LA LOI DE MURPHY : Un peu de n’importe quoi, beaucoup de bonheur

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laloidemurphyafficheCertains l’ont peut-être déjà noté, mais j’adore aller voir un film sans rien savoir de lui, ou du moins pas grand chose. C’était mon cas avec la Loi de Murphy. Déjà première surprise, il s’agit là d’un film bien de chez nous, pas du tout un film américain comme je le pensais. L’autre est qu’il s’agit beaucoup plus d’une comédie qu’un polar. Bref, ce n’est pas tout à fait ce que j’attendais, mais cela ne m’a pas du tout empêché d’apprécier ce bon petit film dynamique et réussi.

Elias, brancardier de son état, n’est plus qu’à quelques heures de la fin de sa liberté conditionnelle. Malheureusement, pour lui, cette nuit va tourner au cauchemar. Son ancien compagnon de cellule débarque à l’hôpital après un accident de voiture. Ce dernier vient de braquer… une famille de braqueurs, à la sortie d’un casse chez un diamantaire… qui se retrouve lui-aussi dans le même hôpital. Tout ce beau monde va donc converger au même endroit, ainsi que l’inspecteur de police qui avait poursuivi Elias. Ce dernier va se retrouver bien involontairement à ce chassé-croisé entre truands.

Si vous faites le tour des critiques parues dans la presse, vous trouverez essentiellement des avis désastreux. D’ailleurs, je me demande ce qui m’a poussé à aller voir ce film, en dehors ma fascination pour la loi de Murphy elle-même et la théorie des jeux. Mais voilà, j’ai bien fait d’y aller à l’instinct car j’ai vraiment passé un bon moment en regardant ce film réalisé sans grand moyen et sans prétention.

La Loi de Murphy est un mélange de H (la série), Snatch (mais sans Brad Pitt) et After Hours. Bon, niveau réalisation et casting, on est plus proche de H que du reste, mais un épisode de la première saison, quand la série nous faisait encore rire. C’est un peu fait avec les moyens du bord, sans effets spéciaux, sans grands acteurs, sans scénario super élaboré, voire même parfois carrément brouillon. Mais voilà, ce film possède une qualité rare dans notre cinéma hexagonal : du rythme et de l’énergie !

laloidemurphyQue certaines situations soient un peu éculées, manquent de finesse ou bien encore flirtent avec le crétin, je peux l’admettre volontiers. Mais bon, comme rien ne dure et que tout s’enchaîne dans la Loi de Murphy, on oublie et on pardonne. Les mésaventures de notre héros sont parfois un peu prévisibles, mais comme elles se suivent à un rythme effréné, on n’a pas vraiment le temps de réfléchir à ce qui va se passer ensuite.

De plus, le casting est de plus sympathique. Le beau Pio Marmai qu’on avait découvert dans Le Premier Jour du Reste de ta Vie tient là un rôle beaucoup moins profond et subtil, mais s’en tire parfaitement et apporte toute l’énergie nécessaire pour faire vivre ce film. Mais que les mâles se rassurent, la jolie Fanny Valette apporte une touche de charme loin d’être désagréable. A leurs côtés, Dominique Pinon, Omar et Fred et bien d’autres jouent sans retenue leurs rôles avec une énergie particulièrement communicative.

La Loi de Murphy est loin d’être un chef d’œuvre du 7ème art. Mais il possède une qualité, la densité, qui en fait un spectacle plaisant, drôle et divertissant… et oui, avouons-le un peu crétin parfois. Alors si vous n’avez pas honte de rire dans ces moments-là, ne vous privez pas de voir ce film.

Fiche technique :
Réalisateur : Christophe Campos
Scénariste : Christophe Campos et Mabrouk el Mechri
Directeur de production : Clément Sentilhes
Directeur de la photographie : Bruno Romiguiere
1er assistant réalisateur : Jean-Sébastien Viguie

Casting :
Pio Marmai : Elias
Karim Belkhadra : Nino Ortega
Omar Sy : Joachim Ortega / le père de Joachim
Fanny Valette : Vera St Jean
Guy Lecluyse : Emile
Bruno Ricci : Luciano Ortega
Jean-Michel Noirey : L’inspecteur Verlun
Dominique Pinon : Rudy
Jonathan Lambert : Docteur Moreau
Fred Testot : Le responsable de la morgue / réceptionniste / candidat du jeu TV / père de Luciano

CLONES : Moumoute et pyjama

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clonesaffichePendant longtemps, le monde de la science-fiction fut coupé en deux. D’un côté, la SF littéraire, l’univers de K.Dick ou Azimov, vision du futur de l’humanité souvent sombre et pessimiste. De l’autre, la SF cinématographique, souvent appelée Space Opéra, avec des vaisseaux spatiaux et des extra-terrestres, dont Star Wars a été le plus digne représentant. Puis peu à peu, le cinéma a commencé à s’intéresser à l’autre SF. Blade Runner, Total Recall, Minority Report, I, Robot… Malgré tout, les projets d’envergure ne furent pas extrêmement nombreux en 30 ans. Le dernier en date est Clones, avec Bruce Willis.

Dans un futur plus ou moins proche, nous vivrons chez nous, en pyjama… C’est notre clone, que nous contrôlerons à distance, qui sortira à notre place. Donc, s’il lui arrive un accident, il nous suffira d’en acheter un nouveau. Sauf qu’un jour apparaît une arme capable d’à la fois détruire les clones mais aussi tuer leurs propriétaires à distance. Deux agents du FBI…ou plutôt leurs deux clones commencent à enquêter.

