SOUL KITCHEN : Tous à table !

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soulkitchenafficheDepuis quelques années, le cinéma allemand nous offre régulièrement de très bons films. Alors que les années 80-90 furent marquées par Wim Wenders, un réalisateur que j’admire beaucoup, mais qui donne souvent, avouons-le, dans le chiant, voire l’utrachiant. Les années 2000 nous ont refait découvrir que les Allemands savaient aussi rire et divertir. La décennie qui commence semble être partie sur le même rythme avec le très réjouissant Soul Kitchen.

Zinos tient un restaurant minable près du port de Hambourg. Il va surtout connaître toute une série de déboires : une hernie, un contrôle fiscal, la perte de ses clients, sa copine qui part travailler en Chine et l’inspection des services d’hygiène qui vient lui demander de refaire sa cuisine. Mais Zinos a de la ressource, aidé, souvent contre son gré, par son frère qui vient de sortir de prison.

Soul Kitchen est un film à la fois drôle et attachant. Drôle car certaines situations sont vraiment hilarantes et attachant car on tombe amoureux des personnages. Ces derniers sont à ranger dans la rubrique « loosers sympathiques », pas si looser que ça si on en croit les trésors d’énergie et de débrouillardise qu’ils sont capables de déployer quand les circonstances l’exigent. Zinos est souvent dépassé par les évènements, mais jamais il ne baisse les bras et part à l’assaut de ses problèmes avec un enthousiasme communicatif.

Soul Kitchen ne paye pas de mine. Rien n’y est spectaculaire, ni le scénario, ni le casting. La caméra de Fatih Akin est élégante, mais sobre. Mais voilà, telle une recette de cuisine, ce film vaut bien plus que la somme de ses ingrédients. On se laisse juste charmer, on rit, on sourit, on espère avec les personnages. Ca reste léger, jamais lourd. Bref, tout simplement réellement divertissant, c’est l’essentiel, mais avec cette petite pointe d’humanisme qui donne un supplément d’âme et de charme à ce film.

Toutes ces qualités nous permettent aisément de pardonner les moments où le film patine un peu plus. Comme toutes les comédies (à part l’Arnacoeur !), Soul Kitchen est ponctué de petites baisses de rythme. Mais bon, l’histoire retrouve vite son souffle et on suit les mésaventures des deux frangins avec un enthousiasme qui ne faiblit que rarement. Certes, le film n’est pas inoubliable, mais nous offre un vrai moment de détente.

soulkitchenLa vraie révélation de Soul Kitchen est Adam Bousdoukos qui porte réellement le film sur ses épaules. Là aussi, tout n’est pas totalement parfait, mais la performance est assez remarquable pour que le film fonctionne et que l’attachement du spectateur soit maximal. Mais c’est le casting tout entier qui est à saluer, avec un bravo particulier à Birol Unel, qui interprète un chef cuisinier particulièrement déjanté.

Soul Kitchen est donc typique d’un cinéma « indépendant » qui sait donner beaucoup avec peu, si ce n’est de l’imagination et du talent. Il permet aussi de montrer que Fatih Akin est un cinéaste très complet puisque son précédent succès, l’Autre Côté, était aussi très réussi, mais sur un ton beaucoup plus grave. Espérons que ces productions continueront à être distribuées en France et qu’elles seront dans la même veine.

Soul Kitchen est donc à mettre dans toutes les assiettes… et surtout devant tous les yeux !

Fiche technique :
Production : Corazon International, Pyramide Productions
Distribution : Pyramide Distribution
Réalisation : Fatih Akin
Scénario : Fatih Akin, Adam Bousdoukos
Montage : Andrew Bird
Photo : Rainer Klausmann
Décors : Rainer Klausmann
Son : Kai Lüde
Musique : Pia Hoffmann, Klaus Maeck
Durée : 99 mn

Casting :
Lucas Gregorowicz : Lutz
Adam Bousdoukos : Zinos
Moritz Bleibtreu : Illias
Anna Bederke : Lucia
Pheline Roggan : Nadine
Birol Ünel : Shayn
Wotan Wilke Möhring : Neumann
Dorka Gryllus : Anna

LA REVELATION : Il s’en passe de belles au TPI !

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larevelationafficheLe Tribunal Pénal International de La Haye fait partie de ces institutions que l’on connaît tous de nom, mais donc on ignore généralement à peu près tout. Et bien, cette ignorance peut être comblée en allant voir la Révélation, un film dano-néerlando-allemand, où les acteurs sont eux aussi de nationalités diverses. Bref, un film vraiment européen, qui mélange film politique et film de procès.

Hannah Maynard est procureur au TPI de La Haye, en charge de l’accusation de Goran Duric, ancien général dans l’armée serbe de Bosnie, très populaire dans son pays, mais accusé de crimes de guerre. Elle compte sur un témoin, Alen Hajdarevic, mais ce dernier va être discrédité et se suicide. Elle ne se décourage pas pour autant et se rend sur place pour convaincre la sœur du défunt de venir raconter la vérité. Mais elle va vite se heurter aux réalités locales… et aux réalisés de la diplomatie internationale.

Si on oublie le contexte politique, la Révélation est somme toute très classique. Un personnage qui se bat pour faire éclater la vérité malgré des pressions et des menaces diverses est un thème très souvent mis en scène. Mais quand c’est bien foutu, on ne s’en lasse pas cela permet aisément de maintenir un suspense. Ce dernier est ici bien présent, car le film s’ancre dans le réel et on se doute bien que le film ne se terminera pas sur un happy end, mais sera plus nuancé.

