THE RAID : John McLane est un Bisounours

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theraidafficheLe cinéma asiatique est le cinéma de tous les excès… Voilà, je vous ai livré le lieu commun qui ne veut strictement rien dire du jour pour commencer cette critique. Mais que voulez-vous, je suis parfois très faignant et j’avoue qu’il m’arrangeait pour introduire mon avis sur The Raid. Si on est plus habitué à voir sur nos écrans des longs métrages venus du Japon, de Corée ou de Chine, ce moment de pure adrénaline a été réalisé en Indonésie.

Une unité d’élite de la police de Java s’apprête à donner l’assaut à un immeuble qui tient lieu de quartier général à un baron de la drogue local. Une vraie forteresse qui va vite ressembler à un piège qui se referme sur le groupe. Va alors commencer une lutte sans merci pour survivre et arriver à échapper à cet enfer.

Autant vous le dire tout de suite, The Raid ne tire pas du tout son intérêt de son scénario. Certes, il nous réserve quelques surprises et un rebondissement plutôt inattendu, mais rien de bien transcendant. L’intrigue n’est qu’un support à tout autre chose et il serait très sévère de le juger sur ce point. C’est souvent le cas dans des films de pure action, mais là, on est face à un OVNI cinématographique dont l’intérêt dépasse de loin la plupart des blockbusters hollywoodiens.

The Raid est presque un film de danse… Ok, vous ne voyez pas vraiment le rapport entre ce film et un Sexy Dance. Pourtant, les films d’arts martiaux s’apprécient par les chorégraphies qu’ils nous proposent, même si le ballet des danseurs revient à vouloir s’étriper joyeusement. Certes, il est vrai aussi que le pistolet automatique n’est pas tout à fait comparable à un tutu et un diadème, mais il s’agit toujours de mettre en exergue les possibilités offertes par le corps humains quand on le maîtrise à la perfection.

The Raid ne cherche donc pas à être réaliste, mais simplement spectaculaire. Il nous offre de vrais moments de bravoure où le personnage principal déploie des ressources incroyables d’habileté, de souplesse, de rapidité et de force pour envoyer ses ennemis ad patres. C’est tellement improbable parfois, dans l’excès le plus total que ça en devient totalement jouissif. On est dans l’utra-violence, mais une violence tellement excessive et stylisée qu’elle en perd son sens. Cependant, le film mérite largement son interdiction au moins de 16 ans.

theraidLe tout est porté par une réalisation musclée et efficace, mais qui sait parfois s’attarder pour créer une ambiance et une vraie tension. C’est là que The Raid finit de prendre un intérêt bien supérieur à ce que peut donner à penser le synopsis. Gareth Evans ne nous livre pas un clip vidéo, mais un vrai moment de cinéma porté par un réel travail artistique et une photographie soignée, à défaut d’être géniale. La bande-son et la bande originale viennent encore souligner la qualité de la réalisation.

Alors évidemment, la performance de certains acteurs dépassent le seul cadre de l’expression dramatique. Nous sommes aussi face à des performances physiques réellement impressionnantes. Celles de Iko Uwais et Yayan Ruhian le sont de la première à la dernière seconde, avec comme point d’orgue leur inoubliable affrontement final. Le jeu de Ray Sahetapy est plus classique, mais il incarne parfaitement le grand méchant inquiétant et machiavélique.

The Raid est donc bien plus qu’un simple film d’action. En faisant passer Piège de Cristal pour un remake de la Mélodie du Bonheur, il repousse certaines limites pour notre plus grand bonheur.

Fiche technique :
Production : Pt. Merantau Films, XYZ Films
Distribution : SND
Réalisation : Gareth Evans
Scénario : Gareth Evans
Montage : Gareth Evans
Photo : Matt Flannery
Musique : Fajar Yueskemal, Aria Prayogi, Mike Shinoda, Joseph Trapanese
Durée : 101 mn

Casting :
Donny Alamsyah : Andi
Joe Taslim : Jaka
Yayan Ruhian : Mad Dog
Iko Uwais : Rama

INEXORABLE !

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espagneeuro2012Le football est un sport qui se joue à 11 et à la fin, ce sont les Espagnols qui gagnent. Le célèbre proverbe inventé par Gary Lineker a pris un nouveau sens. Si la sentence initiale parlait de l’Allemagne, elle est plus que jamais d’actualité si on la remplace par la Roja. Jamais aucune équipe n’avait réussi un tel triplé, la RFA de Beckenbauer ayant échoué en finale de son second Euro, en 1976 face à la Tchecoslovaquie, aux tirs-aux-buts et la fameuse Panenka.

La victoire de l’Espagne était inexorable. On a eu beau guetter avec la plus grande attention le moindre signe de déclin, la finale et son score lui aussi historique ont renvoyé tous les sceptiques à leurs chères études. Bien sûr, en 2008 et en 2012, il y eu des victoires aux tirs-aux-buts. Bien sûr en 2010, le Paraguay a raté un pénalty qui lui aurait sûrement permis d’éliminer les Ibères s’il l’avait réussi. Mais comme pour la France en 1998, chacun de leur parcours a laissé l’impression que la victoire ne pouvait en aucun cas leur échapper. Quand ils ont les circonstances contre eux, tout au plus, cela a donné à l’adversaire l’illusion d’un espoir.

