A LA POURSUITE DE DEMAIN : Brad Bird, ce génie !

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alapoursuitededemainafficheParfois de très grands artistes ne sont pas reconnus à la juste valeur, car leur moyen d’expression ne bénéficie pas d’assez de considération pour cela. C’est le cas à mon sens de Brad Bird, qui a dirigé deux chefs d’œuvre du 7ème art, ayant connu un succès à la fois critique et commercial. Mais alors pourquoi tant d’indifférence ? Parce que ces deux grands succès, Les Indestructibles et Ratatouille, sont deux films d’animation, dont on retient généralement le nom du studio dont ils sont issus, très rarement le nom du réalisateur. Le voir passer à un film avec de « vrais » acteurs pouvait donc lui apporter enfin une reconnaissance amplement méritée. Malheureusement, A la Poursuite de Demain est en train de passer relativement inaperçu. Pourtant le talent est bel et bien là.

A la Poursuite de Demain reprend un thème assez classique dans la science-fiction et de la fantasy. Un jeune homme, ou plutôt une jeune fille dans le cas présent, appelé à un grand destin (en gros, sauver le monde), alors que rien ne l’y a jamais préparé. Cela a donné par exemple le très moyen Jupiter de Andy et Lana Wachowski plus tôt cette année. Mais quand ces derniers s’enferment dans un cinéma du toujours plus spectaculaire, espérant ainsi retrouver le souffle magique qui les avait habité pour Matrix, Brad Bird nous rappelle ici de manière assez magistrale ce qui fait un grand film : un bon scénario et de bons personnages. Le reste n’est que décor et accessoire…

alapoursuitededemainA la Poursuite de Demain nous propose une formidable histoire. Elle ne cherche pas à tout prix l’originalité, à choquer ou à provoquer un suspense insoutenable. Mais elle est tout simplement parfaitement construire, riche et jamais cousue de fil blanc. Le film délivre aussi un vrai message étonnement subtil et intéressant, quand le tout aurait pu sombrer particulièrement facilement dans une bouilli poético-écologiquo-ridicule. Il véhicule au contraire de vraies valeurs positives, sans pour autant tomber dans le bien pensant facile, sans alourdir son propos d’une guimauve écœurante. On en ressort donc avec un vrai sourire aux lèvres… tout en ayant quand même assisté à un vrai film d’aventures !

Mais un film d’aventures ne veut pas dire un clip vidéo ou un déluge d’effets spéciaux. La réalisation de Brad Bird est sobre, totalement au service de son histoire. Certes, quand elle a besoin d’un décor spectaculaire, il y met les moyens, mais cela reste toujours un moyen, jamais une fin. On retiendra notamment un joli moment de bravoure mettant en scène notre Tour Eiffel nationale. Les quelques scènes d’action sonnent plus comme de courts intermèdes au sein d’une intrigue qui elle prend son temps pour avancer. La bande-annonce pouvait d’ailleurs donner une fausse idée de ce qu’est A la Poursuite de Demain. On est là totalement à contre-courant d’un Jurassic World qui tombe quant à lui tête la première dans une course au « toujours plus » qui n’a jamais empêché de produire un navet. Et c’est vraiment tant mieux !

Pour finir, ce qui fait vraiment de A la Poursuite de Demain un vrai délice cinématographique, ce sont ses personnages. Les quatre figures principales sont immédiatement terriblement attachantes (enfin pour le « méchant », c’est évidemment plus ambigu). Cela nous plonge au cœur de l’histoire, nous permet de nous l’approprier de manière quasi instantanée, pour ne jamais en ressortir. Bien sûr, les quatre acteurs sont à saluer en premier lieu. Honneur aux deux jeunes filles, Britt Robertson et Raffey Cassidy, absolument épatantes! Hugh Laurie passe avec bonheur du petit au grand écran, sans jamais tomber dans un cabotinage qui lui tendait pourtant les bras. Quand à George Clooney… Bref George Clooney.

