JASON BOURNE : L’HERITAGE : Jason Bourne et le Paic Citron, même combat !

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jasonbournelheritageafficheHollywood nous a prouvé à de nombreuses reprises sa capacité à exploiter jusqu’au dernier centime tous les concepts, tous les personnages, toutes les idées pouvant donner vie à une franchise. Avec Jason Bourne, il nous avait livré une trilogie très réussie (même si personnellement je ne suis pas totalement fan). On pensait que les producteurs allaient s’arrêter là puisque l’histoire semblait bel et bien terminée. Mais le cinéma fait parfois encore plus fort que le Paic Citron dans la logique du « quand y en a plus, y en a encore ! » avec ce Jason Bourne : l’Héritage totalement dénué d’intérêt.

Jason Bourne n’était pas seul. Un programme secret avait donné naissance à plusieurs agents aux capacités artificiellement améliorées. Mais une possibilité de fuite dans la presse pousse les autorités à mettre fin au programme, même si cela signifie éliminer tous les « cobayes » présents sur le terrain. Cependant, l’un d’eux va échapper à la tentative d’assassinat. Et il n’est pas content !

Jason Bourne : l’Héritage ressemble à un mauvais remake de la trilogie initiale. On retrouve le concept de base, l’agent quasi surhumain poursuivi par la meute, mais avec beaucoup moins des à-côtés, notamment la recherche d’identité. Tout cela a perdu toute sa complexité, toute sa profondeur, bref tout son intérêt. On se retrouve face à un film hyper basique, au scénario parfaitement linéaire, où rebondissements et surprises sont totalement absents.

Jason Bourne : l’Héritage a quand même la caractéristique remarquable de citer dans son titre un personnage qui n’apparaît même pas dans le film. C’est à dire à quel point, on compte attirer le spectateur en le trompant sur la marchandise. Aaron Cross n’a pas le début du charisme de son prédécesseur devenu quasi-mythique. A l’image du film, il est lisse, sans aucune originalité et le spectateur n’a aucune raison de le trouver sympathique. Même le début d’humour pince sans rire ne vient pas allumer la moindre flamme dans l’œil du spectateur.

Après, on peut toujours présenter l’éternel même contre-argument pour défendre Jason Bourne : l’Héritage en me posant la question : est-ce que je me suis ennuyé ? La réponse honnête est non, car le film propose une série de scènes d’action spectaculaires et assez bien foutues pour passer tout de même un bon moment. Mais trente secondes après avoir quitté la salle, vous réaliserez à quel point tout cela ne vous a pas marqué et reste incroyablement facilement oubliable.

jasonbournelheritageLe plus inquiétant reste le fait que visiblement, les producteurs ne semblent pas vouloir s’arrêter là et Jason Bourne : l’Héritage semble destiné à faire lui aussi des petits. Mais il est clair que la franchise est déjà complètement à bout de souffle. Le but de cet épisode était de repartir sur des nouvelles bases pour mieux repartir, mais il ne fait en fait que souligner à quel point tout cela sent le réchauffé. Ce côté un peu pathétique gâche un peu le plaisir que l’on aurait pu ressentir devant ce film, s’il ne situait pas dans une lignée aussi prestigieuse.

J’aime beaucoup Jeremy Renner, mais il faut être honnête, il n’a pas le charisme de Matt Damon. Mais on sent bien qu’il donne tout de même le maximum et son professionnalisme très hollywoodien lui permet d’échapper à des reproches immérités. On sera un peu plus sévère avec Edward Norton qui passe deux heures à se gratter le front, pas aider il est vrai par des dialogues obscures dont le seul but est de masquer l’absence de complexité de l’intrigue. Quant à Rachel Weisz, elle fait preuve de son charme habituel, ce qui est déjà pas mal.

Jason Bourne : l’Héritage nous fait aimer Jason Bourne. Mais les vrais, ceux où Jason Bourne est vraiment présent. Pas cette pseudo-suite sans grand intérêt.

Fiche technique :
Production : Relativity Media, Universal Pictures, Kennedy / Marshall, Captivate Entertainment
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Tony Gilroy
Scénario : Tony Gilroy, Dan Gilroy, d’après la série Jason Bourne créée par Robert Ludlum
Montage : John Gilroy
Photo : Robert Elswitt
Décors : Kevin Thompson
Musique : James Newton Howard
Durée : 136 mn

Casting :
Jeremy Renner : Aaron Cross
Rachel Weisz : Dr. Marta Shearing
Edward Norton : Col. Eric Byer
Stacy Keach : Amiral Mark Turso
Ezra Kramer : Scott Glenn
Oscar Isaac : Outcome #3
Louis Ozawa Changchien : Larx #3
Joan Allen : Pam Landy
David Strathairn : Noah Vosen

VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU : Un amour dévorant

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vousnavezencorerienvuafficheJ’aime bien Alain Resnais. J’apprécie Alain Resnais. J’ai pour Alain Resnais le plus grand respect. Je reconnais à Alain Resnais un grand talent. Mais voilà, je n’adore pas Alain Resnais, je ne l’idôlatre pas, je ne le trouve pas absolument génial. A chaque fois qu’il présente un film à Cannes, toute la critique hexagonale y voit une Palme d’Or injustement non attribuée. Moi j’y vois seulement des films originaux et sympathiques. Vous N’Avez Encore Rien Vu n’a pas échappé à la règle.