Inexorable est également la montée en puissance de la concurrence. L’Espagne a prouvé qu’elle était encore au-dessus. Mais le jeu pratiqué par l’Allemagne et l’Italie dans cet Euro montre bien comment les autres nations commencent à tirer les leçons et le meilleur du jeu de la Roja. C’est certain qu’un jour, une d’entre elles saura faire mieux, qu’un jour un élève dépassera le maître. Peut-être dès 2014, même si l’Espagne sera encore la grande favorite de cette compétition. Si elle arrivait à l’emporter au Brésil, qui évidemment fera tout pour triompher à domicile, cette équipe sera définitivement seule au monde dans l’histoire des sports collectifs.

Inexorable enfin, l’échec de l’Equipe de France. On ne peut pas bâtir une grande, ou même une très bonne équipe, sans leaders, sans chefs. Tous ceux qui ont pratiqué des sports collectifs savent que la discipline doit venir avant tout du groupe en lui-même. Chacun doit savoir que s’il déconne, ce sont ses propres coéquipiers qui lui en feront subir les conséquences. Dans cette équipe, personne n’est capable de remplir cette tâche. Les plus anciens comme Evra et Malouda ne sont pas forcément le mieux placés pour faire la leçon au plus jeune. Et quand on connaît le caractère de la jeune génération, on mesure à quelle point une autorité interne est indispensable. Le problème est qu’on ne voit pas dans les années à venir qui pourrait bien remplir ce rôle ?

Son échec s’explique aussi tout simplement par un manque de talent. On a monté en épingle les problèmes de comportements, mais on a peut-être tout simplement oublié que le temps où l’équipe de France était composé de titulaires dans les plus grands clubs européens est désormais terminé. Seuls Benzema et Ribéry peuvent se targuer d’un tel statut. C’est trop peu pour atteindre le dernier carré d’une compétition internationale, à moins de bénéficier de circonstances très favorables. Mais ce n’est pas avec une mentalité de petit con que l’on provoque la chance.

Cet Euro 2012 aura surtout été celui d’un jeu offensif, de la qualité technique et du grand spectacle. Il y a longtemps qu’une compétition internationale ne nous avait pas autant réjouit. Et quand le football est gagnant, tout le monde est gagnant !

THE DICTATOR : Au mieux un gros pétard

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thedictatorafficheSacha Baron Cohen peut faire rire ou agacer, mais on peut au moins lui reconnaître un investissement total dans chacun de ses projets. Le temps d’un film et de sa promotion, il incarne ses personnages jour et nuit… Enfin jour et nuit, je ne suis pas sûr en fait, mais au moins à chacune de ses apparitions publiques. Si bien qu’avant même la sortie de The Dictator, nous étions déjà familiers avec l’Amiral Général Aladeen. Mais du coup, le film n’avait peut-être pas les moyens de réellement nous surprendre.

L’Amiral Général Aladeen règne d’une main de fer sur la République du Wadiya. Dictateur mégalomane, il essaye tant bien que mal de se doter de l’arme nucléaire, bien qu’il ait fait exécuter le chef de son programme quelques temps avant, suite à une remarque mal placée de ce dernier. La communauté internationale est alors sur le point d’intervenir, obligeant le dictateur à se rendre à New York pour faire un discours devant l’ONU. Mais son oncle, le chef de la police secrète, va tenter d’en profiter pour se débarrasser de lui et reprendre le pouvoir.

Contrairement à Borat et Bruno, The Dictator est un film entièrement tourné avec des acteurs professionnels, dans une mise en scène de fiction tout ce qu’il y a de plus classique. Terminé donc les scènes prises sur le vif auprès d’interlocuteurs incrédules, ignorant que la personne qui est devant eux est un acteur interprétant un personnage de fiction. On pourra donc reconnaître le mérite à Sacha Baron Cohen d’avoir su ne pas répéter une énième fois la même recette, afin d’éviter qu’elle ne finisse pas lasser.

Cependant, en perdant ce qui faisait le cœur de son originalité, Sacha Baron Cohen a perdu aussi un tout petit peu de son intérêt. The Dictator est une comédie comme une autre, dont seule la promotion a été originale. Le film souffre donc de deux défauts. Déjà, comme beaucoup de comédies, il est quelque peu inégal. Certains gags fonctionnent bien, d’autres moins, voire sont parfois un peu lourdingues. De plus, le meilleur nous a été livré par la bande-annonce. Ensuite, le film ne propose pas de vrais morceaux de bravoures, comme certains passages absolument inoubliables de Borat. Les éclats de rire sont disséminés dans le film, mais aucun passage n’est assez culte pour qu’on est envie de se le raconter encore et encore.

