MIDNIGHT EXAMINER (William Kotzwinkel) : Second degré confus

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midnightexaminerCe qu’il y a bien avec les personnages de journaliste, c’est qu’ils sont assez polyvalents. En plus de simplement écrire dans un journal, ils peuvent bien sûr défendre la veuve et l’orphelin, jouer les justiciers au quatre coins du monde, se montrer plus efficaces que n’importe quel inspecteur de police, ou bien même, mettre leur slip par-dessus leurs collants et jouer les super-héros. Ils peuvent aussi être un peu tout ça dans un livre satirique et burlesque. La preuve avec Midnight Examiner de William Kotwinkle.

Howard travaille au Midnight Examiner et pour d’autres journaux de la même société, pour lequel il écrit sous divers pseudonymes. En fait, tous ses collègues font la même chose, car ici, on ne prend pas vraiment le temps de vérifier les informations, on les invente pour que cela fait vendre le plus de papier possible. Il faut dire que lorsqu’on est dirigé par un homme dont la plus grande passion au bureau consiste à tirer de boulettess de papier avec sa sarbacane, on n’est pas incité à faire preuve de beaucoup de conscience professionnelle. Sauf quand il s’agit de sauver une femme des griffes d’un dangereux gangster.

Midnight Examiner est un livre en deux parties. Un premier tiers sert à présenter les personnages et cette rédaction pas vraiment comme les autres. Il n’y a alors pas vraiment de fil rouge narratif, on se situe plutôt face à une chronique de petits évènements qui se déroulent dans ces bureaux. Le reste est par contre consacré à une intrigue plus construite et plus classique, même si le récit ne se prive pas de nous décrire la folie douce des protagonistes.

Pour parler franchement, j’ai accroché assez moyennement. J’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire, à vraiment saisir qui étaient les différents personnages, assez nombreux d’ailleurs. Et comme à côté de ça, il n’y avait pas vraiment de fil narratif, j’avoue avoir été parfois un peu perdu et je me demandais vraiment ce que William Kotwinkle cherchait à nous raconter. Je sentais bien l’humour et la loufoquerie, mais sans vraiment pouvoir l’apprécier.

Du coup, je crois que j’ai raté le coche et je n’ai pas pu non plus réellement apprécier la suite. Certes, le récit offrait alors plus de repaires, mais je passais trop de temps à essayer de me rappeler qui était qui et quels étaient les caractéristiques des personnages. Une partie du second degré qui caractérise Midnight Explorer a du largement m’échapper. En fait, j’avais un peu constamment l’impression de prendre en route un sitcom en son milieu, à bien sentir qu’il y avait des private joke et des auto-références mais pouvoir les saisir. Bref, ce livre m’ a largement moins fait rire que prévu.

Encore une fois, c’est vraiment l’écriture de William Kotzwinkle que je blâmerait. L’idée d’une partie introduction des personnages était bonne, mais trop mal réalisée pour que l’on intègre facilement leur identité. Il cherche à nous plonger tout de suite dans le côté absurde de son univers, mais va sans doute trop vite en besogne. Cependant, il est possible que ce livre puisse être beaucoup plus plaisant si on fait l’effort initial pour y entrer totalement. Si j’avais su, je m’y serai préparé et mon avis aurait été peut-être au final beaucoup plus positif.

Je n’ai donc que moyennement apprécié ce Midnight Explorer dont l’humour un peu absurde et décalé m’a trop échappé pour que je suis puisse vraiment m’en amuser.

 

ARGO : Suspense historique

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argoaffichePour créer un suspense insoutenable, on peut choisir de présenter des événement extraordinaires et improbables, mais dont la conjonction nous plonge dans une tension intense. On peut multiplier les fausses pistes, afin de perdre le spectateur. On peut proposer rebondissements sur rebondissements, comme dans la série 24h. Mais lorsqu’on relate des évènements historiques, on ne peut pas non plus trop en faire. Il faut alors être un réalisateur de grand talent. Et Ben Affleck, avec Argo, nous confirme qu’il en est bien un.

1979, l’ambassade des Etats-Unis en Iran est prise d’assaut au cœur de la révolution islamique. 52 employés sont pris en otage. Dans la panique, six autres ont réussi à s’échapper et à se cacher au domicile de l’ambassadeur du Canada. Mais ils savent que s’ils sont découverts, leur sort est très incertain. Un agent de la CIA, spécialiste de l’exfiltration, va alors monter un plan un peu fou pour les faire rentrer au pays. Un plan qui passe par Hollywood.

Argo est une histoire vraie. Après, évidemment, tout est forcément un tantinet romancé. Mais la grande force de ce film et le grand mérite de Ben Affleck sont de se reposer sur des éléments tout à fait plausibles. J’ignore donc si cela s’est vraiment passé comme ça, mais ça aurait pu se passer comme ça. On n’est donc loin d’un film d’espionnage à la James Bond ou un film d’action, où un agent de la CIA multiplie les prouesses physiques pour sauver six otages.

Ben Affleck arrive donc à créer une tension constante à partir de rien, ou pas grand chose. Comme quoi, au cinéma, la forme peut sublimer le fond. Il nous réserve notamment une longue scène finale à l’aéroport de Téhéran, où il arrive à transformer chaque guichet en piège mortel potentiel. Le travail cinématographique est vraiment remarquable. Jamais il ne cherche à enjoliver les choses, à parsemer son récit d’évènements clairement romancés pour renforcer le côté spectaculaire du film. Un choix courageux qui est merveilleusement assumé.

