LA MORT DE STALINE : La mort ne leur va pas si bien

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lamortdestalineafficheLa mort de Staline ne semble pas à première vue représenter un événement historique susceptible d’inspirer une pure comédie, mais plutôt un drame historique à la hauteur du personnage. A première vue seulement. La preuve en est avec un film simplement intitulé… la Mort de Staline. Preuve à moitié convaincante cependant. Dans l’histoire du cinéma, certains dictateurs auront inspiré des comédies infiniment plus marquantes. Mais n’est pas Charlie Chaplin ou Sacha Baron Cohen qui veut.

La Mort de Staline n’est pas totalement raté. Mais difficile de ne pas être déçu, tant la bande-annonce était prometteuse. Malheureusement, elle dévoilait l’essentiel des ressorts comiques utilisés et le film ne dévoile guère d’autres surprises. Du coup, ça tourne vite en rond et sans être réellement poussif, le film devient routinier et par la même occasion à moitié drôle. On peut saluer l’audace de l’idée de départ mais on a bien du mal à s’enthousiasmer réellement pour sa concrétisation. Un rendez-vous raté donc, ou en tout cas assez décevant.

lamortdestalineCe n’est pourtant pas la faute d’un casting qui fait tout son possible pour réjouir les spectateurs. Au moins les comédiens s’amusent follement et cela fait plaisir à voir, même si le plaisir n’est pas totalement partagé ! Steve Buscemi est évidemment génial mais tous sont au niveau. Mais ce n’est malheureusement pas suffisant pour donner un réel élan à la Mort de Staline. Comme pour In the Loop, Armando Iannuci parvient à créer une personnalité visuelle sans livrer un propos réellement convaincant. Espérons que la troisième sera là bonne.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : Main Journey, Free Range Films, Quad Productions, Title Media
Distribution : Gaumont
Réalisation : Armando Iannucci
Scénario : Armando Iannucci, David Schneider, Ian Martin, Peter Fellows, d’après la BD de Fabien Nury et Thierry Robin
Montage : Peter Lamber
Photo : Zac Nicholson
Décors : Cristina Casali
Musique : Christopher Willis
Durée : 106 min

Casting :
Steve Buscemi : Nikita Khrouchtchev
Simon Russell Beale : Lavrenuy Beria
Jeffrey Tambor : Georgy Malekov
Olgra Kurylenko : Maria Yudina
Michael Palin : Vyacheslav Molotov
Andrea Riseborough : Svetlana Stalin
Jason Isaacs : Georgy Zhukov
Rupert Friend : Vasily Stalin
Paddy Considine : Camarade Andryev

LA PRIERE : La vie n’est pas un long fleuve tranquille

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lapriereafficheLorsqu’un réalisateur cherche à nous dire quelque chose au travers d’un film, deux possibilités s’offrent à lui. Soit il expose clairement son propos et développe un à un les arguments qui doivent convaincre le spectateur. Soit il laisse planer jusqu’au bout le suspense quant à la conclusion de sa démonstration. Cette seconde possibilité est clairement le choix fait par Cédric Kahn avec la Prière. Une histoire forte dont on se demande jusqu’à l’ultime image où elle va nous mener.

Cette attente constitue un moyen efficace pour happer l’attention du spectateur. Cela permet surtout à ce dernier de suivre à la trace le chemin suivi par le personnage principal. Comme lui, on ne sait pas où tout cela va nous mener et on partage ses doutes et ses interrogations. Cela renforce évidemment l’attachement que l’on peut ressentir et démultiplie les émotions fortes véhiculées par cette histoire. En effet, la route que nous fait emprunter la Prière est loin d’être paisible et tranquille.

lapriereLa Prière constitue aussi l’occasion de découvrir le talentueux Anthony Bajon qu’on avait déjà pu apercevoir nettement plus furtivement dans Rodin. Le rôle n’était vraiment pas facile mais il incarne son personnage avec force et conviction de la première à la dernière seconde, alors que ce dernier évolue énormément au cours du film. Une vraie révélation, récompensée par un ours d’argent à Berlin ! Au final Cédric Kahn signe là son film le plus marquant en orchestrant de main de maître la synergie entre son scénario et son personnage.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Les films du Worso
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Cédric Kahn
Scénario : Cédric Kahn, Fanny Burdino, Samuel Doux
Montage : Laure Gardette
Photo : Yves Cape
Durée : 107 min

Casting :
Anthony Bajon : Thomas
Damien Chapelle : Pierre
Alex Brendemühl : Marco
Louise Grinberg : Sybille

COMMENT VA LA DOULEUR ? (Pascal Garnier) : Tragi-comique

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comment-va-la-douleurCertains titres sont parfois trompeur. On a du mal à imaginer qu’un roman intitulé Comment Va la Douleur ? ne soit pas sinistre. Surtout quand il débute par un événement plutôt tragique. Mais il ne faut vraiment jamais juger un livre par sa couverture et donc encore moins par son titre. Non que le roman de Pascal Garnier soit exempt de toute noirceur, mais il nous livre une histoire tragi-comique que l’on savoure avec plaisir.

