LES 4 FANTASTIQUES : Les 4 nases

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les4fantastiquesafficheEn tant que grand consommateur de comics, je devais aller voir ce film. Pourtant, je savais pertinemment à quoi m’en tenir, que ce soit à travers les critiques presse que les échos de ceux qui ont eu la malchance d’y être traînés par leur progéniture. En m’y rendant moi-même, je suis aussi en droit d’émettre un jugement objectif et basé sur ma propre expérience. Et ce jugement est sans appel : Les 4 Fantastiques est un gros navet !

Je ne sais même pas où commencer. Intrigue, personnage, choix visuels, tout est à peu près catastrophique dans les 4 Fantastiques. Rien ne fonctionne. On ne demande évidemment pas à un film de super-héros d’être réaliste, mais on s’attend quand même que le réalisateur nous amène à y croire malgré tout. Là pour y croire, il faut vraiment avoir une foi inébranlable. Les producteurs Marvel n’ont pas l’air de l’avoir d’ailleurs car, contrairement à tous les autres productions de cet univers, il n’y a pas, sauf erreur de ma part, d’apparition de Stan Lee… et surtout aucun scène cachée dans le générique. Ce dernier fait constitue plutôt une bonne nouvelle puisque cela signifie très certainement qu’aucune suite n’est prévu à ce ratage.

les4fantastiquesLes 4 Fantastiques est le troisième reboot pour une franchise Marvel. Mais comme pour Hulk ou Spider-Man, la nouvelle version est désespérément mauvaise et ne peut supporter la comparaison avec la première version. Et pourtant dans le cas qui nous intéresse, on ne paraît pas de très haut. Cet échec cuisant conduira, espérons-le, Marvel à abandonner totalement l’idée de relancer de zéro des séries qui ont déjà été adaptées. Surtout que pour se démarquer, les scénaristes se sentent obligés de multiplier les trahisons par rapport au comics original, alors que cette fidélité constitue justement une force des films Marvel. A oublier très vite donc !

LA NOTE : 6/20

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, TSG Entertainment, Marv Films et Genre Films
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Josh Trank
Scénario : Simon Kinberg, Jeremy Slater, et Josh Trank
Montage : Elliot Greenberg
Photo : Matthew Jensen
Décors : Chris Seagers
Musique : Marco Beltrami, Philip Glass
Durée : 106 mn
 
Casting :
Miles Teller : Reed Richards / Mr Fantastique
Susan Storm : Susan Storm / La Femme invisible
Michael B. Jordan : Johnny Storm / La Torche humaine
Jamie Bell : Benjamin Grimm / La Chose
Toby Kebbell : Victor Domashev / Docteur Fatalis
 

 

TED 2 : Nounours surprise

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ted2afficheJ’aime beaucoup l’humour de Seth McFarlane. Nettement moins sa propension à gâcher ses meilleures idées par d’autres beaucoup moins subtiles, parfois même carrément lourdingues… ou pire scatologiques. C’est donc souvent avec une certaine appréhension que je vais voir ses films qui peuvent être parfois désespérément ratés comme Albert à l’Ouest. Ted fait partie à l’inverse incontestablement des réussites. Lui offrir une suite pouvait cependant faire craindre une fuite en avant dans un toujours plus d’un pesanteur insupportable. Il n’en est rien. Bien au contraire !

Aussi paradoxal que cela puisse paraître pour une pure comédie, Ted 2 est excellent… parce que pas aussi drôle que cela. Ou plutôt, on n’y retrouve pas forcément une quête effrénée des gags qui doivent s’enchaîner à tout prix et le plus vite possible. L’humour est ici plus situationnel, même si le film réserve quand même de vrais moments de premier degré. J’ai sûrement moins souvent éclaté de rire que face au premier, mais j’ai très certainement gardé un grand sourire plus permanent face à un humour, mine de rien, plus subtil.

