Si tout le monde s’attend à ce que La La Land triomphe aux Oscars, il reste tout de même un challenger de taille. Moonlight constitue en effet un autre magnifique moment de cinéma. Si les deux films sont très différents à tout point de vue, au moins ils se retrouvent réunis par leur immense qualité globale. Bon courage aux jurés pour les départager. En attendant, les spectateurs, qui n’ont pas à faire ce choix cornélien, peuvent simplement savourer.
Moonlight aborde des sujets difficiles et décrit une réalité sociale sans fards. Loin de tout cliché et d’un quelconque manichéisme, il offre un propos d’une rare intelligence. Il offre une réflexion profonde sur le déchirement entre aspiration individuelle et pression sociale. S’il est question ici d’homosexualité dans les quartiers pauvres aux Etats-Unis, on pourrait le relier à d’autres films sur les mariages forcés au Moyen-Orient par exemple. A chaque fois, on retrouve le dilemme d’êtres humains obligés de choisir entre la tentation de renoncer au bonheur pour gagner une certaine tranquillité et la volonté d’être soi-même et de s’affirmer.
Moonlight se démarque cependant par une qualité artistique « oscarisable ». Barry Jenkins signe là une œuvre majeure, d’autant plus inattendu que sont précédent film n’a même pas été distribué en France. La photographie, la direction d’acteurs démontrent des qualités de réalisateur que l’on ne retrouve pas tous les quatre matins sur nos écrans. Quand la forme et le fond virent ainsi au sublime, le spectateur se régale, s’émeut et sort de la salle avec l’impression d’avoir été tiré vers le haut. N’est ce pas au fond le but ultime de l’art ?
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : A24, Plan B Entertainment, Pastel Productions Distribution : Mars Films Réalisation : Barry Jenkins Scénario : Barry Jenkins d’après la pièce de Tarell Alvin McCraney Montage : Joi McMillon Photo : James Laxton Décors : Hannah Beachler Musique : Nicholas Britell Directeur artistique : Caroline Eselin-Schaefer Durée : 111 min
Casting : Trevante Rhodes : Chiron « Black » Ashton Sanders : Teen Chiron Alex Hibbert : Chiron « Little » André Holland : Kevin Jharrel Jerome : Teen Kevin Jaden Piner : Kevin (jeune) Janelle Monáe : Teresa Naomie Harris : Paula Mahershala Ali : Juan
Tout le monde sait que les frères Lumière ont inventé le cinéma. Mais même pour des grands cinéphiles comme moi, ils ont simplement inventé le procédé technique. Ils posaient une caméra devant une scène anodine et cela suffisait alors pour créer l’émerveillement. Le cinéma comme art a par contre pour inventeur George Méliès… Voilà une certitude bien ancrée. Quelle erreur ! Pour s’en convaincre, il suffit de voir Lumière ! L’Aventure Commence.
Assister à une naissance constitue toujours un moment émouvant. Tous les amoureux du cinéma seront émus par Lumière ! L’Aventure Commence. Car ils y assistent à la naissance de leur art préféré. De tout leur art. Car ce film démontre avec brio que dès les premières minutes couchées sur pellicule, tout était là. Les frères Lumière n’étaient pas que des techniciens de génie, mais d’incroyables artistes ayant saisi immédiatement comme sublimer artistiquement ces images animées.
Une compilation d’1h30 de films de 50 secondes tournées autour de 1897 aurait pu se révéler fastidieux à suivre. Il n’en est rien. Ces petits films ne constituent pas qu’une curiosité historique, mais bien autant de petits chefs d’œuvre artistiques. L’héritage légué des frères Lumière est immense. Nous en sommes les bénéficiaires dès que nous nous rendons dans une salle obscure. Mais Lumière ! L’Aventure Commence nous fait prendre conscience ce que nous leur devons. La passion d’une vie pour beaucoup. Pour moi par exemple…
Hasard du calendrier cinématographique, deux films du réalisateur chilien Pablo Larrain viennent de sortir successivement sur nos écrans. Après Neruda en décembre, voici Jackie en février. Deux biopics donc, mais deux films assez différents. Déjà parce que le dernier marque les débuts « hollywoodien » du cinéaste. Il garde cependant toute sa personnalité artistique pour nous offrir un film élégant et surprenant, même s’il est globalement inégal.