Comment Va la Douleur ? est avant tout une rencontre. La rencontre de deux personnages tout d’abord, à l’origine de toute l’histoire. Mais aussi la rencontre du lecteur avec ces personnages. Leur personnalité originale représente l’élément le plus marquant du récit. Les aventures et mésaventures qu’ils vont vivre tirent leur intérêt principalement de la manière dont elles vont faire évoluer les protagonistes et la relations qu’ils entretiennent.

Le tout prend vie sous la plume mordante de Pascal Garnier. Il porte sur son récit un regard à la fois tendre et ironique, pour ne pas dire un rien cynique. Il s’en dégage un humour subtil, naissant d’une histoire qui aurait pu être racontée avec ton sérieusement tragique, pour ne pas dire tragiquement sérieux. Comment Va la Douleur ? n’y aurait sûrement pas gagné quoi que ce soit et on remercie Pascal Garnier pour ce choix. Il nous livre au final un récit court, mais suffisant. Et surtout réussi.

LA BELLE ET LA BELLE : Gâchis et gâchis

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labelleetlabelleafficheUne bonne idée de base, deux très bonnes actrices, on peut se dire que cela constitue une très bonne base pour proposer un excellent film. Une base suffisamment bonne en tout cas pour attirer le spectateur en salle. Mais une fois que la lumière s’éteint, ce dernier, même pas spécialement exigeant, en attend plus. Et s’il ne trouve pas ce petit supplément, il ressort du cinéma forcément déçu. C’est exactement le sentiment qui m’a habité lorsque je suis ressorti de la Belle et la Belle.

Sophie Filières échoue à donner corps à son idée de départ. Cette dernière est certes intéressante, mais la réalisatrice ne sait pas vraiment quoi en faire. Le propos reste donc très superficiel et n’éveille guère d’intérêt chez le spectateur. On traverse le film en se demandant quand l’histoire va enfin décoller. Ce moment n’arrive jamais. La Belle et la Belle gâche donc son potentiel scénaristique. Ce n’est malheureusement pas tout.

labelleetlabelleLe duo formé par Sandrine Kimberlain et Agathe Bonitzer avait tout pour nous séduire. Mais au final, leur talent est lui aussi au final peu exploité. Les deux actrices ont bien du mal à donner vraiment de l’épaisseur à leurs personnages respectifs, malgré leurs efforts évident. Melvil Poupaud ère entre les deux, lui aussi un peu perdu, ne sachant pas comment rendre percutant des dialogues souvent assez creux. Bref, tout cela n’est vraiment pas enthousiasmant et ressemble à un beau gâchis.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Réalisation : Sophie Fillières
Assistant-réalisateur : 1) Guillaume Huin / 2) Hugo Fié
Scénario : Sophie Fillières
Photographie : Emmanuelle Collinot
Montage : Valérie Loiseleux
Costumes : Carole Gérard
Décors : Emmanuel de Chauvigny
Musique : Kasper Winding
Son: Henri Maikoff
Mixage : Jean-Pierre Laforce
Casting : Constance Demontoy
Productrice : Julie Salvador
Durée : 95 minutes

Casting :
Sandrine Kiberlain : Margaux
Agathe Bonitzer : Margaux
Melvil Poupaud : Marc
Lucie Desclozeaux : Esther
Laurent Bateau : Jérôme
Théo Cholbi : le garçon éméché qui s’interroge sur Bocuse
Anthony Paliotti : le hipster barbu
Florence Muller : le médecin
Aurélie Dupont : elle-même dans le TGV
Brigitte Roüan : la mère de Margaux
Christophe Odent : le père de Margaux

LES BONNES MANIERES : Les bonnes idées

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lesbonnesmanieresafficheLes films de genre ont souvent ce charme particulier lié à un manque de moyen par rapport à ce qui serait nécessaire, le fantastique ou l’horreur exigeant souvent quelques effets spéciaux. Mais comme ce genre de film est le fruit de cinéastes plein d’imagination, ils se débrouillent souvent pour contourner ces contraintes en faisant beaucoup avec peu. Ce sont un peu les McGyver du cinéma. Au Brésil comme ailleurs. La preuve avec les Bonnes Manières, un film qui ne bénéficie certainement pas du budget le plus colossal de l’histoire du cinéma, mais de beaucoup de bonnes idées.