ted2En effet, à côté de ça, Ted 2 nous propose ce que sait faire de mieux Seth McFarlane. C’est à dire, l’utilisation de tous les archétypes du cinéma ou plus largement de la culture américaine pour les tourner en ridicule. Cela passe parfois par trois fois rien, un détail, une phrase, mais c’est parfois incroyablement bien senti ! Il se concentre vraiment sur cela dans ce film, en oublie le pipi-caca-prout et signe là sûrement son meilleur film de mon point de vue. Il fait même preuve d’un certain talent dans la direction d’acteurs avec Amanda Seyfried pour la première fois un minimum convaincante. Bref, certainement pas la comédie de l’année, mais pour moi, une très bonne surprise par rapport à ce que à quoi on pouvait s’attendre.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Fuzzy Door Productions, Universal Pictures, Media Rights Capital
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Seth MacFarlane
Scénario : Seth MacFarlane, Alec Sulkin, Wellesley Wild
Montage : Jeff Freeman
Photo : Michael Barrett (II)
Musique : Walter Murphy
Durée : 115 mn

Casting :
Jessica Barth : Tami-Lynn
Mark Wahlberg : John
Amanda Seyfried : Samantha Jackson
Giovanni Ribisi : Donny
Morgan Freeman : Patrick Meighan
Seth MacFarlane : Ted
Patrick Stewart : le narrateur

LA BELLE SAISON : Le beau film

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labellesaisonafficheVoilà près de dix minutes que je suis devant ma page blanche sans savoir comment amorcer ma critique de La Belle Saison. Non qu’il n’y ait rien à dire sur ce film, bien au contraire. Un film trop riche pour trouver facilement une porte d’entrée plus pertinente qu’une autre. J’ai donc du utiliser cet artifice pour me lancer. La réalisatrice Catherine Orsini signe là incontestablement son film le plus marquant et le plus abouti d’une carrière pour l’instant relativement anonyme.

La Belle Saison aborde bien des sujets. Le fil rouge reste une histoire d’amour entre deux femmes à une époque et dans un milieu où cela restait encore difficilement accepté. Enfin, pour bien connaître ce milieu (agricole), je dois dire que les choses n’ont pas forcément autant évolué que dans le reste de la société. Mais justement, le film parle aussi de la fracture entre un monde urbain plus progressiste et un monde rural plus conservateur. Il évoque aussi largement les combats féministes des années 70 ou encore la manière dont l’amour permet de franchir (ou non) les obstacles.

labellesaisonTous ces sujets sont traités avec plus ou moins de réussite et de pertinence. La Belle Saison n’échappe pas à quelques clichés ou à une vision nostalgique et idéaliste des engagements des années 70 (travers fréquents chez les cinéastes de cette génération). Mais globalement, l’histoire est convaincante et on se laisse porter par elle avec plaisir et intérêt. De même les deux actrices, Cécile de France et Izia Higelin, ont parfois quelques faiblesses dans leur jeu, mais au final, on est séduit par les deux personnages et on s’y attache avec une vraie force. D’un point de vue plus cinématographique, le film recèle quelques belles scènes dont une sur un quai de gare particulièrement réussie. Tout comme le film l’est !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Chaz Productions, France 3 Cinéma, Artémis Productions
Distribution : Pyramide Distribution
Réalisation : Catherine Corsini
Scénario : Catherine Corsini, Laurette Polmanss
Montage : Frédéric Baillehaiche
Photo : Jeanne Lapoirie
Décors : Anna Falguères
Musique : Grégoire Hetzel
Durée : 105 mn

Casting :
Laetitia Dosch : Adeline
Kévin Azaïs : Antoine
Noémie Lvovsky : Monique
Izïa Higelin : Delphine
Cécile de France : Carole
Benjamin Bellecour : Manuel

MISSION : IMPOSSIBLE – ROGUE NATION : Copier-coller

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missionimpossibleroguenationafficheVoir une franchise franchir le cinquième volet est un gage de réussite, tout du moins financière. Parce que niveau qualité cinématographique, il est rare que l’intérêt survive aussi longtemps. Pourtant, une d’entre elle semblait suivre le chemin inverse de toutes les autres. Il y a près de 20 ans, le premier Mission : Impossible confirmait l’inexorable déclin de Brian de Palma. Il y a 4 ans, Mission : Impossible – Protocole Fantôme nous ravissait par ses très moments de bravoure. La courbe ascendante allait-elle se poursuivre avec Mission : Impossible – Rogue Nation ? Malheureusement non…

