PHRAZES FOR THE YOUNG (Julian Casablancas) : Créatif ou chargé ?

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phrazesfortheyoungjuliancasablancasDans un groupe, l’ego le plus fort est souvent celui du chanteur. Il est vrai que la plupart des cris énamourés des fans lui sont adressés et qu’une voix fait beaucoup pour l’identité musicale d’un groupe. Du coup, il a souvent vite fait de se croire irremplaçable et surtout qu’il n’a pas vraiment besoin des autres pour réussir. Il entame alors une carrière solo, pour que son nom figure enfin seul sur une pochette d’album. C’est exactement ce qu’a fait Julian Casablancas, le chanteur de The Strokes, avec son album Phrazes for the Young.

Julian Casablancas est un américain né avec une petite cuillère d’argent dans la bouche, puisqu’il est le fils de John Casablancas, le fondateur de l’agence de mannequin élite. On imagine donc l’enfance difficile du garçon… Il est néanmoins devenu une rock star en fondant en 1998 The Strokes, avec d’autres musiciens new-yorkais. Après trois albums à succès, il sortira donc cet album solo en 2009. Mais cela ne signifie pas pour autant la fin du groupe puisque The Strokes a sorti un quatrième album, Angies, en 2011.

Bon, j’avoue je suis un peu embêté pour donner mon avis sur Phrazes for the Young. En effet, je lui reconnaît d’immenses qualités, mais au final je n’ai pas été franchement enthousiaste. Tout avis est subjectif, mais cet album est objectivement une œuvre aboutie, celle d’un vrai musicien créatif et doué d’un immense et incontestable talent. Certes, l’album est court, 8 titres seulement, mais chacun d’eux a nécessité un travail important à n’en pas douter.

En fait, mon écoute de Phrazes for the Young a été un peu un chaud et froid permanent. En effet, j’adore environ un titre sur deux. Et inversement, l’autre moitié me laisse plutôt indifférent. Elle n’est pas pour autant mauvaise, mais de mon point de vue pas à la hauteur du reste. L’album commence pourtant fort avec le très bon Out of the Blue. Mais les deux titres suivant, les deux seuls à vraiment se ressembler, ont clairement calmé mon enthousiasme. Ensuite on repart pour deux excellents titres, puis deux moyens, avant un très beau morceau final.

La musique de Julian Casablancas sur Phrazes for the Young est très élaborée. Chaque instrumentation est complexe, extrêmement travaillée, proposant des sonorités diverses, des coupures de rythme. Chaque titre a vraiment sa propre personnalité et ne ressemble guère aux autres. Bref, Julian Casablancas n’est pas un simple chanteur avec une guitare qui pousse la chansonnette. Je ne peux que saluer le travail accompli. Mais cette complexité fait qu’on a forcément un jugement assez tranché sur ces morceaux. C’est un peu ça passe ou ça casse. Ce n’est jamais désagréable, mais on peut trouver ça facilement un peu trop chargé.

Reste cependant un élément présent sur tous les morceaux et qui fait le bonheur de notre oreille : la voix de Julian Casablancas. Une voix profonde au charme particulier. Il sait parfaitement s’en servir comme un instrument à part entière, lui conférant une tonalité adaptée à chacun des morceaux. Mais elle garde toujours ses qualités. On peut d’ailleurs regretter que sur Phrazes for the Young, les instrumentations élaborées écrasent parfois ce chant qui se suffirait largement à lui-même.

Phrazes for the Young est donc un album qui ne laissera certainement indifférent. On peut facilement lui vouer une admiration à la hauteur du travail de création accompli par Julian Casablancas. Mais on peut aussi lui préférer une musique plus directe qui au final touche plus facilement l’auditeur.

Pour finir, faisons le tour de Phrazes for the Young.

1.: Out of the Blue
La voix profonde se pose sur un rock énergique. Quelque chose d’Iggy Pop !

2.: Left and Right in the Dark
Le morceau s’ouvre sur le son d’un vieux synthé, pour un titre aux allures rétro, à défaut d’être génial.

3.: 11th Dimension
Dans la même veine que le précédent, mais en plus dansant et dynamique.

4.: 4 Chords of the Apocalypse
Une ballade entre rock et country, qui possède une vraie puissance et où la voix exprime beaucoup de choses.

5.: Ludlow Street
Une ballade plus pop, mais énergie, créativité et maîtrise s’y marient parfaitement.

6.: River of Brakelights
Un rock électro pas mal, mais sans plus.

7.: Glass
Le clavier y est très présent, mais il écrase un peu trop la voix et c’est dommage.

8.: Tourist
Un rock posé, presque sombre, tout en maîtrise. Une très bonne conclusion.

LE POETE (Michael Connelly) : Un putain de bon polar !

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lepoeteIl y a quelques mois à peine, j’ai eu l’occasion de lire, et donc de commenter ici, Wonderland Avenue, mon premier roman signé Michael Connelly. J’avais bien aimé mais sans non plus me rouler par terre d’enthousiasme. Une très chère amie m’avait alors indiqué qu’il me fallait lire le Poète pour vraiment mesurer le talent de cet auteur. Cela tombait bien puisque quelques temps, pour mon anniversaire, mon frangin me l’avait justement offert. Après sa lecture, je peux vous assurer que les deux ont bon goût.

