
Zinos tient un restaurant minable près du port de Hambourg. Il va surtout connaître toute une série de déboires : une hernie, un contrôle fiscal, la perte de ses clients, sa copine qui part travailler en Chine et l’inspection des services d’hygiène qui vient lui demander de refaire sa cuisine. Mais Zinos a de la ressource, aidé, souvent contre son gré, par son frère qui vient de sortir de prison.
Soul Kitchen est un film à la fois drôle et attachant. Drôle car certaines situations sont vraiment hilarantes et attachant car on tombe amoureux des personnages. Ces derniers sont à ranger dans la rubrique « loosers sympathiques », pas si looser que ça si on en croit les trésors d’énergie et de débrouillardise qu’ils sont capables de déployer quand les circonstances l’exigent. Zinos est souvent dépassé par les évènements, mais jamais il ne baisse les bras et part à l’assaut de ses problèmes avec un enthousiasme communicatif.
Soul Kitchen ne paye pas de mine. Rien n’y est spectaculaire, ni le scénario, ni le casting. La caméra de Fatih Akin est élégante, mais sobre. Mais voilà, telle une recette de cuisine, ce film vaut bien plus que la somme de ses ingrédients. On se laisse juste charmer, on rit, on sourit, on espère avec les personnages. Ca reste léger, jamais lourd. Bref, tout simplement réellement divertissant, c’est l’essentiel, mais avec cette petite pointe d’humanisme qui donne un supplément d’âme et de charme à ce film.
Toutes ces qualités nous permettent aisément de pardonner les moments où le film patine un peu plus. Comme toutes les comédies (à part l’Arnacoeur !), Soul Kitchen est ponctué de petites baisses de rythme. Mais bon, l’histoire retrouve vite son souffle et on suit les mésaventures des deux frangins avec un enthousiasme qui ne faiblit que rarement. Certes, le film n’est pas inoubliable, mais nous offre un vrai moment de détente.

Soul Kitchen est donc typique d’un cinéma « indépendant » qui sait donner beaucoup avec peu, si ce n’est de l’imagination et du talent. Il permet aussi de montrer que Fatih Akin est un cinéaste très complet puisque son précédent succès, l’Autre Côté, était aussi très réussi, mais sur un ton beaucoup plus grave. Espérons que ces productions continueront à être distribuées en France et qu’elles seront dans la même veine.
Soul Kitchen est donc à mettre dans toutes les assiettes… et surtout devant tous les yeux !
Fiche technique :
Production : Corazon International, Pyramide Productions
Distribution : Pyramide Distribution
Réalisation : Fatih Akin
Scénario : Fatih Akin, Adam Bousdoukos
Montage : Andrew Bird
Photo : Rainer Klausmann
Décors : Rainer Klausmann
Son : Kai Lüde
Musique : Pia Hoffmann, Klaus Maeck
Durée : 99 mn
Casting :
Lucas Gregorowicz : Lutz
Adam Bousdoukos : Zinos
Moritz Bleibtreu : Illias
Anna Bederke : Lucia
Pheline Roggan : Nadine
Birol Ünel : Shayn
Wotan Wilke Möhring : Neumann
Dorka Gryllus : Anna