Sans être méchant, Clones est quand même le Minority Report du pauvre. Non pas que ça soit un mauvais film. Il est rythmé, distrayant et visuellement bien foutu. D’ailleurs, sa longueur, 85 minutes, indique qu’il n’a pas cherché à être autre chose qu’une bonne idée exploitée en se concentrant sur l’essentiel. Personnellement, c’est plutôt quelque chose que j’apprécie, même si c’est un peu frustrant pour un long métrage. Clones s’apparenterait presque plus à un bon épisode de série du coup. Enfin, il y’a quand même peu de séries capables d’offrir des effets spéciaux de ce niveau.

Mais bon, il y’a longtemps que de bonnes scènes d’action et de bons effets spéciaux ne suffisent plus à nous enthousiasmer. Avec l’ère du numérique, c’est devenu la norme. Si Clones est plaisant, c’est donc plus par son scénario. Déjà l’idée de base de ce monde peuplé de clones, sans être l’idée du siècle, constitue un bon point de départ plutôt bien exploité ici. La déshumanisation des rapports sociaux est un thème récurrent de la science-fiction et ce film est une nouvelle pierre à l’édifice, et pas la moins belle. Ensuite, l’intrigue en elle-même est somme toute une intrigue policière classique, comme pourrait la vivre des agents du FBI tout ce qu’il y’a de plus contemporains. Et dans ce domaine, les scénaristes d’Hollywood touchent leurs billes et sont capable de nous offrir toujours des histoires assez bien foutues pour nous préserver de l’ennui.

clonesEt au milieu de tout ça, Bruce Willis se contente de nous offrir une prestation efficace, mais sans surprise. De toute façon, entre le clone à moumoute et le loser en robe de chambre, il ne tenait pas là le (double) rôle le plus exceptionnellement intéressant de sa carrière. Les personnages sont trop dépourvues de psychologie profonde pour qu’il puisse les sublimer par son talent. Ce n’est de toute façon pas ce qu’on lui demandait.

Clones est donc un court film assez bien foutu pour se laisser regarder, qui ne cherche pas à être plus qu’un sympathique divertissant avec le minimum d’action et de suspense requis. Mais du coup, ce manque d’ambition l’a exclu de la famille des films cultes où figurent bien des films de science-fiction.

Fiche technique :
Production : Touchstone Pictures, Mandeville Films/Brownstone Productions
Distribution : Walt Disney Studioes Motion Pictures
Réalisation : Jonathan Mostow
Scénario : John Brancato, Michael ferris
Montage : Kevin Stitt
Photo : Oliver Wood
Format : 35mm
Décors : Jeff Mann
Son : Jon Johnson
Musique : Richard Marvin
Effets spéciaux : Mark Stetson
Maquillage : Jeff Down
Durée : 85 mn

Casting :
Bruce Willis : l agent Greer
Radha Mitchell : l agent Peters
Rosamund Pike : Maggie Greer
Ving Rhames : le Prophète
James Cromwell : Canter âgé

LES HERBES FOLLES : Film primé ou récompense pour une carrière ?

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lesherbesfollesafficheAu moment du Festival de Cannes, Télérama avait fait sa couverture sur « Les Herbes Folles notre vraie Palme d’Or ». Mon frère, qui l’avait vu à Cannes (il est journaliste), m’avait dit que c’était bien, mais sans déborder d’enthousiasme. Puis, lors de sa sortie, Télérama a déjà fait part d’avis partagés avec une critique bonne et une mauvaise. Puis, je suis allé sur Allociné regarder ce que ça donnait… et là je découvre des avis de spectateurs désastreux, bien inférieurs à ceux de la presse, ce qui est plutôt rare. C’est donc avec une certaine appréhension que je suis allé voir ce film. Vue mon opinion générale sur le cinéma français, j’ai eu très peur de figurer parmi les détracteurs. Verdict…allez préservons un peu le suspense !

Marguerite se fait un jour voler son sac à l’arrachée. Drame quotidien dont les conséquences sont rarement importantes. Surtout que son portefeuille est retrouvé par Georges, qui va le rapporter au commissariat. Tout semble être parti pour finir bien… Sauf que Georges commence à être quelque peu obsédé par cette femme qu’il ne connaît pourtant pas.

Allez, je sens que vous n’en pouvez plus, mettons fin au suspense. Globalement, j’ai plutôt aimé Les Herbes Folles, sans pour autant me rouler par terre d’enthousiasme. Enfin, je vous rassure, c’est un image, physiquement, cela ne m’arrive jamais… Si ce film aura permis à Alain Resnais, à 87 ans, d’être enfin primé à Cannes par un prix spécial, il ne constituera pas le sommet de son œuvre. Il y’a dans ce film beaucoup d’originalité, mais on est loin du génie narratif d’un Smoking/No Smoking.

Les Herbes Folles est un film sur la folie douce. Les personnages qui peuplent ce film ont tous un petit grain, mais rien de méchant, juste assez pour créer des situations saugrenues et cocasses, qui arrachent souvent un sourire au spectateur. Le caractère imprévisible de leurs réactions permet au scénario de l’être également et donc de maintenir l’intérêt du spectateur. On est amusé par ce spectacle léger et distrayant, mais au final, assez vain. Mais bon, je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu’un film doit forcément avoir un sens pour être bon.

lesherbesfollesEncore une fois, Alain Resnais a choisi comme tête d’affiche le duo André Dussolier – Sabine Azéma. Une telle fidélité pourrait conduire à une certaine routine et à une paresse dans la direction d’acteurs. Mais tous les trois ont assez d’expérience et de talent pour que l’habitude se transforme en atout plutôt qu’en faiblesse. Et puis l’affiche comporte également un joli trio Emmanuelle Devos – Matthieu Almaric – Anne Consigny qui n’a rien à envier au duo précédemment cité. Quand on ajoute à cela, Edouard Baer en narrateur, on comprend que les faiblesses des Herbes Folles ne proviennent pas de la distribution.