Jack McEvoy est journaliste, mais est surtout le frère jumeau d’un policier de la criminelle qui vient de se suicider. Il se décide, malgré les réticence de ses proches, à écrire un article sur le sujet. Mais en menant son enquête, il va faire le lien avec des cas similaires, avec comme dénominateur commun la présence sur la scène de crime de vers d’Edgard Allan Poe. La marque d’un tueur en série qui sera vite surnommé le Poète.

Le Poète est ce qu’on peut appeler un putain de bon polar ! Il y a tout : une intrigue solide, des rebondissements surprenants, de bons personnages, le tout porté par un style agréable. Bref, tout est dit, au revoir, à demain… Bon, je vais développer, mais c’est presque dommage car la seule chose que je vous conseille est de vous plonger dans ce roman sans forcément en savoir quoique ce soit. Vous ne serez pas déçu, promis !

Allez, s’il y a une qualité que le Poète ne possède pas, c’est une originalité profonde. La perfection n’est pas de ce monde. Nous sommes face à une œuvre classique, qui ravira les amateurs du genre, mais qui représente surtout tout ce qui se fait de mieux en la matière. L’intrigue est vraiment solide, extrêmement bien construire et dans laquelle vous plongerez immédiatement. Tout se révèle lentement mais sûrement. L’histoire avance à chaque page, toujours de manière claire, donnant une eau à la bouche constante au lecteur. Préparez les serviettes éponge pour lire ce roman !

Le Poète brille aussi par ses personnages. C’est peut-être d’ailleurs là que réside la seule originalité du roman, avec ce journaliste qui se retrouve acteur d’une enquête du FBI. La tension entre les enquêteurs institutionnels et Jack apporte un vrai plus à l’intrigue, en donnant une véritable épaisseur et une humanité aux protagonistes. Cela contribue à la richesse globale de ce roman qui peut donc séduire pour beaucoup de raisons.

L’une d’entre elle est le style de Michael Connelly qui a une plume aussi solide que ses intrigues. La clarté que j’évoquais plus haut est le signe de cette qualité d’écriture indéniable. On n’est pas face à un polar écrit un peu vite et produit à la chaîne comme on en trouve dans les rayons des librairies. Encore une fois, on est face à la crème de la crème y compris au niveau de la forme.

Enfin, je vous conseillerai peut-être avant tout le Poète pour ses rebondissements. Dire qu’il y en a de vraiment surprenants, c’est déjà un peu gâcher le plaisir mais tant pis. De toute façon, vous serez trop pris par la lecture pour vous rappeler mes propos. Ce roman se lit vraiment jusqu’à la dernière page car on s’attend encore une fois à être surpris. Les retournements de situation de dernière minute sont devenus une sorte d’obligation un peu horripilante parfois. Mais ici, elle est assez bien maîtrisée pour vraiment ravir le lecteur.

Le Poète est très certainement le polar que l’ai le plus dévoré depuis ma lecture de la saga Millenium. Un roman qui nous fait redécouvrir pourquoi on aime tant les très bons polars.

DARK HORSE : Raté pour un raté

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darkhorseafficheL’histoire d’un homme qui a bien entamé la trentaine, a un peu de ventre (enfin plutôt beaucoup en fait), perd ses cheveux lentement mais sûrement et surtout collectionne les figurines avait de quoi m’intriguer. En effet, ça ressemble un peu à mon histoire. Enfin, à la différence près, tout de même, du fait que, moi, je ne vis pas encore chez mes parents et je sais à peu près parler à une femme. Mais c’est tout de même avec une vraie curiosité que j’ai été voir Dark Horse, film au final inclassable… et pas vraiment bon.

Abe n’a rien d’un winner (cf paragraphe précédent). A un mariage, il rencontre pourtant Miranda, une dépressive complètement paumée. Il arrive à lui soutirer tour à tour son numéro de téléphone, un rendez-vous puis la promesse de l’épouser. Mais comment ces deux êtres qui semble totalement inadapté à la société pourraient-ils envisager construire quelque chose à deux ?

Dark Horse n’est pas une comédie, n’est pas un drame, n’est pas une romance. On aurait envie de dire qu’il est tout ça à la fois, mais en fait, il n’est rien de tout ça. En fait, il n’est rien du tout… Ce film m’a plongé dans une abime de perplexité dont j’ai du mal à tirer quoique ce soit. Cela aurait pu constituer une expérience décalée, hors des sentiers battus. Mais au final, si je suis tout à fait honnête, c’est surtout l’ennui qui l’a emporté, au-delà de la simple incompréhension.

Dark Horse a pourtant un sujet bien identifié. Abe fait suite à un nombre important de personnages qui dynamitent le rêve américain, en démontrant comment la moindre inadaptation à ce dernier peut vous broyer et faire de vous un boulet, un inutile. Ce sujet a déjà été traité moult fois, de manière aussi bien comique que dramatique. Ce film emprunte lui un chemin assez original dans sa forme mais qui brouille totalement le propos, au point de leur rendre passablement inintéressant.