Et pour ainsi dire, bref, Brad Bird !

LA NOTE : 15,5/20

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, A113
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Réalisation : Brad Bird
Scénario : Brad Bird, Damon Lindelof
Montage : Walter Murch, Craig Wood
Photo : Claudio Miranda
Décors : Scott Chambliss
Musique : Michael Giacchino
Durée : 130 mn

Casting :
George Clooney : Frank Walker
Britt Robertson : Casey Newton
Hugh Laurie : Nix
Raffey Cassidy : Athena
Tim McGraw : Eddie Newton
Kathryn Hahn : Ursula

JURASSIC WORLD : Plus de dents, mais pas de mordant

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jurassicworldafficheIl nous avait manqués, les revoilà. Qui ?, me demandez-vous. Les dinosaures du Trias qui peuplent Jurassic Park (mais on n’en est plus à une approximation près) ! Cette fois, on change même de dimension, puisque le film nous emmène même carrément à Jurassic World. Tout un programme qui pouvait mettre l’eau à la bouche et ravir petits et grands. Plus de dix ans nous sépare de l’épisode précédent, on pouvait donc légitimement imaginer que les idées nouvelles seraient nombreuses et les progrès techniques nous offriraient des images spectaculaires comme jamais. De grands espoirs donc… De grands espoirs largement déçus.

Jurassic World nous offre un monde de médiocrité. Le film débute déjà très mal, avec une mise en route laborieuse et déjà bien lourdingue. En gros, le scénario introduit un à un, longuement et en détail, tous les clichés qui peupleront le film. Certes, ils étaient relativement inévitables et pas forcément hyper gênants dans un pur divertissement comme celui-là. Mais les envoyer comme ça à la figure du spectateur ne l’incite pas à le mettre en confiance. Mention spéciale pour les habituelles valeurs familiales, si habituelles à Hollywood, mais qui nous agressent ici de manière assez spectaculaire et immédiate.

jurassicworldPour les nouvelles idées, on repassera. Allez, je suis sévère, il y en a quelques unes et même des bonnes. Mais tout de même, le fil rouge principal, la création d’un super tyrannosaure, ne permet pas vraiment de renouveler le concept. Et à côté de ça, on a trop souvent l’impression de vivre un recyclage en règle de tout ce que nous avait offert les trois premiers épisodes. En gros, on fait pareil, mais avec plus de tout, et notamment plus de dents… Franchement, ce n’était pas la peine de remettre le couvert après tant d’années pour nous resservir autant d’éléments qui sentent le réchauffé.

La réalisation est au diapason du reste. Quelques jolis plans, quelques moments d’imagination, d’élégance, bref un peu de talent chez Colin Trevorrow. Mais ces bons moments mettent généralement en lumière les éléments les plus anodins. Au contraire, quand il s’agit de donner vie aux rares bonnes idées, il fait preuve d’une médiocrité confondante. L’usage du ralenti à un moment des plus cruciaux et les plus intenses par exemple montre juste un réalisateur en manque flagrant de génie et personnalité. Clichés sur le fond, clichés sur la forme donc !

LA NOTE : 9/20

Fiche technique :
Production : Universal Pictures, Amblin Entertainment, Legendary Pictures
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Colin Trevorrow
Scénario : Colin Trevorrow, Rick Jaffa, Amanda Silver, Derek Connolly
Montage : Kevin Stitt
Photo : John Schwartzman
Décors : Ed Verreaux
Musique : Michael Giacchino
Effets spéciaux : Tim Alexander
Maquillage : Vivian Baker
Durée : 130 mn

Casting :
Bryce Dallas Howard : Claire Dearing
Chris Pratt : Owen Grady
B.D. Wong : Dr Henry Wu
Omar Sy : Barry
Nick Robinson : Zach
Ty Simpkins : Gray
Vincent D Onofrio : Vic Hoskins
Irrfan Khan : Simon Masrani

MAD MAX : FURY ROAD : Démesure et maîtrise

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madmaxfuryroadafficheRarement une bande-annonce n’aura fait autant envie que celle de Mad Max : Fury Road. Envie décuplée par les critiques éminemment positives que ce film a reçu, y compris par ceux qui ne sont pas forcément tendres avec les films de genre. Alors quand on est quand même moi un vrai amateur de ces derniers, l’envie atteignait des sommets. Fallait-il encore que le résultat soit à la hauteur des attentes ainsi crées. Pour mon plus grand bonheur, il l’est… ou presque.