Antoine, célèbre dramaturge, vient de se suicider et a demandé à son majordome de rassembler dans sa résidence tous les acteurs qui ont joué précédemment sa plus grande œuvre, Eurydice. Une troupe de jeunes comédiens avait sollicité l’auteur pour la monter et lui avait fait parvenir une représentation filmée. Elle est projetée aux convives afin qu’ils donnent leur accord. Mais à travers le film, ils vont revivre leur propre interprétation.

Vous N’Avez Encore Rien Vu consiste donc en une triple interprétation du même texte, à savoir l’Eurydice de Jean Anouilh. On passe des jeunes comédiens, au couple Azéma-Arditi ou à celui formé par Anne Consigny et Lambert Wilson. Les scènes se succèdent ou parfois même se répètent, nous offrant plusieurs interprétations du même passage. Une idée plutôt originale, qui peut passer pour saugrenue, mais qui finalement fonctionne plutôt bien.

Alain Resnais aime les acteurs, ce n’est pas nouveau. Son œuvre est relativement dépourvu d’effets spéciaux, mais de vraiment moments de liberté d’expression dramatique offerts à ses comédiens. Certes, ils se sont souvent appelés Pierre Arditi et Sabine Azéma, mais bien d’autres ont tourné avec lui. D’ailleurs, le casting de Vous N’Avez Rien Vu montre bien que tourner avec Resnais ne se refuse pas. Il est vrai que ce film constitue une bel hommage à cette merveilleuse profession, puisque le film ne repose que sur le pur talent.

Vous N’Avez Rien Vu n’en reste pas moins avant tout un exercice de style. Un exercice réussi, certes, mais un exercice quand même. On peut trouver le concept génial, surtout que la mise en image est parfaitement maîtrisée. Alain Resnais se fait plaisir, nous fait plaisir, mais l’originalité de la forme ne confère pas à mon sens à ce film le statut de chef d’œuvre dont certains parlent, restant avant tout un divertissement sans beaucoup de fond. Ca éveille la curiosité, mais ça ne passionne pas. On est admiratif, mais cela reste un film que l’on contemple, sans vraiment rentrer dedans.

vousnavezencorerienvuDe plus, il y a quelque chose qui me gène toujours avec Alain Resnais. Il aime les acteurs. Sa fidélité au duo formé par Pierre Arditi et Sabine Azéma est tout à son honneur. Mais au fond, ne les aime-t-il pas un peu trop ? En effet, il les laisse faire ce qu’ils font de mieux, des interprétations que l’on connaît par cœur chez ses acteurs. Il ne les pousse vers aucun retranchement, ne les pousse pas à se dépasser et ne cherche pas à nous surprendre. Bref, il leur offre peut-être une grande liberté, mais sûrement pas les rôles de leur vie. Et dans un film qui repose autant sur ses comédiens, cela constitue forcément une limite.

Après, on peut tout de même apprécier le jeu de tous ses acteurs. Je noterai quand même la performance de Anne Consigny, qui n’est pas du tout écraser par la comparaison avec Sabine Azéma. Elle à la hauteur du charisme de Lambert Wilson et c’est en soi une belle performance. Enfin, je ne peux que souligner le talent immense de Matthieu Almaric. Certes, il fait ce qu’il fait d’habitude, mais c’est tellement génial que l’on en redemande encore et encore.

Vous N’Avez Encore Rien Vu est sans doute le film le plus original de cette année. Un exercice de style réussi et plaisant, mais qui n’a rien d’une Palme d’Or.

Fiche technique :
Production : F comme film, StudioCanal, France 2 Cinéma, Alamode Filmdistribution, Christmas in July
Réalisation : Alain Resnais
Scénario : Laurent Herbiet, Alex Réval, d’après Euridyce et Cher Antoine de Jean Annouilh
Montage : Hervé de Luze
Photo : Eric Gautier
Décors : Jacques Saulnier
Distribution : StudioCanal
Musique : Mark Snow
Durée : 115 mn

Casting :
Sabine Azéma : elle même, Eurydice
Pierre Arditi : lui même, Orphée
Anne Consigny : elle même, Eurydice
Lambert Wilson : lui même, Orphée
Mathieu Amalric : lui même, Monsieur Henri
Michel Piccoli : lui même, le père d’Orphée
Anny Duperey : elle même, la mère d’Eurydice
Denis Podalydès : Antoine d’Anthac
Andrzej Seweryn : Marcelin, le majrodome

CHANTONS SOUS LA PLUIE : Averses éternelles

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chantonsouslapluieafficheIl y a peu, dans ma critique de West Side Story, j’avais qualifié ce dernier de plus grand classique de l’histoire du 7ème art. Mais il est vrai qu’il y a une autre comédie musicale qui pourrait lui contester ce titre. Il s’agit de Chantons sous la Pluie. Un film à la magie intemporelle, produit par un cinéma hollywoodien qui était alors au sommet de son âge d’or. En cette année 1952, cet art n’avait plus rien de nouveau et pouvait parler de lui-même pour écrire une des plus belle page de sa propre légende.