La première moitié de Dark Horse suit une structure narrative classique. Puis peu à peu, l’imagination d’Abe se mélange avec la réalité, si bien qu’on ne sait plus vraiment ce qui se passe réellement. Le spectateur se retrouve du coup éjecté assez brutalement hors d’une histoire où il avait pu éventuellement rentrer précédemment. Todd Solondz adopte alors une logique qu’il est difficile de suivre, si bien qu’on assiste à la seconde moitié du film totalement en retrait d’un sujet qui appelait au contraire à l’identification.

darkhorseDark Horse aurait pu être éventuellement sauvé par une réalisation imaginative. Mais elle reste au contraire désespérément homogène entre rêve et réalité, ce qui finit de brouiller les pistes et de perde le spectateur. Cela contribue au sentiment d’un film raté qui n’a pas su comment donner vie à une idée de base pas si inintéressante que ça. Les personnages présentent un véritable potentiel. Un certain attachement peut naître lors de la première partie, mais il plafonne très vite. Ensuite, les protagonistes se transforment peu à peu en parfaits étrangers pour le spectateur, qui du coup, ne ressent plus vraiment les émotions que le film cherche à transmettre.

Pourtant Dark Horse bénéficie d’un casting assez surprenant pour un film indépendant. Si Jordan Gebler a connu une carrière jusqu’à présent essentiellement télévisuelle, avec de nombreuses apparitions dans des séries, il côtoie à l’écran de nombreux acteurs chevronnés. On pense bien sûr au couple Christopher Walken – Mia Farrow qui interprète, avec beaucoup de talent évidemment, les parents d’Abe. On citera également Justin Bartha, un des compère de Very Bad Trip. Mais on retiendra au final avant tout la jolie performance de Selma Blair, qu’on avait peu vu depuis les deux Hellboy.

Dark Horse propose un sujet séduisant, traité de manière originale… Mais peut-être trop au final, puisque le spectateur est vite perdu et a bien du mal à retirer quoique ce soit de ce film.

Fiche technique :
Production : Double Hope Films
Distribution : Happiness distribution
Réalisation : Todd Solondz
Scénario : Todd Solondz
Montage : Kevin Messman
Photo : Andrij Parekh
Décors : Alex DiGerlando
Durée :
85 mn

Casting :
Jordan Gelber : Abe
Selma Blair : Miranda
Mia Farrow : Phyllis
Christopher Walken : Jackie
Justin Bartha : Richard
Aasif Mandvi : Mahmoud
Zachary Booth : Justin

C’ETAIT QUAND LE 6 MAI ? MAINTENANT, C’EST LA RENTREE

cestlamerde

cestlamerdePendant mes vacances bien méritées, j’ai totalement délaissé mes commentaires éminemment éclairés sur l’actualité. Désormais, c’est la rentrée, alors il faut s’y remettre. Surtout qu’elle s’annonce chargée et nous réserve bien des occasions d’analyses et de débats. Malheureusement quelques raisons de s’inquiéter également.

Et oui, soyons clair, c’est la merde ! François Hollande et son gouvernement savaient bien qu’ils allaient affronter d’âpres difficultés, mais la crise est beaucoup moins proche de sa fin que prévu. Pire, beaucoup prévoient une rechute grave, sévère et mondiale. Cependant, si les prédictions en économie étaient fiables, ça se saurait. Ce qui est part contre réellement inquiétant reste le sentiment de totale impuissance et de résignation semblant s’implanter durablement.

Je souhaite donc bien du courage à nos chers dirigeants pour nous sortir de ce merdier et nous redonner espoir et confiance. Surtout que le fait que tout ne dépende pas de nous est une vérité irréfutable. La confiance de l’opinion flanche déjà car personne ne voit comment s’en sortir. Alors pour inverser la tendance, il ne faut ni mesures spectaculaires, ni pédagogie, mais tout simplement des résultats. Et celui que tout le monde attend, c’est la baisse du chômage. Mais pas simplement dans les statistiques. Le moral reviendra quand chacun de nous connaîtra autour de lui quelqu’un qui a retrouvé du boulot. Mais les derniers chiffres nous indiquent bien que ce n’est pas encore tout à fait pour demain. On peut donc s’attendre à une longue impopularité du gouvernement. Les municipales s’annoncent d’ors et déjà difficiles pour la gauche.

Parler des municipales de 2014 semblent peut-être prématuré, mais il s’agit là de la prochaine échéance électorale pour les militants politiques dont je fais partie. Je suis d’autant plus concerné, en tant qu’élu municipal. Mais avant cela, le PS va connaître un nouveau congrès, qui n’aura a priori rien à voir avec le désastre de Reims. Cependant, la volonté d’unité pourrait bien conduire les membres du PS à devoir choisir entre un incompétent et des inconnus. J’aurais bien l’occasion d’y revenir d’ici octobre. Enfin, heureusement pour nous, l’enjeu n’est plus de trouver un futur Président de la République potentiel, mais simplement quelqu’un pour garder la maison pendant que les vrais leaders gouvernent.

L’enjeu n’est par contre pas le même à droite. Pour les militants socialistes, le spectacle offert par le duo Copé-Fillon est un vrai régal. Un régal mesquin, je l’avoue. Je crois qu’aucun des deux grands partis n’a à donner de leçon en termes de haines internes à l’autre désormais. Cependant, il ne faut pas oublier que l’histoire a souvent vu de ses luttes acharnées surgir de futurs grands leaders. Si cela se produit, pas sûr qu’au PS, nous gardions notre sourire satisfait très longtemps…

En tout cas, il est déjà bien loin le 6 mai…

L’ETRANGE POUVOIR DE NORMAN : Gothique animé

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letrangepouvoirdenormanafficheDepuis l’Etrange Noël de Monsieur Jack, animation et ambiance gothique se marient souvent avec bonheur. En parallèle des productions Burton, une autre équipe est née qui nous a notamment offert le plutôt sympathique Coraline. Elle revient pour nous proposer l’Etrange Pouvoir de Norman, une nouvelle production très réussie qui séduira les plus jeunes (mais pas trop) et les adultes, pas forcément pour les mêmes raisons.

