AQUAMAN : DC touche le fond

aquamanafficheJe peux l’avouer. Si j’ai été voir Aquaman, c’est aussi pour avoir l’immense plaisir d’en faire sa critique. En effet, rien n’égale le plaisir de parler d’un film merveilleux, si ce n’est de parler d’un navet. Mais attention, d’un vrai navet, pas d’une simple série B sympathique. Et dans la lignée des légumes cinématographiques, cette nouvelle production DC tient une place de choix. Pas tant dans sa nullité dans l’absolu, on a fait bien pire, mais dans l’écart abyssal (c’est le cas de le dire) entre la prétention des intentions de ce film et le résultat final. Bref, ce film n’est pas un Titanic du 7ème art, mais plutôt une coque de noix contre un glaçon dans un grand verre de médiocrité et de prétention mal placée.

DC commence visiblement à comprendre ce qui fait toute la différence entre son univers et celui des films Marvel. En effet, on trouve enfin trace d’un ingrédient précieux dans Aquaman, à savoir l’humour et l’auto-dérision. Mais on sent bien que les producteurs débutent dans le domaine et en font usage avec encore une grande parcimonie. Pourtant, le film fait rire, mais le plus souvent à ses dépens. Quelques plans pompeux et ridicules valent presque le détour, la vacuité absolue de certains dialogues prêtent à sourire et certains costumes raviront les nostalgiques de Bioman et d’X-Or. On sent que les scénaristes ont tenté de donner un vrai souffle épique à cette histoire, mais le résultat fait plus penser à l’expiration d’un asthmatique en fin de vie.

aquamanQuelque chose surnage-t-il de ce marasme ? (moi, aussi je sais faire de l’humour). Les défenseurs du film pourront toujours mettre en avant le fait, qu’au fond, on ne s’ennuie pas. Les scènes d’action sont nombreuses et spectaculaires, malgré l’indigence de la réalisation. Aquaman divertit et on pourrait alors se dire qu’il atteint parfaitement son but. Cela serait le cas, s’il n’affichait visiblement pas d’autres prétentions. Je suis le premier à défendre les films qui n’ont pas d’objectifs démesurés et se contentent de ce qu’ils sont. Ici, s’ajoute au ridicule, une ambition totalement démesurée vis-à-vis du peu de talent artistique mise en œuvre ici. Bref, on n’est pas loin du naufrage.

LA NOTE : 06/20

Fiche technique :
Production : DC Entertainment, Warner Bros., RatPac-Dune Entertainment, Cruel and Unusual Films
Distribution : Warner Bros.
Réalisation : James Wan
Scénario : Will Beall et David Leslie Johnson-McGoldrick, d’après une histoire de James Wan et Geoff Johns
Montage : Kirk M. Morri
Photo : Don Burgess
Décors : Bill Brzeski
Musique : Rupert Gregson-Williams
Durée : 143 min

Casting :
Jason Momoa : Arthur Curry / Aquaman
Amber Heard : Mera
Willem Dafoe : Nuidis Vulko
Yahya Abdul-Mateen II : David Hyde / Black Manta
Patrick Wilson : roi Orm
Dolph Lundgren : Nereus
Temuera Morrison : Thomas Curry
Nicole Kidman : Atlanna
Michael Beach : Jesse Kane
Randall Park : Dr. Stephen Shin

LE RETOUR DE MARY POPPINS : Retour en douceur

leretourdemarypoppinsafficheCertaines personnes nous quittent ou simplement la vie nous les fait perdre de vue. Pour certaines on attend ou on espère un retour. Pour d’autres, on n’y pense pas vraiment. On aura plaisir à les recroiser mais sans attente particulière. J’aime profondément Mary Poppins, le film original, mais j’avoue que quand j’ai vu que le Retour de Mary Poppins était annoncé, ça ne m’a guère ému. Sans doute parce que je m’attendais plutôt au pire qu’au meilleur. Mais rassuré par des critiques globalement positives, je m’y suis rendu sans crainte. Et effectivement le spectacle est plaisant. Mais loin d’être inoubliable.