Argo est donc vraiment prenant de la première à la dernière seconde. L’histoire est assez surprenante pour ne pas être cousue de fil blanc. L’intérêt historique est aussi réel, décrivant avec minutie ces évènements qui ont profondément marqué leur époque. Une page de l’histoire américaine qui méritait un grand film. Elle l’a désormais ! La seule petite réserve que je formulerais repose sur le fait que Ben Affleck ne résiste pas, dans son générique de fin, à nous montrer des photos d’archive des vrais protagonistes. C’est vrai que le procédé est sympa, mais il devient vraiment systématique dans les films de ce genre, comme pour apporter la preuve que la reconstitution est bien fidèle.

argoSi Ben Affleck peut définitivement être considéré comme un excellent réalisateur, il n’en reste pas moins aussi un acteur d’exception. On a longtemps ironisé sur son côté bellâtre pour film d’action, mais sa filmographie a depuis prouvé qu’il était bien plus que ça. Nouvelle preuve avec Argo, où il a en plus la tâche toujours délicate de se diriger lui-même. Mais à ses côtés, c’est tout le casting qui est remarquable. D’un côté, les dessous d’Hollywood sont parfaitement incarnés par deux vieux routiers du circuit : John Goodman et Alan Arkin. Mais ce sont surtout les acteurs interprétant les six otages qu’il faut saluer, sans pouvoir en ressortir un plutôt qu’un autre. Enfin, les amateurs d’Alias seront heureux d’apercevoir Victor Garber en ambassadeur du Canada.

Argo est une belle et grande réussite qui place désormais définitivement Ben Affleck dans le haut du panier des réalisateurs hollywoodiens.

Fiche technique :
Production : GK Films, Smokehouse pictures, Warner Bros.
Distribution : Warner Bros Entartainment France
Réalisation : Ben Affleck
Scénario : Chris Terrio, d’après le roman d’Antonio J. menez et l’article de Joshuah Bearman
Montage : William Goldenberg
Photo : Rodrigo Prieto
Décors : Sharon Seymour
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 119 mn

Casting :
Ben Affleck : Tony Mendez
Bryan Cranston : Jack O Donnell
Alan Arkin : Lester Siegel
John Goodman : John Chambers
Victor Garber : Ken Taylor

I SPEAK BECAUSE I CAN (Laura Marling) : Folk jeune

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ispeakbecauseicanlauramarlingAlors là, je n’en reviens pas. En préparant cet avis, je me suis renseigné sur Laura Marling, l’artiste dont je vais vous parler aujourd’hui par l’intermédiaire de son album I Speak Because I Can. Et là, j’ai eu la surprise de voir sa date de naissance, 1990. Jamais je n’aurais imaginé que cette musique pouvait sortir de la bouche et la guitare d’une jeune fille de 20 ans. Comme quoi la valeur n’attend pas le nombre des années, même si cet album n’est pas non plus le chef d’œuvre du siècle.

Laura Marling est née en Angleterre, dans le Hampshire pour être plus précis. Elle est la dernière d’une famille de trois enfants, nées d’une mère professeur de musique. Elle a donc toujours vécu dans cet univers artistique et a fait partie intégrante de la scène folk anglaise dès l’âge de seize ans. Elle a sorti son premier album, Alas, I Cannot Swim, en 2008. En 2010, paraît donc ce I Speak Because I Can, suivi un an plus tard de A Creature I Don’t Know.

Laura Marling est une artiste folk pure jus. Alors forcément, si on associe sa musique à celle de Bob Dylan ou Joan Baez, on a du mal à croire qu’elle puisse être aussi jeune. J’aurais aussi pu m’étonner de sa nationalité car j’imaginais vraiment en écoutant I Speak Because I Can, une artiste américaine d’une quarantaine d’années, même si le titre qui ouvre l’album a des sonorités irlandaises. Décidément, je crois bien qu’il ne faut pas que j’envisage une reconversion en tant que voyant, parce que je risque d’être aussi incompétent que les vrais.

I Speak Because I Can nous propose donc une musique plutôt douce, aux instrumentations assez épurées à la guitare sèche. Le tout est soutenu par une belle voix. Celle de Laura Marling n’a peut-être pas la personnalité de celle des légendes du genre, mais n’a pas non plus à rougir de la comparaison. Elle sait en jouer pour transmettre une réelle émotion et rendre l’écoute de cet album très agréable.

Ce qui manque en fait à I Speak Because I Can, c’est au moins un ou deux titres vraiment marquants. Il est assez homogène dans la qualité, mais c’est vrai qu’il ronronne plus qu’il ne bouleverse l’auditeur. Il coule tout seul, mais au final, on n’en retient pas grand chose. Les titres ne se ressemblent pas forcément. On passe d’un ton mélancolique à des airs plus festifs, mais sans jamais vraiment s’enthousiasmer ou être vraiment surpris. Il faut admettre que Laura Marling est une excellente interprète, mais ne brille pas non plus par une originalité et une créativité débridées.

On retiendra tout de même de ce I Speak Because I Can un Blackberry Stone plein d’émotion et Rambling Man plus énergique. Le tout est conclu par un I Speak Because I Can qui constitue une très jolie conclusion et justifie que l’album en tire son nom. Mais encore une fois, c’est assez difficile de ressortir un titre plutôt qu’un autre, tant ils sont proches dans la qualité. Et heureusement dans la bonne qualité !

