Puisque tous les chanteurs ayant connu un minimum de succès ont eu droit à leur biopic, il faut bien se tourner vers d’autres catégories d’artistes. Parmi elles, les écrivains constituent un gisement dans lequel il est encore possible de puiser. Et quoi de plus vendeur que raconter l’histoire de l’homme qui aura écrit le roman le plus lu de l’histoire (si on ne considère pas la Bible comme un roman, ce qui peut évidemment se discuter), à savoir J.R.R Tolkien ? Avec ce film, sobrement intitulé Tolkien, on en apprendra plus sur l’histoire de cet homme à la postérité hors du commun. Dommage simplement que le film essaye de manière grossière et maladroite d’établir des ponts entre l’auteur et son œuvre.
L’idée était pourtant séduisante, voire évidente. A quoi bon porter la vie d’un auteur à l’écran si on n’explique pas en quoi elle a influencé son œuvre ? Sauf que dans Tolkien, les liens sont tissés entre des épisodes de l’existence de l’écrivain et le Seigneur des Anneaux… le film !!!! Alors que évidemment, on n’est pas devant le biopic de Peter Jackson. Ce choix malheureux enlève au propos toute crédibilité, sans même parler de profondeur ou d’intérêt. Cela ramène le film au rang de production formatée pour exploiter les pulsions de tous les fans qui se sont sentis obligés d’aller le voir. C’est vraiment dommage car il semble évident que Dome Karukoski avait d’autres ambitions pour son histoire.
C’est dommage aussi parce que par ailleurs, dans la forme, le film se défend. Nicolas Hoult est plutôt convaincant et Lily Collins permet à son personnage d’être bien plus qu’un simple faire-valoir féminin. La réalisation de Dome Karukoski serait plutôt élégante si elle n’était pas ponctuée des parallèles douteux évoqués plus haut. Il en fait parfois trop. Les scènes de guerre sont notamment d’une lourdeur parfois effroyable. Bref, beaucoup de talent ici, mais utilisé à bien mauvais escient. Resteront de ce film les quelques éléments factuels que le fan de Tolkien en retirera. Mais bon, si c’était juste pour cela, un bon documentaire aurait été beaucoup plus judicieux. On peut donc parler d’un biopic raté.
LA NOTE : 08/20
Fiche technique : Production : Fox Searchlight Pictures, Chernin Entertainment Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Dome Karukoski Scénario : David Gleeson, Stephen Beresford Montage : Harry Ylönen Photo : Lasse Frank Johannessen Décors : Grant Montgomery Musique : Thomas Newman Durée : 112 min
Casting : Nicholas Hoult : J.R.R. Tolkien Lily Collins : Edith Anthony Boyle : Geoffrey Smith Patrick Gibson : Robert Gilson Tom Glynn-Carney : Christopher Wiseman Derek Jacobi : Pr Wright Colm Meaney : Père Francis
La boxe et les chevaux ont un point commun. Dans la réalité, je n’en suis pas spécialement adepte (et c’est un euphémisme). Par contre, au cinéma, je dois admettre qu’ils peuvent être à la base de grands films et forcer mon admiration. Une nouvelle preuve avec Nevada, qui nous raconte la relation qui se noue entre un prisonnier et un cheval sauvage. L’histoire d’une rencontre donc, qui intervient entre deux vrais personnages, à la carrure et au charisme étonnants. Une sorte de Belle et la Bête, même si on ne sait pas très bien qui est qui dans l’histoire. En tout cas, cette dernière se montre convaincante et émouvante.
