JE DANSERAI SI JE VEUX : Lueur d’espoir

jedanseraisijeveuxaffiche

jedanseraisijeveuxafficheL’émancipation de la jeunesse, et en particulier des femmes, dans le monde au Maghreb et au Moyen-Orient a été un thème très présent sur nos écrans ces derniers mois. Le poids de la famille et de la tradition forment le point commun entre tous ces films. Si Mustang notamment laissait entrevoir un espoir d’y échapper, les sorties de ces derniers mois (Hedi, Tempête de Sable et Noces) livraient une vision totalement pessimiste. Qu’en est-il de Je Danserai si je Veux ? Je ne dévoilerai évidemment pas le dénouement. Je préciserai simplement qu’il n’est pas aussi sombre que les trois précédents films. Et ça fait du bien !

Je Danserai si je Veux se déroule en Israël, à Tel-Aviv plus précisément. Une ville cohabite une modernité occidentale libertaire et des communautés enfermées dans leurs traditions. Des communautés au pluriel car le film évoque ce carcan aussi bien chez les musulmans, que les chrétiens ou les juifs. Un film qui permet donc de casser quelques clichés, tout en nous montrant la situation sans fard et sans détour. Si j’ai parlé d’optimisme en introduction, le film est aussi parfois très dur, notamment une scène qui vous sert le cœur et les tripes très fort.

jedanseraisijeveuxJe Danserai si je Veux assez direct dans sa démonstration. Si la manière n’est pas particulièrement subtile, le fond l’est pour les raisons évoquées plus haut. On se prend d’affection pour les personnages de manière immédiate et on est du coup totalement happé par le récit. On est surtout sous le charme de trois merveilleuses actrices, bien soutenu il est vrai par des seconds rôles eux aussi parfaits. Ce film n’est donc pas simplement un énième sur le sujet, mais une œuvre salutaire et qui nous laisse avec un peu d’espoir. Un espoir qui n’a pas de prix.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Deux beaux garçons, En compagnie des lamas
Distribution : Paname distribution
Réalisation : Maysaloun Hamoud
Scénario : Maysaloun Hamoud
Montage : Lev Goltser, Nili Feller
Photo : Itay Gross
Décors : Hagar Brotman
Musique : M.G. Saad
Durée : 102 min

Casting :
Mouna Hawa : Laila
Sana Jammalieh : Salma
Shaden Kanboura : Nour
Mahmood Shalabi : Ziad
Henry Andrawes : Wissam
Ahlam Canaan : Dounia
Aiman Daw : Saleh
Riyad Sliman : Quais

BABY BOSS : Les enfants, ce n’est plus ce que c’était !

babybossaffiche

babybossafficheOn peut facilement qu’un film d’animation sera trop enfantin pour nos cerveaux vieillissants d’adultes. Surtout quand ce film met en scène des bébés. C’est la réflexion que je me suis faite la première fois que j’ai vu la bande-annonce de Baby Boss. Mais comme tout le monde sait qu’au fond (et même un peu sur le dessus), je suis un grand enfant, vous imaginez bien que j’y suis quand même allé. Et au final, j’ai trouvé dans ce film une grande part d’humour que seuls les tempes un peu grises comme les miennes peuvent saisir.

L’humour de Baby Boss passe beaucoup par des référence au monde des grandes entreprises. C’est d’ailleurs amusant de l’avoir vu dans la foulée de Corporate, pour voir à quel point un même sujet peut donner des traitement radicalement différents. Pas sûr que les plus jeunes saisissent bien l’ironie autour de l’utilisation outrancière des mémos ou des réunions. Evidemment le film comporte aussi une bonne dose d’humour premier degré. Au final, tout le monde est content, petits et grands, face à un divertissement familial de bonne qualité.

