ALICE AU PAYS DES MERVEILLES : La nouvelle merveille de Tim Burton

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aliceaupaysdesmerveillesafficheLe Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton a profondément divisé l’opinion à sa sortie. De mon côté, j’avais plutôt retenu les avis défavorables, alors je m’y suis rendu avec une certaine appréhension. Et bien, au final, j’ai été…roulement de tambour…suspense intense…insoutenable même… je sais je suis cruel… et sinon il fait beau chez vous ?…quoi ? vous attendez ?… oui mais quoi ?…ah oui, c’est vrai, ma réaction…enthousiasmé !

Alice Kingsleigh est désormais une jeune fille de 19 ans, qui a tout oublié du Pays des Merveilles où ses rêves l’entraînaient enfant. Son entourage imagine pour elle une vie tout ce qu’il y’a de plus conformiste. Devant une proposition en mariage qui ne l’enthousiasme guère, elle s’enfuit dans les bois à la poursuite d’un étrange lapin. Ce dernier la guide vers un monde qui l’attend comme la sauveuse, alors que la Reine Rouge y a pris le pouvoir et y fait régner la terreur. Mais la jeune fille souhaite surtout se réveiller et quitter ce monde qu’elle pense imaginaire.

De mon point de vue, Alice au Pays des Merveilles confirme, qu’après Sweeney Todd, le grand Tim Burton est bien de retour. Oubliés les Planète des Singes et autres Big Fish à moitié ratés plus qu’à moitié réussis. Il nous offre ici du beau et du grand cinéma, spectaculaire et grandiose, passionnant et imaginatif. Bon bien sûr, il s’est quelque peu réapproprié un mythe pour le recuisiner à sa sauce. Mais le plat est savoureux, alors ne crachons pas dans la soupe. Ok, j’arrête là les métaphores culinaires.

En fait, le titre de ce film est un peu usurpé. Il aurait du s’appeler le retour d’Alice ou Alice 2, la revanche… En tout cas, ce n’est pas du tout une adaptation des romans de Lewis Caroll mais une histoire originale qui se situerait plus tard. Un peu comme le Hook de Spielberg avec Peter Pan. Alors après évidemment, les puristes peuvent crier au scandale, je l’ai déjà fait pour d’autres choses, mais ce coup-ci, ça ne m’a absolument pas dérangé.

Tim Burton a donc posé son empreinte sur Alice au Pays des Merveilles et en a fait une histoire beaucoup plus sombre, à des années-lumières du dessin-animé de Walt Disney. Evidemment, on peut encore une fois trouver ça quelque peu contraire à l’esprit de l’histoire originale, mais on va clore le débat pour le reste de cette critique si vous le voulez bien. En fait, ce film est surtout fait de contrastes entre les différents décors, parfois apocalyptiques, parfois hyper colorés. C’est ce qui fait sa richesse, surtout que chacun est hyper travaillé et regorge de détails savoureux.

De toute façon, me direz-vous, on ne pouvait pas trop attendre de Tim Burton un film bâclé visuellement. Là, ça n’aurait pas été une déception mais un cataclysme. Il n’a pas eu lieu. Mais pour faire un grand film, il faut aussi une grande et belle histoire. Le scénario de Alice au Pays des Merveilles est plein de rebondissements, de surprises, de rythme, d’aventures, le tout parcouru par un vrai souffle épique. On pourra éventuellement lui reprocher un léger manichéisme, mais c’est souvent le propre des épopées.

aliceaupaysdesmerveillesAlice au Pays des Merveilles nous offre une galerie particulièrement fournie de personnages. Parmi les « gentils », on retrouve bien sûr Alice, interprétée par la jeune Mia Wasikowska, qui fait preuve d’une vraie personnalité. Son rôle prend surtout de l’épaisseur au fur et à mesure que s’avance l’histoire, que sa confiance en elle grandit. L’affection que l’on ressent pour elle grandit en parallèle avant un final où tout cela prendre sa pleine dimension.

Son principal compère à l’écran est évidemment Johnny Depp, l’acteur de toujours de Tim Burton (d’ailleurs, ses deux plus mauvais films furent ceux où la collaboration cessa… allez, je m’abstiendrai de faire une remarque sur Ewan McGregor dans Big Fish). Son personnage de Chapelier Fou manque peut-être un tantinet de subtilité, mais il le sublime avec son talent habituel, ce qui n’est pas peu dire. Elément comique et fantaisiste dans cet univers assez sombre, il a parfois du mal à trouver le ton juste, mais sa performance reste néanmoins formidable.