Norman est la bête noire de toute sa ville et fait le désespoir de ses parents. En effet, il prétend parler aux fantômes qui traînent un peu partout… Sauf qu’il parle réellement aux fantômes… Il faut dire que le lieu est marquée par la légende d’une sorcière, brûlée 300 ans plus tôt. Un jour, il tombe sur son oncle, qui vit reclus et qui lui avoue posséder le même don que lui. Il lui confie alors une délicate mission que le jeune garçon doit accomplir sous peine de voir une terrible malédiction s’abattre sur la ville.

L’Etrange Pouvoir de Norman reste sans doute plus enfantin que les films d’animation réalisés par Tim Burton, mais il s’adresse tout de même à un public qui a passé l’âge d’être trop facilement impressionnable. Certes, tout cela est pour rire et ne va pas très loin, mais l’univers reste tout de même longtemps sombre et inquiétant. L’humour et l’aspect cartoon viennent bien sûr édulcorer tout ça, mais ceux qui ne supportent pas le gnagnan et qui n’ont pas spécialement envie de retrouver leur âme d’enfant pourront tout de même apprécier ce film.

L’Etrange Pouvoir de Norman s’inspire évidemment de beaucoup d’éléments classiques des films de zombies et de fantômes, mais ce n’est pas du tout un film à références. Ceux qui n’ont aucun culture dans ce domaine ne verront pas la moitié des clins d’oeil leur échapper. L’humour est beaucoup plus direct et se situe à différent degré. Cela finit d’unir les générations qui sauront trouver un intérêt dans les différents aspects de ce film très bien foutu.

L’intrigue de l’Etrange Pouvoir de Norman reste elle tout de même d’une simplicité relativement enfantine. C’est sans doute là la plus grande limite de ce film, celle qui nous empêche d’être totalement enthousiaste. On ne s’ennuie pas, les péripéties s’enchaînent, mais le rythme aurait pu être un tout petit plus soutenu et surtout moins linéaire. Les scénaristes n’ont pas vraiment pris de risque et nous proposent un fil conducteur à la succession des gags, plutôt qu’une intrigue qui nous passionnerait vraiment.

letrangepouvoirdenormanHeureusement, les personnages sont assez attachants pour que l’on entre tout de même assez facilement dans l’histoire. Norman ne réserve pas vraiment de surprise et représente une énième version de l’enfant étrange, souffre-douleur de ses petits camarades. Ce sont avant tout les seconds rôles qui donnent tout son piment à l’Etrange Pouvoir de Norman, notamment son copain Neil, qui reste le principal élément comique du film.

Niveau qualité de l’animation, le film est très réussi, avec une vraie identité visuelle. Le choix de l’animation en volume (c’est à dire que ce sont des objets qui sont déplacés, pas de dessins) arrive à nous épargner totalement le côté quelque peu formaté de l’animation par ordinateur. Cela donne au contraire un charmant effet rétro, même si le film est vraiment techniquement pointu et parfaitement réalisé.

Le casting voix ne propose que de parfaits inconnus pour les premiers rôles. Par contre, certains personnages secondaires sont doublés par des acteurs chevronnés comme Casey Affleck et John Goodman.

L’Etrange Pouvoir de Norman est donc un très bon film d’animation pour les amateurs de second degré et d’ambiances gothiques.

Fiche technique :
Réalisation : Sam Fell et Chris Butler
Scénario : Chris Butler, d’après une histoire d’Arianne Sutner et Stephen Stone
Montage : Christopher Murrie
Musique : Jon Brion
Production : Matthew Fried, Travis Knight et Arianne Sutner
Durée : 95 minutes

Casting :
Kodi Smit-McPhee : Norman Babcock
Tucker Albrizzi : Neil Downe
Anna Kendrick : Courtney Babcock
Casey Affleck : Mitch Downe
Christopher Mintz-Plasse : Alvin
Leslie Mann : Sandra Babcock
Jeff Garlin : Perry Babcock
Elaine Stritch : Grand-mère
Bernard Hill : Le Juge
Jodelle Ferland : Aggie
John Goodman : M. Prenderghast

THE FALL (Norah Jones) : La voix de Norah

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thefallnorahjonesConnaître un succès immense précocement n’est pas toujours facile à assumer. Cela apparaît peut-être comme un cliché, mais on a trop d’exemples en tête pour que cela n’ait pas un fond de vrai. Parmi eux, Norah Jones propulsée star mondiale à 23 ans avec son magnifique Come Away With Me. Depuis, elle récolte des commentaires souvent mitigés et déçus. Alors quand j’ai écouté The Fall, je ne m’attendais pas à grand chose. Mais au final, j’ai tout de même été plutôt agréablement surpris.

Norah Jones est la fille de Ravi Shaktar, célèbre joueur de sitar indien, et de Sue Jones productrice de musique. Elle avait donc les bons gênes pour faire de la musique, sans parler de son magnifique visage, qui prouve une nouvelle fois les bienfaits du métissage. Elle a donc été propulsée star mondiale avec son premier album. Ont suivi Feels Like Home en 2004, Not Too Late en 2007, The Fall donc en 2009 et enfin Little Broken Hearts en 2012.

