Après, Tirez la Langue, Mademoiselle, une version cette fois-ci très différente du triangle amoureux avec Ilo Ilo, film venu de Singapour, qui nous raconte la relation forte qui se noue entre un jeune garçon assez difficile et sa domestique philippine, sous le regard de plus en plus jaloux d’une mère incapable d’avoir une telle complicité et une telle tendresse avec son enfant. Le tout filmé avec une infinie délicatesse pour un très beau film, mais qui n’a clairement pas exploité pleinement son sujet.
Ilo Ilo est un film extrêmement linéaire, au rythme modéré, qui a donc du mal à totalement entraîner le spectateur avec lui. Le fond social lié à l’immigration est largement évoqué, mais le film manque d’un point de vue pour donner un intérêt supplémentaire à cet aspect. On retrouve aussi cette neutralité dans la manière dont les rapports familiaux sont décrits. Certes, cela permet au spectateur de se faire sa propre opinion sur la situation et les personnages, mais cela ne permet pas de partager une seule et même réflexion.
Reste au final avant tout une histoire belle et simple qui fait d’Ilo Ilo un film agréable. Mais il y aurait eu matière à en faire un film d’une force et d’un impact bien plus conséquents.
Le triangle amoureux est un thème classique, usé jusqu’à la corde. Il y a encore des réalisateurs pour s’y attaquer pourtant, en essayant de réinventer une énième fois le genre. C’est le cas de Axelle Ropert avec Tirez la Langue, Mademoiselle. L’originalité de ce film repose sur le fait que deux côtés du triangle soient occupés par deux frères, médecins dans le même cabinet, voisins de paliers, bref presque siamois.
Au final, Tirez la Langue, Mademoiselle est sympathique, sans être d’un intérêt délirant. Comme souvent dans ce genre de film, l’intérêt passe par la qualité des personnages et celle de leur interprétation. On saluera donc une nouvelle fois le charisme et la présence à l’écran de Louise Bourguoin, dont on comprend aisément qu’elle puisse déchaîner ainsi les passions. Cédric Kahn et Laurent Stocker ne sont pas en reste, même si on a parfois un peu de mal à croire à ces deux frères aussi différents que le jour et la nuit.
Au final, Tirez la Langue, Mademoiselle, s’il n’arrive pas à livrer une version réellement différente de cette histoire éternelle, nous offre au moins un joli moment de sensibilité
C’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes dit le proverbe. Cela définit assez bien le point de départ de Red, une comédie d’espionnage où des agents retraités prouvent qu’ils ont encore de beaux restes. Le premier épisode avait été léger, sans casser des briques, mais on pouvait craindre qu’une suite ne constitue pas vraiment une bonne idée, car sans l’effet de surprise, cette idée sympathique aurait vite fait de passer pour limiter.
Pourtant Red 2 est incontestablement une réussite. Plus rythmé, plus drôle que le premier volet, il sent un peu le réchauffé, mais certains plats sont meilleurs servis ainsi. Le charme des acteurs marche à plein, notamment un John Malkovitch hilarant et surtout une Mary-Louise Parker au sourire renversant. Sans parler de l’autre femme de ma vie, Catherine Zeta-Jones, toujours aussi parfaite. On ne s’ennuie pas une seule seconde et on se laisse porter par un scénario léger, qui comporte quelques rebondissements attendus mais parfaitement dans l’esprit de cet agréable divertissement qui fonctionne à merveille de bout en bout.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Summit Entertainment, Di Bonaventura Pictures, DC Entertainment, Etalon Film, NeoReel, Saints LA
La science-fiction nous offre généralement une vision assez sombre du futur. A la fois, un avenir radieux, où tout le monde serait heureux, baignant dans la joie et la félicité, donnerait difficilement de bonnes histoires. Par contre, la violence, la dictature, l’oppression des masses offrent déjà plus de possibilités. C’est pourquoi imaginer que notre société évoluera vers une séparation nette entre quelques riches vivant dans l’opulence et le reste de la population condamnée à la misère, à la maladie et à la pollution, tourne au cliché. Ce n’est pas Elysium qui bouleversera cet état de fait puisqu’il reprend ces thèmes très classiques.