Raconter quoi que ce soit à propos de l’histoire de les Bonnes Manières serait relativement criminel. En effet pendant une bonne moitié du film, le scénario est construit pour nous dévoiler très lentement le fond de l’intrigue. La deuxième partie sera plus directe mais la première est un peu comme un strip-tease scénaristique. Anticiper l’effeuillage revient à priver le spectateur d’une partie du plaisir. En tout cas, la narration est remarquablement construite pour masquer le plus longtemps possible le fin mot de l’histoire. Cette première partie constitue vraiment l’aspect le plus intéressant de ce film, la seconde étant nettement plus classique.

lesbonnesmanieresMarco Dutra et Juliana Rojas signent donc un film imaginatif et qui tire pleinement partie des moyens à leurs dispositions. Les quelques effets spéciaux sont d’ailleurs plutôt réussis, même si on sent bien qu’il n’était pas possible d’en abuser. C’est un vrai plaisir de voir un film qui mise avant tout sur la qualité d’écriture du scénario, plutôt que dans la surenchère visuelle. Les Bonnes Manières n’en devient pas pour autant génial, mais il permet au spectateur de sortir de la salle pleinement satisfait.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Marco Dutra et Juliana Rojas
Scénario : Marco Dutra et Juliana Rojas
Costumes : Kiki Orona
Photographie : Rui Poças
Montage : Caetano Gotardo
Musique : Guilherme Garbato et Gustavo Garbato
Durée : 135 minutes

Casting :
Isabél Zuaa : Clara
Marjorie Estiano : Ana
Miguel Lobo : Joel
Cida Moreira : Mme Amélia
Andrea Marquee : Ângela
Felipe Kenji : Maurício
Nina Medeiros : Amanda
Neusa Velasco : Dona Norma
Gilda Nomacce : Gilda
Eduardo Gomes : le professeur Edu
Hugo Villavicenzio : Hugo
Adriana Mendonça : Cida
Germano Melo : le docteur Ciro Poças

VENT DU NORD : Bon vent !

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ventdunordafficheProlétaires du monde entier, unissez-vous ! Tel pourrait être le slogan de Vent du Nord. Un film social qui nous emmène de France en Tunisie, autour de la délocalisation d’une usine et du destin d’un ouvrier d’ici et un de là-bas. Un film dans une pure tradition cinématographique française, mêlant portrait de personnage et message politique (de gauche) sous-jacent. Et ce qu’il y a de bien avec les traditions, c’est que même quand ce n’est pas génial, ce n’est pas mal quand même. Surtout quand le film a la bonne idée de ne pas livrer de propos manichéen ou caricatural.

Vent du Nord échappe totalement au travers le plus courant de ce genre de film, à savoir le misérabilisme. Aucun personnage n’est une pure victime, sans pour autant que cela vienne édulcorer les idées défendues. Le film brille donc par son équilibre, même si j’aurais personnellement opté pour une fin différente. La démonstration n’est pas la plus brillante et la plus profonde qui soit, mais elle est menée avec conviction et sincérité. On est du coup forcément touché par ces personnages qui n’ont pas la vie facile, même s’ils ne s’en laissent pas compter.

ventdunordVent du Nord a eu aussi le mérite de me faire apprécier pleinement un personnage interprété par Philippe Rebbot. J’avoue avoir beaucoup de mal avec cet acteur que je trouve le plus souvent antipathique. Ici, il fait vraiment corps avec son personnage et on ne peut s’empêcher de ressentir une grande tendresse pour ce dernier. Le casting tunisien est aussi à saluer, aussi bien Mohamed Amine Hamzaoui que la sublime Abir Bennani. La réalisation de Walid Mattar est sobre, mais dotée d’une certaine élégance qui met parfaitement en valeur les comédiens. Il fait au final un joli vent de révolte salutaire.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Walid Mattar
Scénario : Leyla Bouzid, Claude Le Pape et Walid Mattar
Photographie : Martin Rit
Montage : Lilian Corbeille
Costumes : Hélène Honhon et Catherine Cosme
Décors : Marion Burger
Musique : Malek Saied
Producteur : Saïd Hamich
Durée : 89 minutes

