
La Mort de Staline n’est pas totalement raté. Mais difficile de ne pas être déçu, tant la bande-annonce était prometteuse. Malheureusement, elle dévoilait l’essentiel des ressorts comiques utilisés et le film ne dévoile guère d’autres surprises. Du coup, ça tourne vite en rond et sans être réellement poussif, le film devient routinier et par la même occasion à moitié drôle. On peut saluer l’audace de l’idée de départ mais on a bien du mal à s’enthousiasmer réellement pour sa concrétisation. Un rendez-vous raté donc, ou en tout cas assez décevant.

LA NOTE : 10/20
Fiche technique :
Production : Main Journey, Free Range Films, Quad Productions, Title Media
Distribution : Gaumont
Réalisation : Armando Iannucci
Scénario : Armando Iannucci, David Schneider, Ian Martin, Peter Fellows, d’après la BD de Fabien Nury et Thierry Robin
Montage : Peter Lamber
Photo : Zac Nicholson
Décors : Cristina Casali
Musique : Christopher Willis
Durée : 106 min
Casting :
Steve Buscemi : Nikita Khrouchtchev
Simon Russell Beale : Lavrenuy Beria
Jeffrey Tambor : Georgy Malekov
Olgra Kurylenko : Maria Yudina
Michael Palin : Vyacheslav Molotov
Andrea Riseborough : Svetlana Stalin
Jason Isaacs : Georgy Zhukov
Rupert Friend : Vasily Stalin
Paddy Considine : Camarade Andryev

La Prière constitue aussi l’occasion de découvrir le talentueux Anthony Bajon qu’on avait déjà pu apercevoir nettement plus furtivement dans Rodin. Le rôle n’était vraiment pas facile mais il incarne son personnage avec force et conviction de la première à la dernière seconde, alors que ce dernier évolue énormément au cours du film. Une vraie révélation, récompensée par un ours d’argent à Berlin ! Au final Cédric Kahn signe là son film le plus marquant en orchestrant de main de maître la synergie entre son scénario et son personnage.

Le duo formé par Sandrine Kimberlain et Agathe Bonitzer avait tout pour nous séduire. Mais au final, leur talent est lui aussi au final peu exploité. Les deux actrices ont bien du mal à donner vraiment de l’épaisseur à leurs personnages respectifs, malgré leurs efforts évident. Melvil Poupaud ère entre les deux, lui aussi un peu perdu, ne sachant pas comment rendre percutant des dialogues souvent assez creux. Bref, tout cela n’est vraiment pas enthousiasmant et ressemble à un beau gâchis.
Marco Dutra et Juliana Rojas signent donc un film imaginatif et qui tire pleinement partie des moyens à leurs dispositions. Les quelques effets spéciaux sont d’ailleurs plutôt réussis, même si on sent bien qu’il n’était pas possible d’en abuser. C’est un vrai plaisir de voir un film qui mise avant tout sur la qualité d’écriture du scénario, plutôt que dans la surenchère visuelle. Les Bonnes Manières n’en devient pas pour autant génial, mais il permet au spectateur de sortir de la salle pleinement satisfait.
Vent du Nord a eu aussi le mérite de me faire apprécier pleinement un personnage interprété par Philippe Rebbot. J’avoue avoir beaucoup de mal avec cet acteur que je trouve le plus souvent antipathique. Ici, il fait vraiment corps avec son personnage et on ne peut s’empêcher de ressentir une grande tendresse pour ce dernier. Le casting tunisien est aussi à saluer, aussi bien Mohamed Amine Hamzaoui que la sublime Abir Bennani. La réalisation de Walid Mattar est sobre, mais dotée d’une certaine élégance qui met parfaitement en valeur les comédiens. Il fait au final un joli vent de révolte salutaire.

The Rider est aussi un film remarquablement bien réalisé. J’ai déjà évoqué la beauté des décors de fond, mais ils sont surtout superbement mis en valeur par la caméra de Chloé Zhao. Elle parvient à nous livrer un film particulièrement intimiste, tout en nous faisant partager la splendeur de grands espaces ouverts à l’infini. Une contradiction surmontée avec un talent bluffant et la complicité d’un casting étonnant, les acteurs jouant leurs propres rôles. Mais qui pourrait douter que Brady Jandreau n’est pas un acteur professionnel. Le résultat en tout cas est un régal pour les yeux et le cerveau.
On enchaîne avec le groupe français Radio Elvis, que je connaissais avant tout de nom, suite à leur Victoire de la Musique remportée en 2017. Leur unique album à ce jour, les Conquêtes, nous permet de découvrir la voix assez prenante de Pierre Guénard. Les mélodies sont assez simples mais mettent parfaitement en valeur cette dernière. Les textes sont parfois assez obscurs, voire carrément absurdes, mais apparaissent plutôt comme un support pour la voix. La musique est parcourue de quelques accents électro, pour un résultat fort sympathique. Surtout que les titres sont assez variés pour être écoutés avec un minimum d’attention du début à la fin.
On termine par The Last Shadow Puppets, une sorte de méta-groupe anglais composé du chanteur des Artics Monkeys ou encore Miles Kane. Après un premier opus en 2008, ils sont revenus 8 ans plus tard avec ce Everything You’ve Come to Expect. Ils nous proposent un rock totalement maîtrisé et propre sur lui. Maîtrisé, mais pas forcément emballant. Le résultat manque quand même d’une petite étincelle de créativité et de folie. Cependant, la qualité est constante. L’album est solide et agréable, mais pas inoubliable.
L’erreur de Nabil Ayouch est peut-être d’avoir voulu reprendre les mêmes ingrédient en essayant de les démultiplier. Plusieurs destins, plusieurs époques en parallèle. Au final, cela ne démultiplie pas, mais dilue plutôt. On survole plus qu’on entre dans une intimité profonde qui aurait pu réellement nous lier avec les personnages. Et le lien qui se crée entre toutes ces histoires apparaît assez artificiel et ne parvient pas à donner à Razzia une dimension supplémentaire. D’un autre réalisateur, on aurait sûrement été plus compréhensif, mais les attentes étaient trop forte pour ne pas en ressortir déçu.
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