The Dictator se laisse quand même voir. Même s’il est inégal, il reste une comédie efficace et assez drôle. Le format est court, moins de 90 minutes, on n’a donc absolument pas le temps de s’ennuyer. Sacha Baron Cohen exploite pleinement ses bonnes idées (quelques unes un peu moins bonnes également), mais ne les étire pas artificiellement jusqu’à lasser. Cela donne un film plutôt dynamique qui atteint son but, même si certain tirs passent à côté de leur cible. On n’est donc pas devant du grand cinéma, mais il peut nous permettre de passer très facilement une très bonne soirée détente devant la télé.

thedictatorEvidemment, c’est Sacha Baron Cohen lui-même qui occupe le haut de l’affiche. Ses personnages changent, mais c’est vrai que certaines de ses mimiques restent. Il continue d’exploiter avec bonheur son créneau. Cependant, on aimerait le voir de temps en temps prendre un peu plus de risque, histoire de voir ce qu’il a vraiment dans ses tripes de comédiens. Il est accompagné à l’écran par un casting secondaire de qualité. Ben Kingsley est évidemment très bon. Mais les deux autres grands contributeurs au comique de The Dictator restent Anna Farris, nettement plus convaincante en brune, et Jason Mantzoukas, qui tient là son premier vrai rôle au cinéma.

The Dictator reste sympathique et drôle, mais on sent que Sacha Baron Cohen arrive un peu au bout de ses concepts. Espérons qu’il arrivera à réellement se renouveler.

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Faour By Two Films, Berg Mandel Schaffer, Scott Rundin Production
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Larry Charles
Scénario : Sacha Baron Cohen, Alec Berg, Jeff Schaffer, David Mandel
Montage : Greg Hayden, Eric Kissack
Format : 35mm
Décors : Victor Kempster
Musique : Erran Baron Cohen
Durée : 83 mn

Casting :
Sacha Baron Cohen : le général Aladeen
Anna Faris : Zoey
Ben Kingsley : Oncle Tamir
Jason Mantzoukas : Nadal
Megan Fox : elle-même
Anna Katarina : Angela Merkel

21 JUMP STREET : Trahison ?

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21jumpstreetafficheDans la série prends ton coup de vieux, lorsque j’ai dit à une jeune fille de 23 ans que j’allais voir 21 Jump Street au cinéma, elle m’a demandé le plus naturellement du monde de quoi il s’agissait. Evidemment, elle n’avait jamais entendu parlé de cette série mythique, qui a marqué ma génération (enfin moi pas trop en fait) et qui a surtout marqué les débuts de Johnny Depp. La voilà désormais portée sur grand écran, même si le ton choisi est clairement celui de la comédie.

Au lycée Schmidt était un intello timide, tandis que Jenko était un sportif ultra-populaire. Autant dire qu’ils n’étaient les meilleurs amis du monde. Ils se retrouvent quelques années plus tard à l’académie de police où ils vont finir par sympathiser et s’entre-aider. A leur sortie, ils sont envoyés dans une unité qui vient d’être recrée, dont la base est située 21 Jump Street. Leur mission : profiter de leur physique juvénile pour infiltrer les trafics de drogue lycéen.

21 Jump Street a tout pour diviser les fans de la série d’origine. En effet, s’il multiplie les clins d’œil vers cette dernière (dont un très gros, particulièrement savoureux), il est vrai que cette comédie potache et policière n’est pas du tout dans l’esprit d’origine. On pourra facilement accuser les producteurs d’utiliser un nom pour attirer un public, sans vraiment se soucier de ses attentes. Cependant, j’ai vraiment apprécié ce regard ironique sur ce qu’était la série à l’époque. Quelques éclats de rire naissent de ce dernier, sûrement les plus puissants du film.

Par ailleurs, 21 Jump Street reste une comédie adolescente inégale. On rit parfois très fort, mais pas non plus hyper souvent. Il y a même quelques moments de vraie lourdeur et des gags qui tombent carrément à plat, voire nous plongent dans une légère consternation. L’humour reste très premier degré et repose grandement sur les difficultés pour ces deux adultes de se faire passer pour deux lycéens. Mais quand ça ne marche pas, c’est simplement complètement idiot. Bon, franchement, dans le genre il y a carrément pire, donc le résultat reste quand même tout à fait regardable, faute de mieux.

L’intrigue policière reste un simple prétexte et un simple support pour l’humour potache. C’est sans doute ça que les vrais fans de 21 Jump Street, la série, ne pardonneront pas. Cet aspect n’est absolument pas pris au sérieux et n’apporte guère d’intérêt au film. Il ne faut donc surtout pas aller le voir pour ça et bien avoir à l’esprit qu’il s’agit d’une pure comédie.

21jumpstreetEn fait, 21 Jump Street peut permettre de passer un bon moment grâce à l’attachement que l’on ressent pour les deux personnages principaux. Des personnages plus proches de Max la Menace que James Bond, mais que l’on apprend très vite à aimer. C’est cette sympathie qui donne vraiment son âme au film et maintient le spectateur dans une histoire qui, sans cela, ne casserait vraiment pas trois pattes à un canard. Par contre, il est clair que la parenté avec le personnage interprété par Johnny Depp.

Jonnah Hill tient vraiment le rôle le plus marquant de 21 Jump Street. Il revient à un de ses rôles comiques habituels, avec beaucoup de bonheur, même s’il nous avait démontré dans le Stratège que son talent pouvait s’exprimer aussi bien dans des rôles un peu plus sérieux. A ses côtés, Channing Tatum quitte les films d’action et les comédies romantiques pour un rôle quelque peu à contre-emploi. Il ne s’en sort pas trop mal, même si son jeu est marqué par une certaine maladresse. Mais la touche de charme de ce film provient de la délicieuse Brie Larson, remarqué dans la série United States of Tara.

