POUR LE BALLON D’OR, J’AURAIS VOTE INIESTA…

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iniesta…mais bon, personne ne m’a demandé mon avis.

Ma mère serait-là, elle dirait que je dis ça juste par esprit de contradiction, juste pour ne pas faire comme tout le monde. Ce n’est pas vrai, je fais comme les jurés de Croatie et du Lichtenstein (on ne rigole pas !) qui ont fait le même choix que moi… Ok, sauf qu’à eux, on leur a vraiment demandé leur avis.

Pourquoi Iniesta plutôt que Messi ? Car à mon sens, si Messi est capable de faire basculer un match même quand son équipe joue mal, sur un éclair de génie, aucune équipe ne peut mal jouer avec Iniesta !

Mais bon, j’aurais tout de même mis le lutin argentin en numéro 2, ainsi que Cristiano Ronaldo en 3, Xavi en 4 et Drogba en 5. Mais bon encore une fois, personne ne m’a rien demandé…

IN THE LOOP : La politique plus vraie que nature !

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intheloopafficheSi quand vous pensez « film politique », vous pensez film austère, sérieux et sombre, c’est que vous n’avez pas encore vu In the Loop. Et si vous pensez que la politique est un monde austère, sérieux et sombre… c’est que vous n’en faites pas.

Le Secrétaire d’Etat britannique au développement international, Simon Foster, lâche, au détour d’une interview, que la guerre est « imprévisible » (unforseeable en VO, donc j’imagine que c’est traduit comme ça en VF). Ce qui aurait pu être une déclaration anodine à première vue va prendre une dimension inattendue et précipiter les évènements des deux côtés de l’Atlantique. La guerre en Irak aura-t-elle lieu ? (bon, aujourd’hui, on connaît la réponse…)

In the Loop donne une image plutôt inhabituelle de la politique internationale. Des décisions capitales pour l’avenir du monde sont prises par un méli-mélo de ministres dépassés par les évènements, de conseillers hystériques et d’attachés de presse tyranniques. L’ambition personnelle est partout, la compétence nulle part… Bref, moi qui fais de la politique, je peux vous dire qu’on n’est pas loin de la réalité…

Bien sûr, dans In the Loop le trait est forcé. Il s’agit d’une caricature. Sans cela, l’effet comique n’aurait pas du tout été le même. Dommage, cependant, que le fond n’est pas été un peu plus mis en valeur, car il y’avait matière. Mais bon, le but de ce film est avant de faire rire et de divertir. Et rien n’empêche d’amorcer une réflexion personnelle à partir de ça.

Pour qu’une film comique soit réussi, il faut qu’il fasse rire, c’est la moindre des choses. Certaines scènes de In the Loop sont assez géniales et même si on ne rit pas forcément aux éclats, elles font mouche ! A d’autres moments, le film tourne un peu en rond et on a un peu l’impression de revoir la même scène que la précédente. En fait, tout le film est un peu basé sur le même ressort comique, le même concept. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est exploité à fond, avec une grande réussite, mais il s’agit là tout de même de la principale limite de ce film.

intheloopEn bon film anglais, In the Loop nous offre une galerie de personnages, et d’acteurs par la même occasion, absolument remarquable. Une mention toute spéciale à Peter Capaldi, pourtant inconnu au bataillon avant ce film, qui livre là une prestation ahurissante en maître de la communication gouvernementale, qui sort plus de gros mots par phrase que vous dans toute une année. Mais la star du film reste Tom Hollander qui campe un Secrétaire d’Etat dont l’ambition est inversement proportionnel aux capacités à faire face à ce qui lui arrive. Enfin, les fans des Sopranos retrouveront avec joie James Gandolfini et constateront avec joie qu’il n’a rien perdu de son charisme. Mais encore une fois, c’est l’ensemble du casting qui est fantastique d’énergie. C’était indispensable dans un film qui repose exclusivement sur des dialogues, au débit woodyallenien.

In the Loop est une vraie réussite dans son originalité et dans son ton. Il manquait peut-être un peu de matière pour durer 1h45, mais certains moments sont assez savoureux pour facilement pardonner le reste.