Don Lockwood forme avec Lina Lamont le couple le plus emblématique du cinéma muet. Mais cette année 1927 allait voir arriver un procéder révolutionnaire : le cinéma parlant. S’y adapter n’est pas chose facile, mais le public ne veut plus voir autre chose. Le seul problème est que Lina Lamont a une voix absolument insupportable, tout comme son caractère. Une seule solution, la faire doubler à son insu par la jeune Kathy Selden, dont Don Lockwood est tombé éperdument amoureux.

Chantons sous la Pluie nous a légué quelques airs inoubliables. Tout le monde connaît l’air de Singing in the Rain ou de Make ’em Laugh, même si pour ce dernier, certains croient qu’il s’agit en premier lieu de l’air de la pub pour les matelas Merinos. Mais la légende efface souvent la vérité, car la plupart des chansons ne sont pas des œuvres originales. Les scénaristes ont écrit une histoire dans laquelle ils ont inséré des morceaux déjà existants. Y compris le morceau titre.

Pour continuer dans l’anecdotique, Singing in the Rain n’a pas du tout été considéré à sa sortie comme un chef d’œuvre. D’ailleurs, il n’a pas du tout triomphé aux Oscars. Il ne reçu que deux nominations, mais aucun prix, même pas celui de la meilleure musique, le vainqueur de ce dernier étant Un Refrain Dans Mon Coeur, qui n’a pas connu la même postérité. Comme quoi le destin d’un œuvre se joue parfois dans la durée et bien malin est celui qui saura quelles sont celles qui la mémoire collective retiendra.

Singing in the Rain représente l’apogée du plus grand acteur-danseur de l’histoire du cinéma. Ok, on peut débattre sur le fait que ce titre revient en fait à Fred Astaire, mais Gene Kelly reste tout de même un génie absolu. Pas tant par sa technique de claquettes, mais ce qu’il arrive à faire avec le haut du corps pendant que ses pieds tapent en rythme. Bon, je suis peut-être particulièrement admiratif parce que je ne brille pas par ma dextérité et ma coordination. Mais les passages dansés de ce film restent parmi les plus légendaires.

chantonssouslapuieDe plus, Gene Kelly est loin d’être seul à l’écran. Son compère Donald O’Connor est lui aussi rentré dans la légende, pendant son interprétation de Make em Laugh, grâce à un double salto arrière avec appui sur un mur, qui fascina des générations de cinéphiles, intrigués et curieux de savoir si tout cela a bien été réalisé sans trucage. Cela l’a bien été, le tout filmé dans un plan séquence qui valu à l’acteur une semaine de repos tant il y met d’énergie. Bref, Singing In The Rain représente peut-être l’apogée d’un cinéma hollywoodien qui reposait presque exclusivement sur le talent de ses acteurs et de ses actrices.

Singing In The Rain est une vraie comédie musicale, car il reste avant tout une comédie. Un vaudeville savoureux, assez classique, mais aux personnages inoubliables. On rit plusieurs fois de bon cœur, y compris pendant les numéros musicaux qui rivalisent de loufoquerie. Bien sûr, une belle histoire d’amour est présente. Une romance qui a donné à tous les amoureux du monde l’envie de chanter sous la pluie ! Bref, on ne s’ennuie pas 1h40. Allez, je vous accorde que le morceau Broadway Melody est un peu long, mais c’est bien parce qu’à être trop dithyrambique, on finit par ne plus sembler honnête.

Chantons Sous la Pluie reste et restera longtemps un moment légendaire de cinéma, un film que tout le monde connaît même sans l’avoir vu. Bref, un classique éternel.

Fiche technique :
Réalisation : Stanley Donen et Gene Kelly
Scénario : Betty Comden, Adolph Green
Chansons : Arthur Freed
Musique : Nacio Herb Brown
Direction musicale : Lennie Hayton
Arrangements vocaux : Jeff Alexander
Orchestrations : Wally Heglin, Skip Martin, Conrad Salinger
Chorégraphie : Gene Kelly
Direction artistique : Cedric Gibbons, Randall Duell
Décors : Edwin B. Willis, Jacques Mapes
Costumes : Walter Plunkett
Photographie : Harold Rosson
Effets spéciaux : Warren Newcombe, Irving G.Ries
Montage : Adrienne Fazan
Son : Douglas Shearer
Durée : 103 minutes
Dates de sortie : États-Unis : 27 mars 1952 (première mondiale à New York), 11 avril 1952 (sortie nationale) ; France : 11 septembre 1953

Casting :
Gene Kelly : Donald « Don » Lockwood, vedette du cinéma muet
Donald O’Connor : Cosmo Brown, pianiste et partenaire de Don
Debbie Reynolds : Kathy Selden, chorus girl
Jean Hagen : Lina Lamont, vedette du cinéma muet
Millard Mitchell : R. F. Simpson, président de Monumental Pictures
Cyd Charisse : une danseuse (Broadway Melody)
Douglas Fowley : Roscoe Dexter, réalisateur pour Monumental Pictures
Rita Moreno : Zelda Zanders, dite « la fille Zip », actrice
Madge Blake : Dora Bailey, chroniqueuse mondaine
Dawn Addams : une dame d’honneur
Jimmy Thompson : un chanteur (Beautiful Girl)

QUELQUES HEURES DE PRINTEMPS : Emotion taboue

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quelquesheuresdeprintempsafficheLa mort est omniprésente au cinéma. Il suffit du moindre film d’action, sans même parler d’un film de guerre, pour voir des êtres humains tomber comme des mouches. Mais en en faisant quelque chose de banal, le 7ème art nie la mort plus qu’elle n’en parle vraiment. En faire un sujet central d’un long métrage représente une toute autre démarche, beaucoup plus délicate. C’est celle entreprise par Stéphane Brizé avec Son Quelques Heures de Printemps.

