non plus éblouissant, mais qui est tout de même nettement plus convaincant.

De l’Autre Côté du Périph’ rassemble les éléments pour être une comédie policière vraiment réussie. Malheureusement, il ne l’est au final qu’à moitié.

Fiche technique :
Production : Mars films, Mandarin cinéma, M6 films
Distribution : Mars distribution
Réalisation : David Charhon
Scénario : Julien War, Rémy Four, David Charhon
Montage : Stéphane Pereira
Photo : Alain Duplantier
Décors : Thierry Chavenon
Musique : Ludovic Bource
Durée : 96 mn

Casting :
Omar Sy : Ousmane Diakhaté
Laurent Lafitte : François Monge
Sabrina Ouazani : Yasmine
Lionel Abelanski : Cardinet
Youssef Hajdi : Giovanni / Nabil
Maxime Motte : Van Gogh
André Marcon : Chaligny
Zabou Breitman : Morland
Katia Tchenko : Réjanne

L’ODYSSEE DE PI : Un gars, un tigre

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lodysseedepiafficheDans la longue série des films dont la bande-annonce ne me donnait absolument pas envie, mais que des critiques positives m’ont poussé à aller voir, voici L’Odyssée de Pi. Un film que je n’ai failli par suivre jusqu’au bout car la 3D, une intrigue située essentiellement sur un bateau, conjuguées avec une huître du Réveillon qui n’était bien passée, ont été à deux doigts de me faire… Bref, je ne vais pas vous faire un dessin. Mais j’ai tout de même pu apprécier le spectacle proposé.

Pi et sa famille gèrent le zoo de Pondichéry. Mais la suppression des soutiens publics vont les forcer à vendre leurs animaux au zoo de Winnipeg et à s’embarquer avec eux pour le Canada. Malheureusement, une terrible tempête va faire sombrer le navire. Le jeune homme va alors se retrouver seul sur une chaloupe, au milieu de l’océan. Enfin seul en tête à tête avec Richard Parker… un tigre du Bengale.

L’Odyssée de Pi se situe dans la tradition des récits de survie, popularisée par Robinson Crusoé. Le cœur de l’intrigue est donc assez mince. Pourtant, le début du film va vous faire penser qu’il s’agit d’un film riche d’aventures variées et extraordinaires. Evidemment, le récit est raconté en flash-back (c’est le contraire qui est désormais étonnant) et est entrecoupé de dialogues pas très intéressants entre le héros devenu adulte et un écrivain. Tout cela donne un film assez long, deux bonnes heures, dont une bonne partie n’a vraiment rien d’indispensable, si ce n’est nous livrer des discours pseudo-philosophiques.

Reste tout de même ce long face à face entre l’homme et l’animal. J’avoue n’être vraiment pas fan de ce genre de récit, qui tourne vite à la projection anthropomorphique. L’Odyssée de Pi échappe à ce défaut car il intègre justement cet aspect dans la réflexion, sans aboutir justement à la conclusion « mais oui les animaux ont une âme et des sentiments ». Elle est au final beaucoup subtile et nuancée que cela.

De toute façon, L’Odyssée de Pi reste avant tout un film d’aventures. On peut même regretter qu’il n’ait pas vraiment cherché à n’être que ça. Car l’aspect survie et cohabitation avec un animal sauvage et dangereux constitue tout de même un spectacle plaisant. Certes, être coincé sur une chaloupe au beau milieu de l’océan n’offre pas forcément la possibilité de proposer des aventures variées, mais le récit arrive à être assez imaginatif pour maintenir une tension constante et entretenir la curiosité du spectateur. Ca manque peut-être d’un véritable souffle épique pour valoir le terme d’odyssée, mais au moins cela reste distrayant et même surprenant par moment.

lodysseedepiL’Odyssée de Pi est aussi une belle réussite technique. En effet, le tigre est entièrement réalisé en images de synthèse et on doit bien avouer que le résultat est assez bluffant. Si on ajoute à ça la qualité de réalisation de Ang Lee, le film reste esthétiquement très agréable, alors qu’un décor aussi uniforme et plat que l’immensité océane n’est pas forcément facile à mettre en valeur. Cela participe à la part de rêve que nous apporte ce film.