En confiant à Rob Marshall la réalisation du Retour de Mary Poppins, les producteurs ont décidé de ne prendre aucun risque. Au final, le film est la comédie musicale très classique, certains diront vintage, à laquelle on pouvait s’attendre. L’esprit du premier épisode est totalement respecté. Mais du coup, on finit par se demander s’il s’agit vraiment d’une suite et non plutôt d’un remake. Personnellement, je regrette vraiment ce manque caractérisé d’audace sur la forme et sur le fond. Visuellement et musicalement, le même film, à quelques détails près, aurait pu être réalisé dans les années 60. On pouvait s’attendre, pour ne pas dire espérer, une vision beaucoup plus moderne du mythe. Ce n’est pas ringard pour autant, mais jamais vraiment surprenant en tout cas.

leretourdemarypoppinsLe manque d’audace se ressent aussi cruellement sur le fond. Le Retour de Mary Poppins se contente d’être un film gentillet, qui ravira petits et grands, et surtout les petits (ou les grands enfants). En soi, ce n’est pas un problème, l’original étant dans cette veine. Ce qui est beaucoup plus frustrant est que le scénario touche du doigt de nombreux thèmes : la nostalgie, le rapport à l’enfance, le deuil… Jamais il ne s’y engouffre vraiment pour donner à ce film une tout autre dimension, peut-être plus « adulte », mais qui aurait surtout pour donner quelque chose de beaucoup plus intéressant. Au-milieu de tout ça, Emily Blunt campe une Mary Poppins beaucoup plus discrète que l’originale. A la fois, n’est pas Julie Andrews qui veut. Un retour qui n’a donc rien d’infamant, mais qui n’appelle pas forcément le retour du retour.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : Marc Platt Productions, Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Réalisation : Rob Marshall
Scénario : David Magee, inspiré du livre de Pamela L. Travers
Montage : Wyatt Smith
Photo : Dion Beebe
Décors : John Myrhe
Musique : Marc Shaiman, Scott Wittman
Directeur artistique : Niall Moroney
Durée : 130 min

Casting :
Emily Blunt : Mary Poppins
Lin-Manuel Miranda : Jack
Ben Whishaw : Michael banks
Emily Mortimer : Jane Banks
Pixie Davies : Annabel Banks
Nathanael Saleh : John Banks
Joel Dawson : Georgie Banks
Meryl Streep : Topsy Poppins
Colin Firth : William Weatherall Wilkins
Julie Walters : Ellen

WILDLIFE – UNE SAISON ARDENTE : Les Noces pas si rebelles

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wildlifeafficheL’amour reste sûrement le thème le plus souvent abordé par le cinéma. Le plus souvent, les scénarios nous racontent la naissance d’un amour qui finit par unir deux être dans un délire de bonheur et d’allégresse. Plus rarement, ils racontent quand il finit. Pourtant, statistiquement, puisque les amours éternelles sont rares, les deux événements se déroulent presque aussi souvent l’un que l’autre dans la vraie vie. Mais il est vrai que l’un donne quand même plus envie que l’autre, sauf à être profondément dépressif. Et ce n’est pas Wildlife – Une Saison Ardente qui changera les choses.

Wildlife – Une Saison Ardente marque les débuts de l’autre côté de la caméra de Paul Dano. Quand on connaît l’acteur, on pouvait présumer qu’il ferait un réalisateur de premier ordre. C’est donc avec une vraie curiosité que je suis allé voir ce film. Mais le verdict est assez clair, je me suis ennuyé. La faute à des personnages absolument pas attachants. Comme au final, il ne leur arrive rien de si extraordinaire que ça, le film ne nous offre guère de quoi nous enthousiasmer. L’originalité de l’histoire reste le rôle de spectateur privilégié du fils qui se retrouve mêlé de beaucoup trop près à la crise existentielle que vivent ses parents. On compatit d’autant mieux avec lui que c’est à peu près aussi pénible pour lui que pour le spectateur.