Mad Max : Fury Road est un film qui allie de manière rare maîtrise et démesure. Démesure dans le bruit, la fureur et l’action. Démesure dans la description d’un monde décadent où la folie et la violence règnent en maître. Démesure dans l’imagination visuelle, où des détails totalement gratuits mais hautement spectaculaires viennent nous surprendre à chaque plan. Maîtrise dans la réalisation qui ne transforme jamais ce film en clip vidéo. Maîtrise dans une narration qui va droit au but, livre au spectateur ce qu’il est venu chercher. Maîtrise dans une esthétique qui allie futurisme et vintage, rendant un hommage appuyé à la trilogie initiale, tout en la réinventant de manière profonde.

madmaxfuryroadMais… parce qu’il y a pour moi deux « mais » qui, sans gâcher mon plaisir, m’ont empêché de tomber dans l’enthousiasme complet qui aurait pu faire de Mad Max : Fury Road un vrai film culte. Déjà, si j’ai souligné que la narration allait droit au but, ce qui est plutôt une qualité en soi, il n’empêche qu’elle ne prend pas le temps du coup de donner la moindre épaisseur aux personnages. Du coup, notre attachement est extrêmement limité et c’est avant tout le spectacle pyrotechnique qui nous fait vibrer, bien sûr que la mise en danger des protagonistes. Ensuite, si le spectacle est assez incroyable pendant deux heures… il est relativement répétitif… Ce n’est pas vraiment qu’on se lasse, mais on finit par sombrer dans une sorte de routine, certes terriblement excitante, mais une routine quand même.

LA NOTE : 14,5/20

Fiche technique :
Production : Kennedy Miller Productions, Village Roadshow Pictures
Réalisation : George Miller
Scénario : George Miller, Brendan McCarthy, Nick Lathouris
Montage : Jason Ballantine, Margaret Sixel
Photo : John Seale
Décors : Colin Gibson
Distribution : Warner Bros.
Musique : Junkie XL
Directeur artistique : Shira Hockman, Jacinta Leong
Durée : 120 mn

Casting :
Tom Hardy : Max Rockatansky
Charlize Theron : L’impératrice Furiosa
Zoë Kravitz : Toast
Nicholas Hoult : Nux
Rosie Huntington-Whiteley : Splendid
Riley Keough : Capable
Nathan Jones : Rictus Erectus
Megan Gale : Valkyrie

LA LOI DU MARCHE : La loi des séries

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laloidumarcheafficheCette année est sorti sur nos écrans un excellent film nous racontant l’histoire d’un ancien ouvrier syndicaliste finissant vigile dans un hypermarché, le tout porté par l’interprétation magistrale d’un formidable acteur. Je veux bien sûr parler… de Jamais de la Vie avec Olivier Gourmet. Bon j’admets cela peut aussi définir La Loi du Marché, dont on a infiniment plus parlé, suite au Prix d’Interprétation reçu à Cannes par Vincent Lindon.