Fiche technique :
Production : BBC Films, Uk film Council, Aramid Entertainment
Distribution : CTV International
Réalisation : Armando Iannucci
Scénario : Jesse Armstrong, Simon Blackwell, Armando Iannucci, Tony Roche, Ian Martin
Montage : Billy Sneddon, Anthony Boys
Photo : Jamie Cairney
Décors : Cristina Casali
Musique : Adem Ilhan et The Elysian Quartet
Durée : 106 mn

Casting :
Peter Capaldi : Malcolm Tucker
Gina McKee : Judy Molloy
Tom Hollander : Simon Foster
Chris Addison : Toby
Anna Chlumsky : Liza Weld
James Gandolfini : General Miller

VENDRE LE BATON POUR SE FAIRE BATTRE

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portehelicoptereQue le niveau de médiatisation et d’écho dans l’opinion ne soient que rarement au niveau de l’importance des sujets qu’ils concernent est malheureusement devenu une évidence qu’il semble superflu de souligner. Des nouvelles qui devraient soulever des réactions d’indignation unanime ne provoquent d’une vague indifférence.

La semaine dernière, on n’a pu apprendre que la France s’apprêtait à vendre un porte-hélicoptère à la Russie. Un « échantillon » mouille actuellement dans le port de St Petersbourg. La France pourrait ainsi devenir le premier pays occidental à vendre des armes à Moscou… Il est beau le Pays des Droits de l’Homme…

Que la politique extérieure de notre pays essaye de ménager la Russie ou la Chine, ça peut se concevoir tant ces pays pèsent dans l’économie mondiale. Oublier les Droits de l’Homme au profit du business est une attitude aussi universelle que manger au Mc Donald. Mais de là à les armer…

La Russie est depuis longtemps au bord (et au milieu même parfois) du conflit armé avec la Géorgie… qui est, faut-il le rappeler, membre de l’OTAN et donc notre allié… Si la Russie s’attaquait à la Géorgie (plus qu’il ne le fait déjà, on va dire), nous serions censés déclarer la guerre à la Russie… et donc censés couler les porte-hélicoptères que nous leur aurions vendus.

En 1938, la France sacrifiait les Sudètes, et par là la Tchécoslovaquie, qui étaient censés être notre allié. C’est une des plus grandes hontes de l’histoire de notre pays. Mais au moins, à l’époque, nous avisons la décence de ne pas avoir vendu d’armes à Hitler…

NOSFERATU : Et le fantastique est né !

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nosferatuafficheUn des premiers films de l’histoire, l’Arrivée d’un Train en Garde de La Ciotat ne durait que 50 secondes mais provoquait la panique dans les rangs des spectateurs, pour qui le cinéma tenait encore du prodige. 115 ans plus tard, le cinéma a évidemment considérablement évolué. Le son, la couleur sont arrivés l’un après l’autre et font désormais partis de notre quotidien. Le 7ème art a ses codes, ses héros, ses cultes, ses références qui occupent une place importante dans notre culture occidentale contemporaine. Pourtant, les films vraiment révolutionnaires, ceux qui ont vraiment inventés le cinéma ont tous quasiment plus de 80 ans. Et beaucoup venaient d’Allemagne. Si le Metropolis de Fritz Lang a inventé le cinéma de science-fiction, Nosferatu de Friedrich W. Murnau a inventé le cinéma fantastique.

En 1838, Thomas Hutter, le jeune assistant d’un agent immobilier est envoyé en Transylvanie chez le Comte Orlok pour lui vendre une propriété. Il s’avère très vite que ce dernier n’est pas vraiment un humain, mais un vampire…

Je ne vais pas épiloguer 107 ans sur le synopsis, tout le monde l’aura reconnu, il s’agit d’un adaptation du Dracula de Bram Stoker. Mais des 1922, les histoires de gros sous gouvernaient le cinéma. La veuve de l’écrivain ayant refusé de céder les droits de l’œuvre à Murnau, elle le força à modifier le titre de son œuvre en Nosferatu. Mais à part, les différences dans les lieux et les noms, l’adaptation est relativement fidèle. La parenté avec la version de Coppola est d’ailleurs évidente, ces deux films étaient les deux seuls vraiment proches du roman original.

Film muet et en noir et blanc, Nosferatu est à la fois terriblement archaïque et incroyablement moderne. Archaïque par le jeu des acteurs typique du cinéma muet. Les visages sont hyper expressifs, pour compenser l’absence de dialogues. Cela peut prêter un peu à sourire avec le recul des décennies, mais c’était alors la norme. Au lieu de rire, on ferait mieux de penser que bien des éléments des films d’aujourd’hui feront rire nos arrière-petits-enfants.