Mission : Impossible – Rogue Nation n’a pas vraiment plus de défauts que n’importe quel autre film de la saga. Simplement, il ressemble plus à un copier-coller des quatre précédents qu’à une nouveauté. C’est plus ou moins inévitable au cinquième épisode, mais on pouvait s’attendre à au moins un ou deux éléments, situations, scènes ou n’importe quoi d’autre qui nous surprenne et dont on ne se dit pas « tiens, j’ai déjà vu ça dans un des épisodes précédents ». Du coup, le film manque passablement de moments forts vraiment marquants qui puisse nous faire dire « je suis au moins venu pour ça ! ».

missionimpossibleroguenationAprès, toutes ces considérations ne font pas pour autant de Mission : Impossible – Rogue Nation un mauvais film. Car s’il ressemble beaucoup à ses prédécesseurs, c’est aussi parce qu’il en garde les qualités. C’est solide, spectaculaire, rythmé et terriblement distrayant. L’intrigue ne casse pas trois pattes à un canard, mais on a vu nettement pire dans le genre. Les cascades s’affranchissent souvent du respect de certaines lois de la physique liée à la gravité et les méchants tirent comme les plus maladroits des Stormtroopers de Star Wars. Mais on s’en fout, c’est bon et on aime ça ! Enfin, quand même un peu moins quand ça sent à ce point le réchauffé…

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Skydance Productions, Bad Robot, TC Productions
Distribution : Paramount Pictures
Réalisation : Christopher McQuarrie
Scénario : Christopher McQuarrie
Montage : Eddie Hamilton
Musique : Joe Kraemer
Directeur artistique : Andrew Bennett
Durée : 132 mn

Casting :
Tom Cruise : Ethan Hunt
Rebecca Ferguson : Ilsa Faust
Ving Rhames : Luther Stickell
Simon Pegg : Benji Dunn
Jeremy Renner : William Brandt

PIXELS : Plaisir de geek nostalgique

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pixelsafficheJ’ai récemment vécu une soirée cinématographique consacrée à la nostalgie avec While We Were Young et Nos Futurs. Pixels nous offre une troisième manifestation de ce sentiment. Avec l’âge, on peut se retrouver en capacité de réaliser certains des rêves qui ont pu peupler notre enfance. Ceux qui auront connu les heures héroïques des débuts des jeux vidéos à l’aube des années 80 ont tous rêvé de voir certains de leurs titres préférés prendre vie. Vous en rêviez… Chris Colombus l’a fait.

Pixels est donc avant tout un grand plaisir offert aux geeks nostalgiques. Pouvant aisément être rangé dans cette catégorie, j’ai apprécié cette gourmandise cinématographique. De l’aventure, de l’humour, le tout sans se prendre vraiment au sérieux, avec du rythme et un réalisateur qui n’a plus rien à prouver. Autant d’éléments qui donnent un résultat convaincant qui répond parfaitement à sa nature de pur divertissement. On passe un vrai bon moment, sans temps morts et sans perdre le moindre neurone. Que demander de plus ?

pixelsDe la profondeur ? Des personnages plus intéressants ? Un scénario plus élaboré ? Non mais tout ça n’est rien par rapport au plaisir infini d’une partie de Pac-Man grandeur nature dans les rues de New-York ! Plaisir infiniment futile certes, mais infini quand même. Et le duo Adam Sandler-Michelle Monaghan apporte une touche de sympathie et de charme qui finit de nous séduire. Bref, Pixels est un film qui trouve son public et le ravit. Tout le monde ne peut pas en dire autant.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Chris Columbus
Scénario : Timothy Dowling, Tim Herlihy, Adam Sandler et Patrick Jean, d’après le court métrage homonyme
Direction artistique : Peter Wenham
Décors : Ramsey Avery
Costumes : Christine Wada
Montage : Hughes Winborne
Musique : Henry Jackman
Photographie : Amir Mokri
Production : Michael Barnathan, Chris Columbus, Allen Covert, Mark Radcliffe et Adam Sandler
Durée : 106 minutes

