Les grands acteurs peuvent interpréter toute sorte de rôles. C’est même en ça qu’ils sont grands. Mais malgré cela, certains gardent des prédispositions particulières pour certains types de personnage ou d’univers. De Niro restera à jamais un parfait gangster, bien qu’il ait été également éblouissant dans des rôles radicalement opposés. Vincent Lindon quant à lui semble né pour les films à forte dimension sociale. En Guerre en apporte une nouvelle preuve. Une nouvelle preuve aussi de la jolie complicité née entre le réalisateur Stéphane Brizé et cet acteur. Deux hommes que l’on imagine facilement réunis par beaucoup de choses. En premier lieu des convictions.
Il ne fait pas le moindre doute vers qui dans ce film penche le cœur de Stéphane Brizé. Cependant, son plus grand mérite est d’avoir su conserver une réelle impartialité. On peut même presque parler de détachement. En Guerre n’est certainement pas un film qui vous envoie une opinion au visage en vous priant d’être d’accord avec elle. Il cherche à relater des faits et à amener le spectateur à se faire sa propre opinion. Evidemment, une mise en scène n’est jamais totalement neutre, mais rien ici ne vous empêchera d’avoir un avis objectif. Les personnages, les propos, les situations ne sont jamais manichéennes, rien n’est blanc, ni noir. Cet équilibre représente une des grandes forces du film.
L’autre est l’histoire humaine que sous-tend En Guerre. C’est ici que je placerait un tout petit bémol avec un dénouement que je trouve peut-être un peu trop gros pour être vrai et du coup un peu facile. Mais ça n’enlève rien à l’émotion véhiculé par un film qui remue quand même autant les tripes qu’il secoue les idéaux du spectateur. Le personnage interprété par Vincent Lindon joue un rôle central, mais le film compte toute une galerie de protagonistes, pour beaucoup interprétés par des acteurs non professionnels. Au premier rang desquels la formidable Mélanie Rover. En tout cas, on ressort de ce film quelque peu secoué pour beaucoup de raisons. Un film qui fait sens dont l’impact est renforcé par une réalisation brillante. Bref, du cinéma d’utilité publique.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Nord-Ouest Films, France 3 cinéma Réalisation : Stéphane Brizé Scénario : Stéphane Brizé, Olivier Gorce Montage : Anne Klotz Photo : Eric Dumont Distribution : Diaphana Distribution Musique : Bertrand Blessing Durée : 113 min
Casting : Vincent Lindon : Laurent Amédéo Mélanie Rover : Mélanie Jacques Borderie : M. Borderie
Les générations ayant été profondément marquées par l’épidémie de SIDA telle qu’on la vivait dans les années 80 et 90 ont désormais l’âge de faire des films. Cela se ressent lorsque l’on lit les scénarios des productions hexagonales de ces dernières années, voire simplement de ces derniers mois. On pense évidemment à 120 Battements par Minute, mais le thème est présent au cœur de bien d’autres histoires. La preuve avec Plaire, Aimer et Courir Vite, le dernier film de Christophe Honoré. La maladie y joue ici un rôle essentiel dans l’intrigue, sans pour autant être à proprement parler le sujet du film.
Plaire, Aimer et Courir Vite nous parle avant tout du sujet le plus universel qui soit, à savoir l’amour. L’amour ici avec la perspective de la mort qui rôde, mais l’amour quand même. C’est en cela que l’histoire possède bien quelque chose d’universelle, dans les relations entre les personnages notamment. D’un côté, le film aurait pu être le même dans un autre temps, d’autres lieux, une autre sexualité… De l’autre, le film aurait été radicalement différent puisque tous ces éléments donnent à ce film un relief et un intérêt supplémentaires. Le grand mérite de ce film est d’arriver à dresser des portraits singuliers de personnages, d’une époque, d’un contexte, en montrant aussi ce qu’il y a de plus immuable dans les sentiments et les relations humaines.