La modernité vient de tous les éléments que l’on continue de retrouver dans les films d’horreur ou fantastique. L’ambiance oppressante est crée de manière très indirecte, l’inquiétante présence du conte Orlok suffisant à transformer n’importe quel élément à première vue anodin en vecteur d’angoisse. Nosferatu nous permet de mieux comprendre d’où est né le cinéma de Sam Raimi. La dimension sexuelle est-elle aussi évidente, même si elle est quelque peu métaphorique. Mais c’est depuis ce film, que les réalisateurs de films d’horreur s’amusent à mettre en scène des femmes au corps de rêve et généralement court vêtues. Certes, la chaire se découvre beaucoup plus aujourd’hui, mais l’omniprésence d’une sexualité refoulée dans le rapport victime-boureau (ou vampire, ou serial killer…) reste la même.

nosferatuLes débuts du cinéma furent aussi l’époque où le travail sur la photographie était le plus abouti. Sans dialogue, sans couleurs, les réalisateurs devaient redoubler d’ingéniosité pour créer des ambiances bien spécifiques. Dans Nosferatu, Murnau a énormément sur les teintes des pellicules, parfois jaunies, parfois sépia, selon le contexte. Une vraie leçon de cinéma sur l’utilisation de la lumière, le travail sur les ombres étant ici de toute beauté. L’angoisse que l’on ferait naître aujourd’hui pas un grincement inquiétant passe ici par une silhouette qui se dessine sur un mur.

Juger la qualité d’un tel film est un exercice délicat. Il ne peut être évidemment juger avec les critères d’aujourd’hui. Cependant, si voir ce film est indispensable à tout cinéphile, je dois tout de même lui reconnaître un aspect moins intemporel que Metropolis ou le cinéma de Chaplin. Nosferatu a vieilli… mais à 87 ans, on peut aisément lui pardonner.

Nosferatu est un vrai moment d’histoire du cinéma, un tournant dont nous vivons encore les conséquences.

Fiche technique :
Titre original : Nosferatu, eine Symphonie des Grauens
Scénario : Henrik Galeen, d’après le roman de Bram Stoker Dracula
Photographie : Fritz Arno Wagner
Décors et costumes : Albin Grau
Musique (selon version) : Hans Herdmann, P. Schirmann[1]
Production : Prana Film Berlin GmbH
Genre : Horreur
5 actes
Format : N&B – 1,33:1
Durée : 72 min
Première : 6 août 1922

Casting :
Max Schreck : le comte Orlock, Nosferatu
Alexander Granach : Knock
Gustav von Wangenheim : Thomas Hutter
Greta Schroeder : Ellen
Georg H. Schnell : Harding
Ruth Landshoff : La sœur d’Harding
John Gottowt : Le professeur Bextrait

2012 : Roland Emmerich worst hits

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2012afficheSi la constance est une qualité, alors Roland Emmerich n’a donc pas que des défauts. Le problème, c’est d’être constant dans la médiocrité n’est pas forcément la meilleure chose qui soit. Et encore, le mot médiocrité n’est pas à la mesure d’une carrière qui l’aura vu enchaîner des navets du niveau de Independance Day, Godzilla, Le Jour d’Après, 10 000 et désormais 2012. Et ce dernier n’a rien à envier à ses prédécesseurs. Les fans ne seront pas déçus, tout ce qu’il y’avait de pire dans ses films précédents sont tous là, sans exception.

En 2012, les neutrinos ayant muté (oui, je sais, tous les gens ayant un minimum de notions de physique des particules sont déjà morts de rire), le manteau terrestre voit sa température monter en flèche. Tout cela ne pourra aboutir qu’à la dislocation de l’écorce terrestre et entraîner la fin du monde. Heureusement, un scientifique s’en aperçoit et les grands de ce monde préparent leur survie dans le plus grand secret.

