
Donnie Darko est un œuvre sombre et mystérieuse, et par la même fascinante. L’histoire laisse une grande place à l’interprétation du spectateur qui pourra la comprendre de différentes façons ou bien choisir de ne rien comprendre du tout. Cette dernière option ne gâche rien au plaisir que l’on ressent en s’immergeant dans cette ambiance très particulière crée par la réalisation splendide de Richard Kelly, dont on a du mal à comprendre que sa carrière soit par ailleurs si famélique. Si le film est facilement rangé au rayon fantastique, il constitue une œuvre en fait assez unique et inclassable. Tout son intérêt réside dans la manière dont elle déstabilise le spectateur. Si vous n’avez jamais imaginé qu’un costume de lapin puisse représenter un symbole puissamment inquiétant, c’est que vous n’avez définitivement pas vu ce film !

LA NOTE : 16/20
Fiche technique :
Production : Pandora, Sean McKittrick, Nancy Juvonen
Réalisation : Richard Kelly
Scénario : Richard Kelly
Montage : Sam Bauer, Eric Strand
Photo : Steven Poster
Musique : Michael Andrews
Casting :
Jake Gyllenhaal : Donald « Donnie » Darko
Jena Malone : Gretchen Ross
Drew Barrymore : Ms. Karen Pomeroy
Mary McDonnell : Rose Darko, la mère de Donnie
Katharine Ross : Dr. Lilian Thurman
Patrick Swayze : Jim Cunningham
Noah Wyle : Dr Kenneth Monnitoff
Holmes Osborne : Eddie Darko
Maggie Gyllenhaal : Elizabeth Darko
Daveigh Chase : Samantha Darko
James Duval : Frank
Arthur Taxier : Dr Fisher
David St. James : Bob Garland
Jazzie Mahannah : Joanie James
Jolene Purdy : Cherita Chen
Stuart Stone : Ronald Fisher
Gary Lundy : Sean Smith
Ashley Tisdale : Kim
Beth Grant : Kitty Farmer
Seth Rogen : Ricky Danforth
Cela faisait quelque temps que je n’avais pas eu le plaisir de lire un livre écrit par George Simenon. Enfin, quelques mois tout au plus, mais tout est relatif. C’est avec un vrai bonheur que je me suis attaqué à Maigret se Trompe, titre prometteur quand on connaît la perspicacité habituelle du célèbre inspecteur. Au final, la formule ne correspond pas tout à fait au contenu du roman, mais il est incontestable que cet épisode de la série sort quelque peu de la routine dans laquelle peut nous plonger une lecture régulière des romans de cette série. Heureusement, toutes les qualités restent bien présentes.
Malgré toutes les batailles cosmiques où le sort de l’univers tout entier est en jeu, c’est un petit super-héros new-yorkais, aux pouvoirs somme toute limités, qui reste la figure la plus mythique et la plus emblématique de l’univers Marvel. Ainsi, Spider-Man en est déjà à sa quatrième incarnation depuis le renouveau des films de super-héros, débuté justement la version de Sam Raimi. Certes, une de ces incarnations est à oublier (d’ailleurs qui s’en souvient encore ?), il n’empêche que rien ne serait pareil au pays des surhommes sans l’homme araignée. Surtout que la qualité du deuxième reboot démontrait avec brio qu’on était loin d’avoir fait totalement le tour du personnage. Du coup, on attendait beaucoup de la première suite du deuxième reboot (oui, je sais, c’est compliqué de suivre parfois). Au final, Spider-Man : Far From Home restera un film sympathique, mais très anodin.
On sent Tom Holland désormais parfaitement à l’aise dans son rôle. Il incarne son personnage avec un naturel déconcertant. Spider-Man : Far From Home bénéficie incontestablement de la présence de Jake Gyllenhaal, qui nous gratifie d’un petit numéro d’acteur, nous offrant par la même occasion à la meilleure scène du film. Ce dernier bénéficie globalement de l’affirmation du casting post-adolescent, au premier rang duquel figure Zendaya, dont la personnalité apporte un petit supplément d’âme à cette histoire. La réalisation de Jon Watts a le mérite d’être efficace. Comme dans le premier épisode, on sent son amour des personnages, autant que pour l’action. Cependant, l’ensemble manque d’épaisseur pour vraiment marquer les esprits.
