
On peut évidemment trouver à cette exploitation d’un précédent succès un petit goût artificiel, mais force est de constater que le scénario de Monstres Academy nous propose quelques surprises, notamment au moment d’un dénouement qui n’est pas du tout le happy-end cousu de fil blanc auquel on pouvait s’attendre. Cela permet de terminer ce divertissement sympathique, mais, il est vrai, sans réel génie, sur une note agréable, après avoir passé un bon moment, parsemé de vrais éclats de rire. On est là face à une œuvre beaucoup plus anodine que premier volet, mais qui se laisse regarder sans problème. Les plus grognons regretteront que les auteurs n’aient pas su renouveler le tour de force de Toy Story, franchise où la qualité n’a jamais diminué d’un pouce, bien au contraire, mais ils auront bien tort de bouder leur plaisir.

Cependant, le Grand Méchant Loup reste quand même avant tout une comédie. C’est parfois vraiment drôle, avec des personnages, certes inégaux, mais tout de même assez réussis. On s’y attache assez facilement et on partage leurs mésaventures avec joie, à défaut d’enthousiasme. Le film provoque quelques vrais éclats de rire, même si l’humour est avant tout situationnel. Le trio d’acteurs est au niveau, même si Fred Testot est sans doute le plus limité. Kad Merad n’en fait pas trop et Benoît Poelvoorde confirme une polyvalence insoupçonnée à ses débuts.
MONSTRES ACADEMY
Fiche technique :
Production : Pixar Animation Studios, Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Dan Scanlon
Scénario : Dan Scanlon, Daniel Gerson, Robert L. Baid
Montage : Greg Snyder
Musique : Randy Newman
Directeur artistique : Ricky Nierva
Casting :
Billy Cristal : Michael Wazowski
John Goodman : James P. Sullivan
Steve Buscemi : Léon
Helen Mirren : la doyenne Hardscrabble
Alfred Molina : Professeur Knight
LE GRAND MECHANT LOUP
Réalisation et scénario : Nicolas & Bruno
Photographie : Laurent Dailland
Montage : Reynald Bertrand
Musique Originale : Eric Neveux
Superviseur Musical : Pascal Mayer
Décors : Laurent Tesseyre
Casting :
Benoît Poelvoorde : Philippe
Kad Merad : Louis
Fred Testot : Henri
Valérie Donzelli : Nathalie
Charlotte Le Bon : Natacha
Zabou Breitman : Victoire
Cristiana Reali : Eléonore
Léa Drucker : Patricia
Linh-Dan Pham : Lai
Marie-Christine Barrault : Mère
Denis Podalydès : Stanislas Lastic
Gilles Gaston-Dreyfus : Jean-Loup
Francis Van Litsenborgh : Père Aymeric

Hijacking doit beaucoup à la performance remarquable de ses deux acteurs principaux : Pilou Asbaek et Peter C. Ludvigsen. Tous deux, de manière très différente, arrive à nous partager le poids de leur calvaire, sans jamais en faire trop, en rendant les choses particulièrement crédibles. On ne peut donc que le féliciter et souligner leurs mérites respectifs.
Enfin Grigris fascine par la présence assez extraordinaire de Souleymane Démé, son acteur principal. Atteint de la polio, il utilise son handicap pour nous livrer quelques numéros de danse assez prodigieux. Mais plus largement, son regard parfois dérangeant, mais fascinant, son charisme, sa présence, sa démarche à la fois maladroite et volontaire en font un personnage rare et marquant, qui donne à ce film une toute autre ampleur, quand, d’un point de vue de la réalisation pure, il tient du téléfilm bien foutu plutôt que du long métrage.