Pablo Larrain aime donc visiblement par dessus tout relater des moments d’histoire politiques. Ou plutôt des moments de la vie de ceux qui font l’histoire politique. Jackie est exactement ça. Le récit de trois jours de la vie de Jackie Kennedy, mais qui au travers lesquels il va réussir à traiter une multitude de sujets tournant autour de cette figure mythique. Mais il reste un film profondément humain, s’attachant bien plus aux acteurs qu’aux événements. Cela fait son originalité, mais aussi sa limite car cela affaiblit quelque peu la trame narrative. D’où quelques longueurs et notamment un vrai trou d’air au milieu du film. Heureusement, le dénouement donne finalement une grande force au récit.
Pablo Larrain garde avec Jackie une partie de son style. Une certaine lenteur, une caméra qui cherche à mettre avant tout en avant les acteurs. Les plans sont rarement larges, mais le plus souvent focalisés sur les visages et les émotions. Par contre, la photographie, brillante et lumineuse, a pris un tournant plus typique du cinéma américain… bien qu’elle soit signée par un directeur français. Mais Stéphane Fontaine n’en est pas à sa première incursion de ce côté de l’Atlantique, puisqu’il avait déjà œuvré sur le très beau Captain Fantastic. Un mot enfin sur la performance asse bluffante de Natalie Portman. La jeune adolescente de Léon est désormais très loin. Elle s’insère dans la grande lignée des acteurs qui ont su rentrer de manière troublante dans la peau d’un personnage historique. Ca leur a souvent valu un Oscar… Si elle en remporte un à la fin du mois, personne ne pourra dire qu’il est immérité.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Jackie Productions, Wild Bunch, Fabula, LD Entertainment, Protozoa Pictures, Bliss Medias, Why Not productions Distribution : Bac films Réalisation : Pablo Larrain Scénario : Noah Oppenheim Montage : Sebastian Sepulveda Photo : Stéphane Fontaine Décors : Jean Rabasse Musique : Mica Levi Costumes : Madeline Fontaine Durée : 100 min
Casting : Natalie Portman : Jackie Kennedy Peter Sarsgaard : Bobby Kennedy Greta Gerwig : Nancy Tuckerman Billy Crudup : le journaliste John Hurt : Le prêtre Richard E. Grant : Bill Walton Caspar Phillipson : John Fitzgerald Kennedy Beth Grant : Lady Bird Johnson
Les coïncidences étant inévitables comme le savent tous ceux qui ont un minimum de connaissance en probabilités, il arrive fréquemment que deux films traitant du même sujet sortent à quelques semaines d’écart. C’est encore une fois le cas avec Hedi, sorti fin décembre et Tempête de Sable, dont je vais vous livrer ici la critique. Mais cette fois-ci le parallèle entre les deux films s’apparente à une lecture en miroir. Un même thème, les mariages arrangés, mais pas tout à fait le même point de vue.
En effet, si Hedi racontant l’histoire d’un fils, Tempête de Sable raconte l’histoire du fille. A chaque fois, la relation aux parents jouent un rôle central dans le propos. Evidemment, elle diffère dans les deux cas, la pression, les attentes ne sont pas les mêmes. Si ce n’est la soumission à une tradition qui doit prévaloir sur l’aspiration au bonheur. Le film rend compte à merveille de ces mécaniques absurdes qui broient les individus, qu’ils soient d’ailleurs les victimes, comme les bourreaux. Personne ne sait pourquoi il doit obéir, mais il le doit. Tout ceci est remarquablement exposé dans ce film au scénario particulièrement brillant.
Tempête de Sable n’est pas qu’un témoignage. Il repose sur un vrai sens de la narration, où des rebondissements amènent des changements de perspective inattendus. Si on ajoute à ça une réalisation maîtrisée et un casting formidable, cela donne un film d’une grande force. Cela confirme également l’incroyable vigueur d’un cinéma israélien protéiforme et qui sait affronter les sujets les plus difficiles de front. Ce film n’est pas que féministe, il est avant tout humaniste et nous rappelle qu’il y a encore bien des combats à mener sur cette planète.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Réalisation : Elite Zexer Scénario : Elite Zexer Photographie : Shai Peleg Montage : Ronit Porat Musique : Ran Bagno Pays d’origine : Israël Langue originale : arabe Genre : drame Durée : 87 minutes
Les genres qui ont fait l’âge d’or du cinéma hollywoodien, comédies musicales, péplums, westerns, semblent parfois avoir totalement disparu de nos écrans. Mais il y a toujours un réalisateur pour les faire renaître. Damien Chazelle fait revivre avec La La Land la flamme qui brûlait dans Chantons Sous la Pluie, West Side Story ou My Fair Lady. Il le fait avec le même talent, immense, dont il avait fait preuve pour nous offrir le petit bijou qu’est Whiplash. Il nous offre surtout une nouvelle preuve que le 7ème art, dans son immense diversité, est bien éternel.