Si le tigre est peut-être la plus grande star de L’Odyssée de Pi, il serait injuste de ne pas souligner la qualité du jeu de Suraj Sharma. Il n’est peut-être pas particulièrement charismatique, son interprétation est plus sobre que spectaculaire, mais il arrive tout de même à nous faire croire à toutes ces circonstances improbables.

L’Odyssée de Pi est un film plaisant, malheureusement quelque peu alourdi par des considérations philosophiques plus mièvres qu’intéressantes.

Fiche technique :
Production : Fox 2000 Pictures, Haishang Films, Rythm and Hues
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Ang Lee
Scénario : David Magee, d’après le roman de Yann Martel
Montage : Tim Squyres
Photo : Claudio Miranda
Décors : David Gropman
Musique : Mychael Danna
Effets spéciaux : Rythm and Hies, Animal Makers, BUF, Plowman Craven, Crazy Horse Effects
Durée : 127 mn

Casting :
Suraj Sharma : Pi Patel
Irrfan Khan : Pi Patel adulte
Ayush Tandon : Pi Patel à 11 ans
Adil Hussain : Santosh Patel
Tabu : Gita Patel
Rafe Spall : l’écrivain
Gérard Depardieu : le cuisinier

MAIN DANS LA MAIN : L’amour pot de colle

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maindanslamainaffichePour moi, personnellement, à mon humble point de vue, La Guerre Est Déclarée a été le meilleur film français (et presque tout court, ayant uniquement placé The Tree of Life au-dessus de lui) de 2011. Valérie Donzelli revient cette année avec Main Dans la Main, un film beaucoup plus léger et, disons-le, beaucoup moins marquant. Mais un film qui confirme toutes les qualités de cette réalisatrice qui ne bride pas son imagination.

Joachim vit une relation fusionnelle avec sa sœur Véro. Modeste employé d’une miroiterie de province, il croise pas hasard Hélène, directrice de l’école de danse de l’Opéra Garnier. Entre eux se produit une sorte de coup de foudre soudain et surtout très bref. Mais il reste inexplicablement incapable de se séparer.

Main Dans la Main est une sorte de comédie romantique fantaisiste et poétique. Une sorte car ce film reste relativement inclassable, partant d’une idée de base assez farfelue où deux personnages que tout sépare reste collés l’une à l’autre par une force mystérieuse et irrésistible. Mais le tout est amené avec une sorte de candeur rafraîchissante qui nous permet de l’accepter et d’entrer immédiatement dans cette très belle histoire.

Le cinéma de Valérie Donzelli a ceci de remarquable qu’il s’affranchit des codes, des conventions, voire même de la réalité, mais sans jamais donner l’impression d’être dans une recherche expérimentale. Tout cela semble naturel car bercé d’une douce poésie, aussi bien au niveau du scénario que visuellement. Main Dans la Main est film terriblement imaginatif, peut-être moins que la Guerre Est Déclarée, mais suffisant pour nous le faire aimer alors qu’il ne repose sur pas grand chose à part une idée saugrenue.

Le ton de Main Dans la Main est une comédie légère, parfaite pour cette fin d’année, à l’image de ce qu’avait été l’année dernière les Emotifs Anonymes. Une hymne à l’irrationalité de l’amour, sans pour autant livrer le moindre bons sentiments ou messages lourdingues. Un film qui nous allège le cœur et l’esprit. Le tout est parcouru d’un très léger souffle érotique, qui fera de Valérie Lemercier un objet de désir. Un exploit comparable à Le Plaisir de Chanter qui avait rendu Laurant Deustch sexy.

maindanslamainMain Dans la Main est un film riche qui ne se contente pas d’être une comédie romantique. Il nous parle de danse, des relations familiales, de la jalousie, de la maladie, du deuil… Des aspects plus ou moins graves, mais toujours traités avec cette même poésie qui permet au propos de n’être jamais alourdi. Valérie Donzelli a cette incroyable faculté de nous parler de tout avec ce regard si particulier qui fait tout le charme de son cinéma.