Come Away With Me nous avait séduit avec ces mélodies épurées, au piano, sur lesquelles se posait une voix splendide et claire, véhiculant des émotions magnifiques. Mais les recettes simples ne sont pas toujours reproductibles à l’infini avec le même succès. On l’avait vu avec Feels Like Home, qui reprenait les mêmes ingrédient, mais avec une bonne dose de magie en moins. Pourquoi ? Cela est difficile à expliquer. Ce sont les mystères de la créations et du succès artistiques. Mais cette fois, avec The Fall, Norah Jones change vraiment son fusil d’épaule. Bon, j’avoue je n’ai jamais écouté Not Too Late et je ne sais comment il se situe entre les deux.

Autant être clair tout de suite, The Fall ne peut soutenir la comparaison avec Come Away With Me. Il faut oublier ce moment de grâce absolue, pour juger cet album objectivement. Ce dernier n’a rien d’exceptionnel, si ce n’est d’être très bon. Norah Jones en adoptant un son plus pop, où les guitares remplacent le plus souvent le piano, a peut-être perdu de son originalité. Elle nous livre une œuvre plus formatée, mais le talent est là, c’est incontestable.

Le talent de Norah Jones réside avant tout dans cette voix qui reste malgré tout une des plus émouvante qui soit. Elle n’a pas besoin de la pousser, elle est juste là, claire et douce, avec une faculté inexplicable de transmettre une émotion. Dans The Fall, elle l’amène parfois à être plus chaude et sexy, mais toujours avec le même bonheur. C’est ce qui fait la force de cette artiste, car même sur les titres un peu moins intéressants, sa voix suffit à nous procurer assez de plaisir pour qu’au final on écoute le morceau avec plaisir.

The Fall nous offre quelques très beaux moments comme I Wouldn’t Need You, une jolie ballade assez représentative de l’ensemble des titres de l’album. Mais il nous offre aussi des moments plus dynamiques et jazzy comme ce très bon It’s Gonna Be. Enfin, Back To Manhattan sonne un peu comme un retourne aux sources pour Norah Jones et c’est pour notre plus grand bonheur. Au final, cet album est assez dense, même s’il comprend aussi quelques titres plus en retrait. Mais encore une fois la qualité de la voix nous pousse à pardonner tout cela aisément.

The Fall confirme que Norah Jones a tout simplement un talent fou, mais n’est peut-être pas le pur génie que Come Away With Me avait laissé espérer. Mais il serait dommage de lui en vouloir pour ça !

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Chasing Pirates
Un son un rien électro, avec une voix plus chaude que d’habitude. Mais c’est pas mal du tout !

2.: Even Though
Une voix sur un simple rythme. Mais la voix de Norah est bien suffisante !

3.: Light As A Feather
Un ton plus sombre, un rythme plus lent et une voix plus grave.

4.: Young Blood
Un titre qui monte progressivement, mais ne décolle jamais vraiment.

5.: I Wouldn’t Need You
Une très jolie ballade qui nous permet d’admirer pleinement sa voix.

6.: Waiting
Une instrumentation un peu plus soutenue, mais la voix domine encore.

7.: It’s Gonna Be
Un morceau plus jazzy, plus dynamique, mais surtout très bon.

8.: You’ve Ruined Me
Un titre un peu entêtant.

9.: Back To Manhattan
Un morceau plus intimiste, comme un retour aux sources et c’est bon !

10.: Stuck
Un air de Sheryl Crow dans ce titre très country.

11.: December
La voix sur une mélodie épurée. Cela ressemble un peu à un exercice de style, mais un bel exercice.

12.: Tell Yer Mama
Un titre qui ne décolle pas vraiment, mais encore une fois, la voix suffit.

13.: Man Of The Hour
Un titre où Norah semble parler directement à son public pour une très belle fin.

THE EXPENDABLES 2 : UNITE SPECIALE : Nostalgie à la testostérone

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theexpendables2afficheAprès être sorti de leur retraite pour le premier épisode, nos stars bodybuildés des années 80 et 90 sont de retour ! Et ils ont du renfort et pas du moindre ! Voici donc The Expendables 2 : Unité Spéciale qui nous propose LE casting ultime pour les amateurs de testostérone… Bon, les esprits chagrins diront : et Steven Seagal ?… Oui bon, la perfection n’est pas de ce monde que voulez-vous. Surtout dans un film bourré de défauts, mais terriblement jouissif.

Après une nouvelle mission réussie en Asie, les hommes de Barney sont renvoyés en Albanie récupéré un colis mystérieux, perdu suite à un crash aérien, par Church, l’agent de la CIA qui s’est rappelé à leur bon souvenir. Mais leur mission est interceptée par un dangereux terroriste, nommé Vilain (tout un programme !), qui abat froidement leur plus jeune recrue. Autant dire que les Expendables ne sont pas contents et vont tout faire pour le faire payer.