Le jeu des comparaisons est peut-être quelque peu malvenu car au final les films n’ont pas du tout le même esprit. Jamais de la Vie était un polar sur fond social, La Loi du Marché est un film social tout court. Mais le point de départ est tellement similaire qu’il est difficile d’échapper à la sensation de voir deux fois le même film à quelques semaines d’intervalle. Et de mon point de vue, la comparaison n’est pas toujours favorable au film dont on a le plus parlé. Stéphane Brizé signe un film remarquable à bien des points de vue, mais qui présente bien des limites.

laloidumarcheLa réalisation de Stéphane Brizé est d’une grande sobriété. Ceci n’est ni un vice, ni une vertu en soi, mais ce choix, s’il permet au film de ce focaliser sur son propos, rend d’autant plus exigeant sur le reste. La performance des seconds rôles, alors qu’ils sont interprétés en grande majorité par des comédiens non professionnels, montre bien la qualité de la direction d’acteurs. Au-delà de ça, La Loi du Marché reste un remarquable témoignage, décrivant de manière minutieuse la violence des petites humiliations que la situation de chômeur impose. C’est sur ce plan-là que le film mérite tout le bien qui en a été dit. Cependant, j’ajouterai que l’absence d’une vraie conclusion limite le film à sa dimension descriptive.

Je finirai sur un petit mot sur la performance de Vincent Lindon. Elle est en tout point remarquable, dans le sens où elle s’apparente plus à une incarnation qu’à un jeu de comédien. Il y a là une fusion rare entre l’acteur et son personnage. Méritait-il pour autant son prix d’interprétation ? Personnellement, je reste quelque peu circonspect. En effet, le personnage subi constamment les événements, de manière assez passive, sans exprimer d’émotions fortes. Je nie pas la subtilité du jeu de Vincent Lindon qui arrive parfaitement à transmettre beaucoup de sentiments et d’émotions à travers un registre d’expression congru… Néanmoins, le rôle reste limité et toute la subtilité du monde n’arrive pas à le faire totalement oublier. Je fais peut-être mon difficile et n’enlève rien à tout ce qui est remarquable dans La Loi du Marché.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : CNord-Ouest productions, Arte France Cinema
Réalisation : Stéphane Brizé
Scénario : Stéphane Brizé, Olivier Gorce
Montage : Anne Klotz
Photo : Eric Dumont
Décors : Valérie Saradjian
Distribution : Diaphana
Son : Emmanuelle Villard
Durée : 93 mn

Casting :
Vincent Lindon : Thierry
Yves Ory : le conseiller Pôle emploi
Karine de Mirbeck : La femme de Thierry
Matthieu Schaller : le fils de Thierry
Xavier Mathieu : le syndicaliste
Noël Mairot : le prof de danse
Catherine Saint-Bonnet : la banquière

TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE : L’amour n’attend pas le nombre des années

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troissouvenirsdemajeunesseafficheCela me fait toujours un peu de peine quand je me montre incapable d’apprécier l’œuvre d’un réalisateur pourtant salué par la critique et les cinéphiles les plus avertis. Arnaud Desplechin est de ceux-là. En effet, je suis très loin d’avoir apprécié aussi bien Un Conte d’Hiver ou encore Jimmy P. Mais tout vient à point à qui sait attendre, puisque c’est avec un vrai bonheur que j’ai apprécié pleinement Trois Souvenirs de ma Jeunesse. Un film plein de sensibilité, de poésie… et non dénué d’un certain érotisme.

Dieu sait si les films sur les amours de jeunesse donnent souvent des résultats désastreux. La nostalgie de leurs auteurs, un regard soit idyllique, soit à l’inverse totalement condescendant, conduit trop souvent ces derniers à livrer un propos sans intérêt entre ridicule et clichés. Mais Trois Souvenirs de ma Jeunesse ne se laisser pas dévorer par la nostalgie. Elle est présente, le film étant raconté « à la première personne » par un narrateur faisant preuve d’un certain recul par rapport aux événements. Mais le cœur du film reste avant tout une grande histoire d’amour entre deux personnages d’exception. Qu’ils sortent tout juste de l’adolescence ne change pas grand chose.