21 Jump Street est donc une comédie potache, pas forcément indispensable, mais tout à fait regardable… sauf peut-être par les inconditionnels de la série.

Fiche technique :
Production : Original Film, Cannell Studios
Distribution : Sony Pictures
Réalisation : Phil Lord, Christopher Miller
Scénario : Michael Bacall
Montage : Joel Negron
Photo : Barry Peterson
Décors : Peter Wenham
Musique : Mark Mothersbaugh
Costumes : Leah Katznelson
D’après la série télévisée créée par Patrick Hasburgh et Stephen J. Cannell
Durée : 109 mn

Casting :
Jonah Hill : Schmidt
Channing Tatum : Jenko
Brie Larson : Molly
Dave Franco : Eric
Ice Cube : Le capitaine Dickson

BLANCHE-NEIGE ET LE CHASSEUR : Blanche-Neige version adulte

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blancheneigeetlechasseurafficheAprès la double nouvelle adaptation aussi médiocre qu’inutile de la Guerre des Boutons à l’automne dernier proposée par le cinéma français, Hollywood nous offre lui aussi un double retour d’une œuvre ancestrale sur nos écrans. Après le Blanche-Neige, avec Julia Roberts, sorti le mois dernier et carrément pas terrible, voici Blanche-Neige et le Chasseur. Une version beaucoup plus adulte du mythe. Mais surtout beaucoup plus réussie !

Alors que sa belle mère règne d’une main de fer sur le royaume de feu son père, Blanche-Neige arrive à l’âge adulte et la surpasse alors en beauté. La méchante mégère ne le supporte pas, d’autant plus que son miroir lui explique que lui arracher le cœur lui procurera la jeunesse éternelle. Alors quand la jeune fille s’enfuit dans la forêt, la Reine doit recruter un des chasseurs du Royaume pour mener la poursuite.

Blanche-Neige et le Chasseur est en fait un bon film d’aventures, qui dépoussière le mythe et auquel on pardonne facilement les quelques faiblesses. On reste magnanime tout simplement parce que l’on ne s’ennuie pas du tout, que c’est quand même visuellement bien foutu et que le scénario est plutôt sombre et évite largement le gnangnan. On ne va certes jamais très loin dans le politiquement incorrect. Cependant, l’idée de placer la jeune fille au centre d’un triangle amoureux (qui n’est pas résolu à la fin ouvrant déjà la perspective d’une suite) apporte un légère tension sexuelle qui fait définitivement basculer le film dans un monde d’adultes.

Après, on peut reprocher bien des faiblesses au scénario de Blanche-Neige et le Chasseur. Quelques incohérences, des péripéties guère convaincantes et surtout le plus souvent prévisibles, mais bon rien de réellement pire que n’importe quel autre divertissement hollywoodien. Par contre, le vrai point noir de ce film, celui qui l’empêche d’être autre chose que distrayant et sympathique reste le manque flagrant de charisme et d’intérêt des personnages. Même la cruauté de la Reine reste superficielle et très attendue. Blanche-Neige manque sérieusement de personnalité et on a bien du mal à comprendre tout ce qu’elle est censée provoquer chez ses interlocuteurs. Quant au chasseur, il a la profondeur d’un fan de Justin Bieber. Seuls les nains arrivent à provoquer chez le spectateur un réel attachement.

Heureusement, Blanche-Neige et le Chasseur reste assez rythmé pour qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Certes, on reste dans un schéma hyper classique avec la gentille poursuivie par des méchants à travers des contrées hostiles, soit l’idée de base d’à peu-près un film d’aventures sur deux depuis un siècle… Mais bon, la vieille recette fonctionne encore et on passe tout de même un très bon moment. Les décors et les ambiances visuelles sont vraiment réussies, jamais kitch et apporte un vrai plus à cette vision assez sombre, presque gothique, de ce conte immortel.

blancheneigeetlechasseurBlanche-Neige et le Chasseur est aussi très riche en références diverses et variées. La plus flagrante est l’esprit de la forêt qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Princesse Mononoke. En fait, cela montre bien la volonté de faire de cette nouvelle version du mythe une œuvre d’heroic fantasy beaucoup plus qu’un conte pour enfants. On est vraiment loin de l’esprit Disney… Enfin le Disney actuel, parce que l’œuvre de Walt avait déjà une certaine noirceur.

Le casting de Blanche-Neige et le Chasseur ne vaut que pour Chalize Theron, impeccable en Reine… Impeccable mais pas géniale pour autant. Mais c’est sûr que comparer à Chris Hemsworth, son jeu est absolument époustouflant. Sérieusement, cet homme a peut-être un physique hors du commun, mais il n’a strictement rien à faire devant une caméra, si ce n’est pour nous montrer le vrai sens du mot « inexpressif ». Quant à Kristen Stewart, supposée être la grande star de ce film, elle peine vraiment à avoir le charisme qu’est supposé posséder son personnage.

Blanche-Neige et le Chasseur constitue donc globalement une réussite. Un vrai divertissement adulte, mais qui souffre vraiment d’un casting trop faiblard.

