MSS BALA : Funeste concours

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missbalaafficheLe cinéma mexicain reste un des cinémas les plus dynamiques. Il nous offre régulièrement des œuvres pleines d’énergie, nées de la violence de cette société marquée par la guerre contre le trafic de drogue. Cette dernière est justement au cœur de Miss Bala. Un film proprement réalisé, mais au final sans vraie surprise.

Laura et son amie Uzu s’inscrivent pour participer à un concours de beauté dans la région de Tijuana. Malheureusement, le soir même, elles se retrouvent au cœur d’une fusillade dans une boîte de nuit. Laura arrive à s’échapper, mais elle va, alors qu’elle recherche son amie disparue, recroiser le chemin du caïd à l’origine du massacre. Ce dernier, va faire pression sur elle et l’utiliser dans sa guerre contre la police… tout en lui promettant de retrouver Uzu et de lui permettre de concourir au concours de miss.

Miss Bala repose sur un principe très classique, celui de l’innocente victime entraînée malgré elle dans une histoire qui la dépasse et qui va voir sa vie mise en danger. Mais il est vrai qu’on est loin ici de Night and Day. Car elle ne se fait pas, pour une fois, enlever par un gentil qui a les apparences contre lui et dont elle va finir par épouser la cause. Non cette fois, elle est bien entraînée par de vrais méchants qui vont la forcer à devenir complice d’actes dont la seule motivation est l’argent et la défense du commerce de la drogue.

En fait, Miss Bala est un film sans gentils, en dehors de l’héroïne bien sûr. Du coup, elle ne peut compter sur personne. Police et malfrats sont engagés dans une guerre violente et sans merci. Ils ne soucient guère du sort d’une victime innocente qui est vue par tous comme un moyen d’atteindre le camp d’en face. C’est la description de cette spirale infernale et visiblement sans issue qui forme le cœur de cette histoire, qui porte une vision désabusée et assez fataliste sur la violence qui gangrène la société mexicaine.

Le tout donne un film quelque peu bancal, entre le film social et le film de gangsters pur et dur. Le film est violent, dur même parfois, mais on ne peut pas à proprement parler d’action ou de grand spectacle. De même, la vision sur la société reste quelque peu superficielle et manque quelque peu de profondeur. La critique a salué ce mélange des genres. J’en suis plutôt ressorti frustré, même si le film reste tout de même intéressant et plutôt bien foutu.

La réalisation est sobre et si la violence est crue, ce n’est jamais de manière voyeuriste ou inutilement spectaculaire. On est souvent dans le caméra à l’épaule, mais sans pour autant vous donner la nausée. Miss Bala ne ressemble pas du tout à un clip vidéo. La photographie essaye d’être la plus réaliste possible et de nous faire ressentir l’ambiance des rues mexicaines. Cela colle parfaitement à la finalité du film, mais du coup ne constitue pas en soi un intérêt particulier.

missbalaLes deux personnages principaux fonctionnent bien. Mais si l’un provoque bien le dégoût, l’héroïne quant à elle n’inspire pas toute la sympathie nécessaire à faire de Miss Bala un film totalement enthousiasmant. Certes, c’est du au fait sans doute que le personnage est réaliste et tout de même un tantinet ambigu. On y gagne sans doute en intérêt sur le fond, mais on y perd un peu en émotion pure.

Le duo Stéphanie Sigman – Noe Hernandez confirme la richesse du cinéma mexicain en termes de comédien. Aucun des deux n’est éblouissant, mais ils interprètent leurs rôles respectifs avec assez de conviction et de talent pour que l’on y croit. Ils tirent le film vers le haut et ne sont en rien responsables de ses petites imperfections.

Je suis moins enthousiaste que la plupart des critiques au sujet de Miss Bala. Je lui reconnaît un grand intérêt, une forme tout à fait correcte, mais un manque trop flagrant d’émotion.

Fiche technique :
Gerardo NARANJO – Réalisation
Gerardo NARANJO – Scénario & Dialogues
Mauricio KATZ – Scénario & Dialogues
Matyas ERDELY – Images
Ivonne FUENTES – Décors
Emilio KAUDERER – Musique
Gerardo NARANJO – Montage
Pablo LACH – Son

Casting :
Stephanie SIGMAN – Laura Guerrero
Noe HERNANDEZ – Lino Valdez
James RUSSO – Jimmy
Jose YENQUE – Kike Cámara
Irene AZUELA – Jessica Berlanga

LA CABANE DANS LES BOIS : Surprises au coin du bois

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lacabanedanslesboisafficheA la base, je n’avais pas l’intention de voir la Cabane dans les Bois. Et ce pour de mauvaises raisons. En effet, je pensais qu’il s’agissait vraiment un film d’horreur classique, avec une bande de jeunes ayant la mauvaise idée d’aller s’enfermer dans une forêt habitée par un quelconque serial killler ou un monstre des plus communs. Les critiques étaient bonnes, mais je ne les avais pas lues en détail, et je ne savais pas donc pas que ce film réservait bien des surprises. Finalement, je me suis retrouvé au cinéma à une heure où il n’y avait que ça d’intéressant et que je n’avais pas vu. Et tant mieux !

Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont cinq et vont passer un week-end dans une cabane isolé, près d’un lac. Victimes idéales pour un film d’horreur ? Mais est-ce que tout ça arrive vraiment par hasard ?