Les « méchants » ne s’en laissent pas compter avec un duo Helena Bonham Carter et Crispin Glover, alias la Reine Rouge et le Valet, dont la relation ambiguë constitue l’élément le plus subversif de ce film. Cela reste ténu, mais empêche Alice au Pays des Merveilles de n’être qu’un pur divertissement spectaculaire. Helena Bonhman Carter est également en train de devenir une des actrices fétiches du réalisateur et c’est tant mieux, vu son immense talent.

Enfin, un Tim Burton ne serait pas un Tim Burton dans la musique de Danny Elfman. Cette dernière est peut-être un peu plus discrète qu’à l’habitude, mais elle n’en constitue pas moins une nouvelle preuve de l’immense talent de ce compositeur.

Alice au Pays des Merveilles peut sans doute dérouter par une réécriture du mythe quelque peu éloigné de l’original. Mais il n’en reste pas moins un grand Tim Burton, et donc un grand moment de cinéma.

P.S : Inutile de voir ce film en 3D. Il n’a pas été pensé pour cela et ça se voit ! N’est pas Avatar qui veut…

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Tim Burton, Joe Roth, Jennifer Todd, Suzanne Todd, Richard D. Zanuck
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Linda Woolverton, d’après l’oeuvre de Lewis Carroll
Montage : Chris Lebenzon
Photo : Dariusz Wolski
Décors : Karen O’Hara, Peter Young
Son : William B. Kaplan
Musique : Danny Elfman
Effets spéciaux : Michael Dawson
Maquillage : Susan Stepanian
Directeur artistique : Stefan Dechant, Tim Browning, Todd Cherniawsky, Andrew L. Jones, Mike Stassi, Christina Ann Wilson
Durée : 109 mn

Casting :
Mia Wasikowska : Alice
Johnny Depp : le Chapelier Fou
Helena Bonham-Carter : la Reine Rouge
Anne Hathaway : La reine Blanche
Crispin Glover : la Valet
Tim Pigott-Smith : Lord Ascot
Lindsay Duncan : Helen Kingsleigh
Frances de la Tour : la Tante Imogène
Matt Lucas : Tweedledee / Tweedledum

MY OWN LOVE SONG : Naïf mais tellement touchant

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myownlovesongafficheQuand j’ai vu la bande-annonce de My Own Love Song, je m’étais dit que je n’irai sûrement pas le voir. Et si j’avais lu les critiques avant ce samedi, j’y aurais définitivement renoncé. Mais voilà, je me suis quand même retrouvé devant un écran pour le voir, finalement attiré par le casting et les horaires qui allaient bien. Et bien que je comprenne les critiques formulées, j’ai vraiment été charmé par le premier film hollywoodien du réalisateur de la Môme.

Jane et Joey sont deux accidentés de la vie. La première est une ancienne chanteuse qu’un accident de voiture a envoyé dans une chaise roulante. Le second est un ancien pompier qui a vu mourir sa famille dans un incendie et qui depuis parle aux fantômes et aux anges. Ils se sont connus à l’hôpital et depuis se soutiennent. Un jour, ils se retrouvent sur la route à l’initiative de Joey qui veut amener son amie à revoir son fils qu’elle a abandonné après son accident.

La principale de My Own Love Song est sa naïveté. Effectivement, c’est indéniable, ce film est un conte humaniste d’un optimisme naïf. Le ton se veut clairement positif, et quand les personnages doutent, on sait pertinemment qu’ils trouveront les réponses. Certes, il existe un léger suspense sur les retrouvailles ou non de Jane avec son fils, mais il n’est pas réellement insoutenable, avouons-le. Bref, des fois on se demande parfois où est la marmotte qui met le chocolat dans le papier d’alu.

Je peux donc comprendre que ce film soit tout à fait insupportable pour certains. Si on ne rentre pas dans l’histoire, si on ne s’attache pas solidement aux personnages, il est évident que l’on ne verra que la naïveté et les bons sentiments qui peuplent My Own Love Song. Par contre, si ces deux doux dingues vous touchent et que vous avez envie de les voir retrouver l’équilibre dans leur vie, alors vous prendrez un immense plaisir à les suivre sur ce chemin, un peu cousu de fil blanc peut-être, mais qui constitue un très beau voyage.

myownlovesongEt puis, au-delà du fond, c’est par la forme que My Own Love Song est remarquable. Olivier Dahan a vraiment accompli un gros travail sur la photographie. L’image a ici un sens et cherche à enrichir le propos. Là aussi, on pourra peut-être lui reprocher une certaine naïveté, mais il fait incontestablement également preuve d’une grande maîtrise technique et d’un grand sens de la composition. Il vise à amplifier l’émotion véhiculée par l’histoire et y arrive très bien. En tout cas, ça a particulièrement bien marché sur moi.