Je vais éviter de débat sur le fait de savoir si ce film méritait d’égaler le nombre de nominations aux Oscars. J’aime bien ce genre de débat futile, mais il sera beaucoup plus intéressant quand on saura combien il en gagné au final. La La Land est un film formellement sublime. Confirme qu’il un extraordinaire réalisateur, sans que ce superlatif ne soit en aucun cas dévoyé. Il raconte surtout sur une histoire dont il serait criminel de dévoiler quoi que ce soit, tant elle prend finalement un chemin inattendu qui donne une toute autre portée. Le dénouement est de ceux qui marquent à jamais et font les films légendaires.
Si La La Land joue bien dans la cour des grandes comédies musicales, c’est aussi parce que le duo formé par Emma Stone et Ryan Gosling est bien l’égal de tous ceux qui, avant eux, ont fait la légende du cinéma hollywoodien. Deux immenses stars, mais avant tout deux immenses comédiens qui font revivre une magie matinée de glamour, qui ne pourra jamais être crée par le moindre effet numérique.
Il reste malheureusement un point sur lequel le film n’a pas réussi à m’enthousiasmer… la musique. Cela n’a rien d’anecdotique pour une comédie musicale. Si les chansons sont agréables, sympathiques et en parfaite osmose avec l’image et l’histoire, aucune d’entre elles ne m’a irrésistiblement donné envie de me précipiter à la FNAC en sortant du cinéma pour acheter la BO. En cela, il ne sera pas l’égal, au moins dans mon MP3, des chefs d’œuvre cités plus haut. C’est un petit grain de sable, mais un vrai grain de sable. Mais reste bien des raisons de se dire qu’avec La La Land, 2017 ne sera de toute façon pas une année cinématographique de perdu.
LA NOTE : 15,5/20
Fiche technique : Production : Black label Media, Gilbert Films, Impostor Pictures, Marc Platt Productions Distribution : SND Films Réalisation : Damien Chazelle Scénario : Damien Chazelle Montage : Tom Cross Photo : Linus Sandgren Décors : David Wasco Musique : Justin Hurwitz Directeur artistique : Austin Gorg Durée : 128 min
Casting : Emma Stone : Mia Ryan Gosling : Sebastian J.K. Simmons : Bill Rosemarie DeWitt : Laura Jason Fuchs : Carlo Finn Wittrock : Greg John Legend : Keith Callie Hernandez : Lisa Tom Everett Scott : David
Le racisme est un sujet grave et sérieux. Et comme tous les sujets graves et sérieux, il constitue un excellent sujet de comédie. Ce qui ne veut pas dire que toutes les comédies sur le sujet sont excellentes, Qu’est-ce qu’on a Fait au Bon Dieu ? en est la preuve. Mais cela donne tout de même parfois des films fort sympathiques comme Il a Déjà tes Yeux. Sympathique car écrit avec une réelle intelligence.
Le grand mérite de Il a Déjà tes Yeux est de traiter réellement son sujet en gardant toujours une réelle légèreté. Cet équilibre n’était pas évident à trouver et Lucien Jean-Baptiste s’en tire très bien à ce niveau-là. Les personnages sont attachants et jamais manichéens. Ce n’est pas toujours d’une subtilité folle, mais ça fonctionne et cela délivre un message sans lourdeur grâce à l’humour.
Il a Déjà tes Yeux est donc une comédie drôle, ce qui permet déjà de la considérer comme réussie. On peut cependant lui reprocher une fin qui part un peu en vrille. Un côté grand guignol mal maîtrisé, qui constitue la seule pesanteur du film. Heureusement le joli casting est assez investi dans son interprétation pour que l’on pardonne cette fausse note finale. Le positif domine largement et le film aura atteint son but : divertir intelligemment.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Nolita Cinema, Nexus Factory, TF1 DA, UGC Images, UMedia Distribution : UGC Distribution Réalisation : Lucien Jean-Baptiste Scénario : Marie-Françoise Colombani, Marie-Françoise Colombani, Lucien Jean-Baptiste, Sébastien Mounier Montage : Sahra Mekki Photo : Colin Wandersman Musique : Alexis Rault Directeur artistique : Eleonore Chaspoul, Georges Kafian Durée : 95 min
Casting : Aïssa Maïga : Salimata Aloka Lucien Jean-Baptiste : Paul Aloka Marie-Philomène Nga : Mamita Naidra Ayadi : Anna Michel Jonasz : Monsieur Vidal Vincent Elbaz : Manu Zabou Breitman : Claire Mallet Bass Dhem : Ousmane Delphine Théodore : Prune
Tout le monde connaît mon goût immodéré pour les comédies musicales. Bon OK, c’est juste une expression puisqu’il est vrai qu’il existe sur Terre des personnes ignorant ce fait pourtant bien établi. Bref, tout ça pour dire qu’il n’est pas surprenant que je sois allé voir Tous en Scène, nouvelle production d’Illumination, le studio à qui l’on doit Moi, Moche et Méchant. Force est de constater que ce dernier a plus d’une bonne idée dans son sac.
