
Jason Bourne n’était pas seul. Un programme secret avait donné naissance à plusieurs agents aux capacités artificiellement améliorées. Mais une possibilité de fuite dans la presse pousse les autorités à mettre fin au programme, même si cela signifie éliminer tous les « cobayes » présents sur le terrain. Cependant, l’un d’eux va échapper à la tentative d’assassinat. Et il n’est pas content !
Jason Bourne : l’Héritage ressemble à un mauvais remake de la trilogie initiale. On retrouve le concept de base, l’agent quasi surhumain poursuivi par la meute, mais avec beaucoup moins des à-côtés, notamment la recherche d’identité. Tout cela a perdu toute sa complexité, toute sa profondeur, bref tout son intérêt. On se retrouve face à un film hyper basique, au scénario parfaitement linéaire, où rebondissements et surprises sont totalement absents.
Jason Bourne : l’Héritage a quand même la caractéristique remarquable de citer dans son titre un personnage qui n’apparaît même pas dans le film. C’est à dire à quel point, on compte attirer le spectateur en le trompant sur la marchandise. Aaron Cross n’a pas le début du charisme de son prédécesseur devenu quasi-mythique. A l’image du film, il est lisse, sans aucune originalité et le spectateur n’a aucune raison de le trouver sympathique. Même le début d’humour pince sans rire ne vient pas allumer la moindre flamme dans l’œil du spectateur.
Après, on peut toujours présenter l’éternel même contre-argument pour défendre Jason Bourne : l’Héritage en me posant la question : est-ce que je me suis ennuyé ? La réponse honnête est non, car le film propose une série de scènes d’action spectaculaires et assez bien foutues pour passer tout de même un bon moment. Mais trente secondes après avoir quitté la salle, vous réaliserez à quel point tout cela ne vous a pas marqué et reste incroyablement facilement oubliable.

J’aime beaucoup Jeremy Renner, mais il faut être honnête, il n’a pas le charisme de Matt Damon. Mais on sent bien qu’il donne tout de même le maximum et son professionnalisme très hollywoodien lui permet d’échapper à des reproches immérités. On sera un peu plus sévère avec Edward Norton qui passe deux heures à se gratter le front, pas aider il est vrai par des dialogues obscures dont le seul but est de masquer l’absence de complexité de l’intrigue. Quant à Rachel Weisz, elle fait preuve de son charme habituel, ce qui est déjà pas mal.
Jason Bourne : l’Héritage nous fait aimer Jason Bourne. Mais les vrais, ceux où Jason Bourne est vraiment présent. Pas cette pseudo-suite sans grand intérêt.
Fiche technique :
Production : Relativity Media, Universal Pictures, Kennedy / Marshall, Captivate Entertainment
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Tony Gilroy
Scénario : Tony Gilroy, Dan Gilroy, d’après la série Jason Bourne créée par Robert Ludlum
Montage : John Gilroy
Photo : Robert Elswitt
Décors : Kevin Thompson
Musique : James Newton Howard
Durée : 136 mn
Casting :
Jeremy Renner : Aaron Cross
Rachel Weisz : Dr. Marta Shearing
Edward Norton : Col. Eric Byer
Stacy Keach : Amiral Mark Turso
Ezra Kramer : Scott Glenn
Oscar Isaac : Outcome #3
Louis Ozawa Changchien : Larx #3
Joan Allen : Pam Landy
David Strathairn : Noah Vosen

De plus, il y a quelque chose qui me gène toujours avec Alain Resnais. Il aime les acteurs. Sa fidélité au duo formé par Pierre Arditi et Sabine Azéma est tout à son honneur. Mais au fond, ne les aime-t-il pas un peu trop ? En effet, il les laisse faire ce qu’ils font de mieux, des interprétations que l’on connaît par cœur chez ses acteurs. Il ne les pousse vers aucun retranchement, ne les pousse pas à se dépasser et ne cherche pas à nous surprendre. Bref, il leur offre peut-être une grande liberté, mais sûrement pas les rôles de leur vie. Et dans un film qui repose autant sur ses comédiens, cela constitue forcément une limite.
De plus, Gene Kelly est loin d’être seul à l’écran. Son compère Donald O’Connor est lui aussi rentré dans la légende, pendant son interprétation de Make em Laugh, grâce à un double salto arrière avec appui sur un mur, qui fascina des générations de cinéphiles, intrigués et curieux de savoir si tout cela a bien été réalisé sans trucage. Cela l’a bien été, le tout filmé dans un plan séquence qui valu à l’acteur une semaine de repos tant il y met d’énergie. Bref, Singing In The Rain représente peut-être l’apogée d’un cinéma hollywoodien qui reposait presque exclusivement sur le talent de ses acteurs et de ses actrices. 
Quelques Heures de Printemps est donc un film inégal, qui a eu tort de ne pas se centrer uniquement sur son sujet principal. Le scénario flotte pendant une heure avant de vraiment nous saisir. Encore une fois, on reste sur une telle impression finale que l’on ne regrette pas d’être venu. Mais on se dit que ce film aurait pu prendre encore une ampleur supplémentaire. Les sujets secondaires nous détournent plutôt de l’émotion, au lieu de la sublimer.
Employer des acteurs amateurs a parfois donné le pire et le meilleur au cours de la longue histoire du cinéma. Faire tourner des adolescents aussi d’ailleurs. Mais dans The We and The I, Michel Gondry arrive à leur faire garder un naturel déconcertant, tout en échappant totalement à l’impression d’une improvisation permanente. On citera notamment le couple Michael Brody et Teresa Lynn qui interprètent les deux personnages les plus marquants du film. Mais encore une fois, c’est vraiment tout le casting qu’il faudrait féliciter.


Pascal Bonitzer parvient tout de même à nous faire passer un moment plaisant, mais parfois un peu frustrant. D’ailleurs, la fin du film est assez révélatrice. En effet, elle s’étire désespérément en longueur, comme si le réalisateur était étonné de ne pas être arrivé à tenir plus de 90 minutes avec ses idées initiales. Cela ressemble un peu un aveu de faiblesse, une preuve qu’il n’a pas su tirer tout ce qu’il y avait à tirer des différents sujets qu’il aborde.

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