babybossEn effet, Baby Boss parvient à faire passer un très bon moment. Rythmé, drôle, avec quelques rebondissements inattendus, il remplit parfaitement son rôle avec efficacité et légèreté. Les personnages en particulier sont assez réussis, même pour ceux qui, comme moi, ont parfois du mal avec les enfants héros. Chez Miyazaki, ça passe, dans les productions américaine, cela donne souvent un résultat assez gnagnan. Le film évite largement ce travers. On peut juste au final regretter une animation assez froide et sans grande imagination artistique. Cela donne un aspect un peu formaté à ce film, qui manque quand même globalement d’audace pour être l’égal d’un Monstres et Compagnie ou d’un les Indestructibles.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : DreamWorks Animation
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Tom McGrath
Scénario : Michael McCullers
Montage : James Ryan
Format : couleur – 2,35:1 – 35 mm – son Dolby Digital / DTS / SDDS / Auro 11.1
Musique : Steve Mazzaro, Hans Zimmer
Durée : 97 min

Casting :
Miles Christopher Bakshi : Tim
Alec Baldwin : Baby Boss
Conrad Vernon : Eugène, Eugènie
Lisa Kudrow : la mère de Baby Boss
Jimmy Kimmel : le père de Baby Boss
Steve Buscemi : Francis E. Francis
Tobey Maguire : Tim, adult, le narrateur

CORPORATE : Univers impitoyable

corporateaffiche

corporateafficheLe monde de l’entreprise, ton univers impitoyable !!! Il sert régulièrement de décor à de nombreux films français, souvent sur le mode polar, mais aussi parfois avec un propos plus social et militant. Il y a quelques années Violence des Échanges en Milieu Tempéré nous avait déjà offert une plongée brutale dans le monde du management moderne. On y retourne avec Corporate qui adopte un point de vue légèrement différent.

Pendant une petite moitié, Corporate m’a laissé assez froid. En effet, il s’assimile à une exploration des états d’âme du méchant alors qu’on n’a pas vraiment envie de la plaindre. Puis heureusement, le propos se tourne vers son évolution et devient alors nettement plus intéressant. L’intérêt devient même double puis les ressorts de l’entreprise et les ressorts psychologiques des personnages se retrouvent en même temps décryptés. Cela donne au final un film que l’on suit avec attention, même s’il n’est pas aussi passionnant que son prédécesseur cité en introduction.

corporateCorporate doit beaucoup à la jolie prestation de Céline Sallette, bien épaulé il est vrai un Lambert Wilson toujours aussi impécable. Ils sont parfaitement mis en valeur par une réalisation discrète mais suffisamment élégante pour créer une ambiance qui colle au propos. Le film n’est peut-être pas le meilleur jamais produit sur le sujet. Mais il délivre une piqûre de rappel salutaire en nous rappelant une réalité qui est loin d’avoir disparu.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Kazak productions, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, Canal +
Distribution : Diaphana
Réalisation : Nicolas Silhol
Scénario : Nicolas Silhol, Nicolas Fleureau
Montage : Florence Bresson
Photo : Nicolas Gaurin
Décors : Sidney Dubois
Musique : Mike et Fabien Kourtzer, Alexandre Saada
Durée : 95 min

Casting :
Céline Sallette : Emilie Tesson-Hansen
Lambert Wilson : Stéphane Froncart
Violaine Fumeau : Marie Borrel
Stéphane de Groodt : Vincent
Alice de Lencquesaing : Sophie
Hyam Zaytoun : Patricia

PRIS DE COURT : C’est un peu court jeune femme…

prisdecourtaffiche

prisdecourtafficheImaginer une histoire, c’est généralement partir d’une simple idée. Puis on brode le contexte, les personnages, des rebondissements et un dénouement. Aussi bonne soit l’idée de départ, le travail qui suit reste essentiel pour donner un réel intérêt à un film. Emmanuelle Cuau a eu ce genre d’idée au moment de se lancer dans l’écriture puis la réalisation de Pris de Court. Le seul soucis c’est qu’elle a largement trop négligé le reste du travail. Un film quelque peu incomplet.

Moins d’une heure trente, voici un format assez rare pour un « long » métrage. Ceci est parfois le signe d’un vrai sens du rythme et d’un refus du superflu. Pour Pris de Court, cela montre plutôt un manque sérieux de matière, alors qu’il y avait vraiment matière la créer. Le scénario se contente de suivre un court logique, exactement celui que laissait présager la bande-annonce. Et quand il s’agit de passer au dénouement, tout est amené sans aucune subtilité, avec une sorte de faux suspense, puisque tout ce qui va se passer est exposé de manière assez claire.

