Commencer une campagne d’éliminatoires par une victoire à l’extérieur constitue évidemment un très bon départ. Et puis, seule la victoire est belle tout ça, tout ça… Cependant, on a bien du mal à s’enthousiasmer pour ces Bleus. Que la fracture est profonde avec le public ! On ne les regarde plus avec les yeux de l’amour, mais avec ceux de la suspicion. Certes, le jeu pouvait difficilement être enthousiasmant face à une équipe aussi regroupée derrière. Mais, on est vite tenté de blâmer l’Equipe de France pour ce piètre spectacle.
Tout ne fut pas parfait hier soir, les approximations furent nombreuses. On a même été franchement inquiet dans un dernier quart d’heure où les Finlandais auraient pu égaliser avec un peu plus de talent technique. Alors malgré la victoire, on a envie de maugréer et d’afficher son mécontentement, animé d’une certaine mauvaise foi. On a envie de répéter une nouvelle fois que Franck Ribery et Jérémy Menez sont deux fumistes, qui ne font pas honneur au maillot bleu. Mais on peut aussi reconnaître que la configuration du match ne leur a pas non plus permis de jouer sur leurs points forts : la vitesse et la provocation.
Tout débat apaisé autour de cette Equipe de France. Il faudra encore bien du temps avant que le passé ne soit oublié et ne vienne plus interférer avec les jugements du présent. Du temps, mais surtout des victoires. Car si on ne pardonne rien aux perdants, les vainqueurs sont toujours absous. Absous de tout !
L’histoire d’un homme qui a bien entamé la trentaine, a un peu de ventre (enfin plutôt beaucoup en fait), perd ses cheveux lentement mais sûrement et surtout collectionne les figurines avait de quoi m’intriguer. En effet, ça ressemble un peu à mon histoire. Enfin, à la différence près, tout de même, du fait que, moi, je ne vis pas encore chez mes parents et je sais à peu près parler à une femme. Mais c’est tout de même avec une vraie curiosité que j’ai été voir Dark Horse, film au final inclassable… et pas vraiment bon.
Abe n’a rien d’un winner (cf paragraphe précédent). A un mariage, il rencontre pourtant Miranda, une dépressive complètement paumée. Il arrive à lui soutirer tour à tour son numéro de téléphone, un rendez-vous puis la promesse de l’épouser. Mais comment ces deux êtres qui semble totalement inadapté à la société pourraient-ils envisager construire quelque chose à deux ?
Dark Horse n’est pas une comédie, n’est pas un drame, n’est pas une romance. On aurait envie de dire qu’il est tout ça à la fois, mais en fait, il n’est rien de tout ça. En fait, il n’est rien du tout… Ce film m’a plongé dans une abime de perplexité dont j’ai du mal à tirer quoique ce soit. Cela aurait pu constituer une expérience décalée, hors des sentiers battus. Mais au final, si je suis tout à fait honnête, c’est surtout l’ennui qui l’a emporté, au-delà de la simple incompréhension.
Dark Horse a pourtant un sujet bien identifié. Abe fait suite à un nombre important de personnages qui dynamitent le rêve américain, en démontrant comment la moindre inadaptation à ce dernier peut vous broyer et faire de vous un boulet, un inutile. Ce sujet a déjà été traité moult fois, de manière aussi bien comique que dramatique. Ce film emprunte lui un chemin assez original dans sa forme mais qui brouille totalement le propos, au point de leur rendre passablement inintéressant.
La première moitié de Dark Horse suit une structure narrative classique. Puis peu à peu, l’imagination d’Abe se mélange avec la réalité, si bien qu’on ne sait plus vraiment ce qui se passe réellement. Le spectateur se retrouve du coup éjecté assez brutalement hors d’une histoire où il avait pu éventuellement rentrer précédemment. Todd Solondz adopte alors une logique qu’il est difficile de suivre, si bien qu’on assiste à la seconde moitié du film totalement en retrait d’un sujet qui appelait au contraire à l’identification.
Dark Horse aurait pu être éventuellement sauvé par une réalisation imaginative. Mais elle reste au contraire désespérément homogène entre rêve et réalité, ce qui finit de brouiller les pistes et de perde le spectateur. Cela contribue au sentiment d’un film raté qui n’a pas su comment donner vie à une idée de base pas si inintéressante que ça. Les personnages présentent un véritable potentiel. Un certain attachement peut naître lors de la première partie, mais il plafonne très vite. Ensuite, les protagonistes se transforment peu à peu en parfaits étrangers pour le spectateur, qui du coup, ne ressent plus vraiment les émotions que le film cherche à transmettre.
Pourtant Dark Horse bénéficie d’un casting assez surprenant pour un film indépendant. Si Jordan Gebler a connu une carrière jusqu’à présent essentiellement télévisuelle, avec de nombreuses apparitions dans des séries, il côtoie à l’écran de nombreux acteurs chevronnés. On pense bien sûr au couple Christopher Walken – Mia Farrow qui interprète, avec beaucoup de talent évidemment, les parents d’Abe. On citera également Justin Bartha, un des compère de Very Bad Trip. Mais on retiendra au final avant tout la jolie performance de Selma Blair, qu’on avait peu vu depuis les deux Hellboy.
