LES INVISIBLES : Rien que pour leurs yeux

lesinvisiblesafficheCeux qui ont l’habitude de lire mes critiques de manière attentive (il paraît qu’ils existent) ont du remarquer à quel point le misérabilisme est un défaut pour lequel je n’ai guère de mansuétude. Ou, pour le dire beaucoup plus positivement, j’apprécie particulièrement les films qui savent échapper à ce travers. On peut facilement y voir là mon côté socialiste un peu bobo et je pense que l’on n’a pas complément tort en faisant ça. C’est donc en toute logique que j’ai pleinement apprécié Les Invisibles. Un film qui, après Discount, semble spécialiser Louis-Julien Petit dans les films sociaux. Sauf qu’il évite ici les pièges qu’il n’avait pas forcément su esquiver auparavant.

La bande-annonce de Les Invisibles donnait déjà particulièrement envie d’aller voir ce film. En effet, elle donnait l’image d’un feel good movie où les personnages, des femmes SDF, sont valorisées, plutôt que l’on passe son temps à s’apitoyer sur leur sort. Et bien cette image est parfaitement représentative du propos de ce film. Bien sûr, il sait nous ramener de temps à autre à la dure réalité des choses, mais il a aussi parfois un petit côté bisounours assumé, mais assez maîtrisé pour être tout simplement rafraîchissant. On sourit beaucoup, on rit même parfois. Et on s’attache profondément à ces personnages un peu (beaucoup) cassés, mais qui savent aussi réparer (clin d’œil au protagoniste le plus marquant de cette histoire).

lesinvisiblesMettre en scène des actrices non professionnelles pour ce genre de film pouvait s’apparenter à une ficelle classique et un peu facile. Mais franchement, elles sont toutes tellement convaincantes et transmettent tellement de choses au spectateur que l’on peut que saluer ce choix de Louis-Julien Petit. Il y a sûrement là un vrai travail de direction, mais aussi une spontanéité que la technique dramatique fait perdre un peu parfois. Cela apporte donc un vrai plus, pas simplement une sorte de caution morale. C’est vraiment grâce à elle que Les Invisibles nous fait passer un si bon moment, dont on ressort plein d’énergie pour soi et une petite envie de se battre pour changer le monde.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Elemiah, France 3 cinéma, Canal +, Ciné +
Distribution : Apollo Films
Réalisation : Louis-Julien Petit
Scénario : Louis-Julien Petit, Marion Doussot, Claire Lajeunie
Montage : Antoine Vareille, Nathan Delannoy
Photo : David Chambille
Décors : Arnaud Bouniort
Musique : Laurent Perez Del Mar
Durée : 102 min

Casting :
Audrey Lamy : Audrey
Corinne Masiero : Manu
Noémi Lvovsky : Hélène
Déborah Lukumuena : Angélique
Sarah Suco : Julie
Brigitte Sy : Béatrice
Pablo Pauly : Dimitri
Quentin Faure : Laurent

L’HEURE DE LA SORTIE : Direction inattendue

lheuredelasortieafficheL’effet de surprise est une outil puissant pour emporter l’adhésion du spectateur. Le plus souvent, il est volontaire et découle des ficelles du scénario. Parfois, il provient du fait que l’on s’attendait à quelque chose de précis et que l’on assiste à tout autre chose. Du coup, cela donne un supplément d’enthousiasme qui n’a rien à voir avec le talent du réalisateur et qui est propre à chaque spectateur. Du coup, je ne sais pas si ma critique de L’Heure de la Sortie sera tout à fait objective. Mais cela ne m’empêchera pas de dire du bien de ce film qui reste en toute objectivité surprenant et original.