Un autre vecteur d’émotion est bien sûr le jeu des acteurs. Et là encore, on peut tout aussi bien trouver ça magnifique qu’horripilant. Si la performance de Renée Zellwiger ne souffre d’aucune contestation quant à sa qualité, il est vrai que le numéro de Forest Whitaker en débile léger bègue peut vite devenir exaspérant si on n’a aucune affection pour le personnage. Soit on y croit, soit on trouve ça artificiel et très certainement un tantinet ridicule.

Par contre, ce qui fera à coup sûr l’unanimité à propos de My Own Love Song, c’est sa bande-originale, signée Bob Dylan himself. Sa musique, et la musique en générale, est très présente dans tout le film et constitue un autre vecteur d’émotion et pas le moins efficace. Les deux moments où Renée Zellweger pousse la chansonnette sont d’ailleurs les moments les plus poignants du film. Là-encore, certains les trouveront peut-être trop attendus pour être réellement émouvant, mais en tout cas les chansons sont assez belles pour valoir le coup d’être entendues.

My Own Love Song est typiquement le film que l’on adore ou que l’on déteste. Personnellement, j’ai adoré et j’espère que vous serez nombreux à faire comme moi.

Fiche technique :
Production : Legende films
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Olivier Dahan
Scénario : Olivier Dahan
Montage : Richard Marizy
Photo : Matthew Libatique
Décors : Jan Roelfs
Musique : Bob Dylan
Effets spéciaux : Seb Caudron
Costumes : Marie-Sylvie Deveau
Durée : 105 mn

Casting :
Renee Zellweger : Jane
Forest Whitaker : Joey
Elias Koteas : Dean
Madeline Zima : Billie
Nick Nolte : Caldwell
Renee Zellweger : Jane
Forest Whitaker : Joey
Elias Koteas : Dean
Madeline Zima : Billie
Nick Nolte : Caldwell

LE CHOC DES TITANS : Choquant de médiocrité

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lechocdestitansafficheLe Choc des Titans est un film qui compte vraiment pour moi. C’est un des films à l’origine de mon amour un tantinet passionnel et compulsif pour le cinéma. Alors que je n’étais qu’un petit garçon, je l’avais vu plusieurs fois en quelques jours, trouvant ces aventures mythologiques extraordinaires et n’avais rien à secouer de ces effets spéciaux déjà kitchs même pour l’époque. Mais évidemment, je parle là de la version originale, qui date de 1981. Le présent avis porte sur le remake qui vient de sortir ces jours-ci sur nos écrans. La bande-annonce me faisait craindre le pire, mais je ne désespérais pas que l’effet madeleine joue son rôle à plein. Espoir bien déçu…

Les Dieux de l’Olympe ont besoin des prières des hommes pour continuer à vivre. Mais ces derniers se rebellent contre leurs créateurs. Hadès propose alors à Zeus de les faire revenir vers eux par la peur. La peur du Kraken, le monstre terrifiant qui avait vaincu les Titans. Mais un homme, Persée, va tenter de sauver la ville d’Argos menacée de destruction. Mais peut-il être le sauveur de l’humanité alors qu’il est lui-même un demi-Dieu ?

Le Choc des Titans n’est même pas mauvais, c’est bien pire que ça. Il est juste médiocre. Une médiocrité qui touche tous les éléments de ce film qu’ils soient techniques ou artistiques. Par quoi commencer ? Le scénario qui ne réserve aucune surprise ? La direction d’acteurs inexistante ? Les effets spéciaux parfois limites ? La photographie dont la platitude ferait passer les Pays-Bas pour les premiers contreforts des Alpes ? Bref, il n’y a rien pour sauver le film, pas la moindre étincelle.

J’ai rarement vu un film à ce point dépourvu d’âme. Ce n’est même pas un gros navet. Un gros navet a souvent au moins une once de personnalité, qui sombre dans le ridicule certes, mais qui confère au film un intérêt intellectuel, même minime. Là, on n’a même pas le droit à cela, il y’a que vide et néant. On ne s’ennuie pas vraiment, l’action est là, mais jamais le moindre enthousiasme ne naît. Le Choc des Titans ne parle pas à notre imagination. Et quand on adapte de la mythologie, c’est quand même un comble.

lechocdestitansDe ce lamentable gâchis, on peut désigner un responsable. Et malheureusement, il est français. Le travail de Louis Leterrier ne mérite pas une once de respect. A la question « pourquoi arrivez-vous à travailler à Hollywood ? », il répond très honnêtement que c’est parce qu’il est le seul réalisateur français à savoir s’aplatir comme une carpette devant les producteurs. Et ce type se dit être un artiste ? Son film est une merde tout à fait à l’image de sa réponse, lamentable. Je vais citer une phrase remarquable que j’ai pu lire sur le site Ecran Noir : Louis Leterrier avait un sujet en or, il l’a transformé en plomb.