Dans 2012, ils sont de retour ! Mais de qui donc est-ce que je parle ? Je vous sens fébriles tout à coup, le cœur étreint par une angoisse sans borne. Et bien, oui, ils vous avaient manqué, mais les revoilà… Je veux évidemment parler du Président des Etats-Unis… et du chien ! Car il y’a une constance dans le cinéma de Roland Emmerich, le Président des Etats-Unis (noir dans ce film… faut bien coller à l’actualité) est un héros qui met les mains dans le cambouis et le chien finit le film sain et sauf. Pour le chien, franchement, je suis désormais persuadé que c’est une private joke du réalisateur avec lui-même, ce n’est pas possible autrement. Car à chaque fois, ce n’est pas qu’un détail de deux secondes, mais il y’a une vraie mise en scène du sauvetage du chien…

Par contre, le chirurgien esthétique peut mourir, on s’en fout. Bon, ce n’est pas tant qu’il soit chirurgien esthétique qui pose problème. C’est que ce con avait eu la mauvaise idée de se mettre en ménage avec l’ancienne femme du héros et ses deux enfants. Comme à peine huit secondes après leur apparition, le spectateur est déjà persuadé que l’ancien couple va finir le film à nouveau amoureux comme au premier jour (bah oui, c’est quand même mieux pour les enfants), il se dit que le chirurgien va bien devoir disparaître d’une façon ou d’une autre. Il ne survivra pas, contrairement au chien. Mais bon, vue la réaction de sa copine quand elle apprend sa mort, trente secondes avant de rouler un patin à son ex-mari, il fait bien de quitter ce monde injuste. Il n’avait qu’à être un chien, plutôt qu’un chirurgien s’il voulait survivre !

Dans la carrière de Roland Emmerich, il y’avait eu un seul moment de cinéma. Très court, mais un vrai moment de grâce. Un plan, au début du Jour d’Après, où des oiseaux de mer survolaient New York, annonçant la catastrophe à venir. Et bien dans 2012, il y’a exactement le même plan… mais au-dessus de la Californie. Faut quand même varier un peu les plaisirs. C’était plutôt bien joué d’essayer de replacer, comme ça, mine de rien, le seul truc qu’on a réussi dans sa vie. Sauf que bon, ça se voit trop pour que la magie opère une seconde fois.

Allez, soyons gentils, il y’a bien des moments de bonheur dans 2012… Comme je suis généreux ce soir, j’en reconnaîtrai un. Quand la Coupole du Vatican écrase la foule… Pas de chance, vous l’avez déjà vu 36 fois dans la bande-annonce à laquelle vous n’avez pu échapper vu le battage médiatique autour de cette m… , pardon, de ce film. Bon, par contre, la destruction de la Maison Blanche (et par la même occasion du Président des Etats-Unis, couvert de cendres, seul debout, au milieu des morts et des blessés… Si, si, relisez bien, ça se passe exactement comment je le décrits) par un tsunami qui traîne avec lui un porte-avion aurait pu déchaîner l’enthousiasme. Mais comme Roland Emmerich a déjà été le premier à faire sauter la Maison Blanche dans Independance Day, on est limite blasé. Je sais, la détruire à coups de porte-avions, c’est plus original qu’à coups de rayons laser sortant d’un vaisseau extra-terrestre. Mais que voulez-vous, je suis impitoyable parfois.

2012Allez, retrouvons un peu notre sérieux et concluons cette critique qui ne ressemble à rien, je l’avoue. Mais que voulez-vous, j’ai voulu me mettre au niveau de maître Roland. Si je suis le premier à trouver lamentable les pisse-froids qui hurlent au navet au premier effet spécial et encensent le moindre film bulgare muet dont tous les personnages sont de dos, là j’avoue, je dois admettre que dans 2012, même les effets spéciaux ultra spectaculaires de ce film ne peuvent le sauver du désastre. C’est juste nul, prévisible, crétin, plat et sans aucune imagination. Certes, il y’a bien quelque chose à un moment donné qui ressemble à un rebondissement. Sauf que la fausse piste sur lequel le film essayait de nous entraîner était tellement ridicule qu’il sonne plus comme un soulagement qu’autre chose.