Dark Horse propose un sujet séduisant, traité de manière originale… Mais peut-être trop au final, puisque le spectateur est vite perdu et a bien du mal à retirer quoique ce soit de ce film.
Fiche technique : Production : Double Hope Films Distribution : Happiness distribution Réalisation : Todd Solondz Scénario : Todd Solondz Montage : Kevin Messman Photo : Andrij Parekh Décors : Alex DiGerlando Durée : 85 mn
Casting : Jordan Gelber : Abe Selma Blair : Miranda Mia Farrow : Phyllis Christopher Walken : Jackie Justin Bartha : Richard Aasif Mandvi : Mahmoud Zachary Booth : Justin
Pendant mes vacances bien méritées, j’ai totalement délaissé mes commentaires éminemment éclairés sur l’actualité. Désormais, c’est la rentrée, alors il faut s’y remettre. Surtout qu’elle s’annonce chargée et nous réserve bien des occasions d’analyses et de débats. Malheureusement quelques raisons de s’inquiéter également.
Et oui, soyons clair, c’est la merde ! François Hollande et son gouvernement savaient bien qu’ils allaient affronter d’âpres difficultés, mais la crise est beaucoup moins proche de sa fin que prévu. Pire, beaucoup prévoient une rechute grave, sévère et mondiale. Cependant, si les prédictions en économie étaient fiables, ça se saurait. Ce qui est part contre réellement inquiétant reste le sentiment de totale impuissance et de résignation semblant s’implanter durablement.
Je souhaite donc bien du courage à nos chers dirigeants pour nous sortir de ce merdier et nous redonner espoir et confiance. Surtout que le fait que tout ne dépende pas de nous est une vérité irréfutable. La confiance de l’opinion flanche déjà car personne ne voit comment s’en sortir. Alors pour inverser la tendance, il ne faut ni mesures spectaculaires, ni pédagogie, mais tout simplement des résultats. Et celui que tout le monde attend, c’est la baisse du chômage. Mais pas simplement dans les statistiques. Le moral reviendra quand chacun de nous connaîtra autour de lui quelqu’un qui a retrouvé du boulot. Mais les derniers chiffres nous indiquent bien que ce n’est pas encore tout à fait pour demain. On peut donc s’attendre à une longue impopularité du gouvernement. Les municipales s’annoncent d’ors et déjà difficiles pour la gauche.
Parler des municipales de 2014 semblent peut-être prématuré, mais il s’agit là de la prochaine échéance électorale pour les militants politiques dont je fais partie. Je suis d’autant plus concerné, en tant qu’élu municipal. Mais avant cela, le PS va connaître un nouveau congrès, qui n’aura a priori rien à voir avec le désastre de Reims. Cependant, la volonté d’unité pourrait bien conduire les membres du PS à devoir choisir entre un incompétent et des inconnus. J’aurais bien l’occasion d’y revenir d’ici octobre. Enfin, heureusement pour nous, l’enjeu n’est plus de trouver un futur Président de la République potentiel, mais simplement quelqu’un pour garder la maison pendant que les vrais leaders gouvernent.
L’enjeu n’est par contre pas le même à droite. Pour les militants socialistes, le spectacle offert par le duo Copé-Fillon est un vrai régal. Un régal mesquin, je l’avoue. Je crois qu’aucun des deux grands partis n’a à donner de leçon en termes de haines internes à l’autre désormais. Cependant, il ne faut pas oublier que l’histoire a souvent vu de ses luttes acharnées surgir de futurs grands leaders. Si cela se produit, pas sûr qu’au PS, nous gardions notre sourire satisfait très longtemps…
Depuis l’Etrange Noël de Monsieur Jack, animation et ambiance gothique se marient souvent avec bonheur. En parallèle des productions Burton, une autre équipe est née qui nous a notamment offert le plutôt sympathique Coraline. Elle revient pour nous proposer l’Etrange Pouvoir de Norman, une nouvelle production très réussie qui séduira les plus jeunes (mais pas trop) et les adultes, pas forcément pour les mêmes raisons.
Norman est la bête noire de toute sa ville et fait le désespoir de ses parents. En effet, il prétend parler aux fantômes qui traînent un peu partout… Sauf qu’il parle réellement aux fantômes… Il faut dire que le lieu est marquée par la légende d’une sorcière, brûlée 300 ans plus tôt. Un jour, il tombe sur son oncle, qui vit reclus et qui lui avoue posséder le même don que lui. Il lui confie alors une délicate mission que le jeune garçon doit accomplir sous peine de voir une terrible malédiction s’abattre sur la ville.
L’Etrange Pouvoir de Norman reste sans doute plus enfantin que les films d’animation réalisés par Tim Burton, mais il s’adresse tout de même à un public qui a passé l’âge d’être trop facilement impressionnable. Certes, tout cela est pour rire et ne va pas très loin, mais l’univers reste tout de même longtemps sombre et inquiétant. L’humour et l’aspect cartoon viennent bien sûr édulcorer tout ça, mais ceux qui ne supportent pas le gnagnan et qui n’ont pas spécialement envie de retrouver leur âme d’enfant pourront tout de même apprécier ce film.