prisdecourtPris de Court est par contre l’occasion de constater que le jeu de Virginie Efira prend de plus en plus d’épaisseur à chaque nouveau rôle. Son passage devant la caméra de Paul Verhoven pour Elle semble vraiment avoir débloqué le zeste de talent qui lui manquait. Elle porte vraiment le film sur ses épaules et sans elle ce dernier aurait vraiment sombré. Au final, il reste conseillé uniquement à ceux à qui la linéarité ne fait pas peur. Les amateurs de surprises pourront par contre passer leur chemin.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Réalisation : Emmanuelle Cuau
Scénario : Emmanuelle Cuau, Éric Barbier, Lise Bismuth-Vayssières et Raphaëlle Desplechin
Musique : Alexandre Lecluyse
Montage : Anja Lüdcke
Photographie : Sabine Lancelin
Décors : Véronique Barnéoud
Costumes : Dorothée Lissac
Producteur : Julie Salvador
Durée : 85 minutes

Casting :
Virginie Efira : Nathalie
Gilbert Melki : Fred
Marilyne Canto : Muriel
Renan Prévot : Paul
Jean-Baptiste Blanc : Bastien
Zacharie Chasseriaud : Léo
René Remblier : Ben
Yvonnick Chedemois : César
Olivier Cruveiller : le patron de la brasserie
Mireille Perrier : Mme Nollet

TELLE MERE, TELLE FILLE : 18 mois

tellemeretellefilleaffiche

tellemeretellefilleafficheLa grossesse est un sujet extrêmement classique chez les comédies françaises. Le cinéma hexagonal a même réussi à nous livrer un film intitulé 9 Mois. Alors si les ventres qui s’arrondissent font rire, pourquoi ne pas en proposer non pas un seul, mais deux à la fois. C’est le point de départ de Telle Mère, Telle Fille. Un film qui, vous l’aurez facilement compris, nous raconte l’histoire d’une mère et d’une fille enceintes en même temps. Un point de départ que l’on peut considérer comme un peu léger et qui donne au final un film qui l’est tout autant. Mais la légèreté est souvent loin d’être un défaut.

En fait, Telle Mère, Telle Fille est avant tout un film bordélique. On sent parfois que Noémie Saglio et Agathe Pastorino, les deux scénaristes, ne savent pas trop quoi nous raconter au-delà du fait que la situation est marrante sur le principe. Alors elles meublent comme elles peuvent, sans trop savoir où aller, dans un grand n’importe quoi joyeux. Heureusement, elles ont crée une galerie de personnages assez fournie pour pouvoir multiplier les idées et les situations pour meubler une heure et demi. Mais c’est clair qu’elle pouvait difficilement aller au-delà.

tellemeretellefilleMais bon, parfois le joyeux bordel est avant tout joyeux. C’est bien le cas de Telle Mère, Telle Fille qui finit tout de même par entraîner le spectateur avec lui. Tout cela grâce à la remarquable énergie et l’enthousiasme entraînant d’un casting qui a l’air de vraiment s’éclater à l’écran. Du coup, il se dégage du film une réelle énergie qui permet de facilement passer outre toutes les faiblesses et tous ces petits défauts qui, au final, contribuerait presque au charme de ce film. Certainement pas la comédie de l’année donc, mais l’occasion de passer un bon moment.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Flamme Film, Gaumont, France 2 Cinéma
Distribution : Gaumont Distribution
Réalisation : Noémie Saglio
Scénario : Noémie Saglio, Agathe Pastorino
Montage : Sandro Lavezzi
Photo : Pierre Aïm
Décors : Samantha Gordowski
Musique : Matthieu Chedid, Pierre-Marie Dru
Durée : 94 min

Casting :
Camille Cottin : Avril
Juliette Binoche : Mado
Lambert Wilson : Marc
Olivia Côte : Cécile
Jean-Luc Bideau : Debulac
Stéfi Celma : Charlotte
Catherine Jacob : Irène
Charlie Dupont : Romain
Michaël Dichter : Louis

SAGE FEMME : Saintes Catherine

sagefemmeaffiche

sagefemmeafficheAussi étonnant que cela puisse paraître, les deux plus grandes Catherine du cinéma français n’avaient jamais été réunies à l’écran. C’est chose faite désormais ! Catherine Deneuve et Catherine Frot sont en effet à l’affiche de Sage Femme. Un titre au jeu de mot subtil, puisqu’il désigne à la fois la profession d’un des deux personnages, mais aussi sa nature profonde. Un titre surtout assez révélateur de la nature profonde du film. Ce dernier est l’archétype du film portrait, même s’il s’agit ici d’un portrait croisé. Un genre très dépendant de la qualité du casting.