troissouvenirdemajeunesseLe cinéma d’Arnaud Desplechin place toujours ses personnages au centre de ses œuvres parce qu’ils constituent un sujet en eux-mêmes. Paul et Esther forment un couple exceptionnel. Vous aurez bien du mal à vous identifier à eux, mais ils valaient bien un film. Trois Souvenirs de ma Jeunesse est sublimée par une casting de jeunes acteurs vraiment formidable. Le duo forme par Quentin Dolmaire et Lou Roy Lecollinet est étonnamment crédible dans des rôles loin d’être évidents, où ils auraient vite pu rendre leurs personnages antipathiques. Il n’en est rien, bien au contraire, et cela donne un très beau moment de cinéma, porté par une réalisation élégante et subtile qui retranscrit parfaitement à l’écran toutes les dimensions du sentiment amoureux.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Why Not Productions, France 2 Cinéma
Réalisation : Arnaud Desplechin
Scénario : Arnaud Desplechin, Julie Peyr
Montage : Laurence Briaud
Photo : Irina Lubtchansky
Décors : Toma Baqueni
Distribution : Le Pacte
Son : Nicolas Cantin, Sylvain Malbrant, Stéphane Thiebaut
Musique : Grégoire Hetzel
Durée : 120 mn

Casting :
Quentin Dolmaire : Paul Dedalus jeune
Lou Roy Lecollinet : Esther
Mathieu Amalric : Paul Dedalus
Francoise Lebrun : Rose
Louise : Anne Benoit
Dinara Droukarova : Irina

UN PEU, BEAUCOUP, AVEUGLEMENT : Sans les yeux, en plein coeur !

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unpeubeaucoupaveuglementafficheChaque année, mon petit cœur de cinéphile bat très fort pour un ou deux films qui n’ont pas forcément déchaîné l’enthousiasme chez le commun des mortels, fut-il critique de cinéma ! Ceci est la définition même de la subjectivité et le monde serait évidemment des plus tristes si tout à chacun se prenait de passion pour exactement les mêmes choses que son voisin. C’est donc sans aucun complexe que je vais vous dire tout l’immense bien que j’ai pensé de Un peu, Beaucoup, Aveuglément !

Très souvent notre subjectivité est liée à notre propre histoire. Très certainement que cette dernière joue un rôle important dans mon enthousiasme à propos de Un Peu, Beaucoup, Aveuglément ! Cette histoire de deux êtres qui tombent profondément amoureux en dehors de tout contact physique m’a rappelé quelques passages de ma propre existence. Alors forcément, il s’en est dégagé pour moi une émotion assez particulière et qui, je le conçois, peut échapper au plus grand nombre. Mais les qualités de ce flim ne tiennent pas qu’à cette résonnance toute particulière.

unpeubeaucoupaveuglementSi le point de départ est déjà original en lui même, c’est son traitement aussi qui est à saluer. On pouvait vraiment craindre une certaine paresse de la part de Clovis Cornillac, dont c’est le premier film. Allez certes, il cabotine un peu et à un peu de mal à se diriger lui-même, mais il arrive à donner à Un Peu, Beaucoup, Aveuglément un équilibre, un souffle, un sens de la narration qui nous font croire à ce point de départ pourtant improbable. Il rend les deux personnages particulièrement attachants, ce qui est se révèle totalement indispensable dans une comédie romantique. Il ne néglige pas non plus les très bons personnages secondaires (Manu Payet dans un caméo génial!) qui viennent enrichir le tout. Bref, ça fonctionne à la perfection, ça nous arrache pas mal de sourires, cherche à nous raconter quelque chose plutôt que de faire de l’humour pour de l’humour. Et ça nous touche. En tout cas, moi, ça m’a touché en plein cœur…

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Cine Nomine, Fair Play Production, Vamonos Films
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Clovis Cornillac
Scénario : Lilou Fogli, Clovis Cornillac, Tristan Schulmann
Montage : Jean-François Elie
Photo : Thierry Pouget
Décors : Pierre Quefféléan
Musique : Guillaume Roussel
Durée : 90 mn

Casting :
Clovis Cornillac : Machin
Mélanie Bernier : Machine
Lilou Fogli : Charlotte
Philippe Duquesne : Arthus
Grégoire Oestermann : Evguénie
Oscar Copp : Dan
Boris Terral : l’inconnu italien
Manu Payet : le caissier de Picard