La Révélation est donc aussi un film avec un véritable fond. Il cherche avant tout à mettre en lumière des réalités trop souvent dans l’ombre de notre indifférence. Il peut être vécu comme une dénonciation, car on ne peut qu’être choqué par beaucoup d’éléments, mais il constitue plutôt un témoignage. Les faits parlent d’eux-mêmes, Hans-Christian Schmid a su éviter le lourdingue d’un film trop à charge au prix de l’objectivité. Il y’a une thèse dans ce film, mais elle est présentée avec discernement et sang-froid.

larevelationL’articulation entre ces deux dimensions était peut évidente à réaliser, car l’une est du ressort du divertissement, l’autre de l’information. Alors, La Révélation, nouvel avatar de l’infortainement ? Non, il s’agit plutôt d’une sorte de documentaire romancé, démarche beaucoup moins contestable intellectuellement. Le film ne dénonce pas pour divertir, il se sert de l’intrigue comme d’un vecteur. Du coup, le film reste agréable à suivre tout en étant particulièrement intéressant.

Cependant, niveau réalisation, la Révélation reste tout de même du cinéma de seconde zone. On est plus proche du bon téléfilm que de Kubrick. Ce n’est pas forcément handicapant en soi, l’intérêt est ailleurs, mais cela l’exclut des grands films « politiques », comme JFK ou la Liste des Schindler. On saluera néanmoins la belle performance de Anamaria Marinca, que l’on avait pu découvrir dans 4 mois, 3 semaines, 2 jours, le film roumain primé à Cannes. L’actrice néo-zélandaise, Kerry Fox, qui interprète la procureur livre elle une performance honnête, sans être enthousiasmante.

La Révélation nous plonge dans un sujet qui valait une telle mobilisation internationale. Mais trop limitée artistiquement, il en restera au stade du bon film intelligent qui mérite d’être vu, sans pour autant constituer du grand cinéma.

Fiche technique :
Réalisateur : Hans Christian Schmid
Scénariste : Hans Christian Scmid et Bernd Lange
Directeur de la photographie : Bogumil Godfrejow
Monteur : Hansjörg Weißbrich
Compositeur : The Notwist
Ingénieur du son : Patrick Veigel
Chef décorateur : Christian M. Goldbeck
Costumière : Steffi Bruhn

Casting :
Kerry Fox : Hannah Maynard
Anamaria Marinca : Mira Arendt
Stephen Dillane : Keith Haywood
Rolf Lassgard : Jonas Dahlberg
Alexander Fehling : Patrick Färber
Kresimir Mikic : Alen Hajdarevic
Tarik Filipovic : Mladen Banovic
Steven Scharf : Jan Arendt
Joel Eisenblätter : Simon Arendt
Wine Dierickx : Jule Svensson

BUS PALLADIUM : Mais pourquoi Dieu a-t-il crée la femme avant le rock !

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buspalladiumafficheVoilà un film que je n’aurais jamais du voir. Ayant raté mon train, je suis arrivé hyper à la bourre au ciné à la Défense et en prenant mon billet, je pensais aller voir Soul Kitchen. C’est en entrant dans la salle, alors que le film avait commencé et en entendant parler français que j’ai réalisé mon erreur. J’avais pris un billet pour Bus Palladium…

Lucas revient de Londres après un stage en architecture. Il retrouve ses potes d’enfance Philippe, Jacob, Mario et surtout Manu, dont il est inséparable depuis l’enfance. Leur groupe de rock Lust va rencontrer un succès grandissant au cours de cet été là, au point d’envisager de faire un album. Mais voilà, il y’a une femme… il y’a toujours une femme. Elle s’appelle Laura et elle va très vite venir perturber les liens d’amitié qui les unissent. Au point de remettre en question leurs rêves de gloire ?

Bon si mon erreur ne m’a pas conduit à venir m’ennuyer pendant une heure et demi devant un navet, elle ne m’a pas non plus offert un grand moment d’enthousiasme. Bus Palladium est typiquement le genre de film sympa un soir de pluie à la télévision. En payant, dans une salle obscure, c’est une autre paire de manche…

La principale faiblesse de ce film repose dans le personnage de Laura. Elle perturbe l’équilibre du groupe par son charme dévastateur, mais surtout parce que ses deux prétendants ne comprennent jamais vraiment très bien ce qu’elle veut. Le problème, c’est que nous non plus. Du coup, les rebondissements du film semblent survenir une peu au hasard, sans fil conducteur. Surprendre le spectateur, c’est bien. Le manque de sens, ça l’est moins.

Par contre, les personnages masculins fonctionnent très bien. Le couple « Lucas-Manu » est un peu caricatural, avec d’un côté le beau gosse sûr de lui et, de l’autre, le sentimental plus effacé. Mais tous nous inspirent une très forte sympathie du début à la fin. C’est vraiment cela qui donne du contenu à ce Bus Palladium. C’est un peu léger, mais ça suffit à rendre ce film tout de même regardable.

buspalladiumL’autre qualité de ce film repose sur son aspect musical. Les morceaux joués sont excellents et on peut aisément croire au succès de ce groupe. Ajouté à cela la sympathie évoquée précédemment, le spectateur a vraiment envie de les voir réussir. Du coup, en sentant que Laura va venir perturber, on ressent une certaine antipathie envers elle. On n’a qu’une seule envie, c’est qu’elle dégage et les laisse tranquille. Bon évidemment, si ça arrivait, le film n’existerait plus ! Mais on touche là la principale limite de ce film.