Fiche technique :
Production : Universal Pictures, Miller Roth Films, FilmEngine
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Rupert Sanders
Scénario : Evan Daugherty, John Lee Hancock, Hossein Amini
Montage : Conrad Buff
Photo : Greig Fraser
Décors : Dominic Watkins
Musique : James Newton Howard
Effets spéciaux : Cedric Nicolas
Costumes : Colleen Atwood
Directeur artistique : Andrew Ackland-Snow
D’après l’oeuvre des frères Grimm
Durée : 126 mn

Casting :
Kristen Stewart : Blanche Neige
Chris Hemsworth : Le chasseur
Charlize Theron : Ravenna
Sam Claflin : William
Bob Hoskins : Muir

LE GRAND SOIR : Décalé mais sans poésie

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legrandsoirafficheBenoît Délépine et Gustave Kervern sont avant tout connus pour être des piliers du Groland, depuis la création de cet univers sous la houlette de Jules-Edouard Moustic. Mais ce sont aussi deux cinéastes à l’univers poétique et décalé, qui nous font vivre toujours des personnages improbables mais terriblement attachants. Leur précédent film, Mammuth, avait été un franc succès et surtout un succès mérité. Du coup, le Grand Soir a eu le droit de concourir à Cannes dans la catégorie un Certain Regard. Mais si le résultat est toujours aussi décalé, la poésie est nettement moins présente.

Les Bonzini tiennent un restaurant dans la zone commerciale de Bègles. Ils sont deux fils : l’un deux se fait appeler NOT et se vante d’être le plus vieux punk à chien d’Europe. L’autre, Jean-Pierre, est nettement plus conformiste et vendeur dans un magasin de literie. Mais quand son mariage tombe à l’eau, il se met à déraper sévèrement, se fait licencier et commence alors à mener la même vie que son frère.

On retrouve dans le Grand Soir le message social qui parcourt toute l’œuvre de Délépine et Kervern. Une dénonciation du système et du conformisme qui broient les « différents » et les « inadaptés », aussi bien intentionnés soient-ils. Leurs personnages ne sont pas toujours totalement sympathiques, mais ils arrivent toujours à faire naître chez le spectateur une grande empathie. On se dit alors qu’ils ont bien droit d’être comme ils sont et on est révolté quand le reste de la société essaye de les faire sortir de leur folie douce.

Le tout est généralement traité avec un grand humour et une infinie tendresse. En tout cas, c’était bel et bien le cas dans Mammuth, qui était ainsi parcouru d’une réelle poésie. Malheureusement, dans le Grand Soir, la poésie reste largement absente. Les personnages sont bien hors système, mais pas forcément non plus hyper sympathiques. Si on comprend bien que Jean-Pierre ait envie de changer de vie, le chemin qu’il prend ne donne pas vraiment envie de le suivre. On n’est pas dans la folie douce et légère, mais plus dans la sociopathie… Bon j’exagère peut-être un peu, mais disons qu’on n’a pas forcément très envie de devenir amis avec les deux frères.

Du coup, c’est tout l’intérêt du propos du Grand Soir qui en prend un coup. En effet, le film se termine par une tentative des deux frangins de déclencher une révolution. Evidemment, personne ne les suit. Le problème est qu’on comprend beaucoup plus l’indifférence générale que leur envie de révolte. Le film nous projette du mauvais côté de la barrière, alors qu’il est évident que Délépine et Kervern souhaitaient que l’on prenne fait et cause pour leurs deux personnages.

legrandsoirLe Grand Soir se révèle donc au final très inégal. Il nous réserve quelques moments de bravoure, mais aussi malheureusement beaucoup de séquences fonctionnant nettement moins bien. Quelques éclats de rire fusent ça et là, mais aussi quelques sourcils levés, plongés dans une certaine perplexité. Bref, la sauce ne prend pas réellement, comme quoi les mêmes ingrédients ne donnent pas toujours la même saveur d’une préparation à l’autre.

Si le Grand Soir laisse une impression mitigée, ce n’est par contre pas du tout la faute des acteurs. Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel incarnent leurs personnages avec talent et une certaine retenue. Le film pouvait se prêter à un cabotinage débridée, mais il n’en est rien. Délépine et Kervern ont réussi à réellement diriger leurs comédiens. Le casting est complété par une multitude de caméos, dont celui de Brigitte Fontaine absolument savoureux dans le rôle de la mère.

Le Grand Soir est un donc un film décalé, comme savent si bien bien le faire Benoît Délépine et Gustave Kervern. Mais cependant ils n’ont pas su ce coup-ci insuffler cette poésie et cette tendresse qui nous permettraient de prendre vraiment fait et cause pour ces personnages.

Fiche technique :
Production : Panache productions, Arte France Cinéma, GMT, Anga, No Money productions,
Réalisation : Benoît Delépine, Gustave Kervern
Scénario : Benoît Delépine, Gustave Kervern
Montage : Stéphane Elmadjian
Photo : Hugues Poulain
Décors : Paul Chapelle
Distribution : Ad Vitam
Musique : Brigitte Fontaine, Areski Blekacem
Costumes: Florence Laforge
Durée : 92 mn

Casting :
Benoit Poelvoorde : NOT
Albert Dupontel : Jean-Pierre Bonzini, DEAD
Brigitte Fontaine : La mère Marie-Annick Bonzini
Areski Belkacem : le père René Bonzini
Bouli Lanners : le vigile
Serge Larivière : le directeur du Grand Litier
Stéphanie Pillonca : l ex femme de Jean-Pierre
Miss Ming : la jeune femme muette
Gérard Depardieu : le voyant

ADIEU BERTHE : La mort leur va si mal

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adieubertheafficheLa mort n’est pas forcément le sujet le plus approprié pour une comédie. Ou du moins, il demande une extrême habileté pour éviter le mauvais goût. On peut effectivement rire de tout, tant que l’humour est manié avec précaution et talent. Du talent, Bruno Podalydes en a à revendre. Mais force est de constater qu’il n’a pas su l’exploiter pleinement dans son dernier film, Adieu Berthe, comédie paresseuse, pas vraiment drôle et guère intéressante.