2012 est la parodie ultime du blockbuster hollywoodien. Il n’y a pas un seul moment où les choses ne se passent pas comme on peut s’y attendre pour une grosse production américaine. Roland Emmerich n’est pas un être humain. Sa personnalité a disparu pour devenir une usine à poncifs. On lui créditera tout de même un majeur tendu, le seul moment du film où il s’est laissé aller… Les producteurs et l’Amérique profonde doivent en être encore sous le choc…

Dans le cinéma français, nous avons Eric et Ramzy dont je vais voir tous les films en me disant « j’ai détesté tous ceux d’avant mais peut-être que celui-là sera mieux… ce qui n’est évidemment jamais le cas ». Le cinéma mondial a Roland Emmerich. Que ce type se voit confier des millions de dollars pour chacune de ses productions est proprement scandaleux. Je ne vais pas affirmer qu’on devrait mieux les consacrer à la lutte contre la faim dans le monde, parce que si on va par là, c’est, au fond, vrai de tous les films. Mais, simplement, avec le budget de 2012, on aurait pu faire bosser 10 réalisateurs talentueux. Cet argent a malheureusement été confié au seul réalisateur qui ne semble pas aimer le cinéma et qui préfère l’assassiner à chacun de ses films.

2012 est un crime contre le cinéma. Et Roland Emmerich est le coupable…

Fiche technique :
Production : Centropolis, Columbia pictues
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Roland Emmerich
Scénario : Roland Emmerich, Harald Kloser
Montage : David Brenner, Peter S. Elliot
Photo : Dean Semler
Décors : Barry Chusid
Musique : Harald Kloser, Thomas Wander
Durée : 158 mn

Casting :
John Cusack : Jackson Curtis
Chiwetel Ejiofor : Adrian Helmsley
Amanda Peet : Kate Curtis
Olivier Platt : Carl Anheuser
Thandie Newton : Laura Wilson
Danny Glover : Le Président Charlie Wilson
Woody Harrelson : Charlie Frost

LACHEZ LUI LA MAIN !

thierryhenry

thierryhenryDepuis une semaine, Thierry Henry est devenu l’une des personnes les plus détestées de la planète. Cette haine soudaine est un exemple frappant d’emballement médiatique démesuré, le tout encore démultiplié par Internet où chacun peut s’en donner facilement à cœur-joie.

Bien sûr, la main de Thierry Henry était un geste totalement répréhensible qui n’honore pas son auteur et, par ricochet, l’Equipe de France dans son ensemble. Bien sûr, sa joie sur le but était quelque peu déplacée. Bien sûr, le match, dans un monde idéal, mériterait d’être rejoué. Bien sûr, les Irlandais ont de quoi être furieux….

Les matchs de football sont souvent l’occasion de discussions du café du commerce sans fin. Pour ce France-Irlande, ce fut évidemment le cas, mais à une échelle totalement inédite. Il n’y a pas une seule personnalité un tant soit peu médiatique qui ne se soit sentie obligée de nous faire partager son opinion sur la question, combien même il n’y connaîtrait rien. Une mention spéciale à la classe politique française qui n’a pas manqué de se ridiculiser sur le coup, avec comme chef de file Christine Lagarde ! Des jugements moraux totalement déplacés et surtout injustes envers un Thierry Henry, qui si je ne me trompe, n’a encore tué personne.

Tous ces braves gens de part le monde qui déverse leur haine sur Thierry Henry font surtout preuve d’une mauvaise foi détestable. Si Thierry Henry s’était spontanément dénoncé à l’arbitre, il n’aurait pas commis un geste fair-play et méritoire. Il aurait commis un acte inhumain qu’infiniment peu de tous ceux qui ont exprimé leur mépris envers le capitaine des Bleus n’aurait réalisé.

N’importe qui  qui aura fait ne serait-ce qu’un minimum de sport de compétition ne pourra qu’admettre tout cela, à moins de faire preuve d’une malhonnêteté intellectuelle sans limite. Personnellement, pour avoir vécu ce genre de moments, à une toute petite échelle, dans un sport pourtant synonyme de fair-play, je n’aurais jamais la prétention de dire que, dans un match d’une telle importance, d’un tel enjeu, d’une telle tension, devant 80 000 spectateurs, je me serais dénoncé à l’arbitre. C’est quelque chose que l’on peut concevoir dans un moment de réflexion, de calme, pas dans le un feu de l’action aussi intense, dans lequel on vient de se plonger corps et âme depuis 113 minutes.

Thierry Henry n’est certainement pas un héros. Mais il serait bon que l’humanité garde sa capacité de mobilisation contre des personnes autrement plus nuisibles (Christine Lagarde ?).