Pour preuve, il aura réussi à offrir à Liam Neeson et surtout Ralph Fienes les plus mauvais rôles de leur carrière. La performance de ce dernier est tellement pathétique qu’on ne peut imaginer que cela soit vraiment de sa faute, vu l’immense talent de cet acteur. On n’a pas vu un tel gâchis de talent depuis Jeremy Irons dans Donjons et Dragons… Ceux qui ont vu ce nanar comprendront la force de la comparaison. Et que dire de l’apparition de Mouloud, le sympathique amuseur du Grand Journal. Qu’il soit copain avec Louis Leterrier, tant mieux pour lui. Que ça lui octroie un rôle dans une telle superproduction est une nouvelle fois lamentable, tant son apparition, heureusement limitée, prouve à quel point il n’a vraiment rien à faire là.

Bon allez, je m’arrête là car je pourrais en déblatérer des heures sur ce film. Le Choc des Titans est tout simplement honteux de médiocrité. A côté de Louis Leterrier, Roland Emmerich, c’est Kubrick, c’est dire…

Fiche technique :
Production : Warner Bros. Pictures, Legenray Pictures, Thunder Road Film/Zanuck Compagny
Distribution : Warner Bros. Enterntainement France
Réalisation : Louis Letterier
Scénario : Travis Beacham, Phil Hay, Matt Manfredi
Montage : Vincent Tabaillon, David Freelan
Photo : Peter Menzies, JR.
Format : 35mm
Décors : Martin Laig
Musique : Ramin Djawadi
Effets spéciaux : Nick Davis
Maquillage : Jenny Shircore
Durée : 107 mn

Casting :
Sam Worthington : Persée
Liam Neeson : Zeus
Mads Mikkelsen : Draco
Ralph Fiennes : Hades
Alexa Davalos : Andromède
Luke Evans : Apollon
Gemma Arterton : Io
Jason Flemyng : Clibos/le Roi Acrisius
Danny Huston : Poseidon

MENSONGES ET TRAHISONS ET PLUS SI AFFINITES : Même réchauffé, c’est succulent !

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mensongesettrahisonsafficheIl y’a parfois des films que l’on a vraiment adoré, mais que du coup, on a un peu peur de revoir. C’est souvent le cas des comédies où l’effet de surprise joue forcément un grand rôle. Un gag dont on connaît la chute perd forcément de son charme. A sa sortie, j’avais été enthousiasmé par Mensonges et Trahisons et plus si Affinités. C’est donc avec une petite appréhension que je l’ai revu en DVD. Et bien, mes craintes étaient superflues ! C’est presque encore meilleur la deuxième fois.

Raphaël a du talent, mais peu de gens le savent. En effet, il est nègre pour tout un tas de stars qui n’ont rien à dire, mais dont il transforme les vies pour les rendre dignes d’intérêt. Il a bien écrit un roman, mais froid et impersonnel, il a été rudement rejeté par tous les éditeurs. Alors il préfère l’anonymat. Pourtant, sa copine, Muriel, fait tout pour le pousser à écrire de nouveau un vrai roman. Un jour, il accepte de rédiger la biographie du capitaine de l’Equipe de France de football, avant de s’apercevoir que ce dernier sort avec un de ses anciens amours ratés de jeunesse.

Vous aimez Friends et Bénabar ? Bref, vous adorez les histoires de trentenaires célibataires urbains ? Et bien Mensonges et Trahisons et plus si Affinités est fait pour vous ! En fait, même si vous ne correspondez pas du tout à cette description, ce film est quand même fait pour vous car il est drôle, vraiment drôle et c’est bien suffisant pour une comédie. Mais il est même un peu plus que ça, car il est aussi vraiment bien senti, et les célibataires urbains de 30 ans (mais c’est moi ça !) s’y reconnaîtront plus d’une fois.