Alain Evrad, 48 ans, ancien routier, sort de 18 mois de prison et se voit obliger de retourner vivre chez sa mère. La cohabitation va vite se révéler très compliqué, la fracture entre ces deux êtres incapables de communiquer semble terriblement profonde. Pourtant, la vieille dame n’en a plus pour très longtemps, atteinte de tumeurs au cerveau.

Bon, là je suis partagé sur le contenu de ma critique. Ceux qui auraient vraiment l’intention de voir ce film et qui aime en savoir le moins possible avant de se rendre dans une salle obscure vont devoir s’arrêter là. En effet, je vois mal comment parler de Quelques Heures de Printemps sans évoquer le rebondissement principal du film (présent dans le moindre synopsis de presse, mais bon…). Je remercie d’avance les autres pour la poursuite de la lecture… Un peu de fayotage auprès de son public ne fait jamais de mal…

En effet, Quelques Heures de Printemps évoque le douloureux problème de l’euthanasie puisqu’on découvre que la mère d’Alain a contacté une association suisse qui propose une procédure de suicide assisté. C’est donc un sujet particulièrement sensible auquel s’est attaqué Stéphane Brizé. Mais il le fait avec une délicatesse, une intelligence et une sensibilité absolument remarquables. La dernière demi-heure de ce film représente le plus beau moment d’émotion pure de cette année cinématographique. Un vrai moment de grâce qui justifie largement de le voir et de l’apprécier.

Malheureusement, tout le film ne se situe pas à ce niveau-là. De mon point de vue, le problème se situe au niveau du personnage d’Alain qui, au final, n’est ni intéressant, ni très utile. Les problèmes de communication entre parents et enfants représentent un thème extrêmement classique et Quelques Heures de Printemps n’apporte pas grand chose de nouveau sur ce plan-là. Bien sûr, l’émotion finale puise largement dans la situation initiale et dans l’évolution de la relation entre la mère et le fils. Mais d’autres éléments, comme la tentative de romance d’Alain, ne sont guère passionnants et le rendent le personnage du fils plutôt antipathique, ce qui bride quelque peu l’empathie.

quelquesheuresdeprintempsQuelques Heures de Printemps est donc un film inégal, qui a eu tort de ne pas se centrer uniquement sur son sujet principal. Le scénario flotte pendant une heure avant de vraiment nous saisir. Encore une fois, on reste sur une telle impression finale que l’on ne regrette pas d’être venu. Mais on se dit que ce film aurait pu prendre encore une ampleur supplémentaire. Les sujets secondaires nous détournent plutôt de l’émotion, au lieu de la sublimer.

Quelques Heures de Printemps sent le rôle à César. Il faut dire que Hélène Vincent est tout simplement époustouflante, signant là le rôle de sa vie, après 40 ans de carrière. Si elle reçoit bien la petite statuette, ce que je suis prêt à parier, cela sera amplement mérité tant elle joue avec une formidable justesse et une sublime émotion. A ses côtés, Vincent Lindon est presque reléguer au rang de faire-valoir, malgré une prestation elle-aussi de tout premier ordre.

Quelques Heures de Printemps reste un film remarquable par la manière dont il traite un sujet difficile et encore particulièrement tabou. Mais il n’a pas su s’enrichir d’autres éléments vraiment intéressants.

Fiche technique :
Production : TS Productions, F comme Film, ARTE France Cinéma
Distribution : Diaphana
Réalisation : Stéphane Brizé
Scénario : Stéphane Brizé, Florence Vignon
Montage : Anne Klotz
Photo : Antoine Héberlé
Décors : Valérie Saradjian
Musique : Nick Cave
Durée : 108 mn

Casting :
Vincent Lindon : Alain Evrard
Hélène Vincent : Yvette Evrard
Emmanuelle Seigner : Clémence
Olivier Perrier : Monsieur Lalouette
Silvia Kahn : le docteur Mathieu
Ludovic Berthillot : le copain

THE WE AND THE I : A plus dans le bus !

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theweandtheiafficheLes réalisateurs français qui franchissent l’Atlantique réalisent souvent un rêve, mais y perdent souvent leurs illusions. La liberté artistique est rarement aux mains des metteurs en scène à Hollywood, mais dans celles des producteurs. Ils y signent alors des films sans âme comme le Gothika de Mattieu Kassovitz ou même le Alien 4 de Jean-Pierre Jeunet (oui, je sais, il y a matière à débat, mais je n’aime pas du tout ce film). Sans même parler de Louis Leterrier (le Choc des Titans) qui assume son statut de carpette. Mais il existe des exceptions. Il y eu Jean Renoir dans les années 30, il y a désormais Michel Gondry qui tourne aux Etats-Unis de vrais films d’auteur. Son dernier en date, The We an the I, un film qui a su capturer l’adolescence comme jamais, mais qui pêche par certaines longueurs.