ET SI ON REJOUAIT ?

mainhenry

mainhenryLes Irlandais vont demander officiellement à ce que le match d’hier soir soit rejoué. Si on devait faire un référendum, même en France, le oui l’emporterait de loin. Pour le fun, pour l’équité sportive et surtout pour enfin savoir si on doit être content ou déçu. J’apporterai également un oui enthousiaste si mon me demandait mon avis…

… mais voilà, la démarche n’a absolument aucune chance d’aboutir. Non, parce que l’idée n’est pas bonne, c’est qu’en termes de jurisprudence, cela représenterait une catastrophe sans précédent. Les erreurs d’arbitrage font partie du jeu, qu’on le veuille ou non… Parce que si on rejouait ce France-Irlande, la première équipe flouée par une erreur d’arbitrage demanderait à ce que l’on rejoue le match. Et comme il y’en a toutes les semaines partout dans le monde, je vous laisse imaginer le bordel.

On pourrait imager que cela ne concerne que les matchs à gros enjeux. Mais bon, on s’embarquerait dans un interminable débat sur les critères à adopter. Savoir quels seraient les matchs concernés seraient sans doute le plus facile à trancher. Mais après, quelle est la définition de l’injustice ? Quelles erreurs, dans quelles situations, à quels moments du match ? Et puis, si la double main volontaire de Henry est évidente, trop de situations sont vécues comme sautant aux yeux pour les victimes et peu évidentes pour les bénéficiaires. Bref, la subjectivité joue un rôle bien trop important dans tout ça pour imaginer ne serait-ce qu’une seconde qu’on puisse en arriver là.

On peut simplement espérer que ce malheureux incident accélérera les progrès que doit obligatoirement faire l’arbitrage. Si la vidéo n’est pas à l’ordre du jour, les arbitres de surface de réparation devraient voir le jour. Avec eux, sans doute que le but aurait été refusé… et peut-être le penalty sur Anelka accordé…

SACREE SOIREE

Franceirlande

FranceirlandeQue dire sur cette soirée ? Rarement sentiments furent autant contrastés. Ce qui aurait du être de la joie pure est mêlé avec le goût amer de l’injustice et surtout beaucoup de frustration. Mais cette soirée fut surtout dominée par le caractère dramatique que peut revêtir le foot. Aucun sport ne peut offrir un tel scénario où tout se joue sur un rien, un souffle, une erreur qui anéantit des jours, des mois de préparation.

La performance offerte par l’Equipe de France fut ce soir d’un niveau consternant. Les erreurs individuelles à répétition furent indignes d’un futur favori pour le titre de champion du monde. Les Irlandais ont bien joué le coup, mais n’ont pas acquis en quatre jours les qualités techniques qui leur manquaient. Leur jeu reste d’une pauvreté absolue, mais guère pire que celui qui avait permis à la Grèce de devenir championne d’Europe.

Mais malgré cela, nous aurions pu vraiment savourer notre qualification. Sans cette grossière erreur d’arbitrage. Ou plutôt, malheureusement, sans ces grossières erreurs d’arbitrage. Monsieur Hansson a totalement gâché le match. Qu’un Suédois arbitre à l’anglaise, ça peut se comprendre. Cependant, il y’a des limites à tout. Poussettes, coup d’épaules, de coudes, rien ne valait faute à ses yeux. Et très vite les Français se sont mis au diapason des Irlandais transformant ce match en un grand n’importe quoi. Puis vinrent successivement le penalty oublié sur Anelka et la double main de Henry sur l’égalisation tricolore. On peut toujours dire qu’une erreur compense l’autre, mais cela sonne surtout comme un élément d’injustice sportive qui vient gâcher la fête.

Que pourra faire la France à la Coupe du Monde ? Sur ce qu’elle a montré ce soir, pas grand chose. Mais voilà, la compétition ne débute pas demain. Et il n’est pas besoin de super bien connaître très bien le foot pour savoir que le parcours en éliminatoires n’a souvent rien à voir avec le parcours en compétition. C’est même bizarrement l’inverse (même si ce genre de constatation n’appelle aucune conclusion). En 1992 et 2004, nous avions fait carton plein en éliminatoires avant de faire des Euros désastreux. A l’inverse les campagnes éliminatoires 1996, 2000 et 2006 furent plus que laborieuses pour au bout, une demi, une victoire et une finale. Aucune raison d’être confiant, mais aucune raison de se dire qu’on sera forcément eh dessous de tout en Afrique du Sud. Et puis, 2006, nous a même appris qu’on peut être au bord du ridicule pendant deux matchs avant de frôler le tire suprême.