L’Etrange Pouvoir de Norman s’inspire évidemment de beaucoup d’éléments classiques des films de zombies et de fantômes, mais ce n’est pas du tout un film à références. Ceux qui n’ont aucun culture dans ce domaine ne verront pas la moitié des clins d’oeil leur échapper. L’humour est beaucoup plus direct et se situe à différent degré. Cela finit d’unir les générations qui sauront trouver un intérêt dans les différents aspects de ce film très bien foutu.
L’intrigue de l’Etrange Pouvoir de Norman reste elle tout de même d’une simplicité relativement enfantine. C’est sans doute là la plus grande limite de ce film, celle qui nous empêche d’être totalement enthousiaste. On ne s’ennuie pas, les péripéties s’enchaînent, mais le rythme aurait pu être un tout petit plus soutenu et surtout moins linéaire. Les scénaristes n’ont pas vraiment pris de risque et nous proposent un fil conducteur à la succession des gags, plutôt qu’une intrigue qui nous passionnerait vraiment.
Heureusement, les personnages sont assez attachants pour que l’on entre tout de même assez facilement dans l’histoire. Norman ne réserve pas vraiment de surprise et représente une énième version de l’enfant étrange, souffre-douleur de ses petits camarades. Ce sont avant tout les seconds rôles qui donnent tout son piment à l’Etrange Pouvoir de Norman, notamment son copain Neil, qui reste le principal élément comique du film.
Niveau qualité de l’animation, le film est très réussi, avec une vraie identité visuelle. Le choix de l’animation en volume (c’est à dire que ce sont des objets qui sont déplacés, pas de dessins) arrive à nous épargner totalement le côté quelque peu formaté de l’animation par ordinateur. Cela donne au contraire un charmant effet rétro, même si le film est vraiment techniquement pointu et parfaitement réalisé.
Le casting voix ne propose que de parfaits inconnus pour les premiers rôles. Par contre, certains personnages secondaires sont doublés par des acteurs chevronnés comme Casey Affleck et John Goodman.
L’Etrange Pouvoir de Norman est donc un très bon film d’animation pour les amateurs de second degré et d’ambiances gothiques.
Fiche technique : Réalisation : Sam Fell et Chris Butler Scénario : Chris Butler, d’après une histoire d’Arianne Sutner et Stephen Stone Montage : Christopher Murrie Musique : Jon Brion Production : Matthew Fried, Travis Knight et Arianne Sutner Durée : 95 minutes
Casting : Kodi Smit-McPhee : Norman Babcock Tucker Albrizzi : Neil Downe Anna Kendrick : Courtney Babcock Casey Affleck : Mitch Downe Christopher Mintz-Plasse : Alvin Leslie Mann : Sandra Babcock Jeff Garlin : Perry Babcock Elaine Stritch : Grand-mère Bernard Hill : Le Juge Jodelle Ferland : Aggie John Goodman : M. Prenderghast
Après être sorti de leur retraite pour le premier épisode, nos stars bodybuildés des années 80 et 90 sont de retour ! Et ils ont du renfort et pas du moindre ! Voici donc The Expendables 2 : Unité Spéciale qui nous propose LE casting ultime pour les amateurs de testostérone… Bon, les esprits chagrins diront : et Steven Seagal ?… Oui bon, la perfection n’est pas de ce monde que voulez-vous. Surtout dans un film bourré de défauts, mais terriblement jouissif.
Après une nouvelle mission réussie en Asie, les hommes de Barney sont renvoyés en Albanie récupéré un colis mystérieux, perdu suite à un crash aérien, par Church, l’agent de la CIA qui s’est rappelé à leur bon souvenir. Mais leur mission est interceptée par un dangereux terroriste, nommé Vilain (tout un programme !), qui abat froidement leur plus jeune recrue. Autant dire que les Expendables ne sont pas contents et vont tout faire pour le faire payer.
Quand je relis mon synopsis, je me dis que l’on pourrait croire que The Expendables 2 : Unité Spéciale possède un scénario. Or, il n’en est rien. C’est un peu un cliché de dire qu’un film d’action n’a pas de scénario. Mais là, c’est vraiment le cas… Le film ne réserve aucun rebondissement, aucune surprise et se déroule d’une manière si linéaire qu’on a l’impression que le film ne comporte en fait qu’une seule et longue scène. Après je suis le premier à dire que l’on ne va pas voir ce genre de film pour son intrigue, alors c’est un peu hypocrite de se plaindre a posteriori de son indigence. Mais là, ça prend de telles proportions que j’y vois un bémol. Mais un petit bémol…
En effet, si je suis totalement objectif, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde devant The Expendables 2 : Unité Spéciale. L’absence de scénario vient d’une volonté de ne proposer que des scènes d’action. On ne peut qu’admettre que de ce point de vue là, le spectateur en a pour son argent. Ca flingue dans tous les sens, avec de bonnes grosse explosions pour faire joli. Dans ce film, on bat tous les records des méchants qui visent mal puisqu’en deux millions de cartouches tirées environ, ils ne doivent provoquer que deux égratignures chez notre bande de héros qui eux font mouche à tous les coups. Mais bon, normal, ce sont les héros justement…
The Expendables 2 : Unité Spéciale est surtout jouissif parce qu’il flirte toujours avec l’auto-parodie. Ca ne se prend pas au sérieux et c’est pour ça que l’on pardonne aisément toutes les faiblesses. Cela crée une sorte de connivence avec le spectateur qui est venu admirer ses idoles une dernière fois… Enfin avant le troisième volet… Ils sont l’air de s’amuser comme des petits fous, comme au bon vieux temps et on est totalement pris dans cette douce nostalgie.