Du coup, avec un tel duo, on peut facilement penser que Sage Femme ne peut être que très réussi. Malheureusement, le film est loin d’être dénué de défauts. Déjà, il est nettement trop long. Près de deux heures, alors qu’une heure et demi aurait suffi vu le contenu du récit. Cela tourne légèrement en rond et n’avance jamais en ligne droite. De plus, tout cela même à un dénouement qui laisse un peu le spectateur sur sa faim car il ne permet pas d’aboutir à véritable conclusion, pour ne pas dire une morale, à cette histoire.

sagefemmeSage Femme compte évidemment également bien des qualités. La première d’entre elle reste son casting. Catherine Deneuve et Catherine Frot se complètent parfaitement et incarnent avec le même immense talent leur personnage. Mais il ne faut pas non plus oublier Olivier Gourmet qui lui aussi tire le film vers le haut. Au final, le film arrive à séduire par l’attachement que l’on ressent pour les protagonistes, aussi différents qu’ils soient. Le spectateur est ému car il partage les émotions des personnages. Ce sont des derniers qui restent à l’esprit à la fin du film et qui permettent surtout de rester sur une bonne impression.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Curiosa films, France 3 Cinéma, Versus production
Distribution : Memento films
Réalisation : Martin Provost
Scénario : Martin Provost
Montage : Albertine Lastera
Photo : Yves Cape
Décors : Thierry François
Musique : Grégoire Hetzel
Costumes : Bethsabée Dreyfus
Durée : 117 min

Casting :
Catherine Frot : Claire
Catherine Deneuve : Béatrice
Olivier Gourmet : Paul
Quentin Folmaire : Simon
Mylène Demongeot : Rolande
Pauline Etienne : Cécile
Audrey Dana : la chef de service

ORPHELINE : Toutes pour une

orphelineaffiche

orphelineaffichePour jouer un même personnage à plusieurs âges, il existe plusieurs options. Avec les progrès de la technique, il est de plus en plus facile de grimer un même acteur jusqu’à le faire ressembler à un vieillard. On peut aussi choisir différents comédiens d’âges variés, si possible ayant quelques traits en commun. Mais on peut aussi choisir des acteurs n’ayant pas spécialement de ressemblance. Cela peut aussi tout à fait fonctionner. La preuve avec Orpheline qui rassemble joli casting féminin pour interpréter un seul et même personnage aux différentes étapes de sa vie.

Certes, j’ai mis la moitié du film à comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un film choral, mais bien l’histoire d’un seul et même personnage. C’est l’âge, je pense. Certes, j’ai aussi comme excuse que le film est raconté à l’envers, c’est à dire que les différentes étapes du récit de la plus récente pour remonter jusqu’à l’enfance. Un procédé de narration pas si original que ça, mais qui a le mérite d’attiser la curiosité du spectateur. On ne s’ennuie pas devant Orpheline car il propose toujours des questions ouvertes qui ne trouveront réponse qu’en remontant dans la passé.

orphelineOrpheline brille avant tout par sa distribution. Si on met de côté le rôle enfantin forcément un peu à part, les trois actrices sont vraiment formidables. Et que dire du casting de seconds rôles qui ferait bien des envieux en tête d’affiche. Ils sont parfaitement mis en valeur par une réalisation d’Arnaud Des Paillères élégante et qui nous plonge vraiment dans l’intimité des personnages. Le film est également très sensuel, avec de nombreuses scènes que l’on qualifiera de légèrement crues. Ce n’est évidemment pas moi que ça dérangera outre mesure, mais le côté récurent de la chose finit par l’assimiler par un tic qui n’apporte plus grand chose à l’histoire. Mais heureusement pas assez pour gâcher ce film imparfait mais qui peut valoir un petit coup d’œil.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Arte, Les Films d’ici, Les Films Hatari
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Arnaud des Pallières
Scénario : Christelle Berthevas, Arnaud des Pallières
Montage : Emilie Orsini, Arnaud des Pallières, Guillaume Lauras
Photo : Yves Cape
Format : couleur HD – 35 mm – 2,35:1 – son Dolby numérique
Décors : Guillaume Deviercy
Durée : 111 min