Casting :
Philippe Rebbot : Hervé Lepoutre
Mohamed Amine Hamzaoui : Foued Ben Slimane
Kacey Mottet-Klein : Vincent Lepoutre
Corinne Masiero : Véronique Lepoutre
Abir Bennani : Karima
Khaled Brahmi : Chiheb
Thierry Hancisse : Bernard

CHRONIQUES D’UN GUERRIER SINAMM, TOME 2 : LA TERRE D’HORIZON (Nicolas Jarry) : Deuxième chance

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terredhorizonQuand une série commence un peu mollement, il faut parfois savoir lui laisser une chance. C’est vrai pour les séries télévisées mais aussi en littérature. Le Loup de Deb, premier volet de la trilogie Chroniques d’un Guerrier Sînamm, ne m’avait qu’à moitié convaincu. Mais comme ce sont les tomes 2 et 3 que j’ai ramassé un beau jour devant chez moi, la suite m’attendait déjà dans ma bibliothèque. Je me suis donc attaqué à La Terre d’Horizon sans en attendre grand chose et sans grand risque d’être déçu. Et au final, ce fut tout le contraire.

La Terre d’Horizon est loin d’être le plus grand chef d’œuvre de l’histoire de la fantaisie, soyons clair. Mais il a gommé beaucoup des défauts dont souffrait le premier épisode. En premier lieu, le récit est beaucoup plus clair. On comprend ce qui se passe, les enjeux de chaque passage et la motivation des personnages. Il règne parfois encore un léger flou, mais rien qui puisse perdre le lecteur et c’est vraiment appréciable. Du coup, on peut vraiment prendre le temps de découvrir l’univers crée par Nicolas Jarry.

Cet univers possède sa personnalité. Tout n’est pas cependant hyper convaincant. Le voyage est agréable, mais la destination n’est pas totalement inoubliable. La Terre d’Horizon n’est pas forcément un roman que je recommanderais d’acheter, mais il peut être lu avec plaisir s’il vous tombe par hasard sous la main, comme c’est arrivé pour moi. En tout cas, j’attaquerai le troisième et dernier tome sans crainte et même une petit peu d’envie.

THE RIDER : Grands espaces intimistes

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theriderafficheCes dernières semaines, nous avions déjà pu redécouvrir avec Hostiles à quel point les grands espaces américains étaient cinégéniques. On peut s’en persuader définitivement en allant voir The Rider. Même s’il y est question de cow-boys et de chevaux, ce film n’a cette fois rien d’un western. La magie des images restent pourtant la même, même pour un propos radicalement différent. Un décor ne fait pas un film. Mais un décor sublime peut tout de même aider à faire d’un beau film un très beau film.

The Rider est un film portrait. Celui d’une étoile montante du rodéo, privé de sa passion suite à un accident. Un tel pitch pourrait en arrêter certains, si jamais la musique country et les chevaux sauvages les laissent froid. Cela constituerait une grossière erreur car la quête du jeune homme pour trouver un nouveau sens à sa vie nous offre un propos d’une portée qui dépasse de très loin son point de départ. Certes, le décor est particulier, mais le thème développé est universel. Surtout quand il est développé avec autant de subtilité, de finesse et un rien de poésie.

theriderThe Rider est aussi un film remarquablement bien réalisé. J’ai déjà évoqué la beauté des décors de fond, mais ils sont surtout superbement mis en valeur par la caméra de Chloé Zhao. Elle parvient à nous livrer un film particulièrement intimiste, tout en nous faisant partager la splendeur de grands espaces ouverts à l’infini. Une contradiction surmontée avec un talent bluffant et la complicité d’un casting étonnant, les acteurs jouant leurs propres rôles. Mais qui pourrait douter que Brady Jandreau n’est pas un acteur professionnel. Le résultat en tout cas est un régal pour les yeux et le cerveau.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Caviar, Highwayman Films
Réalisation : Chloé Zhao
Scénario : Chloé Zhao
Montage : Alex O Flinn
Photo : Joshua James Richards
Distribution : Les films du Losange
Musique : Nathan Halpern, Ben Stokoler
Durée : 104 min

Casting :
Cat Clifford : Cat Clifford
Lilly Jandreau : Lilly Blackburn
Brady Jandreau : Brady Blackburn
Tim Jandreau : Wayne Blackburn
Lane Scott : Lane Scott

NEW VIEW (Eleanor Friedberger), LES CONQUETES (Radio Elvis), EVERYTHING YOU’VE COME TO EXPECT (The Las Shaddow Puppets) : Du solide !