Evidemment ce qui fait la force de The Expendables 2 : Unité Spéciale reste bien sûr avant tout son casting qui cette fois est quasi idéal. Les nouveautés avaient de quoi mettre l’eau à la bouche. Tout d’abord, le seul et unique Jean-Claude Vandame en méchant, qui est le seul du film à n’avoir pas compris qu’on était dans un film où il n’était pas indispensable de se prendre au sérieux. Il met beaucoup d’application dans ses dialogues et ces regards sadiques. Bon bien sûr, il ne sait toujours pas jouer la comédie, mais cela colle tellement au personnage (dans la vraie vie). On pourra cependant regretter que ces qualités de combattant ne soit pas réellement mis en valeur dans un affrontement final contre Stallone quelque peu décevant.
Mais le grand moment de bonheur de The Expendables 2 : Unité Spéciale reste l’apparition de Chuck Norris. On est plus proche du caméo que du premier rôle. Cependant, il vaut mieux souvent la qualité que la quantité. Reste donc la question qui taraude tous les fans qui n’ont pas encore vu le film : Chuck Norris fait-il une blague de Chuck Norris ? Réponse dans le film… On notera également la tentative presque réussie de Dolph Lundgren de jouer la comédie et de faire de l’humour.
The Expendables 2 : Unité Spéciale offre donc aux spectateur exactement ce qu’ils sont venus chercher, même si on peut quand même regretter quand même le vide abyssal du scénario.
Fiche technique : Production : Millennium Films, Nu Image Distribution : Metropolitan Filmexport Réalisation : Simon West Scénario : Richard Wenk, Sylvester Stallone Montage : Todd E. Miller Photo : Shelly Johnson, A.S.C Format : 35 mm Décors : Paul Cross Musique : Brian Tyler Effets spéciaux : Ajoy Mani Durée : 102 mn
Casting : Sylvester Stallone : Barney Ross Jason Statham : Lee Christmas Dolph Lundgren : Gunnar Jensen Jean-Claude Van Damme : Vilain Chuck Norris : Booker Bruce Willis : Church Arnold Schwarzenegger : Trench Terry Crews : Hale Caesar Jet Li : Ying Yang
On tance souvent Hollywood pour son manque d’imagination et sa propension à nous servir suites après suites, poussant l’exploitation commerciale d’un concept jusqu’au bout. Ah les vilains Américains ! On n’est pas comme ça, nous, Français, avec notre fière exception culturelle ! Nous, on fait de l’art pour l’art, pas pour gagner de l’argent ! Comme ça serait vulgaire ! Bon à part, Luc Besson, mais du coup, plus personne ne lui parle… Mais dites-moi qu’a donc fait Pascal Thomas avec son Associés Contre le Crime, troisième épisode des aventures de Prudence et Bélisaire, d’une médiocrité effarante ?
Bélisaire fait la tournée de promotion d’un livre où il raconte ses plus grands exploits. L’heure de la retraite a sonné. Mais Prudence ne l’entend pas de cette oreille et saisit au bond une opportunité au bon pour ouvrir la succursale genevoise d’une grande agence de détectives. Sa première affaire la conduira dans une mystérieuse clinique où certaine personne semble rajeunir de manière prodigieuse.
Très souvent, le troisième épisode d’une franchise reste l’épisode de trop. On le vérifie encore une fois avec cet Associés Contre le Crime. On aurait pu éventuellement se montrer magnanime, mais le seul vrai soucis est qu’on le vérifie dans les grandes largeurs. Déjà, on vous vend un film durant 1h40, alors qu’il ne dure en fait qu’une heure. En effet, il commence par une bonne demi-heure de rien et finit par dix minutes de pas grand chose. On assiste alors à un vague cabotinage, censé être drôle. Sauf que ce sont juste des échanges abscons entre des acteurs absolument pas dirigés et dont chaque réplique sonne faux. Tout est surjoué, cela en est ridicule ! Et surtout jamais ne serait-ce qu’amusant.
Au milieu de tout ça, vous aurez quand même le droit à une heure d’une enquête policière très faiblarde, censée, une nouvelle fois, être tirée d’un roman d’Agatha Christie. L’auteur anglaise doit se retourner dans sa tombe car elle n’a jamais écrit d’histoire avec si peu d’intérêt, de rebondissement et de mystère. Même pour une série pour enfant, on y mettrait un peu plus de subtilité et de complexité. Enfin au moins, il se passe quelque chose et on arriverait presque à ne pas s’ennuyer. Malheureusement, toutes les tentatives d’humour tombent encore une fois à peu près toutes à plat.