Les grandes vacances sont arrivées. Les élèves d’un lycée du Bronx prennent donc une dernière fois le bus qui va les ramener chez eux. Le trajet apparaît alors comme une résumé de la vie avec ses drames, ses joies, ses amitiés, ses fâcheries, ses rapprochements, ses ruptures. Et au fur et à mesure que le bus se vide, ses occupants changent aussi.

The We and the I est un film à la Michel Gondry, c’est à dire avec un concept derrière, mais réalisé avec minutie et imagination. Tourné avec des acteurs amateurs, qui interprètent des personnages proches de leur propre vie, rien n’est laissé à l’improvisation. On retrouve un peu le principe de Derrière les Murs, mais avec une complexité visuelle et surtout une direction d’acteurs beaucoup plus poussée. Seule entorse à cette impression de réel, cette ligne de bus fictive qui nous entraîne dans un improbable voyage de 1h43. 

Je profite de cette habile transition pour passer directement à ce qui fâche. En effet, The We and the I a une défaut : il est trop long ! Certes, 103 minutes, ce n’est pas non plus exceptionnel, mais le film ne propose pas assez de contenu pour que l’on ne décroche pas à un moment donné. Disons que tout part un peu dans tous les sens pendant trop longtemps. On apprend à connaître les personnages, mais au bout d’une heure, on ne sait toujours pas bien où Michel Gondry veut en venir et du coup quel est l’intérêt de tout ça. Bref, à un moment donné, on s’ennuie !

La dernière demi-heure nous éclaire et donne réellement un sens à tout ce qui a précédé. Mais le mal est fait malheureusement. Et c’est vraiment malheureux car au final le propos est sûrement le plus intelligent jamais tenu sur l’adolescence. Michel Gondry a su capter de manière incroyablement pertinente et intelligente. Et dieu sait si des réalisateurs et scénaristes se sont cassés la gueule sur ce sujet épineux. Le Français balaye tout ce qui définit cette période si particulière. Je citerai deux points qui m’ont réellement marqué : la cruauté des adolescents entre eux et l’effet du groupe sur les comportements. La manière dont The We and The I nous parle aussi brillamment de ses sujets dans un film dont la forme est quasi-minimaliste montre bien le génie du réalisateur français.

theweandtheiEmployer des acteurs amateurs a parfois donné le pire et le meilleur au cours de la longue histoire du cinéma. Faire tourner des adolescents aussi d’ailleurs. Mais dans The We and The I, Michel Gondry arrive à leur faire garder un naturel déconcertant, tout en échappant totalement à l’impression d’une improvisation permanente. On citera notamment le couple Michael Brody et Teresa Lynn qui interprètent les deux personnages les plus marquants du film. Mais encore une fois, c’est vraiment tout le casting qu’il faudrait féliciter.

Michel Gondry a une nouvelle fois réussi à nous surprendre à The We and The I. Il a à nouveau su inventer un concept et s’est montré incroyablement pertinent dans son propos. Mais la forme nous plonge dans l’ennui pendant un moment un peu trop long pour que l’on crie au génie.

Fiche technique :
Production : Partizan Films
Réalisation : Michel Gondry
Scénario : Michel Gondry, Jeffrey Grimshaw, Paul Proch
Montage : Jeff Buchanan
Photo : Alex Disenhof
Distribution : Mars Distribution
Durée : 103 mn

UNE SI LONGUE ATTENTE, UN SI GRAND BONHEUR

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psgkiev8 ans ! 8 ans que les fans du PSG attendaient d’entendre à nouveau résonner la célèbre musique de la Ligue des Champions au Parc des Princes. Une éternité pour un club de ce standing. L’arrivée des Qatariens change évidemment la donne et on savait pertinemment que le club parisien allait vite retrouver la grande (j’ai envie de dire la seule) Coupe d’Europe. Aujourd’hui était un donc un jour à part pour tous les supporters parisiens. Un jour qui se termine sur un grand bonheur.

Evidemment, on pourra philosopher à l’infini sur la faiblesse d’une opposition ukrainienne qui n’a rien d’un monstre. Il est indéniable que c’est à Porto dans quinze jours que l’on verra ce que le PSG a vraiment dans le ventre au niveau européen. Mais on reconnaît les bonnes équipes à leur faculté à gagner facilement les matchs faciles. Ce soir, il y avait douze classes d’écart entre Kiev et Paris. On a surtout vu une véritable équipe sur le terrain. Depuis un an, on parle de manière continuelle du manque de qualités collectives des joueurs d’Ancelotti. Depuis trois matchs, quelque chose a changé et les critiques sont bien obligés de se taire.

Ce soir, quand on est un supporter parisien, de toute façon, ce n’est que du bonheur. Le PSG a construit un début de légende dans les années 90 grâce à ces résultats dans les différentes Coupe d’Europe. Une légende éteinte dans des années 2000 à oublier. Mais ce soir, on est nombreux à s’en souvenir. Quel plaisir ! Et quel envie surtout de voir la légende renaître définitivement.