L’Heure de la Sortie n’a donc rien du film social sur l’éducation que j’imaginais. C’est au final plutôt un polar tirant sur la science-fiction ou le fantastique. En fait, le film est difficile à classer et c’est ce qui fait son charme. L’histoire nous emmène dans des directions inattendues, même si les rebondissements se voient parfois arrivés d’un peu loin. L’idée de base est au final plutôt bien exploitée, même si elle aurai pu l’être mieux. En tout cas, l’ambiance dans lequel nous plonge le film est assez prenante pour que l’on suive l’intrigue avec un intérêt constant, même si là encore Sébastien Marnier aurait pu faire preuve de plus d’audace pour vraiment secouer le spectateur.

lheuredelasortieL’Heure de la Sortie bénéficie de la présence à l’écran de Laurent Laffite, ce qui constitue presque une qualité en soi. Il interprète son personnage, et surtout l’évolution de son état d’esprit, avec assez de justesse et de conviction pour le rendre réellement convaincant. Et par la même le film tout entier. Mais le plus marquant dans ce film en termes d’interprétation reste le casting adolescent. Certains sont vraiment flippants, en particulier la jeune Luàna Bajrami. Espérons pour eux qu’il s’agisse vraiment de rôles de composition. En tout cas, tout cela concourt à la réussite de ce film, original mais un rien frustrant.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Avenue B Productions, OCS, Canal +
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Sébastien Marnier
Scénario : Sébastien Marnier, Elise Griffon, roman de Christophe Dufossé
Montage : Isabelle Manquillet
Photo : Romain Carcanade
Décors : Guillaume Deviercy
Musique : Zombie Zombie
Effets spéciaux : Digital District
Durée : 103 min

Casting :
Laurent Lafitte : Pierre
Emmanuelle Bercot : Catherine
Pascal Greggory : Poncin
Grégory Montel : Michel
Luàna Bajrami : Apolline
Thomas Scimeca : Victor
Gringe : Steve
Cyrille Hertel : Eric
Adèle Castillon : Clara

UN BEAU VOYOU : Gendarme et voleur

unbeauvoyouafficheDepuis Robin des Bois et Arsène Lupin, on peut tout à fait être un voleur et apparaître comme le héros d’une histoire, gagnant la sympathie et l’attachement de ceux à qui on la raconte. En matière de fiction, le vol est souvent vu comme un pêché véniel. A partir de ça, on peut entamer une longue dissertation sur le fondement moral de cette idée. Ou bien se contenter d’aller voir Un Beau Voyou, une comédie policière qui rejoue une nouvelle fois l’éternel « combat » du gendarme et du voleur. Un film plutôt léger et sympathique qui ne vous volera pas votre temps.

Un Beau Voyou est avant tout un film portrait. Ici, vous l’aurez compris, il est double puisque le propos nous fait découvrir aussi bien le gendarme que le voleur. Tout l’intérêt du scénario repose sur la relation qui va malgré tout se nouer entre les deux au fur et à mesure des péripéties. Intérêt et originalité, aurais-je aimé dire, mais la plus grande limite de ce film reste de ne pas avoir osé sortir réellement des sentiers battus. L’angle par lequel l’histoire nous est raconté est quelque peu inattendu, mais le contenu l’est au final un peu moins. Un peu plus d’audace aurait pu donner une vraie dimension supplémentaire à ce long métrage qui se contente d’être un aimable divertissement. Ce n’est déjà pas si mal me direz-vous !

unbeauvoyouUn Beau Voyou nous offre un joli duo d’acteurs. Mais honneur aux dames en soulignant aussi qu’il met en lumière une actrice, dont la carrière se contentait jusqu’alors plutôt de troisièmes rôles, mais qui méritait visiblement mieux. En effet, Jennifer Decker apporte un vrai supplément d’âme à ce film. Charles Berling et Swann Arlaud interprètent avec brio leur rôle respectif, mais ce dernier ne leur permet pas d’exprimer tout leur potentiel de grands acteurs. Mais pour un premier film, Lucas Bernard ne s’en sort pas trop mal et fait preuve d’une maîtrise prometteuse. Espérons que son deuxième film sera celui où il osera s’appuyer sur cette maîtrise pour se lâcher quelque peu. En attendant, on peut déjà apprécier celui-ci.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Lucas Bernard
Scénario : Lucas Bernard
Photographie : Alexandre Leglise
Montage : Valentin Durning
Musique : Christophe Danvin
Décors : Émilie Ferrenq et Jean-Baptiste Viatte
Costumes : Julie Miel
Producteur : Florian Môle
Durée : 90 minutes

