ONCE UPON A TIME… IN HOLLYWOOD : Monstres sacrés

onceuponatimeinhollywoodafficheDes quelques réalisateurs dont le seul nom suffit à faire de la sortie de leur film un événement, Quentin Tarantino occupe une place à part. Peut-être parce que certains considèrent qu’il est le plus grand d’entre eux, mais surtout parce qu’il se fait assez rare sur les écrans pour renforcer le caractère événementiel de chacun de ses longs métrages. Son style si caractéristique continue de diviser, créant ainsi des débats sans fin et acharnés dès qu’il nous propose une nouvelle œuvre. Tout était donc réuni pour que Once Upon a Time… in Hollywood constitue l’événement cinématographique majeur de cet été, voire de l’année (enfin face à Avengers et Star Wars, c’est compliqué…). Effectivement, sa sortie alimente les discussions de tous les amateurs du 7ème art. Mais ce 9ème film de Tarantino (en comptant Kill Bill pour un seul) ne parviendra certainement pas à trancher définitivement la question.

Once Upon a Time… in Hollywood est un film d’un réalisateur sûr de son art et de son talent. Il fait ce qu’il sait faire de mieux et il le fait tellement bien que cela ce suffit à lui-même. Certains y verront un manque d’audace et de renouvellement. Les autres souligneront à quel point il traite d’un sujet, d’un univers, d’une époque qui n’ont une nouvelle fois strictement rien à voir avec le reste de sa filmographie. En ce sens là, il est bien l’égal des plus grands, voire même de Stanley Kubrick. Par contre, il est vrai que pour la deuxième fois consécutive, il se laisse quelque peu aller à une sorte de cabotinage un rien paresseux, ponctuant ainsi son film de quelques longueurs que l’on peut regretter. Le phénomène est moins marqué que dans les Huit Salopards, mais on s’ennuie parfois légèrement. On est en droit d’attendre le jour où Quentin Tarantino saura vraiment réinventer totalement Quentin Tarantino.

En attendant, Once Upon a Time… in Hollywood nous livre encore une fois des scènes de pur génie. Des moments où se rejoignent dans une parfaite osmose la perfection de la réalisation, celle de l’interprétation et celle de l’écriture. Le tout porté par une bande-originale encore une fois extraordinaire, même si on peut regretter qu’elle ne soit pas un tout petit peu plus présente. Tout cela nous mène vers un final absolument jouissif. Certes, là encore, cela rappelle d’autres scènes ponctuant sa filmographie, mais cela reste un spectacle assez extraordinaire pour ne pas s’en lasser. Il serait cruel d’en dire plus ici, mais cela reste le genre de scène que l’on a envie de raconter encore et encore.

onceuponatimeinhollywoodOnce Upon a Time… in Hollywood s’avère une bouffée de plaisir cinématographique absolu, également grâce à son duo d’acteurs. Evidemment, rassembler Leonardo Di Caprio et Brad Pitt à l’écran ne constitue pas une grande prise de risque. Leur seule présence à l’écran suffit à faire saliver les amateurs du 7ème art. Quentin Tarantino confirme son extraordinaire talent dans la direction des comédiens. Une scène en particulier constitue un moment de pure extase. Un moment qui ne paraît rien, mais qui en termes de performance dramatique pure représente un exercice particulièrement périlleux. Qui a déjà mieux que Leonardo Di Caprio dans ce film incarné un acteur médiocre ? Pas un mauvais acteur, ça c’est facile ! Mais un acteur banalement moyen, avec le parfait dosage pour que la piètre qualité du jeu saute aux yeux, sans qu’on ne sache vraiment pourquoi, sans en faire trop. Un vrai grand moment de cinéma !