wildlifeOn reconnaîtra volontiers une réelle élégance dans la réalisation de Paul Dano. Mais filmer élégamment rien ne donne pas plus d’épaisseur au contenu. Carey Mulligan et surtout Jake Gyllenhaal semblent un perdu et joue du coup avec le frein à main. Certains diront peut-être avec retenu, mais à la fois l’amour, même finissant, sans passion, il n’y a pas vraiment de quoi en faire une histoire. Wildlife – Une Saison Ardente ne leur offre définitivement pas de quoi exprimer tout leur talent, ce qui rajoute à la frustration du spectateur. Tous les débuts ne sont pas réussis. Mais tout le monde a le droit à une seconde chance.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Production : June Pictures, Sight Unseen
Réalisation : Paul Dano
Scénario : Paul Dano, Zoe Kazan, roman de Richard Ford
Montage : Louise Ford, Matthew Hannam
Photo : Diego Garcia
Décors : Akin McKenzie
Distribution : ARP Sélection
Musique : David Lang
Durée : 105 min.

Casting :
Carey Mulligan : Jeannette
Jake Gyllenhaal : Jerry
Ed Oxenbould : Joe
Bill Camp : Warren Miller

UNE AFFAIRE DE FAMILLE : Une Palme bien en or !

uneaffairedefamilleafficheDepuis quelques années, j’avais bien du mal à être pleinement convaincu par un film ayant reçu la Palme d’Or à Cannes. La voir décernée cette année à un film du réalisateur japonais Kore-eda Hirokazu, qui nous avait déjà offert le magnifique Tel Père, Tel Fils, redonnait bon espoir de pouvoir à nouveau s’enthousiasmer pour un film primé sur la Croisette. Tous les espoirs ne sont pas vains puisque Une Affaire de Famille est bien le petit chef d’œuvre espéré. Un magnifique moment d’humanisme qui jette un regard sans concession sur une société japonaise socialement fragmentée.

Une Affaire de Famille est avant tout un sublime film de personnages. Le scénario nous dévoile peu à peu qui ils sont vraiment en réservant de vraies surprises. La grande qualité de cette histoire est d’avoir su conjuguer ces « rebondissements » qui alimentent la curiosité du spectateur avec un propos d’une grande profondeur. En un mot de l’intelligence merveilleusement bien racontée. Le film est d’une incroyable richesse, chaque nouvel élément venant apporter quelque chose de vraiment nouveau, et explore un nouvel axe de réflexion. Encore une fois, il fait exploser la vision monolithique et traditionaliste que l’on imagine dominer dans son pays (et ailleurs en fait).

uneaffairedefamilleUne Affaire de Famille reste un film japonais. S’il n’est en rien contemplatif, vu la richesse de son contenu, la narration reste sur un rythme relativement lent. Mais jamais ne vient pointer le moindre début d’ennui. Grâce à l’élégance de la réalisation de Kore-eda Hirokazu tout d’abord et parce que cette formidable élégance est au service de ses acteurs. Si le Japon ne manque pas de quelque chose, c’est bien de formidables acteurs et actrices. Cette synergie entre réalisation et casting portent cette histoire à un autre niveau. A celui qui lui a valu une des plus belles récompenses du septième art. Et cette fois, elle est pleinement méritée.

LA NOTE : 16,5/20

Fiche technique :
Production : Fuji Television Network, GAGA Communications, Aoi Pro Inc
Réalisation : Kore-eda Hirokazu
Scénario : Kore-eda Hirokazu
Montage : Kore-eda Hirokazu
Photo : Ryuto Kondo
Distribution : Le Pacte
Musique : Haruomi Hosono
Durée : 121 min

Casting :
Kirin Kiki : Hatsue Shibata
Mayu Matsuoka : Aki Shibata
Sakura Andô : Nobuyo Shibata
Lily Franky : Osamu Shibata
Kairi Jyo : Shota Shibata
Miyu Sasaki : Juri Hojo

MORTAL ENGINES : Rien de mortel

mortalenginesafficheA quelques jours de Noël, j’avais une envie d’aller voir un film qui ne me fasse pas trop de nœuds au cerveau, même si je savais qu’il avait peu de chance de m’enthousiasmer. Pour cela, Mortal Engines paraissait parfait. La bande-annonce faisait un minimum envie, mais les critiques annonçaient un film plutôt médiocre. Il faut admettre que ces derniers avaient raison et on peut formuler bien des reproches à son encontre. Cependant, ça serait mentir de dire que je me suis ennuyé ne serait-ce qu’une seule seconde. Dans le but que je recherchais, ce film fut donc parfait. Dans l’absolu, il est vrai, on ne peut pas en dire autant.