Mensonges et Trahisons et plus si Affinités est aussi l’occasion d’admirer le talent comique d’Edouard Baer. Et là, j’en entends déjà s’écrier qu’ils ont eu moult occasions de l’admirer et qu’ils ne voient pas ce qu’il y’a d’exceptionnel ici. Mais là je vous parle d’un Edouard Baer parfaitement dirigé, cadré, maîtrisé. Bref, pas dans son numéro de cabotin habituel, savoureux s’il en est, mais que l’on connaît un peu par cœur. Une vraie performance d’acteur, mais qui ne lui fait perdre en rien sa force et son talent.

mensongesettrahisonsD’ailleurs, au-delà de l’excellent scénario de Mensonges et Trahisons et plus si Affinités qu’il a signé, le plus grand mérite de Laurent Tirard repose dans sa magistrale direction d’acteurs. Maîtriser un « monstre » comme Edouard Baer est déjà une grand performance. Mais tout le casting est au diapason. Clovis Cornillac est lui aussi génial, Marie-Josée Croze est terriblement charmante et Alice Taglioni joue… Oui oui, elle ne se contente pas d’être belle ! Il faut dire qu’elle est assez belle pour que cela soit suffisant, mais là c’est encore mieux !

Laurent Tirard a également su insuffler dans Mensonges et Trahisons et plus si Affinités l’ingrédient indispensable à toutes les comédies : le rythme. Comme je l’ai évoqué, jamais il ne laisse Edouard Baer se lancer dans un cabotinage paresseux. Mais c’est tout le scénario qui est mené de mains de maître pour se dérouler sans temps morts. Les rebondissements s’enchaînent à la manière d’un vaudeville, mais tout en gardant une finesse et une subtilité bien supérieure.

Mensonges et Trahisons et plus si Affinités est en fait un concentré de quotidien et d’humour, le tout bien secoué. Bref un délicieux cocktail.

P.S : Pour toutes les fans d’Ewan ayant vu The Ghost Writer, sans vouloir les contrarier, mais Edouard Baer reste quand même de loin le meilleur nègre…

FIche technique :
Production : Fidélité, Europacorp, TF1 Films, Canal +, TPS Star
Distribution : EuropaCorp
Réalisation : Laurent Tirard
Scénario : Laurent Tirard, Grégoire Vigneron
Montage : Valérie Deseine
Photo : Gilles Henry
Décors : Alain Guffroy
Son : Eric Devulder, Pierre Lorrain
Musique : Philippe Rombi
Costumes : Martine Rapin
Maquillage : Carmen Arbues-Miro
Durée : 90 mn

Casting :
Edouard Baer : Raphaël
Marie-Josée Croze : Muriel
Clovis Cornillac : Kevin
Alice Taglioni : Claire
Eric Berger : Jeff
Jean-Michel Lahmi : Max
Jean-Christophe Bouvet : L éditeur

UN CORSAGE FAIT-IL LE PRINTEMPS ?

wonderbra

wonderbraCe billet n’est pas une parodie de George Brassens et ses jolies passantes. Ce n’est pas non plus une déclaration d’amour à la très jolie joggeuse que je croise régulièrement en allant bosser. Enfin pas tout à fait. En effet, hier, au lieu de jogging boutonné jusqu’aux oreilles, vue la température ambiante, elle m’a offert une jolie vue sur son beau corsage.

Je sens déjà les ayatollah du code vestimentaire m’expliquer que, techniquement parlant, ce débardeur de sport ne constituait pas un corsage. Je m’en fous, je trouve le mot joli et ça ne m’empêchera pas de crier haut et fort la seule chose importante de ce billet : vive le printemps !

LE BILLET QUE JE N’ECRIRAI JAMAIS

lionelmessi

lionelmessiLa semaine dernière, j’ai été frustré de ne pas avoir pu vous écrire un billet élogieux sur le jeu produit par le FC Barcelone face à Arsenal. Après le match hier, terminé par une victoire net et sans bavure des Espagnols 4 à 1, je pourrais enfin vous le proposer. Mais voilà, un autre sujet s’impose de lui même, vous privant à jamais de celui envisagé au départ.

Car si Barcelone est synonyme depuis 20 ans d’une qualité collective sans égale, hier soir, c’est un homme et un seul qui a crevé l’écran. Lionel Messi, auteur des 4 buts de son équipe, a livré une performance que tous les superlatifs de la Terre ne réussiraient pas à décrire. Le mot perfection est sans doute le terme le plus approprié.

Le quadruplé d’hier soir tient son caractère quasi magique de part la magnificence des buts inscrits. Un quadruplé à ce niveau est déjà rare, mais un quadruplé dont aucun but ne tient du simple coup de chance, c’est réellement exceptionnel. Un frappe de loin, un une-deux lumineux, un lob magistral et une séance de dribbles dans un petit périmètre, autant de gestes techniques de haute facture qui ne doivent rien au bol, mais tout au fabuleux talent du petit Argentin. Lionel Messi a vraiment écrit une page sublime de l’histoire du football, mais vu son jeune âge, parions qu’il en écrira d’autres.