Bon, Main Dans la Main a quand même un petit défaut. Il est quelque peu surjoué. J’adore Valérie Donzelli, la réalisatrice, mais l’actrice en fait parfois un peu trop dans le expressions, suivi de près par son éternel compagnon (même s’ils ne sont plus ensemble dans la vie) Jérémie Elkaïm qui lui aussi nous livre un jeu parfois un peu forcé. Cela constitue la vraie limite de ce film, sans que cela ne gâche le plaisir outre mesure. De plus, tout cela est en grande partie compensé par la prestation magnifique et étonnante de Valérie Lemercier que j’ai déjà évoqué plus haut.

Main Dans la Main est une des bonnes surprises de cette fin d’année. Enfin, connaissant le talent de Valérie Donzelli, peut-on encore parler de surprise ?

Fiche technique :
Production : Wild Bunch, Rectangle Productions, Scope Pictures, France 3 cinéma
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Valérie Donzelli
Scénario : Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm, Gilles Marchand
Montage : Pauline Gaillard
Photo : Sébastien Buchmann
Décors : Gaëlle Usandivaras
Son : André Rigaut
Musique : Peter Von Poehl
Durée :
85 mn

Casting :
Valérie Donzelli : Véro
Béatrice de Staël : Constance De La Porte
Jérémie Elkaïm : Joachim Fox
Valérie Lemercier : Hélène Marchal
Serge Bozon : Jean-Pierre

LE HOBBIT : UN VOYAGE INATTENDU : Un voyage tant attendu

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lehobbitafficheIl y a des films inattendus, surprenants, que l’on voit par hasard, sans savoir à quoi s’attendre. Et puis, il y a ceux que l’on a attendu, espéré, imaginé mille fois avant leur sortie. On a compté les jours, espéré avoir le temps de le voir le plus rapidement possible. On est fou d’impatience, mais aussi tiraillé d’une certaine appréhension, une peur d’être déçu par rapport à nos attentes. Le Hobbit : Un Voyage Inattendu fait partie de ces films là.

Bilbo est un hobbit tout ce qu’il y a de plus paisible. Bref, un hobbit… Quelle surprise de voir débarquer chez lui le magicien Gandalf et treize nains à sa suite ! Tout ça pour lui proposer une aventure… Une aventure, voilà quelque chose que ne recherche pas un hobbit… Mais Bilbo n’est pas vraiment un hobbit comme les autres…

Qu’il est difficile de livrer une critique objective d’un film comme Le Hobbit : Un Voyage Inattendu. En effet, Bilbo, le Hobbit est le livre que j’ai le plus lu dans ma vie. L’univers Tolkien occupe une place importante dans mon imaginaire, il est donc difficile de se mettre dans la peau d’un spectateur qui s’y plongerait pour la première fois. Et au-delà de ça, une adaptation d’une œuvre aussi connue est de toute façon compliquée à juger car à travers le film, doit-on uniquement évaluer la qualité de la retranscription à l’écran ou bien doit aussi commenter le livre dont il est issu ?

En effet, Le Hobbit : Un Voyage Inattendu se heurte aux mêmes limites que le livre. Bilbo, le Hobbit n’est pas Le Seigneur des Anneaux. Moins complexe, moins sombre, moins riche, plus enfantin, plus accessible, plus linéaire. Et c’est exactement la même chose avec le film. Certes, Peter Jackson a essayé de rétablir un certain équilibre en puissant des éléments dans les annexes du Seigneur des Anneaux pour enrichir l’histoire et surtout créer des ponts avec ce dernier. Mais cela ne change pas grand chose, sinon donner l’impression, très légère, qu’il ne sait pas toujours tout à fait quel ton employer.

Après, au-delà de ça, est-ce que je me suis ennuyé une seule seconde ? La réponse est clairement non ! Est-ce que j’ai cessé, ne serait-ce qu’un instant, d’écarquiller les yeux d’émerveillement en voyant devenir vivant ce que j’avais toujours imaginer ? La réponse est clairement non ! Est-ce que j’irai le revoir ? La réponse est clairement oui ! Mais ça ne sera pas huit fois comme pour le Retour du Roi.