Casting :
Adam Sandler : Sam Brenner
Josh Gad : Ludlow Lamonsoff
Michelle Monaghan : lieutenant-colonel Violet Van Patten
Kevin James : le président Will Cooper
Sean Bean : le Caporal Hill
Peter Dinklage : Eddie Plant 2
Brian Cox : l’amiral Porter
Jane Krakowski : la première dame des États-Unis
Denis Akiyama : Tōru Iwatani
Ashley Benson : Lady Lisa
Dan Aykroyd : le présentateur des championnats de jeu vidéo d’arcade 1982
Fiona Shaw : le Premier ministre britannique
Serena Williams : elle-même

Martha Stewart : elle-même

LE PETIT PRINCE : Saint-Exupéry version optimiste

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lepetitprinceafficheAvant de commencer cette critique, je dois préciser quelque chose. Je n’ai jamais aimé le Petit Prince. Pour moi, c’est un livre atroce que l’on fait lire aux enfants pour leur apprendre que la vie est dégueulasse, alors qu’ils ont toute leur existence pour s’en rendre compte. Petit, j’y ai juste vu un bouquin déprimant où un enfant se suicide à la fin… ce qu’on trouverait traumatisant dans n’importe quel film ou livre pour adultes. Du coup, je ne sais même pas trop pourquoi, je suis allé voir le Petit Prince au cinéma. Peut-être justement parce que certaines critiques dénonçaient une trahison.

Le Petit Prince est un film en deux parties. La première est vraiment liée au livre. Ce dernier nous est raconté de manière discontinue au gré des échanges entre l’aviateur devenu vieux et une petite fille qui vient d’emménager à côté. Bon, je trouve toujours la fin aussi atroce, mais il est vrai qu’il se dégage une vraie poésie de ce récit. Les amateurs du livre de Saint-Exupéry y trouveront sûrement leur compte. La deuxième partie constitue par contre une pure invention, qui pourrait s’apparenter à Le Petit Prince, la suite… Là les puristes tiqueront sûrement, même si de mon côté je n’y ai vu qu’un sympathique récit d’aventures, au message un peu lourdingue néanmoins. Au final, ce film rajoute tout l’optimisme qui manque au roman… ce qui constitue pour moi un point positif, mais je comprends aisément que ce point de vue puisse ne pas être du tout partagé.

lepetitprinceVisuellement, le Petit Prince a divisé les critiques. Certains trouvent ça, au moins par moment, particulièrement hideux. J’ai trouvé de mon côté le travail visuel plutôt intéressant, avec un contraste entre le récit dans « le présent » au graphisme moderne un peu lisse et les passages du livres animés de manière plus traditionnelle et chaleureuse. Il est vrai que ça manque peut-être quelque peu d’imagination, mais personnellement je trouve ça plutôt réussi. Tout comme le film globalement, même si cela ne m’a pas plus ému que ça.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Onyx Films, Orange Studios, On Entertainment
Réalisation : Mark Osborne
Scénario : Irena Brignull, d’après le roman d’Antoine de Saint-Exupéry
Montage : Carole Kravetz Aykanian, Matt Landon
Décors : Celine Desrumaux, Lou Romano
Distribution : Paramount Pictures France
Musique : Hans Zimmer, Richard Harvey, Camille
Durée : 108 mn

Casting :
Andrea Santamaria : le Petit Prince
Marion Cotillard : la rose
Clara Poincaré : la petite fille
Vincent Cassel : le renard
Guillaume Gallienne : le serpent
Florence Foresti : la mère
André Dussollier : l’aviateur
Laurent Lafitte : le vaniteux
Vincent Lindon : l’homme d’affaires
Guillaume Canet : m.prince

LES MINIONS : Eux, mignons et drôles (mais pas tant que ça)

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lesminionsafficheLa qualité d’un long métrage d’animation tient bien sûr à la qualité graphique globale, du scénario et de la sympathie que peuvent inspirer les personnages principaux. Mais ce qui fait vraiment la différence, ce sont ces petits personnages secondaires, éléments comiques qui font le lien avec la culture « cartoon », comme Olaf dans la Reine des Neiges ou encore, le meilleur d’entre eux, Scrat dans l’Age de Glace. Passer d’un second rôle au premier n’a cependant rien d’évident et rien ne garantit que ce qui était un apport à une histoire principale puisse tenir la route en occupant seul le devant de la scène. C’est pourtant le pari tenté par les créateurs de Moi, Moche et Méchant en nous proposant le film les Minions.

