En 2009, j’écrivais : « D’un côté, Teddy Riner, 20 ans qui vient de conquérir le plus tranquillement du monde son troisième titre de champion du monde de judo. Tellement tranquillement qu’on est déjà en train de s’interroger pour lui sur les prochains challenges qui pourraient le motiver. Certes, d’ici 2012, on est tranquille, Teddy Riner restera sur les tatamis pour conquérir l’or olympique, après son « échec » tout relatif de Pékin. Evidemment, rien ne dit que l’année prochaine un champion de même envergure que lui ne surgira pas pour le mettre en difficulté. En attendant, à un âge où bien des sportifs sont encore affublés du titre d’espoir, Teddy Riner aura été ce que tout sportif aspire à être. Le meilleur, sûr de sa force et dominateur ! »
Le champion de son envergure n’est pas venu et on se demande désormais si cela est seulement envisageable. Sa médaille d’or a été acquise avec une incroyable facilité. Ses adversaires n’ont même pas vraiment essayé, se contentant d’éviter un ippon trop rapide. Comme si se tenir sur le tatami avec lui était déjà un honneur. Un sport de combat se gagne aussi forcément dans le respect qu’on impose à ses adversaires. Teddy Riner est un tel champion, un géant, un titan que ses combats sont déjà presque gagné d’avance ! A 23 ans, si l’envie est encore là, il est peut-être parti pour se forger un palmarès hors du commun. Et quand on pense qu’il a un peu bêtement perdu l’or à Pékin…
Papa et maman Manaudou peuvent être fiers de leur progéniture. Ils ont peut-être été attristés de certains commentaires un peu idiots sur les performances de Laure dans ces Jeux. Mais ce soir, tout cela est effacé par ce titre aussi beau qu’inattendu. Une nouvelle belle histoire improbable, même si la génétique a forcément joué un rôle. Cela vient au bout d’une incroyable semaine pour la natation française. La dynamique d’équipe pousse chacun et donne la confiance qui permet de se dépasser. Mais sans talent, tout cela ne servirait pas à grand chose. Et celui de Florent Manaudou est immense à un âge où une carrière ne fait que commencer.
Un mot enfin pour saluer le carton plein des sports collectifs, en particulier féminin ! En se qualifiant pour les demi-finales, les footballeuses confirmant ainsi que leur Coupe du Monde n’était pas un accident et qu’elles font bien partie des 4 meilleures équipes du monde.
Il était venu pour entrer définitivement dans la légende olympique. Dans l’absolu, il y était arrivé, devenant l’athlète ayant remporté le plus de médailles dans l’histoire. Mais la manière n’y était pas. Il manquait un titre en individuel pour que Michael Phelps ne nous laisse pas sur une impression mitigée. Les premières courses l’ont clairement montré sur le déclin laissant à Yannick Agniel et Ryan Lochte le titre de roi de ces Jeux en natation. Mais un tel champion ne pouvait finir ainsi ! En remportant le titre du 200m 4 nages, il a rappelé au monde entier qui il était !
Cependant… oui car quand il s’agit de Michael Phelps, j’ai quand même une grosse réserve à formuler, qui est à mon sens totalement passée sous silence. Il existe une énorme différence entre lui et Mark Spitz, qui était précédemment considéré comme le plus grand nageur de l’histoire. En effet, ce dernier a remporté le titre phare, à savoir le 100m nage libre. Michael Phelps ne s’y est jamais frotté. Cela lui aurait demandé sûrement un travail trop spécifique, qui l’aurait éloigné de ses objectifs. Je regrette vraiment qu’il ait préféré le quantité à la qualité, dominant outrageusement des épreuve qui, avouons-le, n’intéresse pas grand monde. Or, à l’occasion de certains relais, il a prouvé que le potentiel était là. Faire du 100m son ultime défi aurait été pour moi la marque d’un vrai champion…
Michael Phelps se moque évidemment bien de mes réserves. Il a 20 médailles olympiques, 15 titres… Moi aucune… Alors des fois, je me dis que je ferais mieux de me taire…
Roschdy Zem semble avoir un physique de policier. En effet, il ne semble plus possible de réaliser un polar en France sans en faire le personnage principal. Après Go Fast et Une Nuit, voici Mains Armées, où il campe un inspecteur de police pris entre enquête et problèmes de famille. Un film ultra classique, tel que le cinéma hexagonal en a produit tant. Mais cela reste une spécialité locale et le résultat se montre encore une fois tout à fait digeste.
