ASSOCIES CONTRE LE CRIME : L’épisode de trop

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associescontrelecrimeafficheOn tance souvent Hollywood pour son manque d’imagination et sa propension à nous servir suites après suites, poussant l’exploitation commerciale d’un concept jusqu’au bout. Ah les vilains Américains ! On n’est pas comme ça, nous, Français, avec notre fière exception culturelle ! Nous, on fait de l’art pour l’art, pas pour gagner de l’argent ! Comme ça serait vulgaire ! Bon à part, Luc Besson, mais du coup, plus personne ne lui parle… Mais dites-moi qu’a donc fait Pascal Thomas avec son Associés Contre le Crime, troisième épisode des aventures de Prudence et Bélisaire, d’une médiocrité effarante ?

Bélisaire fait la tournée de promotion d’un livre où il raconte ses plus grands exploits. L’heure de la retraite a sonné. Mais Prudence ne l’entend pas de cette oreille et saisit au bond une opportunité au bon pour ouvrir la succursale genevoise d’une grande agence de détectives. Sa première affaire la conduira dans une mystérieuse clinique où certaine personne semble rajeunir de manière prodigieuse.

Très souvent, le troisième épisode d’une franchise reste l’épisode de trop. On le vérifie encore une fois avec cet Associés Contre le Crime. On aurait pu éventuellement se montrer magnanime, mais le seul vrai soucis est qu’on le vérifie dans les grandes largeurs. Déjà, on vous vend un film durant 1h40, alors qu’il ne dure en fait qu’une heure. En effet, il commence par une bonne demi-heure de rien et finit par dix minutes de pas grand chose. On assiste alors à un vague cabotinage, censé être drôle. Sauf que ce sont juste des échanges abscons entre des acteurs absolument pas dirigés et dont chaque réplique sonne faux. Tout est surjoué, cela en est ridicule ! Et surtout jamais ne serait-ce qu’amusant.

Au milieu de tout ça, vous aurez quand même le droit à une heure d’une enquête policière très faiblarde, censée, une nouvelle fois, être tirée d’un roman d’Agatha Christie. L’auteur anglaise doit se retourner dans sa tombe car elle n’a jamais écrit d’histoire avec si peu d’intérêt, de rebondissement et de mystère. Même pour une série pour enfant, on y mettrait un peu plus de subtilité et de complexité. Enfin au moins, il se passe quelque chose et on arriverait presque à ne pas s’ennuyer. Malheureusement, toutes les tentatives d’humour tombent encore une fois à peu près toutes à plat.

associescontrelecrimeAu moins dans Mon Petit Doigt M’A Dit et Le Crime Est Notre Affaire avait-on appris à apprécier ce couple savoureux. Mais dans Associés Contre le Crime, Prudence et Bélisaire Beresford nous horripilent surtout, par leurs simagrées et leurs grimaces incessantes. On était pourtant heureux de les retrouver, mais finalement cela ressemble aux retrouvailles d’une amie d’enfance qui a mal tourné maintenant qu’elle est adulte. On retrouve ce qu’on a aimé, mais beaucoup d’autres choses qui nous plaisent beaucoup moins. Nos deux héros semblent ici faire partie d’une histoire qui n’est pas faite pour eux et semblent un peu perdus.

Associés Contre le Crime ne séduit donc ni par son suspense, ni par son humour, tous les deux en dessous de tout. Alors que lui reste-t-il ? On aurait pu espérer son casting avec le duo Catherine Frot et André Dussolier qui avait si bien fonctionné dans les épisodes précédents. Mais là, toute la synergie entre les deux personnages est perdue et ils semblent ramer chacun de leur côté. Et c’est bien connu dans ces cas-là, on ne va jamais très loin.

Associés Contre le Crime est donc tout simplement raté car dénué de la moindre inspiration et se montre incapable de relancer la franchise. Espérons que Pascal Thomas saura s’arrêter là.

Fiche technique :
Production : Les films français, StudioCanal, Studio 37, France 2 Cinéma, Rhône-Alpes Cinéma
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Pascal Thomas
Scénario : Pascal Thomas, Clémence dDe Biéville, Nathalie Lafaurie, d’après l’oeuvre d’Agatha Christie
Montage : Catherine Dubeau
Photo : Renan Pollès
Décors : Katia Wyszkop
Musique : Reinhardt Wagner
Durée : 104 mn

Casting :
Catherine Frot : Prudence Beresford
André Dussollier : Bélisaire Beresford
Linh-Dan Pham : Marie Van Dinh
Nicolas Marié : Dr Nicolas Roscoff
Agathe de la Boulaye : Dr Matarazzi
Eric Naggar : Dr Jünger
Sarah Biasini : Marie-Christinee

XX (The XX) : La musique au saut du lit

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xxthexxCertaines marques de gel coiffant, vous propose l’effet « saut du lit ». On peut voir ou ne pas voir où est l’intérêt, mais on se dit qu’il en faut pour tous les goûts… Bon personnellement, il me suffit de ne pas mouiller mes cheveux et de ne pas les coiffer pour avoir l’air de sortir de mon pieu toute la journée, mais sans doute faut-il pour certains un produit conçu exprès pour ça. Par contre, proposer un disque où « je chante comme si je venais de me réveiller et comme si j’étais encore dans le gaz » semble une démarche plus hasardeuse. C’est pourtant celle entreprise par le groupe the XX, dans leur album sobrement intitulé XX.

The XX est un groupe britannique (et oui, encore un!), formé de quatre membres : Romy Madley Croft (chant et guitare), Oliver Sim (chant et basse), Jamie Smith (synthétiseur et boîte à rythmes) et Baria Qureshi (synthétiseur et guitare). Enfin ça, c’était au début, car ils ne sont désormais plus que trois vu que ce dernier a quitté le groupe. Ils ont autoproduit leur premier album, dont il est question ici, sorti en 2009. Il fut acclamé par la critique, ce qui montre, vous le verrez, que je n’ai pas toujours les mêmes goûts que tout le monde. Un second est sorti cette année, intitulé Coexist.

Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer les premières lignes de leur page Wikipedia : « The XX est un groupe de rock aux sonorités épurées le rapprochant parfois de la musique minimaliste ». Ca pour être minimaliste… Bon moi j’aurais dit un groupe qui se fout carrément de la gueule du public, mais cela reste une question de point de vue. Certes, on n’est pas forcément obligé de posséder une formation de chanteur lyrique pour jouer dans un groupe de rock. Mais on a quand même le droit de posséder un minimum de voix.

Les morceaux de XX sont tous interprétés en duo. D’un côté, Romy Madley Croft possédant un semblant de qualité vocale. Par contre, elle se donne un malin plaisir à ne surtout pas nous en profiter de trop. Mais c’est sans doute pour ne pas rendre écrasant le contraste avec son compère Oliver Sim, qui, lui, chante carrément comme s’il venait de se réveiller. Enfin, si on peut appeler ça chanter. Je suis peut-être vache, mais je n’ai jamais entendu un professionnel mettre aussi peu de conviction dans sa voix. On a vraiment l’impression que ça l’emmerde profondément de pousser la chansonnette. Si c’était le cas, il pouvait très bien rester chez lui et laisser le soin à des gens plus motivés de faire des disques.

Certains auront certainement trouvé que cela donne un côté dandy bohème à la musique de The XX. Ca fait style, genre, appelez ça comme vous voulez. Personnellement, je trouve juste que ça fait surtout j’m’en foutiste. C’est d’ailleurs dommage, car si Romy Madley Croft chantait toute seule, XX n’en serait pas un album génial, mais au moins pourrait-il se laisser écouter. Au moins cela serait doux, paisible et agréable à l’oreille. Mais dès que Olivier Sim s’y met aussi, on a juste envie de lui balancer des grands seaux d’eau glacés pour le réveiller.

Allez, je vais être positif, je vais dire que Crystalised reste la seule chose à peu près intéressante dans XX. Un travail de dialogue entre les deux voix qui éveillerait presque un peu de joie dans l’oreille de l’auditeur. Le reste est uniformément mou, sans grand intérêt et qui plus est particulièrement monotone. On a hâte que ça se termine !

En écoutant XX, je me dis que The XX a bien fait de garder l’anonymat.

Pour finir, faisons le tour des chansons que l’on trouve sur cet album.

1.: Intro
Une introduction instrumentale.

2.: VCR
On trouve tout d’abord la voix de Romy plutôt agréable dans cet pop éthéré. Puis Oliver chante…

3.: Crystalised
Un travail de dialogue entre les deux voix intéressant. Sympa mais tout de même limité.

4.: Islands
Plus dynamique et plus construit, mais ne casse toujours pas trois pattes à un canard.

5.: Heart Skipped a Beat
Monotone, pour ne pas dire chiant, même si le rythme s’accélère un peu sur la fin.

6.: Fantasy
Un instrumental éthéré sans intérêt.

7.: Shelter
Sur un ton doux et paisible, mais toujours pas transcendant.

8.: Basic Space
Plus enjoué, mais ils ont toujours l’air de sortir de leur lit.

9.: Infinity
Ah si seulement Romy pouvait chanter seul…

10.: Night Time
Encore une chanson sous Prozac.

11.: Stars
Toujours la même chose, mais au moins cette fois, c’est fini…

A PERDRE LA RAISON : Processus lent et linéaire

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aperdrelaraisonafficheS’inspirer d’un fait divers pour en tirer un film est devenu une mode, en particulier dans le cinéma francophone. On a déjà eu droit au très moyen Possessions en début d’année. Voici cette fois, A Perdre la Raison, qui nous vient cette fois de Belgique. Mais si le cinéma de nos voisins avait brillé récemment avec les géniaux Bullhead et Hasta la Vista, cette fois-ci, le résultat est nettement moins bon.

Mounir a été recueilli à son plus jeune âge par le Docteur Pinget, avec lequel il vit toujours. Quand le jeune homme tombe amoureux de Murielle, cette dernière finit par venir habiter avec eux. Viendront quatre enfants qui rendront la promiscuité irrespirable. Cela révèlera surtout la totale dépendance du couple vis-à-vis du Docteur, qui n’a pas du tout l’intention de s’effacer et de laisser le couple partir.

Evidemment, A Perdre la Raison se sent obligé de commencer par la fin. Bah oui, c’est obligatoire et logique désormais. On se demande même si ce ne sont pas les producteurs qui imposent ça comme condition sine qua non pour financer un projet. Rien que ce détail montre à quel point Joachim Lafosse n’a guère d’inspiration. On pourrait éventuellement arguer que cela épargne un suspense un peu malsain. Mais comme la situation est bien pourrie dès le départ, vous n’avez aucun mal à comprendre comment on va passer du début à la fin. Donc au bout de dix minutes, à peu de chose près, vous avez déjà vu le film. Cependant, vous aurez quand même droit à près de deux heures de rien, ou du moins de pas grand chose.

A Perdre la Raison est donc un film à processus. Comment un personnage passe d’un état A à un état B, ce dernier étant généralement proche de la folie. Un film sur le basculement, la chute engendrés par la souffrance et l’incompréhension. C’est un sujet cinématographique classique et qui a déjà été traité de manière parfois incroyablement brillante. Sauf qu’ici, tout cela se déroule sans réelle évolution ou véritables péripéties. Il s’agit d’un processus totalement linéaire, le tout raconté avec une grande lenteur. Ne reste donc plus que la contemplation de la douleur d’une femme, mettant le spectateur dans la position d’un voyeur sadique… qui en plus s’ennuie…

Bien sûr, l’empathie peut nous faire entrer dans cette histoire. On peut s’identifier au personnage de Murielle, partager ses souffrances, être touché par son parcours et ressentir de réelles émotions. Mais tout reste un peu facile. Joachim Lafosse semble considérer que proposer une histoire dramatique et sérieuse suffit pour donner de l’intérêt à A Perdre la Raison. Certains souligneront sans doute une grande pudeur visuelle, tout à son honneur. Personnellement, je retiendrai surtout le fait que toutes, j’ai bien dit toutes, les scènes sont trop longues, pour au fond ne rien raconter.