Mais bon, ce que je retiendrai du match de ce soir, c’est que c’est le genre de moment qui nous rappelle pourquoi on aime tant le football. De la tension, des éclats de rire nerveux entre potes, des émotions fortes, le cœur qui bat à 200, une incapacité à regarder les dix dernière minutes assis, du drame, de la passion, des cris et surtout une intrigue plus forte que tous les scénarios de film. Un moment que l’on se racontera encore et encore, sur lequel on pourra discourir à l’infini. Bref un vrai moment d’histoire, au sens premier du terme, qui est déjà entré dans la mémoire collective française… Ca vaut bien mieux que tous les débats sur l’identité nationale…

A L’ORIGINE : Le scarabée, l’autoroute, l’escroc

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alorigineafficheScarabée pique-prune, mon amour ! Ok, là vous vous dîtes de quoi il nous parle, il a encore bu, ça se voit… Je pourrais effectivement vous parler de la monographie que j’ai écrite à son sujet en première année de l’Agro. Mais je vais vous parler plutôt du film « A l’Origine ». Quel est le rapport entre les deux me direz-vous ? Et bien il faut savoir que la présence de ce sympathique insecte a bloqué pendant de longues années la construction de l’autoroute entre Le Mans et Tours. Et ceci fut à l’origine d’une histoire assez incroyable, adaptée à l’écran ici par Xavier Giannoli.

Philippe Miller est un escroc sans envergure. Il repère les chantiers, se fait passer pour un responsable logistique des sociétés qui en ont la charge et revend le matériel qu’il a loué en leur nom. Un jour, dans le Nord, il repère un chantier abandonné. C’est celui d’une autoroute qui attend depuis deux ans d’être construite. Très vite, la nouvelle de sa présence se répand dans la petite ville d’à côté, où le chômage règne et où la population espère que le chantier va reprendre. Très vite, il se voit proposer des dessous de table. Il profite de l’aubaine mais va très vite être dépassé par l’ampleur de ce qu’il a provoqué.

Plus c’est gros, plus ça passe. Il s’agit bien entendu là d’un lieu commun, mais qui se vérifie avec une étonnante fiabilité. Le problème avec A l’Origine, c’est que ça ne passe pas du tout. Enfin de mon point de vue en tout cas. Que cela soit une histoire vraie, que cela ait vraiment pu se produire, cela est tout à fait concevable malgré l’énormité de la chose. Mais que cela soit provoqué par ce pauvre type avec ses yeux de chien battu, j’ai eu beau essayé, je n’y ai pas cru une seule seconde.

Ce n’est pas le talent de François Cluzet qui est en cause. Au contraire, sa performance est ici en tout point remarquable. Non, le coupable est pour moi Xavier Giannoli qui a donné une personnalité peu crédible à son personnage. Certes, il paraît qu’il s’est efforcé de recréer les évènements au plus près de la réalité en impliquant les vrais protagonistes dans l’écriture du scénario. Cependant, ceci ne rentre guère en ligne de compte quand vous êtes dans votre fauteuil en position de spectateur et que vous restez excessivement sceptique. J’avais peut-être tort de l’être, mais il n’empêche que je l’étais et que cela a considérablement nuit au plaisir que j’aurais pu prendre à la vision de A l’Origine.

alorigineEt comme le film dure tout de même 2h10, vous imaginez bien que j’ai trouvé le temps quelque peu longuet. Une histoire qui aurait pu être passionnante et fascinante, à l’instar de L’Adversaire, mais qui donne ici l’impression de s’étirer désespérément en longueur. Le parallèle entre les deux films est évident, avec ce même basculement dans une folie provoquée par une vie de mensonges, desquels on ne peut tellement plus sortir et qu’on finit par être obligé de croire soi-même. Evidemment, tout cela finit mal, mais, dans A l’Origine, le dénouement sonne surtout comme une libération pour le spectateur.

