
Mark Whitacre est un des principaux cadres d’ADM, un géant de l’agroalimentaire américain. Un jour, suite à une affaire d’espionnage industriel par des concurrents japonais, il est confronté au FBI, auquel il finit par avouer une vaste organisation d’entente sur les prix entre les différents acteurs du marché. Il devient alors informateur et chargé de réaliser des enregistrements pour prouver ses allégations.
The Informant ! a un côté Erin Brokowich, du moins dans sa première partie, avec un aspect parodique tant le personnage de Mark Whitacre prête à sourire. La bande-annonce insistait d’ailleurs énormément sur son côté « Je me prends pour James Bond », alors qu’il est en fait particulièrement maladroit et se trouve sur le point de faire capoter toute l’enquête.
Mais voilà, au bout d’une heure, The Informant ! prend une toute autre tournure. Il serait dommage d’en dire quoi que ce soit et de gâcher la surprise de ceux qui auront l’occasion de voir ce film. Le glissement se fait petit à petit, et le spectateur commence à comprendre peu à peu que les choses ne sont pas tout à fait ce qu’elles semblaient être au début. C’est beaucoup plus subtil que le retournement final classique dont le cinéma hollywoodien use et abuse. Il y’a donc une vraie intelligence dans le scénario… mais malheureusement il lui manque bien d’autres choses.

Car The Informant ! avait du potentiel. Déjà la caméra de Soderbergh reste malgré tout une de plus élégantes du cinéma mondial. On avait déjà fait la remarque pour le Che, tous ses films sont beaux à voir. Mais du coup, il a franchement tendance à tomber dans le contemplatif. Et les productions de cette année donnent à penser que ce défaut s’accentue avec l’âge, signe peut-être que sa créativité artistique tourne en rond, et surtout plus autour que d’elle-même. Mais bon, un tel talent ne saurait se complaire dans la médiocrité bien longtemps.
Et puis, The Informant ! avait la chance d’avoir comme tête d’affiche l’immense Matt Damon. Mais voilà, aussi bon soit-il, il ne peut à lui seul apporter tout ce qui manque à ce film. Du coup, son interprétation tourne elle aussi vite en rond, autour des mêmes mimiques. Même quand la vision que l’on a du personnage évolue, son jeu ne change pas, ou si peu. Mais il n’y avait sans doute pas matière à.
The Informant ! restera un Soderbergh plutôt raté. Mais après l’échec du diptyque sur le Che, même ses plus farouches adeptes vont peut-être commencer à se faire du soucis.
Fiche technique :
Production : Warner Bros. Pictures, Participant Media et Grounswell Productions, Section eight-Jaffe / Braunstein Entrprise
Distribution : Warner Bros. Entertainment France
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Scott Z.Burns
Montage : Stephen Mirrione
Photo : Peter Andrews
Format : 35mm
Décors : Doug Meerdink
Son : Denis Touwns
Musique : Marvin Hamlisch
Directeur artistique : David E. Scott, William Hunter
Durée : 107 mn
Casting :
Matt Damon : Mark Whitacre
Melanie Lynskey : Ginger Whitacre
Tom Papa : Mick Andreas
Eddie Jemison : Kirk Schmidt
Lucas McHugh Carroll : Alexander Whitacre
Rusty Schwimmer : Liz Taylor

Il reste quelques décors assez réussis. Mais là encore, c’est du Canada Dry quand Moulin Rouge était de la Kilkenny. Ca tente de briller de mille feux, mais ça se limite finalement à 512. Et puis, quand bien même l’écrin serait splendide, le bijou est tellement raté qu’on a envie de le jeter avec le reste. 
Le talent d’Ang Lee y est pour beaucoup dans cette réussite. Le film n’est pas spectaculaire visuellement, mais l’intrigue se déroule sur un tempo parfait. Avec le recul, beaucoup de situations et d’évènements peuplant ce film sont totalement improbables, mais l’histoire les amènent peu à peu et dans un fil narratif qui les rend logique et crédibles. Ca s’appelle tout simplement savoir raconter une histoire ! 
A côté de ça, Démineurs fait l’objet d’une réalisation, et en particulier d’une photographie, vraiment remarquable. Il est vrai que les paysages désertiques se prêtent bien à ce genre de travail sur l’image, mais cela n’enlève rien au mérite de l’équipe technique de ce film. De plus, Kathryn Bigelow, la réalisatrice du cultissime Point Break, a parfaitement réussi à faire monter la pression et l’angoisse autour d’un acte, le déminage, qui n’implique pas forcément des actions particulièrement spectaculaires. 