Casting :
Adèle Haenel : Renée, Karine adulte
Adèle Exarchopolous : Sandra, Karine jeune
Sergi Lopez : Lev
Gemma Arterton : Tara
Nicolas Duvauchelle : le père de Karine
Solène Rigot : Karine à 13 ans
Jalil Lespert : Darius
Véga Cuzytek : Kiki, Karine enfant
Sergi Lopez : Maurice

FANTASTIC BIRTHDAY : Film modèle

fantasticbirthdayaffiche

fantasticbirthdayafficheQuand on est un artiste, on possède forcément des sources d’inspiration. D’illustres prédécesseurs que l’on admire et que l’on cherche forcément à imiter d’une manière ou d’une autre. Il apparaît assez évident que Rosmary Myers compte Wes Anderson dans ses modèles. Mais à trop copier ses illustres prédécesseurs, on risque de ne pas se montrer à la hauteur de la comparaison. Fantastic Birthday n’a pourtant pas à rougir. Même si l’élève est loin d’avoir égalé le maître.

Fantastic Birthday pêche avant tout par une certaine inégalité. Certains passages fonctionnent parfaitement, d’autres moins. Le film, pourtant très court, comporte du coup quelques longueurs. Pour le reste, on retrouve cette poésie décalée et absurde, cette imagination visuelle et le thème du passage à l’âge adulte que l’on attendrait d’un film de Wes Anderson. Et dans une majorité de passages, Rosmary Myers arrive à créer la même magie pour le plus grand bonheur de nos petites mirettes. S’il manque encore un peu de consistance, le même talent pointe chez cette réalisatrice australienne qui signe là un premier film remarqué.

fantasticbirthdayLa réussite de Fantastic Birthday tient aussi à la prestation remarquable et remarquée de la jeune Bethany Whitmore qui de son côté fait preuve d’un talent constant. Elle apporte vraiment un réjouissant supplément d’âme et de charme au film. Là aussi beaucoup de promesses pour l’avenir. Au final, s’il est trop tôt pour savoir si Rosmary Myers sera la nouvelle Wes Anderson, on est déjà heureux de savoir qu’elle peut être Rosmary Myers. Ce qui constitue déjà une bonne raison d’aller voir ce film.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Soft Tread Enterprises, Windmill theatre
Distribution : UFO Distribution
Réalisation : Rosemary Myers
Scénario : Matthew Whittet, d’après sa pièce de théâtre
Montage : Karryn de Cinque
Photo : Andrew Commis
Décors : Jonathon Oxlade
Son : Luke Smiles
Musique : Jemma Burns, Harry Covill
Directeur artistique : Jonathon Oxlade
Durée : 80 min

Casting :
Bethany Whitmore : Greta
Harrison Feldman : Elliott
Tilda Cobham-Hervey : Huldra
Imogen Archer : Genevieve
Eamon Farren : Adam, Benoit Tremet
Amber McMahon : Janet, La femme de glace
Matthew Whittet : Conrad, l’homme abject

UNE VIE AILLEURS : Un rôle ailleurs

unevieailleursaffiche

unevieailleursafficheQue les acteurs comiques fassent d’excellents acteurs dramatiques est un fait largement établi. On pourrait facilement multiplier les exemples, même si celui de Coluche dans Tchao Pantin, récompensé par un César, est le plus souvent cité. Ramzy Bédia est loin de me faire toujours rire, surtout quand il sévit avec son compère Eric Judor. Mais pourtant, je ne suis en rien surpris qu’il soit arrivé à m’émouvoir dans Une Vie Ailleurs dans un rôle que certains qualifieraient de « sérieux ».