Casting :
Charles Berling : le commissaire Beffrois
Swann Arlaud : Bertrand
Jennifer Decker : Justine
Jean-Quentin Châtelain : Charles
Erick Deshors : Berlaud
Anne Loiret : Mme Maupas
Pierre Aussedat : Étienne
Marina Moncade : Nicole
Christian Benedetti : Georges
Alassane Diong : le petit cambrioleur

QUI A TUE LADY WINSLEY ? : Agatha from Turquie

quiatueladywinsleyafficheAu village aussi l’on a de beaux assassinats, chantait Brassens. Il est vrai que le meurtre reste un passe-temps universel en tout temps et en tout lieu. La recherche d’un coupable qui en découle constitue donc également une activité largement pratiquée de par le monde. La plupart des histoires d’enquêtes peuvent donc être facilement transposable d’une époque ou d’un pays à l’autre. Ainsi pourquoi pas faire revivre l’esprit d’Agatha Christie en Turquie de nos jours ? C’est le pari tenté (et plutôt réussi) par Hinter Saleem avec Qui a Tué Lady Winsley ?, comédie policière fort sympathique.

Hinter Saleem s’était fait remarqué sur nos écrans avec l’excellent My Sweet Pepperland. On retrouve dans Qui a Tué Lady Winsley ? sa capacité à aborder un sujet grave, à savoir la condition des Kurdes au Proche Orient, dans des films particulièrement légers. Mais cette légèreté n’enlève rien à la force et à la pertinence du propos, bien au contraire. Et à l’inverse, le plaisir que l’on prend à suivre cette enquête policière finalement très classique n’est en rien alourdit par le fond social et géopolitique pourtant réel. Les esprits chagrins auront trouvé peut-être qu’aucun des deux aspects n’arrive du coup à atteindre des sommets. Personnellement, je trouve cet équilibre audacieux, original et vraiment plaisant.

quiatueladywinsleyHinter Saleem est un réalisateur amoureux de ses personnages et de ses comédiennes et comédiens. Il aime dresser des portraits tendres et souvent un rien moqueurs. Et cet amour qu’il leur témoigne se transmet au spectateur. On aime Qui a Tué Lady Winsley ? pour la galerie particulièrement fournie et abondante de protagonistes. On l’aime aussi pour le talent de ceux qui leur donne vie, au premier rang desquels Mehmet Kurtulus, parfait dans son rôle d’inspecteur taiseux qui bouscule avec détermination une petite société pleine de secrets. On retiendra aussi la présence enivrante de Ezgi Mola, au charme envoûtant. Le film l’est peut-être pas tout à fait, mais assez divertissant pour valoir le détour.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Réalisation : Hiner Saleem
Scénario : Hiner Saleem, Véronique Wüthrich et Thomas Bidegain
Photographie : Andreas Sinanos
Montage : Sophie Reine
Musique : Steve Bouyer et Pascal Mayer
Costumes : Gönül Tiftik
Producteur : Marc Bordure et Robert Guédiguian
Coproducteur : Sadık Ekinci, Emre Oskay, Adnan M. Sapcı et Alican Yazicioglu
Durée : 90 minutes

Casting :
Mehmet Kurtulus : Fergün
Ezgi Mola : Azra
Ahmet Uz : Kasim
Mesut Akusta : Ismail
Ergun Kuyucu : Capitaine Celik
Senay Gürler : Lady Winsley
Turgay Avdın : Burak Ozluk
Korkmaz Aslan : Sercan Birol

BIENVENUE A MARWEN : Valeurs sûres

bienvenueamarwenafficheLa carrière de Robert Zemeckis ressemble un peu à un bon steack-frites. En gros, rien de très original, rien de très complexe ou extraordinairement créatif, mais quelque chose de toujours bon, sur lequel on peut compter et qui déçoit rarement. Bref, une valeur sûre que l’on peut goûter sans grande crainte. Avec Bienvenue à Marwen, il signe là peut-être son film le plus audacieux, comme la nouvelle sauce surprenante que l’on cuisinerait pour accompagné son plat habituel. Un film plus sensible que spectaculaire, mais avec de vrais éléments inattendus Et qui offre à Steve Carell un de ses plus beaux rôles.