Once Upon a Time… in Hollywood n’est clairement pas le plus grand film de Tarantino, même si certains défendent ce point de vue. Inégal, il a le défaut de ne pas être génial pendant deux heures et demi, mais seulement les trois quarts du temps. Mais on peut difficilement faire plus véniel comme péché.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Heyday Films, Sony Pictures entertainment, Visiona Romantica
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Montage : Fred Raskin
Photo : Robert Richardson
Décors : Barbara Ling
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Durée : 165 min

Casting :
Leonardo DiCaprio : Rick Dalton
Brad Pitt : Cliff Booth
Margot Robbie : Sharon Tate
Dakota Fanning : Squeaky Fromme
Al Pacino : Marvin Schwarzs
Damian Lewis : Steve McQueen
Emile Hirsch : Jay Sebring
Luke Perry : Scott Lancer
Bruce Dern : George Spahn

LE GANGSTER, LE FLIC ET L’ASSASSIN : Coréen estival

legangsterleflicetlasssassinafficheL’avantage du cinéma coréen est qu’il nous déçoit rarement. On peut facilement imaginer qu’il génère lui aussi régulièrement des navets, mais le filtre des distributeurs hexagonaux fait que, dans notre pays, ce sont les meilleurs films du pays du matin calme qui arrivent sur nos écrans. Une nouvelle preuve avec le Gangster, le Flic et l’Assassin, qui confirme à quel point ce pays excelle dans l’art du polar, même si celui-ci échappe à quelques attributs qui font d’habitude la particularité des polars coréens. Ce film ne comptera pas parmi les plus grands chefs d’oeuvre en provenance de Séoul, mais compte parmi les meilleurs films de cet été cinématographique.

Le Gangster, le Flic et l’Assassin reste un film typiquement coréen par bien des points, mais avec peut-être une influence occidentale qui se fait plus sentir que d’habitude. Le personnage du flic ne ressemble guère à ceux que l’on voit habituellement dans ce genre de production. Cela crée un certain effet de surprise, mais cela édulcore quelque peu le mélange détonnant entre noirceur absolue et bouffonerie qui fait le charme des polars coréens. Que les amateurs éclairés se rassurent, on retrouve tout de même un mélange noirceur-humour, même si les l’humour trouve ici d’autres véhicules. Le film est un peu moins dépaysant, mais nous offre tout de même un spectacle particulièrement plaisant, avec le petit twist final qui va bien.

legangsterleflicetlassassinLa Corée compte un nombre d’acteurs incroyables toujours aussi impressionnant. Le plus cinéphiles reconnaîtront Ma Dong-seok, que l’on avait découvert dans le Bon, la Brute et le Cinglé et dans Dernier Train pour Busan. Mais ses deux compères sont des nouveaux venus et ils font eux aussi preuve d’un incroyable talent. Le Gangster, le Flic et l’Assassin montre à quel point un film coréen ordinaire ne l’est jamais tout à fait. La réalisation de Lee Won-Ta est quant à elle typique des polars coréens, avec la scène de nuit sous la pluie qui va bien, même s’il ne possède pas tout à fait la maestria de certains de ses compatriotes. On s’en contentera cet été et s’en plaindre serait vraiment faire la fine bouche.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Kiwi Media Group, B.A. Entertainment
Réalisation : Lee Won-Tae
Scénario : Lee Won-Tae
Montage : Sun-Mi Heo, Young Kyu Han
Photo : Seung-cheol Park
Décors : Cho Hwa-sung
Distribution : Metropolitan Filmexport
Musique : Cho Young-wuk
Durée : 110 min

Casting :
Ma Dong-seok : Jang Dong-su
Kim Sung-kyu : K le tueur
Kim Moo-yul : Jung Tae-seok

PERDRIX : Fraîcheur en été

perdrixafficheAu cinéma, la folie douce est souvent vue comme une qualité, nous offrant des personnages auquel on s’attache très vite et très fortement. Dans la vraie vie, ces personnes sont plutôt considérées comme des handicapés sociaux, mais on aimerait moins le cinéma s’il n’enjolivait pas quelque peu la réalité. Le 7ème art est rempli d’histoires d’amour improbables entre des êtres pas tout à fait comme les autres, nous offrant une bonne dose de poésie et d’humour. Perdrix se situe dans cette droite lignée. Elle y prend place avec brio et beaucoup de qualité, pour un joli vent de fraîcheur alors que la température est au plus haut ces derniers jours.

