LE SOURIRE DE L’ATHLE

vlasicberlin

vlasicberlinLes Championnats du Monde d’athlétisme se sont achevés hier et ils resteront marqués par un fort esprit de fair-play. Et évidemment, on ne peut que s’en réjouir !

Usain Bolt est bien sûr la grande star de cette compétition. Par ses résultats et ses records, mais aussi par son attitude qui semble contaminer l’ensemble des athlètes. Quelle décontraction chez ce garçon ! Malgré son statut de star planétaire, il ne semble pas oublier que c’est avant tout un jeu. Il s’amuse sur la piste et surtout avec ses adversaires. Jamais ses mimiques ne sont méprisantes. Au contraire, il n’hésite pas à les y associer et à discuter avec eux jusqu’à quelques secondes avant le départ. Quelle métamorphose par rapport à l’époque de Maurice Greene ! L’époque des « pitbulls » au regard de tueur, fermé et agressif, est bel et bien révolue !

Quel merveilleux spectacle fut ainsi le concours de saut en hauteur féminin. En plus du suspense et du niveau très élevé, il a été marqué par l’expressivité des participantes qui n’ont pas hésité à jouer avec le public. Et l’image de Ariane Friedrich, pourtant favorite chez elle, à Berlin, et forcément déçue par sa médaille de bronze, tapant dans les mains avec le public pour encourager sa rivale dans sa tentative contre le record du monde, le tout avec un immense sourire aux lèvres, fut une des plus belles de ces mondiaux.

Un mot justement sur cet extraordinaire public berlinois. Certes, les gradins furent quelques fois un peu clairsemés, mais ceux qui étaient là eurent un comportement remarquable. Quel silence lorsqu’un athlète demandait au public de se taire pour l’aider à se concentrer ! Cela était particulièrement impressionnant à la télévision, paraît-il que cela était à peine croyable depuis l’intérieur même du stade. La légendaire discipline allemande y est sûrement pour beaucoup, mais elle s’est manifestée ici par une immense marque de respect envers les athlètes, tous les athlètes.

mesnilberlinPour finir, un mot sur Romain Mesnil. Rappelez-vous, il avait couru nu dans les rues de Paris pour dénoncer son absence de sponsor il y’a même pas un an. Le voilà avec une seconde médaille d’argent mondiale au saut à la perche. Cela fait déjà de lui un des athlètes français les plus titrés de l’histoire. Alors espérons que ce résultat lui fera gagner enfin le respect qu’il mérite, à l’instar de Bob Tahri. Certes, il nous a parfois déçu dans certaines compétitions par un mental friable. Mais tout de même, à la fin, lui coller un image d’éternel loser serait une regrettable injustice !

INGLORIOUS BASTERDS : Le génie, ça ne s’explique pas

inglouriousbasterdsaffiche

inglouriousbasterdsafficheLe génie peut-il s’expliquer… Il n’est pas très difficile d’expliquer pourquoi quelque chose est excellent, brillant, intéressant, beau, voire même splendide. Mais comment faire comprendre pourquoi quelque chose est génial. C’est à dire que quelque chose transcende tous les critères objectifs pour nous offrir un moment de bonheur, de grâce, d’éternité artistique ! Quentin Tarantino fait partie des rares êtres humains capables de nous offrir de tels moments. Avec Inglourious Basterds, il nous livre une dernière heure qui fera date dans l’histoire du cinéma.

Dans la France occupée par les Nazis, un groupe de commandos, composé en grande partie de juifs américains, sème la terreur dans les rangs de la SS. Leur particularité, faire preuve de cruauté pour se forger une terrible réputation, acquise notamment par le scalp de leurs victimes. Pendant ce temps, à Paris, une grande première cinématographique se prépare avec tout le gratin nazi… et peut-être même le Führer en personne. Mais sans le savoir, Goebbels choisit un cinéma tenue par une juive, dont le frère avait été massacré sous ses yeux par le terrible Hans Landa, le « chasseur de Juifs ».

Comme beaucoup de Tarantino, Inglourious Basterds est proche du film à sketches. Les scènes sont très peu nombreuses et chacune est presque un court métrage à elle toute seule. Cependant, contrairement à Pulp Fiction, il y’a une vraie intrigue qui lie tous les évènements, tous les personnages, pour un final… Mais j’y reviendrai.