aperdrelaraisonA Perdre la Raison aurait presque pu être sauvé par son casting. La présence à l’écran de Niels Arestrup et son incroyable charisme est à elle-seule un vrai plaisir cinématographique. Cependant, on le retrouve dans un rôle qu’il connaît trop bien, il n’y a donc aucune surprise à attendre de ce côté-là. Tahar Rahim est plutôt effacé, mais c’est le rôle qui veut ça. On retiendra donc avant tout la belle performance d’Emilie Duquenne, qui arrive à ne pas sombrer avec le navire, alors qu’elle aurait pu facilement couler avec lui.

A Perdre la Raison est le genre de film qu’on n’a peur de ne pas aimer, sous prétexte que cela ferait de nous des spectateurs sans cœur Mais la souffrance n’a pas d’un intérêt en soi et ce film n’en a que très peu par ailleurs.

Fiche technique :
Production : Versus Production, Samsa Films
Réalisation : Joachim Lafosse
Scénario : Joachim Lafosse, Thomas Bidegain, Matthieu Reynaert
Montage : Sophie Vercruysse
Photo : Jean-François Hensgens
Décors : Anna Falguères
Distribution : Les Films du Losange
Directeur artistique : François Delaire
Durée : 111 mn

Casting :
Emilie Dequenne : Murielle
Tahar Rahim : Mounir
Niels Arestrup : André Pinget
Baya Belal : Rachida
Stéphane Bissot : Françoise
Nathalie Botefeu : Dr. De Clerck

DECLARATION OF DEPENDENCE (Kings of Convenience) : Personnalité un rien monotone

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declarationofdepenedencekingsofconvenienceDans un avis précédent, j’avais évoqué l’apport important de la Suède à la musique et au culte de la grande blonde. Mais il ne faut pas non plus oublier leurs voisins eux-aussi grands et le plus souvent blonds, les Norvégiens. En effet, ce beau pays n’a pas offert au monde que A-ha… Allez avouez-le, je viens de vous mettre Take On Me dans la tête… Désolé… Et bien pour y remédier, je vous invite à écouter le très beau Declaration of Dependence du groupe Kings of Convenience.

Le groupe est en fait un duo, composé de Eirik Glambek Bøe et Erlend Øye, qui s’est formé en 1999, après qu’ils se soient installés en Angleterre. C’est sûr que s’ils avaient choisi de chanter en norvégien et ne pas sortir de leur pays, je n’aurais pas eu l’occasion de vous en parler aujourd’hui… Ils ont jusqu’à aujourd’hui signé quatre albums studio, dont Declaration of Dependence, le dernier, sorti en 2009.

Deux hommes qui chantent en duo de doux morceaux à la guitare sèche… Kings of Convenience fait immédiatement penser à Simon and Garfunkel. Il est vrai qu’ils évoluent réellement dans le même univers musical et cela est même parfois particulièrement frappant, comme sur le titre Power of Not Knowing. Mais leurs voix sont quand même assez différentes pour que l’on ait pas l’impression d’entendre des imitateurs. Les deux Norvégiens ont leur propre personnalité… même si elle est tout de même moins magique que celle de leurs aînés.

Cependant, Declaration of Dependence reste un très bel album. De la musique douce, des voix tout de même très agréables et une vraie maîtrise musicale. Les instrumentations sont épurées, à base de guitares sèches et de piano. La seule fantaisie que Kings of Convenience s’accorde est la présence de temps à autres de violons ou d’autres instruments à cordes. Encore une fois, le duo de voix donne à leur musique une vraie touche personnelle qui les démarque de qui peut s’entendre ailleurs.

Cependant, à l’intérieur-même de Declaration of Dependence, il est vrai que les titres se ressemblent un peu parfois. C’est toujours joli et agréable et à part le morceau de conclusion, Scars on Land, ils sont tous d’une qualité égale. Mais à l’inverse, aucun ne se détache vraiment et on a même du mal à trouver de vrais points de différenciation entre les titres. En fait, seul Renegade sort un peu du lot puisqu’il ne semble pas chanter en duo. Sinon, c’est plus ou moins dynamique, mais cela reste tout de même un peu toujours sur le même ton.

Sympathique et apaisant pourraient être les deux qualificatifs définissant le mieux Declaration of Dependence. Ce n’est peut-être pas un album que l’on écoutera en boucle, mais la musique de Kings of Convenience peut constituer un très bon fond sonore ou une très bonne musique d’ambiance. Je ne veux pas avoir l’air de trop décrier les qualités artistiques incontestables de cet album. Simplement, on ne peut qu’admettre qu’il est parfois difficile de l’écouter avec une attention pleine et entière le long des treize plages qui le composent.

Declaration of Dependence est réellement un très joli album, qui ravira les amateurs de musique douce et qui possède une réelle personnalité, malgré une certaine monotonie.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: 24-25
Des voix douces et claires pour une jolie ballade.

2.: Mrs Cold
Un rythme un peu plus chaloupé pour un résultat fort sympathique.

3.: Me in You
Dans la même veine que le titre précédent.

4.: Boat Behind
Un violon vient enrichir ce travail très intéressant entre les deux voix.

5.: Rule My World
Le ton est plus enjoué pour un nouveau morceau de qualité.

6.: My Ship Isn’t Pretty
Très doux, très beau et sonne comme une berceuse.

7.: Renegade
Une seul voix pour une chanson moins originale du coup, mais toujours jolie.

8.: Power of Not Knowing
Rappelle réellement Simon and Garfunkel.

9.: Peacetime Resistance
Le rythme est plus dynamique, presque dansant.

10.: Freedom and Its Owner
Très doux, très apaisant.