Il n’y en fait pas de faiblesse à proprement parler dans les Herbes Folles. Mais plutôt un léger manque de contenu, de matière, d’épaisseur. Tous les éléments sont bons, réalisés avec talent, mais est-ce tout à fait suffisant pour en faire un film d’1h40 ? Un bon film oui, sans doute, les Herbes Folles en est un. Un grand film digne d’un prix à Cannes, pour moi la réponse est non. Mais bon, la carrière d’Alain Resnais méritait bien ça.

Les Herbes Folles est donc une comédie légère et originale qui peut se laisser regarder un soir de pluie à la télé. Par contre, si vous l’avez raté au cinéma, il est sans doute superflu de vous lamenter.

Fiche technique :
Production : F comme film, StudioCanal France 2 cinéma, Bim distribuzione
Réalisation : Alain Resnais
Scénario : Alex Réval, Laurent Herbiet, d’après le roman L’incident de Christian Gailly
Montage : Hervé de Luze
Photo : Eric Gauthier
Décors : Jacques Saulnier
Distribution : StudioCanal
Musique : Mark Snow
Durée : 104 mn

Casting :
Sabine Azéma : Marguerite Muir
André Dussollier : Georges Palet
Edouard Baer : le narrateur
Mathieu Amalric : le policier
Emmanuelle Devos : Josépha
Anne Consigny : Suzanne Palet
Annie Cordy : la voisine
Sara Forestier : Elodie
Nicolas Duvauchelle : Jean-Mi

MIC-MACS A TIRE-LARIGOT : Qualités à tire-larigot

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micsmacsatirelarigotaffichePrenez les deux principaux responsables de deux plus grands succès du cinéma français de la décennie (à savoir, Jean-Pierre Jeunet pour Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, et Dany Boon pour Bienvenue chez les Ch’tis), mélangez le tout et vous aurez… Micmacs à tire-larigot. Certes, cette fois, leur œuvre a peu de chance d’accéder au rang de film culte, mais en tout cas le résultat est plutôt réussi… tant qu’on n’en attend pas monts et merveilles.

Bazil, miraculeusement vivant après s’est pris une balle perdue en pleine tête, en a néanmoins perdu appartement et travail. Il se fait alors recueillir par une joyeuse bande d’allumés, spécialisés dans le recyclage d’objets jetés au rebus. Un jour, Bazil tombe par hasard sur la société qui a fabriqué la balle qui l’a frappé, dont les locaux se trouvent juste en face de ceux de la société qui a fabriqué la mine qui a tué son père. Il décide alors de prendre sa revanche sur ces deux entreprises qui ont brisé sa vie.

Micmacs à Tire-larigot est un vrai bon film populaire, sans que ce terme n’est une quelconque connotation péjorative. Un film léger, imaginatif et distrayant. Il ne cherche pas à être plus que cela et lui reprocher de ne pas l’être me semble intellectuellement malhonnête et démagogique. Ne pas chercher une quelconque profondeur métaphysique n’empêche en rien un film de posséder d’indéniables qualités.

Micmacs à Tire-larigot est avant tout un film très imaginatif. On retrouve là tout ce qui a fait le succès et le charme d’Amélie Poulain. Des personnages hauts en couleur et délirants, mais qui gardent une part d’humanité qui rend attachant même les « méchants ». Une imagination visuelle avec tout un tas d’objets et de situations saugrenus qui ne sont là que pour apporter un peu de rêve et de fantaisie. Le tout crée un univers extrêmement sympathique dans lequel on prend un grand plaisir à se plonger pendant tout le film.

micmacsatirelarigotL’autre grande qualité de Micmacs à Tire-larigot repose sur son casting. On sent bien que tourner avec Jean-Pierre Jeunet est le rêve de beaucoup d’acteurs français. Dany Boon donc, André Dussolier, Jean-Pierre Marielle, Omar Sy, Yolande Moreau et bien sûr, comme d’habitude, Dominique Pinon. Une très belle brochette parfaitement mise en valeur par ces rôles pleins d’énergie et d’imagination. Les acteurs s’en donnent à cœur-joie et vu leur talent, tout cela fait le plus grand bonheur du spectateur !

Micmacs à Tire-larigot est donc un film remarquable, parfaitement maîtrisé sur la forme. Combien de réalisateurs français sont capables de réaliser un tel travail de composition d’image, allié à un montage et un récit vifs et entraînants. Très peu malheureusement. Mais alors que manque-t-il à ce film pour devenir un grand film ? Je dirais qu’il manque à Jean-Pierre Jeunet… Marc Caro, son ancien compère avec qui il avait notamment signé l’inoubliable Delicatessen. Ce dernier apportait un peu de noirceur à son univers que certains trouveront trop sirupeux, trop dégoulinant de bons sentiments. Cela est moins marqué que dans Amélie Poulain, mais on retrouve quand même largement cet humanisme optimiste qui lui est propre, mais qui le dessert peut-être un peu… Espérons qu’un jour, les deux acceptent de retravailler ensemble.

Micmacs à Tire-larigot est donc un film à conseiller à tous. Déjà parce qu’il est un pur divertissement réussi, ce qui est rare dans le cinéma français, et surtout parce qu’il est particulièrement divertissant justement. Pourquoi demander plus ?