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niewvieweleanorfriedbergerOn commence cet avis musical avec une artiste, chanteuse, compositrice et interprète, américaine, Eleanor Friedberger. Elle a connu une première carrière au sein d’un groupe intitulé The Fiery Furnaces, avant continuer en solo. New View, sorti en 2016, est son troisième album en solitaire. Elle nous offre une musique pop-folk portée par sa voix claire et des instrumentations simples mais très agréables. On y retrouve un travail discret, mais intéressant sur les sonorités. Le tout est interprété avec conviction. L’album est vraiment sympathique et de qualité de bout en bout. Mention spéciale pour le titre Because I Asked You.

lesconquetesradioelvisOn enchaîne avec le groupe français Radio Elvis, que je connaissais avant tout de nom, suite à leur Victoire de la Musique remportée en 2017. Leur unique album à ce jour, les Conquêtes, nous permet de découvrir la voix assez prenante de Pierre Guénard. Les mélodies sont assez simples mais mettent parfaitement en valeur cette dernière. Les textes sont parfois assez obscurs, voire carrément absurdes, mais apparaissent plutôt comme un support pour la voix. La musique est parcourue de quelques accents électro, pour un résultat fort sympathique. Surtout que les titres sont assez variés pour être écoutés avec un minimum d’attention du début à la fin.

everythingyouveexpectthelastshadowpuppetsOn termine par The Last Shadow Puppets, une sorte de méta-groupe anglais composé du chanteur des Artics Monkeys ou encore Miles Kane. Après un premier opus en 2008, ils sont revenus 8 ans plus tard avec ce Everything You’ve Come to Expect. Ils nous proposent un rock totalement maîtrisé et propre sur lui. Maîtrisé, mais pas forcément emballant. Le résultat manque quand même d’une petite étincelle de créativité et de folie. Cependant, la qualité est constante. L’album est solide et agréable, mais pas inoubliable.

RAZZIA : Not much loved

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razziaafficheLe plus difficile dans une carrière, c’est de confirmer après une victoire. Ah oui, c’est vrai, je ne suis pas censé parlé de sport ici, mais de cinéma. Mais le parallèle est facile. Nabil Ayouch avait signé avec Much Loved un film magnifique qui avait fait énormément de bruit. Il était évidemment au tournant pour son prochain film. Razzia paraissait particulièrement prometteur à la vue de la bande-annonce. C’est donc avec une réelle impatience que je m’y suis rendu. Malheureusement, la réussite fuit parfois le buteur qui venait pourtant de signer un triplé le match précédent… Bon allez, fin du parallèle footballistique.

La différence entre Much Loved et Razzia permet de bien saisir ce qu’est l’inspiration. Les deux films sont proches dans leurs dimensions humanistes, relevant toutes les failles de la société marocaine. Mais si le premier avait été touché par une grâce absolue, le second ressemble à une démonstration un peu forcée, un peu facile. Il est incontestable que ce qui est exposé correspond bien à une réalité, mais elle est livrée ici de manière trop directe, sans ce supplément d’âme qui fait passer du convaincant au sublime. On partage bien les difficultés traversées par les personnages, mais sans émotion débordante.

razziaL’erreur de Nabil Ayouch est peut-être d’avoir voulu reprendre les mêmes ingrédient en essayant de les démultiplier. Plusieurs destins, plusieurs époques en parallèle. Au final, cela ne démultiplie pas, mais dilue plutôt. On survole plus qu’on entre dans une intimité profonde qui aurait pu réellement nous lier avec les personnages. Et le lien qui se crée entre toutes ces histoires apparaît assez artificiel et ne parvient pas à donner à Razzia une dimension supplémentaire. D’un autre réalisateur, on aurait sûrement été plus compréhensif, mais les attentes étaient trop forte pour ne pas en ressortir déçu.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Nabil Ayouch
Scénario : Nabil Ayouch et Maryam Touzani
Photographie : Virginie Surdej
Son : Zacharie Naciri
Montage : Sophie Reine
Durée : 119 minutes

Casting :
Maryam Touzani : Salima
Arieh Worthalter : Joe
Amine Ennaji : Abdallah
Abdelilah Rachid : Hakim
Dounia Binebine : Inès
Abdellah Didane : Ilyas
Kamal El Amri : Hamza
Lyna Bennani : Ghita