Plaire, Aimer et Courir Vite confirme aussi que Vincent Lacoste prend une dimension supplémentaire à chacun de ses rôles. Il parvient même ici à se métamorphoser physiquement pour interpréter son personnage. Difficile cependant de séparer sa prestation de celle de Pierre Deladonchamps, tant les deux rôles s’entremêlent et n’auraient pas pu briller autrement qu’ensemble. Ils portent vraiment le film sur leurs épaules, avec l’aide discrète de Denis Podalydès, tout de même. C’est grâce à eux que Christophe Honoré signe un beau et grand film dramatique, qui ne sombre jamais dans le pathos. Un film qui nous faire sourire autant qu’il nous bouleverse. N’est-ce pas là un parfait résumé de la vie dans tout ce qu’elle a de plus universelle ?
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Les films pelléas, Arte France Cinéma, Canal + Réalisation : Christophe Honoré Scénario : Christophe Honoré Montage : Chantal Hymans Photo : Rémy Chevrin Décors : Stéphane Taillasson Distribution : Ad vitam Durée : 132 min
Casting : Vincent Lacoste : Arthur Pierre Deladonchamps : Jacques Denis Podalydès : Mathieu Adèle Wismes : Nadine Thomas Gonzalez : Marco Clément Métayer : Pierre Quentin Thébault : Jean-Marie Tristan Farge : Louis, Loulou Sophie Letourneur : Isabelle
Certaines affiches sont particulièrement alléchantes. Un réalisateur reconnu et un casting de prestige, autant d’éléments susceptibles de mettre l’eau à la bouche de tout cinéphile qui se respecte. Everybody Knows est un film qui a tout pour faire naître de telles attentes. Mais ces dernières créent un écueil pour le réalisateur. En effet, il ne pourra se contenter d’une médiocrité de film juste moyen sous peine de créer une grande déception. Il serait injuste de taxer ici Asghar Farhadi de médiocrité, mais force est de constater que son film ne parvient pas vraiment à satisfaire toutes les espérances du spectateur.
Il est incontestable qu’Everybody Knows constitue une oeuvre parfaitement maîtrisée. Alors pourquoi faire la fine bouche ? Parce que le talent ne fait pas forcément tout. Encore faut-il qu’il soit un minimum challengé par un minimum de prise de risques. Le scénario est brillant, mais sans surprise profonde, ni réelles aspérités. Le classicisme peut parfois constituer une qualité, il s’apparente cependant ici à une peur de sortir des chemins balisés. On ressort de ce film charmé certes, sans être pour autant tombé follement amoureux, comme on aurait pu légitimement l’espérer.
Everybody Knows repose beaucoup sur sa galerie de personnages. Là encore, on ne peut s’empêcher de penser qu’elle aurait gagné à être un peu moins prévisible. Beaucoup d’entre eux cachent un secret qui ne nous fait jamais sursauter de surprise quand il est révélé. Reste tout de même le réel plaisir d’admirer le jeu du trio Penelope Cruz, Javier Barden et Ricardo Darin, trois monstres sacrés. Ils donnent la pleine mesure de leur immense talent, sans jamais cependant être repoussés dans leurs derniers retranchements. La réalisation élégante d’Asgar Farhadi avait donc sûrement mieux à nous proposer, même si la qualité du résultat dépassé largement le commun des longs métrages.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Memento Films Réalisation : Asghar Farhadi Scénario : Asghar Farhadi Montage : Hayedeh Safiyari Photo : José Luis Alcaine Distribution : Memento Films Musique : Javier Limon Durée : 132 min
Casting : Penelope Cruz : Laura Javier Bardem : Paco Ricardo Darin : Alejandro Barbara Lenie : Bea
Le cinéma et la télévision peuvent nous donner l’impression de bien connaître certains pays. Il suffit de s’y rendre pour se rendre compte à quel point il s’agit d’un miroir déformant. Je peux d’autant mieux en témoigner que je suis aux États-Unis à l’heure où j’écris ces lignes. Le Japon est un autre pays qui peut nous sembler particulièrement familier même sans y avoir jamais mis les pieds. Je n’ai jamais eu la chance de m’y rendre mais mon regard a déjà quelque peu changé en allant voir Senses, sorti en trois temps sur nos écrans.