Fiche technique :
Production : Epithète Films, Tapioca Films
Distribution : Warner Bros. Pictures France
Réalisation : Jean-Pierre Jeunet
Scénario : Jean-Pierre Jeunet, Guillaume Laurant
Montage : Hervé Schneid
Photo : Tetsuo Nagata
Décors : Aline Bonetto
Son : Jean Umansky
Musique : Raphaël Beau
Effets spéciaux : Alain Carsoux
Maquillage : Nathalie Tissier
Durée : 104 mn

Casting :
Dany Boon : Bazil
Jean-Pierre Marielle : Placard
Yolande Moreau : Tambouille
Dominique Pinon : Fracasse
André Dussollier : Nicolas Thibault de Fenouillet
Nicolas Marié : François Marconi
Julie Ferrier : La môme Caoutchouc
Omar Sy : Remington
Michel Cremades : Petit Pierre 

LE RUBAN BLANC : Aux racines du mal

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lerubanblancafficheIl y’a des films qui laissent une impression quelque peu bizarre. On a vraiment la sensation d’avoir assisté à un vrai bon moment de cinéma, mais sans pour autant ressentir l’enthousiasme qui aurait du naître de celle-ci. Ca m’est arrivé plusieurs fois avec Tigre et Dragon ou encore Kill Bill par exemple. Et bien ce fut encore le cas avec le Ruban Blanc, Palme d’Or au dernier Festival de Cannes.A la veille de la première guerre mondiale, un village du Nord de l’Allemagne vit dans la crainte du baron local et du pasteur. C’est un monde fermé et austère. Mais un jour, une série d’évènements vient bousculer ce quotidien qui semblait pourtant immuable. Tout commence par un accident de cheval, provoqué par un câble qui semble avoir été tendu à dessein. Mais très vite, d’autres incidents surviennent.

A chaque Palme d’Or se pose toujours la même et éternelle question : est-elle méritée ? Mon introduction pourrait donner à penser que je serai plutôt enclin à répondre par la négative. Pourtant, je dois admettre que le Ruban Blanc ne dépareille pas dans ce prestigieux palmarès. Comme je l’ai dit, ce qui m’a manqué c’est un enthousiasme subjectif et personnel qui m’a manqué et cela n’enlève rien aux qualités objectifs et cinématographiques de ce film.

Le but du Ruban Blanc est d’explorer les racines qui ont pu conduire la société allemande à basculer dans le nazisme. Comment la rigidité sociétale a fait naître une violence refoulée chez toute une génération. La démonstration est plutôt convaincante, terrifiante même parfois. Certains personnages sont vraiment dérangeants dans leurs bonnes intentions destructrices. On retiendra notamment un discours culpabilisant du pasteur à son fils sur la masturbation. Un portrait donc sans concession d’une société viciée dont on sent la chute inéluctable.

lerubanblancLe Ruban Blanc est également visuellement remarquable. Le choix du noir et blanc renvoie évidemment à l’austérité qu’il souhaite décrire. Mais ce choix n’aurait pas été réellement pertinent sans une photographie parfaitement maîtrisée. Michael Haneke n’est cependant pas n’importe qui et le pari est parfaitement réussi. Le travail sur la lumière renforce l’impression d’oppression que ce film peut parfois nous faire ressentir.

Mais alors que manque-t-il à ce film ? Peut-être un fil narratif un peu plus accrochant. L’intérêt du Ruban Blanc tient essentiellement sur la description qu’il nous offre, beaucoup moins sur l’intrigue proprement dite. De plus, les personnages sont beaucoup trop antipathiques pour qu’on puisse s’y attacher. Certes, l’instituteur, qui tient lieu de narrateur, est l’élément qui tente d’échapper à ce monde si renfermé sur lui-même. Mais j’avoue ne pas avoir ressenti une affection très forte pour ce dernier. Et je pense que, de là, c’est le film dans sa globalité qui ne m’a pas touché comme il aurait du.

Le Ruban Blanc est donc un film à l’intérêt indéniable, aussi bien sur la forme que sur le fond. Son sujet grave et austère pourra en rebuter certains, mais il n’en demeure pas moins une œuvre remarquable.

FIche technique :
Production : Les films du Losange, X Filme creative, France 3 cinéma, Wega film, Lucky Red
Réalisation : Michael Haneke
Scénario : Michael Haneke
Montage : Monika Willi
Photo : Christian Berger
Format : 1.85
Décors : Christoph Kanter
Distribution : Les films du losange
Son : Guillaume Sciama, Jean-Pierre Laforce
Durée : 145 mn

Casting :
Susanne Lothar : la sage femme
Ulrich Tukur : Le baron
Leonie Benesch : Eva
Ernst Jacobi : Le narrateur
Christian Fridel : l instituteur 

JENNIFER’S BODY : Démon contre femme à lunettes

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jennifersbodyafficheTout d’abord, excusez-moi deux secondes : aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah Megan !… Voilà, ça va mieux, on peut passer à la critique de Jennifer’s Body.

Bon s’il y’a un genre cinématographique où ma culture n’est pas vraiment au niveau, c’est le cinéma d’horreur. J’essaye de rattraper mon retard, mais il manque encore pas mal de classiques à ma culture. Toujours pas vu un seul Freddy, ou un seul Saw. Alors quand un film du genre sort, j’essaye de ne pas le rater pour éviter que mon ignorance ne se creuse. C’est donc pour cela que j’ai été voir Jennifer’s Body. Ce ne fut pas la plus mauvais idée de ma vie. Pas la meilleure non plus, certes, mais elle ne me laisse aucun regret.