Nevada nous raconte bien le face à face entre deux personnalités et deux caractères. Le cheval est ici réellement un personnage à part entière, auquel il ne manque que la parole. Et encore, cette dernière ne s’avère pas forcément indispensable car son vis-à-vis ne se montre guère disert. C’est d’ailleurs sans doute ce point commun qui rend crédible la manière dont l’humain va évoluer au contact de l’animal… et réciproquement. Chacun apprivoise l’autre à sa manière, même si chacun gardera cette part de « sauvagerie » qui en feront des êtres à part. Le plus grand mérite de Laure de Clermont-Tonnerre est d’avoir réussi à nous raconter tout cela sans jamais nous proposer un film contemplatif, mais en offrant au contraire à son récit, et par là même au spectateur, une tension narrative constante. Il est vrai que le milieu carcéral offre bien des possibilités pour cela, par la violence omniprésente qui y règne.
Nevada doit beaucoup au charisme hors du commun de Matthias Schoenaerts qui envahit l’écran de sa présence, même dans un rôle où on lui demande de parler assez peu. Il confirme aussi qu’il est particulièrement à l’aise dans des rôles d’une grande sensibilité, malgré un physique qui le prédisposerait plus à des films d’action. Laure Clermont-Tonnerre fait preuve d’un sens de la mise en scène remarquable, notamment dans les face à face entre l’homme et la bête. Un vrai moment de cinéma, où on comprend à quel point une image n’est pas un produit brut, mais dépend intimement du cadrage choisi ou de l’angle de vue. Sans cette réalisation de très grande qualité, le film n’aurait clairement pas été le même. Et ça aurait été bien dommage !
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Laure de Clermont-Tonnerre Scénario : Brock Norman Brock, Mona Fastvold et Laure de Clermont-Tonnerre Photographie : Ruben Impens Montage : Géraldine Mangenot Musique : Jed Kurzel Direction artistique : Molly Bailey Décors : Laurel Frank et Nova May Costumes : April Napier Production : Alain Goldman, co-production : Cédric Iland, Nadia Khamlichi et Adrian Politowski Producteur exécutif : Robert Redford Durée : 1h 36 min.
Casting : Matthias Schoenaerts : Roman Jason Mitchell : Henry Gideon Adlon : Martha Bruce Dern : Myles Josh Stewart : Dan Thomas Smittle : Tom Keith Johnson : Elijah Noel Gugliemi : Roberto Connie Britton : la psy
Il est de bon ton ces derniers temps de gloser sur le manque d’imagination et de renouvellement chez les scénaristes. Surexploitation des franchises, suites à n’en plus finir, remake, reboot, prequel… Bref beaucoup de réchauffé et de recettes éculées et peu de nouveautés à se mettre sous les yeux des gourmets cinématographiques. Mais au milieu de tout ça, il reste quand même quelques bonnes raisons de se réjouir. La saga Toy Story en fait partie. Son quatrième volet, sorti ces dernières semaines, démontre avec brio qu’elle n’est toujours pas arrivée au bout de ce qu’elle peut nous offrir. En réalisation du changement dans la continuité, les studios Pixar nous émerveillent une nouvelle fois.
La grande force de la saga Toy Story a toujours été ses personnages. Qu’il s’agisse de jouets prenant vie ne retire rien à leur réelle profondeur et leur profond intérêt. Cela ne retire rien non plus à l’attachement particulièrement fort qu’ils nous font ressentir. Toy Story 4 vient encore enrichir la galerie en continuant de nous surprendre et de nous toucher. Le tout s’adresse avec la même réussite à notre cerveau d’adulte et à notre cerveau d’enfant, entre vraie réflexion et douce nostalgie. La qualité d’écriture du scénario et des dialogues fait vraiment la différence et explique largement le succès de cette saga à nulle autre pareil.
Toy Story 4 est aussi évidemment un divertissement familial, avec son lot d’aventures, de péripéties et de rebondissements. Le dosage entre action et réflexion autour des personnages est proche de la perfection. Le film nous propose quelques petits moments de bravoure franchement enthousiasmants. L’histoire est soutenue par un souffle épique qui ne laisse pas le spectateur s’ennuyer une seule seconde. Ces deux facettes du film sont réellement en synergie, ce qui lui confère une dimension incomparable par rapport aux autres sagas Pixar, qui sont déjà pour la plupart des nids à petits chefs d’œuvre. Il est tout à fait possible qu’après cette épisode, les producteurs ne résistent pas à la tentation de nous en proposer un cinquième. Bizarrement, on ne s’en plaindra pas.