Enfin, le dernier facteur de réussite est le charisme du couple. Bon, je ne m’étendrais pas sur le charme de Ryan Reynolds, mais il faut admettre que son personnage est éminemment sympathique et la manière dont il arrive à renverser la position de faiblesse dans laquelle il se trouve au départ le rendrait presque intéressant. A ses côtés, Sandra Bullock… Si son parcours d’actrice peut prêter à sourire et aux moqueries, elle prouve là que c’est une femme magnifique et une actrice qui mérite mieux que les navets dans lesquels elle tourne. Tous ceux qui étaient tombés amoureux d’elle, il y’a 15 ans dans Speed peuvent aller voir la Proposition sans peur. Son charme n’a pas pris une ride… Euh et elle non plus d’ailleurs, mais ça c’est la magie d’Hollywood (et du maquillage… et de la chirurgie…). 
Reste que l’Affaire Farewell fait un peu gâchis. En effet, les têtes d’affiche étaient prometteuses. D’un côté, Guillaume Canet, toujours aussi talentueux, même s’il commence à tomber dans le travers de la plupart des acteurs français : Guillaume Canet fait du Guillaume Canet. De l’autre, Emir Kusturica qui nous surprend (il fallait quand même une surprise dans se film) en passant de l’autre côté de la caméra. Et bien, cette première est une réussite car il est réellement excellent et porte le film comme il peut à bout de bras en interprétant le seul personnage un minimum charismatique de ce film. 
Parfois tendre, parfois cruel, Le Premier Jour du Reste de ta Vie n’est pas un film à thèse. Certes, il y’a un petit côté ode à la vie familiale, mais il en montre les bons comme les mauvais côtés. Evidemment, raccourci d’une petite vingtaine de minutes, avec un peu plus de rythme, le film aurait été encore meilleur. Mais peut-être, du coup, ne nous aurait-il pas permis de réaliser l’introspection à laquelle ce film nous invite sans nous brusquer. 
Voilà, le négatif est évacué, passons au positif nettement dominant dans ce film. Tout d’abord, si le procédé n’a, encore une fois, rien de nouveau, il donne à Rien de Personnel un réel intérêt scénaristique. En effet, le procédé est ici parfaitement maîtrisé et les surprises qu’il engendre, réelles. Il est quasi impossible de déceler le vrai du faux avant d’avoir vu l’ensemble du film. Il y’a là un vrai travail, une vraie maîtrise qui méritent d’être signalés. Du coup, même si le film s’étire un peu sur la fin, on ne s’y ennuie pas et on prend un vrai plaisir à se laisser surprendre par chacun des renversements de perspective.
Plus généralement, District 9 trouve autant son intérêt dans ce qu’il est, un film intelligent, avec un réel suspense que dans ce qu’il n’est pas et aurait pu être tellement facilement. On est tellement habitué aux codes hollywoodiens, à la barrière entre les genres, à un certain manque de créativité, que l’on passe les deux petites heures de ce film à être surpris très agréablement.
Le détail le plus typique de ce film est la manière dont Philipp Marlowe croise sans arrêt des personnages féminins qui lui font immédiatement de l’œil. Evidemment, il se laisse faire sans jamais vraiment céder, restant impassible dans l’expression du visage, tout en balançant des compliments tous faits qui font soupirer les belles en question. Parmi les personnages, on trouve même un chauffeur de taxi qui est…une femme. Je ne sais pas si vous avez déjà vu une « chauffeuse » de taxi, moi jamais… Elle lui sort un « I am your girl », dans le sens de « je suis votre homme », non « je suis votre petite amie ». Il lui répond presque froidement, comme elle est naturellement très jolie, « I wish you were » (littéralement « j’aimerais que vous le soyez »… Bon, je ne sais pas si les pas doués en anglais auront bien compris le jeu de mots). Bref, tout ça est d’un charme désuet tout à fait savoureux, typique d’une époque où le désir sexuel ne pouvait être exprimé que sous forme d’allusion. Aujourd’hui, on verrait Philipp Marlowe conclure certains de ses échanges dans un lit, ici, il n’en est évidemment pas question.
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