Une des raisons de la popularité sans égale du football, tient aussi du fait qu’il est sans doute le moins collectif des sports collectifs. La rareté des buts donne un poids très important au talent individuel qui peut faire basculer favorablement un match, même quand la qualité collective est défaillante. Alors on peut s’attacher à la fois à une équipe ou un club, mais aussi aux individualités qui la composent. En football, il y’a des méga stars dont la popularité dépasse à elle-seule celle de tous leurs coéquipiers.

Il y’a bien d’autres stars à Barcelone. Mais Lionel Messi en est l’étoile la plus brillante. Et depuis hier, elle brille d’un feu inaccessible à tout autre joueur actuel.

NE JAMAIS PARTIR AVANT LA FIN !

arsenalbarcelone

arsenalbarceloneA la 60ème minute du Arsenal-Barcelone d’hier, j’avais prévu d’écrire un tout autre billet que celui que je vais vous offrir. En effet, l’équipe espagnol menait alors 2-0, nous offrant un football de toute beauté, qui aurait pu se concrétiser par deux ou trois buts de plus. Rien ne semblait pouvoir sauver Arsenal et j’allais vous chanter les louanges du style et de la force des homme de Josep Guardiola.

Mais voilà, Theo Walcott est rentré et tout à changer. Arsenal est revenu à 2 partout. Bien sûr, Barcelone reste largement en position de force pour la qualification avant le match retour. Il n’empêche que ce retournement de situation inattendu a largement contribué à la qualité du spectacle offert hier soir par les deux équipes et qui fut de toute beauté. Il nous a surtout rappelé une des raisons principales pour lesquels le football est un sport unique.

Chaque match de football offre un scénario le plus souvent imprévisible. La domination barcelonaise pendant les deux tiers du match se serait traduit dans n’importe quel autre sport par un écart totalement insurmontable pour l’équipe adverse. En football, la rareté des buts font que le hasard et la chance jouent un rôle majeur dans une partie. Cela fait évidemment sa force, certains diront sa faiblesse puisque c’est le seul sport qui offre des scores nuls et vierges (fait envisageable au rugby ou au hockey sur glace, mais rarissime). C’est pour ça (entre autres) qu’il passionne autant de gens autour de la planète. Parce que chaque match recèle en lui la possibilité d’un grand match ou du moins d’un fort suspense.

Au football, le petit peut manger le grand et même si le petit joue moins bien… Et c’est là que je commence à m’inquiéter pour Quevilly-PSG…

VAUT MIEUX TARD QUE JAMAIS

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kezmanLa France du football a été très surprise aujourd’hui. En effet, elle s’attendait à ce qu’il pleuve des grenouilles ce matin et il en n’a rien été. Enfin pas à Viroflay tout du moins. Hier, il est arrivé quelque chose  de tellement inattendue que cela ne pouvait provenir que d’un bouleversement mondial majeur. Et oui, hier, Mateja Kezman a marqué pour le PSG et a été crédité d’un excellent match.

Mateja Kezman est l’archétype du joueur dont l’échec était tellement attendu qu’il ne pouvait que survenir. Arrivé à Paris avec la réputation d’un talent perdu et surfait, payé rubis sur l’ongle par un club qui alimente chaque année la colonne bide du marché des transferts, il a surtout défrayé la chronique par son temps de jeu famélique et son jeter de maillot. Peu utilisé, regardé avec suspicion, tout était réuni pour qu’il ne mette pas un pied devant l’autre… Et c’est exactement ce qui s’est passé.

Et puis, à force de ne pas jouer, il s’est fait oublier, a passé six mois en Russie, a bossé à l’entraînement et le revoilà donc en pleine forme. Si son talent n’est sans doute pas celui d’un grand buteur de niveau européen, comme on l’a cru à une époque, il mérite bien mieux que les quolibets, les moqueries et les sifflets dont il a du se contenter depuis son arrivée à Paris.