L’admiration que j’éprouve pour Tarantino est sans limite. Il est pour moi, d’un point de vue purement technique, le plus grand réalisateur de l’histoire avec Welles et Kubrick. Le seul « bémol » que j’apporterais à ce jugement par rapport à ses glorieux prédécesseurs est que, même si son œuvre balaye des genres très divers, il existe une patte Tarantino, qui fait que l’on différencie ses œuvres du premier coup d’œil. Inglourious Basterds n’échappe pas à la règle. Les interminables dialogues qui précèdent un déluge de feu et de sang restent bien sûr la figure la plus caractéristique de son art.

Mais quand on fait si bien quelque chose, pourquoi s’en priver. Quand on porte l’art de la réalisation, de la photographie, de la composition de l’image, du montage aussi haut, il est difficile de formuler réellement des reproches. Et comme d’habitude, en ce qui concerne l’utilisation de la musique, on touche au sublime, même si Inglourious Basterds est sans doute le film de Tarantino où elle est le moins omniprésente. Mais tout de même, le générique n’a pas commencé depuis trois secondes, que l’on se dit déjà que la musique que l’on entend est LA musique qui devait être là, à cet instant, sur cette image… Pourquoi, on ne le sait pas, mais on le sait, c’est tout.

inglouriousbasterdsTarantino est aussi connu pour sa capacité à diriger les acteurs comme personne. Il n’y a qu’à voir combien les acteurs se battent pour un rôle dans un de ces films pour s’en rendre compte. Dans Inglourious Basterds, la star, ce n’est pas Brad Pitt… qui tient pourtant là un des rôles les plus marquants de sa carrière. Non, il s’agit bien de Christoph Waltz, récompensé à Cannes. Mais comment Quentin Tarantino a-t-il eu cette idée parmi les plus géniales de la longues histoire des idées géniales d’aller chercher cet acteur totalement inconnu ? Sa prestation demanderait d’inventer de nouveaux superlatifs, tant le mot extraordinaire semble bien faible pour la décrire.

Mais soyons chauvin et glissons donc un mot sur Mélanie Laurent. Elle figure depuis un moment déjà parmi les valeurs sûres du cinéma français. Mais franchement, on ne l’imaginait pouvoir dégager un tel charisme et une telle présence à l’écran. Evidemment, le talent de direction de maître Tarantino y est forcément pour beaucoup, mais il serait injuste d’ôter tout mérite à la belle Mélanie.

Mais Inglorious Basterds marquera les mémoires pour le moment de bonheur cinématographique inoubliable, sublime, fantastique, grandiose… que constitue la dernière heure de ce film. Une longue scène qui fait du cinéma bel et bien le 7ème art, non un simple divertissement. Tarantino nous y offre un des plans les plus… En fait, à ce niveau, il n’y a même plus de mot. Ces quelques secondes, vision apocalyptique sublime, dégageant une force incroyable, vous laissent dans un état second, un de ces moments où vous faites corps avec ce qui se passe à l’écran, où la frontière entre la réalité de la salle et les images qui défilent n’existe plus. Un moment où vous oubliez que vous êtes au cinéma, vous oubliez que ce n’est qu’un film, où vous oubliez tout…

Alors, un seul conseil, n’oubliez pas d’aller voir Inglourious Basterds.

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company, A Band Apart Pictures, Universal Pictures, Lawrence Bender prod.
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Montage : Sally Menke
Photo : Robert Richardson
Décors : David Wasco
Distribution : Universal Pictures International France
Musique : Ennio Morricone, David Bowie, Charles Bernstein, Elmer Bernstein, The Arrows, Gianni Ferrio
Effets spéciaux : John Dykstra
Costumes: Anna B. Sheppard
Durée : 148 mn

Casting :
Diane Kruger : Bridget von Hammersmark
Christoph Waltz : Hans Landa
Melanie Laurent : Shosanna Dreyfus
Eli Roth : Sgt Donnie Donowitz
Mike Myers : Général Ed Fenech
Brad Pitt : Lt Aldo Reine
Daniel Brühl : Frédérick Zoller
Jacky Ido : Marcel
Michael Fassbender : Lt Archie Hicox 

 

3ème NAISSANCE

plume

plumeVoilà donc la version 3 de mon site Internet ! Frontpage est mort, vive Joomla !