On sent dans la caméra de Christopher Thomson une grande nostalgie des années 80 et de sa propre jeunesse. Bus Palladium pourra donc toucher les gens de la même génération que lui. Pour un premier film, ça aurait pu être pire, mais force est de constater, qu’il n’est pas encore tout à fait au niveau de sa mère, Danièle Thomson, qui l’avait fait jouer dans son magnifique Fauteuil d’Orchestre. On sent tout de même un humanisme très familial, mais qui manque, dans ce film, d’un peu trop d’humour pour être vraiment délectable.

Bus Palladium ravira sûrement ceux qui ont rêvé devenir Indochine ou Téléphone quand ils avaient 20 ans. Les autres ne déborderont certainement pas d’enthousiasme.

Fiche technique :
Réalisateur : Christopher Thomson
Scénariste : Christopher Thomson et Thierry Klifa
Compositeur : Yarol Poupaud
Directeur de production : David Giordano
1er assistant réalisateur : Emilie Cherpitel
Directeur de la photographie : Rémy Chevrin

Casting :
Marc-André Grondin : Lucas
Arthur Dupont : Manu
Jules Pelissier : Jacob
Abraham Belaga : Philippe
Elisa Sednaoui : Laura
François Civil : Mario
Géraldine Pailhas : Prune Angelli
Naomi Green : Rizzo

CRAZY HEART : Bon comme un Kinder… Un Kinder country bien sûr !

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crazyheartafficheJe l’ai déjà dit plusieurs fois, mais s’il y’a une chose que j’adore vraiment, c’est aller voir un film sans avoir aucune idée de ce dont il peut bien parler. Ce fut mon cas quand je suis allé voir Crazy Heart, attiré par des critiques positives et surtout l’Oscar du meilleur acteur pour Jeff Bridges, un acteur que j’adore. Evidemment, j’ai pris un risque, mais j’ai eu raison de le prendre car ce film m’a beaucoup plu. Pour preuve, il m’aurais presque fait aimer la country…

Bad Blake est une légende de la musique country…que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. A 57 ans, il a depuis longtemps été éclipsé par Tommy Sweet, qui fut à une époque son protégé et son élève. Alors il parcourt les route de l’Amérique profonde pour des petits concerts entre bowling et piano-bar. Son seul compagnon : le whisky. Mais même sur cette mauvais pente, il réussi à séduire Jean, une belle journaliste, mère célibataire. Pourra-t-il arrêter sa propre chute pour donner une chance à leur histoire ?

Crazy Heart est un film à Oscar. Un rôle fait pour un acteur expérimenté qui y jouera la déchéance et la rédemption. Parfait pour être primé à Hollywood. Mais faut-il encore que l’acteur en question soit talentueux. Jeff Bridges est un vieux routier du cinéma américain, éternel second rôle, qui tient là une belle récompense, méritée pour une belle carrière. Après, on peut dire que c’était quelque peu programmé, mais le film n’en souffre pas pour autant.

Et puis Crazy Heart possède un atout de charme… Maggie Gyllenhaal. Bon, certes, ce n’est pas la femme de ma vie, puisque c’est Zooey Deschanel… Enfin, je compte sur vous pour ne pas le lui répéter, ça lui ferait trop de peine. En plus, si Zooey ne veut pas, je veux bien passer le restant de ma vie avec Maggie… Bon plus sérieusement, elle est encore une fois belle, charmante, sublime, magnifique… Et ses yeux… Ah ses yeux… On comprend aisément comment ce vieux solitaire soit tenté à l’idée de se ranger à ses côtés. Perso, c’est ce que je ferai. Mais malheureusement, je ne joue pas de country…

crazyheartLe couple fonctionne donc et du coup, le film aussi. Surtout n’allez pas voir dans Crazy Heart une comédie romantique. C’est un film sur la rédemption, sur le choix que l’on a toujours de se prendre en main plutôt que de se laisser aller. L’amour y joue un grand rôle, mais il n’est pas une fin en soi. Mais n’y voyez pas non plus un film contemplatif et psychologique à l’excès. C’est plutôt un mélange entre le road movie, la biographie, la comédie sentimentale et le film musical…

Car la musique joue un rôle très important dans Crazy Heart. Les scènes de concert sont nombreuses et les chansons interprétées souvent de bout en bout. On saluera d’ailleurs le talent de Jeff Bridges et Colin Farell, presque aussi doués derrière un micro que devant la caméra. Certes, il s’agit de country. Non, ne partez pas en courant. Car ici la musique colle tellement avec le décor et les personnages qu’elle passe tout seul. Elle est vraiment ici le symbole d’une culture dans laquelle baigne ce film et cette synergie est une des très grandes forces de ce film.

Crazy Heart n’est sûrement pas le film du siècle, mais un bon moment de cinéma… et de musique.