Tous ceux qui ont apprécié les deux films originaux ont ressenti une certaine impatience à l’idée de voir ces créatures jaunes et improbables faire l’objet d’un long métrage à eux tous seuls. De plus, la bande-annonce des Minions donnait plutôt envie. Les cinq premières minutes du film sont d’ailleurs vraiment très drôles… même si les principaux éléments ont déjà été vus dans la bande-annonce justement. Le reste est nettement moins intenses car un long métrage ne peut pas être qu’un succession de gags visuels, il faut bien prendre le temps aussi de construire une histoire. Or si celle-ci est sympathique, elle manque de ce petit souffle qui habitait les deux épisodes de Moi, Moche et Méchant par exemple.

Llesminionses Minions reste quand même très drôle, même si certaines séquences sont un peu plus faibles. On pouvait quand même espérer un peu plus de frénésie comique et un peu plus de vraies surprises par rapport à ce à quoi on pouvait légitimement s’attendre. Ca ressemble quelque peu à du recyclage et à l’exploitation d’idées déjà exploitées par ailleurs. Cependant, on aime trop ces petits personnages pour ne pas quand même s’attacher à ce film qui fera passer un bon moment à toute la famille à une période de l’année où on a envie de mettre son cerveau sur pause plutôt que le faire bouillonner. Dans ce sens, le film remplit totalement sa mission.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Illumination Entertainment
Distribution : Universal Pictures International (UPI)
Réalisation : Pierre Coffin, Kyle Balda
Scénario : Brian Lynch
Montage : Claire Dodgson
Musique : Heitor Pereira
Effets spéciaux : Mac Guffin
Directeur artistique : Olivier Adam
Durée : 91 mn

Casting :
Sandra Bullock : Scarlet Overkill
Jon Hamm : Herb Overkill
Michael Keaton : Walter Nelson
Geoffrey Rush : le narrateur
Steeve Coogan : Pr Flux et Le gardien de la tour
Jennifer Saunders : la reine
Pierre Coffin : les Minions

LOVE : Amour et excès

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loveafficheSavoir aller au bout de ses idées est une grande qualité, trop souvent partagée. Mais il faut aussi savoir ne pas aller au-delà. C’est malheureusement ce que ne sais pas faire Gaspar Noé qui nous propose toujours des films très aboutis, originaux, presque conceptuels, mais qui souvent trop long et qui finissent par tourner en rond. C’est à nouveau le cas avec Love, avec lequel il a peut-être raté l’occasion de nous proposer le chef d’œuvre de sa carrière. La prochaine fois peut-être ?

L’idée de base de Love est expliqué par un de ses personnages. Le cinéma parle constamment d’amour mais en éludant le plus souvent les relations sexuelles qui sont pourtant un des fondement de ce sentiment. Pendant près d’une heure et demi, le pari est totalement réussi. Le film nous plonge dans le souvenir d’un amour qui s’est mal terminé. Rien de bien nouveau donc, mais cette fois, on nous raconte toute l’histoire, même la partie la plus intime. Gaspar Noé nous propose même une des plus belles scènes d’amour de l’histoire de cinéma. C’est crue, mais beau, jamais vulgaire et surtout parfois terriblement émouvant.

Ploveuis, à force de voir ce couple faire l’amour encore et encore, on finit tout de même par se lasser. Surtout que peu à peu ces scènes prennent toute la place et il n’y a plus rien à côté. Certes, ce n’est pas non plus gratuit par rapport au déroulé de l’histoire, mais il y a un moment que le spectateur attend autre chose que fellation ou une éjaculation en gros plan. Gaspar Noé cherche visiblement à faire monter son filme en puissance, en même temps que la tension au sein du couple, mais cela produit l’effet inverse sur le spectateur. Il sort du film et l’émotion disparaît.