La grand-mère d’Armand vient de mourir. Une grand-mère qu’il avait un peu oubliée dans sa maison de retraite. Il est chargé d’organiser ses funérailles. Mais au même moment, c’est toute son existence qui se compliqué, partagée entre sa maîtresse et sa femme, avec qui la rupture est difficile. Un peu perdu, il va pourtant devoir faire les choix devant lesquels il a longtemps reculé.

Un enterrement est moment privilégié pour réunir une famille et faire ressortir toutes les histoires et les non-dits qui l’habitent. De nombreux films l’ont exploité. Mais Adieu Berthe ne se situe pas du tout dans cette optique puisque ce n’est pas une comédie sur la famille, mais sur les interrogations existentielles d’un homme. Un des principaux problèmes de ce film est que, du coup, on ne voit pas bien le rapport réel entre l’enterrement de sa grand-mère et les interrogations d’Armand. Ainsi, le fil rouge n’enrichit pas un propos qui a bien du mal à se raccrocher sur ce dernier de manière convaincante.

Adieu Berthe nous présente une série de personnages lunaires, dont le côté décalé est le principal vecteur d’humour. Le seul problème, c’est qu’aucun d’eux ne fonctionne totalement. On ne s’y attache pas et toutes leurs facéties se transforment vite en grimaces un peu ridicules. Bref, c’est surjoué, tentative désespérée pour donner de l’épaisseur à des personnages qui en manquent cruellement. Du coup, on rit pas ou très peu. On est parfois amusé par les situations mais tout semble le plus souvent inabouti, comme si les frères Podalydes n’avaient pas daigné creuser et travailler assez longuement chacun de leur début de bonne idée.

Du coup, le peu de profondeur du propos perd tout intérêt et toute crédibilité. Les débuts de réflexion sur le deuil, l’amour, la séparation, la famille reste superficielles, peu convaincantes et ne dégagent du coup aucun émotion. Cela contribue largement à l’indifférence quasi totale qu’inspire Adieu Berthe. Et de l’indifférence à l’ennui, il n’y a qu’un pas. Bien sûr le film se veut avant tout léger, mais comme on a vu que l’aspect comique n’étais pas satisfaisant, on aurait aimé que les à-côtés remontent un peu le niveau. Ce n’est malheureusement pas le cas.

adieubertheEn fait, globalement Adieu Berthe est un film paresseux. Il n’y a pas assez de contenu et d’épaisseur pour en tirer un long métrage. Du coup, le film s’étire sur 1h40 avec un manque de rythme et de souffle constant. La mise en scène est sans imagination, même si certains décors, notamment celui d’une entreprise de pompe funèbre sont sûrement les seuls éléments qui démontrent un vrai travail artistique. Cependant, c’est bien trop peu pour sauver le film.

Denis Podalydes est à l’image du film. Un jeu cabotin mais sans conviction, jamais convaincant et qui ne provoque jamais les rires recherchés. Par contre, son frère, si son travail derrière la caméra est décevant, surprend devant cette dernière. Son personnage est un des seuls à vraiment posséder une puissance comique. Mais la vraie star de ce film reste Valérie Lemercier qui brille vraiment, mais pas encore suffisamment pour vraiment nous faire aimer Adieu Berthe.

Adieu Berthe souffre d’un manque flagrant de qualité dans à peu près tous les domaines. Du coup, le résultat final est extrêmement décevant et pour tout dire sans intérêt.

Fiche technique :
Production : Why Not Productions
Réalisation : Bruno Podalydès
Scénario : Bruno Podalydès, Denis Podalydès
Montage : Christel Dewynter
Photo : Pierre Cottereau
Décors : Guillaume Deviercy
Distribution : UGC Distribution
Son : Laurent Poirier, Nicolas Moreau, Cyril Holtz
Durée : 100 mn

Casting :
Denis Podalydès : Armand
Valérie Lemercier : Alix
Isabelle Candelier : Hélène
Bruno Podalydès : Yvon Grinda
Isabelle Candelier : Hélène
Catherine Hiegel : Suzanne
Samir Guesmi : Haroun
Michel Vuillermoz : Rovier Boubet

PROMETHEUS : Il était une fois l’homme

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prometheusaffichePrometheus était un des films le plus attendus de cette année. Le projet d’un prequel de Alien était dans l’air du temps depuis longtemps et savoir que Ridley Scott serait à sa tête attisait l’impatience et une envie gourmande chez les fans. Mais une fois le film sorti sur les écrans, les réactions furent beaucoup plus tièdes. Du coup, je m’y suis rendu avec beaucoup de méfiance et sans guère d’espérance. C’est peut-être pour ça que j’en suis ressorti particulièrement enthousiaste.