Senses est un film en cinq parties, une par sens. Plus de 5 heures de film que la distribution en France a découpé en trois volets. L’histoire ordinaire de quatre japonaises ordinaires. Mais à travers elles, une immersion totale dans une société si singulière. Une société aux règles et contraintes multiples qui limitent l’épanouissement individuel. Avec une pudeur assez extraordinaire, le film nous fait partager l’aspiration à la liberté et au bonheur de ces femmes qui refusent à se résigner.
Certes, on flirte parfois avec l’ennui. Les scènes sont longues et toutes ne sont pas forcément passionnantes. Mais certaines le sont réellement. Notamment une sur la difficulté au Japon de simplement se toucher, quand on connaît le réconfort que peut apporter un contact physique. Le cinéma de Ryüsuke Hamaguchi rappelle par bien des côtés celui de Kechiche, la maestria artistique en moins. La réalisation est beaucoup plus sobre ici. Tout en retenu et en pudeur. Une forme qui en dit au moins aussi long que le fond et nous rend un peu plus familier avec ce pays à nul autre pareil. Même s’il ne remplacera jamais un voyage.
Depuis la naissance du mythe de Robin des Bois, les fictions mettent souvent en scène des « héros » aux revenus particulièrement modestes dont le vol est devenu le principal moyen de subsistance, sans que cela ne choque la morale outre mesure. Dans une histoire manichéenne, voler un méchant lui même voleur ne fait pas de vous son égal, mais au contraire un gentil. Heureusement, certaine histoire nous offre un propos plus nuancé. Par exemple, celle qui a servi de base au scénario de Comme des Rois.
Face à ce film, difficile de ne pas trouver sympathique ce duo père-fils qui se retrouve à arnaquer des personnes âgées trop crédules. Pourtant le charme opère. Mais ce qui rend Comme des Rois vraiment intéressant, c’est qu’il ne fait pas l’impasse sur le revers de la médaille. Ce dernier constitue même le cœur du film. On ressent de l’attachement, pour ne pas dire de l’affectation, pour les personnages, mais en mesurant toutes les imperfections qui les caractérisent et tous les dilemmes auxquels ils font face. C’est bien la combinaison de ces deux aspect qui fait que ce film mérite d’être vu.
Comme des Rois ne révolutionne certainement pas le genre. Un film social reposant sur le portrait de personnages, voilà quelque chose auquel le cinéma français nous a souvent habitué. Le film fonctionne ici particulièrement bien grâce aux talents conjugués de Kad Merad et Kacey Mottet Klein. Ils offrent à ce film un réel supplément d’âme à un propos qui n’est pas non plus d’une profondeur abyssale. On se réjouit également de voir Sylvie Testud, alors qu’elle se fait plutôt rare à l’écran ces derniers temps. Le tout aboutit à un film tendre et plus léger que grave. Un film qui divertit intelligemment.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Réalisation : Xabi Molia Assistants-réalisateurs : 1) Pierrick Vautier / 2) Clémentine Castel Scénario : Xabi Molia et Frédéric Chansel Productrices : Christie Molia, Marielle Duigou Directeur de la photographie : Martin de Chabaneix Directeur de production : Patrick Armisen Musique : Lullatone Décors : Pascale Consigny Montage : Thomas Marchand Son : Arnaud Trochu Directeur du casting : Nathalie Cheron Durée : 84 min
Casting : Kad Merad : Joseph Peretti Kacey Mottet Klein : Micka Peretti Sylvie Testud : Val Peretti, Lucie Bourdeu : Léa, Tiphaine Daviot : Stella Peretti Jenny Bellay : Giulia Marc Bodnar : Marek Amir El Kacem : Medhi Paulette Frantz : Mme Mannarino Nicky Marbot : Michel Le Tallec Saïd Benchnafa : Karim Clément Clavel : Stéphane
Un dilemme, qu’il soit moral ou amoureux, constitue un point de départ potentiel pour un bon scénario. En effet, conduire les spectateur à se demander quel sera finalement le choix du personnage représente une façon assez simple de faire naître une certaine forme de suspense. Et on peut multiplier le procédé au sein de la même histoire avec plusieurs décisions à prendre pour plusieurs personnages. C’est sur cela que repose Transit, le nouveau film du réalisateur allemand Christian Petzold, que l’on avait déjà remarqué en France avec Phoenix. Il nous livre là sans doute son film le plus abouti.