Cependant, force est de constater que le sujet est quelque peu inépuisable. Alors certes, Elysium n’a rien d’inoubliable par son manque d’originalité. Et puis la dimension « critique sociale » des œuvres de science-fiction cassent rarement des briques il faut bien l’avouer et c’est encore le cas ici. On est donc là face à du pur divertissement, rythmé, bien foutu et souvent spectaculaire. Ce n’est pas spécialement complexe, sans forcément de grande surprise, mais sans être pour autant cousu de fil blanc. On peut juste déplorer que la dernière demi-heure soit extrêmement répétitive.
Le seul regret vient de la présence de Neill Blomkamp derrière la caméra et du duo Matt Damon – Jodie Foster devant. Le premier nous avait offert avec District 9 tout ce qu’Elysium n’est pas, c’est à dire un film d’anticipation original avec un vrai fond. Comme quoi le succès ne pousse pas toujours à la prise de risque. Quant au casting, il est de très haut niveau, mais largement sous-exploité. Cela fait quand même beaucoup de talents pour un résultat plaisant mais très anodin.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : TriStar Pictures, Media Rights Capital, QED International, Kinberg Genre, Sony Pictures Entertainment Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : Neill Blomkamp Scénario : Neill Blomkamp Montage : Julian Clarke, Lee Smith Photo : Trent Opaloch Décors : Philip Ivey Musique : Ryan Amon Durée : 109 mn
Casting : Matt Damon : Max Jodie Foster : Delacourt Sharlto Copley : Kruger Alice Braga : Frey Diego Luna : Julio Wagner Moura : Spider William Fichtner : John Carlyle
La prostitution constitue un sujet éminemment délicat. Cela peut donner un résultat franchement mauvais, comme Elles, désastre absolu malgré la présence de Juliette Binoche à l’affiche. Cela peut donner un résultat nettement plus convaincant comme avec Jeune et Jolie, le nouveau film de François Ozon, qui a fait un passage relativement remarqué au dernier festival de Cannes. Mais plus convaincant ne signifie pas non plus réellement enthousiasmant car le film se heurte vite à ses limites.
Déjà, au final, le propos de Jeune et Jolie n’est pas d’un intérêt fulgurant. Il évite certes le jugement, mais oublie aussi de donner un point de vue et même, au final d’apporter la moindre explication. Le film est pendant près d’une heure purement contemplatif. Ca ressemble même à une longue scène d’exposition, où vont se multiplier les séquences crues entre la jeune fille avec ses clients. Certes, c’est filmé avec élégance, sans voyeurisme, ni vulgarité, mais la répétition n’apporte pas grand chose à la profondeur du propos. Ce n’est que sur la fin, lorsque la famille découvre la situation, que ce dernier prend une autre consistance. Mais même là, on a l’impression que François Ozon n’a pas été au bout de sa réflexion.
Et puis, il y a le style Ozon pour lequel j’ai un tout petit peu de mal à m’enthousiasmer. C’est statique, sans fioriture, et du coup extrêmement froid. L’image ne véhicule aucune émotion, ce qui donne certes une certain recul par rapport à un sujet difficile, mais nous empêche aussi du coup de vraiment rentrer dans l’histoire. On contemple, on ne ressent pas. Ozon fait de Jeune et Jolie un objet au style parfait, mais trop lisse pour qu’on puisse trouver quelque chose auquel raccrocher son propre regard, son propre vécu, ses propres émotions.
La performance de Marine Vacht est à l’image du film. Froidement maîtrisé, son jeu démontre un talent pur. Elle ne manque pas de présence à l’écran et arrive à rendre son personnage profondément attachant. Mais ses émotions restent impénétrables. Certes, cela fait partie intégrante de l’histoire, mais cela nous laisse largement sur notre faim, nous renvoie au rang de simple spectateur des faits, mais sans nous donner accès aux motivations de la jeune fille.