Peter Jackson a donné vie à la Terre du Milieu sur grand écran et tous les fans (ou presque) reconnaissent qu’il l’a fait avec un amour de l’œuvre initiale suffisante pour ne jamais la trahir, malgré des écarts minimes. Il continue avec Le Hobbit : Un Voyage Inattendu et toujours avec la même maestria. Le film est magique au-delà des prouesses techniques et le magnificence des décors, des costumes et des effets spéciaux. Il est toujours porté par un souffle épique assez unique, celui qui continue de rendre totalement accro tous les fans de Tolkien. Je suis même heureux au final qu’il est porté le projet jusqu’au bout. Pas sûr que Guillermo Del Toro aurait su conduire l’adaptation avec autant de respect et de déférence.

Beaucoup de critiques ont souligné que le film était sans surprise. Mais va-t-on voir l’adaptation d’un roman aussi populaire, d’un univers possédant des fans aussi pointilleux pour être surpris ? Bien sûr que non ! La remarque n’a pas de sens. Vous trouverez dans Le Hobbit : Un Voyage Inattendu exactement ce que vous attendez. Et nombreux auraient été les spectateurs à ne jamais pardonner à Peter Jackson s’il en avait été autrement. Même avec les limites que j’ai évoqué plus haut…

lehobbitAu niveau casting, la grande interrogation portant sur Martin Freeman dans le rôle de Bilbo. Un acteur quasi inconnu, si ce n’est à travers quelques obscurs seconds rôles. Force est de constater qu’il s’en sort haut la main et donne vie à son personnage. La même remarque vaut pour Richard Armitage qui incarne Thorin, le chef des nains. Quant à Ian McKellen, il continue d’être Gandalf. Il s’est définitivement et à jamais. Tout cela souligne que Peter Jackson est aussi un merveilleux directeur d’acteurs, ce qui est est trop peut souvent souligné !… J’allais oublier Adam Serkis… Comment oublié Gollum ? Il restera à jamais la plus grande star de tous ces films !

Encore une fois Bilbo, le Hobbit n’est pas le Seigneur des Anneaux. Leur adaptation suit la même règle. Mais Le Hobbit : Un Voyage Inattendu reste un morceau de l’imaginaire occidental superbement mis en image. Un beau moment de l’histoire du cinéma pour un grand moment de l’histoire de la littérature.

Fiche technique :
Production : New Line Cinema, MGM, Wingnut Films, Warner Bros
Distribution : Warner Bros, Entertainment France
Réalisation : Peter Jackson
Scénario : Fran Walsh, Philippa Boyens, Peter Jackson, Guillermo Del Toro, d’après l’oeuvre de J.R.R. Tolkien
Montage : Jabez Olssen
Photo : Andrew Lesnie
Décors : Dan Hennah
Musique : Howard Shore
Effets spéciaux : Joe Letteri, Weta Digital, Weta Workshop
Durée : 165 mn

Casting :
Ian McKellen : Gandalf
Martin Freeman : Bilbo
Richard Armitage : Thorin
Keb Scott : Balin
Andy Serkis : Gollum
Hugo Weaving : Elrond
Cate Blanchett : Galadriel
Christopher Lee : Saroumane
Ian Holm : Bilbo âgé

POPULAIRE : N’est pas populaire sans raison

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populaireaffichePourquoi le cinéma divertissant, un peu cousu de fil blanc, jamais prise de tête serait-il réservé à Hollywood ? Bref pourquoi le cinéma populaire n’aurait-il droit de cité que de l’autre côté de l’Atlantique ? Vous pouvez apprécier ici mon sens inné de la transition habile puisque je vais justement vous parler du film justement intitulé Populaire. Impressionnant non ?