Si comme moi, vous allez voir la Cabane dans les Bois en ne connaissant que le titre et l’affiche, en étant du coup persuadé que vous allez assister à un spectacle archi prévisible et connu d’avance, et bien les premières secondes vont vous plonger dans une grande perplexité. Vous ne verrez d’abord pas le rapport entre la scène d’ouverture et le sujet. Certes, très vite, le lien est fait, mais reste alors à comprendre le pourquoi. Cela prendra une bonne partie du film et fait au final une large partie de son intérêt.

La Cabane dans les Bois n’est pas à proprement parler une parodie. Il y a certes beaucoup de second degré sans ce film, mais il reprend tout de même l’ensemble des codes du genre et on imagine très vite qu’il y a un grand danger qui rôde derrière le moindre buisson. Mais l’histoire est beaucoup plus riche que prévue, vous l’aurez compris. Je suis évidemment un peu coincé car en dire plus pourrait facilement gâcher une bonne partie du plaisir des futurs spectateurs. Et comme je vous incite plutôt à aller le voir…

La Cabane dans les Bois n’est donc pas du tout réservé aux amateurs inconditionnels de film de genre, type Massacre à la Tronçonneuse ou Vendredi 13. Bien sûr, ce sont eux qui apprécieront le plus les références multiples et la manière donc les codes les plus classiques sont utilisés pour une histoire de plus grande ampleur que d’habitude. Mais d’autres pourront aimer cette histoire originale, inattendue et qui fait au final autant sourire que peur. Il n’y a pas forcément de vrais gags, mais le film est parcouru par une ironie constante.

Drew Goddard signe là son premier film. On le connaissait déjà comme scénariste, à la télé pour les séries comme Alias ou Lost, mais aussi au cinéma avec l’excellent Cloverfield. Il est ici à la fois à l’écriture et derrière la caméra. Et pour une première, c’est une réussite puisqu’il fait preuve d’une vraie maîtrise et d’un talent certain, que ça soit dans le rythme, la mise en scène ou la direction d’acteurs. Certes, ça reste plus professionnel que brillant, mais cela permet vraiment au spectateur de rentrer dans la Cabane dans les Bois et de profiter au maximum de ce spectacle très divertissant.

lacabanedanslesboisLe casting ne recèle pas de grosses révélations, mais une vraie surprise que je dévoilerai pas non plus ici, puisqu’elle ne survient qu’à la fin. Le groupe est composé de jeunes acteurs qui tiennent là le plus grand rôle et s’en sortent plutôt bien et Chris « Thor » Hemsworth. Ce dernier est plus à l’aise sans son costume de dieu asgardien, même s’il n’est définitivement pas un grand acteur… ni même un acteur si je voulais être vraiment méchant. Si un nom était à retenir, ce serait celui de Fran Franz qui fait preuve de la personnalité la plus originale. Enfin, le casting est complété par l’éternel second rôle américain Richard Jenkins, un comédien qu’on voit tout le temps et dont on ne connaît que rarement le nom.

La Cabane dans les Bois n’est pas un chef d’œuvre. Mais son côté inattendu et surprenant, le tout enrobé par une mise en scène plus que correcte, en fait un film qui sort quelque peu du lot.

Fiche technique :
Réalisation : Drew Goddard
Scénario : Drew Goddard et Joss Whedon
Direction artistique : Martin Whist
Décors : Kendelle Elliott
Costumes : Shawna Trpcic
Photographie : Peter Deming
Montage : Lisa Lassek
Musique : David Julyan
Production : Joss Whedon

Casting :
Kristen Connolly : Dana Polk
Chris Hemsworth : Curt Vaughan
Fran Kranz : Marty Mikalski
Jesse Williams : Holden McCrea
Anna Hutchison : Jules Louden
Richard Jenkins : Steve Hadley
Bradley Whitford : Richard Sitterson
Brian J. White : Alex Truman
Amy Acker : Wendy Lin

BRAVO MONTPELLIER !

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montpellierchampionSi je n’ai pas écrit ce billet plus tôt, ce n’est pas par aigreur, mais pour des raisons liées à mon emploi du temps. Bref, Montpellier est champion de France de football et c’est entièrement mérité pour des raisons aussi bien quantitatives que qualitatives. Il n’y a rien à dire là-dessus, la victoire est incontestable.

Avec 82 points, Montpellier a réussi un parcours rare en championnat, le deuxième total depuis l’instauration de la victoire à trois points. Seul le grand Lyon des années 2000 a fait mieux, mais à une seule reprise (84 points en 2005-06). Une quasi perfection à domicile et contre les équipes de bas de tableau l’ont conduit à ce total. Du coup, le club de l’Hérault était quasiment imbattable car aller encore au-delà aurait constitué une performance réellement historique. La Ligue 1 est un des championnats les plus denses en Europe et il y est difficile d’y imaginer un parcours à la Real de Madrid ou FC Barcelone, qui ont marqué cette saison respectivement 100 et 91 points, 121 et 114 buts cette saison.