On commence par un grand Monsieur de la musique contemporaine, Van Morrison, dont le premier album remonte à 1968. Je vous parlerai ici de Versatile, sorti en 2017, qui prend place dans une discographie impressionnante, puisqu’il sort quasiment un album par an depuis 40 années. Le son est plutôt jazzy, avec une sonorité quelque peu rétro. La maîtrise et la conviction sont celles des plus grands. Le résultat est très classique, mais surtout d’une qualité constante. Il ravira donc les amateurs éclairés, comme les plus débutants comme moi. En tout cas, je suis heureux de compter enfin un album de cet artiste dans ma discothèque.
On poursuit avec Curtis Harding, un artiste nettement plus jeune… puisqu’il a exactement mon âge, à deux jours près. Face Your Fear est le deuxième album de cet artiste américain. Dès le premier titre, on est pris dans l’ambiance parfois électrisante de cet album. Il fait preuve lui aussi d’une vraie conviction et d’une réelle maîtrise et sait jouer de sa voix protéiforme. Les titres sont généralement assez longs, mais toujours très aboutis et variés. Les instrumentations sont finement travaillées et jouent sur les sonorités. Il sait passer de la douceur à la puissance quand il le faut, pour un résultat particulièrement convaincant.
On termine avec Alena Diane, elle aussi américaine, mais un peu plus jeune. J’avais été particulièrement séduit par deux de ses précédents albums. C’est donc avec un peu d’impatience que je me suis attaqué à Cusp. Le résultat s’avérera un peu plus mitigé, mais sans parler non plus de déception. On entre dans cet album par beaucoup de douceur, porté par la voix profonde de cette artiste. Les instrumentations sont épurées. Le tout est incontestablement maîtrisé, mais il manque une petite étincelle pour faire vraiment la différence. La qualité reste tout de même constante et on est charmé par l’impression d’harmonie qui se dégage de cet album.
Les récits d’une journée (ou d’une nuit) qui devraient être ordinaires et où se succèdent finalement une série d’évènements inattendus sont nombreux. After Hours de Martin Scorsese est sans doute le plus grand chef d’œuvre du genre. Mais bien d’autres valent le coup d’œil. Le dernier d’entre eux s’intitule Give Me Liberty, un film qui nous plonge (entre autres) au cœur de la communauté immigrée russe de Milwaukee. Cela n’apparaît pas immédiatement susceptible de nous offrir des aventures inattendues et pleines de rebondissements. Mais il ne faut pas se fier aux apparences et se fier au contraire au talent et à l’imagination de Kirill Mikhanovsky.
Give Me Liberty nous offre un casting étonnant, composé d’acteurs professionnels et d’amateurs. Le plus étonnant reste Chris Galust, qui incarne le personnage principal, déniché dix jours avant le début du tournage, alors qu’il n’avait jamais joué la comédie de sa vie. Un casting improbable donc, mais qui colle finalement parfaitement avec l’esprit de Give Me Liberty. La réalisation, caméra à l’épaule, en mode reportage, renforce le côté immersif. On se croirait presque parfois devant un épisode de Striptease, à la sauce américano-russe. Difficile en tout cas de ne pas être emporté dans le tourbillon frénétique qui parcourt ce film. Qu’il nous propose un voyage sans but importe peu, tant le voyage est délicieux.
Prix Nobel de littérature, voici un titre dont peu d’auteurs peuvent se targuer. Notre pays en a connu quelques-uns, mais pas assez pour qu’un grand lecteur ne cherche pas à avoir un aperçu de la bibliographie de chacun d’eux. Certes, je n’ai pas vraiment cherché à lire le Chercheur d’Or de JMG Le Clézio, puisqu’il s’agit d’un cadeau. Cependant, c’est avec une réelle curiosité que je me suis plongé dans ce roman afin de mieux comprendre pourquoi son auteur a reçu un tel honneur. Ces quelques pages m’ont donné quelques clés pour mieux en saisir les raisons.
