ABRAHAM LINCOLN, CHASSEUR DE VAMPIRES : Mauvais nanar estival

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abrahamlincolnchasseurdevampiresafficheA première vue, le nom d’Abraham Lincoln n’évoque pas vraiment le monde du fantastique et encore moins, celui des vampires. Pourtant, comme dirait Alexandre Dumas, on peut violer l’histoire, du moment qu’on lui fait de beaux enfants. Je ne sais pas ce que vaut le roman de Seth Graham Smith, Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires, mais le scénario qu’il en a tiré n’a rien d’un rejeton à même de faire des jaloux.

Alors qu’il n’est qu’un enfant, le jeune Abraham Lincoln voit sa mère assassinée de manière mystérieuse par un créancier de la famille. Il grandit dans l’idée de se venger un jour. Au moment de passer à l’acte, il croise le mystérieux Henry Sturgess, qui finira par lui sauver la vie. En effet, l’adversaire auquel il s’est attaqué n’est pas un humain, mais un vampire. Il suivra alors l’enseignement de son sauveur pour apprendre toutes les manières de terrasser ces créatures démoniaques.

Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires sentait évidemment le nanar à plein nez. Mais venant du réalisateur du terriblement jouissif Wanted, on pouvait s’attendre à un bon moment de détente estivale. On était prêt à pardonner les invraisemblances, les faiblesses et le manque de psychologie. On se serait facilement montré indulgent, cherchant avant tout à se distraire et à mettre nos neurones au repos. Mais il y a des choses qui ont quand même du mal à passer.

La première d’entre elles est la piètre qualité des effets spéciaux. A l’heure du numérique, on s’est habitué à une quasi perfection, même dans des productions de seconde zone. Alors quand Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires, nous propose autant de séquences bâclées visuellement, toute mansuétude est impossible. C’est tout simplement mal fait et nous rappelle au mieux les années 90. Et encore, même à cette époque, on voyait des travaux bien plus convaincants. Cela annihile totalement toutes les bonnes volontés affichées par Timur Bekmambetov, notamment cette scène de poursuite au milieu de centaines de chevaux lancés en plein galop. Cela aurait du constituer le moment de bravoure original et jouissif de ce film. Au final, on a droit à un moment tout simplement risible.

Timur Bekmambetov n’a jamais fait dans la dentelle et la subtilité. Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires n’échappe pas à la règle. Mais là, où les ralentis avaient toute leur place dans un Wanted, il en use et abuse dans ce film, sans que cela n’apporte quoique ce soit. Au contraire, cela ressemble vite au tic d’un réalisateur sans inspiration. Il n’est pas aidé non plus par une 3D qui ne présente aucun intérêt. Les quelques effets « sortie de l’écran » font même ressembler parfois ce film à ceux que l’on trouve dans les parcs d’attraction de seconde zone !

abrahamlincolnchasseurdevampiresAprès, je ne peux qu’admettre que je ne me suis pas du tout ennuyé devant Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires. Le scénario est rythmé et assez divertissant. Ca reste basique, sans aucune profondeur, ni de réelles surprises, mais assez riches en péripéties et scènes d’action pour qu’on ait peu de chances de s’assoupir. Mais bon, on est quand même rarement enthousiaste et surtout le film nous fait sourire de manière le plus souvent involontaire.

Le casting est ni bon, ni mauvais. Tout le monde s’acquitte de sa performance de manière professionnel. Si Benjamin Walker ne recevra pas d’Oscar pour ce faux biopic, mais il arrive tout de même à incarner physiquement un personnage historique aussi célèbre. A ses côtés, Dominic Cooper et Rufus Sewel ne forcent pas non plus spécialement leur talent.

Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires, est donc bien une série B, comme prévue. Mais une mauvaise série B. Et ça, c’est beaucoup plus décevant !