Perdrix est donc avant tout un film de personnage. Tout le talent d’Erwan Le Duc, dont c’est pourtant le premier film, est de nous le faire aimer immédiatement, sans que l’on sache vraiment pourquoi. Mais les bons films sont comme beaucoup d’histoires d’amour, personne ne sait pourquoi elles fonctionnent, mais elles fonctionnent et c’est tout ce qui compte. Le film est particulièrement léger, donne le sourire aux lèvres du début à la fin. On ne boude donc pas son plaisir devant ce joli divertissement très réussi et plein de bonnes surprises. C’est frais et digeste, parfait pour l’été.

perdrixCe succès doit beaucoup à Maud Wyler et Swann Arlaud. La première tient avec Perdrix le rôle le plus marquant de sa jeune carrière. Elle s’en acquitte avec beaucoup de talent, dégageant un charme étrange, quand son personnage aurait pu facilement devenir particulièrement antipathique. Le second prend une place de plus en plus importante dans le paysage du cinéma hexagonal. Une place amplement mérité. Ils sont joliment secondés par le reste du casting, en particulier Fanny Ardant que c’est toujours un plaisir de voir à l’écran. Tout ce petit monde est parfaitement mis en valeur par la réalisation élégante d’Erwan Le Duc, dernier petit détail qui explique la qualité de ce film.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Domino Films
Réalisation : Erwan Le Duc
Scénario : Erwan Le Duc
Montage : Julie Dupré
Photo : Alexis Kavyrchine
Décors : Astrid Tonnellier
Distribution : Pyramide Distribution
Son : Mathieu Descamps
Musique : Julie Roué
Durée : 102 min

Casting :
Swann Arlaud : Pierre
Maud Wyler : Juliette
Fanny Ardant : Thérèse
Alexandre Steiger : Michel
Patience Munchenbach : Marion
Nicolas Maury : Julien

TRANSANGELIC EXODUS (Ezra Furman), BOARDING HOUSE REACH (Jack White), TIME ELASTIC (Laish) : Expérimentations musicales

transangelicexodusezrafurmanOn commence avec un artiste américain, Ezra Furman, dont j’ignorais totalement le nom avant d’écouter son album Transangelic Exodus. Continuer à l’ignorer n’aurait pas représenté un grand drame car il est loin de m’avoir convaincu. L’album semble parfois avoir été enregistré dans un studio pour amateurs, vu sa piètre qualité sonore. Les titres ne sont ni harmonieux, ni énergiques, pour un résultat tristounet. Les instrumentations sont minimalistes, lentes et sans rythme. A partir du titre The Great Unknown, le 5ème de l’album, la qualité s’améliore quelque peu. Cependant, l’album ne deviendra jamais réellement marquant pour autant.

boardinghousereachjackwhiteOn poursuit avec un de mes artistes préférés, à savoir Jack White. Même si sa carrière solo est un ton en dessous de celle qu’il a menée avec les White Stripes, c’est toujours avec impatience que je me plonge dans chacun de ses œuvres. Boarding House Reach nous plonge immédiatement dans des sonorités étranges et l’univers particulier de cet artiste. Le résultat se montre particulièrement créatif, nous entraînant dans des directions toujours différentes. Le résultat apparaît largement expérimental, pas toujours harmonieux. Un album globalement varié et inégal, mais avec de vraies prises de risque.

timeelasticlaishOn termine avec les britanniques de Laish et leur album Time Elastic. Ce dernier nous plonge tout de suite dans un grand bain de douceur dans lequel on se laisse bercer avec beaucoup de plaisir. Le résultat se montre particulièrement harmonieux. Il y a de conviction dans les interprétations qui viennent soutenir une voix parfaitement posée. La qualité est constante pour un résultat particulièrement convaincant.