Mortal Engines ne souffre pas vraiment de défaut majeur. Il souffre par contre d’une accumulation d’imperfections qui, sans gâcher totalement le plaisir, finissent tout de même par se remarquer. Au premier de celles-ci figurent à mon sens des personnages auxquels ils manquent systématiquement ce supplément d’épaisseur qui donne sous souffle aux vrais épopées. Du coup, c’est toute l’histoire qui en manque quelque peu. Elle est certes rythmée et réservent pas mal de rebondissements. Ces derniers restent cependant souvent largement prévisibles et l’enchaînement des péripéties reste trop mécanique pour créer une réelle magie. Le scénario reste bien trop superficiel pour que l’on ait l’impression de vraiment découvrir un nouveau monde.

mortalenginesEn fait, Mortal Engines est peut-être victime de ce qui aurait du faire sa principale qualité. En effet, en ne cherchant pas à faire de ce film le début d’une franchise, ou du moins en donnant une cohérence globale à cette histoire, avec un début et une vraie fin (mais on ne jurera pas qu’il n’y aura pas de deuxième épisode), on ne prend pas le temps d’aller vraiment à la découverte des lieux, des enjeux et, comme je l’ai déjà dit, des personnages. Et on le regrette un peu car le film ne laisse pas le temps au spectateur de s’attacher à quoi que ce soit. Reste quelques scènes spectaculaires et visuellement plutôt réussies. Ce n’est pas grand chose, mais ça détend en attendant l’arrivée du Père Noël.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Production : Media Rights Capital, Universal Pictures, WingNut Films
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Christian Rivers
Scénario : Peter Jackson, Fran Walsh, Philippa Boyens, d’après le roman de Philip Reeve
Photo : Simon Raby
Décors : Matt Austin, Simon Bright, Vanessa Cole, Brendan Heffernan, Simon Lowe
Musique : Junkie XL
Effets spéciaux : Ken McGaugh
Costumes : Bob Buc, Kate Hawley
Durée : 128 min

Casting :
Robert Sheehan : Tom Natsworthy
Hera Hilmar : Hester Shaw
Hugo Weaving : Thaddeus Valentine
Leila George : Katherine Valentine
Ronan Raftery : Bevis Pod
Jihae : Anna Fang

LES CONFINS DU MONDE : La guerre sans fard

lesconfinsdumondeafficheLa guerre d’Indochine constitue sûrement un des moments de notre histoire les plus méconnus. Trop lointain, trop peu glorieux sans doute. Le cinéma français n’a pas fait beaucoup pour combler cette ignorance. En tout cas, rien à voir avec la manière dont les Etats-Unis portent à l’écran les conflits dans lesquels ils sont été engagés. Les Confins du Monde comble un peu de ce manque en nous plongeant dans la guérilla qui a suivi le départ des Japonais de la péninsule indochinoise. Il nous en livre une vision crue qui s’appuie surtout sur ce qui a pu animer ce qui ont vécu ce conflit.

Il existe plusieurs façons de filmer la guerre. Soit on s’intéresse à l’Histoire, avec un grand h et on décrit les événements dans leur globalité, y compris les enjeux géopolitiques qui sous-tendent toujours un conflit. Les Confins du Monde fait un tout autre choix. On est très loin d’une leçon magistrale d’histoire. C’est à travers des destins individuels que l’on va plonger dans cette guerre qui n’en est pas encore tout à fait une. Une plongée dans l’âme de soldats, des âmes rongées par ce qu’ils vivent, parce qu’ils voient, par ce qu’ils font. La plongée se fait sans fard, alors elle raisonne avec l’âme du spectateur qui ne peut rester indifférent.