Fiche technique :
Production : Abraham Productions, Bazelevs production, Tim Burton productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Timur Bekmambetov
Scénario : Seth Grahame-Smith, d’après son roman
Montage : William Hoy
Photo : Caleb Deschanel
Décors : François Audouy
Musique : Henry Jackman
Directeur artistique : Beat Frutiger
Durée : 105 mn

Casting :
Benjamin Walker : Abraham Lincoln
Dominic Cooper : Henry Sturges
Anthony Mackie : Will Johnson
Mary Elizabeth Winstead : Mary Todd Lincoln
Rufus Sewell : Adam

LA LOI DE LA PLUS FORTE

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juliebressetCertains commentateurs, et surtout consultants, possède l’incroyable capacité à nous expliquer inlassablement que les athlètes français font exprès d’être largués en début de course parce qu’ils se réservent pour la seconde partie. Notamment dans la piscine, combien de fois avons-nous eu droit à ce fameux « très bon retour » censé permettre au nageur tricolore de remonter tous ses adversaires, qui avaient l’idée saugrenue de partir vite dès le début ? Evidemment, la fameuse remontée ne venait jamais. A ce niveau, si on veut arriver en tête, il faut être devant dès le début.

C’est exactement ce qu’a fait notre VTTiste, Julie Bresset. Après un bon départ, elle a très vite pris la tête, semé ses deux collègues qui lui suçaient la roue (bien aidé par une chute, certes) pour filer tranquillement vers une médaille d’or que personne ne pu lui contester. L’année dernière, elle roulait en espoir, mais aujourd’hui, elle ne s’est pas demandée si elle était trop jeune pour avoir le droit de gagner. C’est ce qu’on appelle une championne, statut que ne possède pas bon nombre des sportifs français que les commentateurs nous ont survendus tout au long de cette quinzaine olympique (nouvel exemple ce matin avec nos céistes-kayakistes).

Pour cause de départ en rase campagne, je ne pourrai pas écrire la 16ème et ultime chronique. Mais si je devais essayer de l’imaginer par avance, j’aimerais annoncer une dernière journée historique avec le triple sacre de nos handballeurs, de Julien Asbalon et de Amélie Cazé. J’ai toute les chances de me tromper, mais qui sait !

LA SOIREE DES HOMMES VOLANTS

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renaudlavillenieLa semaine de la loose semblait se poursuivre pour la France avec le bide du BMX, qui, selon certains, devait nous rapporter plus de médailles qu’il y en avait à distribuer et qui s’est finalement terminé par un beau festival de chutes. Elle semblait définitivement engagée quand deux Allemands paraîssaient décidés à priver Renaud Lavillenie du titre olympique qu’il méritait. Puis, alors que tout espoir semblait perdu, sur un dernier essai, il s’est envolé !

Ce sacre est particulièrement savoureux pour quatre raisons. Déjà, parce qu’il est amplement mérité, car acquis à 5m97, hauteur qui vous pose un perchiste. Il n’a donc rien à voir avec le jeu des essais et des impasses, qui fait de la perche une discipline parfois très aléatoire. Ensuite, parce qu’il vient couronner un sportif très performant, dominant largement la perche mondiale depuis le début de l’olympiade, mais qui avait tendance à coincer dans les grands rendez-vous. Avec ce titre olympique, il a acquis définitivement un statut de très grand champion. Puis, parce que cette médaille d’or vient après une semaine de disette pour la France. On fera moins bien qu’à Pékin au nombre total de médailles. Par contre, on devrait atteindre la dizaine de titres suprêmes (on en est à 9), nous permettant quand même de considérer ces Jeux comme réussis pour notre pays. Enfin, parce qu’une grande nation de sport se doit de remporter au moins un titre en athlétisme, le sport roi des Jeux car universel dans les nationalités et les morphotypes.

Mais à la suite de Renaud Lavillenie, d’autres Français ont atteint les cieux. Certes, ils leur restent encore une marche avant le paradis, mais toute la France est heureuse d’avoir retrouvé ses Experts. Franchement, on avait de grosses raisons de croire en leur déclin. Il est sûrement proche, mais on peut compter sur eux pour qu’il ne commence que lundi. Remporter une deuxième médaille d’or ferait d’eux une équipe définitivement légendaire.

Même si certaines disciplines traditionnellement fortes dans notre pays (escrime, voile, équitation…) ont quelque peu failli, la présence de deux équipe de sport collectif en finale des Jeux prouve quand même la bonne santé du sport français. Et ça, c’est une bonne nouvelle !