Transit possède une toile de fond qui peut quelque peu surprendre. En effet, il se déroule dans ce qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la France d’aujourd’hui, mais une France secouée par des événements politiques totalement imaginaires, avec la prise de contrôle du territoire progressive par une armée fasciste et la traque de tous les réfugiés… y compris les réfugiés allemands. Ce point de départ est un peu déstabilisant, nous ancrant à la fois dans la réalité et dans l’imaginaire. Il nous fait perdre par mal de repères, mais c’est pour mieux nous rendre perméable à l’émotion. On peut aussi y voir là un écho à une évolution politique plutôt inquiétante qui sévit en Europe.
Mais Transit reste au final une histoire assez classique et intemporel de personnages déchirés face aux choix qu’ils ont à faire. Christian Petzold parvient cependant à croiser différentes couches de complexité pour autant de personnages, rendant chaque décision plus difficile et rendant imprévisible la suite des événements. Le spectateur est réellement pris par cette intrigue, romantique et romanesque. Tous ces éléments font de ce film une œuvre à la fois classique et originale. Il nous livre surtout une vraie histoire qui méritait d’être racontée.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Schramm film, Neon productions, Arte France, Arte, ZDF Distribution : Les films du losange Réalisation : Christian Petzold Scénario : Christian Petzold, d’après la nouvelle de Anna Seghers Montage : Bettina Böhler Photo : Hans Fromm Décors : K.D.Gruber Musique : Stefan Will Durée : 101 min
Casting : Franz Rogowski : Georg Paula Beer : Marie Godehard Giese : Richard Lilien Batman : Driss Maryam Zaree : Melissa Barbara Auer : la femme aux deux chiens Jean-Pierre Darroussin : le narrateur
Wes Anderson fait partie de ces très rares réalisateurs possédant une personnalité artistique assez forte pour que l’on reconnaisse son style au premier regard. Un style qui séduit par sa poésie, la folie douce qui anime ses personnages, le tout mis en image avec une maîtrise et une originalité hors du commun. Des films reconnaissables, mais tous différents. L’Ile aux Chiens constitue une nouvelle œuvre qui ne ressemble à aucune autre, même si on est vite tenté de la comparer à Fantastic Mr. Fox, sa précédente incursion dans le monde de l’animation. Mais en tout cas, le talent est toujours aussi éclatant.
L’Ile aux Chiens est d’abord une belle histoire, pleine de poésie, d’aventures, de romance… Une histoire particulièrement romanesque qui montre ce qu’on peut faire d’un film d’animation où les animaux parlent (une petite pensée aux scénaristes de Comme des Bêtes, qui auront pris des notes devant ce film j’espère). Du rythme, des rebondissements et des personnages, humains et animaux, toujours aussi attachants. On est au cœur de tout ce qui a toujours fait le succès de Wes Anderson. Un univers enfantin, mais d’une subtilité et d’une richesse qui séduiront le plus adulte des spectateurs.