A la fin du XXIème siècle, à plusieurs endroits sur Terre et chez diverses civilisations antiques, on retrouve les mêmes représentations de géants les mains tournées vers les mêmes étoiles. Une expédition, financée par la multinationale Weyland et animée par deux scientifiques persuadés qu’ils tiennent là le secret de la création de l’homme, est envoyée dans le système qui figure sur ces dernières. Mais rien n’assure qu’ils y trouveront ce qu’ils espèrent.

Prometheus renoue avec une science-fiction emplie de mysticisme. Ce n’est certainement pas le premier récit du genre qui fait le lien entre des civilisations extra-terrestres, l’origine de l’humanité et l’existence de Dieu. Des thèmes hyper classiques qui ont toujours nourri ce domaine de l’imaginaire. Après on peut trouver que ce sont des questions existentielles de pacotille, du religieux qui n’a rien à faire là ou un ésotérisme du pauvre. Ou alors on peut y voir un nouvel épisode d’une tradition ancienne qui a largement irrigué la culture populaire depuis plusieurs décennies.

Un autre reproche fait à Prometheus est la légèreté de son scénario. Il est vrai qu’il n’est pas non plus hyper élaboré, mais pas plus que ne l’était celui d’Alien. Comme son prédécesseur, on est dans un film d’ambiance, dont l’intérêt est basé sur la tension constante et un mystère qui se dévoile peu à peu. Le film rentre assez vite dans le vif sujet alors que la bande-annonce pouvait donner à penser à une longue et pénible introduction. Après, on est face à des aventures assez classiques, mais qui ne sont certes pas portées par une intrigue particulièrement complexe.

N’empêche, malgré tout ces reproches que je peux objectivement comprendre. J’ai tout simplement adoré Prometheus. Je suis entré dans le film dès les premières secondes et je n’en suis jamais ressorti. J’ai accroché à tous les niveaux : l’ambiance, l’intrigue, les personnages… Une immersion immédiate dans un univers à la fois nouveau mais qui évidemment multiplie les clins d’œil vers l’univers que des quatre films de la quadrilogie initiale. Vous trouverez même des fans qui sur les forums regardent attentivement si tout cela est bien compatible avec les Aliens vs Predators. Sauf le respect que j’ai pour eux, Riddley Scott doit à peine savoir que ces deux navets existent.

Si Prometheus fonctionne si bien, c’est que la caméra de Ridley Scott reste une des plus magistrales d’Hollywood. Paradoxalement, le fait qu’il dispose de tous les moyens techniques qu’il désire rend peut-être son style plus impersonnel que dans un Alien, où il devait compenser le manque de moyen par son génie artistique. Mais tout de même, il y a chez lui une manière remarquable de passer avec le même bonheur de scènes d’action spectaculaires, aux frontières de la démesure, à des scènes intimistes où il développe la psychologie de ses personnages.

prometheusLe casting de Prometheus est riche en acteurs chevronnés. Les deux plus grandes stars sont Noomi Rapace et Michael Fassbender. La première confirme son incroyable charisme et cette faculté à se transformer physiquement pour chacun de ses rôles. Le second est parfois un peu hésitant dans ce rôle de cyborg qui s’interroge sur sa propre condition. Par contre, rien à redire sur les performances de Idris Elba, remarqué dans l’excellente série Luther, et Charlize Theron.

Prometheus manque peut-être d’audace et de surprises. Cependant, il renoue avec une science-fiction très classique dont Ridley Scott a toujours été un des porte drapeau (Alien, Blade Runner). On lui reproche de ne pas s’être réinventé, mais il n’a jamais été un précurseur. Je retrouve en fait dans ce film ce qui a fait que j’aime tant Kingdom of Heaven et qui fait que ce dernier est lui aussi parfois sévèrement décrié. Du cinéma classique, délivrant des messages simples (ce qui n’est pas pareil que superficiels), mais du cinéma éternel !

Fiche technique :
Production : Brandywine productions, Dune entertainment, Scott Free Productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Jon Spaiths, Damon Lindelof
Montage : Pietro Scalia
Photo : Dariusz Wolski
Décors : Arthur Max
Musique : Marc Streutenfeld
Costumes : Janty Yates
Durée : 124 mn

Casting :
Noomi Rapace : Elizabeth Shaw
Michael Fassbender : David
Charlize Theron : Meredith Vickers
Idris Elba : Janek
Guy Pearce : Peter Weyland
Logan Marshall-Green : Charlie Holloway
Kate Dickie : Ford
Sean Harris : Fifield

ORPHELINS…

thierryroland

thierryrolandSi on m’avait demandé hier ce que je pensais de Thierry Roland, j’aurais sûrement insisté sur sa misogynie, sa propension à relayer inlassablement les pires clichés et pour tout dire son côté beauf ! Bref, tout ce que je n’aime pas et qui me fait apprécier pleinement la qualité des commentaires sur Canal+. Pourtant, aujourd’hui qu’il nous a quitté, on ne peut qu’être ému. En regardant quelques images publiées sur le mur Facebook d’une amie, j’avais quelques larmes aux yeux. C’est complètement idiot, mais ça permet de se rendre compte à quel point il faisait partie de notre quotidien.