LA TETE HAUTE : Emmanuelle Bercot, côté pile

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latetehauteafficheCatherine Deneuve dit peut-être parfois des conneries sur Dunkerque, mais quand même, quelle actrice ! J’aurais pu limiter ma critique de la Tête Haute à cette simple phrase, mais cela aurait été un crime vis-à-vis de la richesse de ce film. Si Emmanuelle Bercot a reçu une formidable récompense avec son prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes, il serait dommage d’oublier son éclatant talent de réalisatrice qu’elle démontre ici et qui avait valu à ce film de faire l’ouverture de ce même Festival de Cannes.

La Tête Haute rappelle forcément Mommy, avec cet adolescent incontrôlable et sujet à la violence et cette mère dépassée par les évènements. Mais les deux films ne parlent pas tout à fait de la même chose. Le film d’Emmanuelle Bercot reste avant tout un film social. Les personnages occupent tout de même une place centrale, mais le contexte dans lequel ils évoluent constitue plus qu’un décor. Il y a une réflexion sur le système de prise en charge et plus largement sur la manière dont toute la société fait face à ce genre de cas. Il n’y a ni gentils, ni méchants, seulement des êtres humains qui interagissent avec leurs motivations propres, que le film expose sans jugement. Le tout est traité avec beaucoup d’intelligence, de sensibilité et surtout à partir d’une narration qui entraîne définitivement le spectateur.

latetehauteJ’ai déjà cité la prestation tout simplement parfaite de Catherine Deneuve, pas besoin d’y revenir. Mais c’est vraiment tout le casting qui est à saluer, tout comme le travail de direction d’acteurs. Je trouve même Benoît Magimel très bon et convaincant, c’est dire ! Sara Forestier est elle aussi impressionnante, avec une vraie transformation physique. Mais c’est surtout la justesse du jeu des acteurs adolescents qui montre la qualité du travail accompli. Le jeune Rod Paradot est la vraie star de ce film et on peut déjà lui promettre un César du Meilleur Espoir Masculin. Quant au César du Meilleur Film, on en a connu des pires !

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Les films du Kiosque, France 2 Cinéma, Wild Bunch, Rhône-Alpes Cinema, Pictanovo
Réalisation : Emmanuelle Bercot
Scénario : Emmanuelle Bercot, Marcia Romano
Montage : Julien Leloup
Photo : Guillaume Schiffman
Décors : Eric Barboza
Distribution : Wild Bunch Distribution
Son : Pierre André, Séverin Favriau
Durée : 119 mn

Casting :
Rod Paradot : Malony
Catherine Deneuve : La juge
Benoît Magimel : Yann, l’éducateur
Sara Forestier : Séverine, la mère
Diane Rouxel : Tess
Elizabeth Mazev : Claudine

CONNASSE, PRINCESSE DES COEURS, GOOD KILL : Du bon version abrégée

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connasseprincessedescoeursBon, cela fait une semaine que je dois réécrire deux critiques que j’ai perdues suite à un bug informatique, et j’ai quand même la méga flemme. Mais faut vraiment que je m’y colle parce que sinon je vais prendre du retard. En plus, c’est deux films dont j’ai envie de dire du bien, alors ça me chagrine de manquer à ce point de courage. Pour tout de même surmonter ce manque de motivation, j’ai fait un deal avec moi-même et vous livrer mon propos en version raccourcie. On m’a dit récemment que mes critiques étaient parfois un peu frustrantes parce que trop courtes… On verra plus tard pour y remédier (ou pas…).