lesconfinsdumondeLes Confins du Monde n’est pas à mettre devant tous les yeux. Il montre toute la cruauté de ce conflit, où le sadisme sert à terrifier le camp d’en face. On peut parfois s’interroger sur la nécessité de monter de manière aussi directe autant d’horreurs. Le choix de Guillaume Nicloux s’explique sans doute par une volonté de mieux faire comprendre au spectateur comme les personnages peuvent glisser sur une pente qui les conduisent vers une forme de folie. On ne ressort pas de ce film à moitié fou, mais le cœur un peu serré, admiratif de la performance de Gaspard Ulliel et compatissant pour tous ceux qui ont vécu ces événements pour de vrai.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Les Armateurs, Les films du Worso, Orange Studio, Scope Pictures
Réalisation : Guillaume Nicloux
Scénario : Guillaume Nicloux, Jérôme Beaujour
Montage : Guy Lecorne
Photo : David Ungaro
Distribution : Ad Vitam
Musique : Shannon Wright
Durée : 103 min

Casting :
Gaspard Ulliel : Robert Tassen
Gérard Depardieu : Saintonge
Lang-Khê Tran : Maï
Guillaume Gouix : Cavagna
Jonathan Couzinié : Lt Maussier
Kevin Janssens : Cdt Orlan

LETO : Back in the USSR

letoafficheSi on pense au rock’n’roll, on pense bannière étoilée, grands espaces traversés sur une Harley Davidson et bottes en cuir. Ou éventuellement Union Jack, passage piéton à Liverpool et coupe au bol. Mais beaucoup plus rarement à la faucille et au marteau. Pourtant, la musique rock existait aussi de l’autre côté du rideau de fer. Timidement, sous le contrôle pointu des autorités soviétiques. C’est cette histoire singulière que se propose de raconter Leto. Un film qui respire la musique dans une mise en scène élégante et originale. Et surtout une belle ode à la liberté.

Leto est un film qui repose sur deux piliers. Le premier est avant tout la musique, omniprésente, qui fait ressembler parfois le film à une comédie musicale. De grands classiques chantés en anglais, leur traduction en russe ou du vrai rock soviétique, le nombre de titres que l’on entend en un peu plus de deux heures est impressionnant. Il existe surtout une vraie synergie entre cette musique et les images grâce à la créativité de Kirill Serebrennikov. L’usage du noir et blanc se justifie ici pleinement, permettant aux quelques images en couleurs de posséder un sens particulier. Tout cela est très beau et ravira tout amateur de musique qui se respecte.

letoLeto raconte aussi une histoire. Celle de quelques jeunes garçons et jeunes filles cherchant à vivre leur passion et le désir de liberté qu’elle porte, malgré les forces qui les enferment. Ils profitent de chaque occasion, de chaque petit espace qui leur est laissé. Si on ajoute à cela une triangle amoureux, on obtient un film riche et consistant, même si tout cela s’étiole quelque peu sur la fin. Du coup, cela s’étire un peu en longueur, mais avec encore assez de musique pour qu’on ne regrette pas de rester là. Le film apporte donc un joli témoignage, montrant une nouvelle fois la force de l’art quand il est au service de la liberté.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Hype Film, Kinovista
Réalisation : Kirill Serebrennikov
Scénario : Kirill Serebrennikov, Lily Idov, Mikhail Idov
Montage : Yury Karikh
Photo : Vladislav Opelyants
Décors : Andrey Ponkratov
Distribution : Kinovista, Bac Films
Musique : Roman Bylik
Directeur artistique : Andrey Ponkratov
Durée : 126 min

Casting :
Teo Yoo : Victor
Irina Starshenbaum : Natacha
Roman Bilyk : Mike
Filipp Avdeyev : Lenya
Evgeniy Serzin : Oleg
Aleksandr Gorchilin : Punk

SPIDER-MAN : NEW GENERATION : La jeunesse au pouvoir !

spidermannewgenerationafficheJ’ai annoncé plusieurs fois ici que les productions Marvel commençaient à tourner en rond et à ne plus rien produire de vraiment original. Et plusieurs fois, ils ont su me donner tort. Une dernière fois sans lendemain avais-je envie de penser à chaque fois. Mais à force, il me faut l’admettre. J’avais tort, elles ont encore bien des choses à nous offrir. Une preuve éclatante avec Spider-Man : New Generation. On tient là incontestablement le film Marvel de l’année. On peut même aller plus loin. On tient là incontestablement un des films de l’année.