LES CHRONIQUES D’ALVIN LE FAISEUR, TOME 3 : L’APPRENTI (Orson Scott Card) : Go west

lapprentiAprès un premier tome pas très emballant mais un deuxième plutôt passionnant, c’est avec une réelle curiosité que j’ai débuté la lecture de l’Apprenti, troisième volet de la saga Alvin le Faiseur. Une histoire étonnante qui nous emmène aux Etats-Unis à la fin du 18ème siècle, mais dans une version où la magie existe et où certaines personnes naissent dotées de pouvoirs plus ou moins extraordinaires. On suit ici les aventures d’un jeune garçon capable de commander à la matière, qu’elle soit inanimée ou vivante. Un pouvoir dont il peut se servir aussi bien pour créer que pour détruire.

L’Apprenti est à l’image de la saga jusqu’à présent. Une première partie pas forcément passionnante, mais une montée en intensité de l’intrigue qui débouche sur une seconde moitié réellement prenante. Ce tome exploite pleinement des personnages désormais bien implantés dans l’esprit du lecteur, dont évidemment le personnage principal. Le récit en introduit de nouveaux, certains hauts en couleur et qui joueront très certainement un rôle dans les épisodes à venir. L’univers imaginé par Orson Scott Card est désormais vraiment mature et on prend beaucoup de plaisir à le parcourir en aussi bonne compagnie. Le récit mêle péripéties et évolutions des protagonistes pour ne jamais laisser le lecteur s’ennuyer, au moins dans la deuxième partie.

Le style d’Orson Scott Card est agréable, malgré une certaine lourdeur. En effet, il n’est pas adepte des longs dialogues et il préfère le style indirect libre. Cela donne des pages relativement compactes qui peuvent décourager. Mais on navigue finalement dans le récit assez facilement. Le récit est clair, les personnages sont tous introduits longuement et le lecteur a le temps de se familiariser avec eux. On ne se sent jamais perdu à la lecture de l’Apprenti, dans un univers peut-être moins foisonnant que d’autres, mais tout de même assez riche pour mériter toute notre attention.

LES FAUSSAIRES DE MANHATTAN : Fausses lettres, vrai duo

lesfaussairesdemanhattanafficheQui n’a jamais rêvé d’être un autre pour échapper la médiocrité de notre propre existence ? Allez, allez, vous pouvez l’avouer, cela arrive à tout le monde. Cela sert aussi de point de départ à de nombreuses histoires dans des genres et des contextes variés. Les Faussaires de Manhattan nous raconte exactement ce genre d’histoire. Celle d’une auteur quelque peu ratée qui connaît enfin la reconnaissance en imitant le style des autres et en créant de fausses lettres, soit autant de fausses pièces de collection que certains sont prêts à acquérir à prix d’or. Une histoire vraie qui donne un film tragi-comique relativement plaisant.

Le grand mérite de les Faussaires de Manhattan est d’oser nous présenter des personnages criblés de défauts et de faiblesses. Dans un premier temps, cela peut nous conduire à les trouver particulièrement antipathiques. Mais finalement, peu à peu, on s’y attache de plus en plus. Ce processus procure à cette histoire un intérêt supplémentaire. On apprécie d’autant plus une intrigue qui sans cela n’aurait pas forcément justifié un long métrage. Elle n’est pas totalement linéaire et réserve quelques rebondissements, sans être cependant d’une incroyable intensité narrative. Avec ces deux couches, le récit possède au final une épaisseur tout à fait respectable.