Au fin fond de l’Amérique profonde, Jennifer est une adolescente aguicheuse et provocante. Elle traîne partout avec elle, Needy, blonde à lunettes, un peu gourde et surtout infiniment moins sexy que Jennifer. Un soir, elles se rendent à un concert dans un bar minable dans lequel se déclare un incendie. Jennifer disparaît avec les membres du groupes, avant de réapparaître couverte de sang et quelque peu, comme dire, transformée…

Jennifer’s Body n’a rien de très original sur le fond. Un film d’horreur, une histoire de démon qui prend possession du corps d’une jeune fille qui, du coup, commence à massacrer les garçons qui passent à sa portée. A ses côtés, sa meilleure amie qui se rend compte de sa transformation, essaye d’avertir une foule incrédule et se retrouve seule face à la bête. Ca a été vu cent fois et le scénario ne réserve pas de grandes surprises. Ca fait un peu peur, mais pas trop. Ca n’ennuie pas, ça divertit, mais ça ne laisse pas non plus un souvenir impérissable.

Par contre, ce qui est relativement séduisant, c’est la forme ! Non, je ne parle pas des formes de Megan Fox… Enfin pas que de ça ! Le film possède un casting de qualité, il est réalisé plus que correctement, les effets spéciaux ne font pas cheap du tout, les producteurs semblent avoir acheté assez de projecteurs pour que la photographie soit correcte… Bref, un film d’horreur avec un minimum de moyen, ce qui est quand même plutôt rare, pour que Jennifer’s Body soit tout à fait regardable visuellement. En plus, le film n’est pas vraiment gore, donc pas d’effets hémoglobinant superflus.

jennifersbodyLe seul truc qui cloche, mais c’est souvent le cas dans ce genre de film, c’est la copine moche. Parce que la copine moche est interprétée par Amanda Seyfried, actrice principale de Mama Mia ! (putain, a y’est, j’ai des boutons rien que d’avoir écrit le titre de ce film) où elle est censée être super belle. Et en fait, faut bien l’avouer, elle l’est. Mais dans Jennfier’s Body, ils ont décidé de l’enlaidir et elle est donc contrainte de porter un faux nez…non… un faux menton…non plus…mais des lunettes ! Bah oui, c’est bien connu, si vous êtes belle et que vous mettez des lunettes, d’un coup, vous devenez repoussante et plus aucun garçon ne veut de vous. D’ailleurs, je sais que vous êtes beaucoup à souffrir de ce handicap et que l’on vous jette des pierres dans la rue. Mais heureusement, je suis particulièrement bon et magnanime et je suis prêt à vous sortir de cette solitude. Donc toutes les femmes portant des lunettes peuvent m’envoyer deux photos, dont une maillot, et je choisirai celles avec qui je veux bien…

Bref, tout cela m’éloigne complètement de mon sujet. Jennifer’s Body n’est donc sûrement pas le chef d’œuvre du siècle. Il est vraiment dommage que forme et fond n’est pas été au même niveau, car cela aurait pu donner un résultat vraiment remarquable. Au final, ça pourra contenter les fans du genre ou les compulsifs de la carte UGC (comme moi !). Les autres pourront attendre éventuellement une soirée pluvieuse à la maison.

Allez, excusez-moi, faut que ça sorte une dernière fois avant de vous quitter : Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah Megan !

Fiche technique :
Réalisateur : Karyn Kusama
Scénariste : Diablo Cody
Directeur de la photographie : M. David Mullen
Monteur : Plummy Tucker
Chef décorateur : Arvinder Grewal
Directeur artistique : Paolo G. Venturi
Décorateur : Joanne Leblanc

Casting :
Megan Fox : Jennifer Check
Amanda Seyfried : Needy Lesnicky
Johnny Simmons : Chip Dove
Adam Brody : Nikolai Wolf
J.K. Simmons : Mr Wroblewski
Amy Sedaris : Toni Lesnicky

500 JOURS ENSEMBLE : Le coeur d’un Homme

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500joursensembleLe cœur des Hommes a été un de plus gros succès mérités du cinéma français, un film culte pour beaucoup. Généralement les films sur l’amour sont soit des comédies romantiques, pas très réalistes et dont on connaît déjà la fin avant même de l’avoir vu, soit des films épousant plutôt un regard féminin. Ce film a aussi bien marché parce qu’il rééquilibrait quelque peu les choses en donnant enfin un vrai regard masculin sur les relations amoureuses. Et bien, nous avons été des précurseurs puisque le cinéma américain s’y met également avec le splendide 500 jours ensemble. Bon, ok, ce cocorico était peut-être un tantinet superflu. Mais pour une fois que je peux dire du bien du cinéma français…

Tom a aimé Summer dès le premier regard. C’est le destin, c’est elle et personne d’autre. Elle est la femme de ses rêves. Mais les rêves ne deviennent pas toujours l’entière réalité.

500 jours ensemble n’est pas une comédie romantique. Je ne gâche pas la surprise, c’est dit dès les premières secondes par le narrateur. Mais n’allez surtout pas croire que ce film est triste. Non, il est avant tout drôle, mais aussi touchant, tendre, émouvant, triste, cruel… Bref un condensé de vie. Il y’a de la tristesse aussi parfois, mais toujours traité avec assez de dérision pour nous arracher tout de même un sourire.