L’inspecteur Skali enquête avec son équipe basée à Marseille sur un trafic d’armes volées à l’OTAN en ex-Yougoslavie et dont on a retrouvé la trace dans plusieurs braquages. Pour poursuivre leurs investigations, ils se délocalisent à Paris. Afin de suivre une des pistes, il contacte Maya, sa propre fille, elle aussi dans la police, mais qu’il a abandonnée avant sa naissance. Des retrouvailles qui ne sont pas uniquement professionnelles.
Mains Armés est un film noir à la française. Une enquête qui sert de fil rouge, mais une intrigue qui s’intéresse avant tout aux personnages qui la mènent. L’équilibre entre les deux est capital pour assurer la réussite d’une telle histoire et celui de ce film est parfait. Des scènes à d’action policières, des pistes, des vraies, des fausses, des rebondissements, des tensions dans les équipes, un vilain à coincer… Bref, tous les ingrédients sont là…
Mains Armés repose beaucoup sur ses personnages. Ils sont plutôt réussis et cela contribue fortement à la réussite de ce film. On s’y attache assez facilement, même si ce sont de vrais archétypes. Certes, la relation père-fille compliquée n’est pas d’un intérêt fabuleux, mais elle est néanmoins parfaitement exploitée pour enrichir et faire avancer l’intrigue. Encore une fois, aucun élément de ce film n’est vraiment original, mais tout s’articule parfaitement bien. C’est en ça que l’on apprécie grandement le spectacle offert, au-delà de la légère impression de déjà-vue.
Pierre Jolivet a toujours réalisé des films plutôt populaires et souvent bien foutus. Mains Armés se situe dans cette droite lignée, puisque le film est plutôt rythmé et efficace. Certes son œuvre ne dégage pas une forte personnalité, mais on passe souvent un bon moment. Au moins, a-t-il mis son talent au service d’histoires très variées, du polar à la comédie romantique, avec la même réussite. Ses films ne bénéficient pas de la même promotion qu’une production Besson, mais rivalisent largement avec n’importe laquelle de ces dernières.
Artistiquement, Mains Armés est donc plus efficace que véritablement abouti. Mais la réalisation est tout simplement au service de l’intrigue et de l’interprétation. Une sobriété qui n’a cependant rien à voir avec un aspect « téléfilm » que peuvent parfois revêtir certains longs métrages français. Pierre Jolivet nous propose du cinéma direct et sans fioriture, mais du cinéma quand même.
Les deux interprètes principaux tiennent parfaitement leur rôle. Ce n’est vraiment pas étonnant de la part de Roschdy Zem qui est déjà à la base un grand acteur et qui, on l’a vu, est ici dans son élément. Leila Bekhti est elle-aussi un niveau, malgré quelques maladresses. Elle explore un registre assez nouveau pour elle et confirme ainsi tout son potentiel. On attend avec impatience de la voir dans un grand rôle. A noter également l’apport de Marc Lavoine, donc le personnage est sûrement celui qui possède la personnalité la plus intéressante.
Mains Armés n’a donc rien d’inoubliable et brille pas par son originalité. Mais il reste une production solide et tout à fait divertissante.