Un personnage doté d’un talent artistique prononcé, d’une volonté d’en vivre, mais évoluant dans un milieu social qui ne lui reconnaît guère de mérite et qui ne lui permet pas de vivre son rêve. Ceci constitue le point de départ de très nombreuses histoires et on pourrait facilement croire que l’on a déjà largement fait le tour de la question. Cependant, il est des thématiques dont on ne parvient à jamais vraiment se lasser, même quand une œuvre l’aborde sans apporter grand-chose de nouveau. Certes, on ne s’enthousiasme pas forcément mais on peut passer tout de même un bon moment. C’est le cas avec Wild Rose, un film plutôt réussi, mais certainement pas révolutionnaire.
Pour ça, mais pas que pour ça. Le talent et le charme de Jessie Buckley jouent un rôle non négligeable dans le plaisir que l’on prend devant Wild Rose. Elle fait preuve d’une certaine fraîcheur et d’un naturel déconcertant dans un rôle qui aurait pu facilement tourner à la composition lourdingue. La musique est également très présente. Après évidemment, il vaut mieux apprécier la country, mais l’énergie qu’elle met dans ses interprétations entraîne avec elle les spectateurs les plus rétifs à ce genre musical. Bon les allergiques complets auront peut-être un peu de mal, mais je les incite tout de même à faire un petit effort s’ils sont en recherche d’un feel good movie fort sympathique.
Suite et fin du triptyque 2019 de Disney avec le Roi Lion. Triptyque d’adaptations « live » de grands classiques de l’animation. Après Dumbo et Aladin, voici le plus attendu de tous, le Roi Lion. Attendu car celui s’annonçant le plus spectaculaire. En effet, il n’y a aucun humain dans cette histoire, juste des animaux qui parlent et qu’il fallait donc faire apparaître à l’écran de manière réaliste. Le défi était de taille mais fort d’un Livre de la Jungle, plutôt réussi paraît-il, ayant servi de galop d’essai, le succès ne pouvait qu’être au rendez-vous. Après, il y aura quelques grincheux pour faire la fine bouche. Et il m’arrive parfois de me montrer grincheux…
Le Roi Lion s’adresse donc au côté obscur de la nostalgie. Personnellement, je n’ai pas du tout ressenti le côté madeleine comme avec Aladin, mais au contraire, comme une envie de dire « c’était mieux avant ! ». Quel intérêt par exemple de reprendre une partie du casting voix originel ? A ne pas vouloir décevoir le fan, Disney finit par profondément le décevoir. La technique ne permet pas seule de faire naître la magie et ce film en manque cruellement. C’est un objet cinématographique totalement froid. Je suis le premier à défendre Disney quand les critiques le cantonnent à une machine commerciale, alors qu’il laisse souvent les auteurs s’exprimer et faire preuve d’audace. Mais ici, le reproche s’avère pleinement justifié.
Piquer les idées des autres constitue définitivement le thème central de Yesterday. Déjà en premier lieu parce qu’il est clairement inspiré de Jean-Philippe, la comédie de Laurent Tuel. En effet, le point de départ est sensiblement le même. Bon après d’un côté, on a Johnny Hallyday et de l’autre les Beatles, c’est aussi ça qui sépare la France de l’Angleterre, mais ceci est un autre débat. Ensuite, le film nous raconte l’histoire d’un chanteur sans succès qui se retrouve un jour être le seul homme sur Terre (ou presque) à se souvenir de l’existence des Beatles. Et se retrouve donc tenté de récupérer toutes leurs créations pour connaître enfin la gloire.
Yesterday pêche néanmoins quelque peu dans sa conclusion. Elle n’est pas illogique, mais n’échappe pas à une bien-pensance quelque peu lourdingue. Le film ne bénéficie pas d’un aspect réflexif très intéressant auquel il semble pourtant prétendre au travers d’un long discours final quelque peu lénifiant. C’est là la grande limite de ce film qui ne dépasse vraiment pas le statut de divertissement sympathique. Statut fort honorable cependant, mais quand même un peu décevant pour un Dany Boyle. On trouve bien trace de son grand talent de réalisateur, mais le fond est trop anodin pour donner une dimension supplémentaire à ce film qui restera mineur dans sa riche filmographie.

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