Le film n’épouse pas tout à fait le regard de Tom. Il y’a du recul et de l’humour, ce qui nous permet de relativiser et même de nous moquer de ses moments de déprime. Mais 500 jours ensemble est tout de même bâti autour de lui et de ses sentiments. L’histoire est celle de son amour pour Summer, pas celle de leur relation. Et le tout est traité avec une immense intelligence et beaucoup de subtilité. Honnêtement, je ne vois pas quel homme ne pourrait pas s’identifier au personnage de Tom et à ce qu’il ressent… à moins de n’être jamais tombé amoureux et de n’avoir jamais souffert à cause de ça.

500joursensemble2Pour autant, mesdames, ne vous privez pas d’aller voir 500 jours ensemble. Déjà, vous y apprendrez peut-être à mieux nous connaître. Et puis, comme je l’ai déjà dit, le film est assez drôle et touchant pour satisfaire tous les publics.

Mais 500 jours ensemble ne serait pas une si grande réussite sans le charme époustouflant, mais alors époustouflant, de Zooey Deschanel. Que Tom en tombe instantanément amoureux n’a franchement rien d’étonnant. Elle n’a pourtant rien d’une bombe à la Megan Fox (je reviendrai sur son cas dans ma prochaine critique) mais dégage un tel charme qu’on n’a pas envie de chercher à coucher avec elle, mais plutôt la convaincre de nous épouser. On n’a pas vu, depuis Drew Barrymore, une actrice provoquer un tel effet !

Du côté à côté d’elle, Joseph Gordon-Levitt paraît un rien fade. Mais en fait, ce qui aurait pu être un défaut, ne fait que renforcer la crédibilité de l’ensemble et permet une identification encore plus forte avec le personnage. Le charme de Tom n’est en rien comparable à celui de Summer. Du coup, un acteur plus charismatique n’aurait pas collé du tout. Après, reste à savoir si le manque de charisme était fait exprès ou pas…

Pour finir, on se lève tous et on applaudit Marc Webb. Pour une premier film, 500 jours ensemble est une incroyable réussite. Car en plus de toutes les qualités que je viens d’énumérer, ce film est merveilleusement réalisé, avec beaucoup d’imagination aussi bien visuelle que dans le montage. L’histoire n’est pas raconté tout à fait dans l’ordre chronologique, mais cela n’est pas fait que pour faire joli. Cela renforce réellement l’intérêt du film et surtout ne le rend pas une seule seconde confus. Espérons que ce film ne constitue pas l’œuvre d’une vie, mais le début d’une grande carrière.

500 jours ensemble est réellement une réussite. Un vrai moment de cinéma, de bonheur, d’humour, d’amour et de vie !

Fiche technique :
Production : Watermark
Distribution : Fox Searchlight pictures
Réalisation : Marc Webb
Scénario : Scott Neustadter, Michael H. Weber
Montage : Alan Edward Bell
Photo : Eric Steelberg
Décors : Laura Fox
Musique : Mychael Danna, Rob Simonsen
Costumes : Hope Hanafin
Durée : 96 mn

Casting :
Joseph Gordon-Levitt : Tom
Zooey Deschanel : Summer
Geoffrey Arend : McKenzie
Chloë Grace Moretz : Rachel
Matthew Gray Gubler : Paul

LUCKY LUKE : Un beau gâchis !

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luckylukeafficheAvouons-le, je vais être un tantinet indulgent avec Lucky Luke. En effet, après le scandaleusement médiocre Le Petit Nicolas, les aventures de notre cow-boy préféré est juste médiocre. La mémoire de René Goscinny en serait presque préservé. Pourtant dans l’absolu, ce film constitue une immense déception, surtout qu’il n’est pas dénué de qualités, mais qui sont, malheureusement, balayés par les aspects négatifs.

Lucky Luke est chargé par le Président des Etats-Unis de rétablir l’ordre à Daisy Town, où doit se faire la jonction entre les chemins de fer de l’Ouest et de l’Est. Mais ce lieu est aussi celui de l’enfance du cow-boy solitaire. Le lieu aussi où ses parents furent assassinés par le gang des tricheurs, vingt ans auparavant.

Commençons par le positif. Si Le Petit Nicolas était très loin de l’esprit originel, Lucky Luke ne s’en éloigne que très peu. La seule trahison est peut-être d’avoir donné à ce héros un passé plutôt sombre, totalement absent de la bande-dessinée. Sinon, les références réussies à l’univers crée par Morris et Goscinny se multiplient, au plus grand bonheur des fans. Les personnages secondaires, Calamity Jane, Billy the Kid, Jesse James, Pat Poker, Phil Defer, sont fidèles aux originaux.

Lucky Luke multiplie aussi les clins d’œil aux grands classiques du western et notamment l’œuvre de Sergio Leone. Ceci colle bien sûr tout à fait à l’esprit de la bande-dessinée, où les références cinématographiques étaient souvent présentes. Le passage sur grand écran ne pouvait qu’amplifier le phénomène. Et cela est fait avec une certaine réussite. De toute façon, l’univers de Lucky Luke était sûrement le plus facilement adaptable parmi ceux crées par Goscinny, car c’est sans doute le plus « premier degré ». Et globalement, cette adaptation ne trahit en rien l’œuvre originale.