Et puis, Montpellier, à l’image de Lille l’année dernière, mérite d’être champion de France tout simplement parce qu’il a bien joué. La qualité de son collectif a été soulignée toute l’année. Et même s’il a été le spécialiste de la victoire 1-0 cette saison, il a aussi livré des performances de très haut niveau. Cela confirme qu’une équipe n’a pas besoin de 11 stars pour bien tourner. Deux joueurs majeurs, Giroud et Bellhanda, avec autour d’eux des coéquipiers, que l’on considérait avant cette saison comme des joueurs de second plan, à l’image des latéraux Bocaly et Bedimo, mais qui ont su trouver un parfait équilibre.

Toutes ces considérations n’apaisent guère la déception côté parisien. Mais avec 79 points et 75 buts marqués, le PSG a fait un plus beau parcours que la plupart des champions de France passés. Cependant, cette année, ce n’était pas suffisant. On peut toujours réécrire l’histoire, avoir quelques regrets, parler encore et encore de l’arbitrage (notamment celui comparé de Lille-PSG et Montpellier-Lille), tout cela est évidemment inutile, le plus fort a gagné. Et le plus fort, c’était Montpellier ! Cependant, on ne peut que souligner la mesquinerie et l’incroyable mauvaise foi de la plupart des commentateurs, y compris les supposés professionnels. Que n’a-t-on pas lu sur la pauvreté du jeu parisien ! On se demande avec combien de points, le PSG aurait fini avec un jeu à leur goût ! Et Pastore, objectivement intermittent, combien aurait-il marqué de buts, puisqu’il en a tout de même inscrit 13, tout en étant sujet à toutes les moqueries ?

Pour la première année de l’ère qatari, le PSG a réalisé objectivement un parcours de champion et peut donc être satisfait. Mais le football se nourrit avant tout de subjectivité. Sa seule faute est d’être tombé sur un très grand champion, nommé Montpellier… ou peut-être d’avoir viré Kombouaré…

BABYCALL : Friture sur la ligne

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babycallafficheLe cinéma nordique bénéficie incontestablement d’un effet Millenium. Depuis le succès mérité de la trilogie cinématographique suédoise tirée des roman de Stieg Larsson, les films venus du froid sont distribués avec une fréquence inédite. Il faut dire qu’il y a longtemps que le Grand Nord a largement envahi le polar littéraire, il n’y a pas de raison qu’il n’en soit pas de même sur grand écran. De plus, il possède une star, désormais hollywoodienne, qui passe de la Suède à la Norvège sans problème. Ainsi Noomi Rapace est à l’affiche d’un film norvégien, Babycall.

Anna s’installe dans un nouvel appartement avec son fils de 8 ans. Elle est frappée d’une paranoïa issue de la maltraitance qu’ils ont subi de la part du père de l’enfant, qui, d’après les services sociaux, n’a pas abandonné l’idée de récupérer l’enfant et a pris un nouvel avocat pour cela. Ces derniers lui demandent aussi de ne plus dormir avec son enfant, ce qui ferait mauvais effet lors d’un éventuel procès. Pour calmer son angoisse, elle achète tout de même un babyphone. Mais avec ce dernier, elle va aussi capter des son inquiétants venus d’un autre appartement.

Babycall est un film plutôt réussi dans ses deux premiers tiers. La tension s’installe lentement, une tension qui fait naître un vraie malaise chez le spectateur. Les détails se dévoilent peu à peu, dressant un tableau qui semble cohérent et inquiétant. C’est au fond assez classique mais plutôt bien foutu, sous la caméra plutôt élégante de Pal Sletaune. On attend avec une certaine avidité le dénouement qu’on espère à la hauteur de ce préambule prometteur.

Malheurseusement, le dernier tiers part un peu en sucette. Déjà avant, il y a quelques détails qui intriguent bien avant, mais on se dit que tout va prendre un sens au final. C’est le cas, mais tout cela n’est guère convaincant. On est dans le procédé classique du « en fait, ce n’est pas du tout ce que vous croyiez ». Sauf qu’on voit un peu arriver de longues minutes avant ce qui est censé être le retournement de situation final. Et surtout quand on repense à tout ce qui a précédé, on se dit que tout ne colle pas à la perfection. En fait, au-lieu de donner à Babycall un intérêt supplémentaire, ce brusque changement de perspective lui retire une grande partie de son intérêt.

Babycall aurait pu briller par la qualité de ses personnages. Seulement, tout tourne autour de Anna. Les autres protagonistes font presque partie du décor. Du coup, on a du mal à vraiment s’attacher et surtout à s’intéresser aux relations qu’elle peut tisser avec les autres. C’est notamment vrai de son fils, auquel finalement le scénario ne s’intéresse que très peu. Cela fait qu’au final, on reste en recul de cet histoire qui nous intrigue beaucoup plus qu’elle nous passionne.

babycallGlobalement, Babycall ne voit pas ses bonnes idées développées jusqu’au bout. Le film est riche, mais chacun des aspects laisse quelque peu sur sa faim. Il reste globalement tiède et si Pal Sletaune fait preuve d’une vraie maîtrise aussi bien visuelle que narrative, notamment au niveau du rythme, il n’a pas su lâcher la bride à son imagination. C’est dommage car il avait entre les mains de quoi faire quelque chose de beaucoup plus intéressant que ça.

Babycall tient quasiment entièrement sur les épaules de Noomi Rapace. Pas n’importe quelles épaules donc. Elle fait vraiment son maximum pour donner vie à son personnage et fait preuve d’une expressivité remarquable. Cependant, elle se heurte forcément aux limites du scénario et n’arrive donc pas à faire de Anna un personnage totalement convaincant.