Au moins dans Mon Petit Doigt M’A Dit et Le Crime Est Notre Affaire avait-on appris à apprécier ce couple savoureux. Mais dans Associés Contre le Crime, Prudence et Bélisaire Beresford nous horripilent surtout, par leurs simagrées et leurs grimaces incessantes. On était pourtant heureux de les retrouver, mais finalement cela ressemble aux retrouvailles d’une amie d’enfance qui a mal tourné maintenant qu’elle est adulte. On retrouve ce qu’on a aimé, mais beaucoup d’autres choses qui nous plaisent beaucoup moins. Nos deux héros semblent ici faire partie d’une histoire qui n’est pas faite pour eux et semblent un peu perdus.
Associés Contre le Crime ne séduit donc ni par son suspense, ni par son humour, tous les deux en dessous de tout. Alors que lui reste-t-il ? On aurait pu espérer son casting avec le duo Catherine Frot et André Dussolier qui avait si bien fonctionné dans les épisodes précédents. Mais là, toute la synergie entre les deux personnages est perdue et ils semblent ramer chacun de leur côté. Et c’est bien connu dans ces cas-là, on ne va jamais très loin.
Associés Contre le Crime est donc tout simplement raté car dénué de la moindre inspiration et se montre incapable de relancer la franchise. Espérons que Pascal Thomas saura s’arrêter là.
Fiche technique : Production : Les films français, StudioCanal, Studio 37, France 2 Cinéma, Rhône-Alpes Cinéma Distribution : StudioCanal Réalisation : Pascal Thomas Scénario : Pascal Thomas, Clémence dDe Biéville, Nathalie Lafaurie, d’après l’oeuvre d’Agatha Christie Montage : Catherine Dubeau Photo : Renan Pollès Décors : Katia Wyszkop Musique : Reinhardt Wagner Durée : 104 mn
Casting : Catherine Frot : Prudence Beresford André Dussollier : Bélisaire Beresford Linh-Dan Pham : Marie Van Dinh Nicolas Marié : Dr Nicolas Roscoff Agathe de la Boulaye : Dr Matarazzi Eric Naggar : Dr Jünger Sarah Biasini : Marie-Christinee
S’inspirer d’un fait divers pour en tirer un film est devenu une mode, en particulier dans le cinéma francophone. On a déjà eu droit au très moyen Possessions en début d’année. Voici cette fois, A Perdre la Raison, qui nous vient cette fois de Belgique. Mais si le cinéma de nos voisins avait brillé récemment avec les géniaux Bullhead et Hasta la Vista, cette fois-ci, le résultat est nettement moins bon.
Mounir a été recueilli à son plus jeune âge par le Docteur Pinget, avec lequel il vit toujours. Quand le jeune homme tombe amoureux de Murielle, cette dernière finit par venir habiter avec eux. Viendront quatre enfants qui rendront la promiscuité irrespirable. Cela révèlera surtout la totale dépendance du couple vis-à-vis du Docteur, qui n’a pas du tout l’intention de s’effacer et de laisser le couple partir.
Evidemment, A Perdre la Raison se sent obligé de commencer par la fin. Bah oui, c’est obligatoire et logique désormais. On se demande même si ce ne sont pas les producteurs qui imposent ça comme condition sine qua non pour financer un projet. Rien que ce détail montre à quel point Joachim Lafosse n’a guère d’inspiration. On pourrait éventuellement arguer que cela épargne un suspense un peu malsain. Mais comme la situation est bien pourrie dès le départ, vous n’avez aucun mal à comprendre comment on va passer du début à la fin. Donc au bout de dix minutes, à peu de chose près, vous avez déjà vu le film. Cependant, vous aurez quand même droit à près de deux heures de rien, ou du moins de pas grand chose.
A Perdre la Raison est donc un film à processus. Comment un personnage passe d’un état A à un état B, ce dernier étant généralement proche de la folie. Un film sur le basculement, la chute engendrés par la souffrance et l’incompréhension. C’est un sujet cinématographique classique et qui a déjà été traité de manière parfois incroyablement brillante. Sauf qu’ici, tout cela se déroule sans réelle évolution ou véritables péripéties. Il s’agit d’un processus totalement linéaire, le tout raconté avec une grande lenteur. Ne reste donc plus que la contemplation de la douleur d’une femme, mettant le spectateur dans la position d’un voyeur sadique… qui en plus s’ennuie…
Bien sûr, l’empathie peut nous faire entrer dans cette histoire. On peut s’identifier au personnage de Murielle, partager ses souffrances, être touché par son parcours et ressentir de réelles émotions. Mais tout reste un peu facile. Joachim Lafosse semble considérer que proposer une histoire dramatique et sérieuse suffit pour donner de l’intérêt à A Perdre la Raison. Certains souligneront sans doute une grande pudeur visuelle, tout à son honneur. Personnellement, je retiendrai surtout le fait que toutes, j’ai bien dit toutes, les scènes sont trop longues, pour au fond ne rien raconter.