Il n’en reste pas moins une maîtrise totale de la part de François Ozon qui force l’admiration. Mais Jeune et Jolie laisse tout de même l’impression d’une œuvre manquant d’audace et, au final, froidement belle, mais rarement profondément intéressante.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Mandarin cinéma, Mars films, France 2 cinéma, FOZ Réalisation : François Ozon Scénario : François Ozon Montage : Laure Gardette Photo : Pascal Marti Décors : Katia Wyszkop Distribution : Mars distribution Musique : Philippe Rombi Durée : 94 mn
Casting : Géraldine Pailhas : Sylvie Marine Vacth : Isabelle Frédéric Pierrot : Patrick Fantin Ravat : Victor Johan Leysen : Georges Charlotte Rampling : Alice Nathalie Richard : Véronique Djedje Apali : Oscar
Dans la série des suites qu’ils auraient mieux fait de ne pas faire, voici Kick-Ass 2 qui est aussi consternant que le premier était génial, drôle et surprenant. Pourtant, cela démarre plutôt bien. La première demi-heure nous replonge avec plaisir dans l’ambiance et on retrouve avec un réel bonheur les différents personnages. Certaines idées semblent prometteuses et on espère vraiment renouer avec l’enthousiasme dans lequel nous avait plongé le premier volet. Jim Carrey signe notamment une apparition plutôt réussie, même manquant un peu de subtilité. On se dit alors que s’il n’y que ça comme lourdeur, le film devrait passer tout seul.
Mais on n’avait en fait rien vu car peu à peu, Kick-Ass 2 sombre dans une vulgarité sans nom. Je sais que je n’ai aucune tolérance pour ce genre d’humour, mais ce film nous livre une scène d’humour scatologique absolument consternante. Je ne sais pas qui ça peut bien faire rire, mais certainement pas moi. Cependant, c’est encore plus l’évolution du personnage principal qui pose problème. En voulant le faire devenir un véritable héros, les scénaristes ont tout simplement tourné le dos à ce qui faisait le cœur même du premier volet : la parodie et le second degré.
Evidemment, Kick-Ass 2 se conclut dans le générique par une grosse ouverture vers un troisième épisode. Mais on ne voit pas comment la franchise pourrait remonter la pente, tant la chute fut brutale et très certainement irréversible.
LA NOTE : 03/20
Fiche technique : Réalisation : Jeff Wadlow Scénario : Jeff Wadlow, d’après les personnages créés par Mark Millar et John Romita Jr Direction artistique : Russell De Rozario Décors : Russell De Rozario Costumes : Sammy Sheldon Photographie : Tim Maurice-Jones Son :Montage : Eddie Hamilton Musique : Matthew Margeson
Casting : Aaron Taylor-Johnson : Dave Lizewski / Kick-Ass Christopher Mintz-Plasse : Chris d’Amico / The Mother Fucker Chloë Moretz : Mindy Macready / Hit-Girl Jim Carrey : Sal Bertolinni / le colonel Stars and Stripes Clark Duke : Marty Eisenberg / Battle Guy Augustus Prew : Todd Haynes / Ass-Kicker Morris Chestnut : le sergent Marcus Williams John Leguizamo : Javier Donald Faison : le Dr Gravity Yancy Butler : Angie D’Amico Lindy Booth : Miranda Swedlow / Night Bitch Andy Nyman : La Tumeur Olga Kurkulina : Katarina Dombrovski / Mother Russia Robert Emms : Insect Man Daniel Kaluuya : Black Death Tom Wu : Gonghis Carnage Sophie Wu : Erika Cho Lyndsy Fonseca : Katie Deauxma Claudia Lee : Brooke Steven Mackintosh : Papa Tommy Monica Dolan : Maman Tommy Iain Glen : Oncle Ralph Garret M. Brown : M. Lizewski
Après le western américain, le western spaghetti italien, voici le western allemand avec Gold. Un film qui nous compte le voyage à travers un Canada presque totalement sauvage d’un groupe de germanophones cherchant à rejoindre une région où de l’or aurait été trouvé, afin d’y faire fortune et de refaire leur vie. Malheureusement pour eux, leur guide, qui leur promet un voyage facile et sans encombre, n’est pas tout à fait aussi compétent qu’il le prétend.
Le mythe de la ruée vers l’or a inspiré de nombreux films. L’originalité de Gold est surtout de nous rappeler à quel point la fameuse conquête de l’Ouest a été réalisée par des émigrés venus de toute l’Europe et non uniquement par des anglophones, comme peuvent le faire penser les westerns classiques. Au-delà de ça, on assiste à un road-movie à cheval, plutôt qu’à un film d’aventures, même s’il y a un peu plus d’action vers la fin.