Fiche technique :
Production : Informant Media, Butcher’s Run Films, Fox Searchlight pictures
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Scott Cooper
Scénario : Scott Cooper, d’après le roman de Thomas Cobb
Montage : John Axelrad
Photo : Barry Markowitz
Décors : Waldemar Kalinowski
Musique : Stephen Bruton, T Bone Burnett
Durée : 111 mn

Casting :
Jeff Bridges : Bad Blake
Maggie Gyllenhaal : Jean Craddock
Robert Duvall : Wayne
Colin Farrell : Tommy Sweeet 

LA RAFLE : Une forme pas à la hauteur du fond

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larafleaffichePour s’attaquer à certains sujets quand on est cinéaste, il faut une bonne dose de courage. Avec la Rafle, Roselyne Bosch n’en a pas manqué en s’attaquant au récit d’un des épisodes les moins glorieux (doux euphémisme) de l’histoire de France, à savoir la rafle du Vel d’hiv’. L’exercice est délicat car on tombe facilement dans l’émotion facile. Le film n’en est malheureusement pas dénué, même si l’œuvre est à saluer.

Le 16 juillet 1942, la vie de Jo Weisman, 11 ans, bascule. La sienne ett celle d’une dizaine de milliers d’autres Juifs, raflés à Paris et conduit au Vélodrome d’Hiver. Mais ceci n’est qu’une étape. Mais une étape vers où ? Vers quoi ?

Un des principaux mérites de la Rafle est de montrer sans détour le rôle joué par le gouvernement de Vichy. Il nous rappelle que cette rafle fut une initiative française qui a largement devancé les exigences du régime nazi. Il n’oublie pas non plus que plus de la moitié des Juifs qui devaient être raflés n’ont pas été trouvés, ce qui démontre que l’image de « tous collabos » est loin d’être vrai.

Mais la Rafle se concentre évidemment avant tout sur ceux qui n’ont pas eu cette chance. Il nous montre leur parcours de manière parfois crue, sans être non plus d’une extrême violence. Certains passages sont néanmoins assez durs, sans jamais tomber dans un spectaculaire déplacé. Il y’a un vrai soucis de reconstitution historique fidèle. Le film cherche à être un témoignage, bien plus qu’une simple fiction. Et sur cet aspect-là, il n’y a vraiment rien à reprocher à ce film.

Si on est un peu méchant, on dira que la Rafle, c’est un peu la Liste de Schindler ou le Pianiste du pauvre. Roselyne Bosh n’est ni Spielberg, ni Polanski et a bien du mal à dépasser le niveau artistique d’un sympathique téléfilm de reconstitution. Mais un long métrage n’est pas tout à fait un documentaire et on est du coup quelque peu frustré. Si le casting est de qualité, la réalisation est elle sans grande imagination et pas vraiment à la hauteur du sujet.

larafleOn pourra toujours répondre que le Rafle est tout de même très fortement chargé en émotion. Mais pouvait-il en être autrement ? Surtout que le film se concentre énormément sur le destin des enfants. Etre indifférent à leur sort serait tout simplement inhumain, surtout que, comme je l’ai déjà expliqué, le film nous rappelle bien qu’il s’agit de faits réels et, mine de rien, quasi contemporains. Mais encore une fois, il manque un petit quelque chose pour que l’émotion soit moins automatique.

Le film souffre également de quelques autres faiblesses. La direction d’acteurs n’est pas non plus formidable. Seule Mélanie Laurent surnage vraiment et confirme toute l’admiration que j’ai pour elle. Le reste du casting est certes prestigieux, mais il manque un Adrien Brody comme dans le Pianiste pour sublimer tout ça. Et puis, il y’a quelques tics un peu horripilants. Les scènes avec Hitler sont par exemple toutes sur le même modèle. Elles commencent toutes par une scène de vie avant que Himmler n’arrive pour lui parler des Juifs. La seule différence, c’est qu’une fois, c’est à Berlin, une autre dans le Tyrol… Bref, là encore, Rosalyne Bosch n’a pas su faire preuve d’un talent artistique à la hauteur du propos.

La Rafle est donc un film à saluer pour son contenu, qui justifie à lui seul d’aller le voir. Même si la forme pêche un peu…

Fiche technique :
Production : Gaumont, Legende
Distribution : Gaumont Distribution
Réalisation : Rose Bosch
Scénario : Rose Bosch
Montage : Yan Malcor
Photo : David Ungaro
Décors : Olivier Raoux
Effets spéciaux : Thomas Duval
Durée : 115 mn

Casitng :
Melanie Laurent : Annette Monod
Jean Réno : Dr David Sheinbaum
Gad Elmaleh : Schmuel Weismann
Raphaëlle Agogué : Sura Weismann
Hugo Levardez : Joseph Weismann
Sylvie Testud : Bella Zygler
Anne Brochet : Dina Traube
Isabelle Gélinas : Hélène Timonier
Thierry Frémont : Capitiaine Pierret

SEULE LA VICTOIRE EST BELLE

regionales2010

regionales2010Vous l’aurez sûrement remarqué… Non en fait, c’est peu probable, mais bon, j’aime bien rêver parfois. Bref, je reprends. Vous l’aurez peut-être (c’est déjà mieux) remarqué, mais je n’ai pas du tout parlé des Régionales sur ce blog. J’avoue, c’était délibéré car j’aurais forcément du évoquer la victoire qui se dessinait et, par superstition, j’ai préféré m’abstenir.