Il se situe surtout dans la grande tradition des joueurs parisiens à qui on n’a jamais vraiment donné leur chance. On sait bien que la première saison dans un nouveau club est souvent décevante. Mais à Paris, on n’a pas le temps, alors on recrute, on recrute, mais sans jamais laisser le temps aux joueurs de s’épanouir. Pourquoi des joueurs comme Franck Gava, Florian Maurice, Stéphane Dalmat, Julio Cesar Dely Valdes, Vedad Ibisevic, Sylvain Distin, Didier Digard, Yann Lachuer, Nicolas Laspalles, Nicolas Ouédec, Christian Wörms…n’ont ils foulé la pelouse du Parc qu’une seule saison ? Bien sûr leurs performances n’ont pas immédiatement été à la hauteur des espoirs placés en eux, mais je suis sûr qu’une partie d’entre eux auraient offert une bien meilleure copie pour la seconde.

Le seul joueur du PSG qui vient contredire ce schéma est évidemment Raï, qui, pendant une année, était considéré comme un bide retentissant, avant de devenir un des joueurs les plus légendaires du club. Evidemment, Mateja Kezman n’aura jamais ce statut d’idole et vu son salaire, il semble évident qu’il fera ses valises l’été prochain. Mais je suis personnellement heureux qu’il montre à tous, avant de partir, qu’il reste malgré tout un excellent joueur de foot.

ELF JAHREN, DONNERWETTER !

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parlerallemand11 ans, au régime de plusieurs heures par semaine, ça en fait du temps passé. Du temps, évidemment, qui ne sera jamais rattrapé, puisque, jusqu’à preuve du contraire, une seule vie nous est accordée. Un temps qui pourrait servir à tant de choses. Tant de choses à faire, à voir, à apprendre…

Ce temps justement, je l’ai consacré à apprendre. Ou du moins, à essayer d’apprendre. Car les évènements de ce week-end m’ont prouvé une nouvelle fois que s’il y’a bien une chose que je n’ai pas réussi à apprendre, c’est bien à parler allemand.

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais voilà, les langues n’ont jamais été vraiment mon fort. Si j’ai réussi à acquérir, avec un peu de peine, un niveau assez correct en Anglais, la langue de Goethe m’a toujours résisté. J’ai toujours été plutôt du genre premier de la classe et généralement une note en-dessous de 15 me décevait. Mais voilà un niveau que j’ai rarement dépassé en allemand. J’étais juste moyen…

Même en étant moyen pendant 11 ans, j’aurais quand même du acquérir le minimum me permettant de tenir une conversation. Si j’arrive, à la limite, à comprendre l’allemand à l’écrit, dès qu’il s’agit d’oral, mon interlocuteur pourrait parler chinois, que cela reviendrait à peu près au même… Bon allez, j’exagère, j’arrive à saisir le sens de quelques passages, mais de manière bien trop éparse pour comprendre le discours prononcé.

Quelles sont donc les raisons de ce constat plutôt désespérant ? Deux raisons principales. Déjà, j’ai été largement tiré vers le bas par le niveau et la non-motivation générale. En 11ème année, j’ai encore revu les déclinaisons, la règle de base de l’allemand qui, appris correctement une fois pour toute en première année, permet de passer à des choses un peu plus intéressantes. D’ailleurs, mon meilleur niveau en allemand a peut-être été en 4ème, après deux ans passés à Nantes, dans une classe de très bon niveau où je ramais pour suivre le train qui était lancé à pleine vitesse. Ensuite, j’ai toujours été dans des tortillards qui n’avançaient qu’à grand peine.

L’autre raison est, bien sûr, l’absence quasi total de contact avec la langue. N’écoutant pas Nena en boucle, mes oreilles sont rarement confrontées à l’allemand. A l’heure, où j’écris ces lignes, mon shuffle m’a balancé la chanson « Dreams » (on ne se fout pas de ma gueule, s’il vous plaît) et il y’a de forte chance que le prochain morceau soit aussi en anglais. Et je ne parle même pas de mon abonnement à Time Magazine et tous les films en VO que je vais voir… Bien sûr, le dernier était justement un film allemand, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan d’anglais dans lequel nous baignons. Et ce dernier nous procure l’immense avantage de pouvoir conserver le vocabulaire que l’on a pu apprendre à l’école. En allemand, j’en aurais appris des listes de mots. Mais mon petit cerveau, après avoir passé plusieurs années sans les entendre, a évidemment fini par supprimer ces informations qu’il a jugé superflues.

L’année prochaine, j’irai certainement à Hassloch, car ces échanges avec nos camarades sont toujours très sympathiques et très intéressants. On est toujours très bien reçus, et inversement. Beaucoup d’entre eux, à ma plus grande honte, parlent relativement bien français. Avec les autres, je parlerai anglais… C’est désolant d’avoir passé 11 ans à étudier la langue de quelqu’un pour devoir lui en parler une autre. Mais malheureusement, je crains que ces 11 ans soient à jamais vains et que jamais je ne lirai Goethe dans le texte… même après plusieurs bouteilles de vin !