L’Ile aux Chiens est cependant comme tous les films de Wes Anderson. On ressent pour eux une profonde affection, une infinie tendresse, un vrai élan du cœur. Mais cela reste un rien platonique. La forme particulièrement soignée, où l’on sent que chaque élément est pensé au millimètre fait de ce film un exercice de style, d’une formidable qualité, mais qui n’arrive pas tout à fait à faire naître l’émotion brute et souvent inexplicable qui fait les réels chefs d’œuvre. Si on peut aimer profondément ce film, on saura toujours exactement pourquoi. Et un amour sans mystère ne sera jamais le plus passionnel qui soit.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : American Empirical Pictures Distribution : Twentieth Century Fox France Réalisation : Wes Anderson Scénario : Wes Anderson, d’après une histoire de Roman Coppola, Jason Schwartzman, Kunichi Nomura Montage : Andrew Weisblum Photo : Tristan Oliver Décors : Paul Harrod, Adam Stockhausen Musique : Alexandre Desplat Directeur artistique : Curt Enderle Durée : 101 min
Lorsque l’on aborde au travers un film un sujet extrêmement sérieux, voire explosif, on peut être tenté d’opter pour une forme sobre, voire austère, gage de sérieux. Il faut être sacrément sûr de soir et posséder un certain courage pour, au contraire adopter un forme originale, voire même provocante. C’est bien le choix audacieux réalisé par Samuel Maoz et son film Foxtrot. Une audace que l’on aimerait saluer en criant au génie. Malheureusement, cette qualité, même si elle inspire un profond respect, ne suffit pas à combler un spectateur.
Foxtrot nous surprend du début à la fin. Ou plutôt, nous surprend régulièrement, mais entre temps nous ennuie quelque peu. Les scènes sont la plupart du temps beaucoup trop longue. Leur côté décalé allume toujours une lumière d’intérêt, mais ensuite, une fois l’effet de surprise estompé, elle se dissipe rapidement. Tout cela fait surtout ressembler ce film à un exercice de style, sans émotion profonde. On en ressort pas bouleversé comme on aurait pu l’être. Cela tient en partie au choix d’un humour mordant et ironique, plutôt qu’une démonstration directe, mais comme on ne rit pas non plus réellement, le spectateur se trouve dans un entre deux qui a bien du mal à faire naître l’enthousiasme.
Foxtrot est à l’origine de vives polémiques dans son pays d’origine. C’est un film qu’il fallait oser faire et Samuel Maoz a osé. On ne peut qu’être admiratif pour cela. Il se révèle au final décevant, non pas parce qu’il l’est dans l’absolu, mais bien parce qu’on aurait vraiment aimé être entraîné par tant de témérité. Mais on reste uniquement spectateur d’un spectacle qui n’a pas su emporter le public avec lui à cause d’une forme au final plus sophistiquée que provocante. On reste donc un peu au milieu du gué, déçu d’être déçu.
LA NOTE:11/20
Fiche technique : Réalisation : Samuel Maoz Scénario : Samuel Maoz
Casting : Lior Ashkenazi : Michael Feldmann Sarah Adler : Daphna Feldmann
Avengers : Infinity War faisait partie des films les plus attendus cette année. Attendu évidemment en premier lieu par les fans de comics, impatients de voir enfin longuement le personnage de Thanos à l’écran. Mais ces dernières années, l’univers Marvel a su séduire sur grand écran un public bien plus large que les simples inconditionnels des bandes-dessinées. Et nombreux étaient ces amateurs de super-héros au cinéma à piaffer eux aussi. Le film par de nombreux aspects comble totalement ces attentes. Mais ne va guère plus loin.
Avengers : Infinity War marque une sorte d’aboutissement d’un processus relativement inédit de création d’un univers fictionnel au cinéma d’une telle ampleur en si peu de temps. Mais aboutissement rime aussi avec essoufflement. Le film nous livre de nouvelles batailles épiques et spectaculaires. Les mêmes batailles que l’on a déjà adoré auparavant. Les mêmes… c’est bien là le (léger) problème. Le plaisir est là, on a ce que l’on est venu chercher, mais rien de plus. Rien de bien nouveau non plus. Du coup, l’intérêt du film repose avant tout sur la personnalité d’un méchant particulièrement réussi. C’est un peu faible pour justifier 2h30 de film, qui, du coup, n’est pas exempt de longueurs.