Rose vit dans un petit village de Normandie, avec comme seule perspective d’épouser le fils du garagiste. Elle décide alors de vivre sa vie, de s’émanciper, de vivre de grandes aventures en devenant… secrétaire à Lisieux… Le problème est qu’elle ne brille pas vraiment pour son efficacité. Par contre, elle a un don pour taper à la machine. Un don que va chercher à exploiter son patron pour en faire une grande championne.

Populaire ne brille vraiment pas par un scénario plein de surprises et de suspense. Tout se déroule exactement comme on s’y attend, sans jamais dévier d’un seul mètre de la voix royale sur laquelle avance tranquillement l’intrigue. Vont-ils finir par tomber follement amoureux l’un de l’autre ? Va-t-elle devenir championne de Basse-Normandie ? De France ? Du Monde ? Je ne dévoilerai évidemment pas les réponses… Je vous dirai simplement que les réponses sont exactement celles que vous pouvez facilement imaginer.

Populaire est donc une comédie romantique comme Hollywood en produit beaucoup. En France, le genre est moins fréquent, même si Romain Duris semble en devenir le spécialiste après l’Arnacoeur. Enfin, ce film est quand même très loin de la qualité de ce dernier. Il lui manque en effet des seconds rôles vraiment marquants et un humour réellement corrosif. Si on veut positiver, on dira qu’il va droit à l’essentiel, mais c’est une façon quelque peu élégante de souligner une certaine pauvreté.

Cependant, malgré tout, Populaire fonctionne. Il fonctionne parce que le couple est convaincant et terriblement attachant. C’est souvent suffisant pour rendre une comédie romantique plaisante à suivre et c’est bien le cas de ce film. On sait bien qu’ils vont finir ensemble (oups, désolé…), mais on a envie de savoir comment ils vont abattre tous les obstacles qui les séparent. LEur histoire d’amour devrait être simple et immédiate, mais elle va évidemment passer par bien des péripéties pour enfin voir le jour. La recette est connue, pour ne pas dire archi-connue, mais on ne s’en lasse pas quand c’est bien fait.

populairePopulaire est aussi une réussite grâce à son côté nostalgique et rétro. Ce film, c’est un peu le Mad Men à la française, faisant revivre le temps où le couple patron-secrétaire était à la base de toutes les entreprises de France. Un temps où les femmes tapaient à la machine et faisait le café, tandis que les hommes dirigeaient et fumaient le cigare… Non, je n’ai pas dit que c’était le bon temps ! En tout cas, ce film jette un regard ironique et tendre sur cette époque sur lequel il nous livre sûrement un regard quelque peu idyllique. Mais encore une fois, on est ici dans du pur divertissement.

Une comédie romantique repose forcément sur un duo d’acteurs. Dans le rôle de l’homme, Romain Duris. Je ne pourrai exprimer en quelques lignes toute l’admiration et surtout l’affection que j’ai pour cet acteur, qui confirme encore une fois ici l’étendu de son talent et de son charme. En face de lui, il a du répondant en la personne de Déborah François, une étoile montante du cinéma français, qui rivalise largement dans la séduction qu’elle exerce sur le spectateur. C’est avant tout grâce à eux que le film fonctionne aussi bien.

Populaire n’est certainement pas le film de l’année, mais un moyen efficace et réussi pour passer un bon moment.

Fiche techique :
Production : Les Productions du Trésor, Panache productions, CCE, Mars Films
Distribution : Mars Distribution
Réalisation : Regis Roinsard
Scénario : Regis Roinsard, Daniel Presley, Romain Compingt
Montage : Sophie Reine, Laure Gardette
Photo : Guillaume Schiffman
Décors : Sylvie Olive
Son : Pierre Mertens, Olivier Ranquet
Maquillage : Thi-Thanh-Tu Nguyen
Durée : 111 mn

Casting :
Romain Duris : Louis Echard
Déborah François : Rose Pamphyle
Frédéric Pierrot : Jean Pamphyle
Marius Colucci : Lucien Echard
Eddy Mitchell : Georges Echard
Bérénice Béjo : Marie Taylor
Miou-Miou : Madeleine Echard
Mélanie Bernier : Annie Leprince Ringuet
Nicolas Bedos : Gilbert Japy