I Speak Because I Can est donc objectivement un bon album folk, dont la maturité est assez surprenante pour une artiste aussi jeune. Mais il lui manque tout de même une toute petite étincelle pour réellement marquer les esprits.

Pour finir, regardons de plus près les titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Devil’s Spoke
Un titre folk aux sonorités irlandaises qui monte en puissance.

2.: Made by Maid
Une petite ballade épurée.

3.: Rambling Man
La voix est d’abord douce, plus emplie de plus d’énergie, pour au final un des meilleurs titres de l’album.

4.: Blackberry Stone
Beaucoup d’émotions dans la voix, qui est un peu cassée pour le coup.

5.: Alpha Shallows
Un titre presque parlé, presque dissonant, avant qu’il ne devienne plus mélodieux.

6.: Goodbye England
Un morceau très simple encore une fois.

7.: Hope in the Air
Beaucoup de force et de conviction dans ce morceau.

8.: What He Wrote
Un titre mélancolique et triste, mais au final très beau.

9.: Darkness Descends
Un peu plus transparent, mais festif.

10.: I Speak Because I Can
Un joli au revoir, avec cette ballade folk pleine de conviction.

LOOPER : La seconde où tout bascule

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looperafficheParfois une histoire bascule en quelques secondes. Celles d’un dénouement, d’une conclusion qui va vraiment décider si le tout est convaincant, a un sens ou est tout simplement intéressant. Jouer sur le « mais comment tout cela va-t-il finir ? » permet de garder l’attention du spectateur jusqu’à la fin, mais fait prendre le risque d’une brutale déception qui effacera toutes les qualités de ce qui a précédé. Mais quand la fin est bonne, le film l’est aussi du coup. C’est exactement le cas de Looper, un film de science-fiction sûrement pas révolutionnaire, mais se révèle au final convaincant.

Joe est un looper. Il est chargé par une mafia du futur d’éliminer ceux qu’elle envoie dans le passé pour qu’ils disparaissent à jamais. Un travail grassement payé, mais qui n’a qu’un temps. Un jour, il faut boucler la boucle, tuer son « moi du futur » et profiter des 20 ans qui reste à vivre. Mais au moment de le faire, la main de Joe tremble et son alter-ego du futur s’échappe dans le présent.

Les voyages temporels peuplent la science-fiction depuis Georges Orwell en 1895 et sa Machine à Explorer le Temps. C’est donc un thème largement exploité, pour ne pas dire surexploité, mais qui offre tellement de possibilités que l’imagination humaine n’a pas fini d’y puiser de l’inspiration pour nous livrer encore et encore de nouvelles histoires. Looper se situe donc dans cette grande tradition et si l’idée de base est inédite dans ses détails, le principe général du film est lui assez classique.

Tout se joue donc sur la fin. Heureusement, le dernier rebondissement est à la fois inattendu et convaincant. Il fait définitivement basculer le film du côté de la réussite et donne une toute autre ampleur au scénario. On tient là une bonne histoire, du début à la fin, qui nous tient plus en curiosité qu’en haleine, mais qui en tout cas, nous maintient loin de l’ennui et suscite même chez le spectateur un réel intérêt et une vraie impatience de connaître le dénouement.

Sans cela Looper aurait été vraiment raté, car c’est avant tout sur son scénario qu’il repose. On se situe dans un futur très proche. Du coup, rien de très spectaculaire niveau progrès technologiques ou anticipation de nos futurs modes de vie. Le scénario alterne scènes d’action et avancées de l’intrigue, mais ne tombe jamais dans la surenchère visuelle. On est plus dans l’ambiance d’un film noir, et certainement pas dans un space-opera. Le voyage temporel est un prétexte pour développer une histoire complexe et faire vivre des personnages, pas simplement contenter les amateurs de science-fiction pure et dure.

looperLa réalisation est donc plutôt sobre et totalement au service de l’histoire. C’est là que réside la principale limite de Looper qui ne dépasse pas à cause de cela le stade de divertissement très réussi. Il n’y a pas là matière à film culte, comme Blade Runner ou Minority Report. Il lui manque un brin d’esthétisme qui aurait pu pourtant coller avec l’ambiance parfois assez sombre. Mais ceci n’est qu’un léger regret car, encore une fois, on est assez pris dans l’histoire tout au long du film pour ne pas penser à tout ça et pour que le plaisir ne soit en rien gâché.

Le casting est très professionnel. Aussi bien Bruce Willis, que Joseph Gordon-Levitt et Emily Blunt s’acquitte de leur rôle de manière convaincante, sans y mettre cependant trop de génie. Mais là aussi, c’est aussi avant tout parce que c’est l’intrigue qui compte avant tout et la sobriété de leur jeu leur permet simplement d’être au service de l’histoire et c’est sans doute mieux comme ça.

Au final Looper restera un des bons moments de science-fiction de cette année 2012. Il ne restera peut-être pas à jamais dans les annales du genre, mais prouve que les voyages dans le temps ont de quoi nous réserver encore bien d’autres bons moments.