Gaspar Noé est incontestablement un réalisateur extraordinairement talentueux, avec un sens de l’image et une imagination hors du commun. Ses qualités de conteur ne sont malheureusement pas tout à fait à la hauteur et encore une fois, il laisse la forme prendre totalement le pas sur le fond. Love s’apparente au final plus à un trop long exercice de style, quand il aurait pu être une formidable histoire d’amour. Heureusement, il nous reste le souvenir des quelques moments de grâce que nous propose la première partie.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Les Cinémas de la Zone, RT Features, Rectangle Productions, Wild Bunch
Réalisation : Gaspar Noé
Scénario : Gaspar Noé
Montage : Gaspar Noé
Photo : Benoît Debie
Distribution : Wild Bunch Distribution
Durée : 130 mn

Casting :
Karl Glusman : Murphy
Aomi Muyock : Elektra
Klara Kristin : Omi

WHILE WE WERE YOUNG, NOS FUTURS : Nostalgie, nostalgie

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whilewewereyoungafficheL’autre jour, je me suis fait une soirée nostalgie… Mais pas ma propre nostalgie, mais sur la nostalgie en général, avec deux films traitant du même sujet dans la même soirée. Deux points de vue, deux nationalités, deux âges différents, mais aussi pas mal de points communs. D’un côté, While We Were Young, de l’autre Nos Futurs. Si l’exercice de la comparaison avait un intérêt sympathique en soi, il faut bien avouer que les deux films sont assez moyens.

While We Were Young s’attaque à la crise de la quarantaine, le moment où on se demande si on a bien accompli tout ce dont nous étions capables. Le moment où on commence à prendre peur face au « il est peut-être trop tard ». Le film commence comme une comédie légère et assez classique avec la confrontation de ce couple bien installé dans la vie avec deux jeunes tourtereaux de 25 ans qui vont venir bousculer leur existence. Le ressort est connu et fonctionne sans génie. Puis, l’histoire prend une autre direction, assez inattendue. L’effet de surprise est positif mais on est guère convaincu, car le tournant n’entraîne pas le film vers un propos forcément plus intéressant. Reste tout de même la belle prestation du duo Ben Stiller-Naomi Watts qui nous fait dire qu’à 40 ans, on n’a encore quand même souvent encore de beaux restes !

nosfutursafficheNos Futurs assume franchement son statut de comédie. Même si… Ah non, j’en ai déjà dit trop et je voudrais pas gâcher la surprise finale. Cette fois, ce sont deux potes trentenaires qui se penchent sur leurs années au lycée, avec le contraste entre celui qui est bien installé dans la vie et l’autre qui n’a guère changé malgré les années. Ils vont partir à la rencontre de leurs camarades de l’époque, perdus de vue et qui ont évidemment tous pris des directions différentes. C’est sympathique, mais là encore les ressorts sont archi-connus et utiliser de manière souvent poussive. Ca manque passablement de rythme et de punch. Pio Marmaï nous livre un petit numéro dont il a le secret, mais sans non plus donner tout ce qu’il a. Pierre Rochefort est quant à lui assez transparent.

La soirée fut donc quelque peu décevante. A 36 ans, je pouvais pourtant me sentir concerné aussi bien par l’un que par l’autre. Mais dans les deux cas, l’exploitation du sujet est resté trop superficiel et attendu pour vraiment donner de l’intérêt à ces deux films, réalisés avec professionnalisme, mais pas vraiment de génie. Les deux peuvent se regarder un soir de pluie à la télé, mais ne valent pas vraiment le prix d’une place de cinéma.

LES NOTES :

WHILE WE WERE YOUNG : 11,5/20

NOS FUTURS : 10,5/20

WHILE WE WERE YOUNG
Fiche technique :
Production : Scott Rudin Productions
Distribution : Mars Distribution
Réalisation : Noah Baumbach
Scénario : Noah Baumbach
Montage : Jennifer Lame
Photo : Sam Levy
Décors : Adam Stockhausen
Musique : James Murphy
Durée : 97 mn

Casting :
Naomi Watts : Cornelia
Ben Stiller : Josh
Amanda Seyfried : Darby
Adam Driver : Jamie
Maria Dizzia : Marina
Adam Horovitz : Fletcher
Charles Grodin : Leslie