A ce résultat, je vois trois explications :

– déjà, l’avantage du sortant. Mine de rien, ça compte car beaucoup d’électeurs non politisés ont tendance à voter pour l’élu déjà en place et qu’ils connaissent. Cet effet fut ici plus faible que pour une élection municipale, mais non nul.

– ensuite, la faiblesse de l’adversaire… Bon, là je ne parle même pas de notre cher et tendre gouvernement, mais bien de la campagne locale de l’UMP (évidemment, je parle de l’Ile de France, je n’ai pas été voir ailleurs). Les mauvais choix de campagne, des tracts ne parlant que du bilan de Huchon en termes mensongers, la brillante sortie sur Ali Soumaré… Bref, pour arriver à faire voter les Hauts de Seine majoritairement à gauche, fallait quand même pas être super brillant

– enfin, la campagne socialiste qui a été bonne. Il faut dire qu’après les Européennes, où on avait touché le fond à beaucoup de niveaux, on ne pouvait que faire mieux. Bon bilan déjà, bonne communication, bons tracts, bonne mobilisation… Bref une vraie bonne campagne, même si on sait bien que l’impact des actions militantes de terrain restent toujours limité. Mais bon, je me suis assez gelé les doigts ces deux derniers mois à distribuer des tracts pour avoir le droit de revendiquer une part, même infime, de responsabilité dans ce succès.

Et puis, la petite…grosse satisfaction, c’est le score à Viroflay. Certes, il se situe dans la droite lignée du reste de l’Ile de France, et nous ne sommes pas la seule commune à avoir affiché un score qui semblait jusque là inaccessible. 47,2% pour la gauche à Viroflay, c’est du jamais vu. Le précédent record dans nos archives étaient un 43,9%, à la Présidentielle de 1981. Evidemment tout ça est à relativiser et reproduire un tel score aux municipales est infiniment plus facile à dire qu’à faire. Enfin, ça donne un peu d’espoir.

Naturellement, il ne faut pas non plus oublier les deux mauvaises nouvelles de ce scrutin. L’abstention évidemment, même si le problème est plus ancien et plus profond que cette campagne. Mais bon, personnellement, je n’ai vraiment aucune mansuétude pour les abstentionnistes. Nous sommes une démocratie qui fonctionne, c’est une chance incomparable. Les élus portent bien leur nom, ils sont élus… Alors leurs décisions sont aussi les nôtres, qu’on le veuille ou non. Si les hommes politiques au pouvoir ne sont pas bons, ce sont nos critères de choix qui sont à revoir.. Enfin tout cela est un autre débat et méritera sûrement un billet à part.

L’autre mauvaise nouvelle réside dans le bon score du Front National. La bête immonde a la vie dure. Le plus surprenant est sa progression entre les deux tours alors que, traditionnellement, son score faiblit lors des seconds tours, beaucoup de ses électeurs se rabattant sur un vote utile. C’est dire à quel point la droite sarkoziste est rejetée par son propre camp. C’est dire aussi à quel point le con est un animal répandu parmi nous. Rien n’excusera jamais le vote FN !  

C’est avec impatience que l’on attendait la réaction du gouvernement après cette branlée historique (oui, allez je me lâche). Et il ne nous a pas déçu. A l’image du discours de l’UMP lors des soirées électorales à la télévision, c’est tout va bien, j’ai rien entendu, je ne change rien… A part Xavier Darcos… J’aurais jamais cru jamais avoir de l’empathie pour ce type, mais grâce à Sarko, c’est le cas. Il est très fort ! Sérieusement, mettre Eric Woerth aux affaires sociales, Monsieur « je ne remplace qu’un fonctionnaire sur deux et je vous emmerde ! » se situe entre la pure provocation et la connerie la plus profonde.

Pour finir, je citerai Pierre Moscovici qui ne voit pas comment Sarkozy pourrait gagner en 2012, mais qui voit encore très bien comment le PS pourrait perdre. Alors dès demain, le combat continue !

L’ARNACOEUR : La comédie française de l’année

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larnacoeurOui, je sais, nous ne sommes qu’en mars, je m’avance donc quelque peu. Mais je suis prêt à prendre les paris. Il y’a des comédies comme ça qui sont juste rythmées, drôles, divertissantes et enthousiasmantes, bref, juste parfaites. De plus, l’Arnacoeur a en plus un atout non négligeable : une scène culte.

Alex Tipi est un briseur de couple professionnel. Mais attention, avec une éthique. Il ne couche jamais et surtout, il ne s’attaque qu’aux femmes malheureuses. Malheureusement, il est aussi criblé de dettes auprès d’un personnage pas très recommandable qui demande à être remboursé fissa. Il se voit donc obligé d’accepter le contrat le plus difficile de sa carrière. Dix jours pour empêcher un mariage. Un seul hic : le futur mari a tout de l’homme idéal.

Pour qu’une comédie fonctionne, il faut trois choses : du rythme, du rythme et du rythme. S’ils sont réunis, on oublie facilement les quelques moments où cela marche moins bien et on pardonne les faiblesses du scénario. Avec l’Arnacoeur, vous aurez du rythme, du rythme et du rythme, aucun moment faible et un scénario, sans être hyper original, très bien foutu. Bref, que demander de plus…

…On peut demander Romain Duris ! Je pensais déjà beaucoup de bien de cet acteur et l’Arnacoeur n’a fait que le confirmer. Bien sûr, il est ici dans le rôle qu’il maîtrise le mieux, mais il nous déjà prouvé, avec De Battre mon Cœur s’est Arrêté, par exemple, qu’il savait jouer autre chose que le séducteur de ces dames. Et puis, il le fait tellement bien… Dans ce film, il est tout simplement génial et on ne se lasse pas une seule seconde de son numéro de Don Juan mythomane, dont la créativité et l’imagination n’ont d’équivalent que son aplomb au moment de mentir.