Ceux qui ont vu des dizaines de fois la bande-annoce de Tous en Scène pourraient craindre d’en avoir déjà vu l’essentiel. Qu’ils se rassurent, il n’en est rien car le film recèle bien des idées. Et des bonnes ! En effet, elle ne disait rien, ou vraiment pas grand chose, de la belle galerie de personnages qui donnent vie à cette histoire. Ce sont bien les protagonistes de cette histoire, portés par un casting voix de haut niveau, qui apportent ce petit supplément d’âme qui fait de ce film une jolie réussite.
Car ce supplément vient s’ajouter à une base solide. Graphiquement, Tous en Scène conjugue modernité et un esprit cartoon des plus réjouissants. L’humour est drôle et tendre. L’histoire est rythmé avec de vrais rebondissements. Et enfin surtout, la musique est omniprésente. Le film est le plus bel hommage cinématographique à la musique pop (au sens hyper large) depuis Moulin Rouge. De Sinatra aux Gypsy Kings, de Beyoncé à Jeff Buckley, tous ces artistes sont les complices de ce divertissement parfois réellement enthousiasmant.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Illumination Entertainment, Universal pictures, Fuji Television Network, Dentsu Distribution : Universal International Pictures Réalisation : Christophe Lourdelet, Garth Jennings Scénario : Garth Jennings Montage : Gregory Perler Décors : Eric Guillon Musique : Joby Talbot Effets spéciaux : Illumination Mac Guff Directeur artistique : François Moret Durée : 108 min
Casting : Matthew McConaughey : Buster Moon Reese Witherspoon : Rosita Scarlett Johansson : Ash Seth MacFarlane : Mike John C. Reilly : Eddie Jennifer Saunders : Nana Taron Egerton : Johnny Tori Kelly : Meena
Les adolescentes ont d’abord envahi les rayons de nos librairies. Les voilà qui peu à peu s’installent sur les écrans de nos salles obscures. On a vu ainsi Tamara passer de la bande-dessinée au cinéma. Voici, Jamais Contente, adaptation d’une série de roman de Marie Depleschin (intitulée le Journal d’Aurore). Et force est de constater que tout cela donne plutôt de bons films, bien écrits, aux personnages attachants et à l’humour bien sympathique.
Enfin attachant, c’est vite dit. Car le personnage de Jamais Contente est parfois réellement insupportable. On compatit allégrement avec ses parents qui doivent gérer cette adolescente particulièrement contrariante. Rassurez-vous, on perçoit tout de suite le potentiel de cette jeune fille pas tout à fait comme les autres. Le côté quelque peu schizophrénique du personnage force un peu le trait par rapport à l’adolescence, mais au moins il permet au film de ne jamais devenir gnangnan.
De plus, ce schéma se retrouve chez les tous les protagonistes. Chacun joue son rôle, mais aucun n’est tout blanc ou tout noir. A part peut-être le professeur interprété par Alex Lutz mais qui est assez brillant pour apporter un vrai plus au film. On retiendra cependant avant tout la performance de Léna Magnien qui fait preuve d’une assurance dans son jeu qui n’attend pas le nombre de ses années. Elle porte vraiment le film sur ses épaules et ne semble jamais déstabilisé par ce poids. Si son personnage mérite parfois quelques paires de claques, l’actrice ne récolte elle que notre admiration.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Agat Films & Cie, Ad Vitam Distribution : Ad Vitam Réalisation : Emilie Deleuze Scénario : Emilie Deleuze, Marie Desplechin, Laurent Guyot d’après l’œuvre de Marie Desplechin Montage : Frédéric Baillehaiche Photo : Jeanne Lapoirie Décors : Pascal Le Guellec Musique : Olivier Mellano Durée : 89 min
Biopic de musicien, deuxième ! Et évidemment, encore une fois, un artiste n’étant pas tout à fait solide et équilibré dans sa vie, sinon ce n’est pas drôle. Born to Be Blue nous raconte la vie du jazzman Chet Baker, qui est connu pour deux caractéristiques principales : il était blanc, ce qui est assez rare dans le métier, et il était héroïnomane, ce qui est déjà nettement plus fréquent (oui, je sais, c’est la journée des clichés gratuits). Un destin qui n’a donc rien d’inattendu… mais qui n’a rien de banal non plus.