lesfaussairesdemanhattanMelissa McCarthy et Richard E. Grant forment un duo de comédiens en parfaite osmose. Ils portent les Faussaires de Manhattan et lui donne un supplément de charme non négligeable. Ils se livrent à un petit numéro dans des rôles de composition, mais en gardant un naturel déconcertant. Ils apportent un peu d’éclat à la réalisation très sobre, pour ne pas dire un rien tristounette, de Marielle Heller. On la remerciera cependant d’avoir porté à l’écran cette histoire édifiante. Cela tient à première vue du fait divers sans envergure, mais en dit finalement long sur la notion de célébrité et sur le culte que l’on peut vouer aux artistes que l’on admire.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Archer Gray, Bob Industries, Fox Searchlight Pictures
Distribution : Condor distribution
Réalisation : Marielle Heller
Scénario : Nicole Holofcener, Jeff Whitty, autobiographie de Lee Israël
Montage : Anne McCabe
Photo : Brandon Trost
Décors : Stephen H. Carter
Musique : Nate Heller
Durée : 106 min

Casting :
Melissa McCarthy : Lee Israel
Richard E. Grant : Jack Hock
Dolly Wells : Anna
Ben Falcone : Alan Schmidt
Gregory Korostishevsky : Andre
Jane Curtin : Marjorie
Stephen Spinella : Paul
Christian Navarro : Kurt

PROMARE : Feu d’été

promareafficheCet été cinématographique a été marqué par un grand nombre de films d’animation japonais aussi nombreux que variés. Après la poésie ésotérique (et un rien ennuyeuse) des Enfants de la Mer, voici l’action pure et dure, avec les gros robots qui vont bien, de Promare. Un anime qui pourrait paraître hyper basique de premier abord, mais qui se révèle riche et plein de bonnes surprises au final. Cela confirme surtout l’incroyable richesse du cinéma d’animation nippon qui mérite bien cette place de choix dans nos salles obscures.

Promare se base sur un pitch relativement improbable. Une partie de l’humanité qui a soudainement tendance à la combustion spontanée, ce qui met le feu partout et nécessite la création d’une brigade de pompiers spécialisés et particulièrement high tech. Il est vrai que le scénario laisse quelque peu circonspect dans ses premiers instants. On se demande bien où tout cela pourrait bien nous mener, surtout vers quoi ce pourrait nous mener de vraiment intéressant. Finalement l’histoire se déroule en nous réservant quelques twists et en sortant du schéma manichéen qui semble être le sien à première vue. Le film est ponctué de quelques scènes d’action homériques dans la pure tradition du film de « mecha », mais avec infiniment plus de finesse qu’un Goldorak. Il brille enfin par une galerie de personnages assez jouissive et colorée.

promareColorée est aussi le graphisme de Promare. Un graphisme assez particulier, avec son animation saccadée et ses couleurs criardes. C’est moche diront certains. D’autres, verront sous cette fausse paresse un style très personnel et en réalité réellement abouti. Cela confirme une tendance généralisée des réalisateurs des films d’animation de sortir des images aseptisées crées par ordinateur et de retrouver des lignes se différenciant les unes des autres. Au final, ce film s’avère surprenant à bien des points de vue en plus d’être particulièrement distrayant. Aucune raison de bouder son plaisir alors et d’en profiter avant la grisaille de la rentrée !

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Hiroyuki Imaishi4
Scénario : Kazuki Nakashima1
Conception personnages : Shigeto Koyama1
Conception mécanique : Shigeto Koyama1
Directeur animation : Sushio1
Directeur artistique : Tomotaka Kubo1
Compositeur : Hiroyuki Sawano1
Production : Trigger, XFlag, Sanzigen
Durée :