Babycall n’aurait peut-être pas été distribué si Millenium n’avait pas aussi bien marché. Ce n’est pas un mauvais film, mais ce n’est pas certain non plus qu’on aurait foncièrement regretté son absence sur nos écrans.

Fiche technique :
Production : 4 1/2, Pandora Filmprodiktion, BOB Film Sweden
Distribution : Jour2Fête
Réalisation : Pal Sletaune
Scénario : Pal Sletaune
Montage : Jon Endre Mork
Photo : John Andreas Andersen
Décors : Roger Rosenberg
Musique : Fernando Velazquez
Maquillage : Anja Dahl
Durée : 97 mn

Casting :
Noomi Rapace : Anna
Kristoffer Joner : Helge
Velte Qvenild Werring : Anders
Stig R. Amdam : Ole
Maria Bock : Grete

MARGIN CALL : Tout simplement passionnant !

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margincallafficheLe monde de la finance a été au cœur de l’actualité depuis bientôt 4 ans avec la crise financière qui n’en finit plus de terminer de s’achever. Il était logique que le cinéma s’en empare. On a eu droit à quelques documentaires excellents, Inside Job en tête. Mais les fictions n’étaient pour l’instant pas vraiment à la hauteur (Wall Street 2, Ma Part du Gâteau). Heureusement, Margin Call est arrivé. Un film remarquable à tout point de vue !

Les employés d’une grande entreprise de Wall Street voit débarquer dans leurs locaux une équipe chargée de faire le sale boulot, à savoir annoncer à plus de la moitié du personnel qu’il est licencié. Parmi les perdants, le responsable de la gestion des risques qu’ils interrompent en plein travail. Mais avant de partir, il demande à un de ses subordonnées, qui ne fait pas partie de la charrette, de poursuivre ce sur quoi il se penchait. Car cela s’annonce explosif pour la société, voire même pour l’économie entière.

La chose la plus remarquable dans Margin Call reste son scénario qui arrive à transformer le trading en support pour un vrai polar. Il rend concret cette activité si mystérieuse et abstraite et nous révèle comment ces apprentis-sorciers manipulent des outils dont ils ne maîtrisent guère les répercussions possibles. Le tout de manière très claire, pas besoin d’avoir un bac+5 en finance pour comprendre (même si avoir lu quelques journaux et savoir vaguement ce que sont les subprimes peut aider). C’est tout simplement passionnant autant par la mécanique de l’intrigue que par l’univers dont il nous révèle le fonctionnement.

Aller plus loin dans l’analyse du scénario pourrait conduire à gâcher les multiples surprises qu’il réserve. Non qu’il soit plein de rebondissements et de fausses pistes, comme c’est devenu l’habitude. Non, il y a un vrai suspense, mais il est bien plus subtil que cela. C’est surtout la richesse du propos qui fascine. La dimension humaine est centrale puisque beaucoup de choses reposent sur la manière dont les différents personnages vont gérer les dilemmes auxquels ils font face. Margin Call n’est pas un film contemplatif ou même réellement introspectif. Mais il en dit beaucoup sur l’âme humaine.

Le tout est réalisé avec un immense talent par J.C. Chandor qui signe là un premier film de haut niveau. Un sens de l’image, un sens de la narration, un sens du rythme, rien ne manque ! Un sujet qui aurait pu être plombant, technique ou au contraire tourner au ridicule irréaliste. C’est à la fois fascinant et convaincant, ce qui n’était vraiment pas gagné au départ. La tension monte progressivement avec une maîtrise vraiment impressionnante pour un petit bleu. Bref, Margin Call pourrait bien signer le début d’une très prometteuse carrière.

margincallLe moins que l’on puisse dire, c’est que pour un premier film, Margin Call bénéficie d’un casting très haut de gamme. En tête, deux vieux routiers du cinéma hollywoodien qui fait étalage de leur immense talent : Kevin Spacey et Jeremy Irons dans deux rôles taillés pour eux, mais dont ils s’acquièrent avec beaucoup de conviction. La jeune génération est elle aussi au niveau, avec un Zachary Quinto qui quitte définitivement son statut d’ex-acteur de série, un Paul Bettany égal à lui-même (ce qui est un beau compliment) et Simon The Mentalist Baker qui est aussi bon sur petit que grand écran. Entre les deux, la désormais rare Demi Moore qui nous rappelle qu’elle a encore de beau reste. Elle est sûrement celle qui apporte le plus de classe et d’humanité à cette distribution détonante.

Margin Call est au final un des meilleurs films de cette première moitié de 2012. Un des plus surprenants en tout cas ! Il lui manque peut-être l’élégance formelle absolue de la Taupe, mais nous sommes là à nouveau devant un grand film qui nous prouve que tension et suspense peuvent venir de bien d’autres choses que l’action ou la violence.