A Perdre la Raison aurait presque pu être sauvé par son casting. La présence à l’écran de Niels Arestrup et son incroyable charisme est à elle-seule un vrai plaisir cinématographique. Cependant, on le retrouve dans un rôle qu’il connaît trop bien, il n’y a donc aucune surprise à attendre de ce côté-là. Tahar Rahim est plutôt effacé, mais c’est le rôle qui veut ça. On retiendra donc avant tout la belle performance d’Emilie Duquenne, qui arrive à ne pas sombrer avec le navire, alors qu’elle aurait pu facilement couler avec lui.
A Perdre la Raison est le genre de film qu’on n’a peur de ne pas aimer, sous prétexte que cela ferait de nous des spectateurs sans cœur Mais la souffrance n’a pas d’un intérêt en soi et ce film n’en a que très peu par ailleurs.
Fiche technique : Production : Versus Production, Samsa Films Réalisation : Joachim Lafosse Scénario : Joachim Lafosse, Thomas Bidegain, Matthieu Reynaert Montage : Sophie Vercruysse Photo : Jean-François Hensgens Décors : Anna Falguères Distribution : Les Films du Losange Directeur artistique : François Delaire Durée : 111 mn
Casting : Emilie Dequenne : Murielle Tahar Rahim : Mounir Niels Arestrup : André Pinget Baya Belal : Rachida Stéphane Bissot : Françoise Nathalie Botefeu : Dr. De Clerck
Les grands artistes trouvent l’inspiration dans des œuvres parfois étonnantes. Ainsi, vous l’ignorez sûrement (j’aime me la péter, genre moi, je le savais!), mais le Inglourious Bastards de Quentin Tarantino est plus ou moins un remake. Le film d’origine est une série B italienne, réalisée en 1978, sorti en France sous le titre Une Poignée de Salopards, mais distribuée aux Etats-Unis sous le tires d’Inglourious Bastards. Si finalement Tarantino n’a pas gardé grand chose de l’original, c’est que ce dernier est quand même un sacré nanar.
En 1944, sur le front français, un convoi de l’armée américaine, transportant des soldats destinés à la prison ou à être fusillés, est attaqué par l’armée allemande. Les seuls survivants sont cinq prisonniers, bien décidés à rejoindre la Suisse pour regagner leur liberté. Mais ils devront échapper à la fois à l’armée alliée qu’aux troupes nazies.
Une Poignée de Salopards, avant d’inspirer le Inglourious Bastards de Tarantino, est déjà à la base une nouvelle version des Douze Salopards. Il cherche donc à surfer sur la mode des films de guerres qui sévissait à la fin des années 70. D’ailleurs, le résultat est très daté et fleure bon la série B à petit budget… et, avouons-le tout de suite, à petit talent. Le recrutement d’acteurs américains pour la distribution à l’étranger montre bien qu’on est là face à un cinéma commercial et populaire, où la dimension artistique était forcément limitée.
Cependant, derrière la caméra, on retrouve Enzo G. Castellari, un spécialiste italien du genre. Un réalisateur qui essayait tant bien que mal de donner du souffle et de l’originalité à ses œuvres. Mais il manque sérieusement de génie. On remarquera notamment son utilisation du ralenti qui reste une tentative louable mais un peu vaine de donner un style visuel à Une Poignée de Salopards. Les initiatives prêtent à sourire, mais on peut comprendre comme un Tarantino pré-adolescent a pu tomber sous le charme de cette œuvre parfois improbable. Comme j’ai pu adorer le Choc des Titans, première version…
Une Poignée de Salopards souffre d’un scénario dont le réalisme et la crédibilité sont quand même relativement limités. On est vraiment dans la série B typique où on se moque bien des faiblesses, seuls comptent l’action et le divertissement. L’intrigue n’est donc pas du tout ce qu’il y a de plus intéressant dans ce film, à part si on la regarde avec un regard ironique. Elle peut faire rire parfois, même si c’est vraiment involontairement pour le coup. Ca sent le scénario pondu un peu à la va-vite, mélangeant clichés et péripéties, sans vraiment se soucier de leurs cohérences.
Une Poignée de Salopards a au moins le mérite de ne pas se prendre au sérieux. L’histoire est parsemée d’éléments d’humour au premier et au second degré. C’est sans doute ce qui le rend regardable, à défaut de le rendre intéressant au-delà de l’anecdote. On a parfois l’impression que cela est une façon de se faire pardonner le manque de moyen et les faiblesses criantes du scénario. Mais le film aurait vraiment gagné à choisir carrément le ton de la parodie.
Le casting a pour vedette Bo Svenson et Fred Williamson. Si on veut avoir une preuve définitive que ce film a marqué profondément Quentin Tarantino, il faut savoir qu’il a fait tourner le premier dans Kill Bill 2 et l’autre dans Une Nuit en Enfer. Mais globalement, le casting reste assez moyen, même si on note la présence d’un Michel Constantin en chef des partisans français.
Si ce film n’avait pas inspiré un pur chef d’oeuvre, il serait tombé totalement dans l’oubli. Il ne vaut donc pour l’anecdote ou pour les vrais amateurs de séries B improbables. Mais bon, ce n’est pas non plus l’Attaque de la Moussaka Géante (vraie film qui existe…).