Gold est un film brillamment maîtrisé, au scénario qui réserve assez de rebondissements pour que l’on ne s’ennuie jamais. Les grands espaces sont parfaitement mis en valeur par une réalisation sobre et élégante. Le casting est quant à lui impeccable, confirmant la grande richesse du vivier d’acteurs d’outre-Rhin. Au final, un western qui change des westerns et qui se laisse regarder avec grand plaisir.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Red Cedar Films, Schramm Film Koerner & Weber, ARTE Distribution : Happiness Distribution Réalisation : Thomas Arslan Scénario : Thomas Arslan Montage : Bettina Böhler Photo : Patrick Orth Décors : Reinhild Blaschke Musique : Dylan Carlson Directeur artistique : Merlin Ortner Durée : 101 mn
Casting : Nina Hoss : Emily Meyer Marko Mandic : Carl Böhmer Peter Kurth : Wilhelm Laser Uwe Bohm : Gustav Müller Rosa Enskat : Maria Dietz Wolfgang Packhäuser : Otto Dietz Lars Rudolph : Joseph Rossmann
L’Afrique est décidemment à l’honneur ces derniers mois sur nos écrans. Après le très réussi et dépaysant Grigris, voici Aya de Yopougon, un film d’animation franco-ivoirien, qui nous fait partager le quotidien des habitants d’un quartier populaire d’Abidjan. Le ton y est léger et drôle, plein d’ironie et de second degré, nous montrant les travers de la société ivoirienne sans jamais adopter un ton misérabiliste. Certes, les réalités sociales y sont bien présentées (mariages forcés, pauvreté qui pousse au système D permanent…), mais le film nous montre que cela n’empêche en rien les habitants d’être heureux, de rire, d’aimer, de vivre…
Aya de Yopougon a quelque chose d’à la fois extrêmement dépaysant et d’extrêmement familier. Dépaysant parce qu’il nous transporte au cœur d’une société différente de la nôtre, avec sa propre culture, ses propres codes. Familier parce qu’il montre à quel point les êtres humains sont au fond partout les mêmes. Qu’on habite à Beverly Hills ou à Yopougon, on vit les mêmes émotions, on croise les mêmes personnages, les mêmes caractères, les mêmes qualités, les mêmes défauts. Cela nous permet d’entrer très facilement dans ce film et de ressentir immédiatement une affection profonde pour ces personnages.
Au final, Aya de Yopougon est un vrai moment de bonheur, drôle et rafraîchissant, parcouru par une énergie tout à fait communicative et réjouissante. On ressort de ce film le sourire aux lèvres, même si tout cela repose sur des intrigues multiples mais au final un peu légères pour 1h30 de film. Mais jamais on ne s’ennuie et on quitte à très grand regret Yopougon et ses habitants.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Autochenille production, Banjo Studio, TF1 DA Distribution : UGC distribution Réalisation : Marguerite Abouet, Clément Oubrerie Scénario : Marguerite Abouet, Clément Oubrerie, d’après leur bande dessinée Décors : Clément Oubrerie, Julia Weber Son : Nils Fauth, Alexandre Fleurant Durée : 84 mn
Un billet pour faire la critique de deux gros navets sur lequel je n’ai pas vraiment l’attention de m’attarder. Tout d’abord, RIPD, une comédie policière à base de fantômes et d’au-delà. Ca se veut drôle, mais c’est en fait avant tout vulgaire et relativement répétitif. Si on rajoute à ça, une intrigue de base sans intérêt particulier, on mesure l’étendue du désastre. Le joli casting n’arrive pas à relever le niveau, malgré les efforts apparents des acteurs. Même Jeff Bridges, dans un rôle pourtant taillé sur mesure, à l’air consterné par les dialogues qu’il est obligé de nous livrer.
Le premier avait été mauvais, le second est juste sans intérêt. Il n’y avait rien à attendre de ce Wolverine : le Combat de l’Immortel… et rien résume assez bien ce dont on retire de cette histoire d’une platitude absolue. Quel gâchis, alors que le mutant griffu est peut-être le personnage le plus intéressant et le plus ambigüe de l’univers Marvel ! Ce pauvre Hugh Jackman grimace tant qu’il peut, bande ses muscles, mais il n’y a pas la moindre étincelle de vie dans son personnage. Le tout est réalisé sans imagination. Bref, du blockbuster construit uniquement pour amener le fan à déverser quelques euros. Bref, vivement le prochain X-Men qui est annoncé pendant le générique de fin et qui s’annonce d’un tout autre acabit.