UN ECLAIR DANS LE BROUILLARD

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equipedefrancebasketDepuis, quelques jours, le clan français a bien des raisons de faire grise mine, après une première semaine euphorique. On voulait croire au miracle, mais objectivement, on savait que Christophe Lemaître ne pourrait jouer ses chances pour une médaille sur 200m. Le tirage au sort lui a été deux fois incroyablement défavorable, tout d’abord en le plaçant dans la demi-finale la plus plus relevée, et de loin, puis en le plaçant au couloir le plus intérieur. Mais le hasard est parfois cruel. Vu ses problèmes de virage depuis le début de la compétition, cela ne pouvait être que rédhibitoire. On voulait y croire tout de même, mais ce genre de handicap est insurmontable à ce niveau-là.

Un proverbe anglais dit que celui qui se fait avoir une fois est une victime, celui qui se fait avoir deux fois est coupable. L’Equipe de France de football féminine nous avait tiré des larmes après leur cruelle défaite face au Japon. Mais renouveler ce scénario face à un Canada totalement largué en deuxième mi-temps ne laisse plus de place à la compassion. Tirer plus de 50 fois au but en deux matchs pour un seul but marqué n’est pas du malchance, c’est de la maladresse, pour ne pas dire de l’incompétence. Le football n’est pas un jeu qui consiste à se créer des occasions, mais à marquer des buts. Et dans ce domaine, les filles de Bruno Bini ont tout simplement échoué dans les grandes largeurs. Elles sont donc à leur place et ne peuvent certainement pas crier à l’injustice.

Heureusement, un éclair est venu percer le brouillard. Je n’oublie pas Marlène Harnois et sa belle médaille de bronze en taekwendo, mais je veux avant tout parler de cette formidable Equipe de France de basket. Les filles, contrairement aux garçons, n’ont pas le bras qui tremblent au moment décisif et humilier ainsi les Russes deux fois dans le même tournoi n’est pas un exploit mais la preuve d’une incontestable supériorité. Et que dire de la performance de Céline Dumerc qui peut être décrite par tous les superlatifs possibles, même les plus déraisonnables. Le basket féminin est le sport collectif français, derrière le handball masculin bien sûr, qui a les meilleurs résultats depuis vingt ans, sans que cela n’émeuve guère les médias. Espérons que cette médaille d’argent (oui j’aimerais croire à l’or, mais bon…) réussisse là où celle des garçons en 2000 n’avait pas réussi à créer la moindre dynamique.

Elles le méritent ! Bravo mesdames ! Bravo championnes !

LE RETOUR DE LA FRANCE ETERNELLE

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espagnefranceEn cette journée sans médaille pour le clan tricolore, il est temps de faire un peu de mauvais esprit. Car si le judo et la natation nous avaient fait espérer une moisson historique, il semble de plus en plus probable que le décompte des médailles sera au final en deçà des objectifs. Il est vrai que depuis Barcelone, on a toujours été gâté et on a un peu l’impression que notre pays peut toujours faire mieux, alors que la concurrence s’intensifie.

Depuis deux jours, les Français sont victimes de deux fléaux qui les ont toujours privés de titres qui leur tendaient les bras. Déjà cette saloperie de pression, qui visiblement s’exerce toujours plus fortement sur nous que sur les autres. Mais heureusement, nos champions ont souvent la grande excuse d’être jeune et de manquer d’expérience. On s’est extasié sur la médaille d’argent de Bryan Coquard en cyclisme sur piste acquise à seulement 20 ans… Quelle précocité ! Incroyable ! Formidable ! Sauf que le Hollandais, champion olympique, a exactement le même âge…

Aujourd’hui, le sommet a été atteint lorsque l’on a pu entendre que les Français avaient flanché sur la fin face aux Espagnols en basket, par faute d’un manque d’expérience. Sauf qu’on parle de sportifs quasi-trentenaires, qui jouent tous dans le meilleur championnat du monde et qui ont été champion d’Europe junior il y a dix ans. S’ils ne savent pas aborder un grand rendez-vous maintenant quand le sauront-ils ? S’ils ont objectivement livré un match remarquable, ils ont tout simplement flanché mentalement et le mental fait pleinement partie des qualités requises pour un compétiteur, surtout dans un sport d’adresse comme le basket. C’est exactement ce qui a frappé notre brave pagayeur ce matin ou nos cavaliers cette après-midi.