En face de lui, Vanessa Paradis m’a presque séduit. Et pourtant, ce n’était pas gagné vu qu’elle est exactement l’inverse de mon idéal féminin. Et face au talent et l’énergie de son partenaire, elle aurait pu facilement devenir invisible et transparente. Au contraire, elle lui tient la dragée haute et c’est l’équilibre entre ses deux personnalités est un des éléments les plus fondamentaux qui explique le succès de l’Arnacoeur. Sans cela, jamais le spectateur n’aurait ressenti un tel enthousiasme pour cette histoire, sentimentale malgré tout.

larnacoeur2Derrière, le duo qui truste le haut de l’affiche, l’Arnacoeur nous offre aussi moult seconds rôles réjouissants. Au premier chef, les deux complices d’Alex, joués par François Damiens et Julie Ferrier. Leurs personnages sont nettement plus « premier degré », mais ils sont à l’origine de vrais moments d’hilarités qui ne dépareille pas dans le paysage. On notera aussi la présence de Jean-Yves Lafesse, mais également de Jacques Frantz… Mais qui est ce dernier me direz-vous ? Fermez les yeux et vous le reconnaîtrez immédiatement puisqu’il est la voix française de Robert De Niro et Mel Gibson. Ca fait plaisir de voir en vrai à l’écran (surtout pour les gens civilisés qui ont arrêté la VF depuis longtemps). Je ne peux pas malheureusement passer sous silence le ratage représenté par le personnage de la meilleure amie de la victime, jouée par Helena Noguerra. L’actrice n’a pas grand chose à se reprocher, mais son personnage est le seul vraiment lourdingue et mal maîtrisé.

L’Arnacoeur nous offre également un vrai moment de bonheur et de magie cinématographique. Bien sûr, il vaut mieux avoir vu Dirty Dancing pour l’apprécier. Mais même sans cela vous pourrez être charmé par ces quelques pas de danse. Et tous ceux qui ont pleuré à la mort de Patrick Swayze trouveront en Romain Duris un digne successeur… Non, ne faites pas cette moue sceptique et courrez voir ce film pour vous en rendre compte par vous même.

Vous adorez Dirty Dancing ? Vous n’avez plus ri au cinéma depuis Very Bad Trip ? Vous trouvez Romain Duris super beau ? Vous aimez tous simplement les très bonne comédie ? Et bien, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Fiche technique :
Production : Quad films
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Pascal Chaumeil
Scénario : Laurent Zeitou, Jeremy Doner, Yoann Gromb
Montage : Dorian Rigal-Ansous
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Hervé Gallet
Musique : Klaus Badelt
Effets spéciaux : Julien Poncet de la Grave
Durée : 105 mn

Casting :
Vanessa Paradis : Juliette
Romain Duris : Alex
Julie Ferrier : Mélanie
François Damiens : Marc
Helena Noguerra : Sophie
Andrew Lincoln : Jonathan
Jacques Frantz : Van Der Becq
Jean-Yves Lafesse : Dutour

LES CHEVRES DU PENTAGONE : Mi-chèvre, mi-jedi

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leschevresdupentagoneafficheLa plupart des scénarios donnent l’impression de n’être que la réécriture d’idées déjà maintes et maintes fois exploitées. Cela ne les empêche pas d’être excellents et de donner de grands films, comme on n’a pu le voir avec The Ghost Writer. Mais de temps en temps, on tombe sur une histoire vraiment originale. Alors, même si le film souffre de quelques faiblesses, on lui pardonne et on passe un bon moment. C’est le cas avec Les Chèvres du Pentagone.

Bob Wilton travaille pour une feuille chou dans un bled paumé des Etats-Unis. Un jour, sa femme le quitte pour son rédacteur en chef. Dévasté, il part en Irak pour leur prouver sa valeur… sauf qu’il végète à la frontière en attendant une autorisation de rentrer sur le territoire. Par chance, il finit par tomber sur Lyn Cassidy qui le prendra avec lui pour une mission secrète en plein territoire irakien. Mais il ne s’agit pas là d’un soldat ordinaire, mais d’un « jedi » doté de pouvoirs parapsychologiques.

Bon, raconté comme ça, le pitch des Chèvres du Pentagone ne semble pas forcément être celui d’une comédie. C’est pourtant bien le cas, car les prétendus pouvoirs de Lyn Cassidy ne sont pas aussi évidents que ce qu’il semble affirmer. C’est un des principaux ressorts comiques du film de le voir expliquer tout ce qui se produit comme étant le résultat de ses facultés mentales. Il fonctionne plutôt bien, évidemment aidé par le talent de George Clooney, une nouvelle fois parfait. What else ?