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : Pixar Animation Studios, Walt Disney Pictures Distribution : Walt Disney Company France Réalisation : Josh Cooley Scénario : Andrew Stanton, Stephany Folsom Montage : Axel Geddes Décors : Bob Pauley Musique : Randy Newman Durée : 100 min
Casting : Tom Hanks : Woody Tim Allen : Buzz Lightyear Annie Potts : Bo Tony Hale : Fourchette Joan Cusack : Jessie Keegan-Michael Key : Ducky Jordan Peele : Bunny Keanu Reeves : Le duc Kaboom Bonnie Hunt : Dolly
La Rome antique représente un lieu et une époque très présente dans notre imaginaire collectif. En effet, c’est un peu le berceau de la civilisation occidentale et on voudrait facilement y voir un moment de l’histoire de l’humanité proche de la perfection. Cette image d’Epinal s’efface peu à peu pour laisser place à une vision plus réaliste. Danila Comastri Montanari et son personnage Publius Aurélius y contribuent. Comme toutes les histoires de meurtres, les siennes lèvent le voile sur les pires vicissitudes d’une époque pas si bénie que ça. Parce Sepulto ne représente cependant pas l’épisode le plus réussi de la série.
Ce roman sénateur (le terme policier étant quelque peu impropre) n’est pas déplaisant, mais ne parvient pas à nous enthousiasmer. Les personnages, les situations, les rebondissements qui marquent l’intrigue manquent tous du petit quelque chose qui fait les vraies bonnes histoires. Rien de choquant ou de franchement désagréable, mais tout cela ne rentre en aucune façon en synergie pour vraiment décupler l’intérêt du lecteur. Parce Sepulto se laisse lire avec une certaine indifférence. Cela passe le temps, mais guère plus. C’est déjà pas mal, mais on pouvait légitimement s’attendre à mieux.
Danila Comastri Montanari possède un plume assez alerte pour que le lecteur parcourt ce roman sans peine. Il n’est pas toujours évident de se repérer entre les différents personnages, mais heureusement un index fort utile est présent au début du livre. Mais à part, le personnage principal, aucun n’est assez marquant pour apporter un vrai plus à cette histoire. Du coup, on reste relativement indifférent face aux malheurs qui peuvent les frapper. Sans attachement, on ne peut que témoigner d’un intérêt poli pour ce roman. Reste tout de même, le travail de reconstitution historique qui ravira les amateurs du genre. Un peu léger pour se montrer enthousiaste, mais assez pour ne pas abandonner la série après Parce Sepulto.
Prendre un nouveau départ, repartir de zéro, faire table rase du passé pour recommencer sur de nouvelles bases. Voilà qui peut donner envie et permettre de rallumer une flamme que l’on pensait éteinte. Après un troisième volet décevant, la franchise Men In Black semblait être arrivée à son terme définitif. Mais toujours prêts à exploiter la moindre trace de nostalgie, les producteurs ont décidé qu’elle devait renaître de ses cendres, avec de nouveaux acteurs et même une nouvelle localisation, puisque Men In Black : International nous emmène en Europe, entre Londres et Paris. Mais parfois, il vaut mieux rester chez soi.
Men In Black : International n’est même pas franchement mauvais. Il est juste terriblement médiocre. Il représente surtout le niveau zéro de la prise de risque. Un pur produit formaté, sans grande imagination et d’une paresse absolue. C’est certes distrayant, mais ne constitue en rien une renaissance. Cela ne donne aucune envie particulière de retrouver ces nouveaux personnages, même si on ne doute pas une seule seconde qu’ils reviendront pour un deuxième épisode (que j’irai sûrement voir pour en dire tout le mal que j’en pense). C’est toujours regrettable de mobiliser autant de moyens financiers et quelques bons acteurs pour en tirer à peu près rien. Mais ne doutons pas que les producteurs rentreront dans leurs frais sans grands efforts.