POUR UN PEUPLE PLUS RESPONSABLE !

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democratieLogiquement, un jury chargé de départager des candidats est censé être composé de personnes plus compétentes et expérimentés que ceux qu’il est chargé de juger. Ainsi, il peut rendre un verdict juste et objectif, ne laissant pas de place au hasard ou au pifomètre. Accepter de figurer dans un tel jury, c’est prendre la responsabilité de faire un choix et de l’assumer. C’est aussi assumer une part de responsabilité face un échec éventuel du candidat retenu. Et si les choix qu’il fait se relèvent systématiquement décevants, il semble indispensable que le jury se remette en question et révise ses critères de choix.

Ce que je viens d’écrire vous semble ampli de bon sens ? Maintenant, remplacez le jury par le peuple et les candidats par les hommes politiques. Et bien vous obtiendrez une idée qui pourrait paraître une évidence, mais qui constitue plutôt un tabou que nul n’ose transgresser.

Il paraît que beaucoup de gens sont déçus par Sarkozy. Des 53% ayant voté pour lui en 2007, il ne reste plus grand chose. Mais par quoi ont-ils été déçus ? Le bouclier fiscal, l’ouverture, le débat sur l’identité nationale, le bling-bling, la suppression des postes dans la fonction publique ? Mais tout ceci n’était-il pas dans son programme ? Sa personnalité n’était-elle pas connue ? Venu des Hauts de Seine, n’était-il pas évident qu’il reproduirait certaines dérives de pouvoir utra-personnel ?

Ah mais voilà, ce qui déçoit, c’est l’absence des résultats escomptés ! Mais je n’entends que peu d’électeur dire « mon jugement sur le programme de Sarkozy était erroné, je m’en excuse ». Pourtant, ses électeurs sont largement plus responsables de la situation actuelle que notre Président. Ca vous choque, ce que je vous dis ? Pourtant vous êtes pour la démocratie ? Ne trouvez-vous pas ça contradictoire ?

En démocratie, par définition, le pouvoir est au peuple. Et le pouvoir implique de faire preuve de responsabilité, de compétence et de courage pour prendre sur soi et assumer les erreurs commises. Le pouvoir que la démocratie donne à chacun de nous implique une grande responsabilité. Bien sûr, tout le monde ne va pas passer un diplôme en macro-économie pour pouvoir juger la pertinence des programmes politiques. Mais nous avons tous une capacité d’expertise, au moins dans un ou deux domaines qui touchent notre quotidien. Et être un citoyen éclairé, c’est aussi chercher à élargir cette compétence autant que faire ce peut.

Face à ça, il reste l’argument massue du « tous pourris »… Ah oui que répondre à ça… En fait, que ce soit vrai ou non, cela ne change rien au raisonnement précédent. Le problème reste l’incapacité des électeurs à distinguer un pourri. Car s’ils en étaient capables, si un personne honnête se présentait, elle serait élue à coup sûr. Il est quand même peu probable qu’aucune personne honnête n’en est jamais eu l’idée. Le vrai problème vient donc des critères de choix utilisés par les électeurs et il est difficile de reprocher quoique ce soit aux politiques à ce sujet, chacun pouvant librement faire son choix dans l’isoloir.

Par contre, il y’a bien une chose que l’on peut reprocher aux hommes politiques. C’est justement de ne pas tenir le discours que je viens d’exposer. Ils entretiennent largement l’idée qu’ils sont ceux qui savent et que les électeurs n’ont qu’à leur faire confiance. Il est impensable de voir un politique dire « les électeurs ont tort »… Dire cela apparaîtrait comme une contestation du principe même de la démocratie. Pour moi, c’est en fait exactement le contraire. Cela revient à nier la responsabilité du peuple dans les choix qui sont faits, ce qui revient exactement à lui nier tout pouvoir, alors que la démocratie en fait justement le détenteur.

Tout ceci aboutit à cette impression que l’on ne peut rien changer, que les élections ne servent à rien et ainsi à la progression de l’abstention. Notre démocratie continue de fonctionner, tous les élus de France tirent leur pouvoir d’un suffrage universel exercé dans des conditions équitables. Le pouvoir est bien au peuple et s’il ne l’exerce pas, c’est entièrement sa faute. En s’abstenant massivement, il lui tourne le dos définitivement.

Je n’ai aucune compassion envers ceux qui creusent leur propre tombe. Alors j’espère très vite que le peuple français va très vite lâcher la pelle pour reprendre son destin en main !