Le sport se nourrit de moments d’émotion irrationnelle qui grave des souvenirs à jamais. Que ça soit la détresse au soir de France-Bulgarie en 1993 à la folle joie du 12 juillet 1998, sa voix nous a accompagné. Dans ces moments-là, peu importait la profondeur des propos, les évènements parlaient d’eux-mêmes. Seul est resté l’impression d’avoir partagé avec lui et tout un peuple par son intermédiaire, les mêmes sentiments. Pour cela Thierry Roland a fait partie de notre vie, comme un proche, un ami, un parent.

Tous les amateurs de football sont un peu orphelins en ce jour. Il est peu probable que Thierry Roland ne soit jamais remplacé. Les matchs sont désormais trop dispersés sur les différentes chaînes. Personne ne pourra plus prétendre être LA voix du football, comme Roger Couderc a été celle du rugby. Si on doit retenir une chose de Thierry Roland, c’est l’image d’un grand journaliste dont l’héritage est immense. Il aura traversé les décennies, de la préhistoire du football télévisé à la sur-exposition actuelle, sans jamais rien perdre de sa popularité. On ne dure pas sans talent.

On dit souvent que le plus dur est pour celui qui reste. On pense bien sûr à sa famille, mais aussi à Jean-Michel Larqué. On peut imaginer la peine qui doit être la sienne aujourd’hui. Et comme, il fait lui aussi un peu partie de la famille, on partage largement son chagrin.

Sans Thierry Roland, le football à la télé ne sera plus tout à fait le même. Tout à fait, Thierry…

MELENCHON PEUT GARDER SES LECONS

melenchon

melenchonPendant longtemps le Parti Communiste a été synonyme de « on ne change pas une équipe qui perd » avec d’indéboulonnables premiers secrétaires, comme George Marchais, qui ont conduit ce parti à un inexorable déclin. On pensait pourtant que dans le cadre du Front de Gauche, sous l’impulsion de Jean-Luc Mélenchon, ce courant politique allait connaître une renaissance. Mais son leader est malheureusement tombé dans le piège du « on ne change pas une stratégie qui perd ».

Son échec aux législatives est encore plus retentissant que la légère déception qu’a au final représenté son score aux présidentielles. Il a fait du combat contre le Front National son cheval de bataille et force est de constater que dans le match qui l’oppose à Marine le Pen, cette dernière mène 2-0. Le KO est proche ! Pourtant, cette cause est évidemment des plus nobles et des plus essentielles, elle doit donc recueillir le soutien inconditionnel de toute la gauche et même de tous ceux ayant un minimum de conscience républicaine. Mais la manière adoptée par Jean-Luc Mélenchon n’est définitivement pas la bonne parce qu’elle est inefficace d’une part et surtout fortement contestable.

Combattre son ennemi avec ses propres armes se révèle souvent une manière audacieuse mais probante de remporter la victoire. Mais Jean-Luc Mélenchon a adopté bien des travers qui ont été pendant longtemps l’apanage du Front National. L’insulte comme arme politique, la haine morbide des journalistes, l’habitude de vouloir faire passer le déni pour du courage, alors que le vrai courage est d’affronter la réalité en face. Bref, la gauche a toujours condamné toutes ces dérives chez les le Pen et il est dommage qu’elle ai été aussi conciliante avec le leader du Front de Gauche.

De plus, d’un point de vue beaucoup plus pragmatique, Jean-Luc Mélenchon commet tout simplement une erreur de stratégie politique majeure. On ne combat pas un adversaire politique en parlant de lui à longueur de temps, sauf s’il s’agit d’un élu sortant. En agissant ainsi, on attire l’attention médiatique au moins autant sur soi et son combat que sur les idées défendues par le camp d’en face, aussi abjectes soient-elles. Depuis plusieurs mois maintenant, Jean-Luc Mélenchon a offert à Marine Le Pen une campagne de publicité médiatique inédite, faisant de cette dernière le centre des débats, et a obtenu exactement l’inverse de ce qu’il recherchait.

La seule chose que l’on peut espérer après ce funeste fiasco est que Jean-Luc Mélenchon saura faire preuve d’un peu d’humilité et d’honnête et arrêtera de se poser en donneur de leçons de morale. Il n’en a pas à donner et son comportement fait que c’est plutôt lui qui est en position d’en recevoir. Tout ce qu’il aura réussi finalement est d’avoir achevé le Parti Communiste. Ce dernier a au moins le mérite d’être un parti d’élus mettant les mains dans le cambouis en gérant des collectivités dans des contextes sociaux parfois extrêmement difficiles. Pour cela, il mérite le respect, aussi opposé soit-on avec sa conception de la société et de l’économie. En se rangeant derrière un homme qui n’est qu’un tribun charismatique, mais dont la carrière politique a toujours savamment esquiver les réalités de terrain, il a fini de se décrédibiliser et survivra difficilement à son nouveau leader.

Par son attitude, Jean-Luc Mélenchon a offert un excuse en or à l’UMP pour sa politique du « ni-ni ». Bien sûr tout cela n’est qu’un prétexte fumeux donnant la nausée. Mais décidemment, le leader du Front de Gauche n’a pas compris que se faire plaisir à la tribune, loin de toute réalité autre que médiatique, peut parfois au final avoir des conséquences qui font surtout plaisir au camp d’en face.