21ST CENTURY MAN (Luke Haines) : D’un rock à l’autre

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21stcenturymanlukehainesLorsque j’écoute un album d’un artiste que je ne connais pas et avant de chercher des informations le concernant pour écrire mon avis, je fais souvent des paris sur sa nationalité. Généralement, ça se joue entre Américain et Anglais. De temps en temps, je tombe sur des artistes plus exotiques, genre suédois, norvégien, australien, ou même français récemment avec Zenzile. Si j’avais du miser de l’argent à l’écoute de 21st Century Man, j’aurais bien vu Luke Haines venir de l’autre côté de l’Atlantique. Mais finalement, il ne vient que de l’autre côté de la Manche. Une erreur certainement due à la grande diversité de sa musique.

Luke Haines est né en 1967 à Walton-on-Thames (info sans intérêt, mais j’aime bien le nom). Il a fait partie de diverses groupes, inconnus pour ma part : The Auters, Baader Meinhof et Black Box Recorder. Il poursuit une carrière solo depuis 2001 et à déjà signé 7 albums. 21st Century Man est le 6ème et est sorti en 2009.

21st Century Man est tout simplement une excellent album. Ca a le mérite d’être clair, mais je vais évidemment vous expliquer pourquoi. Déjà parce que ses qualités de musiciens sont indéniables. Luke Haines arrive à conjuguer maîtrise artistique et énergie dans l’interprétation. C’est le signe des plus grands artistes rock. Cela n’est pas en soi suffisant, mais on apprécie de sentir que l’artiste ne se contente pas de vous sortir ce qui lui passe par la tête et qu’il prend en plus aussi plaisir à l’interpréter. Ainsi, le plaisir est d’autant plus communicatif.

Luke Haines se distingue aussi par sa voix. Rien à voir avec celle de Adam Green dont j’ai parlé précédemment. Ici, c’est avant tout la personnalité et la manière dont il l’utilise qui font la différence. Sur 21st Century Man, Luke Haines n’hésite pas à vraiment interpréter ses textes comme s’il s’agissait d’un rôle. Bref, il met le ton, tout en chantant, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Du coup, on flirte parfois avec une légère impression de parodie, mais encore une fois, la maîtrise artistique n’a rien de comique.

Enfin, 21st Century Man est un album rock, mais qui navigue d’un sous-univers à l’autre et parfois même à travers les époques. Luke Haines nous propose certains archétypes du genre, comme la ballade avec violons ou le morceau mélodique avec les chœurs sirupeux qui vont bien. Mais tout cela à sa sauce, si bien qu’on y voit vraiment une réappropriation de clichés plutôt que leur prolongation. Si je devais faire une comparaison osée, Luke Haines est un peu le Quentin Tarantino du rock !

Le tout donne un album assez compact, 10 titres, mais où aucun n’est à jeter. En plus, je trouve que 21st Century Man se termine par le meilleur d’entre eux, celui qui porte le nom de l’album. Un titre entre rock et pop, très élégant, signé par un vrai musicien, pas par un ado boutonneux britannique qui se prend déjà pour le roi du monde. Et surtout, on passe vraiment d’un univers à l’autre, toujours en lien avec le rock, toujours avec le même bonheur. Bref, une ballade musicale agréable et surprenante.

21st Century Man ne contient peut-être pas un méga tube inoubliable. Mais 10 chansons toutes différentes et d’excellente qualité, qui font de cet album un vrai moment de bonheur musical.

P.S : Cet album existe en version double, accompagné d’un autre intitulé Achtung Mutha, mais qui contient à la fois des chansons et des textes récités.

Pour finir, examinons les titres qui composent 21st Century Man.

1.: Suburban Morning
Un titre pop-rock élégant. La voix prend le dessus sur l’instrumentation par sa personnalité marquée.

2.: Peter Hammill
Un morceau plus rock, énergique et sympa.

3.: Klaus Kinski
Une ballade originale autour de ce grand acteur.

4.: Love Letter To London
Une chanson douce, un peu sirupeuse, notamment à cause des chœurs, mais parfaitement réussie.

5.: Wot A Rotter
Un son très années 80 pour un résultat toujours marqué par la personnalité de la voix.

6.: Our Man In Buenos Aires
Un rock assez mélancolique, avec des instruments à cordes pour un résultat presque parodique.

7.: Russian Futurists Black Out The Sun
La voix joue vraiment le texte et c’est bon !

8.: English Southern Man
Une ballade avec violon, où la voix interprète encore le texte en introduction, avant que le morceau ne se transforme en titre pop-rock plus classique.

9.: White Honky Afro
Un titre pop-rock maîtrisé et de bonne facture.

10.: 21st Century Man
Luke Haines boucle la boucle avec un titre qui ressemble au premier et qui constitue une très bonne fin.

CHERCHEZ HORTENSE : Sujets inégaux

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cherchezhortenseafficheDerrière les réalités sociales, il y a des gens… Ah ça vous la coupe, une introduction aussi profonde et philosophique ! Vous ne vous y attendiez pas ?… Ok, bon je vois en fait que cela n’a pas l’impact escompté. Sans doute, ai-je démarré dans des sphères trop hautes pour le commun des mortels. Tant pis, j’enchaîne en allant directement vous but pour vous parler de Cherchez Hortense, un film à la fois social et humain, avec du Jean-Pierre Bacri dedans.

