On l’oublie peut-être quelque peu, mais Steven Soderbergh est un personnage historique du 7ème art. En effet, son film, Sexe, Mensonges et Vidéo en remportant la Palme d’Or en 1989 a brisé la mainmise complète d’Hollywood sur le cinéma américain. De nombreux réalisateurs se sont depuis engouffrés dans la brèche, au premier rang desquels Quentin Tarantino. Mais tourner loin de Los Angeles ne signifie pas que l’on ne cherche pas à gagner de l’argent avec un cinéma « commercial ». Soderbergh, comme un certains nombres de réalisateurs d’Outre-Atlantique, doit alterner des films d’auteur, comme son (chiantissime) Che, avec des œuvres aptes à séduire un large public pour conserver le soutien de ses producteurs. Son dernier film, Piégée, fait incontestablement partie de la seconde catégorie avec un polar classique, rythmé et loin d’être désagréable.
Dans un café quelque part aux Etats-Unis, Mallory reçoit une visite visiblement inopportune. La rencontre va se terminer en un combat violent entre deux professionnels surentraînés. La jeune fille finira par s’enfuir et forcer un des clients à la conduire chez son père, au Nouveau-Mexique. Elle va en profiter pour lui raconter son histoire, commencée à Barcelone, lors ce qui semblait être une mission comme une autre.
Le scénario de Piégée est l’archétype du scénario de polar moderne. Un film qui commence par une scène située au milieu de l’intrigue, qui enchaîne ensuite les flashbacks, avant de reprendre un cours plus linéaire. Une construction qui n’a donc plus rien d’originale, tant elle est utilisée de manière quasi systématique désormais. Pourtant, commencer une histoire par le début n’a rien d’illogique… ni de ringard de moins point de vue. Mais ce n’est que le mien…
De toute façon, tout cela ne change pas le fond de cette histoire de trahisons multiples, avec le traditionnel qui trahit qui et pourquoi. Pas de surprise donc, mais une intrigue assez bien foutue pour être à la fois claire et proposer un suspense qui tient la route. Si la trame est sans surprise, la narration n’en est pas pour autant cousue de fil blanc et on se laisse porter de bout en bout. Surtout que le tout est rythmé et alterne les avancées narratives avec les passages d’action pure. Ces derniers rappelleront des souvenirs à tous les anciens fans de la série Alias, puisque la jeune femme prend un malin plaisir à dérouiller des hommes qui font une bonne tête de plus qu’elle.
Le petit élément en plus de Piégée reste quand même le formidable sens de l’image de Steven Soderbergh. Le travail de photographie et de cadrage, de montage montre qu’on a un vrai réalisateur derrière la caméra. On est loin d’un clip vidéo donnant mal à tête, alors que le scénario s’y prêtait pourtant. On peut comparer ce film avec Salt, avec Angelina Jolie, au scénario quelque peu similaire, mais réalisé par Philipp Noyce, qui n’a a peu-près fait que cela de sa vie artistique.
La grande star de ce film reste la belle Gina Carano qui fait une entrée très remarquée dans le monde du film d’action. Elle n’a rien à envier à Jennifer Garner, voire même la bat à plate couture en terme de sex-appeal. A ses côté, un casting masculin très prestigieux, et très européen, qui montre à quel point Steven Soderbergh fait partie de ces réalisateurs avec lesquels les acteurs on envie de tourner : Ewan McGregor, Michael Fassbender (toujours aussi génial!), Matthieu Kassovitz et Antonio Banderas. A cela s’ajoute deux Américains : l’éternel Michael Douglas et le jeune et très musclé Channing Tatum. Tout ce petit monde est particulièrement bien dirigé par ce grand monsieur du cinéma.
Piégée souffre donc d’un manque d’originalité d’un scénario cependant divertissant et rythmé. Cependant, la qualité de la réalisation et du casting permet de passer définitivement un bon moment.
Fiche technique :
Production : Relativity media, Lionsgate, Irish Film Board
Distribution : UGC distribution
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Lem Dobbs
Montage : Steven Soderbergh
Photo : Steven Soderbergh
Décors : Howard Cummings
Musique : David Holmes
Costumes : Shoshana Rubin
Durée : 93 mn
Casting :
Gina Carano : Mallory Kane
Channing tatum : Aaron
Michael Douglas : Conlenz
Antonio Banderas : Rodrigo
Ewan McGregor : Kenneth
Michael Fassbender : Paul
Mathieu Kassovitz : Studer


Le seul domaine où le match est proche du nul est la bande-originale. Les inconditionnels de Danny Elfman hurleront peut-être, mais j’ai vraiment apprécié le travail de James Horner, qui avait signé les musiques d’Avatar. Le résultat est peut-être moins symphonique, mais colle en fait assez bien avec l’ambiance de ce The Amazing Spider-Man, sans pour autant être tiré vers le bas. Des musiques plus modernes, moins présentes à l’écran, mais qui constituent le seul point fort de ce film raté. 
La réalisation reste égale à elle-même. Du jazz ou de la musique classique en fond sonore et une caméra qui n’hésite pas à s’attarder sur le décor pour nous en faire partager la beauté. Je ne sais pas si les Romains ressentent le même plaisir en regardant To Rome With Love que les Parisiens en regardant Minuit à Paris. Personnellement, ça m’a tout de même envie de sauter dans le premier avion et d’aller passer un week-end chez mes amis qui vivent dans la Ville Eternelle. 
Je veux bien cependant admettre une chose. Leos Carax sait tenir une caméra. Il le démontre encore avec Holy Motors. Mais quand un grand écrivain réécrit l’annuaire, cela ne fait pas du bottin de la grande littérature. Après, il y en aura toujours pour trouver ça génial. Personnellement, je veux surtout connaître les coordonnées de leur revendeur de drogue, parce qu’elle doit être de très bonne qualité ! Franchement, je ne sais pas à quoi me raccrocher d’autre pour énoncer quelque chose de positif, tant ce film m’a plongé dans un abîme de consternation.
Visuellement, là aussi, l’Age de Glace 4, la Dérive des Continents ne réserve aucune surprise. C’est très beau, mais ça l’était depuis le début. De toute façon, les progrès techniques ont été tels depuis dix ans qu’on a bien du mal à s’enthousiasmer désormais devant ce qui est devenu tout simplement la norme. On est un tantinet blasé, avouons-le. Il est loin le temps où l’ordinateur ouvrait de nouvelles possibilités encore inconnues et fascinantes aux animateurs. Tout semble désormais exploré. Y compris la banquise donc… 
Starbuck ne fonctionnerait pas si bien sans une belle brochette d’acteurs. Des acteurs bien du cru. Pour preuve leur accent qui nécessite parfois quelques sous-titres qui permettront à nous, maudits Français, de bien tout comprendre. Honneur tout d’abord à Patrick Huard, qui porte une bonne partie du film sur ses épaules mais s’en sort merveilleusement. Sans son charme et son charisme, jamais on ne croirait à cette histoire. Ensuite, Antoine Bernard apporte une touche comique plus premier degré, mais qui touche parfaitement à son but. Enfin, Igor Ovadis, le père, est lui vecteur d’une légère émotion qui vient apporte une petite touche d’émotion délicieuse.

La réalisation de Ken Loach reste toujours aussi sobre. Mais sobre ne veut pas dire minimaliste. Une photographie qui peut paraître parfois un peu terne, mais qui est en fait le reflet de la réalité sociale qu’il cherche à retranscrire. Il garde surtout son extraordinaire sens de la narration et son qualité inégalée de direction d’acteurs. 
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