Fiche technique : Titre original : Quel maledetto treno blindato Réalisation : Enzo G. Castellari Scénario : Sandro Continenza, Sergio Grieco, Franco Marotta, Romano Migliorini et Laura Toscano Musique : Francesco De Masi Directeur artistique : Pier Luigi Basile et Aurelio Crugnola Costumes : Ugo Pericoli Photographie : Giovanni Bergamini Montage : Gianfranco Amicucci Producteur : Roberto Sbarigia Format : Couleur (Telecolor) • 1.85 : 1 • 35mm Pays d’origine : Italie Dates de sortie : Italie : 8 février 1978; France : 28 février 1979
Casting : Bo Svenson : Le lieutenant Robert Yeage Peter Hooten : Ton Fred Williamson : Fred Canfiel Michael Pergolani : Nic Jackie Basehart : Berl Michel Constantin : Veroniqu Joshua Sinclair : Marshall (crédité sous le nom de John Loffredo) Massimo Vanni : Un membre de la Résistance français Enzo G. Castellari : Un officier allemand (non crédité au générique) Raimund Harmstorf : Adolf Sach Ian Bannen : Le colonel Charles Thomas Buckne Debra Berger : Nicole
On pouvait craindre que le rachat de Pixar par Disney mette fin à la créativité débridée et réjouissante du studio où sont nés Wall-E, Ratatouille, Toy Story ou encore Les Indestructibles. Force est de constater que jusqu’ici tout va bien. Confirmation avec Rebelle. Ce n’est peut-être pas le film le plus inoubliable qu’il ait signé, mais on se retrouvera une nouvelle fois tous avec plaisir un spectacle qui ravira toutes les générations.
Mérida est une princesse. Mais ce qu’elle aime avant tout, c’est courir dans la campagne, escalader des falaises, manger goulument et tirer à l’arc, au grand désespoir de sa mère qui souhaite la transformer en vraie dame de cour. La jeune fille est donc désespérée quand ses parents lui annoncent qu’ils ont l’attention de la marier et qu’ils ont convoqué les représentants des trois clans d’Ecosse pour désigner celui qui sera digne de l’épouser. Mais Mérida n’a pas l’intention de se laisser faire.
Rebelle est un film séduisant. Enfin ce qui est avant tout séduisant, c’est le personnage de Mérida. On ne peut que tomber sous son charme et ce dès les premières secondes. Bien sûr cela ne fait pas un film à lui tout seul, mais cela permet de rentrer tout de suite dans cette histoire pour n’en sortir qu’à la toute fin. On dit souvent qu’un bon scénario, c’est avant tout un bon méchant, mais quelque fois un bon héros peut aussi constituer une bonne base.
Autour de ça se construit une histoire somme toute assez classique. Il est vrai qu’elle ne brille ni par une réelle originalité, ni une complexité particulière. Elle se laisse pourtant suivre avec plaisir, car rythmée et pleine d’humour. De la magie, des péripéties, des poursuites, une forêt sombre et mystérieuse… Bref tout ce qu’il faut pour un récit d’aventures fantastiques médiévales. C’est divertissant, jamais ennuyeux, même si l’intérêt principal de Rebelle est à chercher ailleurs.
Il est à chercher notamment dans son humour. Un humour aux allusions parfois quelque peu grivoises, souvent à plusieurs degrés, qui fait de Rebelle un film pouvant être apprécié par plusieurs générations. On touche là ce qui peut encore différencier les films estampillés Pixar avec les productions Disney pures et dures, beaucoup plus puritaines et policées. Bon, ça ne va pas très loin dans la provocation, mais cela permet aux adultes de rire eux-aussi pleinement. De plus, l’aspect cartoon est lui aussi pleinement réussi, avec notamment les trois frères de la princesse, des triplés en quête constante de bêtise et qui déploient toujours des trésors d’imagination et d’espièglerie pour arriver à leur fin.
Techniquement, Rebelle est aussi impeccable. Je ne l’ai pas vu en 3D, mais ne je ne doute pas que cette dernière ait été soignée. Mais même sans ça, les traits sont vraiment fins et les personnages ont beaucoup de personnalité, ce qui leur donne chacun un charme particulier. En 2D, ça manque un peu de profondeur, mais les décors sont tout de même eux-aussi très beaux, notamment une séquence autour du lac et de la cascade.
On explore là un univers imaginaire celtique, pour preuve la chevelure rousse de l’héroïne. Mais c’est surtout un film d’animation à voir absolument en VO (en fait, c’est toujours le cas, mais là encore plus) pour l’accent écossais irrésistible de tout le casting voix. Sinon, c’est un peu comme voir Bienvenue chez les Ch’tis, doublé dans un anglais à l’accent uniforme… On y reconnaîtra surtout Emma Thomson, qui double la mère et Kelly MacDonald, découvert dans No Country for Old Men qui double l’héroïne.
Certes, Pixar nous avait habitué à nous servir du chef d’œuvre à la pelle. Rebelle n’en fait peut-être pas partie. Mais ce n’est pas une raisons pour juger trop durement ce film d’animation fort sympathique.