Fiche technique :
Production : DMG Entertainment, Endgame, FilmDistrict, Ram Bergman productions
Distribution : SND
Réalisation : Rian Johnson
Scénario : Rian Johnson
Montage : Bob Ducsay
Photo : Steve Yedlin
Décors : Ed Verreaux
Musique : Nathan Johnson
Durée : 110 mn

Casting :
Joseph Gordon-Levitt : Joe
Bruce Willis : Joe, plus vieux
Emily Blunt : Sara
Paul Dano : Seth
Noah Segan : Kid Blue
Piper Perabo : Suzie
Jeff Daniels : Abe
Qing Xu : la femme de Joe

LA TRILOGIE DE L’EMPIRE, TOME 2 : PAIR DE L’EMPIRE (Raymond E. Feist et Janny Wurts) : Réussite continue

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pairdelempireSuite de mon exploration du monde crée par Raymond E. Feist avec ce La Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire. Ou plutôt les mondes, puisque l’intrigue continue de nous faire découvrir Kelewan, un royaume que le reste de son œuvre ne nous avait fait qu’entrevoir. Elle confirme surtout la richesse de cet univers et le talent incontestable de cet auteur qui sait éviter tous les pièges de la routine dans laquelle sombre certaine série.

Mara, la Dame des Acoma, a triomphé d’ennemis pour s’en faire d’autres encore plus déterminés. Chaque victoire semble se payer au prix d’une haine qui grandit et cherche l’anéantissement de son peuple. Mais le courage, l’imagination et l’intelligence dont elle a toujours fait preuve sont encore là pour assurer la survie et la prospérité de son royaume.

La Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire se situe vraiment dans la droite lignée du premier épisode. On pourrait y voir un signe de la routine que j’évoquais plus haut. Mais routine rime généralement avec ennui et lassitude et là, rien de tout cela ! Ce roman reste aussi passionnant que le premier et on prend un plaisir immense à continuer à suivre le cheminement de ces personnages et les intrigues auxquels ils sont mêlées.

La Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire nous plonge donc une nouvelle fois dans les intrigues de cour, les manipulations politiques et la diplomatie un couteau à la main. Cependant, ce deuxième volet laisse plus de place au terrain militaire et globalement à l’action. Il nous offre quelques belles scènes de batailles et d’affrontements sanglants. Les combats que mènent Mara sont des combats à mort, puisque ses ennemis ne cherchent pas moins que son anéantissement.

Si le premier tome pouvait vraiment se lire indépendamment du reste de l’œuvre de Raymond E. Feist, La Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire fait nettement plus de ponts avec les évènements d’autres roman de cet auteur, notamment Milamber le Mage. Cependant, je pense que ne pas l’avoir lu ne constitue pas un obstacle insurmontable, car cela reste quand même largement accessoire et ne nuit en rien à la compréhension de l’intrigue principale.

La Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire brille par les mêmes qualités que le reste de l’œuvre de Raymond E. Feist. Déjà, la capacité à nous offrir des intrigues qui proposent toujours un vrai suspense et crée une tension narrative constante tout au long du récit. Tout ceci est renforcé par la galerie de personnages particulièrement réussie qui peuple cette histoire. On s’y attache un peu plus à chaque page, au fur et à mesure que l’on apprend à comprendre cette civilisation si particulière. Cela donne un petit plus d’humanité à cet univers d’heroic fantasy.

Enfin, la Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire confirme que Raymond E. Feist, avec ici en renfort Janny Wurts, possèdent une des plumes les plus claires de cet univers littéraire. Malgré la richesse de son imagination, le nombre important des personnages et les intrigues croisées (même si ici le récit est peut-être plus linéaire qu’à l’habitude), jamais le lecteur ne se sent perdu. Il ne délaye pas son propos, ce qui le rend toujours parfaitement compréhensible. C’est une qualité qui fait vraiment la différence dans ce domaine où la concurrence est rude.

Le deuxième tome d’une trilogie est souvent un moment faible. Avec la Trilogie de l’Empire, tome 2 : Pair de l’Empire, il n’en est rien. Le rythme ne faiblit pas par rapport au premier volet et nous rend particulièrement impatient de découvrir le dernier.

LE JOUR DES CORNEILLES : Cocorico !

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lejourdescorneillesafficheL’animation française s’est toujours démarquée par une certaine ambition et surtout un refus d’être cantonnée aux bonnes attentions sirupeuses à la Disney. Nos petites têtes blondes ont droit ainsi à autre chose que des gentils très gentils et des méchants très méchants. Le beau succès du dernier Kirikou montre que ce genre possède bien son public dans notre pays et ce grâce à ses qualités. Une nouvelle preuve est fournie par la très grande qualité de Le Jour des Corneilles, qui séduira petits (enfin pas trop quand même) et grands.

Une jeune garçon vit seul dans la forêt avec son père. Il ne peut en sortir sous peine de disparaître à jamais lui dit-on. Il mène une vie dure, sous les ordres de son géniteur qui lui prodigue plus d’ordres que d’affection, sans même parler de compliments. Ses seuls compagnons sont des personnages muets à tête d’animaux. Parmi eux, sa mère, auprès de laquelle il recherche souvent le réconfort. Un jour son père se blesse et se retrouve inconscient. Cherchant de l’aide auprès de ses amis, il se voit conseiller quelque chose qui lui semblait jusqu’à présent inconcevable : aller chercher de l’aide en dehors de la forêt.

Le Jour des Corneilles est un film très riche, que l’on peut rattacher à bien des références : Princesse Mononoke, le Village, Tu Seras Mon Fils… Bref un mélange de thématiques et d’idées pas forcément hyper originales, mais que l’on ne s’attendait pas forcément à voir associées, surtout dans un film d’animation. Si le ton a un côté enfantin, beaucoup de sujets abordés pourraient l’être dans des œuvres pour adultes. Ceci est tout à fait compréhensible quand on sait que le roman dont le film est tiré ne s’adresse pas spécialement aux enfants.