Fiche technique :
Production : Benaroya Pictures, Before The Door Pictures, Washington Square Films
Distribution : ARP Selection
Réalisation : J.C. Chandor
Scénario : J.C. Chandor
Montage : Pete Beaudreau
Photo : Frank G. DeMarco
Décors : John Paino
Musique : Nathan Larson
Durée : 107 mn

Casting :
Kevin Spacey : Sam Rogers
Paul Bettany : Will Emerson
Jeremy Irons : John Tuld
Zachary Quinto : Peter Sullivan
Simon Baker : Jared Cohen
Penn Badgley : Seth Bregman
Mary McDonnell : Mary Rogers
Demi Moore : Sarah Robertson
Stanley Tucci : Eric Dale

DARK SHADOWS : Quand Tim Burton paresse un tantinet

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darkshadowsafficheDe tous les réalisateurs ayant un univers bien à lui et reconnaissable entre mille, Tim Burton est peut-être le plus grand d’entre tous. Les rares fois où il est sorti de son univers gothique et sombre, avec Big Fish ou la Planète des Singes par exemple, le résultat fut plutôt décevant. Mais à tourner dans un univers étroit, on prend forcément le risque de se répéter quelque peu. Jusqu’à présent, il était totalement parvenu à y échapper. Mais on doit bien avouer que Dark Shadows, son dernier film, peut nous faire craindre qu’il commence quelque peu à tourner en rond.

Au 18ème siècle, Barnabas Collins est l’héritier d’une famille qui a vu toute une ville se bâtir tout autour de leur pêcherie. Cependant, il commet l’erreur de briser le cœur d’une servante, sorcière à ses heures perdues. Elle provoque la mort des parents de Barnabas, pousse sa fiancée au suicide et surtout le transforme en vampire avant de l’enfermer dans un cercueil, histoire de prolonger ses tourments. Mais 200 ans plus tard, des travaux routiers vont libérer le vampire assoiffée.

Pendant les deux tiers de Dark Shadows, on est quelque peu surpris par son aspect très pure comédie. Certes l’humour a toujours été très présent dans l’œuvre de Tim Burton. Mais il était souvent au 2ème, voire au 3ème degré, véhiculé essentiellement par une forme d’ironie. Là, il est beaucoup plus direct, proche de l’humour Scoobidoo si j’ai envie d’être un peu méchant. Parce qu’il faut bien avouer que ça fonctionne, mais assez mollement. Tout comme le scénario en fait.

Dark Shadows est en fait un film relativement paresseux. Tim Burton fait ce qu’il fait le mieux, frôle presque l’auto-parodie, mais sans forcément se fouler ! C’est sympa, mais très très loin des grands chef d’œuvres du réalisateur. L’histoire n’est pas non plus d’un intérêt fabuleux, les personnages sympathiques, mais guère enthousiasmants. Le tout manque quelque peu de rythme et si on ne s’ennuie pas, on ne trépigne pas non plus sur son siège.

Heureusement, le dernier tiers du film relève nettement le niveau. On retrouver le souffle épique que Tim Burton arrive si bien à insuffler dans ses films. On n’est pas tout à fait au niveau de Sleepy Hollow, mais au moins, on entre enfin totalement dans Dark Shadows. Ca s’anime nettement plus et emmène l’intrigue à un point qu’on aurait du atteindre beaucoup plus tôt. En effet, le film est quand même largement ralenti par des scènes ou péripéties inutiles, comme ce bal qui n’a d’autre intérêt que de voir le vrai Alice Cooper chanter en live.

Visuellement, Dark Shadows nous propose un univers connu de tous les fans de Tim Burton. Là encore, le réalisateur n’a pas vraiment cherché à innover ou à surprendre. Ce n’est pas forcément un problème en soi, mais cet aspect n’apporte du coup pas vraiment un plus, susceptible d’effacer totalement les défauts cités précédemment. Enfin tout cela reste très relatif, car dans l’absolu, ce film reste quand même très abouti visuellement.

darkshadowsSi Tim Burton a fait preuve de paresse dans Dark Shadows, il n’est pas le seul. Johnny Depp est lui aussi dans un registre très connu et guère surprenant. Il y a très certainement un lien de cause à effet, car on connaît la relation symbiotique entre les deux. A tel point qu’on peut se demander si la relation entre les deux n’était pas arrivé à son terme. Mais on peut faire confiance à ces deux purs génies pour savoir se renouveler très prochainement. La vraie star de ce film reste Michele Pfeiffer qui nous rappelle que même si on la voit moins et si l’âge fait son œuvre, elle reste toujours aussi charismatique et pour tout dire sublime. Enfin Chloe Moretz confirme encore et toujours tout le bien que je pense d’elle. Pour moi, une future géante !

Dark Shadows reste incontestablement un bon film sympathique et divertissant. Mais le problème avec le génie, c’est qu’il rend les fans exigeants. Et Tim Burton n’a pas tout à fait répondu à toutes nos exigences avec ce film.

Fiche technique :
Production : Warner Bros., Village Roadshow Pictures, San Curtis prod., The Zanuck Cy, GK Films, Infinitum Nihil, Tim Burton
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Seth Grahame-Smith, d’après la série TV de Dan Curtis
Montage : Chris Lebenzon
Photo : Bruno Delbonnel
Décors : Rick Heinrichs
Musique : Danny Elfman
Durée : 113 mn

Casting :
Johnny Depp : Barnabas Collins
Michelle Pfeiffer : Elizabeth Collins Stoddard
Helena Bonham-Carter : Dr Julia Hoffman
Eva Green : Angelique Bouchard
Jackie Earle Haley : Willie Loomis
Jonny Lee Miller : Roger Collins
Chloë Grace Moretz : Carolyn Stoddard
Bella Heathcote : Victoria Winters, Josette DuPres
Christopher Lee : Clarney

ET POUR QUELQUES SECONDES DE PLUS

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manchestercityLes moments les plus légendaires du sport sont souvent ceux où tout bascule à la dernière seconde. Alors que vous avez totalement perdu espoir, le destin bascule pour le plus grand des bonheurs. Au contraire, alors qu’il ne restait plus que quelques secondes avant le bonheur absolu, vous en êtes soudain privé et tout semble s’écrouler autour de vous. France-Bulgarie de 1993 et France-Italie de 2000 ont sont les deux parfais exemples opposés. Ce dimanche, les supporters de football ont eu à nouveau l’occasion de vivre de telles émotions.