Mais les Français ont aussi été encore une fois victimes d’injustices, pour ne pas dire de vol. Depuis le France-Allemagne de Séville en 1982, une malédiction semble nous poursuivre. J’ai beau essayé de prendre du recul, tenté de regarder les choses objectivement, je n’arrive pas à me défaire de l’impression qu’on se fait beaucoup plus avoir que l’inverse. Allez, on va dire que nos basketteuses ont bénéficié d’une décision arbitrale très litigieuse à une minute de la fin, mais rien ne dit qu’elles n’auraient pas gagné sans cela. Mais le compte n’y est pas.

Quand une dizaine de joueuses de badminton font exprès de perdre leur match, on les exclut des Jeux Olympiques. Pas de chance, nous ne brillons pas spécialement dans cette discipline. Par contre, quand l’Equipe d’Espagne de basket le fait à notre détriment, il ne se passe que dalle. Quand un pistard anglais admet avoir triché, ce qui a peut-être privé les France d’une médaille d’or, rien ne se passe. Vive le fair-play britannique ! Quand à l’arbitrage de boxe, c’est toujours la même histoire.

Mais dans des Jeux Olympiques qu’on nous a volés, comment en aurait-il pu être autrement ? Le lobbying n’a jamais été notre fort, mais la défaite honorable oui ! On pourra peut-être nous rétorquer que l’on paye encore la main de Thierry Henry, mais je crois qu’avec notre Equipe de France de football en bois, on l’a déjà payée au centuple…

Mauvais perdant, moi ? Je ne vois pas ce qui peut vous faire dire ça !

DES LARMES AUX RIRES

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francerepubliquetchequeLes journées se suivent et se ressemblent à Londres. Une nouvelle fois, une équipe de France nous a donné des raisons de pleurer. L’élimination des handballeuses en quart de finale contre le Monténégro, après avoir mené toute la second période a un goût amer. Après qu’elles aient terminé première de leur groupe en battant deux favorites (Norvège et Coréé du Sud), on s’était mis à rêver d’un titre pour les filles d’Olivier Krumbholz. Elles n’auront même pas de médaille.

Si la défaite des footballeuses nous ont laissé un sentiment d’injustice, celle des handballeuses est dure à encaisseur mais la défaite est méritée. Certes, la gardienne adversaire a sorti un dernier quart d’heure sorti de nul part, mais autant d’échec est aussi forcément le signe d’une grande fébrilité. Les Françaises avaient les moyens de l’emporter, mais elles sont cédées sous le poids de l’évènement. On peut tout de même les féliciter pour la qualité de leur tournoi, mais avouons-le, on leur en veut un peu !

Mais deux heures plus tard, tout était oublié grâce à cette merveilleuse Equipe de France de basket et sa formidable capitaine Céline Dumerc, qui a une nouvelle fois marché sur l’eau pour nous proposer un improbable renversement de situation ! Mais comment ont-elles pu connaître une telle absence de quatre minutes en début de seconde mi-temps ? A début du dernier quart-temps, tout semblait encore perdu avant une remontée fantastique, un scénario que seul le basket peut nous proposer ! Cette fois, les larmes étaient chez l’adversaire (victime d’une erreur d’arbitrage à une minute de la fin, admettons-le) et c’est tant mieux !

Rendez-vous en demi-finale pour de nouveaux moments d’émotion !

THE DARK KNIGHT RISES : Trilogie conclue !

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thedarkknightrisesafficheEtre le grand favori aux Jeux Olympiques et triompher quand même n’est jamais facile. La faute à la pression tout ça, tout ça… Réaliser un film qui suscite une énorme attente de la part de millions de fans à travers le monde ne l’est pas non plus. On n’a pas le droit de se rater et on sait que son travail sera décortiqué à l’infini. Christopher Nolan en signant un chef d’œuvre en 2008 avec The Dark Knight était condamné à livrer un nouveau film de très haute tenue avec le troisième et dernier volet de sa trilogie consacrée à l’homme chauve-souris. The Dark Knight Rises répond à ces attentes… mais peut-être pas totalement.