Damien est le fils du Président du Conseil d’Etat. Sous la pression de sa femme, il accepte de demander l’intervention de son père pour éviter qu’une certaine Zorica ne soit expulsée. Le problème est que sa relation avec son géniteur est quelque peu compliquée et distendue. Comme l’est de plus en plus sa relation avec sa femme. Seule Aurore, une jeune fille croisée dans les alentours du café qu’il fréquente, semble lui porter un minimum d’attention.

Cherchez Hortense aborde donc beaucoup de sujet : la relation père-fils, la routine dans un couple et les drames liées aux expulsions de clandestins. Il y avait donc de quoi faire pour que Pascal Bonitzer nous offre facilement un film aux intérêts multiples. Il y parvient malheureusement de manière inégal, car tous les sujets ne sont pas traités avec le même bonheur. Le tout donne tout de même un propos plutôt convaincant, même si tout cela manque un peu de rythme.

La relation père-fils forme vraiment le cœur de ce film. C’est de loin l’aspect le plus réussi et le plus intéressant de Cherchez Hortense. Les deux personnages, incarnés par deux grands acteurs, forment un duo savoureux. Certes, les circonstances sont assez exceptionnelles, mais les problèmes de communication entre les deux peuvent très bien se rencontrer dans une vie plus ordinaire. Je pense que de nombreux spectateurs peuvent s’identifier à ces dialogues de sourds permanents. La conclusion constitue d’ailleurs le seul moment réellement inattendu de ce film.

Par contre, les problèmes de couple de Damien sentent largement le déjà-vu mille fois et manquent passablement d’intérêt. L’attachement que l’on ressent pour les personnages ne suffit pas nous faire ressentir de vraies émotions devant cette histoire désespérément ordinaire. Même la personnalité marquante de leur collégien de fils n’arrive pas à donner du relief au propos. Quant aux problèmes d’immigration, il s’agit plus d’un prétexte narratif que d’une vraie réflexion sur le sujet. Mais au moins Cherchez Hortense échappe-t-il aux clichés habituels.

cherchezhortensePascal Bonitzer parvient tout de même à nous faire passer un moment plaisant, mais parfois un peu frustrant. D’ailleurs, la fin du film est assez révélatrice. En effet, elle s’étire désespérément en longueur, comme si le réalisateur était étonné de ne pas être arrivé à tenir plus de 90 minutes avec ses idées initiales. Cela ressemble un peu un aveu de faiblesse, une preuve qu’il n’a pas su tirer tout ce qu’il y avait à tirer des différents sujets qu’il aborde.

Pascal Bonitzer se montre tout de même un excellent directeur d’acteurs. Vous me direz, avec un tel casting, il était difficile de se planter. Le duo Claude Rich – Jean-Pierre Bacri fonctionne à la perfection avec des rôles qui semblent taillés pour eux. A leurs côtés, Kristin Scott-Thomas et Isabelle Carré font preuve de leur talent et de leur charme ordinaires, ce qui est un gage réelle de qualité. On notera aussi le très bon second rôle de Jackie Berroyer que l’on n’avait pas vu depuis longtemps.

Au final, Cherchez Hortense n’est pas un film raté. C’est un film partiellement réussi, sans qu’on comprenne vraiment pourquoi Pascal Bonitzer n’est pas parvenu à le réussir totalement.

Fiche technique :
Production : SBS Films, Le Pacte
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Pascal Bonitzer
Scénario : Pascal Bonitzer, Agnès de Sacy
Montage : Elise Fievet
Photo : Eomain Winding
Décors : Manu de Chauvigny
Musique : Alexeï Aïgui
Costumes : Marielle Robaut
Durée : 100 mn

Casting :
Jean-Pierre Bacri : Damien
Kristin Scott-Thomas : Iva
Isabelle Carré : Aurore
Marin Orcand Tourres : Noe
Claude Rich : Sebastien Hauer
Arthur Igual : Antoine
Jackie Berroyer : Lobatch
Benoît Jacquot : Kevadian
Masahiro Kashiwagi : Satoshi

MINOR LOVE (Adam Green) : Un bijou ciselé par une voix

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minorloveadamgreenA force d’écrire des avis sur des artistes relativement inconnus, je finis naturellement par en connaître un certain nombre. Adam Green fait partie de ces inconnus qui ne le sont plus trop pour moi puisque je vous avais déjà parlé de son album Sixes & Sevens que j’avais réellement apprécié. Avec ce Minor Love, on franchit un nouveau palier puisqu’il nous livre là un petit bijou, ciselé par cette voix hors du commun.

Décidemment, ces derniers temps, je suis particulièrement attiré par les artistes new-yorkais. En effet, Adam Green en fait lui aussi partie depuis sa naissance en 1981. Il est souvent comparer à Leonard Cohen, avec lequel il partage une voix profonde et caverneuse et surtout un univers musical entre folk et country. Minor Love est sorti en 2010. Il s’agit de son sixième album studio depuis le premier qui date de 2002.