Le casting parlons en. Il constituait le principal motif d’espoir d’assister à un nouveau départ réellement réjouissant. Chris Hemsworth n’est toujours pas le meilleur acteur du monde, mais dégage toujours cette aura de sympathie assez unique. Mais ici, il ne se donne vraiment pas la peine d’en faire plus que le strict nécessaire. Il est totalement éclipsé par Tessa Thompson qui est la seule à sembler y croire vraiment, mais sans parvenir à vraiment nous enthousiasmer. Quant à Liam Neeson et Emma Thomson, ils s’amusent visiblement, mais semblent chercher un rôle facile et amusant plutôt qu’à nous éblouir et postuler pour un Oscar. On leur pardonne de ne pas en faire plus que le minimum tant le scénario est parfois indigent et d’une totale platitude. On pardonne moins aux producteurs de nous imposer ça.
LA NOTE : 08/20
Fiche technique : Réalisation : F. Gary Gray Scénario : Art Marcum et Matt Holloway, d’après les comics Men in Black de Lowell Cunningham Direction artistique : Thomas Brown Décors : Charles Wood Costumes : Penny Rose Photographie : Stuart Dryburgh Montage : Christian Wagner et Zene Baker Musique : Chris Bacon et Danny Elfman Production : Walter F. Parkes et Laurie MacDonald Producteur délégué : Steven Spielberg Durée : 115 minutes
Casting : Chris Hemsworth : l’agent H / Henry Tessa Thompson : l’agent M / Molly Liam Neeson : High T Kumail Nanjiani : Pawny Rebecca Ferguson : Riza Rafe Spall : l’agent C Emma Thompson : l’agent O Laurent et Larry Nicolas Bourgeois : Les Jumeaux Kayvan Novak : Vungus Tim Blaney : Frank le chien
Certaines personnes s’avèrent particulièrement horripilantes. Non pas parce qu’elles ont beaucoup de talent, ce que l’on pardonne quand même aisément. Mais parce qu’elles ont beaucoup de talents, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Quentin Dupieux fait partie de ces gens-là. Parce qu’en plus d’être Quentin Dupieux, réalisateur, il est aussi connu pour être Mr Oizo, musicien électro qui a connu son heure de gloire au début des années 2000. Au cinéma, il s’est spécialisé dans les OVNI cinématographiques. Mais des OVNI de très grande qualité. Après Réalité et Au Poste !, il revient avec le Daim, un film qui a fait beaucoup parler de lui (en bien !) au dernier Festival de Cannes.
Comment Quentin Dupieux a-t-il pu imaginer cette histoire ? On se demande s’il n’a pas demandé à ses amis de lui donner un mot, le plus saugrenu possible, en leur promettant de faire un film autour de ça. C’est donc tombé sur le mot « daim ». Et cela aboutit à un film dont l’objet central est un blouson taillé dans le cuir de cet animal. Après avoir vu le Daim, vous pourrez donc dire que vous avez vu un film sur un blouson. Aussi étonnant que cela peut paraître cela résume assez bien ce film. En partant de ça, difficile de convaincre que ce film est drôle et étonnant, mais il l’est bel et bien. Il serait dommage d’aller plus avant dans un description des ressorts de ce film, tant il est plaisant de se laisser surprendre par cette histoire improbable.