Le rapport père-fils, la mort, voilà des sujets que l’on ne voit que rarement chez Disney. Mais le Jour des Corneilles a la bonne idée de prendre les enfants pour des spectateurs comme les autres, capables de comprendre les choses de la vraie vie vraie. Certes, l’intrigue n’est pas spécialement complexe et certains personnages ont une psychologie guère subtile. Mais le tout possède quand même une épaisseur que pourrait lui envier bien des longs métrages pour adultes, tournés avec de vrais acteurs. Bref, ce film est familial, mais sans aucune connotation négative.

Le Jour des Corneilles mêlent donc avec beaucoup de bonheur le rire et les larmes. Il n’y a pas à proprement parler de gags, mais les possibilités offertes par l’animation sont utilisées pour insuffler de la fantaisie et de l’imagination. Les lois de la physique sont presque respectées, même si quelques bons entre les arbres ne seraient guère possibles dans le monde réel. Les aspects plus dramatiques ne traumatiseront pas outre mesure les plus sensibles de nos petites têtes blondes, mais procurent à cette histoire une vraie force et surtout un réel intérêt, même pour un public adulte.

lejourdescorneillesLe Jour des Corneilles se démarque aussi grâce à un graphisme vraiment superbe. Il allie une animation fluide (mais pas totalement parfaite) avec une vrai personnalité graphique. Cela n’a pas la froideur de l’image de synthèse. Il s’agit de vrais dessins d’artiste, ce qui donne une vrai chaleur à ce film d’animation qui n’est pas rétro, mais tout simplement beau. A ce niveau là, seul un Miyazaki peut rivaliser !

Le casting voix est très prestigieux avec un trio Jean Réno, Laurant Deutsch, Isabelle Carré qui s’acquitte de sa tâche avec application et talent. Mais la petite touche d’émotion vient de la présence du très regretté Claude Chabrol qui offre là peut-être sa dernière contribution au cinéma français.

Le Jour des Corneilles est sans doute le meilleur film d’animation de l’année. Et il vient de chez nous ! Cocorico !

Fiche technique :
Production : Finalement, Max films, Melusine Productions, Walking the dog, Folimage, Je Suis Bien Content, uFilm, Gebeka films
Distribution : Gebeka Films
Réalisation : Jean-Christophe dessaint
Scénario : Amandine Taffin, d’après l’oeuvre de Jean-François Beauchemin
Montage : Opportune Taffin
Décors : Pascal Gerard
Son : Loïc Prian, Damien Boitel
Musique : Simon Leclerc
Directeur artistique : Patrice Suau
Durée : 96 mn

Casting :
Jean Réno : le père Courge
Lorànt Deutsch : le fils Courge
Isabelle Carré : Manon
Claude Chabrol : le docteur
Bruno Poladylès : l infirmer, le vieux Ronce
Chantal Neuwirth : la vieille Ronce

HOLD THIS GHOST (Musée Mécanique) : Mécanique agréable

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holdthisghostmuseemecaniqueDécidemment, mes découvertes musicales ne me pousse pas vers des groupes énervés et bruyants ces derniers temps. Après les très calmes Midlake, voici les très paisibles Musée Mécanique. J’aurais d’ailleurs pu faire un copier-coller entre mes deux avis, car les points communs sont nombreux. Notamment une certaine monotonie, mais qui ne retire rien au fait que cet album, intitulé Hold This Ghost, reste très agréable à écouter.

Musée Mécanique est un groupe américain, comme son nom ne l’indique pas. Ils sont originaires de Portland si on veut être vraiment précis. Hold This Ghost constitue leur premier album, sorti en 2008 aux Etats-Unis, un peu plus tard en Europe. Un second album est prévu pour 2013 et devrait s’intituler From Shores of Sleep. Le groupe a été crée à l’initiative de son chanteur et auteur des textes, Micah Rabwin.

Si je dois vraiment faire une distinction entre The Courage of Others de Midlake et ce Hold this Ghost de Musée Mécanique, je parlerais de la voix du chanteur. Et la comparaison est clairement à l’avantage des artistes qui nous intéressent aujourd’hui. Si les deux formations nous offrent essentiellement des ballades, Micah Rabwin fait la différence par la personnalité que son chant apporte. Elle n’est pas qu’un support au texte, mais constitue réellement un instrument supplémentaire avec lequel il sait parfaitement jouer. Rien d’inoubliable, mais ce petit supplémentent de chaleur et de profondeur qui fait la différence, surtout dans ce style musical.

Ensuite, on peut mener l’éternel débat, vaut-il mieux un album varié dans la médiocrité ou monotone dans la qualité ? Evidemment, on a envie de choisir la seconde option et ainsi défendre ce Hold This Ghost. Certes, il existe une troisième possibilité, varié dans la qualité, mais ce n’est pas le sujet ici. Il est vrai que tous les morceaux pris individuellement de cet album, à part peut-être The Things That I Know, s’écoutent avec grand plaisir. Mais à la suite, à la septième ou la huitième plage, on commence à trouver que Musée Mécanique a quelque peu fait le tour de son sujet. Heureusement, les trois derniers morceaux sont parmi les meilleurs et on reste quand même globalement sur une note plutôt positive.