La bande-annonce de Bienvenue à Marwen ne me donnait franchement pas envie d’aller voir ce film. On pouvait facilement craindre que cela soit bien trop gnangnan pour être regardable. Dresser le portrait d’un homme « handicapé » constitue en effet un des exercices les plus délicats qui soit. Entre misérabilisme et déni de réalité, l’espace est étroit. Mais Robert Zemeckis a su y glisser son propos comme une main dans un gant. Cela donne un scénario aussi touchant que convaincant, s’achevant sur une fin pleinement réussie (ce qui était loin d’être gagné, avouons-le). On se laisse porter par cette jolie histoire, jamais cousue de fil blanc et bien plus subtile et profonde qu’attendu.

bienvenueamarwenBienvenue à Marwen bénéficie d’un travail visuel étonnant et maîtrisé. Là aussi, la bande-annonce faisait un peu peur et là aussi Robert Zemeckis a su trouver le bon dosage. Les effets visuels servent le propos et ne cherchent pas à se montrer spectaculaires pour rien. La mécanique d’allers et retours entre réalité et imaginaire s’avère parfaitement huilée et c’est tout le film qui glisse ainsi tout seul. Steve Carell est parfaitement dirigé. On savait déjà que, bien dirigé, il pouvait être un acteur capable de tout avec un immense talent. Une autre valeur sûr donc. Cela donne à ce film beaucoup de valeurs.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Universal Pictures, Imagemovers, DreamWorks Pictures
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Robert Zemeckis
Scénario : Caroline Thompson, Robert Zemeckis, inspiré du livre de Jeff Malmberg
Montage : Jeremiah O Driscoll
Photo : C. Kim Miles
Décors : Stefan Dechant
Musique : Alan Silvestri
Directeur artistique : Chris Beach
Durée : 116 min

Casting :
Steve Carell : Mark Hogancamp
Leslie Mann : Nicol
Eiza Gonzalez : Caralala
Diane Kruger : Deja Thoris
Merritt Wever : Roberta
Gwendoline Christie : Anna
Janelle Monae : GI Julie
Neil Jackson : Kurt

LA VIE COMME ELLE VIENT : Tout sur la mère

laviecommeellevientafficheSi le cinéma argentin s’est peu à peu fait une place de choix sur nos écrans, le cinéma brésilien reste encore relativement confidentiel, surtout au regard de la taille et de la puissance culturelle du pays. Quelques productions parviennent tout de même à se faire une place, sans forcément faire beaucoup de bruit. La Vie Comme Elle Vient est passé largement inaperçu dans une période de sorties cinématographiques assez dense, il est vrai. C’est dommage car il s’agit d’un beau film sur la famille, les joies et le peines auxquelles elle peut donner naissance. Un thème universel et intemporel, traité ici avec finesse et talent.

La Vie Comme Elle Vient nous dresse le portrait d’une famille, pour ne pas dire une tribu pour utiliser un terme plus dans l’air du temps. Il dresse surtout le portrait de la mère, pierre angulaire de ce film. On partage ses sentiments et ses états d’âme. Le personnage est assez attachant pour que l’on prenne plaisir à suivre ce film qui relate finalement des événements relativement anodins, mais avec assez de densité pour que l’on ne s’ennuie jamais. On en ressort ni bouleversé, ni débordant d’enthousiasme, mais par contre satisfait d’avoir passé un joli moment, tout en ayant rendu un petit hommage à toutes les mères qui portent leur famille à bout de bras.