Fiche technique : Production : Walt Disney Pictures, Pixar, John Lasseter Distribution : The Walt Disney Company France Réalisation : Mark Andrews, Brendan Chapman Scénario : Mark Andrews, Steve Purcell, Brenda Chapman, Irene Mecchi Montage : Nicholas C. Smith Photo : Danielle Feinberg Décors : Steve Pilcher Musique : Patrick Doyle Effets spéciaux : David MacCarthy Durée : 95 mn
Casting : Kelly MacDonald : Merida Emma Thomspon : La reine Elinor Billy Connolly : Le roi Fergus Julie Walters : la sorcière
Steven Soderbergh est un des réalisateur les plus productifs, mais aussi, heureusement, un des plus talentueux. A peine un mois après la sortie de Piégée, voici Magic Mike. Bon, évidemment cette proximité est due au choix des distributeurs français, mais tout de même, cela prouve bien qu’il enchaîne les films comme d’autres enfilent les perles. En tout cas, le réalisateur confirme la grande diversité des thèmes qu’il aura traités dans sa carrière.
Mike est maçon le jour, stripteaseur la nuit. Son vrai rêve est de monter son entreprise de construction de meubles originaux. Un jour il croise la route d’Adam, un loser un peu paumé, qui vit aux crochets de sa sœur. Il s’en sert comme rabatteur pour amener des jeunes filles au show où il se produit. Mais le malaise d’un des danseurs va pousser le jeune homme à faire ses débuts sur scène. Sa sœur verra ça d’un mauvais œil, mais Mike lui promet de veiller sur lui.
Magic Mike est un film riche, mais un peu frustrant. Riche par la diversité des thèmes abordés. On y parle du monde du striptease et de la nuit, mais le propos est aussi social, avec un rien de romance. On est face à l’histoire classique d’un homme cherchant à échapper au destin auquel il semble promis pour accomplir son rêve. On y parle des stéréotypes qui collent à la peau et dont il est si difficile de se débarasser pour donner une nouvelle direction à sa vie. Bref, beaucoup de choses dans un seul film.
Le tout donne un scénario cohérent et tout sauf ennuyeux. Mais il faut bien avouer qu’aucun des thèmes abordés ne l’est avec assez d’originalité et de profondeur pour vraiment donner un intérêt inoubliable à Magic Mike. Le film reste certes divertissant, mais on en ressort avec la forte impression qu’il y avait matière à un propos beaucoup plus percutant. La fin notamment est logique et sans surprise. Le thème prêtait vraiment à plus de provocation et de subversion. Certes, le rêve américain en prend un petit coup, mais la conclusion est quand même très attendue.
Un aspect de Magic Mike ne m’a évidemment pas vraiment touché. J’aime les belles choses en général, mais les hommes musclés quasi-dénudés ne m’émeuvent pas plus que ça. Il est évident que le public féminin sera beaucoup plus sensible à cet aspect du film. Bon, Steven Soderbergh n’en rajoute pas non plus, on n’est pas dans un film de danse, mais il nous offre un large aperçu de ce dont ces messieurs sont capables… Et c’est vrai que c’est parfois impressionnant et m’a donné envie de me remettre à ma musculation aussi sec…
Si les stripteaseurs de Magic Mike sont de vrais gogo-dancers, aux mouvements sexuellement explicites, ils bénéficient tout de même du magnifique sens de l’image de Steven Soderbergh. Du coup, c’est presque beau… Bon, comme je l’ai dit, en tant que mâle, j’étais plus dans l’admiration que l’excitation, mais il faut avouer qu’on échappe largement à l’impression de vulgarité que ce genre de spectacle peut inspirer d’habitude. Le réalisateur nous offre dans ce film une image beaucoup moins travaillée que d’habitude et globalement la photographie reste sobre. Mais on retrouve quand même la pâte d’un très grand metteur en scène.
Ce film doit évidemment beaucoup à Channing Tatum, puisque ce film est directement inspiré de sa vie et qu’il a été à la base de l’idée de scénario. Il y livre surtout une performance étonnante à tout point de vue. Il fait preuve d’un talent de danseur assez phénoménal, mais prouve aussi qu’il peut être un acteur bien plus intéressant que ne laissent penser ses rôles habituels dans des films d’action. Certes, il ne sera jamais le comédien le plus expressif de la Terre, mais ce n’est pas qu’une montagne de muscles et une belle gueule. A ses côtés, l’autre bonne surprise du casting s’appelle Alex Pettyfer qu’on avait déjà aperçu dans Time Out.
Magic Mike est donc au final un film sans vrais défauts, mais qui ne va pas au bout de son sujet. Du coup, malgré les formidables acteurs et la caméra de Steven Soderbergh, on a bien du mal à vraiment s’enthousiasmer.
Fiche technique : Production : Iron Horse Entertainment, Extension 765, Nick Wechsler Productions Distribution : ARP Sélection Réalisation : Steven Soderbergh Scénario : Reid Carolin, sur une idée de Channing Tatum Montage : Steven Soderbergh Photo : Steven Soderbergh Décors : Barbara Munch Durée : 110 mn
Casting : Channing tatum : Magic Mike Matthew McConaughey : Dallas Olivia Munn : Joanna Alex Pettyfer : Adam James Martin Kelly : Sal Cody Horn : Brooke Matt Bomer : Ken Kevin Nash : Tarzan
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