L’articulation entre ces deux dimensions était peut évidente à réaliser, car l’une est du ressort du divertissement, l’autre de l’information. Alors, La Révélation, nouvel avatar de l’infortainement ? Non, il s’agit plutôt d’une sorte de documentaire romancé, démarche beaucoup moins contestable intellectuellement. Le film ne dénonce pas pour divertir, il se sert de l’intrigue comme d’un vecteur. Du coup, le film reste agréable à suivre tout en étant particulièrement intéressant.
L’autre qualité de ce film repose sur son aspect musical. Les morceaux joués sont excellents et on peut aisément croire au succès de ce groupe. Ajouté à cela la sympathie évoquée précédemment, le spectateur a vraiment envie de les voir réussir. Du coup, en sentant que Laura va venir perturber, on ressent une certaine antipathie envers elle. On n’a qu’une seule envie, c’est qu’elle dégage et les laisse tranquille. Bon évidemment, si ça arrivait, le film n’existerait plus ! Mais on touche là la principale limite de ce film. 
Le couple fonctionne donc et du coup, le film aussi. Surtout n’allez pas voir dans Crazy Heart une comédie romantique. C’est un film sur la rédemption, sur le choix que l’on a toujours de se prendre en main plutôt que de se laisser aller. L’amour y joue un grand rôle, mais il n’est pas une fin en soi. Mais n’y voyez pas non plus un film contemplatif et psychologique à l’excès. C’est plutôt un mélange entre le road movie, la biographie, la comédie sentimentale et le film musical…
On pourra toujours répondre que le Rafle est tout de même très fortement chargé en émotion. Mais pouvait-il en être autrement ? Surtout que le film se concentre énormément sur le destin des enfants. Etre indifférent à leur sort serait tout simplement inhumain, surtout que, comme je l’ai déjà expliqué, le film nous rappelle bien qu’il s’agit de faits réels et, mine de rien, quasi contemporains. Mais encore une fois, il manque un petit quelque chose pour que l’émotion soit moins automatique. 

Derrière, le duo qui truste le haut de l’affiche, l’Arnacoeur nous offre aussi moult seconds rôles réjouissants. Au premier chef, les deux complices d’Alex, joués par François Damiens et Julie Ferrier. Leurs personnages sont nettement plus « premier degré », mais ils sont à l’origine de vrais moments d’hilarités qui ne dépareille pas dans le paysage. On notera aussi la présence de Jean-Yves Lafesse, mais également de Jacques Frantz… Mais qui est ce dernier me direz-vous ? Fermez les yeux et vous le reconnaîtrez immédiatement puisqu’il est la voix française de Robert De Niro et Mel Gibson. Ca fait plaisir de voir en vrai à l’écran (surtout pour les gens civilisés qui ont arrêté la VF depuis longtemps). Je ne peux pas malheureusement passer sous silence le ratage représenté par le personnage de la meilleure amie de la victime, jouée par Helena Noguerra. L’actrice n’a pas grand chose à se reprocher, mais son personnage est le seul vraiment lourdingue et mal maîtrisé. 
On complètera ce casting de très haut niveau par Kevin Spacey et Jeff Bridges, excusez du peu. Ils ne tiennent pas ici le rôle de leur vie, mais s’y attellent avec assez de talent pour que Les Chèvres du Pentagone soit à ranger dans les comédies sans prétention mais plutôt sympathiques. Elle aurait pu beaucoup y gagner en développant une critique sous-jacente du fonctionnement de l’armée américaine et de la guerre en Irak. Mais dans ce domaine, Grand Heslov a totalement manqué d’ambition et n’étoffe pas un propos qui n’est au final qu’une vague trame de fond. 
Mais la plus grande qualité de The Ghost Writer est d’être réalisé par un très grand réalisateur, Roman Polanski. Il y’a dans ce film un grand classicisme, mais un classicisme voulu et maîtrisé, et qui n’a rien à voir avec un manque d’imagination ou de créativité. Et puis, vous l’aurez déjà compris, l’important ici, c’est le scénario, la réalisation est ici faite uniquement pour le servir. Pas besoin d’esbroufe, ou de grands effets, de toute façon, le spectateur est trop absorbé par l’intrigue pour les remarquer.
Même le personnage de Nicola n’arrive pas à apporter un peu de gris dans le paysage noir et blanc de Le Rêve Italien. Pourtant, ce policier qui se prend de sympathie pour le groupe qu’il est chargé d’infiltré aurait pu conduire à une évolution intéressante. Mais on voit bien dès le début qu’il est policier par accident et qu’il est aussi motivé qu’un collégien pour un cours de techno à 16h le vendredi soir. Il n’y a donc aucune surprise dans sa conversion, les beaux yeux de Laura représentant évidemment une motivation bien suffisante.
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