Ramzy Bédia porte vraiment le film sur ses épaules et nous ferait presque oublier les quelques faiblesses du scénario. Presque mais pas tout à fait. Personnellement, je n’ai pas pu croire totalement cette histoire, en particulier certaines réactions du personnage interprété, avec beaucoup de talent néanmoins, par Isabelle Carré. Cependant, la narration parvient à créer assez de tension pour que l’on ne s’ennuie pas devant Une Vie Ailleurs. On reste constamment curieux de connaître quel sera le dénouement.

unevieailleursOlivier Peyron nous livre un film particulièrement élégant. Une réalisation qui met parfaitement en valeur les comédiens, mais aussi les décors. Une Vie Ailleurs propose aussi un voyage, au-delà du simple récit. Cela insuffle un supplément de qualité dans ce film qui reste imparfait mais n’en demeure pas moins agréable. On retiendra avant tout la performance à contre-emploi de Ramzy Bédia mais ce film vaut quand même un peu plus que ça.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Réalisation : Olivier Peyon
Scénario : Olivier Peyon et Cécilia Rouaud
Producteur : Bertrand Faivre
Coproducteur : Alexander Akoka et Philippe Akoka
Producteur associé : Agustina Chiarino et Fernando Epstein
Photographie : Alexis Kavyrchine
Musique : Nicolas Kuhn
Chef monteuse : Tina Baz
Monteur son : Dominique Vieillard
Costumière : Adriana Levin et Bethsabée Dreyfus
Maquilleuse : Stéphanie Selva
Directeur de production : Jean-Christophe Colson
Durée : 96 minutes

Casting :
Isabelle Carré : Sylvie, la mère de Felipe
Ramzy Bédia : Mehdi
Maria Dupláa : Maria, la tante paternelle de Felipe
Dylan Cortes : Felipe
Virginia Méndez : Norma, la mère de Maria
Lucas Barreiro : Hector
Olivier Ruidavet : le consul français
Flavio Quintana : Luis
Gabriela Freire : Florencia, la nouvelle réceptionniste de l’hôtel à Montevideo

1:54 : Deux tours pour rien

154affiche

154affichePour attirer le spectateur dans une salle obscure, la bande-annonce peut donner une image plus ou moins réaliste et complète du contenu réel du film. Elle peut mettre en avant à l’excès un des aspects les plus « vendeurs » ou au contraire éluder certains sujets qui occupent pourtant une place importante. Lorsque le spectateur est confronté à ce décalage, il peut réagir négativement en ayant l’impression d’être trompé, ou bien être heureux de la surprise, car il est très énervant de voir une bande-annonce qui vous raconte tout le film avant de l’avoir vu. Je me situe clairement dans cette deuxième catégorie. 1:54 aurait du donc me séduire par un sujet central qui n’est pas du tout celui que laissait présager la bande-annonce. Malheureusement le traitement du sujet est trop défaillant pour que le film constitue globalement une bonne surprise.

1:54 est en fait un film sur l’homosexualité telle qu’elle peut être vécue par des adolescents. Le sujet est ici traité avec beaucoup de dramaturgie. Trop sans doute. Certes, le film n’élude pas les aspects les plus douloureux, notamment le suicide, mais traiter un sujet délicat demande un minimum de subtilité. Or le scénario en manque cruellement. Il est soutenu par des ficelles trop grosses pour que l’émotion soit vraiment au rendez-vous. Le propos reste par beaucoup d’aspects extrêmement manichéens, notamment à travers la figure du « méchant » qui est vraiment très méchant, alors qu’il n’est au fond qu’un petit con d’ado, pas un dictateur sanguinaire.

154Reste l’aspect rivalité sportive, la seule vraiment mis en avant par la bande-annonce. Il représente bien une partie importante de l’intrigue, mais sans pour autant être à même de déchaîner les passions. Les scènes de course sont de plus particulièrement mal filmées. Donc rien de bien enthousiasmant et qui justifierait de se déplacer jusque dans une salle obscure. Sans même parler du prix exorbitant à payer si vous n’avez pas une carte d’abonnement. Au final, à moins d’être un fan absolu de l’accent québecois, qui vaut à ce film un sous-titrage, il n’y pas beaucoup de raison d’aller voir 1:54.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Réalisation : Yan England
Scénario : Yan England
Producteur : Denise Robert et Diane England
Durée : 106 minutes

Casting :
Antoine Olivier Pilon : Tim
Sophie Nélisse : Jennifer
Lou-Pascal Tremblay : Jeff
David Boutin : Pierre
Patrice Godin : M. Sullivan
Robert Naylor : Francis