NOS FUTURS
Fiche technique :
Réalisation : Rémi Bezançon
Scénario : Rémi Bezançon, Vanessa Portal, Jean-François Halin
Musique : Pierre Adenot
Production : Éric et Nicolas Altmayer, Isabelle Grellat
Durée : 97 minutes

Casting :
Pio Marmaï : Thomas
Pierre Rochefort : Yann
Mélanie Bernier : Estelle
Kyan Khojandi : Max
Camille Cottin : Géraldine
Laurence Arné : Emma
Roxane Mesquida : Virginie
Zabou Breitman : la mère de Yann
Micha Lescot : Samy
Aurélien Wiik : Vincent
Esteban : Bartarin
Jean-Pierre Lorit : Michel
Thibault Duboucher : Nico
Clément Vieu : le mari de Virginie

AMY : Deep in black

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amyafficheUne fête d’anniversaire filmée avec un vieux caméscope. Un gâteau, des copines qui chantent. Enfin, une d’elle ne chante pas tout à fait comme les autres. La voix est déjà extraordinaire. Elle a 14 ans. Elle s’appelle Amy Winehouse. Le film a commencé depuis quelques secondes et vous avez déjà le cœur serré. Comme si vous réalisiez enfin que derrière la star dont la déchéance a nourri les tabloïds et les vannes des humoristes, il y avait un être humain. Une petite fille qui à cet âge là était déjà sous antidépresseur et boulimique. Une petite fille qui allait devenir une star mondiale en écrivant une chanson extraordinaire sur le jour où elle a fait le plus mauvais choix de sa vie. Le dernier jour où tout aurait pu changer, le dernier jour où il n’était peut-être pas encore trop tard. Le monde entier a applaudi, fasciné, subjugué par cette voix extraordinaire… Mais sans comprendre ce qu’elle disait… Amy est là pour nous le faire enfin comprendre.

Bon, quittons quelques secondes le costume de spectateur ému pour celui de critique objectif. Amy est un documentaire, donc l’objectivité constitue forcément un critère d’appréciation. Et si l’émotion est aussi forte, c’est aussi parce que les réalisateurs en jouant sur cette corde avec un brio magistral, ils ont sans doute déformé (fortement ? légèrement ?) la réalité. Si la famille est à ce point furieuse contre ce film, notamment son père, ce n’est pas pour rien. Asif Kapadia a légèrement tendance à créer des gentils et des méchants dans l’histoire qu’il nous raconte. Son père a joué une rôle central dans le parcours d’Amy Winehouse, mais c’était très certainement un simple crétin, aussi dépassé par les événements que sa fille. La vision du documentaire est clairement partielle et partiale.

Iamyl n’empêche pas que l’on ne ressort pas de Amy indemne. Comment une telle artiste a-t-elle pu mourir ainsi à 27 ans ? Son histoire n’a malheureusement rien d’unique. Ce n’est pas la première personne à fermer la porte à tous ceux qui veulent l’aider pour se faire entraîner jusqu’à l’auto-destruction par les mauvaises personnes. Ce qui interroge, ce qui dérange, c’est la manière dont le monde a assisté à cette chute sans fin en la considérant comme un prolongement du spectacle. Le film nous fait réaliser à quel point chacun de ses textes n’étaient que le simple récit de sa vie. On ne peut échapper à un certain sentiment de culpabilité. A chaque image du film, on a envie de hurler, de la sortir de là, de revenir en arrière pour jeter sur elle le regard bienveillant qui n’aurait sans doute rien changer, mais qui a tout de même manqué.

Amy Winehouse n’est par morte à cause de moi, du succès, des tabloïds, de son mari (enfin lui quand même…), de son père… Elle est sans doute morte avant tout à cause d’elle-même parce que les mauvais choix restent avant tout les siens. Mais Amy nous fait réaliser à quel point le monde dans lequel elle vivait, auquel nous contribuons tous, ne lui en a pas laissé beaucoup.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Directed by Asif Kapadia
Produced by James Gay-Rees, George Pank, Paul Bell
Music by Antonio Pinto, Amy Winehouse
Cinematography : Matt Curtis
Edited by Chris King
128 minutes