11.: Riot on an Empty Street
Toujours un peu sur le même ton…

12.: Second to Numb
Un titre épuré et relaxant.

13.: Scars on Land
Un morceau un peu chiant pour finir.

UNE POIGNEE DE SALOPARDS : Source improbable

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unepoigneedesalopardsafficheLes grands artistes trouvent l’inspiration dans des œuvres parfois étonnantes. Ainsi, vous l’ignorez sûrement (j’aime me la péter, genre moi, je le savais!), mais le Inglourious Bastards de Quentin Tarantino est plus ou moins un remake. Le film d’origine est une série B italienne, réalisée en 1978, sorti en France sous le titre Une Poignée de Salopards, mais distribuée aux Etats-Unis sous le tires d’Inglourious Bastards. Si finalement Tarantino n’a pas gardé grand chose de l’original, c’est que ce dernier est quand même un sacré nanar.

En 1944, sur le front français, un convoi de l’armée américaine, transportant des soldats destinés à la prison ou à être fusillés, est attaqué par l’armée allemande. Les seuls survivants sont cinq prisonniers, bien décidés à rejoindre la Suisse pour regagner leur liberté. Mais ils devront échapper à la fois à l’armée alliée qu’aux troupes nazies.

Une Poignée de Salopards, avant d’inspirer le Inglourious Bastards de Tarantino, est déjà à la base une nouvelle version des Douze Salopards. Il cherche donc à surfer sur la mode des films de guerres qui sévissait à la fin des années 70. D’ailleurs, le résultat est très daté et fleure bon la série B à petit budget… et, avouons-le tout de suite, à petit talent. Le recrutement d’acteurs américains pour la distribution à l’étranger montre bien qu’on est là face à un cinéma commercial et populaire, où la dimension artistique était forcément limitée.

Cependant, derrière la caméra, on retrouve Enzo G. Castellari, un spécialiste italien du genre. Un réalisateur qui essayait tant bien que mal de donner du souffle et de l’originalité à ses œuvres. Mais il manque sérieusement de génie. On remarquera notamment son utilisation du ralenti qui reste une tentative louable mais un peu vaine de donner un style visuel à Une Poignée de Salopards. Les initiatives prêtent à sourire, mais on peut comprendre comme un Tarantino pré-adolescent a pu tomber sous le charme de cette œuvre parfois improbable. Comme j’ai pu adorer le Choc des Titans, première version…

Une Poignée de Salopards souffre d’un scénario dont le réalisme et la crédibilité sont quand même relativement limités. On est vraiment dans la série B typique où on se moque bien des faiblesses, seuls comptent l’action et le divertissement. L’intrigue n’est donc pas du tout ce qu’il y a de plus intéressant dans ce film, à part si on la regarde avec un regard ironique. Elle peut faire rire parfois, même si c’est vraiment involontairement pour le coup. Ca sent le scénario pondu un peu à la va-vite, mélangeant clichés et péripéties, sans vraiment se soucier de leurs cohérences.

unepoigneedesalopardsUne Poignée de Salopards a au moins le mérite de ne pas se prendre au sérieux. L’histoire est parsemée d’éléments d’humour au premier et au second degré. C’est sans doute ce qui le rend regardable, à défaut de le rendre intéressant au-delà de l’anecdote. On a parfois l’impression que cela est une façon de se faire pardonner le manque de moyen et les faiblesses criantes du scénario. Mais le film aurait vraiment gagné à choisir carrément le ton de la parodie.

Le casting a pour vedette Bo Svenson et Fred Williamson. Si on veut avoir une preuve définitive que ce film a marqué profondément Quentin Tarantino, il faut savoir qu’il a fait tourner le premier dans Kill Bill 2 et l’autre dans Une Nuit en Enfer. Mais globalement, le casting reste assez moyen, même si on note la présence d’un Michel Constantin en chef des partisans français.

Si ce film n’avait pas inspiré un pur chef d’oeuvre, il serait tombé totalement dans l’oubli. Il ne vaut donc pour l’anecdote ou pour les vrais amateurs de séries B improbables. Mais bon, ce n’est pas non plus l’Attaque de la Moussaka Géante (vraie film qui existe…).

Fiche technique :
Titre original :
Quel maledetto treno blindato
Réalisation : Enzo G. Castellari
Scénario :  Sandro Continenza, Sergio Grieco, Franco Marotta, Romano Migliorini et Laura Toscano
Musique : Francesco De Masi
Directeur artistique : Pier Luigi Basile et Aurelio Crugnola
Costumes : Ugo Pericoli
Photographie : Giovanni Bergamini
Montage : Gianfranco Amicucci
Producteur : Roberto Sbarigia
Format : Couleur (Telecolor) • 1.85 : 1 • 35mm
Pays d’origine :  Italie
Dates de sortie :  Italie : 8 février 1978; France : 28 février 1979

Casting :
Bo Svenson : Le lieutenant Robert Yeage
Peter Hooten : Ton
Fred Williamson : Fred Canfiel
Michael Pergolani : Nic
Jackie Basehart : Berl
Michel Constantin : Veroniqu
Joshua Sinclair : Marshall (crédité sous le nom de John Loffredo)
Massimo Vanni : Un membre de la Résistance français
Enzo G. Castellari : Un officier allemand (non crédité au générique)

Raimund Harmstorf : Adolf Sach
Ian Bannen : Le colonel Charles Thomas Buckne
Debra Berger : Nicole

TRUELOVE’S GUTTER (Richard Hawley) : 8, ça suffit !

truelovesgutterrichardhawley

truelovesgutterrichardhawleyPour faire un bon album, il ne suffit parfois pas de grand chose. Quelques notes de musiques, des textes qui ne sonnent pas trop mal et surtout une jolie voix. Celle de Richard Hawley est particulièrement prenante, chaude et envoûtante. La poser sur une mélodie assez simple est suffisant pour nous offrir un joli moment de bonheur musical. C’est exactement ce qu’il fait dans son album Truelove’s Gutter. Un album court mais suffisant.

