






Les premières minutes de Liz et l’Oiseau Bleu nous incitent à nous demander ce que peut bien vouloir nous raconter Naoko Yamada, réalisateur du très remarqué Silent Voice. Puis les événements prennent sens et on comprend le fond du propos. Un propos à première vue assez gentillet sur l’affirmation de soi, mais qui prend une toute autre dimension si on y voit aussi une dimension amoureuse, jamais évoqué, mais que l’on peut facilement glisser entre les mots. Cela donne une tension dramatique supplémentaire à l’histoire qui nous y fait pleinement entrer. L’habilité du récit qui apporte un retournement final de perspective fait le reste pour nous livrer un joli moment qui va au-delà de la bleuette pour adolescentes qu’il paraissait être.

LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique :
Production : Hibike! Production Committee
Distribution : Eurozoom
Réalisation : Naoko Yamada
Scénario : Reiko Yoshida
Montage : Kengo Shigemura
Photo : Kazuya Takao
Musique : Akito Matsuda, Kensuke Ushio
Directeur artistique : Mutsuo Shinohara
D’après l’œuvre de Ayano Takeda
Durée : 90 min
Casting :
Miyu Honda : Liz
Atsumi Tanezaki : Mizore
Nao Tayama : Nozomi

Le Livre du Cercle est un mélange assumée d’invention et de vérité historique. La trame des évènements correspond à la réalité, quand les personnages et une grande partie des enjeux qui les concernent sont nés de l’imagination de Robyn Young. Cela se mélange de manière très efficace pour permettre au lecteur d’avant tout se divertir, mais aussi de se cultiver un peu par la même occasion. La première dimension demeure largement dominante car ce livre est avant tout un récit d’aventures riche et plaisant, même s’il aurait gagné à traîner un peu moins en longueur. Les 700 pages se lisent facilement, mais le même récit aurait pu tenir en une bonne centaine de pages de moins.
Heureusement, la plume de Robyn Young est très vive et agréable pour qu’on ne voit pas non plus le temps trop long. Il parvient à doser les moments d’action et ceux plus centrés sur les relations entre les protagonistes. Dans ce récit, des batailles à grande échelle, mais aussi des complots et de l’amour. On y retrouve vraiment tout ce que l’on apprécie dans ce genre de roman. Le Livre du Cercle n’est pas le plus grande chef d’œuvre du genre, mais se laisse lire avec un réel plaisir. Assez en tout cas, pour avoir envie de dévorer au plus vite le second tome.

El Reino est un film remarquablement bien construit. La montée en puissance du scénario représente un modèle du genre. Dans les premières minutes, on est loin de se douter d’où tout cela va nous mener. On suit donc le même chemin que le personnage principal qui fait face à une situation de plus en plus inextricable. Le récit nous conduit à un dénouement remarquable qui incite à une certaine réflexion, tout en laissant au spectateur la possibilité d’apporter sa propre conclusion. On en ressort le souffle court, tant on avait fini par se laisser porter par cette histoire qui n’a au final pas grand-chose à voir avec la politique au sens premier du terme. Une preuve que l’instinct de survie peut se révéler lui aussi parfois communicatif.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Rodrigo Sorogoyen
Scénario : Rodrigo Sorogoyen, Isabel Pena
Montage : Alberto del Campo
Photo : Alejandro de Pablo
Décors : Ana Muniz
Musique : Olivier Arson
Durée : 131 min
Casting :
Antonio de la Torre : Manuel Lopez-Vidal
Monica Lopez : Ines
Josep Maria Pou : José Luis Frias
Nacho Fresneda : Paco Castillo
Aba Wagener : Asuncion Ceballos
Barbara Lennie : Amaia Marin
Francisco Reyes : Alvarado
Luis Zahera : Luis Cabrera

Les Oiseaux de Passage est un excellent film pour plusieurs raisons. Ce que l’on retient avant tout reste la galerie de personnages profondément marquants. C’est souvent le cas des films de « gangsters », ces derniers se démarquant souvent du commun des mortels. Ici, le contexte socio-géographique très particulier renforce encore cette singularité. On découvre aussi une culture et un aspect méconnu d’un pays. Cela donne toute la richesse de ce film. Tout cela est également porté par une intrigue solide, pleine de rebondissements, avec un rythme et une intensité qui va crescendo. Cela donne beaucoup de raisons pour apprécier cette histoire à la fois hyper classique et profondément originale.

LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Ciudad Lunar, Blond Indian Films, Pimienta Films, Films Boutique, Snowglobe
Réalisation : Ciro Guerra, Cristina Gallego
Scénario : Ciro Guerra, Maria Camila Arias, Jacques Toulemonde Vidal
Montage : Miguel Schverdfinger
Photo : David Gallegos
Décors : Angélica Perea
Distribution : Diaphana
Musique : Leonardo Heiblum
Directeur artistique : Angelica Perea
Durée : 125 min
Casting :
Carmina Martinez : Ursula
José Acosta : Rapayet
Natalia Reyes : Zaida
Jhon Narvaez : Moises

Le Prophète Rouge nous permet enfin de comprendre ce que Orson Scott Card a l’intention de faire de l’univers qu’il a créé. Pour faire simple, il se passe enfin quelque chose ! Le roman nous propose de l’action, du suspense et une situation qui évolue considérablement. Bref, le récit se lance d’un coup et il se lance franchement. Il nous happe et ressort de ce second tome avant une forte envie d’attaquer le suivant pour savoir ce qu’il va advenir des personnages et de cet univers assez original. Un univers fantastique, mais où l’on croisera Lafayette et Napoléon. Il prend ici une toute autre dimension, quand le premier tome restait confiné à un horizon beaucoup plus étroit.
Le Prophète Rouge bénéficie de la joie plume d’Orson Scott Card. La qualité de l’écriture se mesure réellement quand le récit s’accélère. L’intrigue est claire, les personnages sont présentés assez longuement pour qu’ils possèdent une réelle épaisseur, mais ceci toujours de manière vivante. De même, la description plus globale de cet univers uchronique se fait progressivement en donnant des repères solides au lecteur, sans jamais faire baisser le rythme de narration. Vous l’aurez compris, j’ai vraiment changé de regard sur cette saga qui me semble désormais particulièrement prometteuse. Suite au prochain épisode donc.

Synonymes présente un seul intérêt. A chaque scène on se montre bien incapable de prévoir ce qui nous attend. En effet, le scénario ne choisit jamais la solution qui possèderait un minimum de sens… ou pire un minimum d’intérêt. On reste relativement abasourdi devant cet enchaînement de n’importe quoi qui ne semble jamais vouloir s’arrêter ou au moins nous expliquer ce que tout cela signifie. On sent bien la volonté de Nadav Lapid de nous transmettre un message profond et subtil. Mais à moins d’abuser de substances psychotropes, bien malin serait celui capable de le décoder, tant il se cache sous un masque profond et obscur de ridicule et d’ineptie. L’histoire ne parvient d’ailleurs même pas à la moindre conclusion et se termine au milieu de nul part.

LA NOTE : 05/20
Fiche technique :
Production : Arte France cinéma, SBS Productions, Pie Films, Komplizen Films
Distribution : SBS Distribution
Réalisation : Nadav Lapid
Scénario : Nadav Lapid, Haim Lapid
Montage : Neta Braun, Era Lapid, François Gédigier
Photo : Shai Goldman
Décors : Pascale Consigny
Durée : 123 min
Casting :
Tom Mercier : Yoav
Quentin Dolmaire : Emile
Louise Chevillotte : Caroline
Christophe Paou : Raphaël
Uria Hayik : Yaron
Léa Drucker : la professeur de français
Olivier Loustau : Michel

L’intérêt de Comme Si de Rien n’Etait réside dans le caractère presque anodin de l’histoire qui nous est racontée. Rarement un titre n’aura résumé parfaitement le fond d’un propos. Ce décalage entre son point de départ, qui est faut-il le rappeler tout simplement un crime, et tout ce qui suit, comme si ce qui c’était passé n’avait rien de vraiment dramatique, crée un malaise peut-être plus fort que si l’approche avait été plus directe. Ce n’est pas parce que la violence devient ordinaire, que sa gravité est niée par la victime elle-même, que ses conséquences en deviennent pour autant moins profondes et destructrices. Ce film en fait la brillante démonstration et c’est ce qui fait toute sa force.

LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique :
Réalisation : Eva Trobisch
Scénario : Eva Trobisch
Photographie : Julian Krubasik
Montage : Kai Minierski
Décors : Renate Schmaderer
Casting : Susanne Ritter
Casting :
Aenne Schwarz : Janne
Andreas Döhler : Piet
Hans Löw : Martin
Tilo Nest : Robert
Lina Wendel : Sabine
Lisa Hagmeister : Sissi
Dagny Dewath : Tina
Thomas Grässle : Flori




Le grand mérite de la Lutte des Classes est d’être capable de se moquer de tous les protagonistes avec un mélange détonnant de mordant féroce et de bienveillance sans faille. Pourtant, en abordant le champ du social et surtout du religieux, Michel Leclerc s’aventurait dans un terrain miné. Il en ressort indemne et fait même preuve d’un certain brio. Sauf peut-être sur la fin où le film sombre quelque peu dans un certain n’importe quoi, même si l’aspect « united color of bandes de cons » est assez réjouissant. En tout cas, si tous les commentateurs traitant de ces sujets faisaient preuve du même discernement et du même recul, le monde ne s’en porterait que mieux !

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Karé Productions, UGC Images, Orange Studio, France 2 Cinéma, Scope Pictures
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Michel Leclerc
Scénario : Michel Leclerc, Baya Kasmi
Montage : Christel Dewynter
Photo : Alexis Kavyrchine
Décors : Mathieu Menut
Musique : Guillaume Atlan
Maquillage : Emma Franco
Durée : 103 min
Casting :
Leïla Bekhti : Sofia
Edouard Baer : Paul
Ramzy Bedia : Bensallah
Tom Levy : Corentin « Coco
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