Casting :
Galo Thymos : Ken’ichi Matsuyama
Aina Ardebit : Ayane Sakura
Remi Puguna : Hiroyuki Yoshino
Varys Truss : Tetsu Inada
Lucia Fex : Mayumi Shintani
Ignis Ex : Rikiya Koyama
Kray Foresight : Masato Sakai
Lio Fotia : Taichi Saotome
Ellis Ardebit : Ami Koshimizu
Vulcan Hastus : Taiten Kusunoki
Gera : Nobuyuki Hiyama
Mace : Katsuyuki Konishi
Vinny : Kendo Kobayashi
Dr Deus Prometh : Arata Furuta
Biar Colossus : Ryōka Yuzuki

FREEDOM (Amen Dunes), THINGS HAVE CHANGED (Betty LaVette), MARBLE SKIES (Django Django) : 74 ans et toutes ses dents

freedomamendunesOn début cet avis musical avec un artiste solo, mais qui se définit comme un groupe quand il joue, Amen Dunes et son (leur) album Freedom, sorti en 2018. On est frappé par la voix légèrement discordante de Damon McMahon et dont le timbre n’est pas franchement emballant. Il nous livre un album globalement propre sur lui, mais pas hyper créatif, voire même carrément lancinant à certains moments. Au final, cela ne reste tout de même pas totalement désagréable, mais relativement transparent tout de même.

thingshavechangedbettyelavetteNettement plus réjouissante, la chanteuse soul Bettye LaVette et son album Things Have Changed. Une chanteuse de 74 ans donc la carrière a commencé dès 1962. Cela ne l’empêche pas d’attaquer son album par un titre très rock qui nous permet de découvrir avec beaucoup de bonheur sa voix à la fois chaude et cassée. Le reste sera dans un registre plus habituel pour elle, où elle excelle et fait preuve d’une parfaite maîtrise. Les sonorités jazzy et groove nous ravissent, même s’il manque peut-être un titre vraiment marquant pour faire sortir définitivement l’album du lot. On peut cependant retenir The Time They Are A Changin’, mais à qui il manque lui aussi tout de même un petit je ne sais quoi pour être encore meilleur.

marbleskiesdjangodjangoOn termine avec Marble Skies, dernier album en date des britanniques de Django Django. Leur pop dynamique et quelque peu sucré est toujours au rendez-vous. On le sent bien à l’aise dans leur zone de confort, mais on regrette qu’il n’ose pas plus et ne se lâche pas réellement. Le résultat est néanmoins de qualité, malgré ce petit effet loin du micro qui m’énerve tant. On retiendra avant tout le titre Further, qui se détache d’un album globalement solide et qui se laisse écouter.

ANNA : Plus dure sera la chute

annaafficheIl est rare que l’on accomplisse un acte à portée sociale en allant au cinéma. Pourtant, aller voir Anna peut aider un homme à ne pas sombrer dans de graves difficultés financières et l’indigence. Ce n’est cependant pas par solidarité avec le porte-monnaie de Luc Besson que je suis allé voir Anna, mais simplement parce que j’admire encore le cinéaste, même si ses talents artistiques semblent fondre presque aussi vite que les bénéfices de sa société de production. Croyant une renaissance toujours possible, c’est armé d’une part de foi que je suis allé voir ce film. Mais force est de constater que le réalisateur n’a toujours pas retrouvé de réelle inspiration.

Anna se situe dans la droite lignée de Nikita. Cela donne d’ailleurs l’impression que Luc Besson cherche à nous resservir une vieille recette pour assurer un succès. Malheureusement, le plat est froid et rien ne vient réchauffer les papilles du spectateur. Aucune surprise dans ce scénario totalement convenu qui ressemble à tant d’autres, dont les twists sont hyper prévisibles et qui ne contient pas un gramme d’originalité. C’est assez rythmé pour que l’on ne s’ennuie jamais, mais on a déjà oublié ce que l’on a vu à la seconde où l’on sort de la salle. Combien d’épisodes de série sont produits chaque semaine avec des récits plus aboutis que le scénario de ce film ? Des dizaines… Bref, Luc Besson semble définitivement perdu dans un monde cinématographique qui n’est plus le sien.