Richard Hawley est un chanteur-compositeur anglais né à Sheffield en 1967. Il a d’abord œuvré au sein des Longpigs, avant de rejoindre brièvement le groupe de britpop Pulp. Il a surtout démarré une carrière solo en 2000, qui ont donné 7 albums studio, dont le 6ème, ce Truelove’s Gutter, est sorti en 2009.

Truelove’s Gutter nous offre des mélodies à la fois épurées et complexes. Complexes parce qu’elles utilisent beaucoup d’instrument assez originaux comme le waterphone ou le cristal baschet. Si vous ne savez pas ce que c’est, rassurez-vous, c’est normal. Mais vous pouvez vous rendre sur Wikipedia pour voir à quoi cela ressemble. Au moins, à défaut d’écouter et d’aimer cet album, vous aurez au moins appris quelque chose. C’est déjà ça !

Les mélodies de Truelove’s Gutter sont donc aussi épurées car elles tiennent souvent plus de la ligne mélodiques qu’autre chose. C’est la voix qui fait tout et qui est particulièrement mise en avant. Quelques fois, on a presque l’impression de flirter avec le a cappella. Mais cela n’est guère gênant vu la qualité de l’organe vocal de Richard Hawley. Il ressemble plus à celui d’un chanteur de blues ou de country, mais il s’agit bien d’un produit pur britannique et non sorti de l’Amérique profonde. Parfois les apparences sont trompeuses.

La principale limite de Truelove’s Gutter reste le rythme et le ton quasi uniformes de l’ensemble des morceaux. L’ambiance générale est assez sombre, et correspond visiblement à l’état d’esprit de Richard Hawley à ce moment là. C’est mélodieux et épuré, beau et apaisant, mais il est vrai qu’on a un peu l’impression d’avoir fait un peu le tour du sujet assez rapidement. Heureusement, l’album ne comprend que 8 titres, ce qui est assez rare désormais, alors on n’a pas le temps d’avoir réellement l’impression de tourner en rond.

Si les morceaux sont peut-être un peu trop uniformes pour ne pas se ressembler, ils sont heureusement uniformes dans la qualité. Les huit titres se laissent écouter avec le même plaisir, même si personnellement, j’ai une légère préférence pour As The Dawn Breaks. Peut-être tout simplement parce que c’est le premier et qu’aucun ne fait vraiment mieux ensuite. A l’inverse, seul Remorse Code est quelque peu en retrait des autres car trop répétitif.

Truelove’s Gutter pourra donc ravir les amateurs de ballades, de belles voix et des mélodies épurées. Un album définitivement sans fioritures.

Pour finir, regardons les titres que l’on trouve sur Truelove’s Gutter.

1.: As The Dawn Breaks
Ballade épurée, à la voix fascinante et prenante.

2.: Open Up Your Door
Toujours doux, un titre qui ressemble presque à un slow à l’ancienne.

3.: Ashes On The Fire
Une ballade country très classique.

4.: Remorse Code
Un rien plus dynamique, mais on se laisse bercer tout de même par la musique, qui finit par être un peu trop répétitive.

5.: Don’t Get Hung Up In Your Soul
Un ton plus doux, presque un murmure à l’oreille.

6.: Soldier On
Une voix vraiment fascinante.

7.: For Your Lover Give Some Time
Un ton romantique pour cette belle chanson.

8.: Don’t You Cry
Un très bel au revoir.

PETS & FRIENDS (Nina Kinert) : Douceur suédoise

petsfriendsninakinert

petsfriendsninakinertAh la Suède, quel merveilleux pays… Bon, je sais, j’ai déjà fait une introduction de ce type, il n’y a pas longtemps… Mais que voulez-vous, ce n’est pas ma faute si c’est vrai ! En plus, ces quelques lignes ne sont pas pour parler des clichés comme les grandes blondes, les krisprolls, les grandes blondes, les lacs, les forêts, les grandes blondes, les lacs, les forêts, les grandes blondes, les lacs, les forêts, les lacs, les forêts, les lacs, les forêts… Bref, tout ce qui fait le charme et la diversité du pays des grandes blondes, des lacs et des forêts. Non, je veux parler de leurs musiciens et particulier de leurs chanteuses (qui sont souvent accessoirement de grandes blondes), afin d’introduire mon avis sur Pets & Friends, de Nina Kinert.

Nina Kinert est donc une chanteuse suédoise, pour ceux qui n’auraient pas encore compris, née en 1983. Elle compose et elle écrit ses chansons, qui se situent entre blues, rock, pop et folk. Elle a signé deux albums : Heartbreakdown en 2004 puis ce Pets and Friends en 2009.

Nina Kinert se situe dans le même univers musical qu’une Norah Jones, une Diana Krall ou une Emiliana Torrini. C’est d’ailleurs à cette dernière qu’elle le plus penser, notamment au niveau de la voix. On n’est donc face à des instrumentations acoustiques, laissant une large place au piano et au violon, sur laquelle se pose une voix douce et harmonieuse. L’ambiance est calme et romantique et donne envie de l’écouter en bonne compagnie, avec une lumière tamisée.

Pets & Friends est un très bon album, très agréable à écouter. Cependant, il ne constitue pas un chef d’œuvre. En effet, Nina Kinert a une très belle voix, mais pas assez originale et transcendante pour rendre cet album inoubliable. De plus, elle en fait parfois un usage quelque peu contestable, ayant la fâcheuse tendance à la pousser un peu trop dans les aigües. Cela gâche quelques morceaux comme Libras par exemple. Enfin rien de méchant et qui ne gâche réellement le plaisir.

Les instrumentations de Pets & Friends sont souvent épurées et relativement classiques. Les seules fois où Nina Kinert nous propose quelque chose de plus original, notamment par l’utilisation de dissonances, cela donne à mon sens un résultat nettement moins bon. Je considère que Golden Rings et The Art Is Hard sont les deux titres les moins agréables, parce qu’ils sont les moins harmonieux. Le style de cette artiste ne se prête pas à ce genre de fantaisies, qui peuvent donner des résultats plus intéressants lorsque la musique est plus énergique.