Le final du championnat d’Angleterre a constitué un de ces moments de pure folie, où deux buts dans les arrêts de jeu ont permis à Manchester City de remporter le titre au détriment de Manchester United. Quand on connaît la rivalité, loin d’être amicale, entre les deux clubs et leurs supporters, je ne veux même pas imaginer dans quelle hystérie ont pu être plongés ces derniers. J’avoue, j’en ai même eu les larmes aux yeux. Pourtant, je me fichais bien de savoir lequel des deux allait être sacré. Simplement, le scénario fut si incroyable, si inattendu, si renversant, si intense qu’il nous transmettait un enthousiasme allant bien au-delà de l’attachement à un club. Il nous rappelait tout simplement pourquoi le football procure cette incroyable passion.

Quelques heures plus tard, pendant de longues secondes, j’ai tenu ma tête dans mes mains, abattu par une vraie déception. Montpellier venait de marquer le but de la victoire à la dernière seconde contre Lille. Au final, cela ne changera peut-être rien, mais les chances de voir le PSG devenir champion en ont été considérablement diminuées. Si le club de l’Hérault bat largement Auxerre, il n’y aura rien à regretter. Mais le scénario de dimanche soir a été cruel pour les supporters parisiens dont je fais partie. Là encore, c’est parce que tout a basculé à la dernière seconde que le résultat final est dur à accepter.

Si dimanche prochain, le PSG finissait champion par un but à la dernière seconde, l’émotion serait incommensurable. Mais si c’est l’inverse… Non, je ne veux même pas l’imaginer…

MON COMBAT, MA VICTOIRE !

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bastilleLe lundi 7 mai 2007, j’adhérais au Parti Socialiste. La veille au soir, Nicolas Sarkozy venait d’être élu Président de la République. Notre pays allait donc être dirigé pendant cinq ans par le fils spirituel de Patrick Balkany et Charles Pasqua, un homme croyant à la prédisposition génétique à la délinquance, un homme dont le programme économique était basé sur l’idée fausse que donner plus aux riches profite aux plus modestes. Autant d’éléments qui auraient du le disqualifier. Pourtant, il fut élu, plongeant l’autre moitié du peuple français dans l’abattement et la colère. Chez moi, ces sentiments se traduire par une volonté de m’engager pour que plus jamais un tel scénario puisse se répéter.

Au cours des quelques jours suivant, rien ne passa. Pourtant la campagne des législatives avaient commencé. J’ai alors eu l’occasion de croiser, en train de distribuer des tracts sur le marché, une des personnes les plus extraordinaires qu’il m’ait été donné de rencontrer. Cet homme s’appelait François Lemaire. 85 ans, militant socialiste depuis l’âge de 16 ans, qui gardait une énergie et un enthousiaste qui forçaient l’admiration. Il nous a depuis quitté, mais si ma vie de militant doit ressembler à celle de quelqu’un, c’est sûrement à la sienne.

Puis vint ma première réunion de section. Il est vrai que ce jour là, je me suis dit que décidément ce n’était pas la jeunesse au pouvoir au PS de Viroflay. Mais si la valeur n’attend pas le nombre des années, l’inverse est vrai. Ce fut ensuite la première distribution de tracts sur le marché, avant laquelle j’avais un vrai trac. Aujourd’hui, c’est devenu un acte presque anodin, mais j’apprécie toujours ces moments, où les mots d’encouragements valent cent fois mieux que les remarques désagréables que l’on peut entendre.

Ensuite, dès l’automne 2007, la préparation des municipales a commencé. J’étais encore un militant tout neuf, mais j’ai forcément été très impliqué lorsque l’on m’a proposé d’être troisième sur la liste et donc quasiment certain d’être élu. Le militantisme politique ne passe évidemment pas forcément par une fonction élective, mais il faut bien admettre que les exercer reste quand même le but ultime, car cela reste le seul moyen de voir ses idées réellement appliquées. Dans ma situation, membre de l’opposition, il est vrai que je suis dans une position un peu intermédiaire.

Le temps que me prend ma fonction de conseiller municipal peut paraître comme du temps perdu, tant la sociologie de Viroflay offre à la majorité actuelle toute latitude pour mener la politique qu’elle souhaite. Notre fonction de vigilance, d’aiguillon n’est sans doute pas la plus cruciale pour la marche du monde, mais elle me semble indispensable pour que la démocratie fonctionne pleinement. Car le maigre public qui assiste aux séances du Conseil Municipal montre bien à quel point l’action des élus locaux se déroule dans une certaine indifférence et on comprend aisément comme certaines équipes dans d’autres villes ont pu sombrer dans des pratiques inacceptables. La présence d’une opposition attentive et constructive se justifie donc pleinement.