La réussite du film doit beaucoup au couple actrice-acteur qui lui donne vie. Il faut dire que Quentin Dupieux parvient toujours à rassembler des castings de très haut niveau pour des films aussi courts à aussi petit budget. Preuve d’à quel point son talent est reconnu. Jean Dujardin est parfait, en faisant preuve d’une certaine retenue alors que le rôle appelait facilement le cabotinage. Cependant, il est presque éclipsé par une Adèle Haenel d’abord discrète mais qui donne une épaisseur progressive à son personnage, avant de crever l’écran. Ils parviennent tous les deux à rendre totalement crédible leur personnage respectif, ce qui n’était pas gagné d’avance (mais encore une fois, je ne dirai rien). En tout cas, que vous soyez fan ou non des blousons en cuir à franges, n’hésitez pas un seconde à aller voir le Daim.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Atelier de production Réalisation : Quentin Dupieux Scénario : Quentin Dupieux Montage : Quentin Dupieux Photo : Quentin Dupieux Décors : Joan Le Boru Distribution : Diaphana Son : Guillaume Le Braz Durée : 77 min
Casting : Adèle Haenel : Denise Jean Dujardin : George Thomas Blanchard : Michael Albert Delpy : Monsieur B Panayotis Pascot : Johnny Youssef Hajdi : Olaf
Certains films reçoivent des avis négatifs de la part des spectateurs, non pas parce qu’ils sont de mauvaise qualité dans l’absolu, mais parce qu’ils créent de la déception en ne se révélant pas être ce qu’ils semblaient être au premier abord. On peut légitimement penser que c’est ce qui se passe avec Zombi Child dont le titre pourrait être celui d’un film d’horreur tout à fait classique. Mais quand on voit que Bertrand Bonello est derrière la caméra, on se doute alors qu’il s’agit d’une œuvre plutôt cérébrale et hors des sentiers battus. Faut-il encore savoir qui est Bertrand Bonello. Et puis, très honnêtement, même en sachant pertinemment ce que l’on va voir, on peut fort bien trouver ce film fort ennuyeux.
Le principal défaut de Zombi Child est qu’il ne s’y passe globalement pas grand-chose. On peut apprécier à sa juste valeur l’ambiance générale inquiétante et mystique. On peut saluer le montage assez habile qui met en parallèle deux époques. On peut souligner la qualité des personnages qui sont pour le coup très loin des clichés d’un film mettant en scène des zombis. On peut trouver fort intéressant d’en apprendre plus sur la culture vaudou. Mais tout cela ne change rien au fait que les péripéties sont peu nombreuses et que la narration reste quand même particulièrement lente et contemplative, à tel point que cela semble cacher un manque de matière pour un long métrage. Cela donne surtout l’impression d’une œuvre inaboutie qui aurait mérité d’être étoffée encore quelque peu.
Betrand Bonello se montre particulièrement habile avec une caméra et nous offre de très belles images, à l’esthétisme travaillé. Mais comme souvent avec lui, on a quelque peu l’impression qu’il s’en contente et oublie que de belles images n’ont jamais fait un film à elles toutes seules. Cette légère autosatisfaction contemplative se remarquait déjà dans Saint Laurent et se retrouve clairement dans Zombi Child. Cela noie aussi quelque peu la jolie performance d’ensemble du casting adolescent. Le résultat final s’avère donc plus décevant qu’enthousiasmant. On en ressort surtout avec une légère impression de gâchis car tous les éléments se trouvaient rassemblés pour proposer un film d’un tout autre intérêt.
LA NOTE : 10/20
Fiche technique : Production : My New Picture, Les Films du Bal Réalisation : Bertrand Bonello Scénario : Bertrand Bonello Montage : Anita Roth Photo : Yves Cape Décors : Katia Wyszkop Distribution : Ad Vitam Son : Nicolas Cantin, Nicolas Moreau, Jean-Pierre Laforce Musique : Bertrand Bonello Durée : 103 min
Casting : Wislanda Louimat : Mélissa Louise Labeque : Fanny Adilé David : Salomé Ninon François : Romy
La franchise Avengers vient de connaître un épilogue grandiose qui a fait la une de l’actualité et provoqué des queues sans fin au cinéma. L’autre grand univers cinématographique Marvel, celui des X-Men, connaît quant à lui une plongée progressive vers l’indifférence. Il faut dire que le précédent épisode s’avérait fort mauvais et les spin-offs n’ont vraiment valu le coup que lorsqu’ils se montraient franchement décalés (Logan et Deadpool). Alors ce X-Men : Dark Phoenix ne pouvait que redresser la barre. Mais force est de constater qu’il n’y parvient que de manière très limitée.