Restent 9 très bon titres qui font de Pets & Friends un album très agréable. On mettra particulièrement en avant I Shot My Man, Me Love U Long Time et Beast. C’est souvent lorsqu’elle nous propose une musique folk que Nina Kinert donne le meilleur d’elle même. Elle arrive à un résultat parfois très joli en poussant plus la voix, mais comme je l’ai déjà dit, le résultat est alors plus aléatoire. Mais cela contribue aussi à une certaine diversité qui fait que l’on traverse cet album sans avoir l’impression d’entendre toujours le même titre.

Au final, Pets & Friends est un album agréable et harmonieux, signée par une artiste talentueuse. Mais qui ne l’est peut-être pas tout à fait pour se démarquer définitivement de la concurrence.

Pour finir, faisons le tour des morceaux qui composent Pets & Friends.

1. Combat Lover
Une voix envoûtante pour un morceau qui laisse une large place aux percussions.

2. Golden Rings
Piano et violon pour un morceau sans rythme et dissonant.

3. I Shot My Man
Un rythme entre country et blues. La voix y est pleine de conviction pour un très bon titre.

4. Pets & Friends
Une ballade un peu éthérée, mais sympathique.

5. Beast
Une ballade épurée au piano et violon, avec de l’émotion dans la voix.

6. The Art Is Hard
Un titre dissonant pas terrible.

7. Me Love U Long Time
Une ballade folk très jolie.

8. Love Affair
Dans le même style que le titre précédent, mais la voix est plus claire.

9. Get Off
Une instrumentation plus présente avec la présence d’une batterie. Le ton est un
peu hippie pour un résultat vraiment sympa.

10. A-Worn Out
Un duo épuré, aux voix claires pour un résultat très harmonieux.

11. Libras
La voix est très claire. Peut-être un peu trop pour un titre répétitif et lancinant.

12. The Story Goes
Une ballade posée, portée par des cordes très douces. Epuré et joli, à l’image de l’album.

REBELLE : Sous le charme de Mérida

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rebelleafficheOn pouvait craindre que le rachat de Pixar par Disney mette fin à la créativité débridée et réjouissante du studio où sont nés Wall-E, Ratatouille, Toy Story ou encore Les Indestructibles. Force est de constater que jusqu’ici tout va bien. Confirmation avec Rebelle. Ce n’est peut-être pas le film le plus inoubliable qu’il ait signé, mais on se retrouvera une nouvelle fois tous avec plaisir un spectacle qui ravira toutes les générations.

Mérida est une princesse. Mais ce qu’elle aime avant tout, c’est courir dans la campagne, escalader des falaises, manger goulument et tirer à l’arc, au grand désespoir de sa mère qui souhaite la transformer en vraie dame de cour. La jeune fille est donc désespérée quand ses parents lui annoncent qu’ils ont l’attention de la marier et qu’ils ont convoqué les représentants des trois clans d’Ecosse pour désigner celui qui sera digne de l’épouser. Mais Mérida n’a pas l’intention de se laisser faire.

Rebelle est un film séduisant. Enfin ce qui est avant tout séduisant, c’est le personnage de Mérida. On ne peut que tomber sous son charme et ce dès les premières secondes. Bien sûr cela ne fait pas un film à lui tout seul, mais cela permet de rentrer tout de suite dans cette histoire pour n’en sortir qu’à la toute fin. On dit souvent qu’un bon scénario, c’est avant tout un bon méchant, mais quelque fois un bon héros peut aussi constituer une bonne base.

Autour de ça se construit une histoire somme toute assez classique. Il est vrai qu’elle ne brille ni par une réelle originalité, ni une complexité particulière. Elle se laisse pourtant suivre avec plaisir, car rythmée et pleine d’humour. De la magie, des péripéties, des poursuites, une forêt sombre et mystérieuse… Bref tout ce qu’il faut pour un récit d’aventures fantastiques médiévales. C’est divertissant, jamais ennuyeux, même si l’intérêt principal de Rebelle est à chercher ailleurs.

Il est à chercher notamment dans son humour. Un humour aux allusions parfois quelque peu grivoises, souvent à plusieurs degrés, qui fait de Rebelle un film pouvant être apprécié par plusieurs générations. On touche là ce qui peut encore différencier les films estampillés Pixar avec les productions Disney pures et dures, beaucoup plus puritaines et policées. Bon, ça ne va pas très loin dans la provocation, mais cela permet aux adultes de rire eux-aussi pleinement. De plus, l’aspect cartoon est lui aussi pleinement réussi, avec notamment les trois frères de la princesse, des triplés en quête constante de bêtise et qui déploient toujours des trésors d’imagination et d’espièglerie pour arriver à leur fin.

rebelleTechniquement, Rebelle est aussi impeccable. Je ne l’ai pas vu en 3D, mais ne je ne doute pas que cette dernière ait été soignée. Mais même sans ça, les traits sont vraiment fins et les personnages ont beaucoup de personnalité, ce qui leur donne chacun un charme particulier. En 2D, ça manque un peu de profondeur, mais les décors sont tout de même eux-aussi très beaux, notamment une séquence autour du lac et de la cascade.

On explore là un univers imaginaire celtique, pour preuve la chevelure rousse de l’héroïne. Mais c’est surtout un film d’animation à voir absolument en VO (en fait, c’est toujours le cas, mais là encore plus) pour l’accent écossais irrésistible de tout le casting voix. Sinon, c’est un peu comme voir Bienvenue chez les Ch’tis, doublé dans un anglais à l’accent uniforme… On y reconnaîtra surtout Emma Thomson, qui double la mère et Kelly MacDonald, découvert dans No Country for Old Men qui double l’héroïne.

Certes, Pixar nous avait habitué à nous servir du chef d’œuvre à la pelle. Rebelle n’en fait peut-être pas partie. Mais ce n’est pas une raisons pour juger trop durement ce film d’animation fort sympathique.

