
Mais maintenant qu’on en est arrivé au point où on savait pertinemment qu’on aboutirait, reste à savoir quoi faire, après avoir fermé les yeux pendant plus d’une décennie. Déjà, espérons que le palmarès de ces 7 Tours de France restera vierge à jamais. Attribuer ces victoires à d’autres coureurs n’aurait aucun sens. Lance Armstrong avait lancé une « course à l’armement » qui a poussé tous ceux qui espéraient le battre vers un dopage inexorable. Un trou de sept années dans le palmarès aurait aussi force de symbole, même si on peut y voir là une nouvelle hypocrisie. Pourquoi ne pas rayer également Bjorn Riis qui a avoué avoir gagné, chargé comme une mule ? Les procédures et la prescription ne le permettent pas paraît-il. De toute façon, le débat serait sans fin car il y a bien d’autres vainqueurs sur lesquels planent de lourdes suspicions.
Cela a pris du temps, trop de temps, mais on ne peut nier que les tricheurs finissent désormais toujours par se faire prendre. Peut-être que cela ne les décourage pas encore tous. Cependant, la lutte contre le dopage a changé de dimension et on ne peut plus tenir le discours comme quoi les tricheurs ont toujours une longueur d’avance. C’est là la vraie bonne nouvelle dans cette affaire ! On ne changera pas la nature humaine de si tôt, mais au moins le sport cycliste a-t-il renoué avec la notion de justice.
Restent les réactions d’anciens champions comme Eddy Merckx, Miguel Indurain ou encore Laurent Jalabert qui n’arrivent pas à condamner aussi fermement qu’il le faudrait, qui continue à nier ce qui ne sont plus des simples supputations. Pour la simple et bonne raison qu’admettre toute la faute de l’Américain devrait les conduire à enfin admettre les leurs. Ils n’y sont pas prêts. A la fois, n’est-ce pas surhumain d’avouer publiquement que l’on est un tricheur, surtout quand on a le sentiment d’avoir autant triché que les autres et qu’on sait que personne ne le prouvera jamais ? Ne leur jetons pas la pierre, après tout, ce ne sont que des hommes…
… et les hommes ont parfois besoin d’un petit remontant pour gravir une montagne…

On peut cependant reconnaître qu’on ne s’ennuie pas devant Dans la Maison. En effet, malgré tout, on reste motivé par l’envie de connaître où tout cela va nous mener. Alors, certes, la fin est décevante, mais on aura toujours gardé l’espoir qu’il y a réellement un sens à tout ça, qu’il nous échappe pour l’instant, mais qu’il nous sera révélé au final. Ce n’est pas le cas, la déception est grande, mais au moins cela a-t-il préservé un minimum de suspense tout au long du film. 

S’il y a un domaine où Oliver Stone a pêché, c’est bien la direction d’acteurs. Le casting est alléchant, surtout pour les méchants, mais ils laissent trop ses comédiens cabotiner. La palme revient à Benicio De Toro qui aurait pu vraiment être génial s’il n’en faisait pas trop. Il en fait trop certes avec son immense talent, mais il en fait trop quand même. Salma Hayeck est elle-aussi quelque peu atteinte du même mal, même si elle a au moins le mérite de nous proposer un registre où on ne l’attendait pas forcément. Par contre, rien à dire sur John Travolta, très professionnel. Les deux personnages principaux manquent un tantinet de charisme malgré la belle gueule de Taylor Kitsch et Arraon Taylor-Johnson. En fait, c’est Blake Lively, qui incarne Ophélia, qui nous apporte la petite touche de charme en plus.
Un mot enfin sur l’humour… Comme je l’ai dit, c’est vraiment drôle parfois, avec de vrais gags percutants et de vraies trouvailles. Par contre, comme dans toute bonne comédie américaine, Ted est parsemé de quelques moments d’humour scato… Bon ok, je sais que c’est moi qui n’aime particulièrement pas ça, mais tout de même, ils pourraient s’en passer quelques fois. 

Et la politique dans tout cela ? Elle ne constitue pas le cœur de Les Saveurs du Palais. Cependant, le mythe mitterrandien reste tout de même bien présent. L’aura de mystère qui l’a toujours entouré, la fascination qu’il a pu exercer se retrouvent ici, là encore traité sans lourdeur, mais avec beaucoup de déférence. Evidemment, voir ce personnage historique incarné par un homme qui aura passé une bonne partie de sa vie à le combattre. Mais cette idée saugrenue montre bien à quel point l’ancien patron du Figaro ressent un profond respect pour son ancien adversaire. 
Si Noémie Lvosky se révèle une réalisatrice imparfaite, au moins est-elle toujours une actrice débordante d’énergie et de spontanéité. Elle offre aux cinémas français d’excellents seconds rôles, alors on est heureux de la voir cette fois-ci en haut de l’affiche. A ses côtés, Samir Guesmi est un peu plus en retrait, pas aidé il est vrai, par un maquillage en adolescent qui rend son personnage comique, même quand il ne devrait pas l’être. Le couple des parents, formés par Yolande Moreau et Michel Vuillermoz, est quant à lui très juste, tout comme Denis Podalydes. Camille Redouble est aussi marquée par des apparitions plus ponctuelles, mais souvent un peu ridicule comme celle de Matthieu Almaric (et oui, je peux dire du mal de lui!) ou encore Jean-Pierre Léaud.
Si La Cérémonie, comme tous les Chabrol, ne se distingue pas par une réalisation artistiquement novatrice, elle se démarque par une direction d’acteurs remarquable. Elle vaudra un Oscar à une Isabelle Huppert qui a tenu là un de ses rôles les plus marquants. Mais la vraie star de ce film reste Sandrine Bonnaire dont le jeu est d’une justesse saisissante. La famille Lelièvre, interprétée par Jacqueline Bisset, Jean-Pierre Cassel et la très jeune Virginie Ledoyen, est elle aussi magnifiquement incarnée par ce très bon casting. 
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