Drôle, épique, original et magnifiquement créatif visuellement. Tout est dit, j’aurais presque envie de m’arrêter là. Spider-Man : New Generation est enthousiasmant du début à la fin. Comme souvent, c’est l’humour qui donne au film un délicieux supplément d’âme. C’est grâce à lui qu’on s’attache aux personnages, qu’on entre immédiatement dans l’histoire pour ne jamais en sortir. Mais cette dernière ne nous porte pas que pour ça. Rythmée, pleine de surprise et de vrais moments de bravoure, elle vaut le détour par elle-même. A défaut d’être complexe, au moins est-elle assez riche pour nous plonger dans un monde dont on ressort sans avoir nullement l’impression d’en avoir déjà fait le tour. Car évidemment, on sera vite invité à y revenir.

spidermannewgenerationMais Spider-Man : New Generation se démarque définitivement par son graphisme terriblement imaginatif. Il rend de multiples hommages dans un tout étonnamment cohérent. Il fait tout d’abord le lien entre cette version cinématographique et les comics sur papier où il est né. Mais il s’amuse aussi à quelques clins d’œil à l’univers du manga ou des cartoons. C’est foisonnant, mais totalement maîtrisé. L’animation est fluide, les émotions des personnages sont palpables et les scènes d’action restent claires. Bref du vrai cinéma à côté duquel tout amateur de super-héros qui se respecte ne peut pas passer. Longue vie à cette nouvelle génération !

LA NOTE : 15,5/20

Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, Marvel Entertainment, Sony Pictures Animation
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Peter Ramsey, Bob Persichetti, Rodney Rothman
Scénario : Phil Lord, histoire de Phil Lord, Chris Miller et Alex Hirsch
Décors : Justin Thompson
Musique : Daniel Pemberton
Directeur artistique : Dean gordon
Durée : 117 min

Casting :
Shameik Moore : Miles Morales
Jake Johnson : Peter B. Parker
Hailee Steinfeld : Gwen Stacy
Nicolas Cage : Spider-Man noir
Kimiko Glenn : Peni Parker
Mahershala Ali : Aaron Dabis, le rôdeur
Bryan Tyree Henry : Jefferson Dabis
Lily Tomlin : May Parker
Zoë Kravitz : Mary Jane Watson
Liev Schreiber : le Caïd

ASTERIX – LE SECRET DE LA POTION MAGIQUE : Par Toutatis, Monsieur Astier

asterixlesecretdelapotionmagiqueafficheEtre l’homme (ou la femme bien sûr) de la situation, voilà un titre flatteur. En effet, cela implique qu’un autre que lui aurait fait moins bien, ce qui témoigne d’un talent rare et unique. Alexandre Astier en possède un. Et un grand. Mais cela implique aussi une synergie entre la tâche à accomplir et la personne en question, qui tient à un je-ne-sais-quoi inexplicable qui fait que tout s’emboîte parfaitement. Sans doute, le créateur de Kaamelot était celui, à défaut d’être le seul, capable de reprendre à son compte l’héritage de Goscinny. Après avoir adapté (et enrichi) à merveille le Domaine des Dieux, il nous offre une histoire totalement originale avec Asterix – Le Secret de la Potion Magique. Une œuvre que ne renierait pas le grand René.