laviecommeellevientLe film doit beaucoup à Karine Teles, son actrice principale. Tout d’abord évidemment par son talent de comédienne, qui donne vie à son personnage avec beaucoup de conviction. Mais aussi parce qu’elle a cosigné le scénario, directement inspiré de sa relation avec… Gustavo Pizzi, réalisateur et autre co-scénariste. Bref, un film très personnel. Mais on est très heureux que cet ancien couple ait décidé de partager son expérience au travers de la Vie Comme Elle Vient. Un film qui ne marquera pas l’histoire du cinéma, mais qui en vaut bien d’autres ayant connu un destin plus enviable sur nos écrans.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Gustavo Pizzi
Scénario : Gustavo Pizza et Karine Teles
Photographie : Pedro Faerstein
Montage : Livia Serpa
Décors : Dina Salem Levy
Costumes : Diana Leste
Son : Roberto Espinoza

Casting :
Karine Teles : Irene
Otávio Müller : Klaus
Adriana Esteves : Sônia
Konstantinos Sarris : Fernando
César Troncoso : Alan
Arthur Teles Pizzi : Fabiano
Francisco Teles Pizzi : Matheus
Vicente Demori : Thiago

UNE FEMME D’EXCEPTION : Juste cause

unefemmedexceptionafficheUn biopic, comme toute histoire vraie en fait, doit faire face à un dilemme. Raconter les choses de manière hyper réaliste ou romancer pour rendre les événements plus passionnants. Je ne suis pas un spécialiste de la vie de Ruth Bader Ginsburg, mais il est évident que Mimi Leder a opté pour la deuxième option. Une Femme d’Exception est trop marquée par une efficacité narrative très hollywoodienne pour être d’une valeur documentaire totale. Cependant, certaines causes à certains moments de l’histoire valent bien un petit moment d’enthousiasme, même un rien artificiel. Et ce film sert à merveille la cause qu’il défend.

Une Femme d’Exception n’est donc pas qu’un film de personnage. Il ne se contente pas de brosser un portrait, de rappeler un parcours. C’est aussi une film de procès comme seul le cinéma américain sait nous en offrir. C’est aussi prenant que le meilleur des polars ! Cette mécanique parfaitement huilée maintient le spectateur dans un état d’attention maximum, le fait rentrer au cœur de l’histoire et nous attache irrémédiablement aux personnages. Du coup, le fond historico-politique passe tout seul. Ce dernier ne doit pas être du coup minimiser, car ce film nous plonge aussi au cœur d’un combat qu’il est difficile de ne pas partager devant un spectacle aussi réussi. Et un combat plus que jamais d’actualité.

unefemmedexceptionUne Femme d’Exception se démarque aussi par un duo d’exception. On a plaisir à retrouver Felicity Jones qui a définitivement prouvé qu’elle ne resterait pas uniquement l’actrice principale de Rogue One. Elle incarne un personnage historique avec talent, sans chercher à tout prix l’imitation, ce qui est appréciable, tant cela est devenu un passage obligé du genre. A ses côtés Armie Hammer confirme sa polyvalence, après sa magnifique performance dans Call My By Your Name. Ils contribuent donc largement à rendre le film brillant, à défaut d’être totalement étincelant. En tout cas, il donnera bien du baume au cœur de tous ceux qui luttent pour des petites ou de grandes causes. Et cela fait du bien

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Mimi Leder
Scénario : Daniel Stiepleman
Photographie : Michael Grady
Montage : Michelle Tesoro
Musique : Mychael Danna et Kesha
Décors : Nelson Coates
Costumes : Isis Mussenden
Producteur : Jonathan King et Robert W. Cort
Producteur délégué : Karen Loop, Daniel Stiepleman, Jeff Skoll, Betsy Danbury, Erin F. Larsen et Carlen Palau
Durée : 120 minutes