Cependant, le principal reproche que l’on peut formuler envers Les Chèvres du Pentagone est un léger manque de densité. Comme on pouvait le craindre, l’ensemble des gags les plus percutants sont présents dans la bande-annonce. Mais si on fait abstraction de ça, et à fortiori si on ne l’a pas vue, on trouve dans ce film de vrais moments de bonheur et de vrais éclats de rire. On trouve aussi quelques références cinématographiques parfois cachées. On sourira notamment de voir Ewan McGregor s’entendre dire qu’il a en lui un jedi qui sommeille.

Bon, là j’en connais certaines (je ne les citerai pas afin de préserver leur anonymat) qui attendent le regard soupçonneux mon avis sur la performance du bel Ewan. Et bien…il est comme d’habitude… Non, mesdames, ça ne veut pas dire beau et talentueux, je suis navré, mais beau (ça je l’admets) et sans autre intérêt que celui d’être beau. Le problème, c’est que ce coup-ci, il est à côté de George Clooney qui lui est à la fois beau et talentueux.

leschevresdupentagoneOn complètera ce casting de très haut niveau par Kevin Spacey et Jeff Bridges, excusez du peu. Ils ne tiennent pas ici le rôle de leur vie, mais s’y attellent avec assez de talent pour que Les Chèvres du Pentagone soit à ranger dans les comédies sans prétention mais plutôt sympathiques. Elle aurait pu beaucoup y gagner en développant une critique sous-jacente du fonctionnement de l’armée américaine et de la guerre en Irak. Mais dans ce domaine, Grand Heslov a totalement manqué d’ambition et n’étoffe pas un propos qui n’est au final qu’une vague trame de fond.

Les Chèvres du Pentagone est donc un film à voir, mais à la télé ça sera aussi bien. Un film à revoir, c’est nettement moins sûr car si on enlève l’effet de surprise et l’originalité du scénario, il faut bien avouer que le tout reste quelque léger, malgré un casting de standing. Il ne constitue donc ni une réelle réussite, ni vraiment une déception. Comment ça je ne me mouille pas ? Attention, sinon j’arrête votre cœur d’un simple regard ! Y’en a qui font moins les malins d’un coup !

Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, BBC films, Smoke House, Westgate Film Services
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Grant Heslov
Scénario : Peter Straughan, d’après le livre de Jon Ronson
Montage : Tatiana S. Riegel
Photo : Robert Elswit
Décors : Sharon Seymour
Musique : Rolfe Kent
Durée : 94 mn

Casting :
George Clooney : Lyn Cassady
Ewan McGregor : Bob Wilton
Jeff Bridges : Bill Django
Kevin Spacey : Larry Hooper
Stephen Lang : Général Hopgood 

THE GHOST WRITER : Enfin des promesses tenues !

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theghostwriterafficheCes dernières semaines cinématographiques furent plutôt celle des déceptions. Deux films que j’attendais beaucoup qui m’ont plutôt laissé sur ma fin, à savoir Shutter Island et Nine. C’est donc avec une légère appréhension que je suis allé voir The Ghost Writer, le dernier film de Roman Polanski. Surtout que la presse est plus qu’unanime avec un 3,6/4 sur Allociné, une note que l’on voit extrêmement rarement. Mais cette fois, mon attente ne fut pas déçue… Et ça fait du bien !

Etre grassement payé pour être le nègre d’un ancien premier ministre britannique semble être le job rêvé. Mais quand vous savez que vous succédez à un homme qui a fini par se suicider, vous y réfléchissez à deux fois. Mais vous signez tout de même. Cependant, quand vous vous faites agresser dès la sortie de la maison d’édition, vous vous dites que vous vous êtes engagés sur un terrain dangereux.

Comme pour Shutter Island, j’ai vu le twist final de The Ghost Writer venir avant la fin… Cinq minutes avant la fin, quand toutes les pièces du puzzle étaient là. Evidemment, cela change tout, absolument tout. Au pire, j’aurais pu deviner quelques minutes plus tôt. Je me suis certes dit « merde, je suis con, j’aurais du y penser »… Mais je n’y ai pas pensé parce que le film est assez bien construit pour ne pas le permettre. Bref, un vrai et grand scénario à suspense, pas fondamentalement original, mais incontestablement de toute première qualité.

Un des principaux mérites du scénario de The Ghost Writer est d’être clair et, quand on y repense, relativement simple. Il ne multiplie pas les fausses pistes, mais fait simplement ressentir dès le début que quelque chose ne va pas, que certains personnages ne sont pas ce qu’ils paraissent à première vue, sans que l’on puisse savoir pourquoi. Bref, on nage en plein brouillard, un brouillard qui ne se lève jamais vraiment, jusqu’à ce que tout s’éclaire d’un coup. Mais pour autant, le spectateur ne se sent jamais perdu ou laissé à l’abandon. Il est guidé par un scénario clair qui l’emmène il ne sait où mais qui l’y emmène.

theghostwriterMais la plus grande qualité de The Ghost Writer est d’être réalisé par un très grand réalisateur, Roman Polanski. Il y’a dans ce film un grand classicisme, mais un classicisme voulu et maîtrisé, et qui n’a rien à voir avec un manque d’imagination ou de créativité. Et puis, vous l’aurez déjà compris, l’important ici, c’est le scénario, la réalisation est ici faite uniquement pour le servir. Pas besoin d’esbroufe, ou de grands effets, de toute façon, le spectateur est trop absorbé par l’intrigue pour les remarquer.