Le succès d’Asterix et Obelix, et en fait de toute l’œuvre de René Goscinny, tient à la capacité de créer un humour qui soit de tous les degrés à la fois. Quelque soit celui que l’on apprécie le plus, on y trouve son compte. Petits et grands sont séduits, pour des raisons différentes, mais avec la même force. Asterix – Le Secret de la Potion Magique se situe dans cette pure tradition et c’est sans doute son plus grand mérite. On ne peut s’attaquer à un tel mythe, à une œuvre aussi profondément ancrée dans l’imaginaire national, sans se devoir de respecter l’original. Il est ici total.

asterixlesecretdelapotionmagiqueMais Alexandre Astier va plus loin. En effet, il ajoute une petite touche à lui, discrète mais bien réelle. Il donne à Asterix – Le Secret de la Potion Magique une dimension épique comme on l’a rarement vu dans les aventures d’Asterix et Obelix. Ceci tient au personnage du méchant qui est largement plus inquiétant qu’il est ridicule parfois. On suit donc cette histoire avec le plus grand des plaisirs et un plaisir qui dépasse de loin la simple nostalgie. Il s’agit là d’une véritable œuvre originale d’une très grande qualité qui démontre encore une fois à quel point Alexandre Astier était l’homme de la situation.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Valus, Mikros animation, M6
Distribution : SND
Réalisation : Louis Clichy, Alexandre Astier
Scénario : Alexandre Astier, inspiré des BD de René Goscinny et Albert Uderzo
Montage : Bertrand Maillard
Musique : Philippe Rombi
Directeur artistique : Alexandre de Broca
Durée : 85 min

Casting :
Christian Clavier : Astérix
Guillaume Briat : Obélix
Bernard Alane : Panoramix
Daniel Mesguich : Sulfurix
Alex Lutz : Teleferix
Lévanah Solomon : Pectine
Elie Seimoun : Cubitus
François Morel : Ordralfabétix
Florence Foresti : Bonemine

LES VEUVES : Les femmes cassent la baraque

lesveuvesafficheUn film de casse, c’est un peu comme un western. On se dit que c’est un genre un peu daté, mais on est toujours ravi d’en voir un revenir sur grand écran. Surtout évidemment quand il est plutôt bon. On y va un peu nostalgique de tous ces grands classiques que l’on a découvert plus jeunes, dont certains nous ont fait aimer le cinéma. Mais on a aussi forcément envie de voir quelque chose de nouveau. Avec les Veuves, on est comblé. On retrouve la plupart des éléments qui ont fait le succès du genre, mais agrémentés de touches beaucoup plus originales.

Introduire des personnages féminins là où précédemment les mâles dominaient outrageusement se situe bien dans l’air du temps. Mais au-delà de surfer sur une vague, ce choix place les Veuves dans une perspectives relativement inédites. Cela ressemble quelque peu à un cliché, mais l’absence de testostérone en fait un film plus cérébral, plus centré sur les personnages et moins sur la simple mécanique de comment vont réussir leur coup. Cela joue même au final un rôle relativement mineur dans l’histoire, même si cela ajoute tout de même une dose de suspense qui donne du corps à cette histoire. On ne s’ennuie pas une seconde du coup, malgré quelques faiblesses.

lesveuvesLa première d’entre elle est un casting un peu faiblard. Personne n’est mauvais, mais personne ne ressort vraiment du lot. Viola Davis tient le film largement sur ses épaules, mais sans flamboyance. Tout ceci est cependant largement compensé par la réalisation brillante de Steve McQueen. La photographie est magnifiquement ciselée et constitue un régal pour les yeux. Comme souvent, le film manque un tout petit peu de rythme, mais cette légère lenteur est aussi caractéristique de son style. Les Veuves ne restera peut-être pas comme le film de l’année, mais il n’en reste pas moins un vrai film de cinéaste. De ceux qui écrivent l’histoire du 7ème art.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Regency Enterprises, Film4 Productions, See-Saw Films
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Steve McQueen
Scénario : Steve McQueen, Gillian Flynn, Lynda La Plante (livre)
Montage : Joe Walker
Photo : Sean Bobbitt
Décors : Adam Stockhausen
Musique : Hans Zimmer
Durée : 129 min

Casting :
Viola Davis : Veronica Rawlings
Liam Neeson : Harry Rawlings
Michelle Rodriguez : Linda
Elizabeth Debicki : Alice
Cynthia Erivo : Belle
Colin Farrell : Jack Mulligan
Daniel Kaluuya : Jatemme
Brian Tyree Henry : Jamal
Robert Duvall : Tom Mulligan
Jacki Weaver : la mère d’Alice