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Pixar, John Lasseter
Distribution : The Walt Disney Company France
Réalisation : Mark Andrews, Brendan Chapman
Scénario : Mark Andrews, Steve Purcell, Brenda Chapman, Irene Mecchi
Montage : Nicholas C. Smith
Photo : Danielle Feinberg
Décors : Steve Pilcher
Musique : Patrick Doyle
Effets spéciaux : David MacCarthy
Durée : 95 mn

Casting :
Kelly MacDonald : Merida
Emma Thomspon : La reine Elinor
Billy Connolly : Le roi Fergus
Julie Walters : la sorcière

THE SUN CAME OUT (7 Worlds Collide) : Qualité dilluée

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thesuncameout7worldscollideLa mode n’est plus trop au double album. Je parle d’un vrai double album, non pas un disque principal avec un autre plein de bonus, de versions live ou autres gadgets. La principale raisons tient sans doute dans le fait qu’un CD peut contenir beaucoup plus de plages qu’un vinyle. Peut-être aussi parce que les maisons de disques gagnent plus d’argent en en vendant deux séparément, plutôt qu’un coffret. En tout cas, The Sun Came Out de 7 Worlds Collide est un vrai double album… Enfin même s’il existe aussi une version simple…

7 Worlds Collide est un né de l’enregistrement d’un concert de Neil Finn, artiste néo-zélandais, en 2001, sur lequel il jouait avec un nombre importants d’invités, comme Eddie Vedder, le chanteur de Pearl Jam. L’album fut alors intitulé 7 Worlds Collide, avec comme mention d’interprète, Neil Finn and Friends. En 2009, il a alors sorti cet album, The Sun Came Out, où 7 Worlds Collide est cette fois le nom de l’artiste… Vous suivez toujours ? Cet album reprend en fait le principe des duos entre Niel Finn et un autre artiste.

Si j’ai insisté sur le fait que The Sun Came Out est un double album, c’est parce que la version simple est a priori beaucoup plus décevante que celle que je commente ici. En effet, elle correspond, à peu de choses près, au disque 1 de la version double. Or, à mon sens, le disque 2 est nettement meilleur. En fait, on monte en puissance tout au long de cet album qui nous laisse pendant longtemps sur une impression plutôt mitigée.

The Sun Came Out nous propose, surtout au début, beaucoup de titres pop-rock gentillets, qui sentent même parfois un peu la guimauve. Les interprétations sont parfaitement cadrées, les musiciens font preuve d’une totale maîtrise, mais avouons-le, ça ne casse pas des briques. Ce n’est pas désagréable à écouter, mais ça ressemble beaucoup, parfois en moins bien, à ce qui passe en boucle à la radio et que les adolescent prennent parfois pour le must de la rébellion musicale. Ca sent le produit un rien formaté, en tout cas sans grande imagination.

Et puis, au fur et à mesure, des titres et encore plus sur le disque 2, 7 Worlds Collide nous propose quelques titres beaucoup plus intéressants. Un peu plus d’énergie, de conviction et d’imagination nous permettent d’apprécier quelques beaux titres, certains dynamiques, d’autres sur le mode ballades épurées. Au final, The Sun Came Out aurait de quoi nous proposer une petite douzaine de titres pour former un album dense et très agréable. Mais le choix de proposer un double album noie un peu ces bons moments dans un total de 24 titres pas forcément heureux.

La présence d’artistes différents permet à The Sun Came Out de proposer un minimum de diversité. Cependant, il garde tout de même une grande cohérence, car on sent bien que c’est Neil Finn qui est toujours aux commandes et les autres ne sont que des invités. Sa collaboration la plus fructueuse est pour moi celle avec KT Tunstall, qui nous offre deux parmi les meilleurs titres des deux disques : Black Silk Ribbon sur le disque 1 et surtout Hazel Black sur le disque 2.

Au final, The Sun Came Out est un album qui recèle du très bon en quantité. Mais le tout est un peu gâché par la présence aussi de nombreux titres sans grand relief, ni intérêt.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur The Sun Came Out.

Disque 1
1.: Too Blue – Finn, Neil & Johnny Marr
Un son pop-rock mélodique et sympathique.

2.: You Never Know – Finn, Neil & Jeff Tweedy
Une pop un peu mielleuse, mais tout de même accrocheuse.

3.: Little By Little – Finn, Neil & Sharon
Un son plus dynamique, mais ça reste assez formaté.

4.: Learn To Crawl – Finn, Neil & Liam
Un ton un rien lugubre pour un titre assez transparent.

5.: Black Silk Ribbon – Finn, Neil & KT Tunstall/Bic Runga
Des cordes très présentes pour une jolie ballade interprétée par la belle voix chaude de KT Tunstall.

6.: Girl Make Your Own Mind Up – Finn, Neil & Don Mcglashan
Une ballade avec moins de personnalité que la précédente.

7.: Run In The Dust – Finn, Neil & Johnny Marr
Mou et un rien tristounet.

8.: Red Wine Bottle – Finn, Neil & Johnny Marr
Ethéré et un peu chiant.

9.: Ties That Bind Us, The – Finn, Neil & Phil Selway
Ballade épurée, bien sans plus.

10.: Reptile – Finn, Neil & Lisa Germano
Voix féminine, accompagné d’un effet chorale, pour un titre épuré et éthéré, mais qui fonctionne bien.

11.: Bodhisattva Blues – Finn, Neil & Ed O’Brien
Enfin un son plus rock, mais qui ne casse toujours pas des briques.

12.: What Could Have Been – Finn, Neil & Jeff Tweedy
Une ballade avec un pas mal d’émotion dans la voix.

Disque 2
1.: All Comedians Suffer
Un son rock 70’s-80’s pas mal du tout.

2.: Duxton Blues – Finn, Neil & Glenn Richards
Un son pop-rock plus moderne.

3.: Hazel Black – Finn, Neil & KT Tunstall
Un excellent titre dansant et dynamique.