Casting :
Felicity Jones : Ruth Bader Ginsburg
Armie Hammer : Martin Ginsburg
Justin Theroux : Mel Wulf
Kathy Bates : Dorothy Kenyon
Sam Waterston : Erwin Griswold
Stephen Root : Professeur Brown
Jack Reynor : Jim Bozarth
Cailee Spaeny : Jane Ginsburg
Gary Werntz : le juge Doyle
John Ralston : Tom Malle

ASAKO I & II : Joli départ

asakoafficheL’amour… oui bon je sais, j’abuse. Mais que voulez-vous, il est partout sur les écrans en cette fin/début d’année. Bon en fait, je crois qu’il y est toujours présent. Parmi les figures imposées de la romance, on trouve le triangle. Et dans tous les pays, au Japon comme ailleurs. La preuve avec Asako I & II, nouveau film de Ryusuke Hamaguchi, que l’on avait découvert avec le quintuple Senses. On y retrouve la même sensibilité et la même élégance. Mais on y apprécie une narration plus vive. Ce qui donne envie de crier « vive l’amour ! »

Asako I & II raconte donc une histoire éternelle, même s’il nous plonge aussi dans le Japon d’aujourd’hui. Mais le propos est largement centré sur les personnages et leurs sentiments. Le fond social est nettement moins présent que dans Senses, sans être totalement absent. Cette histoire connaît de nombreux rebondissements et maintient une réelle tension narrative jusqu’à la dernière minute. Le rythme n’est pas ébouriffant, mais supérieur à la moyenne des film japonais. Cela prouve avant tout que le film assez de contenu pour présenter un intérêt réel. Les allergiques aux bleuettes ou aux films asiatiques pourront donc éventuellement s’aventurer voir ce film.

asakoAsako I & II repose également sur la qualité de son interprétation. Erika Karata donne beaucoup de charme à son personnage, malgré un jeu peut-être un peu statique. La vraie performance marquante vient de Masahiro Higashide qui interprète deux rôles. Deux personnages très différents qu’il incarne de manière aussi convaincante l’un que l’autre. Le tout devant la caméra subtile de Ryusuke Hamaguchi qui nous offre de très belles images d’un Japon vivant et non de carte postale. Un très beau film qui permet donc de commencer cette année cinématographique 2019 en beauté.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Nagoya Broadcasting Network, Bitters End, Comme des Cinémas
Réalisation : Ryusuke Hamaguchi
Scénario : Ryusuke Hamaguchi, Sachiko Tanaka
Montage : Azusa Yamazaki
Photo : Yasuyuki Sasaki
Distribution : Art House
Musique : Tofubeats
Durée : 119 min

Casting :
Erika Karata : Asako
Masahiro Higashide : Baku
Masahiro Higashide : Ryohei
Sairi Ito : Haruyo
Koji Seto : Kushikashi
Rio Yamashita : Maya

UNDERCOVER : La jeunesse au pouvoir

undercoverafficheJ’ai beaucoup parlé ces derniers temps sur ce site de l’amour, comme constituant le plus grand fournisseur d’histoires de l’histoire de l’humanité. Mais les truands, voyous et autres gangsters forment une autre source éternelle et inépuisable d’inspiration. Avec pour grand avantage de pouvoir puiser dans les histoires vraies pour en avoir à raconter qu’ils valent bien un film. C’est le cas à nouveau avec Undercover (merci la traduction à trente centimes d’euros du titre original). Un film à la facture extrêmement classique, même si le scénario n’est pas dénué d’une certaine originalité.

Aucun élément de Undercover ne constitue du jamais vue. Mais elle tout de même assez édifiante dans son ensemble pour valoir le coup d’en tirer un long métrage. L’intrigue n’est en rien prévisible et maintient l’intérêt du spectateur du début à la fin. La narration est habile, les personnages très réussis, provoquant ce mélange d’affection, de fascination et de répulsion qui caractérisent les personnages de truands à l’écran. Ce mélange est d’autant plus troublant quand le principal protagoniste a quinze ans. D’ailleurs, la plus grande limite de ce film est de n’avoir pas su ou pas osé aller plus loin dans la mise en avant de cet élément. Il reste central mais pas aussi subversif que cela aurait pu (du).