Le casting est également très réussi. Jean Dujardin, Melvil Poupau, Daniel Prevost, Jean-François Balmer, un Michael Young presque supportable et surtout une formidable Sandrine Testud. Elle est de loin la plus brillante étoile de ce casting, peut-être parce que c’est une tellement bonne actrice qu’elle n’a pas besoin d’être dirigée. La seule qui soit un peu en retrait est Alexandra Lamy, qui est bien trop transparente pour donner du corps à un personnage déjà à la base limité.

luckylukeMais alors qu’est-ce qui cloche ? Je n’aime pas dénoncer, mais si on doit trouver un coupable, on peut désigner James Huth pour pendre quelqu’un. Je n’aime pas être méchant, mais il est tout simplement un très mauvais réalisateur. On l’avait déjà vu dans Brice de Nice et il se révèle une nouvelle fois incapable de diriger un acteur aussi cabotin que Jean Dujardin. Ce dernier nous livre son numéro habituel, qu’il maîtrise à la perfection, mais semble parfois perdu à l’écran, nous offrant quelques mimiques en attendant que quelque chose se passe.

Car le plus gros défaut de Lucky Luke, c’est d’être mou du genou ! Jamais, ne serait-ce qu’une seule seconde, on y trouve l’étincelle d’énergie indispensable à une comédie. Aucune scène ne décolle, les gags ne s’enchaînent jamais, tout est poussif, s’étire désespérément en longueur, gâchant irréversiblement la moindre bonne idée. Ce film est tout simplement très mal réalisé. Vu le budget, le mythe en question, le casting, cela constitue quand même un immense gâchis. Je n’ai pas un amour fou des réalisateurs français, mais tout de même, on a des dizaines de gens plus talentueux que James Huth, auxquels on aurait pu confier un tel projet. Le résultat en aurait été que bien meilleur. Espérons que la suite (avec le Dalton ?) qui ne manquera pas d’arriver changera de mains. Mais je crains fort que cela ne soit pas le cas.

Heureusement que le prochain mythe de la culture francophone à être adapté à l’écran, à savoir Tintin, sera réalisé par Steven Spielberg himself. Après le désastre du Petit Nicolas, il est désolant de constater que c’est d’Hollywood qu’on attend le meilleur pour valoriser notre propre culture !

Fiche technique :
Production : UGC YM, UGC Images, Captain Movies, France 2 cinema
Distribution : UGC
Réalisation : James Huth
Scénario : James Huth, Sonja Shillito, Jean Dujardin, d’après la BD de Morris et Goscinny
Montage : Antoine Vareille, Frédérique Olszak
Photo : Stéphane Le Parc
Décors : Pierre Quefféléan
Musique : Bruno Coulais
Effets spéciaux : Doc Ransanberg
Durée : 104 mn

Casting :
Jean Dujardin : Lucky Luke
Sylvie Testud : Calamity Jane
Michaël Youn : Billy the Kid
Daniel Prevost : Pat Poker
Alexandra Lamy : Belle Star
Melvil Poupaud : Jesse James
Jean-François Balmer : le gouverneur Cooper
Bruno Salomone : Jolly Jumper (la voix seulement)

LE PETIT NICOLAS : Indigne de Goscinny

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lepetitnicolasafficheRené Goscinny est un des plus grands génies de l’histoire de la francophonie. Son humour d’une subtilité remarquable nous a laissé des œuvres qui ont profondément marqué la culture de la seconde moitié du 20ème siècle : Les Dingodossiers, Astérix, Lucky Luke et… le Petit Nicolas. Bon, même si ces derniers temps les mots petit et Nicolas ont tendance à désigner une personne relativement antipathique que l’on voit partout, il servait précédemment à désigner un personnage de roman, dont le héros est un petit garçon espiègle. Le voici enfin adapté sur grand écran. Mais le génie de Goscinny est-il vraiment transcriptible au cinéma ?

Le Petit Nicolas croit comprendre un jour que ses parents vont lui donner un petit frère. Il s’imagine alors les pires catastrophes et craint d’être abandonné dans la forêt. Avec ses amis, il fonde alors une bande secrète pour trouver une solution au problème.

N’y allons pas par quatre chemins, le Petit Nicolas est un film raté et sans intérêt, vaguement mignonnet, même pas vraiment drôle et surtout totalement indigne du génie de Goscinny. Une comédie sans rythme, sans énergie, sans imagination et surtout sans la moindre dose de subtilité. Relire du Goscinny à l’âge adulte nous permet de voir enfin que derrière la farce, il y’a une critique très juste de nos petits travers quotidiens et franchouillards. Du 8ème degré qui nous échappait quand nous étions enfant, mais qui redonne un intérêt à son œuvre à tout âge de la vie.

Rien de tout cela dans le Petit Nicolas, le film, où seuls la farce et l’humour premier degré subsistent. Si au moins, le film avait été une réussite à ce niveau là, on aurait pu pardonner. Mais là, rien ne vient donner à ce film le souffle et l’intérêt minimal que l’on aurait pu attendre pour un tel « blockbuster » à la française. La scène du dîner entre les parents du Petit Nicolas, le patron du père et sa femme aurait du être le moment de bravoure de ce film puisque sa préparation est un des fils rouges de l’intrigue. Le résultat est une scène où l’on voit Valérie Lemercier s’agiter dans tous les sens, sans nous arracher à peine plus qu’un sourire.

lepetitnicolasAutre chose m’a également gêné dans ce film, mais cela reste très personnel. En effet, j’ai trouvé le petit garçon interprétant le Petit Nicolas absolument pas mignon. Au contraire, j’ai eu envie pendant tous le film de lui filer une bonne paire de claques, pour rien, comme ça, juste pour le plaisir. Bon j’exagère un tantinet (je rassure tout le monde, je n’ai pas ce genre de pulsions envers les enfants !). Il y’a, certes, une vraie ressemblance avec le personnage dessiné par Sempé mais du coup, il semble artificiel, un extra-terrestre parmi de vrais petits garçons.