Qu’est ce qui m’a donc poussé à consacrer une partie de mes vacances à retravailler un site que j’ai, il faut bien l’avouer, plutôt négligé depuis mon élection au Conseil Municipal et depuis que j’écris de longues critiques ciné sur Ciao. Ce n’est pas forcément l’envie qui me manquait, plutôt un manque de temps. Vais-je en trouver plus désormais, ça on verra bien.

Mon amour de l’écriture est indéniable et fait intimement partie de moi. Je ne manque pas d’occasion de l’assouvir que ce soit dans mon boulot, dans le cadre de mes activités politiques ou pour mes critiques cinés. Cependant, je me suis quelque peu enfermé dans ces cadres là dont aucun ne représente un réel espace de liberté. Du coup, cela a abouti à un fort sentiment de frustration que cette nouvelle version de mon site sera l’occasion d’apaiser.

Peut-être ferai-je mieux de me consacrer enfin sérieusement à une écriture plus « littéraire ». Ce n’est là encore une fois ni l’envie, ni les idées qui me manquent, mais encore plus qu’un manque de temps, un manque de courage face à l’investissement que cela nécessite. A 30 ans, n’avoir pondu que deux nouvelles et un poème (j’ai bien écrit et terminé d’autres trucs, mais que je ne peux ou ne souhaite pas faire lire) ne fait pas de moi un écrivain très prolifique. J’ai bien sur mon disque dur quelques débuts de romans, ou au moins de longues nouvelles, mais au rythme d’un paragraphe par an, ce n’est pas prêt d’aboutir. Je ne renonce pas à m’y consacrer plus sérieusement, cependant, je ne suis pas sûr que cela soit jamais compatible avec mon emploi du temps.

Et puis, surtout, j’aurais bien du mal à abandonner ce site pour une raison plus personnelle. Une grande partie de son contenu est le résultat des deux ans de chômage qui ont suivi l’obtention de mon diplôme. Y consacrer du temps chaque jour a été important pour mon équilibre mental pendant ces longs mois d’inactivité. Et si jamais, mon site sombrait définitivement dans l’abandon, alors ces deux années seraient définitivement deux années perdues. Et ça, ce n’est pas quelque chose que je suis prêt à accepter !

A bientôt donc pour bien d’autres billets !

UMP : FERME TA GUEULE ET ALLIE-TOI

christineboutin

christineboutinLa direction de l’UMP a donc décidé de s’allier avec deux partis à l’apport intellectuel aussi riche et aux valeurs aussi saines que Mouvement Pour la France de Philippe De Villiers et Chasse Nature Pêche et Tradition de Frédéric Nihous. Cette phrase étant évidemment totalement ironique… C’est évidemment désolant…

Mais le plus désolant reste quand même que la seule personnalité de droite qui est ouvert sa gueule pour le déplorer soit… Christine Boutin. Je sais bien qu’après s’être faite jeter comme une malpropre du gouvernement, elle a une folle envie de taper sur la direction de l’UMP. Alors on peut comprendre que même la solidarité entre cathos anti-PACS ne joue plus ici. Mais qu’elle soit la seule ! Pendant ce temps-là, Bernard Kouchner, ce grand homme de gauche, continue de toucher sa paye de ministre…

Comparer la discipline qu’aucun dictateur n’espérerait, même en rêve, qui règne à l’UMP et le déchaînement passionnel que provoque la prononciation du mot « MODEM » dans n’importe quelle réunion du PS, il existe sûrement un juste milieu à trouver. Cependant, je suis quand même heureux de me situer du côté du libre-arbitre, du débat, même houleux, et du droit à avoir des convictions différentes du chef-Dieu-maître. C’est peut-être moins efficace en termes d’image, mais je n’ai pas vraiment de doute sur le côté qui apporte une vraie richesse intellectuelle et fait avancer l’humanité !

MYSTERIEUX MYSTERE

assouekotto

assouekottoJ’ai la prétention de connaître très bien le football. Mais quelques fois, j’avoue, il y’a certaines choses qui échappent à mon entendement…

Ce week-end, Tottenham a battu Liverpool grâce à un but de Benoît Assou-Ekotto, ancien Lensois, et Sébastien Bassong, ancien messin. Deux joueurs qui n’ont pas franchement laissé une empreinte indélébile dans le championnat de France.