undercoverAller voir Undercover au cinéma, c’est aussi avoir le plaisir toujours renouvelé de voir Matthew McConaughey sur grand écran, ce qui n’est pas un plaisir à négliger. Il faut bien avouer qu’il n’a pas son pareil pour interpréter les rôles de « ploucs » sympathiques, mais plouc. Il peut s’en donner à cœur joie ici, même si cela ne restera pas comme son rôle le plus marquant. Cependant, la vraie star de ce film reste le jeune Richie Merritt à la moustache d’adolescent prépubère qui semble plus vraie que nature ! Si ce rôle n’est pas le plus difficile de l’histoire du septième art, au moins pourra-t-il se vanter de débuts plutôt réussis. Le film l’est globalement, ravira les amateurs du genre et pourra séduire ceux qui aime bien un film de gangster de temps en temps.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Studio 8, LBI Entertainment, Protozoa Pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Yann Demange
Scénario : Logan Miller, Noah Miller, Andy Weiss
Montage : Chris Wyatt
Photo : Tat Radcliffe
Décors : Stefania Cella
Musique : Max Richter
Durée : 111 min

Richie Merritt : Richard Wershe jr
Matthew McConaughey : Richard Wershe Sr
Bel Powley : Dawn Wershe
Jennifer Jason Leigh : Agent Snyder
Brian Tyree Henry : Detective Jackson
Rory Cochrane : Agent Byrd
RJ Cyler : Rudell Boo Curry
Jonathan Majors : Johnny Lil Man Curry
Eddie Marsan : Art Derrick

MIRAI, MA PETITE SOEUR : Nouveau point de vue

miraimapetitesoeurafficheIl se passe beaucoup de choses dans l’esprit d’un enfant de trois ans. Pourtant, rarement ce foisonnement donne naissance à une œuvre artistique reconnue (donc je ne parle pas ici des dessins d’enfants), et encore moins cinématographique. Sûrement parce que ce sont des adultes qui réalisent ses œuvre et qu’il est difficile de se souvenir de ce qui se passait exactement dans notre tête à ce moment là de notre vie. Beaucoup de récits donnent le point de vue d’une enfant, peu celui d’un petit enfant. Miraï, ma Petite Sœur tente ce pari, pour un résultat inégal, mais qui a au moins le mérite de sortir de l’ordinaire.

Miraï, ma Petite Sœur repose donc une idée à la fois très originale et totalement banale. Je pense que beaucoup de parents y retrouveront des situations qu’ils auront eux-mêmes vécus. Mais cette fois ce n’est pas leur point de vue qui sera mis en avant, mais bien celui de l’enfant. Et on peut imaginer que ça peut en aider certains à mieux comprendre les réactions de leur progéniture. Cependant à partir de cette idée de départ, le film boucle la même boucle plusieurs fois. On est presque devant un film à sketchs, où chacun d’entre eux possède la même structure. C’est donc assez répétitif, peut-être un peu trop pour être totalement enthousiaste.

miraimapetitesoeurGraphiquement, Miraï, ma Petite Soeur est très réussi. Il est d’un premier abord d’une facture totalement classique pour un film d’animation japonais. Puis, au détour d’une séquence, il nous propose quelque chose de différent. Cette originalité est assez rare pour être soulignée. Espérons que cela incite d’autres artistes nippons à casser certains codes dans lesquels ils sont totalement enfermés. En attendant, les personnages gardent leurs grands yeux pour nous offrir un beau film, qui vaut le détour, mais peut-être pas le voyage.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Studio Chizu
Réalisation : Mamoru Hosoda
Scénario : Mamoru Hosoda
Montage : Shigeru Nishiyama
Distribution : Wild Bunch Distribution
Musique : Kyôko Kitahara
Directeur artistique : Takashi Omori, Yohei Takamatsu
Durée : 98 min

Casting :
Moka Kamishiraishi : Kun
Haru Kuroki : Mirai
Gen Hoshino : Le père
Kumiko Aso : La mère