Born to Be Blue nous parle certes d’un homme. De sa vie, mais en fait simplement de quelques mois. Mais à travers cette tranche de vie, le film aborde plusieurs sujets. Le premier d’entre eux est la drogue, la dépendance, la lutte pour ne pas replonger quand on s’en sort. Il s’agit vraiment du thème principal de ce film. Il est traité de manière très vivante, sans morale, sans jugement. Nous sommes dans le témoignage, l’histoire racontée parce qu’elle mérite d’être racontée. Chaque spectateur en tire les conclusions qu’il souhaite mais appréciera une écrite d’une grande intelligence.
Born to Be Blue nous parle aussi naturellement de musique. Les vrais mélomanes regretteront peut-être qu’elle ne soit pas plus présente. Ceux qui, comme moi, ont une culture jazz limitée, découvriront cet artiste avec joie. Un de mes voisins au cinéma a fait part de sa volonté d’écouter sa musique une fois de retour chez lui. Voici une belle preuve que le film atteint son but et repose sur un deuxième pilier solide. Si on ajoute ça d’autres thématiques, comme le désir de reconnaissance, et une interprétation inspirée d’Ethan Hawke, cela donne un film réussi et convaincant.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Robert Budreau Scénario : Robert Budreau Musique : David Braid, Todor Kobakov et Steve London Montage : David Freeman Photographie : Steve Cosens Décors : Aidan Leroux Costumes : Anne Dixon Producteur : Robert Budreau, Leonard Farlinger, Jennifer Jonas et Jake Seal Production : New Real Films Distribution : Kinovista et Entertainment One Durée : 97 minutes
Casting : Ethan Hawke : Chet Baker Carmen Ejogo : Jane Callum Keith Rennie : Dick Bock Kedar Brown : Miles Davis Janet-Laine Green : la mère de Chet Kevin Hanchard : Dizzy Gillespie Stephen McHattie : le père de Chet Tony Nardi : Nicholas Katie Boland : Sarah Tony Nappo : Officier Reid Dan Lett : Danny Friedman Barbara Eve Harris : Elise Azuka Eugene Clark : Harry Azuka Nat Leone : Jenny
Dans la famille film d’espionnage, il y a d’un côté la branche anglo-saxonne, où les agents portent des smokings, sautent dans des avions en marche et sauvent le monde. Et puis de l’autre, il y a la branche française qui peut se contenter parfois comme arme fatale d’une simple machine à écrire. Ca paraît peu, mais ça suffit parfois, comme le prouve La Mécanique de l’Ombre. Il prouve surtout qu’il est inutile d’opposer les deux car ils procurent chacun leur plaisir.
Il est vrai que la Mécanique de l’Ombre peut être rangé aussi dans la case « polar psychologique ». Le monde du renseignement n’es qu’un décor servant à illustrer la thématique de quidam emporté dans une logique qui le dépasse et dont il ne peut sortir. Il s’agit d’un vrai film de personnage, centré sur les réactions et l’évolution de la personnalité de son protagoniste principal. Mais le tout est filmé avec assez de talent pour créer une vraie tension narrative faisant naître un vrai suspense jusqu’à la dernière minute. Rien de révolutionnaire, ni de fondamentalement original, mais c’est parfaitement construit.
La Mécanique de l’Ombre nous offre aussi une belle confrontation d’acteurs. D’un côté, la figure aussi sympathique qu’inquiétante interprétée par Denis Podalydès. Un acteur qui ne sait pas faire autre chose qu’être génial, quel que soit la rôle. Soit la définition d’un grand acteur. En face de lui, François Cluzet est dans un registre très classique pour lui. Mais quand un tel comédien est à l’aise, il ne peut qu’être formidable. Le film repose beaucoup sur leur talent. Et vous aurez compris qu’ils n’en manquent pas et font de ce film une vraie réussite.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : 24 25 Films, Scope Pictures Distribution : Océan films Réalisation : Thomas Kruithof Scénario : Thomas Kruithof, Yann Gozlan Montage : Jean-Baptiste Beaudoin Photo : Alexandre Lamarque Décors : Thierry François Musique : Grégoire Auger Durée : 93 min
Casting : François Cluzet : Duval Denis Podalydès : Clément Sami Bouajila : Labarthe Simon Abkarian : Gerfaut Alba Rohrwacher : Sara Philippe Resimont : De Grugy
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