Voilà huit ans que la paix règne à Gotham City depuis que Batman s’est accusé du meutre d’Harvey Dent et a disparu de la circulation. Bruce Wayne vit depuis reclus et diminué physiquement. Mais une nouvelle menace apparaît, en la personne du mercenaire Bane. Elle n’est pas prise au sérieux par la police locale, persuadée d’avoir définitivement mis le crime au pas. Le seul espoir réside alors dans le retour du héros masqué avant qu’il ne soit trop tard.

On peut difficilement contester que The Dark Knight Rises se situe quand même largement un ton en dessous de The Dark Knight. Evidemment, il est toujours dommage de juger un film en le comparant en tout point à un autre. Mais dans ce cas, c’est malheureusement relativement inévitable. Surtout que Christopher Nolan a vraiment cherché à unifier la trilogie et conclure les deux thèmes développés précédents épisodes. Il donne un sens à l’ensemble et c’est là un de ses plus grands mérites, au-delà des faiblesses dont il fait preuve. Les cinq dernières minutes sont notamment de toute beauté et nous offre une magnifique conclusion à toutes les péripéties vécues précédemment.

Le scénario de The Dark Knight Rises est à l’image de ce film. D’un côté, l’intrigue est solide et particulièrement prenante. Des rebondissements, de vraies surprises, des personnages dont l’épaisseur constitue un vrai plus. Et surtout une ambiance sombre et gothique à la hauteur du mythe de Batman. Mais à côté de ça, trop de détails clochent. Des incohérences, des éléments absolument pas crédibles font parfois sortir le spectateur de l’histoire et lui font lever un sourcil circonspect. Un seul exemple, qui ne révèlera pas trop de l’histoire. A un moment, alors que « les policiers sont traqués comme des chiens », le commissaire Gordon va chercher son adjoint… chez lui, où il est tranquillement avec sa femme… Ce n’est pas grand chose, mais le problème est que l’on peut multiplier ce genre de petites choses. C’est surtout très surprenant de la part des frères Nolan qui font partie des scénaristes les plus magistraux de l’histoire du cinéma.

On est aussi quelque partagé sur le message délivré par The Dark Knight Rises. En effet, il en délivre plusieurs assez contradictoires. D’un côté, le film peut apparaître comme une célébration de l’ordre policier contre l’anarchie. Le personnage de Bane est un terroriste qui se sert d’un message social pour arriver à ses fins. Cela fait passer le message « le pouvoir au peuple » comme un message subversif. Mais de l’autre, on a aussi un discours célébrant la désobéissance aux ordres et à l’autorité des institutions. Ce contraste est en lui-même intéressant, mais Christopher Nolan ne tire pas de conclusion. Ce n’est pas forcément le rôle d’un film comme celui-là, mais cela laisse un peu le spectateur sur sa faim.

Et comme on ne peut échapper aux comparaisons entre The Dark Kinght et The Dark Kinght Rises, on ne peut que souligner que Bane est quand même loin de posséder le charisme du Joker. Pour faire de ce genre de film un chef d’œuvre, il faut un héros mythique, mais aussi, et même surtout, un méchant qui soit à la hauteur. Il faut dire que le personnage incarné par le regretté Heath Ledger a mis la barre incroyablement haut et on pouvait difficilement imaginer que Christopher Nolan puisse renouveler l’exploit. C’est loin d’être le cas, même si des éléments sont intéressants, comme le fait que Batman fait face à un adversaire qui lui ressemble beaucoup plus que ses précédents.

thedarkknightrisesBon après, toutes ses considérations objectives, reste la vraie question : The Dark Knight Rises fait-il passer un vrai bon moment ? En effet, tous les défauts que j’ai cité précédemment ne sont pas forcément rédhibitoire pour un film quand même largement tourné vers l’action. Surtout que ce film bénéficie quand même d’un atout majeur et irremplaçable : la merveilleuse réalisation de Christopher Nolan qui n’a pas son pareil pour créer un univers et une ambiance. Il fait preuve de sa maîtrise artistique habituelle pour nous offrir un film magnifique visuellement. Que ce soit dans les scènes spectaculaires ou plus intimistes, il nous livre un travail remarquable de mise en scène et de photographie. Ceci explique largement la facilité avec laquelle on entre dans ce film et à quel point les 2h44 passent à une vitesse vertigineuse.