LES NOTES :
RIPD : 5/20
WOLVERINE : LE COMBAT DE L’IMMORTEL : 7/20
RIPD :
Fiche technique : Production : Universal Pictures, Original Film, Dark Horse Entertainment Distribution : Universal Pictures International France Réalisation : Robert Schwentke Scénario : Phil Hay, Matt Manfredi Montage : Mark Helfrich Photo : Alwin H. Kuchler Décors : Alec Hammond Musique : Christophe Beck Costumes : Susan Lyall Durée : 96 mn
Casting : Jeff Bridges : Roy Ryan Reynolds : Nick Kevin Bacon : Hayes Mary-Louise Parker : Proctor Stephanie Szostak : Julia
WOLVERINE : LE COMBAT DE L’IMMORTEL
Fiche technique : Production : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, Dune Entertainment, Seed productions, Ingenious Media, Donner’s Company, Big Scr Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : James Mangold Scénario : Mark Bomback, Scott Frank, Christophe McQuarrie Montage : Michael McCuster Photo : Ross Emery Décors : François Audouy Musique : Marco Beltrami Durée : 125 mn
Casting : Hugh Jackman : Logan, Wolverine Rila Fukushima : Yukio Svetlana Khodchenkova : Viper Will Yun Lee : Harada, le samouraï d’argent Famke Janssen : Jean Grey Tao Okamoto : Mariko Yashida Hiroyuki Sanada : Shingen Yashida Brian Tee : Noburo Mori Ken Yamanouchi : Yashida, jeune
Louis Leterrier est un des plus mauvais réalisateur que la Terre n’ai jamais porté. Il reconnaît d’ailleurs lui-même son absence totale d’ambition artistique, étant simplement un exécutant des commandes passées par les studios. Son remake du Choc des Titans a été avant tout un choc effroyable pour tous ceux qui, comme moi, aiment passionnément l’original. Je me suis rendu voir Insaisissables en ignorant qu’il en était aux commandes, ce que je n’ai découvert qu’au générique de fin. Je dois pourtant admettre que son absence totale de talent ne l’empêche pas de réaliser de bons films. Même s’il n’y est pour rien.
En effet, Insaisissables est quand même mis en scène avec les pieds. Mouvements de caméra constants, plans dépassant péniblement la seconde, bref tout l’attirail du metteur en scène qui cache sa misère artistique par des effets censés être modernes. Quel contraste avec un Guillermo Del Toro qui nous a livré des scènes d’action splendidement filmées dans son Pacific Rim. Mais heureusement pour lui, il peut compter sur le talent des autres.
Déjà sur celui des scénaristes qui nous livre avec Insaisissables une intrigue à la structure classique, mais dont les rebondissements sont vraiment surprenants. On en ressort avec la sensation qu’on aurait dû s’en douter… mais on ne s’en est pas douté du tout ! Le film est bien à l’image du monde de la prestidigitation, avec des fausses pistes qui captent notre attention pour mieux nous tromper et nous détourner de la vérité. Bref, c’est bien foutu, atteint parfaitement son but et permet à ce film d’être un des plus réussis de cet été cinématographique plutôt décevant.
Enfin Insaisissables est avant tout un casting aussi brillant que celui qui le dirige est pâle. Heureusement, que cette belle brochette d’acteurs peut se facilement se diriger elle-même. Je citerai avant tout Woody Harrelson qui nous offre toujours de trop rares apparitions à l’écran malgré un casting intact. Certes, il est toujours plus ou moins sur le même registre niveau interprétation, mais on ne s’en lasse pas. Quant à Mélanie Laurent, même si son personnage ne sert pas à grand-chose au final, elle garde cette grâce singulière qui fait de chacune de ses apparitions un délice.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Summit Entertainment, K/O Paper Products, SOIXAN7E QUIN5E, See Me Louisiana Distribution : SND Réalisation : Louis Leterrier Scénario : Ed Solomon, Boaz Yakin, Edward Ricourt Montage : Robert Leighton, Vincent Tabaillon Photo : Mitchell Amundsen, Larry Fong Décors : Peter Wenham Musique : Brian Tyler
Casting : Jesse Eisenberg : J. Daniel Atlas Mark Ruffalo : Dylan Rhodes Woody Harrelson : Merrit McKinney Isla Fisher : Henley Reeves Dave Franco : Jack Wilder Melanie Laurent : Alma Dray Morgan Freeman : Thaddeus Bradley Michael Caine : Arthur Tressler José Garcia : Etienne Forcier
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