Quand je relis mon synopsis, je me dis que l’on pourrait croire que The Expendables 2 : Unité Spéciale possède un scénario. Or, il n’en est rien. C’est un peu un cliché de dire qu’un film d’action n’a pas de scénario. Mais là, c’est vraiment le cas… Le film ne réserve aucun rebondissement, aucune surprise et se déroule d’une manière si linéaire qu’on a l’impression que le film ne comporte en fait qu’une seule et longue scène. Après je suis le premier à dire que l’on ne va pas voir ce genre de film pour son intrigue, alors c’est un peu hypocrite de se plaindre a posteriori de son indigence. Mais là, ça prend de telles proportions que j’y vois un bémol. Mais un petit bémol…

En effet, si je suis totalement objectif, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde devant The Expendables 2 : Unité Spéciale. L’absence de scénario vient d’une volonté de ne proposer que des scènes d’action. On ne peut qu’admettre que de ce point de vue là, le spectateur en a pour son argent. Ca flingue dans tous les sens, avec de bonnes grosse explosions pour faire joli. Dans ce film, on bat tous les records des méchants qui visent mal puisqu’en deux millions de cartouches tirées environ, ils ne doivent provoquer que deux égratignures chez notre bande de héros qui eux font mouche à tous les coups. Mais bon, normal, ce sont les héros justement…

The Expendables 2 : Unité Spéciale est surtout jouissif parce qu’il flirte toujours avec l’auto-parodie. Ca ne se prend pas au sérieux et c’est pour ça que l’on pardonne aisément toutes les faiblesses. Cela crée une sorte de connivence avec le spectateur qui est venu admirer ses idoles une dernière fois… Enfin avant le troisième volet… Ils sont l’air de s’amuser comme des petits fous, comme au bon vieux temps et on est totalement pris dans cette douce nostalgie.

theexpendables2Evidemment ce qui fait la force de The Expendables 2 : Unité Spéciale reste bien sûr avant tout son casting qui cette fois est quasi idéal. Les nouveautés avaient de quoi mettre l’eau à la bouche. Tout d’abord, le seul et unique Jean-Claude Vandame en méchant, qui est le seul du film à n’avoir pas compris qu’on était dans un film où il n’était pas indispensable de se prendre au sérieux. Il met beaucoup d’application dans ses dialogues et ces regards sadiques. Bon bien sûr, il ne sait toujours pas jouer la comédie, mais cela colle tellement au personnage (dans la vraie vie). On pourra cependant regretter que ces qualités de combattant ne soit pas réellement mis en valeur dans un affrontement final contre Stallone quelque peu décevant.

Mais le grand moment de bonheur de The Expendables 2 : Unité Spéciale reste l’apparition de Chuck Norris. On est plus proche du caméo que du premier rôle. Cependant, il vaut mieux souvent la qualité que la quantité. Reste donc la question qui taraude tous les fans qui n’ont pas encore vu le film : Chuck Norris fait-il une blague de Chuck Norris ? Réponse dans le film… On notera également la tentative presque réussie de Dolph Lundgren de jouer la comédie et de faire de l’humour.

The Expendables 2 : Unité Spéciale offre donc aux spectateur exactement ce qu’ils sont venus chercher, même si on peut quand même regretter quand même le vide abyssal du scénario.

Fiche technique :
Production : Millennium Films, Nu Image
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Simon West
Scénario : Richard Wenk, Sylvester Stallone
Montage : Todd E. Miller
Photo : Shelly Johnson, A.S.C
Format : 35 mm
Décors : Paul Cross
Musique : Brian Tyler
Effets spéciaux : Ajoy Mani
Durée : 102 mn

Casting :
Sylvester Stallone : Barney Ross
Jason Statham : Lee Christmas
Dolph Lundgren : Gunnar Jensen
Jean-Claude Van Damme : Vilain
Chuck Norris : Booker
Bruce Willis : Church
Arnold Schwarzenegger : Trench
Terry Crews : Hale Caesar
Jet Li : Ying Yang

KEEP IN MIND FRANKENSTEIN (Grand Archives) : Bien mais pas top

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keepinmindfrankensteingrandarchivesAu milieu d’une offre musicale quelque peu pléthorique, être juste bon ne suffit souvent plus pour se faire remarquer. On attend de l’originalité ou un talent d’interprétation qui fait vraiment la différence. Cependant, il ne faut pas confondre cela avec la médiocrité et reconnaître tout de même les mérites de tous ces groupes qui forment la base d’où s’extirpent les génies. C’est donc avec bienveillance que je vais vous parler de Keep in Mind Frankenstein du groupe Grand Archives.

Grand Archives est un groupe américain, originaire de Seattle, formé en 2006, autour de son chanteur et compositeur Mat Brooke, qui a fait précédemment partie de Carissa’s Weird et Band of Horses. Les autres membres sont Jeff Montano à la basse, Thomas Wright à la guitare et Curtis Hall à la batterie. Ils ont sorti le premier album en 2008 (sobrement intitulé en Grand Archives), puis ce Keep ind Mind Frankenstein l’année suivante.

Vous l’aurez compris, Keep in Mind Frankenstein est un album bien mais pas top. Ca se laisse écouter, mais c’est vrai que cela n’a rien d’inoubliable. Leur univers musical se situe entre la folk et l’indie rock. Si je devais trouvé un qualificatif, je choisirai celui de paisible pour résumer leur style. Le son est acoustique, souvent assez épuré. C’est le plus souvent très agréable, mais aussi parce que c’est assez discret pour simplement glisser à l’oreille, mais sans que cela ne laisse une impression particulière.