Fiche technique : Production : Mars Films, 2 4 7 Films, France 2 Cinéma Distribution : Mars distribution Réalisation : Pierre Jolivet Scénario : Pierre Jolivet, Simon Michaël Montage : Jean-François Naudon Photo : Thomas Letellier Décors : Denis Seiglan Musique : Sacha Sieff Costumes : Chloé Lesueur Durée : 105 mn
Casting : Roschdy Zem : Lucas Skali Leïla Bekhti : Maya Dervin Marc Lavoine : Julien Bass Nicolas Bridet : Simon Nina Meurisse : Juliette Eric Bougnon : Melik Adrien Jolivet : Hector Cyril Gueï : Benji Marilyne Canto : Brigitte
A chaque édition des Jeux Olympiques, la France sait qu’elle peut s’appuyer sur deux sport qui fournissent toujours un contingent de médailles important pour notre pays. L’escrime et le judo ont toujours fait partie de nos points fort et ces olympiades le confirme… ou pas. La médaille d’or de Lucie Décosse se situe donc dans cette tradition. La déroute de nos escrimeurs beaucoup moins.
Le couronnement de Lucie Décosse est celui d’une immense championne. Un énorme palmarès : 3 fois championne du monde, 4 fois championne d’Europe, elle avait remporté l’argent à Pékin. Elle semblait donc promise à ce titre suprême. La maîtrise avec laquelle elle a remporté tous ces combats, toujours dominatrices, démontre incontestablement qu’elle était la plus forte et ne pouvais que l’emporter. Une grande favorite au rendez-vous, ce n’est pas forcément ce qu’on voit le plus dans ces JO surprenants. Si Teddy Riner écrase un peu la discipline médiatiquement, Lucie Décosse mérite également largement un vrai statut de star.
L’escrime est de loin la discipline qui a remporté le plus de médailles à la France dans l’histoire de l’olympisme. Plus d’une centaine. Mais on est cette fois bien parti pour un zéro pointé. Certes, on s’attendait à des JO difficiles puisque les résultats ont rarement été brillants depuis quatre ans, mais certainement pas à un tel fiasco. La faute à une génération moins brillante que le précédente (on peut difficilement incriminé les maîtres d’arme), mais aussi à une internationalisation de la discipline. On voit désormais sur les podiums des athlètes venus ailleurs que l’éternel quatuor France-Hongrie-Italie-Russie. Et c’est tant mieux, même si c’est à nos dépends !
Il ne faut jamais envoyer un champion à la retraite trop tôt. Voilà encore un lieu commun ! Mais ce qu’il y a de bien avec les lieux communs, c’est qu’il se vérifie quand même souvent. Il y a quatre ans, les JO de Pékin avait ressemblé à une tournée d’adieu pour Tony Estanguet. Porte drapeau, il avait été éliminé en demi-finale et on se disait alors que tout cela avait un goût de tour d’honneur pour le double champion olympique.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on s’était bel et bien trompé. En remportant un troisième titre olympique sur trois olympiades différentes, il est entré dans l’histoire du sport français et signé un exploit rare. Surtout que sa discipline est à la fois technique et physique et ne laisse aucune place à l’erreur. Une porte de ratée et on abandonne toute chance de médaille. La maîtrise avec laquelle il a dominé cette finale fut tout réellement sidérante, donnant l’impression que Tony Estanguet dominait les flots. Loin du sport spectacle, en toute humilité, il est tout simplement le champion ultime, celui auquel la victoire semble s’offrir de manière inexorable.
Les grands champions ne meurent jamais ! En voilà un nouveau lieu commun ! Mais il ressemble aujourd’hui un peu plus à une vérité historique.
Seule la victoire est belle, qu’importe la manière. De ce soir, on retiendra surtout la médaille d’or sur 200m nage libre de Yannick Agnel. Qu’il ait gagné avec près de deux secondes d’avance restera une simple anecdote. Mais après sa remontée fantastique lors du dernier relais du 4x100m, le nageur a réalisé une performance incroyable et s’ouvre des perspectives qui donnent déjà l’eau à la bouche. Car le voilà grand favori de la distance reine, le 100m. S’il remportait une troisième médaille d’or, jeudi soir, il deviendrait en l’espace de quelques jours un de plus grands sportifs de l’histoire de notre pays.
