
Les trois frères Bondurant font partie des nombreux des producteurs d’alcool de contrebande du comté de Franklin en Virginie. A leur tête, Forrest qui possède la réputation d’être invincible, acquise lors de la guerre de 14. Howard est l’aîné, mais se montre souvent trop bagarreur sous l’emprise de l’alcool. Enfin, le plus jeune, Jack est prêt à commettre bien des imprudences pour gagner le respect de ses frères. En refusant de se faire racketter par une police corrompue, ils déclenchent une guerre qu’ils pourraient bien ne pas gagner.
Commençons par ce qui fâche et qui fait de Des Hommes Sans Loi un film à l’intérêt somme toute limité. Le scénario est d’une linéarité totale et absolument sans surprise. Certes, le film se veut de facture classique, mais cela ne l’empêchait pas de proposer d’autres choses que les péripéties les plus attendues. Les personnages ne connaissent qu’une évolution minime, si ce n’est celle que l’on devine dès les premières secondes.
Le scénario est pourtant signé de quelqu’un d’un peu inattendu, à savoir le chanteur australien Nick Cave. Ce n’est pas son coup d’essai, mais le premier pour une production de cette envergure. Il s’appuie sur un roman, signé par un des membres de la famille Bondurant. Il s’inspire donc de faits réels, mais peut-être aurait-il du plus romancer pour nous offrir une histoire moins linéaire. Cela reste très manichéen et ne propose rien qu’on ait déjà vu.
Du coup, on n’apprécie pas à sa juste valeur les autres qualités de Des Hommes Sans Loi. Tout dans le scénario n’est pas à jeter. Il est assez rythmé pour que l’on ne s’ennuie pas et surtout les personnages arrivent à attirer notre sympathie, malgré leur aspect un rien caricatural. Il n’aurait pas fallu grand chose pour que le film ait une autre saveur. En gros, les ingrédients sont de qualité, la recette est respectée à la lettre, mais il manque le bouquet d’épices qui fasse vraiment frétiller les papilles du spectateur.

Le casting de Des Hommes Sans Loi est assez prestigieux, avec comme bonne surprise un Shia LeBeouf qui jouerait presque la comédie. Bon je vous rassure, il n’est toujours pas le plus grand comédien que la terre n’ait jamais porté, mais il arrive déjà à être convaincant. C’est un bon début ! Mais il est éclipsé par le charisme de Tom Hardy, même si ceux qui viennent de voir The Dark Knight Rises auront l’impression d’entendre Bane dès qu’il ouvre la bouche. Ce film est aussi la confirmation du charme ravageur de Jessica Chastain et Mia Masikowsa.
Des Hommes Sans Loi est donc un film élégant mais décevant par la linéarité d’un scénario qui nous prive de la moindre surprise.
Fiche technique :
Production : Benaroya Pictures, FilmNation Entertainment, Ana^purna Pictures, BlumHansonAllen Films
Réalisation : John Hillcoat
Scénario : Nick Cave, d’après le livre de Matt Bondurant
Montage : Dylan Tichenor
Photo : Benoît Delhomme
Décors : Chris Kennedy
Distribution : Metropolitan FilmExport
Musique : Nick Cave, Warren Ellis
Costumes: Margot Wilson
Durée : 115 min
Casting :
Shia LaBeouf : Jack
Tom Hardy : Forrest
Jason Clarke : Howard
Jessica Chastain : Maggie
Mia Wasikowska : Bertha
Guy Pearce : Charlie Rakes
Gary Oldman : Floyd Banner






Le tout est mis en image de manière particulièrement élégante par William Friedkin, qui nous rappelle que sur ce plan, il n’a rien perdu de son immense talent. Il arrive parfaitement à donner une personnalité visuelle à Killer Joe qui sert vraiment son propos. Le travail de photographie nous en dit plus sur ses personnages que les dialogues. Les décors, les costumes, chaque élément de l’image jouent un rôle et nous racontent quelque chose. Bref, c’est du cinéma, du vrai !

Restera tout de même de Superstar quelques scènes réussies et des dialogues savoureux. On retiendra notamment un dialogue de sourds entre un patron de chaîne de télévision et le personnage qui lui explique justement qu’il ne veut pas faire de télévision. Or le premier y voit justement un très bon sujet pour une émission de télévision. Mais ces bons moments restent beaucoup trop ponctuels pour vraiment tirer le film vers le haut et nous laisser pleinement un bon souvenir. Cela renforce surtout encore une fois notre impression qu’il y avait vraiment matière à faire un film incomparablement plus intéressant. 
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