On peut tout de même avoir quelques regrets puisque le titre le plus énergique de Hold This Ghost, Sleeping in Our Clothes, est vraiment sympathique et réussi. On se dit donc qu’ils auraient pu nous en proposer quelques uns sur le même tons. Surtout qu’avec seulement dix morceaux, il y avait encore de la place sur cet album. Cela peut cependant se révéler prometteur pour le reste de leur carrière. En attendant, on retiendra aussi Somehow Bound et Nothing Glourious qui constituent pour moi les deux meilleures ballades de cet album.

Hold This Ghost de Musée Mécanique peut donc être conseillé à tous les amateurs de musique douce. Certes, on a déjà fait bien mieux dans le genre, mais encore une fois, la voix de Micah Rabwin est suffisamment intéressante pour valoir une écoute qui ne cantonne pas cet album au rôle de musique de fond ou d’ambiance.

Pour finir, regardons de plus près les morceaux qui composent ce album

1.: Like Home
Une voix murmurée sur une musique très douce.

2.: Two Friends Like Us
Une voix plus en avant. Une ballade douce qui coule agréablement.

3.: The Propellers
Un ton plus sombre, accompagné d’une instrumentation plus appuyée.

4.: The Things That I Know
Un titre assez transparent.

5.: Fits and Starts
Plus dynamique, mais tourne un peu en rond.

6.: Somehow Bound
Une belle ballade qui dégage une vraie émotion.

7.: Under Glass
Un joli morceau, pas bon toujours pas de renouvellement à l’horizon.

8.: Sleeping in Our Clothes
Plus de dynamisme et c’est tout de suite pas mal.

9.: Nothing Glorious
Une ballade douce, où la voix nous murmure à nouveau à l’oreille.

10.: Our Changing Skins
Très doux, très épuré, un rien évaporé pour un assez beau au revoir.

SKYFALL : James Bond est éternel

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skyfallafficheJ’ai régulièrement introduit des critiques ces derniers temps en parlant de la difficulté de relancer une franchise pour un troisième épisode. Alors que dire d’une franchise qui affiche 50 ans au compteur et qui en est à son 23ème épisode. Mais voilà, James Bond n’est pas une franchise comme les autres. Ou plutôt c’est la franchise qui a crée un mythe, une légende qui dépasse largement le cadre du 7ème art. Un personnage éternel qui confirme avec ce merveilleux Skyfall qu’il sait se réinventer encore et encore.

En mission à Istanbul, James Bond est à la poursuite d’un tueur qui vient de dérober un disque dur sur lequel se trouve le nom de tous les agents occidentaux infiltrés dans une organisation terroriste. Les deux hommes finissent par se battre sur le toit d’un train. La coéquipière de 007 les a en ligne de mire, mais le tir n’est pas sûr. M lui ordonne alors de faire feu quand même. Malheureusement, c’est Bond qui est touché…

Voilà, je vous ai raconté ce qui se passe avant le générique et c’est tout. De toute façon, dans un James Bond, il ne faut jamais aller au-delà, sinon on gâche le plaisir. Et encore plus dans Skyfall qui n’est certainement pas un épisode comme les autres. Pas simplement parce que c’est un des meilleurs de l’histoire. Non, parce qu’il est foncièrement différent, parce qu’il nous raconte autre chose, tout en étant celui qui fait renaître toutes les traditions le plus anciennes.

Avec Casino Royale, James Bond était reparti de zéro et cela avait apporté un vrai vent de fraîcheur et de renouveau. On nous racontait en quelque sorte comment James Bond avant James Bond. Mais Quantum of Solace qui a suivi s’est montré profondément décevant, preuve que le processus n’était pas arrivé à son terme. Alors, les auteurs ont remis le fer sur l’ouvrage et on donné naissance à Skyfall, le premier James Bond qui nous parle de qui est cet homme sous le smoking d’agent secret. Ce film n’est rien une analyse psychologique profonde, mais enfin, après 23 films, on nous fait découvrir ce qu’il y a derrière ce vernis de perfection. Pour la première fois, on ne fait pas que l’admirer, mais on le comprend. Sans rien dévoiler de la fin, cette dernière nous laisse avec la sensation que, oui, cette fois, James Bond est bien de nouveau James Bond. D’ailleurs, les amateurs de 007 remarqueront la caractéristique que partage Casino Royale et Skyfall quant à leurs génériques, détail particulièrement révélateur !

Bien sûr, entre temps, il y a un film d’espionnage. Si James Bond a toujours été plutôt proche du film d’action spectaculaire, avec moult poursuites, fusillades, cascades et autres gadgets. Cette fois-ci, c’est plutôt du film noir que Skyfall se rapproche. On n’est pas tout à fait dans du John Le Carré, mais presque. Le choix de Sam Mendes à la réalisation, pas vraiment un habitué des films d’action, pouvait surprendre, mais il prend finalement tout son sen. Encore une fois, les personnages prennent ici le pas sur les péripéties. Mais rassurez-vous, vous en aurez tout de même votre ration de grand spectacle avec un final particulièrement réussi. Cependant, la franchise a définitivement tourné le dos à la surenchère qui a caractérisée les années Brosnan et qui s’était achevé avec une voiture invisible. Il y a un vrai retour au sources, une réinvention de la mythologie, une exploration de son origine. Et dieu que c’est bon !

skyfallCette fois, promis, je ne médirai plus jamais sur Daniel Craig. Certes, il est blond… mais il est James Bond, définitivement… Skyfall, par la nature même de ce film, le fait incarner le personnage comme Sean Connery n’a jamais eu l’occasion de le faire. Il n’est pas que le justicier, que le super espion, mais il est aussi l’homme, ce qui lui confère une dimension supplémentaire. En face de lui, un Javier Barden dont le rôle est au final presque secondaire, mais qui nous offre une des scènes les plus mémorables de la saga, avec un dialogue que l’on aurait certainement pas entendu dans les années 60. Quant aux James Bond Girls, celles de ce film ne rentreront certainement pas dans la légende. Un James Bond pas comme les autres, on vous dit…

James Bond est donc toujours là et bien là ! Skyfall nous fait même penser qu’il est plus jeune que jamais, avec ce film surprenant qui, après 50 ans d’admiration, nous fait enfin aimer l’agent 007.