La natation a longtemps apporté à notre pays une longue litanie de déceptions. Les trois médailles de bronze de Barcelone étaient alors considérés comme une performance historique. Puis vint le 0 pointé à Atlanta qui décida le DTN à prendre les mesures drastiques pour faire progresser la natation française. Roxana Maracineanu, puis Laure Manaudou et enfin Alain Bernard ont entraîné dans leur sillage toutes une génération qui est en train de déferler sur la natation mondiale.
Yannick Agnel a le potentiel pour devenir une immense star. Car en plus d’avoir écrasé la finale du 200m, il faut quand même rappeler qu’il était le plus jeune participant de la finale. Il pourrait connaître le parcours que Laure Manaudou n’a finalement pas connu, ne s’étant jamais remise de sa rupture avec Philippe Lucas alors qu’elle était au sommet. On peut désormais espérer le voir devenir une star mondiale, marquant durablement l’histoire d’un de deux sports olympiques phare, statut acquis par la seule Marie-Jo Pérec.
Le nageur niçois ne sera sûrement jamais Mark Spitz ou Michael Phelps. Mais il a les moyens de devenir l’égal d’un Alexandre Popov ou d’un Peter Van Den Hoogenband. Bref, une légende… Celle de Yannick Agnel reste encore largement à écrire. Mais les premiers chapitres sont prometteurs !
Tous les artistes parlent toujours un peu d’eux-mêmes à travers leurs œuvres. Pour certains, c’est tout à fait évident. Pedro Almodovar en est sûrement un des exemples les plus évidents. L’ambiguïté sexuelle et de genre, les rapports parentaux complexes peuplent son œuvre et font forcément écho à des éléments de sa propre existence. De toute façon, peut-on réaliser un film intitulé Tout Sur Ma Mère sans y mettre un peu de soi ?
Manuela vit seule avec son fils. Elle a toujours refusé de lui parler de son père mais s’apprête, pour son anniversaire, à lui révéler qui il est réellement. Elle n’en aura pas l’occasion car il meurt fauché par une voiture. Sa mère va alors quitter Madrid pour Barcelone, sur les traces de sa propre jeunesse, pour retrouver son père et lui révéler le décès d’un fils qu’il ignore avoir.
Pour beaucoup, et moi y compris, Tout Sur Ma Mère est le plus beau film jamais réalisé par Pedro Almodovar. Peut-être parce que c’est celui qui parle le plus de ses thématiques récurrentes et, on peut le supposer, celui dans lequel il a mis le plus de lui même. Une œuvre qui dégage une incroyable émotion, dépassant la simple fiction aux personnages torturés, pour nous offrir un grand moment d’humanisme. Même si les circonstances et les évènements sont quelques peu exceptionnels, il y a forcément des éléments de cette histoire qui parle à chacun d’entre nous.
Si le point de départ de Tout Sur Ma Mère est le plus dramatique qui soit, la perte d’un enfant, le film n’est jamais sinistre. Il ne s’agit pas d’un film sur la mort, même pas vraiment sur le deuil, mais parle bien de la vie, de la manière dans notre existence est marquée par nos passions et notre amour, qu’il soit charnel ou familial. Tous les personnages de ce film nous font partager leurs émotions. Cependant, même quand elles sont plutôt négatives, on les ressent comme des éléments qui forgent qui ils sont vraiment et qui leur permettent d’avancer.
De plus, Tout Sur Ma Mère est plein de cet humour si particulier de Pedro Almodovar. Ce dernier possède un recul sur sa propre création, apporte cette pointe de dérision qui montre qu’il ne se prend jamais tout à fait au sérieux. On est loin d’une description du malheur qui se renfermerait sur lui-même. Non, la vie est fait de larmes et de rires et parler de l’un sans l’autre n’a pas vraiment de sens et enlèverait toute sa force à l’histoire.