La vie de militant politique est évidemment rythmée par les différences échéances électorales. Elles sont parfois internes au Parti Socialiste, mais ce ne sont certainement pas les plus intéressantes. Je considère surtout que ce sont des processus internes qui n’ont pas à être outre mesure médiatisés. Le tractage, le collage d’affiches font partie de l’action militante. Il est vrai que j’ai perdu un peu toute illusion quant à leur impact réel lorsque la liste socialiste a fait 12% aux dernières élections européennes à Viroflay, malgré notre mobilisation, alors qu’Europe Ecologie avait fait le double sans aucune distribution. On sait bien que tout ou presque se joue dans les médias à un niveau national. Cependant, montrer notre présence, discuter avec des Viroflaysiens sur les marchés nous permet de garder un contact avec nos électeurs et nos sympathisants, sans lequel certains pourraient être tentés d’apporter leur soutien à des formations politiques plus présentes.

Si la campagne des régionales nous avaient apporté beaucoup de satisfactions, avec un score historique de 48% pour la gauche à Viroflay, il vrai que c’est cette dernière campagne présidentielle qui restera le grand et beau moment de militantisme de mes cinq années au Parti Socialiste. Déjà parce que la mobilisation fut forte, avec quelques nouvelles recrues, mais surtout évidemment parce que la victoire fut au rendez-vous. Mais même sans cela, l’enjeu de cette élection poussait beaucoup de Viroflaysiens à venir nous témoigner encore plus que d’habitude leur soutien, leurs espoirs, leurs craintes aussi, nous exhortant à être plus combatif que jamais pour que notre pays change d’ère. Tous ces petits mots qui nous font dire que nous ne sommes pas seulement une petite quarantaine à croire naïvement que notre action à de l’importance. Pour tous ces gens, elle en a, pour tous ces gens, il faudra continuer aux législatives et encore au-delà.

Le 6 mai 2012 restera donc un moment historique pour notre pays, mais aussi un moment particulier dans mon existence. Pas forcément parce que j’avais l’impression d’avoir joué un rôle crucial dans ce qui s’est passé ce jour-là, mais parce que cette victoire donnait un sens à toutes ses heures passées à mener un combat qui peut sembler parfois un peu vain. La traversée de Paris entre Solférino et la Bastille, où notre cortège des militants était salué par des dizaines de Parisiens à leur fenêtre, partageant leur joie et leur enthousiaste. Cette foule d’anonymes partageant les mêmes aspirations rendait la démocratie bien vivante et démontrait qu’il n’est pas beaucoup de plus beau combat que celui qui consister à la faire vivre.

Evidemment, ma vie de militant ne va pas s’arrêter au bout de cinq ans, à 32 ans, après cette belle victoire. J’espère bien en connaître bien d’autres encore, même si je sais qu’elles seront aussi accompagnés de déceptions, de moments de tristesses ou d’indignations. Mais ces moments-là font également partie de ceux qui poussent à avancer et à redoubler d’ardeur dans le combat.

J’en suis la preuve.

AVENGERS : Marvel Greatest Hits !

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avengersafficheQuand on aime quelque chose, pourquoi ce contenter d’en avoir qu’une, quand on peut en avoir plusieurs pour le même prix ? Bah oui, c’est vrai, ça pourquoi ? Je ne suis évidemment pas là pour me lancer dans ce débat hautement philosophique, mais pour vous vous parler de Avengers, le film avec plein de super-héros dedans. Pas un, pas deux, mais encore bien plus que ça ! En tout cas, ce film représentait un des blockbusters le plus attendus de cette année. Et bien, les fans, et les autres, ne seront pas déçus !

Sous l’autorité du Shield, l’équipe du Professeur Erik Selvig essaye de maîtriser l’énergie du Cube Cosmique. Mais d’autres forces souhaitent s’en emparer. Elles parviennent à leur fin par l’intermédiaire de Loki. Notre monde est alors menacé de destruction. Nick Fury n’a alors d’autres choix que de faire appel à l’élite des super-héros : Captain America, Iron Man, Thor, Hulk. Mais pourront-ils travailler en équipe assez efficacement pour assurer notre survie ?

La première très bonne surprise de Avengers réside dans son scénario. Evidemment, comme tous les films de super-héros et j’ai presque envie de dire la plupart des films d’action, il ne brille pas par une complexité particulière. N’est pas Inception qui veut. Cependant, il reste riche en rebondissements et en petits à côté qui lui donnent beaucoup d’intérêt. De plus, il se tient, tout en étant rythmé à souhait ! On ne s’ennuie donc pas une seule seconde, sans se prendre la tête, mais sans non plus assister à un spectacle crétin et abrutissant.

Le charme d’Avengers tient avant tout dans ses personnages. Des personnages que l’on connaît déjà, par l’intermédiaire des films qui leur ont déjà été consacrés. Du coup, le film creuse leur personnalité, leurs motivation, leurs défauts, qui ressortent grâce à la confrontation avec ceux de leurs coéquipiers. Cela donne une vraie âme à cette histoire qui n’est pas qu’une suite de péripéties. On s’attache vraiment à cette fine équipe de manière plus affective que dans les productions où ils brillent en individuel.