Fiche technique :
Production : Eon Productions, MGM, Sony Pictures Entertainment
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Sam Mendes
Scénario : Neal Purvis, Robert Wade, John Logan
Montage : Stuart Baird
Photo : Roger Deakins
Décors : Dennis Gassner
Musique : Thomas Newman, chanson : Adèle
Durée : 143 mn

Casting :
Daniel Craig : James Bond
Judi Dench : M
Javier Bardem : Silva
Ralph Fiennes : Gareth Mallory
Naomie Harris : Eve
Bérénice Marlohe : Séverine
Ben Whishaw : Q
Albert Finney : Kincade
Ola Rapace : Patrice

ASTERIX ET OBELIX : AU SERVICE DE SA MAJESTE : Not so good, not so bad

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asterixetobelixauservicedesamajesteafficheDans l’histoire des bonnes idées que j’ai pu avoir, il y a eu une qui fut particulièrement bonne : ne pas aller voir Asterix aux Jeux Olympiques. En effet, échaudé par un Bronzés 3 qui s’est révélé être avant tout un grand foutage de gueule, j’avais pris la résolution ferme et définitive de ne pas me faire avoir deux fois par les sirènes du marketing. C’est donc avec beaucoup de méfiance que j’ai vu arriver ce quatrième volet, Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté. Mais les critiques plutôt positives m’ont finalement décidé à m’y rendre. Et au final, je ne regrette pas, même s’il y a bien des critiques à formuler.

Jules César a décidé d’écrire lui-même une nouvelle page de sa légende en envahissant ce qui n’est pas encore la Grande-Bretagne. En attaquant à l’heure du thé, il conquière rapidement l’ensemble de la contrée, sauf un village qui résiste. La Reine qui s’y trouve se résout à envoyer son émissaire, Jolithorax, demander de l’aide au village gaulois qui connaît cette même situation depuis des années, grâce à sa fameuse potion magique.

On le sait, une bonne comédie dure 1h30. C’est généralement amplement suffisant et chaque minute en plus est une minute en trop, minant ce qui représente la base du rire en cascade, le rythme. Mais voilà, Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté dure 1h50, soit vingt minutes de trop. Bon, vous me direz, Asterix et Obelix : Mission Cléopâtre faisait exactement la même durée, mais je ne vais pas me laisser démonter par un tel argument. Ce 4ème épisode est sympathique, mais un peu trop poussif pour être totalement réussi.

Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté est drôle, mais par intermittence. Les bonnes idées, les moments potentiellement cultes se retrouve un peu noyés au milieu de longueurs désagréables. Même les scènes les plus réussies auraient pour la plupart gagnées à être légèrement raccourcies. Il faudrait un jour que les réalisateurs de comédies françaises comprennent que l’humour n’est pas une variable cumulative et qu’un effet amusant qui dure longtemps n’en devient pas pour autant hilarant. Enfin globalement, le film se défend et pourra joyeusement égayer une soirée pluvieuse passée devant le petit écran. Par contre, que le film soit à la hauteur du mythe reste un autre problème bien plus délicat.

Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté reste une grosse production et les moyens ont été mis pour qu’il soit visuellement convaincant. Les anachronismes fonctionnent assez bien parce que les décors sont soignés, tout comme les costumes et les effets spéciaux. Bon ces derniers ne sont pas au top de la technologie, mais bien suffisant pour une pure comédie. L’univers visuel respecte celui de la BD sans chercher forcément à coller à 100%. Il s’agit d’une adaptation, on ne peut atteindre le même degré de fidélité qu’avec un dessin-animé.

asterixetobelixauservicedesamajesteAu final, ce qui fait qu’Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté est un film ni bon, ni mauvais reste la performance d’Edouard Baer. Non qu’il ne soit pas bon, cela est impossible. Mais il se retrouve quand même pris entre deux feux. D’un côté, il nous livre son numéro habituel d’ahuri lunaire. Mais de l’autre, il doit bien quand même un minimum respecter un personnage faisant à ce point partie du patrimoine culturel national. Du coup, on sent qu’il joue avec le frein à main et il n’est pas évident qu’au final ce changement de casting constitue vraiment un plus. Au moins, en Otis, il pouvait s’en donner à cœur joie pour notre plus grand bonheur.

Le reste du casting est prestigieux et tout le monde semble s’amuser comme des petits fous. Gérard Depardieu joue quand même particulièrement les crétins. Une second nature peut-être. Fabrice Luchini arrive à ne pas en faire des tonnes en Jules César. Guillaume Galienne parvient lui aussi à ne pas trop cabotiner. Enfin, pas trop… Mais la vraie star des seconds rôles reste Valérie Lemercier, qui ne perd rien de son potentiel comique au fur et à mesure des années.

Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté n’est sûrement pas aussi réussi qu’il aurait pu l’être. On peut disserter sur le sujet ou simplement se contenter de passer tout de même un bon moment devant une comédie distrayante, mais certainement pas mythique.

Fiche technique :
Production : Cinetotal, Fidélité Films, SCOPE Pictures, Film Kairòs, Morena Films, Wild Bunch
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Laurent Tirard
Scénario : Laurent Tirard, Grégoire Vigneron, d’après les albums de Goscinny et Uderzo
Montage : Valérie Deseine
Photo : Catherine Pujol, Denis Rouden
Décors : Françoise Dupertuis
Musique : Klaus Badelt, Casanova (BB Brunes)
Directeur artistique : Zsuzsanna Borvendég, Lionel Mathis, Étienne Rohde
Durée : 109 mn

Casting :
Edouard Baer : Astérix
Gérard Depardieu : Obélix
Guillaume Gallienne : Jolitorax
Vincent Lacoste : Goudurix
Valérie Lemercier : Miss Macintosh
Fabrice Luchini : Jules César
Catherine Deneuve : Cordelia, la reine d’Angleterre
Charlotte Le Bon : Ophélia
Dany Boon : Teledepiaf

THE COURAGE OF OTHERS (MIdlake) : On ne peut pas tout avoir dans la vie

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thecourageofothermidlakeAu grand jeu « devine la nationalité du groupe inconnu que tu écoutes », j’ai encore perdu. Je vais vous parler cette fois-ci d’un groupe texan, mais qui ne sonne pas du tout comme ZZ Top. Leur page Wikipedia signale d’ailleurs en introduction, que ce soit en anglais ou en français, qu’il connaît un certain succès en Europe, ce qui n’est guère étonnant puisque ce The Courage of Others de Midlake propose un son très continental. Mais surtout un son pas désagréable, même si un peu monotone au final.

Midlake est donc originaire de Denton au Texas. A l’origine, en 1999, il s’agit d’une formation de jazz universitaire. Puis leur style a évolué vers l’indie rock (c’est à dire avec des claviers très présents) pour aboutir à leur premier album, sorti en 2004, Barman and Silvercork. Puis le groupe a pris un nouveau virage vers un rock plus classique dans leur album The Trials of Van Occupanther (2006). Leur troisième et dernier album, The Courage of Others, est quant à lui sorti en 2010.

The Courage of Others est essentiellement composé de ballades. A tel point qu’on se dit que la description pourrait parfaitement s’arrêter là. Car en plus de cela, le ton ne varie pas énormément au fil de l’album, même si les titres sont plus ou moins sombres, plus ou moins mélancoliques. Il en ressort une certaine impression de monotonie et au bout de 11 plages, on se dit qu’on a bel et bien fait le tour de la question et qu’il est temps de passer à autre chose.

J’estime pourtant que The Courage of Others reste un bon album. Certes, les titres se ressemblent tous plus ou moins, mais ils sont tous de bonne qualité. Seul Bring Down est un peu plus en retrait et The Courage of Others s’écoute un peu agacé devant le manque de renouvellement (mais ça n’enlève rien à sa qualité dans l’absolu). Le reste est composé de ballades parfaitement maîtrisées, pas forcément hyper originales, mais qui dégagent tout de même une réelle émotion.

En fait, The Courage of Others possède une certaine personnalité grâce à la voix de Tim Smith. Une voix profonde et chaude, assez reconnaissable pour que la musique de Midlake se distingue quelque peu de la concurrence. On ne tient pas là un organe aux qualités exceptionnelles, mais qui s’écoute avec beaucoup de plaisir et n’apparaît pas comme un produit marketing formaté. Il attire l’oreille et la curiosité dès les premières notes de l’album et si la monotonie finit par user notre capacité d’attention, on aura tout de même passer un moment agréable.

The Courage of Others peut donc s’écouter lors d’envie de fond sonore calme et mélodieux. Les instrumentations sont souvent assez épurées, avec une batterie qui ne fait que des apparitions discrètes, mais souvent remarquées. Certains titres ont un léger côté ballade irlandaise, qui m’aurait fait jurer qu’on avait affaire à un groupe européen. La musique de Midlake confirme au final qu’il s’agit d’un langage universel qu’on a toujours tort de vouloir enfermer dans des boîtes ou des catégories trop rigides.

The Courage of Others est donc un album qui pêche par une certaine monotonie, mais qui brille par une constance dans la qualité. Bref, on ne peut pas tout avoir dans la vie.

Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.

1.: Acts Of Man
Une introduction douce et mélancolique, où la voix monte doucement.

2.: Winter Dies
Un petit côté ballade irlandaise.

3.: Small Mountain
Une ballade où la voix est parfaitement mise en valeur.

4.: Core of Nature
Un peu plus d’énergie dans cette ballade aux élans symphoniques.

5.: Fortune
Une ballade maîtrisée sur le ton d’une berceuse.

6.: Rulers Ruling All Things
Une instrumentation plus présente pour un ton plus sombre.

7.: Children of the Grounds
La voix est plus poussée, plus de conviction, son plus rock.

8.: Bring Down
Un titre un peu lancinant.

9.: The Horn
Un ton plus sombre avec une voix plus grave et plus profonde.

10.: The Courage of Others
Ballade très épurée mais qui nous fait penser que l’album est un peu à bout de souffle.

11.: In the Ground
Une conclusion dans la lignée du reste de l’album.