Tout cela permet au spectateur de ressentir une incroyable tendresse pour l’ensemble des personnages. C’est ainsi que l’on arrive à vraiment et totalement entrer dans l’histoire, à partager les sentiments et les émotions. Pedro Almodovar nous invite à partager son propos et ne se contente pas de nous l’exposer de manière académique. Certes, certains protagonistes sont hauts en couleur, mais son étonnamment proches de nous, nous démontrant à chaque fois que la notion de différence n’a guère de sens.
Comme à son habitude, Pedro Almodovar dirige dans Tout Sur Ma Mère un formidable casting. Il fait partie de ces réalisateurs qui subliment le jeu de leurs comédiens. Cecilia Roth est absolument fabuleuse de justesse et d’émotion. A ses côtés, deux grandes étoiles du cinéma espagnol brillent de mille feux : la sublime Marisa Paredes et Penelope Cruz, qui était alors très jeune.
Tout Sur Ma Mère est un chef d’œuvre du cinéma européen. Bouleversant, triste et drôle, il délivre un flot ininterrompu d’émotions pour un film passionnant.
Fiche technique : Production: El Deseo Filmes, Pathé, Renn Productions Réalisation: Pedro Almodovar (Talons Aiguilles, En Chair et en Os) Scénario: Pedro Almodovar Photo : Alfonso Beato Musique : Alberto Iglesias Son : Miguel Rejas Montage : Jose Salcedo (100 mn)
Casting : Cecilia Roth : Manuela Marisa Parédès : Huma Rojo Penelope Cruz : Hermana Rosa Antonio San Juan : Agrado Eloy Azorin : Esteban
Il y a quatre ans, je m’étais levé au beau milieu de la nuit pour regarder le relais 4x100m de natation. A l’époque, on espérait une médaille, voire même, l’or mais sans trop oser y croire. Puis la course commença et tous s’enchaîna comme dans un rêve. Seul dans mon salon, à 4h du matin, je commençais à sauter d’enthousiasme. Alain Bernard, le meilleur sprinteur au monde, prenait son relais, le dernier, avec une véritable avance. Plus rien ne pouvait nous arriver, la course était gagnée… Et pourtant…
Ce moment-là fut un des plus forts que je n’ai jamais vécu grâce au sport, même si ce fut dans la déception. Jamais je n’oublierai les émotions vécues cette nuit-là et revoir cette course continue de me faire quelque chose. Ce soir, je viens de vivre une émotion comparable, mais dans le sens inverse. Et c’est évidement tellement meilleur. Car ce sentiment de revanche décuple la joie procurée par cette médaille d’or. Cette réécriture de l’histoire, avec ce scénario inversé, a quelque chose de « trop beau pour être vrai ! ». Un enchaînement des évènements comme seul le sport peut en proposer et qu’on oserait imaginer si on devait les écrire à l’avance. C’est juste le pied absolu !
Voilà ce soir, j’ai sauté comme un con tout seul dans mon salon ! J’ai crié sûrement assez fort pour que mes voisins soient au courant ! Et quelques larmes étaient au bord des yeux ! Surtout que cela vient avec une très belle journée de sport avec ces trois autres belles médailles. Camille Muffat a réussi à remporter le titre en étant archi-favorite, ce qui n’est jamais facile. Cela peut passer pour un lieu commun, mais les résultats des épreuves de natation depuis le début de ces Jeux montre que la hiérarchie a vite fait d’être bousculée !
Les relayeurs français l’ont fait ! (mais ils sont où les Australiens?). Et putain, qu’est ce que c’est bon !