Efficacité est bien le terme qui domine quand on pense à Avengers : Infinity War. Le film n’est pas sans âme, grâce à ses personnages mais sans génie artistique. Certes, il souffre de la sortie récente de Ready Player One qui nous a rappelé quel spectacle fantastique peut nous livrer un génie du cinéma quand il met en scène des batailles épiques. Anthony et Joe Russo sont pourtant loin d’être maladroits derrière la caméra, mais n’est pas Steven Spielberg qui veut. Au final, on suit ce film avec énormément de plaisir, il serait mentir de dire le contraire. On en ressort avec une réelle envie de voir la suite au plus vite (surtout vu la fin…). Mais on en ressort aussi en se disant que notre histoire d’amour avec les héros Marvel se situe désormais plus dans la routine que dans la passion. Parfois, cette dernière renaît, mais parfois ce sentiment constitue un prélude à la rupture.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Marvel Studios Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures Réalisation : Anthony Russo, Joe Russo Scénario : Christopher Markus, Stephen McFeely Montage : Jeffrey Ford, Matthew Schmidt Photo : Trent Opaloch Décors : Charles Wood Musique : Alan Silvestri Durée : 149 min
Casting : Josh Brolin : Tanos Elizabeth Olsen : Scarlet Witch Scarlett Johansson : Black Widow Robert Downey Jr. : Iron Man Chadwick Boseman : Black Panther Chris Pratt : Star-Lord Chris Hemsworth : Thor Chris Evans : Captain America Paul Bettany : Vision Mark Ruffalo : Hulk Tom Hiddleston : Loki
Si on pense à un jeune provincial qui monte à Paris, plein de rêves et d’ambitions, prêt à conquérir la capitale, on pense plutôt à un roman d’apprentissage du 19ème siècle. Cependant, il reste encore des histoires de ce type à raconter. Jean-Paul Cyverac s’est attaqué à l’exercice avec Mes Provinciales. Le titre à l’international, A Paris Education, en dit long sur la parenté avec des œuvres plus anciennes. Un film qui permet donc de se rendre compte que même si les époques changent, la nature humaine, elle, évolue peu.
Mes Provinciales a pour thème central, le thème le plus universel et intemporel qui soit. Je parle évidemment de l’amour. En effet, en montant à Paris, le jeune homme en question va laisser derrière lui son amour d’adolescence et être très vite soumis à de nombreuses tentations. Mais le propos du film ne se limite pas à cela. Il traite de tous les éléments qui font que l’on quitte définitivement l’enfance pour entrer dans l’age adulte, de toutes les questions existentielles auxquelles on est confronté quand il s’agit de donné une direction, à défaut d’un but clairement identifié, à sa vie.
Le traitement de l’ensemble de ses sujets est réalisé avec finesse, ce qui fait de Mes Provinciales un film intéressant, qui parvient à ne pas nous ennuyer malgré ses 2h15. Clairement, le film aurait gagné en impact avec un bon quart d’heure de moins, mais sa légère et constante lenteur fait aussi partie de son charme. On reste tout de même toujours assez curieux de savoir où l’histoire va nous mener pour y rester, même si on aimerait parfois qu’elle nous y conduise un peu plus vite. Si on ajoute à cela la jolie prestation du jeune Andranic Manet et une réelle esthétique en noir et blanc, on obtient un film assez réussi. Pas aussi inoubliable que le meilleur de Balzac, mais qui comblera les amateurs du genre.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation et scénario : Jean-Paul Civeyrac Directeur de la photographie : Pierre-Hubert Martin Montage : Louise Narboni Producteur : Frederic Niedermayer Ingénieur du son : François Méreu, Sébastien Savine, Philippe Grivel Assistant réalisateur : Tigrane Avedikian Chef électricien : Nicolas Rapin Casting : Constance Demontoy Durée : 137 minutes
Casting : Andranic Manet : Étienne Tinan Gonzague Van Bervesselès : Jean-Noël Corentin Filan : Mathias Valance Diane Rouxel : Lucie Jenna Thiam : Valentina Sophie Verbeeckn : Annabelle Lit Valentine Catzéflis : Barbara Charlotte Van Bervesselès : Héloïse, la plus douée en cinéma Nicolas Bouchaud : Paul Rossi Laurent Delbecque : William Jeanne Ruff : Solange David Abécassis : Melchior Arash Khodaiari : le colocataire espagnol Saurédamor Ricard : la fille du métro
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