Et puis un grand réalisateur, c’est aussi un excellent directeur d’acteurs. Et là, la performance de Roman Polanski est de taille car il arrive à rendre Ewan McGregor… potable ! Excellent, ça aurait été surhumain, mais il est bon et c’est déjà énorme… Pas la peine de hurler les filles, je sais qu’il est beau, mais là je parle du talent dramatique. Mais bon, la vraie star de ce film est incontestablement Pierce Brosnan qui a toute la classe britannique que Ewan McGregor n’a pas… ce qui n’est pas peu dire ! Une mention spéciale également à Olivia Williams, particulièrement troublante.

Les déçus de Shutter Island doivent donc se précipiter pour aller voir The Ghost Writer. Et les autres aussi en fait !

Fiche technique
Production : RP Films, France 2 cinema, Elfte Babelsberg Film, Runteam
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Roman Polanski
Scénario : Roman Polanski, Robert Harris, d’après le livre L’homme de l’ombre, de R. Harris
Montage : Hervé de Luze
Photo : Pawel Edelman
Décors : Albrecht Conrad
Musique : Alexandre Desplats
Durée : 128 mn

Casting :
Ewan McGregor : the ghost-writer
Olivia Williams : Ruth Lang
Kim Cattrall : Amelia Bly
Pierce Brosnan : Adam Lang
Timothy Hutton : Sidney Kroll
Tom Wilkinson : Paul Emmett
Robert Pugh : Robert Rycart
James Belushi : John Maddox
Jon Bernthal : Nick Ricardelli
Elli Wallach : le vieil homme de l’île

LE REVE ITALIEN : Pas vraiment un film de rêve

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lereveitalienafficheL’année 68, l’année de tous les fantasmes. Une année mythique et historique. En France, bien sûr, avec son fameux mois de mai, mais un peu partout en Europe et dans le monde. Et en Italie également, puisque l’année 68 transalpine constitue le cadre de Le Rêve Italien, qui raconte les manifestations étudiantes et syndicales qui l’auront marquée.

Sous l’impulsion de Libero, l’université de Rome se soulève et se met en grève pour protester contre la guerre au Viêt-Nam et, accessoirement, changer la société dans son ensemble. Ce mouvement entraînera Laura, issu d’une famille bourgeoise qui goûte fort peu les penchants révolutionnaires de leur fille. Enfin, Nicola est policier. Jeune et beau, il est chargé d’infiltrer le mouvement étudiant. Entre les trois se noueront des passions qui ne seront pas que politiques.

Avant d’être un film historique, Le Rêve Italien est avant tout une histoire de triangle amoureux, sujet éternel et qui n’a pas fini de nourrir les scénarios et les romans. Evidemment, les sentiments seront fluctuants et plein de rebondissements, sinon il n’y aurait pas de film. Mais ici, il manque les explications et les éléments déclencheurs de ces revirements brusques. On passe plusieurs fois d’un sentiment à l’autre sans que l’on sache vraiment pourquoi. Je sais bien que l’amour est volatile, mais enfin, ceci constitue quand même le principal élément du récit, il aurait donc été bon qu’il soit cohérent, fouillé et intéressant.

L’intérêt aurait alors pu jaillir de la reconstitution historique de cette fameuse année 68. Mais là encore, Le Rêve Italien se plante. D’un côté, le monde des étudiants révolutionnaires sympathiques, engagés et solidaires, de l’autre l’Etat et à la police intolérante, répressive et violente. Bref, un manichéisme pas très subtil qui n’apporte rien à la compréhension de cette époque. Si cela n’avait constitué qu’une toile de fond discrète, cela aurait pu ne pas poser de problème. Mais malheureusement, le contexte historique est omniprésent et alourdit donc plutôt le film.

lereveitalienMême le personnage de Nicola n’arrive pas à apporter un peu de gris dans le paysage noir et blanc de Le Rêve Italien. Pourtant, ce policier qui se prend de sympathie pour le groupe qu’il est chargé d’infiltré aurait pu conduire à une évolution intéressante. Mais on voit bien dès le début qu’il est policier par accident et qu’il est aussi motivé qu’un collégien pour un cours de techno à 16h le vendredi soir. Il n’y a donc aucune surprise dans sa conversion, les beaux yeux de Laura représentant évidemment une motivation bien suffisante.

La seule chose qui sauve le Rêve Italien, ce sont ses personnages. Malgré leur manque d’épaisseur et de finesse, on se prend de sympathie pour eux bien au-delà de leur combat politique. On le doit notamment à une interprétation de qualité, notamment Luca Argento, qui interprète Libero, dont le charisme est évident. On appréciera également l’apparition de Laura Morante dont le talent n’a d’égal que le charme et la beauté.

Le Rêve Italien fera peut-être revivre une époque aux nostalgiques… Mais je doute que cette époque revive vraiment à travers ce film plutôt médiocre.

Fiche technique :
Réalisateur : Michele Placido
Scénariste : Doriana Leondeff, Angelo Pasquini et Michele Placido
Chef décorateur : Francesco Frigeri
Costumier : Claudio Cordaro
Compositeur : Nicola Piovani
Monteur : Consuelo Catucci
Directeur de la photographie : Arnaldo Catinari

Casting :
Riccardo Scamarcio : Nicola
Jasmine Trinca : Laura
Luca Argentero : Libero
Massimo Popolizio : Domenico
Laura Morante : Maddalena
Dajana Roncione : Isabella