Cependant, il faut reconnaître que Pacific Rim offre des scènes d’actions incroyablement spectaculaires. Alors qu’on croyait avoir tout vu, tout inventé à ce niveau, il reste encore visiblement de la place pour la créativité. Et surtout, on sent bien qu’il n’y a pas n’importe qui derrière la caméra. Guillermo Del Toro ne se sent pas obligé de nous offrir à la chaîne des plans de moins d’une demi-seconde qui font mal à la tête, sous prétexte que cela fait hyper moderne. On est vraiment face à un long métrage, pas un clip vidéo amélioré. Cela permet de mesurer toute la différence avec la série des Transformers, réalisée par Michael Bay, qui lui est plus proche d’un peintre en bâtiment que de Monet.
Du coup, on ne peut apprécier pleinement la belle performance du trio d’acteurs, emmené par un Benoît Magimel, dont je vais dire du bien, ce qui est assez rare pour être souligné. Mais en face Nicolas Duvauchelle n’est pas en reste, même si on peut trouver que son répertoire d’expressions ne varie guère d’un film à l’autre. Et la touche de charme et de grâce est apportée par Mélanie Thierry, dont la seule présence à l’écran est un ravissement.
Par contre, ce qui pêche vraiment dans World War Z, c’est sa conclusion. Comme dans tous les films du genre, les moments le plus jouissifs dont ceux où règnent la destruction et le chaos. Par contre, l’explication pseudo-scientifique du comment l’humanité arrive à surmonter tout ça est quand même ici à la grand limite du hors-jeu et n’arrive pas du tout à convaincre. Certes, cela peut paraître accessoire (rien ici n’est réaliste de toute façon), mais cela constitue tout de même le but ultime des agissements du héros. Cela n’enlève rien aux aspects visuels spectaculaires, mais nous empêche d’entrer vraiment dans cette histoire qui n’aura pas trop demander d’effort aux scénaristes.
Personnellement, je retiendrai avant tout la qualité des personnages. Le potentiel comique de Gru prend ici toute son ampleur puisqu’il peut assumer dès le début toute sa richesse et sa complexité, tiraillée entre des réflexes d’ancien vilain et son amour immodéré pour ces trois petites orphelines. Ces dernières sont d’ailleurs encore plus adorables et attachantes que dans le premier volet. Elles sont vraiment au cœur de la réussite de Moi, Moche et Méchant 2. Enfin, l’agent Lucy apporte une touche féminine adulte qui manquait et qui complète à la perfection ce joli tableau. Mais la grande star reste quand même les minions, créature au potentiel comique incroyable et qui nous arrachent ici des dizaines et des dizaines d’éclats de rire.
Le Congrès est donc un petit OVNI cinématographique vraiment original et rafraîchissant, le tout porté par le talent et le charisme de Robin Wright.
Mais le grand mérite de The Bay est d’échapper à la surenchère visuelle. On ne voit quasiment rien, à part dans le dernier quart d’heure nettement plus gore. Mais cela n’empêche nullement la tension de monter rapidement, bien au contraire. Ne pas voir le mal le rend d’autant plus inquiétant et mystérieux. Ce principe de base, pour ne pas dire basique, est souvent oublié, mais c’est nullement le cas ici. Du coup, le film fonctionne à la perfection, même si on peut trouver l’exercice un peu vain, malgré le discours assez écolo. On est plus mal à l’aise qu’on a vraiment peur, mais en tout cas le résultat ne laisse pas indifférent. A l’image de Sam Raimi (depuis qu’il a accès à des budgets dignes de son talent), Barry Levinson arrive à conserver tout le charme des films d’horreur d’antant, tout en y ajoutant son vrai talent de cinéaste.
En fait, on sent bien la patte de Nolan malgré tout, dans la volonté de donner de l’épaisseur, de la noirceur et une certaine forme d’ambiguïté morale aux personnages. Mais il n’assure pas le service après vente, du coup le reste ne suit pas. David S. Goyer et Zack Snyder n’ont pas le début du quart de son talent et Man of Steel est presque aussi mauvais que 300 ! De toute façon, que pouvait-on attendre d’un Superman qui ne porte plus son slip sur son collant ?
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