Par contre, Liverpool laisse un trace indélébile dans le parcours européen des clubs français en Coupe d’Europe en les étrillant régulièrement. Donc soit les Français sont aveugles et ignorent nombre des pépites qui peuplent leur championnat, soit l’air de l’Angleterre fait courir plus vite… Ou peut-être que ce sont les salaires anglais qui sont plus motivants… Allez savoir !

LA CHAUSSETTE A TOUJOURS RAISON

chaussettes

chaussettesDans mon billet d’hier, je rappelais la valeur de la démocratie. Cependant, quelques fois, je m’interroge sur la capacité des citoyens à en faire usage. A côté de ça, ces mêmes citoyens sont les premiers à exprimer leur dégoût de la politique, faute à un « tous pourris ! ».

Nous avons eu de beaux exemples de comportements politiques indignes à Perpignan et à Aix. Des bulletins dans une chaussette d’un côté, des « provocations verbales » et « lien permanent entre propagande électorale et communication municipale » de l’autre. Résultat, deux élections annulées. Au début de l’été, ces deux communes ont revoté…pour des résultats identiques.

Je ne sais pas si tous les hommes politiques de haut niveau sont tous pourris. Certains le sont, c’est évident. Cependant, grâce à notre système démocratique, ce sont les citoyens qui les ont tous élus. Et on ne peut que constater (et regretter) que les électeurs ne donnent aucune raison à leurs édiles d’arrêter d’être pourris.

LES CROQ’RACLETTE AU POULET

INGREDIENTS

Selon les appétits, prévoir deux ou trois croques par personne. Si vous souhaitez revendre vos convives au poids en fin de repas, en prévoir quatre…

-2 tranches de pain de mie par croque
-1 blanc de poulet pour 3 croques
-3 tranches de raclette par croque
-du beurre
-du cumin

PREPARATION

-Beurrer une tranche de pain de mie sur deux

-Couper le poulet en tranche fine et dorer à la poële

-Mettre une tranche et demi de raclette sur la face beurrée, puis une tranche de poulet, puis une tranche et demi de raclette

-Saupoudrez les croque de cumin

-Recouvrir chaque croque de la deuxième tranche de pain de mie

-Mettre au four à 250°C pendant 15 minutes (surveillez régulièrement)

-Servir avec de la salade verte

MILLENIUM, TOME 2 : LA REINE DANS LE PALAIS DES COURANTS D’AIR (Stieg Larsson) : Le livre qui est le dernier et ce n’est pas juste

Milleniumtome3

Milleniumtome3Comme le veut l’expression, ce sont souvent les meilleurs qui partent les premiers. On pourrait proposer cette formule pour définir la carrière littéraire de Stieg Larsson, mort avant même la publication de l’œuvre qui allait faire de lui un des auteurs les plus lus de part le monde de cette décennie. Le destin de la trilogie Millénium est donc un des plus étonnants de l’histoire de la littérature. Surtout qu’il n’était pas du tout prévu que cela se limite à trois volumes. Mais une crise cardiaque en a voulu autrement et La Reine dans le Palais des Courants d’Air la conclura à jamais. Et vue la qualité du bouquin, on ne pourra que le regretter.

Lisbeth Salander a donc été sauvée de justesse par l’arrivée de Michael Blomkvist. La balle qu’elle a reçu en pleine tête n’a pas pénétré sa boîte crânienne et elle devrait s’en tirer sans séquelle. Malheureusement, son père a également a survécu au coup de hache que sa fille qui a infligé. Les voilà à deux chambres l’un de l’autre, encore trop faibles pour faire quoique ce soit. Mais au-dehors, l’agitation médiatique, policière et politique ne retombe pas et ils sont encore très nombreux à souhaiter voir Lisbeth disparaître de la circulation.

L’histoire de la Reine dans le Palais des Courants d’Air reprend donc exactement là où La Fille qui rêvait d’un Bidon d’Essence et d’une Allumette s’est arrêtée. Et ce qui semblait être la fin des malheurs de Lisbeth Salander n’est en fait que le début d’une nouvelle série. Mais cette fois, elle est trop faible pour repousser l’aide de Michael Blomkvist. On retrouve donc notre « couple » de héros unissant leurs efforts comme dans Les hommes qui n’aimaient pas les Femmes. Ils forment la pierre angulaire de Millenium, c’est sans doute pour ça que ce tome fonctionne bien mieux que le deuxième, où nos deux héros suivaient des chemins séparés.