Si j’avais su, j’aurais pas venu… Voici ce que m’inspire les Kaïra, comédie française lourdingue que je n’ai pas vraiment apprécié. Pourquoi donc m’y suis-je rendu, alors que la bande-annonce et la promotion ne me donnait pas du tout envie ? Je me suis fié aux critiques très positives, pour ne pas dire élogieuses, qui ont piqué ma curiosité. Mais parfois, il faut savoir ne pas écouter l’opinion des autres…
Mousten, Abdelkrim et Momo sont trois losers dont la vie se limite à leur triste cité de Melun, où règne en maître Warner, un crétin absolu qui se prend pour Tony Montana. Ils sont surtout désespérément célibataire et commencent à être sérieusement en manque. Ils décident alors de se présenter à un casting pour tourner dans un film pornographique. Un seul problème, on leur demande une vidéo de démo…
J’avais pu lire que les Kaïra étaient une comédie à l’américaine, c’est à dire avec un humour très premier degré, mais surtout dix gags à la minute. Le problème, c’est que pendant une bonne heure, on est plutôt à un gag toutes les dix minutes. Peut-être qu’il y en a que je n’ai pas compris et donc même pas remarqué. Mais je crois simplement que le tout souffre d’un manque flagrant d’inspiration. C’est franchement poussif et la plupart des chutes sont totalement téléphonées. Sans parler de quelques gags pipi-caca d’un goût douteux. Et pourtant, il n’y a rien qui ne me fasse plus rire que les blagues de cul…
L’humour des Kaïra repose presque exclusivement sur les trois personnages. Le seul problème, c’est qu’on les connaît déjà pour les avoir vus de nombreuses fois à la télé. Ce n’est donc pas vraiment suffisant pour donner un réel intérêt à ce spectacle jamais surprenant. Franck Gastambide essaye bien de broder une histoire autour de tout ça, mais ça reste léger, trop léger. Ca manque franchement de consistance et c’est dommage car on s’attache quand même à ces trois compères qu’on aimerait voir autrement mis en valeur.
C’est vraiment dommage car la dernière demi-heure est elle bien meilleure. L’intrigue accélère enfin, les personnages évoluent un minimum et quittent la pure caricature. On laisse derrière soi la parodie un peu trop sommaire de la culture des banlieues pour délivrer un message plus subtil et faire sortir les personnages des lieux communs attendus où ils sont enfermés. Ces derniers prennent de l’épaisseur et ainsi s’achève le processus d’attachement qui nous permet d’apprécier pleinement un dénouement fort sympathique.
Parler autrement des banlieues est évidemment un but de la démarche des auteurs des Kaïra. Bien sûr, ce film est avant tout et presque exclusivement voué à nous faire rire, mais cherche tout de même à donner une image plus positive de ces quartiers, de cette culture. Bref, les cités de Melun sont des sujets de comédie comme les autres ! Je trouve que la démarche est vraiment ratée pendant les deux premiers tiers avant de se mettre à fonctionner sur la fin. Du coup, je suis sorti de ce film largement déçu, mais aussi un peu frustré en me disant que le tout aurait pu être facilement bien meilleur.
Le trio Franck Gastambide, Medi Sadoun et Jib Pochtier est égal à lui-même, tel qu’on peut le voir à la télé. Encore une fois, il n’y a aucune surprise à ce niveau-là, ce qui peut-être vu comme une force ou une faiblesse. Les Kaïra multiplie surtout les caméos. Si certains ne sont pas très convaincants comme François Damiens en producteur porno, on appréciera celui d’Eric Cantona et celui d’Elie Semoun, qui prouvent leur sens de l’auto-dérision. Et bien sûr le public averti sera ravi de voir sur grand écran Rocco Sifredi et surtout la belle et troublante Katsuni.
Les Kaïra cherche avant tout à faire rire et n’y réussit que trop rarement pour que l’on soit vraiment convaincu, malgré un dénouement plutôt sympathique.