The Dark Knight Rises propose un casting impeccable. Christopher Nolan sait parfaitement diriger ses acteurs, même si c’est derniers sont toujours un peu écrasés par la démesure visuelle de ses films. Il n’y a pas ici de nouveau Heath Ledger. Tom Hardy a de toute façon du mal à être vraiment expressif, affublé ainsi d’un masque. Christian Bale est un peu froid et monolithique, mais c’est le rôle qui veut ça. C’est avant tout par les rôles féminins que le film se démarque. Si Marion Cotillard ne brille pas outre mesure, la vraie touche de charme vient d’Anne Hataway qui le grand mérite de camper une Catwoman très différente de son illustre modèle, jouée par Michèle Pfeiffer dans le film de Tim Burton.

Au final, The Dark Knight Rises ne déçoit pas, mais ne provoque pas un enthousiasme comparable à celui engendré par l’épisode précédent. Mais pour un film d’action, il reste une œuvre merveilleusement bien réalisée, malgré quelques faiblesses dans l’intrigue.

Fiche technique :
Production : Warner Bros Pictures, DC Entertainment, Legendary Pictures, Syncopy
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Christopher Nolan
Scénario : Christopher Nolan, Jonathan Nolan, d’après les personnages de Bob Kane
Montage : Lee Smith
Photo : Wally Pfister
Décors : Nathan Crowley, Kevin Kavanaugh
Musique : Hans Zimmer
Durée : 164 mn

Casting :
Christian Bale : Bruce Wayne, Batman
Tom Hardy : Bane
Anne Hathaway : Selina, Catwoman
Gary Oldman : Commissaire Gordon
Joseph Gordon-Levitt : Blake
Marion Cotillard : Miranda
Morgan Freeman : Fox
Michael Caine : Alfred
Matthew Modine : Foley

A PLEURER

francejapon

francejaponJusqu’à présent, nous avions eu beaucoup de raisons de sourire lors de ces Jeux Olympiques. Les exploits à répétition des nageurs et nageuses français resteront longtemps gravés dans nos mémoires. Mais les grands moments d’émotion sont parfois aussi des déceptions. La défaite de l’Equipe de France féminine de football en demi-finale du tournoi olympique en fait partie et laisse des regrets amers, même si la médaille de bronze reste à portée.

C’est la vie, le sport, le football… On peut répéter à l’infini tous les lieux communs du monde, cela n’effacera pas ce sentiment d’injustice. Bien sûr, les Japonaises n’ont rien volé et la chance fait partie du jeu, surtout en football. Les seules responsables de cette défaite sont bien sûr les joueuses françaises, victimes de défaillances individuelles. Le scénario est cruel, avec ce pénalty raté à quelques minutes de la fin, mais il a été écrit par les Bleues elles-mêmes. Mais on peut aussi retenir leur domination quasi absolue, le nombre incroyable d’occasions crées et leur combativité admirable. Dans un pays aussi en mal d’amour pour une équipe nationale de football, on a surtout envie dire à ces jeunes femmes qu’on les aime, qu’on les admire et qu’on ne leur en veut pas !

Ce sont elles les plus déçues ce soir. Mais les larmes qui ont pu couler chez les supporters sont de celles qui forgent les histoires d’amour entre une équipe et tout un peuple. On va donc les sécher rapidement pour être de nouveau derrière elles pour décrocher une médaille de bronze qui serait mieux qu’une consolation.

LA FOUDRE FRAPPE TOUJOURS DEUX FOIS

100m

100mOn avait des doutes… On n’en a plus ! Usain Bolt est le meilleur sprinteur du monde et sans doute désormais de l’histoire. Deuxième athlète après Carl Lewis a conservé son titre olympique du 100m, il a ajouté la manière à l’art. Il n’y a pas eu photo dans un chrono qu’on ne le voyait pas rééditer cette saison. Mais le génie est là, il est grand, il est absolu ! Il vient d’écrire une nouvelle page de la légende du sprint, de athlétisme, de l’olympisme et du sport en général. Une telle constance à un niveau si élevé pourrait banaliser l’exploit, mais la soirée d’aujourd’hui nous a montré qu’on en est heureusement encore loin !