X-Men : Dark Phoenix est d’un médiocrité confondante, même dans ses défauts. Il ne parvient même pas à être franchement mauvais, tant il se contente du minimum syndical du film d’action pour nous préservé de l’ennui, mais sans jamais faire naître la moindre trace d’enthousiasme. La faute à des dialogue frôlant parfois l’indigence et une intrigue qui manque passablement d’épaisseur. Les scènes d’action ne propose aucun moment de bravoure susceptible de marquer les esprits. L’ambiance sombre et crépusculaire que Simon Kinberg tente d’insuffler n’est finalement ni vraiment sombre, ni franchement crépusculaire. Ce film constitue son premier passage derrière la caméra, après une très riche carrière de scénariste de blockbusters, et ce n’est pas vraiment une franche réussite. Tous les éléments du films manquent de souffle et d’ampleur.
X-Men : Dark Phoenix sous-exploite totalement son casting XXL. Les habitués de la franchise, James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence nous proposent des performances paresseuses sans émotion. Ils donnent vraiment l’impression d’attendre avec impatience de passer à autre chose. Sophie Turner, occupant le premier rôle, y met un peu plus de cœur, mais elle est bien seule. Elle n’est même pas vraiment soutenue par Jessica Chastain. Les fans ne pouvaient que se réjouir de la voir rejoindre le casting d’un Marvel, mais elle y passe finalement relativement inaperçue. Les puristes noteront que ce film renonce totalement à refaire boucler la boucle avec les premiers films de Bryan Singer sortis il y a bientôt 20 ans. Et l’absence de scène pendant le générique montre bien que la franchise si elle doit survivre, va connaître une profond rafraîchissement. A l’occasion, d’un X-Men vs Avengers ?
LA NOTE : 08/20
Fiche technique : Production : 20th Century Fox, Bad Hat Harry Productions, Donners’ Company, Kinberg Genre, Marvel Entertainment, TSG Entertainment Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Simon Kinberg Scénario : Simon Kinberg, Dave Cockrum, Chris Claremont, John Byrne Montage : Lee Smith Photo : Mauro Fiore Décors : Claude Paré Musique : Hans Zimmer Durée : 113 min
Casting : James McAvoy : Pr Charles Xavier Michael Fassbender : Magneto Sophie Turner : Jean Grey Nicholas Hoult : Le fauve Jessica Chastain : Vuk Jennifer Lawrence : Raven Tye Sheridan : Cyclope Alexandra Shipp : Tornade Ato Essandoh : Jones
Trois artistes que je connais bien de nom, mais sans forcément connaître leur discographie sur le bout des doigts, au programme. On commence par Girls in Hawaii, un groupe belge comme son nom ne l’indique pas, et leur album Nocturne, sorti en 2017. Le quatrième en seize ans de carrière. Un groupe à la musique rare donc. L’album débute par une ouverture tout en douceur qui sonne comme une invitation. On a très envie de se laisser bercer. C’est très bon et maîtrisé, même envoûtant par moment. Mais l’album finit aussi par être plus transparent par moments. Notamment quand les titres se font plus électro (ok, c’est peut-être un goût personnel, j’admets). Cependant, si l’album baisse incontestablement en densité sur la fin, tout le reste de grande qualité jusqu’au bout.