Fiche technique : Réalisation : Franck Gastambide Scénario : Franck Gastambide Décors : Laurent Tesseyre Costumes : Sandra Berrebi Photographie : Antoine Marteau Montage : Véronique Parnet Musique : Sinik, Cheb Bilal et Big Ali Production : Éric Altmayer, Nicolas Altmeyer, Jean-Charles Felli et Christophe Tomas Société de production : Save Ferris/Mandarin Durée : 95 minutes
Casting : Franck Gastambide : Mousten Medi Sadoun : Abdelkrim Jib Pocthier : Momo Ramzy Bédia : Warner Alice Belaïdi : Kadija Pom Klementieff : Tia Demon One : Steeve Ismaël Sy Savané : Ismaël Annabelle Lengronne : Stay Sissi Duparc : Sylvaine Anouar Toubali : le mini-facteur Jérôme Paquatte : le videur du Pacha Club Doudou Masta : l’organisateur festival rap François Bureloup : Bernard Fatsah Bouyahmed : Roger Katsuni : elle-même François Damiens : Claude Fachoune, le producteur porno Éric Cantona : l’entraîneur de l’équipe de foot Elie Semoun : Lui même François Levantal : le vendeur sex-shop Armelle : Fille du casting pour les TTBM Alex Lutz : l’Egyptien partouze haut de gamme Kafka : le physio club branché Cut Killer : le DJ festival hip-hop Jean-Louis Barcelona : le physio club branché Mafia K’1 fry : eux même Rocco Siffredi : lui-même
Je ne sais pas si c’est le discours de Jacques Rogge qui les a inspirées, mais les joueuses des Equipes de France engagées aux JO nous ont offert hier soir un triple bonheur particulièrement réjouissant. Une victoire attendue, celle des footballeuses contre la Corée du Nord, une espérée, celle des basketteuses contre le Brésil et enfin une immense performance avec celle acquise contre les championnes du monde norvégiennes en handball. Ce magnifique triplé met en avant un sport collectif féminin qui a bien du mal à exister médiatiquement dans notre pays.
Si le sport féminin tricolore nous a donné certaines des athlètes les plus populaires, Kiki Caron et Colette Besson hier, Marie-Josée Perec, Amélie Mauresmo et Laure Manaudou plus récemment, les équipes collectives ont souvent évolué dans un grand anonymat. Pourtant les résultats sont là ! Les basketteuses ont été deux fois championnes d’Europe en une décennie, quant les handballeuses ont même été championnes du monde. Et ne parlons même pas des clubs qui, même quand Bourges et Valenciennes dominaient outrageusement le basket européen, avaient droit au mieux à une citation.
On peut pourtant espérer que les choses changent… Les footballeuses en tout cas sont en train d’obtenir une popularité jusqu’alors inconnue pour une équipe tricolore féminine. Il est encore trop tôt pour savoir si elle va continuer à croître dans la durée ou si elle bénéficie simplement de la double conjoncture de bons résultats et d’une équipe masculine plus impopulaire que jamais. Reste aussi à savoir si cette popularité va rejaillir sur les autres sports collectifs…
Cette première journée d’hier fut aussi marquée par le titre olympique d’Alexandre Vinokourov. Une victoire qui me procure un sentiment mitigé. Ce que j’ai peu aimer ce coureur ! Toujours à l’attaque, constamment offensif, il a fait preuve tout au long de sa longue carrière de ce panache qui fait la marque aujourd’hui d’un Voeckler. De plus, ses initiatives spectaculaires étaient souvent couronnées de succès. On se souvient notamment de sa superbe victoire sur les Champs Elysées. Mais le champion faut aussi suspendu pour deux ans pour dopage, jetant une inévitable suspicion sur ses performances. Son titre olympique, acquis à 38 ans, le fut-il à l’eau claire ? Mais après tout qu’importe, car s’il a gagné, c’est tout simplement parce qu’il a osé attaquer quand les autres restaient le cul sur leur selle. Pour ça, merci Monsieur Vino !
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