On pourra tout de même reconnaître certaines qualités réelles à Keep in Mind Frankenstein. Déjà, Mat Brooke interprète ses chansons avec conviction. Même quand l’ambiance est assez éthérée, sa voix reste bien posée et pleine de maîtrise. A défaut d’un réelle génie, Grand Archives fait preuve d’une grande application. Ils ne se moquent jamais de l’auditeur et proposent toujours leur meilleur d’eux-mêmes. C’est à la fois une force et une faiblesse, car cela donne une impression de professionnalisme, mais sans non plus de créativité débridée. Or, en musique, il vaut mieux souvent posséder la seconde que le premier. Mais bon, il y a aussi beaucoup de groupes qui n’ont ni l’un, ni l’autre.

A mon sens, le meilleur titre de Keep in Mind Frankenstein reste Left for All the Strays, une ballade paisible et apaisante qui résume assez bien l’univers de Grand Archives. Je citerai aussi Silver Amongst the Gold, sûrement le titre le plus dynamique de l’album. Bon, ça n’est pas non plus d’une énergie folle. On laissera ça à d’autres groupes venus de Seattle… L’album compte aussi trois titres un peu en retrait, à savoir Lazy Bones, Siren Echo Valley, Pt1 et Willoughby. Ca laisse quand même 7 morceaux de très bon niveau. Là encore, c’est bien, mais on a connu mieux !

Keep in Mind Frankenstein est donc un album qui se laisse écouter sans déplaisir, mais ne possède pas le petit quelque chose qui ferait vraiment la différence et pourrait vraiment justifier de l’acquérir plutôt qu’un autre du même genre.

Pour finir, passons en revue les titres que l’on trouve sur Keep in Mind Frankenstein.

1.: Topsy’s Revenge
Une ballade épurée qui ouvre agréablement l’album.

2.: Witchy Park/Tomorrow Will (Take Care of Itself)
La voix reste douce sur une instrumentation acoustique, pour un résultat très agréable.

3.: Silver Amongst the Gold
Un peu plus dynamique mais toujours sympa.

4.: Oslo Novelist
Un titre un peu éthéré, mais cela reste plein de conviction.

5.: Lazy Bones
Titre lent et sans grand intérêt.

6.: Siren Echo Valley, Pt. 1
Dans la même veine que le précédent.

7.: Left for All the Strays
Une ballade paisible et apaisante.

8.: Dig That Crazy Grave
Plus enjoué avec la voix de Mat Brooke qui se fait plus claire.

9.: Siren Echo Valley, Pt. 2
Un joli instrumental.

10.: Willoughby
Un titre un peu transparent pour finir.

LA TRILOGIE DE L’EMPIRE, TOME 1 : FILLE DE L’EMPIRE (Raymond E. Feist, Janny Wurts) : Femme forte !

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filledelempireC’est bien connu, ce sont les femmes qui gouvernent le monde. Derrière chaque grand homme se cache une muse qui l’influence, le conseille, l’inspire ou encore tweete. Plus rare par contre sont les femmes qui exercent directement le pouvoir. Lorsque ça arrive, comme avec Margaret Tatcher, on en fait des chansons et même des films. Bon pas sûr qu’on en fasse sur Angela Merkel, mais c’est une autre histoire… Mais cela arrive aussi dans les bons romans de fantasy, comme La Trilogie de l’Empire, tome 1, Fille de l’Empire, de Raymond E. Feist et Janny Wurst.

Mara se destine à vouer sa vie à la déesse Lashima. Mais avant que la cérémonie ne soit accomplie, on vient la chercher car son père et son frère sont morts suite à une traitrise du puissant seigneur Minwanabi. Elle devient alors la nouvelle Dame des Acoma. Elle hérite surtout d’un royaume considérablement affaibli, ce dont ses ennemis comptent bien profiter au plus vite. Mais la jeune fille va déployer des trésors d’ingénuité pour sauver son héritage.

La Trilogie de l’Empire, tome 1, Fille de l’Empire nous emmène dans le monde de Kelewan, auquel Raymond E. Feist avait donné vie dans les Chroniques de Krondor. Les évènements se déroulent d’ailleurs en même temps que ces dernières. Ce roman permet de mieux découvrir ce monde que l’on avait fait qu’entrapercevoir. Les amateurs des précédents ouvrages de l’auteur en seront donc ravis et les autres pourront lire cette saga de manière tout à fait indépendante.

Le fait de nous ramener dans un monde déjà connu permet à Raymond E. Feist et Janny Wurst d’entrer tout de suite dans le vif du sujet. Cela pourra ravir ceux que la partie descriptions inhérente à la fantasy ennuie. Encore une fois, on peut vraiment lire ce récit indépendamment de tout le reste, le minimum d’explication est fourni pour que l’on comprenne facilement le fonctionnement de ce monde où tout repose sur les usages, les traditions et le protocole.

La Trilogie de l’Empire, Tome 1, Fille de l’Empire est un roman de fantasy, mais où magie et combats épiques sont assez peu présents. On est ici dans un récit basé largement sur les intrigues politiques, où tout se joue par l’intelligence et la manipulation, plutôt que par l’épée et le bouclier. Certes, l’action n’est pas totalement absente mais intervient de manière relativement brève et épisodique.