Mais la plus belle image du jour reste un vainqueur et un dauphin dans les bras l’un de l’autre. Ezechiel Kemboi porté en triomphe par Mahiedine Mekhissi-Benabbad, voilà un beau moment d’amitié sincère et spontanée qui démontre qu’on peut être rivaux et entretenir des liens les plus cordiaux qui soient. C’est aussi une belle récompense pour un des athlètes français les plus injustement sous-médiatisés. Une deuxième médaille d’argent olympique qui lui offre déjà un des plus beau palmarès de l’histoire du sport français. Une telle régularité depuis 4 ans ne peut que provenir d’un incroyablement talent et ne doit certainement rien au hasard.

LE TENNIS BIEN A SA PLACE

LlodraTsonga

LlodraTsongaEvidemment, il serait de mauvais ton de cracher dans la soupe après les deux médailles du jour, mais à chaque JO revient toujours le même débat : le tennis a-t-il sa place aux Jeux ? Il en a été absent pendant de près de 60 ans et son retour au programme depuis 1988 s’est longtemps fait dans un relatif anonymat. Dans ce débat, je prendrai une position claire et nette. Pour moi la question est clairement oui !

Un des principaux critères pour qu’un sport ait droit de figurer au programme olympique est son universalité. Or le tennis est un sport pratiqué partout dans le monde. Certes, il compte peu de champions venus d’Afrique ou d’Asie, mais si on bouche le bouchon aussi loin, seul l’athlétisme serait autorisé. Et encore, si on le découpe épreuve par épreuve, cela n’est même plus vrai. L’autre argument qui veut que le tennis est déjà extrêmement médiatisé en dehors des Jeux est pour moi complètement idiot. Pourquoi les JO seraient-ils seulement l’addition de disciplines qui n’intéressent personne le reste du temps ?

Pendant longtemps, on pouvait certes arguer que l’épreuve n’intéressait guère les cadors de la discipline. Malgré toute l’affection que j’ai pour Marc Rosset ou Nicola Massu, il faut bien avouer que ce n’étaient pas des joueurs qu’on imaginait voir gagner un tournoi du Grand Chelem. Mais depuis deux Olympiades, la situation a bien évolué. Le dernier carré du Tournoi de Londres est là pour le prouver, tout comme le désarroi de Rafael Nadal à l’annonce de son forfait, qui l’a également privé de l’honneur d’être porte drapeau.

Si le tennis n’a pas sa place aux Jeux, que dire d’autres sports présents au programme depuis longtemps ? L’exemple le plus parlant est le handball, que l’on imaginerait mal voir quitter les JO. Pourtant, il ne concerne qu’un nombre très limité de nations, quasiment toutes européennes (c’est certes un peu moins vrai pour le handball féminin). Quant à la présence des stars, elle est acquise partout, comme en cyclisme. Qui imaginerait le cyclisme proposer une course espoir comme c’était encore le cas à Barcelone en 1992 ? Qui voudrait revoir débarquer une équipe américaine de basket composée de joueurs universitaires ?

En fait, le seul sport qui reste dans une situation rendant sa présence discutable est le football masculin. Proposer une compétition entre équipes espoir, renforcées par trois joueurs plus âgés est un peu ridicule et prive ce tournoi de tout intérêt, à part pour les nations engagées. Voilà donc le premier sport que j’éliminerai du programme, tout en gardant bien sur le tournoi féminin.

L’arrivée au programme en 2016 du rugby (même si c’est à 7) et du golf va encore faire couler beaucoup d’encre. Personnellement, je suis extrêmement favorable à l’arrivé de tous les grands sports, même si dans le cadre du rugby, on peut franchement discuter de son universalité. Les JO ne sont pas un lot de consolation pour des sports comme le trampoline, la GRS ou le BMX, que l’on regarde un œil amusé, pour ne pas dire condescendant. C’est là que s’écrit la légende du sport universel, sûrement le seul moment où se construit réellement une identité culturelle commune à toute l’humanité.