La magie fonctionne donc à nouveau et s’achèvera dans une scène de procès qui constitue un moment de pure jouissance littéraire (le premier qui chante « même les draps s’en souviennent » sort tout de suite !). Il vient conclure un livre que l’on a forcément dévoré, tant les récits de Stieg Larsson sont captivants. Le terme prend ici réellement son sens tant on du mal à lâcher La Reine dans le Palais des Courants d’Air une fois que l’on est plongé dedans ! Mais bon, avoir pour geôliers Lisbeth Salander et Michael Blomkvist est une aliénation des plus agréables.

La Reine dans le Palais des Courants d’Air et la saga Millénium dans son ensemble nous auront donc fait rencontrer deux personnages parmi les plus extraordinaires de la littérature contemporaine. On peut déjà être sûrs qu’ils deviendront légendaires et que la frustration de ne pas les voir repartir pour de nouvelles aventures sera éternelle.

La Reine dans le Palais des Courants d’Air ne saurait donc manquer à toute bonne bibliothèque qui se respecte.

LE ROYAUME D’EPINES ET D’OS, TOME 2 : LE PRINCE CHARNEL (Greg Keyes) : Une suite qui ne déçoit pas !

leroyaumedepinesetdos2

leroyaumedepinesetdos2Ces derniers temps, je vous ai parlé de plusieurs séries d’heroic fantasy plutôt sympathiques. Mais là, on va changer de catégorie pour rentrer dans la catégorie super poids lourd avec le deuxième tome du Royaume d’Epines et d’Os : Le Prince Charnel. J’en profite au passage pour remercier ma meilleure amie qui après m’avoir fait découvrir le premier tome a eu l’excellente idée de m’offrir les quatre constituant la saga pour mon anniversaire. Bah oui, ce n’est pas ma meilleure amie pour rien ! En tout cas, je n’attendrai pas plus d’un an entre deux tomes ce coup-ci !

Le Roi de Bruyère s’est donc éveillé. La fin du monde est donc proche si on en croit la prophétie. Aspar est donc chargé de le tuer avant qu’il ne soit trop tard. Mais, lors de leur précédente rencontre, le Roi de Bruyère lui a sauvé la vie. Il commence donc à se demander s’il est vraiment du bon côté. Pendant ce temps, Neil part à la recherche d’Anne, héritière du trône de Crotheny, dont la survie est indispensable à la sauvegarde du monde.

Bon évidemment, raconté comme ça à ceux qui n’ont pas lu le premier tome, le synopsis paraît confus. Pourtant, il n’en est rien. C’est d’ailleurs une des plus grandes qualités de la saga du Royaume d’Epine et d’Os. Pourtant, le récit met en scène moult royaumes, moult personnages, moult références à un passé imaginaire de ce monde inventé de toute pièce. Dans le Prince Charnel tout se complexifie encore car les cartes se brouillent et la frontière entre le bien et le mal ne semble plus aussi nette qu’au début. Bref, cette saga est d’une incroyable richesse sans jamais pourtant perdre le lecteur. Peu d’œuvres de ce genre peuvent en dire autant !

Mais si la marmite est pleine d’ingrédients, reste encore à la faire bouillir. Et là encore, le Royaume d’Epine et d’Os se démarque largement de la concurrence. Le Prince Charnel est encore plus intense que le premier volet puisque la phase d’introduction est passée et l’on plonge directement dans l’action. Une action qui vous fait dévorer les pages les unes après les autres sans pouvoir vous arrêter. Ce livre se dévore, s’engloutit avec une gourmandise effrénée, mais qui, elle, ne vous fera ni grossir, ni frôler la crise cardiaque.

Greg Keyes est donc un auteur dont l’imagination est à la hauteur du talent littéraire. Le style n’a peut-être rien d’extraordinaire, mais la magie de ce que sa plume fait naître ne nous laisse de toute façon ni l’envie, ni le temps de s’arrêter contempler des métaphores sublimes ou des formules de styles inattendues. C’est juste limpide, clair, précis et totalement au service de l’intrigue.

Le Royaume d’Epines et d’Os, tome 2 : le Prince Charnel est donc absolument indispensable à tout amateur d’heroic fantasy. Mais les autres pourront trouver eux aussi matière à un grand moment de bonheur littéraire.