Car heureusement que ses camarades sont là. Ils représentent, avec les décors et les costumes qui forment une reconstitution des années 50 tout à fait remarquable, la seule réussite du film. Au moins, eux, ils y croient et donnent tout ce qu’ils ont. Pas comme la multitude de « guests » qui se contentent du minimum. Sortir Galabru de l’hospice (ok, j’ai décidé d’être méchant ce soir) pour lui faire faire le pitre en Ministre de l’Education, comme moi je suis coureur de 100m, n’était vraiment pas digne de sa grande carrière… Enfin, si Galabru n’avait pas tourné dans un grand nombre de navets, ça se saurait…

Bref, heureusement qu’Alain Chabat a réussi son Astérix Mission Cléopâtre, car sinon les adaptations de l’univers de Goscinny à l’écran tourneraient toutes à la catastrophe. La pression est maintenant sur Lucky Luke qui sort dans les semaines à venir. De toute façon, il y’a peu de chance qu’il fasse pire que ce Petit Nicolas qui est un petit, mais alors un tout petit film.

Fiche technique :
Production : Fidélité, Imav
Distribution : Wild Bunch distribution
Réalisation : Laurent Tirard
Scénario : Laurent Tirard, Grégoire Vigneron, Alain Chabat, d’après l’oeuvre de Sempé et Goscinny
Montage : Valérie Deseine
Photo : Denis Rouden
Format : 1.85, Dolby SRD DTS
Décors : Françoise Dupertuis
Musique : Klaus Badelt, Renan Luce (chanson)
Costumes : Pierre-Jean Laroque
Durée : 90 mn

Casting :
Maxime Godart : Nicolas
Valérie Lemercier : La maman
Kad Merad : Le papa
Sandrine Kiberlain : la maîtresse
Daniel Prévost : M. Moucheboume
Anémone : Mlle Navarrin
François-Xavier Demaison : Le bouillon
Michel Galabru : Le Ministre
Louise Bourgoin : La fleuriste 

MARY ET MAX : Pâte à modeler l’émotion

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maryetmaxafficheIl y’a des films dont on attend rien, où l’on va en traînant un peu des pieds. Bon ok, c’est surtout à moi que cela arrive lorsque j’enchaîne trois films en une soirée et que j’ai besoin que les horaires concordent. Bref, on entre dans la salle à reculons et on en sort…à reculons aussi parce que le spectacle nous a tellement enthousiasmé qu’on aimerait bien qu’il se prolonge un peu. Mary et Max qui est, pour moi, un vrai coup de cœur cinématographique.

Mary est une petite fille solitaire qui vit en Australie. Affublée d’une tâche de naissance sur le front couleur marron, elle vit avec sa mère passionnée par le sherry et son père passionnée par la taxidermie. Un jour, elle choisit au hasard un nom dans l’annuaire de New York et lui écrit une lettre. Ce dernière arrive chez Max Horowitz, 44 ans, obèse et atteint du syndrome d’Asperger. Va alors débuter la plus improbable correspondance, mais aussi la plus sincère amitié.

Réalisé entièrement en pâte à modeler, Mary et Max est très loin de l’univers de Wallace et Gromit. Il s’agit d’un vrai film pour adultes, mais surtout une fable magnifique et bouleversante. Un film sur l’acceptation de la différence et, encore plus, l’acceptation de soi-même, exercice ô combien délicat pour beaucoup d’entre nous.

En choisissant de faire de cette histoire, un film d’animation, Adam Elliot s’est donné toute liberté pour l’illustrer et lui donner vie. Et il utilise à merveille toutes les possibilités qui lui sont offertes. Le film reste cependant intensément humain, les effets visuels n’étant jamais une fin en soi mais un outil pour renforcer la force et la profondeur du message.

maryetmaxSi Mary et Max avait été un film classique, il n’aurait pas eu la même poésie. Et c’est justement cette dernière qui le rend si émouvant. Sans elle, il aurait été juste glauque et dramatique. Grâce à elle, il y règne un élan d’optimisme humaniste malgré toute la tristesse de l’univers des deux personnages. Leurs échanges constituent une des rares lueurs qui éclairent leurs vies, dans un monde qu’ils ne comprennent pas bien. La manière dont ils sont illustrés apportent cette touche de fantaisie et d’humour qui apporte plus bien au propos que tous les moments larmoyants qu’on pourrait imaginer.

Mary et Max vous fera donc au moins rire que pleurer. Et même les larmes versées seront des larmes d’émotion où se mêle tristesse et joie. La fin notamment ne pourra laisser personne indifférent. Moment magnifique, parfaite conclusion d’un récit aussi riche qu’original, délirant parfois, profondément humain toujours.

Mary et Max est donc une vraie bonne surprise cinématographique. Un moment d’émotion pure mise en scène de manière originale. Bref, un film extraordinaire dans tous les sens du terme.

Fiche technique :
Production : Mélanie Coombs, Melodrama Pictures
Distribution : Gaumont Distribution
Réalisation : Adam Elliot
Scénario : Adam Elliot
Montage : Bill Murphy
Photo : Gerald Thompson
Décors : Adam Elliot, Isabel Peppard et Claire Tennant
Son : Peter Walker
Directeur artistique : Craig Fison
Durée : 92 mn

Casting :
Toni Collette : Mary Daisy Dinkle
Philip Seymour Hoffman : Max Jerry Horovitz
Eric Bana : Damien
Barry Humphries : le narrateur