Mais je tiens vraiment à préciser qu’il s’agit là d’une vision toute personnelle. Si vous arrivez à vraiment y croire et à rentrer totalement dans cette histoire, ce film pourra vous enthousiasmer. Car ses qualités purement cinématographiques sont indéniables. J’ai déjà évoqué le casting. Mais François Cluzet n’est pas seul. Il est notamment accompagné d’Emmanuelle Devos, dont le seul nom doit suffire à donner envie aux cinéphiles avertis. A côté de ça, le travail de réalisation et de photographie est vraiment remarquable. Vous pensiez qu’il n’y avait aucune poésie, aucune dimension épique dans le BTP et bien certains images de A l’Origine pourraient vous convaincre du contraire.

A l’Origine est donc un film que je n’ai pas aimé. Mais ce sentiment pourrait bien ne pas être partagé par tout le monde.

Fiche technique :
Production : Rectangle productions, Euuropacorp, Studio 37, France 3 cinéma
Réalisation : Xavier Giannoli
Scénario : Xavier Giannoli
Montage : Celia Lafitedupont
Photo : Glynn Speeckaert
Décors : François-Renaud Labarthe
Distribution : Europacorp distribution
Musique : Cliff Martinez
Durée : 155 mn

Casting :
François Cluzet : Paul, Philippe Miller
Emmanuelle Devos : Stéphane, la Maire
Gérard Depardieu : Abel
Vincent Rottiers : Nicolas
Brice Fournier : Louis
Soko : Monika 

MON IDENTITE N’A PAS ATTENDU LEUR DEBAT

drapeaufrancais

drapeaufrancaisJe pourrais profiter de ce billet pour à nouveau dire tout le mal que je pense d’Eric Besson. Mais bon, inutile d’épiloguer plus longtemps de cet homme qui aura donné une nouvelle dimension à la notion d’ignominie intellectuelle.

Ainsi, l’UMP veut organiser un grand débat sur « l’identité nationale ». Est-ce que ça leur a pris comme ça un matin, telle une envie de pisser ou bien l’approche des Régionales les a-t-il poussé à remettre au goût du jour ce thème cher à son électorat ? La manœuvre électoraliste est tellement visible qu’aucun commentateur n’a cru bon de la nier.

Mais il n’y a pas de mal à débattre diront certains. Sauf que le débat a bon dos, faudrait déjà savoir de quoi on parle. Il se cache derrière tout ça le vrai thème que veut mettre sur le devant de la scène l’UMP, à savoir l’immigration. Depuis le début de son mandat et la création du Ministère de l’immigration et de l’identité nationale, Nicolas Sarkozy tente d’assimiler les deux notions. Ca semble n’être qu’une question de vocabulaire, mais c’est surtout une dérive vers des idées particulièrement ignobles.

Il y’a derrière tout ça l’idée de déterminer ce qu’est un « bon Français ». Et forcément, « le mauvais Français ». Bref quels sont les critères pour avoir le droit de cité sur notre sol et qui sont les êtres inférieurs indignes de notre grande Nation. Sauf que s’il y’a un pays qui s’est construit sur l’immigration, c’est bien le nôtre. Carrefour géographique, la France a toujours été une terre d’accueil et n’a d’ailleurs jamais rechigné à faire de ses « étrangers » de bons Français dés lors qu’ils contribuait à la grandeur nationale. Nos trois grands plus footballeurs ne furent-ils pas Kopaszewski (que l’on avait gentiment francisé en Kopa), Platini et Zidane. Trois fils de l’immigration, dont les parents n’avaient rien d’ingénieurs surdiplômés parlant un français d’école à leur arrivée sur le territoire hexagonal.

Mais la pire escroquerie intellectuelle est de faire comme si on pouvait débattre de l’identité nationale. Au mieux, c’est un sujet d’étude sociologique à laquelle des hommes politiques pourrait apporter leur contribution. Une identité est un fait, une donnée, qui s’impose à l’observateur. La France et les Français sont ce qu’ils sont aujourd’hui, différents d’hier et de demain, c’est comme ça. Chacun de nous contribue à construire notre identité collective, qu’elle soit nationale, européenne ou mondiale.

Si un débat devait avoir lieu, il aurait pu porter sur les conditions d’attribution de la nationalité française aux ressortissants étrangers. Mais voilà, ce débat aurait paru trop technique et n’aurait pas passionné ce qui constitue un des socles de l’électorat sarkozyste. Ceux qui pensent pouvoir définir le « bon Français ». Ceux-là pensent évidemment en faire partie. Mais heureusement que notre identité nationale, celle de la patrie des Droits de l’Homme, ne leur doit pas grand chose… Espérons que cela dure !