S’il a toujours été assez présent dans les productions Marvel, l’humour est nettement plus mordant dans Avengers. En effet, il peut exploiter le ressort qui consiste à mettre en avant la rivalité un peu puérile qui naît entre ces super-héros. Cela les rend plus humains et apporte une bonne dose de second degré. Le film ne se prend pas totalement au sérieux et c’est salutaire. Il n’est cependant pas une parodie, mais une belle aventure parcouru d’un vrai souffle épique.

Evidemment, le cœur du film reste tout de même les scènes d’action. Avengers en propose deux réellement mémorables. Le final notamment est vraiment jouissif, nous démontrant une nouvelle fois que New York constitue encore et encore un des plus beaux décors de cinéma qui soit. Et quel plaisir de voir cette ville malmenée et ses immeubles subir les pires outrages ! La complémentarité entre les caractéristiques des différents héros est parfaitement exploitée, justifiant pleinement ce film qui est bien plus qu’une simple addition de personnages déjà exploités.

avengersLe casting est largement dominé par Robert Downey Jr. Son charme, son humour est un de pilier sur lequel repose Avengers. Ses coéquipiers sont nettement moins expressifs. Même Scarlett Johansson, Samuel L. Jackson et Mark Ruffalo au pedigree plutôt prestigieux se contentent d’une performance avant tout professionnelle. Par contre, du côté du méchant, Tom Hiddelson confirme le talent entrevu dans Thor.

Avengers est donc vraiment à la hauteur de l’attente engendrée. Un vrai grand film d’action et d’aventures qui séduira bien au-delà des fans purs et durs des super-héros.

P.S : comme d’habitude dans les films Marvel, une scène figure pendant le générique (et plus à la fin, ce que je trouve regrettable). Les fans de cet univers en ressortiront impatients et enthousiastes. Ne la ratez pas !

Fiche technique :
Production : Marvel Studios
Distribution : The Walt Disney Company France
Réalisation : Joss Whedon
Scénario : Joss Whedon, sur une histoire de Zak Penn et Joss Whedon d’après les comics Marvel The Avengers
Montage : Jeffrey Ford, Lisa Lassek
Photo : Seamus McGarvey
Décors : James Chinlund
Musique : Alan Silvestri
Effets spéciaux : Dan Sudick
Durée : 142 mn

Casting :
Robert Downey Jr : Tony Stark
Samuel L. Jackson : Nick Fury
Chris Evans : Steve Robers
Jeremy Renner : Barton
Scarlett Johansson : Natasha Romanoff
Chris Hemsworth : Thor
Mark Ruffalo : Bruce Banner
Stellan Skarsgard : Dr Erik Selvig
Tom Hiddleston : Loki

LE PLUS DUR COMMENCE

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hollandebastilleLe temps de la fête est désormais terminé. Le Champagne est bu, l’euphorie est retombée. La musique de la Bastille est désormais un lointain souvenir. Un beau souvenir, historique même, mais qui ne constitue en rien l’assurance de lendemains qui chantent. En effet, la tâche qui attend François Hollande est colossale. Passer du papier à la réalité, de l’idée au résultat représente toujours le plus difficile dans tous projets. Mais peut-être encore plus pour celui qui deviendra définitivement le Président de la République dans cinq jours.

La plus grande difficulté auquel il va faire face reste bien sûr que tout ne dépend pas de lui. Tous les yeux sont déjà tournés vers ce premier rendez-vous avec Angela Merkel, qui peut vraiment donner le ton du futur quinquennat. Cependant, les deux ont trop intérêt politiquement à trouver un accord pour que cela ne débouche sur rien, ou pire sur une réelle hostilité entre les deux chefs d’Etat. On l’oublie trop souvent, mais les jours de la chancelière allemande semble être comptés et elle pourrait connaître le même sort que Sarkozy l’année prochaine. Un gouvernement de gauche devrait succéder au sien, de manière quasi certaine si elle enlise l’Europe dans la crise. Il suffira alors à François Hollande de faire le dos rond en attendant un interlocuteur SPD bien plus conciliant.

Mais les difficultés sont aussi internes. Je ne parle pas là des législatives qui ne devraient pas poser de problème. Le plus cyniquement du monde, le bon score du Front National qui s’annonce peut entraîner une Assemblée Nationale rose comme jamais, avec une vraie majorité absolue pour les seuls socialistes. Mais le score plus serré que prévu aux présidentielles a montré combien le rapport de force pouvait varier en quelques jours des quelques pour-cents qui peuvent tout changer au final. Mais il n’y a pas de raison que la très bonne campagne présidentielle du PS ne soit pas suivie d’une tout aussi efficace pour les législatives.

En fait, François Hollande va se heurter à la même difficulté que connaissent tous les élus. Les seules promesses que l’on peut tenir avec certitude sont celles des actions, non celles des résultats. Nicolas Sarkozy peut en témoigner, lui qui a peut-être été le Président qui a appliqué son programme avec la plus grande fidélité. Mais les électeurs ne jugent pas sur l’application scrupuleuse d’un programme, mais sur ses effets, qui restent forcément incertains. Mais avec tous les étages du pouvoir, des communes à la Présidence, dominés par une seule et même formation politique, situation que notre pays n’a pas connue depuis plus de trente ans, François Hollande ne pourra guère se trouver d’excuse…

Le voilà condamné à réussir. C’est sans doute là une très bonne nouvelle pour notre pays !