4.: Riding The Wave – Finn, Tim & Neil
Une voix criarde sur un fond de piano. Pas grand intérêt.

5.: Witching Hour, The – Finn, Neil & Phil Selway
Doux et accoustique, mais la voix est limitée.

6.: Over And Done – Finn, Neil & John Stirratt
Un slow à l’ancienne, très agréable.

7.: Change Of Heart, A – Finn, Neil & Bic Runga
Une ballade épurée avec une voix féminine pleine de conviction.

8.: Don’t Forget Me – Finn, Neil & Pat Sansome
Une voix masculine claire pour une ballade pop-rock énergique.

9.: Long Time Gone – Finn, Neil & Don Mcglashan
Plus rock, débridé et énergique. C’est plutôt bon !

10.: Cobbler, The – Finn, Neil & Elroy
Un titre assez chiant et dissonant.

11.: 3 Worlds Collide
Percutions et sonorités étranges pour un titre instrumental.

12.: Water, The – Finn, Neil & Sebastian Steinberg
Une ballade épurée pour un son proche du blues. Une belle conclusion.

MAGIC MIKE : Un film qui ne va pas au fond des choses

magicmikeaffiche

magicmikeafficheSteven Soderbergh est un des réalisateur les plus productifs, mais aussi, heureusement, un des plus talentueux. A peine un mois après la sortie de Piégée, voici Magic Mike. Bon, évidemment cette proximité est due au choix des distributeurs français, mais tout de même, cela prouve bien qu’il enchaîne les films comme d’autres enfilent les perles. En tout cas, le réalisateur confirme la grande diversité des thèmes qu’il aura traités dans sa carrière.

Mike est maçon le jour, stripteaseur la nuit. Son vrai rêve est de monter son entreprise de construction de meubles originaux. Un jour il croise la route d’Adam, un loser un peu paumé, qui vit aux crochets de sa sœur. Il s’en sert comme rabatteur pour amener des jeunes filles au show où il se produit. Mais le malaise d’un des danseurs va pousser le jeune homme à faire ses débuts sur scène. Sa sœur verra ça d’un mauvais œil, mais Mike lui promet de veiller sur lui.

Magic Mike est un film riche, mais un peu frustrant. Riche par la diversité des thèmes abordés. On y parle du monde du striptease et de la nuit, mais le propos est aussi social, avec un rien de romance. On est face à l’histoire classique d’un homme cherchant à échapper au destin auquel il semble promis pour accomplir son rêve. On y parle des stéréotypes qui collent à la peau et dont il est si difficile de se débarasser pour donner une nouvelle direction à sa vie. Bref, beaucoup de choses dans un seul film.

Le tout donne un scénario cohérent et tout sauf ennuyeux. Mais il faut bien avouer qu’aucun des thèmes abordés ne l’est avec assez d’originalité et de profondeur pour vraiment donner un intérêt inoubliable à Magic Mike. Le film reste certes divertissant, mais on en ressort avec la forte impression qu’il y avait matière à un propos beaucoup plus percutant. La fin notamment est logique et sans surprise. Le thème prêtait vraiment à plus de provocation et de subversion. Certes, le rêve américain en prend un petit coup, mais la conclusion est quand même très attendue.

Un aspect de Magic Mike ne m’a évidemment pas vraiment touché. J’aime les belles choses en général, mais les hommes musclés quasi-dénudés ne m’émeuvent pas plus que ça. Il est évident que le public féminin sera beaucoup plus sensible à cet aspect du film. Bon, Steven Soderbergh n’en rajoute pas non plus, on n’est pas dans un film de danse, mais il nous offre un large aperçu de ce dont ces messieurs sont capables… Et c’est vrai que c’est parfois impressionnant et m’a donné envie de me remettre à ma musculation aussi sec…

Si les stripteaseurs de Magic Mike sont de vrais gogo-dancers, aux mouvements sexuellement explicites, ils bénéficient tout de même du magnifique sens de l’image de Steven Soderbergh. Du coup, c’est presque beau… Bon, comme je l’ai dit, en tant que mâle, j’étais plus dans l’admiration que l’excitation, mais il faut avouer qu’on échappe largement à l’impression de vulgarité que ce genre de spectacle peut inspirer d’habitude. Le réalisateur nous offre dans ce film une image beaucoup moins travaillée que d’habitude et globalement la photographie reste sobre. Mais on retrouve quand même la pâte d’un très grand metteur en scène.

magicmikeCe film doit évidemment beaucoup à Channing Tatum, puisque ce film est directement inspiré de sa vie et qu’il a été à la base de l’idée de scénario. Il y livre surtout une performance étonnante à tout point de vue. Il fait preuve d’un talent de danseur assez phénoménal, mais prouve aussi qu’il peut être un acteur bien plus intéressant que ne laissent penser ses rôles habituels dans des films d’action. Certes, il ne sera jamais le comédien le plus expressif de la Terre, mais ce n’est pas qu’une montagne de muscles et une belle gueule. A ses côtés, l’autre bonne surprise du casting s’appelle Alex Pettyfer qu’on avait déjà aperçu dans Time Out.

Magic Mike est donc au final un film sans vrais défauts, mais qui ne va pas au bout de son sujet. Du coup, malgré les formidables acteurs et la caméra de Steven Soderbergh, on a bien du mal à vraiment s’enthousiasmer.

Fiche technique :
Production : Iron Horse Entertainment, Extension 765, Nick Wechsler Productions
Distribution : ARP Sélection
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Reid Carolin, sur une idée de Channing Tatum
Montage : Steven Soderbergh
Photo : Steven Soderbergh
Décors : Barbara Munch
Durée : 110 mn

Casting :
Channing tatum : Magic Mike
Matthew McConaughey : Dallas
Olivia Munn : Joanna
Alex Pettyfer : Adam
James Martin Kelly : Sal
Cody Horn : Brooke
Matt Bomer : Ken
Kevin Nash : Tarzan