De la Belgique à la Normandie, il n’y a qu’un pas, que l’on franchit avec Orelsan et son album la Fête est Finie. Je n’ai pas écouté beaucoup d’albums de rap en entier depuis le début des années 2000, mais comme j’aime globalement beaucoup l’artiste, je me suis laissé tenter. Je n’ai pas été déçu par les qualités des textes. Il nous livre une série de chansons livrant un regard à la fois nostalgique et désabusé sur la famille, avec comme point d’orge le titre La Famille, la Famille. On notera cependant un flow parfois un peu heurté et des instrumentations de fond parfois vraiment basiques.
On termine avec Eels, des vieux routiers du rock américain. Je me rappelle très bien en 1995, quand le groupe a débuté, on les avait présenté comme les futurs méga stars de la musique. Ils n’ont pas tout à fait suivi ce chemin, mais 24 ans plus tard, il sont toujours là avec l’album The Deconstruction. Ils nous proposent toujours un rock éthéré, parfaitement maîtrisé, mais il faut bien avouer pas toujours transcendant. Le résultat est même parfois quelque peu tristounet. On notera tout de même quelques petits éclairs, comme le titre jazzy et très sympa, You Are the Shining Light, nous rappelant quand même qu’ils ne sont pas toujours là après tant d’années pour rien.
Une Palme d’Or est rarement un film comme les autres. On attend d’elle qu’elle soit suffisamment originale pour déstabiliser le spectateur. Alors on peut s’étonner de voir l’une d’entre elle vendue par les distributeurs comme étant « la Palme d’Or la plus accessible depuis Pulp Fiction ». Cependant, en découvrant le caractère dithyrambique des critiques de Parasite, on pouvait se dire qu’une exceptionnelle qualité compenserait largement le caractère quelque peu conventionnel. C’est donc avec beaucoup d’espoir que je me suis rendu dans une salle obscure pour découvrir ce film. L’espoir d’assister au chef d’œuvre annoncé. Incontestablement, j’aurais assisté à un très bon film.
Il suffit parfois d’une petite chose pour vous empêcher de rentrer totalement dans un film. Pendant un bon moment, je n’arrête pas de me dire que Parasite ressemblait quand même fortement à Une Affaire de Famille, Palme d’Or l’année dernière. Au final, les propos et surtout l’ambiance générale sont très différentes dans les deux films, mais cela m’a titillé l’esprit et quelque peu déçu. C’est peut-être pour ça que je n’ai pas réussi à trouver ce film génial. Simplement excellent, caractéristique qui apporte normalement beaucoup de satisfaction au spectateur, sauf quand il s’attend à encore mieux. Je ne peux cependant que saluer la maestria d’un scénario totalement maîtrisé, à défaut d’être profondément original.
Parasite méritait-il la Palme d’Or ? Voilà un passionnant débat… que je vais vous épargner. Le jury est souverain et la qualité globale du film mérite bien un prix. Celui-là ou un autre, ça reste à voir. Ce film prouve une nouvelle fois l’incroyable richesse du cinéma coréen, qui nous fait découvrir à chaque nouvelle production de nouveaux interprètes absolument formidables. Il faut dire que ce film offre une galerie de rôles particulièrement savoureuse. La réalisation est quant à elle relativement classique, mais totalement maîtrisée. Ici et ailleurs, il manque peut-être un vrai grain de folie pour faire basculer définitivement ce film dans une toute autre dimension. Mais la dimension où il se situe reste déjà inaccessible au commun des longs métrages.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Barunson, CJ Entertainment, Frontier Works Réalisation : Bong Joon-ho Scénario : Bong Joon-ho, Jin Won Han Montage : Jin-mo Yang Photo : Alex Hong Kyung-Pyo Distribution : Les Bookmakers, The Jokers Musique : Jaeil Jung Directeur artistique : Lee Ha-jun Durée : 132 min
Casting : Song Kang-ho : Ki-tek Cho Yeo-jeong : Yeon-Kyo So-Dam Park : Ki-Jung Hyae Jin Chang : Chun-sook Jung Hyeon-jun : Da-song Sun-kyun Lee : Mr Park
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