Dès les premières secondes de Minor Love, ce qui vous saute aux oreilles, c’est cette voix. Une voix grave d’une profondeur exceptionnelle. Une voix que l’on prêterait aisément au cow-boy Malboro, mais qui ici, vu l’âge relativement modeste du jeune homme, n’est sûrement pas dû à un cancer de la gorge. Une voix faite pour chanter cette musique-là, de manière presque caricaturale. Mais le talent est là, frappant, incontestable et c’est un vrai régal.

Au-delà, de la voix, il est vrai que Minor Love reste tout de même très classique. Des mélodies que l’on imagine très bien chantée autour d’un feu de camps dans l’Ouest Américain. Les instrumentations sont généralement assez épurées, mais jamais minimalistes. Adam Green s’essaye même parfois à une certaine créativité dans ce domaine avec un jeu de sonorités surprenantes dans un tel contexte. Cela reste assez timide, mais cela fait la différence avec son précédent album.

L’univers d’Adam Green reste centré sur la country et le folk. Mais quelques titres sonnent un peu différemment. Minor Love nous livre quelques passages plus rock et des mélodies plus dynamiques que précédemment. Là encore, c’est un peu limité et on sent bien qu’il n’ose pas tout à fait s’éloigner de trop de son univers habituel. On aimerait parfois qu’il se lâche car le résultat est parfois plutôt séduisant. Cet artiste possède vraiment le potentiel pour s’aventurer bien plus loin.

La densité de Minor Love est remarquable. A part deux petits titres plus en retrait, tous les titres s’écoutent avec délice. De toute façon, l’avantage de posséder une voix aussi remarquable est qu’on a toujours quelque chose sur lequel s’appuyer. Elle représente une constante qui traverse tout l’album. Elle lui permet de nous livrer de petits bijoux comme ce Stadium Soul, pour moi le meilleur titre de l’album. Mais on pourra également citer Give Them a Token, Goblin, Cigarette Burns Forever ou encore Boss Inside. En fait, en dehors de Oh Shucks et Don’t Call Me Uncle, on aurait pu tout citer.

Minor Love confirme donc tout le bien que je pensais d’Adam Green. Un album porté par une voix sublime qui nous transporte du début à la fin.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur Minor Love.

1.: Breaking Locks
A l’écoute de ce titre, on est tout de suite transporté autour d’un feu de camps dans le Grand Ouest Américain. La voix nous fait tout de suite de l’effet.

2.: Give Them a Token
Une instrumentation un peu plus complexe pour une très belle chanson.

3.: Buddy Bradley
Un ton plus dynamique, presque joyeux. La voix est presque plus proche de la parole que du chant.

4.: Goblin
Une guitare dynamique pour une chanson presque dansante.

5.: Bathing Birds
Une très jolie ballade mélancolique, dont le rythme s’accélère progressivement.

6.: What Makes Him Act So Bad
Un peu plus rock, mais toujours aussi bon.

7.: Stadium Soul
Un titre qui joue sur la variété des sonorités. Vraiment excellent !

8.: Cigarette Burns Forever
La voix sublime prend des accents crooner.

9.: Boss Inside
Une superbe ballade épurée.

10.: Castles and Tassels
Un titre enjoué et sympa.

11.: Oh Shucks
Un titre dissonant. Pas top !

12.: Don’t Call Me Uncle
Une ballade assez statique.

13.: Lockout
Un morceau enjoué et dynamique. Une instrumentation qui mélange des sonorités très diverses, entre maracas et guitare très rock.

14.: You Blacken My Stay
Un retour à un son hyper country. Très beau final.

VIRAGES

croiseedeschemins

croiseedescheminsOn sait bien que chacun de nos gestes les plus anodins du quotidien peuvent changer notre vie sans qu’on le sache. A quelques secondes près, on aurait pu croiser la femme de sa vie ou bien la personne qui nous aurait proposer le job de nos rêves. Ce jour-là, si on avait finalement décidé de jouer une grille au loto, on serait devenu millionnaire. En choisissant le passage pour piéton suivant, on se serait fait renverser par une voiture. Bref, notre vie bascule en permanence, sans qu’on en ait conscience.

Il y a cependant des périodes de la vie où on sait qu’on se situe très certainement à un tournant. Cela peut être d’un point de vue personnel, sentimental, professionnel. Quelques fois les choses sont claires. On est face à un choix qu’il nous faut faire et dont va dépendre une large partie de notre futur. Parfois, c’est un challenge qui nous attend. Un succès et tout change, un échec et c’est le status quo. Enfin, il arrive aussi que les évènements ne dépendent pas de nous, nous condamnant à une attente stressante, nous donnant le sentiment que notre destin nous échappe.

Mais le plus souvent, tout n’est pas aussi clair. On sent bien que tout peut changer d’un coup ou que les petits changements récent peuvent prendre de l’ampleur et marque définitivement notre existence. Ces moments sont parfois des moments d’espoir car on sent que ce sont des opportunités qui s’offrent à nous. Ils peuvent constituer des moments d’inquiétude. Généralement, on ne sait pas vraiment quand tout va se jouer exactement. Il n’y a pas forcément de moment décisif, juste un tournant à prendre globalement.

Ce genre de moments sont deux où on sent que notre vie va avancer. Si l’immobilisme est souvent confortable, le changement est aussi un élément indispensable du bonheur. Et comme dirait un célèbre Corrézien, le changement, c’est maintenant !