La Trilogie de l’Empire, Tome 1, Fille de l’Empire reste néanmoins réellement passionnant. La tension nait vraiment immédiatement et ne fléchit pas jusqu’à la dernière page. Les difficultés succèdent aux stratagèmes inventés par Mara pour les surmonter, entraînant le lecteur au cœur du récit qu’il cherche à parcourir au plus vite. C’est à la fois dense en rebondissements, tout en restant clair et sur un rythme qui nous permet de vraiment connaître les personnages et le monde dans lequel ils évoluent. Mais encore une fois, jamais le roman n’est alourdit par des descriptions à rallonge.

On retrouve ici le style très agréable de Raymond E. Feist. Je ne sais pas exactement quel a été l’apport de Janny Wurts dans l’écriture, mais on retrouve cette écriture fluide et claire qui avait caractérisé les autres œuvre de l’auteur. Ce n’est pas de la grande littérature sur la forme, mais au moins le récit est toujours parfaitement compréhensible, cohérent et ne nous assomme pas de détails dont on sait que l’on n’en retiendra qu’une partie.

Raymond E. Feist continue donc à nous livrer des récits réellement prenant et à explorer tout ce que son imagination peut nous offrir. La Trilogie de l’Empire, Tome 1, Fille de l’Empire est un excellent roman de fantasy, qui donne une envie impatiente de lire la suite.

PAWN SHOP (Zenzile) : Trésor national

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pawnshopzenzileIl faut admettre que si notre pays a vu naître de très bons chanteurs et chanteuses à texte, du plus poétique au plus drôle, nous ne sommes pas vraiment une patrie de musiciens. Peu de nos compatriotes s’exportent à l’international et l’expression rock français prête parfois plus à la moquerie qu’à l’admiration. Mais si on fouille bien, l’Hexagone recèle quand même quelques trésors pas toujours diffusés comme ils devraient. Parmi eux, Zenzile, un groupe aux influences multiples, qui nous offre ce très bon Pawn Shop.

Zenzile est originaire d’Angers et sévit depuis le milieu des années 90. Il compte cinq membres permanents, mais accueille souvent de nombreux invités, dont certains sont récurrents. Le nom du groupe vient d’un poète sud-africain engagé dans la lutte contre l’apartheid. Pawn Shop est sorti en 2009 et constitue la confirmation d’un changement de style du groupe, passé d’un univers proche du reggae à une musique beaucoup plus rock.

La caractéristique la plus frappante de Pawn Shop est la diversité des titres qu’on y trouve. D’une plage à l’autre, on n’a pas forcément l’impression d’entendre le même groupe. Tout tourne autour d’un univers rock-électro, mais remarquablement vaste, allant même jusqu’à la ballade blues-country. Alors même quand un morceau ne nous convainc qu’à moitié, on sait que le suivant sera si différent qu’on aura toutes les chances de l’aimer ce coup-ci. On traverse donc cet album avec une curiosité de tous les instants.

Cette diversité constitue vraiment le point fort de Pawn Shop. Car si l’on prend les titres individuellement, aucun n’est vraiment un tube inoubliable en puissance. Ils sont tous de qualité, mais le mélange donne un ensemble qui vaut bien plus que la somme de ses parties. Cette diversité musicale traduit surtout le sentiment que Zenzile a l’air vraiment de s’amuser à composer et à interpréter leurs créations. Leur enthousiasme est palpable et réellement communicatif.

Pour aborder avec autant de bonheur autant d’univers musicaux différents, Zenzile fait forcément preuve de vraies qualités de maîtrise. Ce sont de véritables musiciens. Mais ils savent aussi insuffler à leur musique un supplément d’énergie réellement appréciable. Ils ne s’écoutent pas jouer, mais essaye de transmettre quelque chose à l’auditeur. Personnellement, j’ai été plutôt réceptif, c’est pour ça que j’ai vraiment apprécié ce Pawn Shop.

Si je dois mettre avant un titre ou deux, je citerai avant tout l’enchaînement Fire Eater – Mind Over Matter, qui constitue selon moi le meilleur passage de Pawn Shop. Peut-être parce que c’est la séquence la plus rock, et donc qui correspond à mes goûts de base, mais aussi par ce que c’est à ce moment là qu’ils allient au mieux énergie et maîtrise. Mais tout le reste de l’album est vraiment bon, à part peut-être White Spirit et National Quota qui forme à l’inverse le moment le plus faible de cet album.

Au final, Zenzile et leur Pawn Shop confirme une vraie richesse de la scène française (même s’ils chantent en anglais) quand on se donne la peine de fouiller un peu.

Pour finir, regardons les titres que l’on trouve sur Pawn Shop.

01. Histoire de papiers
L’album début par ce morceau porté par une voix très prenante pour un titre pop-rock qui donne envie de découvrir la suite.

02. Life’s a dance
Une ambiance psychédélique pour un titre qui flirte avec l’électro-rock.

03. The crooked man
Un texte quasiment parlé dans un titre assez envoûtant.

04. Motorbremsen
Un instrumental rock-électro pas mal du tout.

05. Fire eater
Un rock plus classique, rythmé et surtout très bon.

06. Mind over matter
Entre rock et hip-hop pour un titre plutôt rafraîchissant.

07. White spirit
Instrumental psychédélique pas très intéressant.

08. National quota
Un titre entre rock, funk et hip-hop, mais la sauce ne prend pas tout à fait.

09. Thursday night rover disco
Texte lu sur la musique, avec un refrain chanté. La voix est grave et très belle.

10. Caution horses
Une ballade blues-country très douce et mélancolique, avant un refrain plus rock et énergique.