annaS’il y a une constante chez Luc Besson, c’est son amour immodéré pour les actrices filiforme, pour ne pas dire squelettique. Mais Sasha Luss est loin de posséder le charisme d’une Anne Parillaud ou d’une Mila Jovovich. Le casting dans sa globalité est à l’image du film. Il fait preuve d’un minimum de professionnalisme, mais reste d’une confondante médiocrité. Il n’y donc définitivement rien qui parvienne à donner à Anna une raison valable de se ruer dans une salle de cinéma pour sauver le soldat Besson. On s’attrister ou se réjouir de cette chute. Mais dans la majorité des cas, c’est simplement l’oubli qui attend ce film et, on peut le craindre, la carrière future de son réalisateur.

LA NOTE : 9,5/20

Fiche technique :
Production : EuropaCorp, Canal+, Ciné+, OCS, TF1 Films International
Distribution : EuropaCorp
Réalisation : Luc Besson
Scénario : Luc Besson
Montage : Julien Rey
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Hugues Tissandier
Musique : Éric Serra
Directeur artistique : Gilles Boillot
Durée : 119 min

Casting :
Sasha Luss : Anna
Jean-Baptiste Puech : Samy
Alison Wheeler : Dorothée
Éric Godon : Vassiliev
Cillian Murphy : Lenny Miller
Luke Evans : Alex Tchenkov
Helen Mirren : Olga
Pauline Hoarau : un mannequin
Emmanuel Ménard : un dilplomate

ON S’EST DEJA VU QUELQUE PART ? (Nuala O’Faolain) : Les gentes de Dublin

onnesestpasdejavuquelquepartEt si je racontais ma vie ? Répondre positivement à cette envie demande soit un égo démesuré, soit beaucoup de courage. Dévoiler ainsi son intimité ne représente pas une démarche donnée à tout le monde. Raconter des histoires est le plus souvent le moyen de surmonter une sorte de timidité en sortant de soi-même pour parler de tout autre chose. Ecrire une autobiographie constitue la démarche radicalement inverse. De On s’Est Déjà Vu Quelque Part ? de Nuala O’Faolain, je retiendrai avant tout la postface, écrite après la sortie initiale du roman, et racontant comme l’auteur a vécu son succès et d’autres événements dramatiques, notamment le suicide d’un de ses frères. Non que le roman en lui-même n’ai pas d’intérêt, mais ça serait mentir de dire qu’il m’a totalement passionné.

On s’Est Déjà Vu Quelque Part ? parlera plus particulièrement aux femmes irlandaises. Or, il est vrai qu’en tant qu’homme français, il m’était difficile de me sentir directement concerné. Cependant, cela n’enlève rien à l’intérêt intellectuel de découvrir comme ces deux identités peuvent se confronter dans ce pays encore récemment fortement marqué par une vision traditionnelle et fortement religieuse de la société, et donc du rapport entre les sexes. Femme de média, l’auteur a le mérite d’une grande sincérité. Du moins, c’est l’impression qui se dégage de son récit, avec tous les avantages et les inconvénients que cela comporte. Le principal avantage est la valeur que cela confère à ce témoignage.

L’inconvénient de cette sincérité est qu’elle ne nous raconte pas que des événements passionnants. Une vie réelle ressemble rarement à un roman et On s’Est Déjà Vu Quelque Part ? le prouve une nouvelle fois. Finalement, c’est le succès inattendu de son roman qui constitue l’événement le plus extraordinaire de la vie de Nuala O’Faolain et c’est pourquoi la postface reste sans doute le passage le plus passionnant de ce livre. Globalement, le style de cette auteur est assez léger et fluide pour que la lecture se fasse de manière agréable, même dans les moments les plus faibles. Certainement pas la lecture de mon été, mais un roman qui parlera avec beaucoup plus de force à un autre public que moi.