On commence par Connasse, Princesse des Coeurs. Un film que je ne me serais jamais imaginé aller voir et encore moins aimé. En effet, Camille Cottin me met beaucoup plus mal à l’aise qu’elle ne me fait rire à la télévision. Mail il est vrai, que la bande-annonce parvenait à faire envie et que les critiques étaient étonnament bonnes. Finalement, cela donne un « Borat » à la française, plutôt bien construit, où aucune situation ne s’éternise inutilement et qui arrive vraiment à créer un personnage très attachant, malgré son caractère insupportable. C’est drôle, sans être hilarant et sans jusqu’à aller parler de « suspense », on se demande quand même où cela va nous mener. Bref, un passage étonnament réussi sur grand écran.

goodkillafficheOn poursuit avec Good Kill, un film qui nous plonge au cœur de la guerre menée par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan… mais vu derrière un écran et un joystick depuis Las Vegas. En effet, ce film nous parle des pilotes de drônes qui font la guerre avec des horaires de bureaux. Après Demineurs et American Sniper, on découvre une nouvelle facette de l’impact que peuvent avoir ces conflits d’un nouveau genre sur ceux qui les vivent. Ce film rappelle avec force que même si le missile est lancée à des milliers de kilomètres de distance, il n’en reste pas moins des morts à l’arrivée et des hommes qui doivent vivre avec la culpabilité de les avoir provoqués. Et rentrer chaque soir retrouver bobonne n’y change rien. Le film est peut-être parfois un peu répétitif, mais le propos est salutaire, très bien construit et parfois passionnant. Il s’agit avant tout d’un film de personnages et ceux-ci sont marquants, aider par le talent de leurs interprètes, Ethan Hawke en premier lieu. Un film fort qui méritait mieux qu’un passage finalement assez discret sur nos écrans.

LES NOTES :

CONNASSE, PRINCESSE DES COEURS : 12,5

GOOD KILL : 14

CONNASSE, PRINCESSE DES COEURS
Fiche technique :
Production : LGM productions, Les productions de la connasse, Gaumont, Silex films, TF1 Films Production
Distribution : Gaumont Distribution
Réalisation : Eloïse Lang, Noémie Saglio
Scénario : Eloïse Lang, Noémie Saglio
Montage : Sandro Lavezzi
Photo : Thomas Bremond
Musique : Fred Avril
Durée : 80 mn

Casting :
Camille Cottin : La Connasse

GOOD KILL
Fiche technique :
Production : Voltage pictures, Dune films, Sobini films
Distribution : La Belle Company
Réalisation : Andrew Niccol
Scénario : Andrew Niccol
Montage : Zach Staenberg
Photo : Amir Mokri
Décors : Guy Barnes
Musique : Christophe Beck
Directeur artistique : Robert Scoville
Durée : 102 mn

Casting :
Ethan Hawke : Tom Egan
January Jones : Molly Egan
Zoë Kravitz : Vera Suarez
Jake Abel : Zimmer
Peter Coyote : Langley
Bruce Greenwood : Jack Jones

LE LABYRINTHE DU SILENCE : Affronter le passé

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lelabyrinthedusilenceafficheSavoir affronter sa propre histoire sur grand écran n’est pas donné à tous les pays. Les Etats-Unis le font depuis longtemps avec un brio qui a succédé au récit hypocrite d’une conquête de l’Ouest idéalisée. La France s’est engagée timidement sur ce chemin, avec des films comme Indigènes, la Rafle ou l’Ennemi Intime. L’Allemagne aussi a pris le même chemin qu’on imagine évidemment douloureux quand on connaît le rapport difficile de cette nation avec son passé. Cette psychothérapie collective avait pour l’instant surtout porté sur la réunification à travers de films à succès comme Goodbye Lenin ou la Vie des Autres. Elle s’attaque cette fois à un sujet beaucoup plus lourd avec le Labyrinthe du Silence, qui nous raconte comment un jeune juge à forcer tout un pays à regarder en face les crimes commis par certains de ces concitoyens.

Le Labyrinthe du Silence aurait pu se heurter aux mêmes limites et aux mêmes critiques que celles qu’a pu connaître un film comme la Rafle en son temps. En effet, l’histoire est romancée, personnalisée, dramatisée au tour de destins individuels quand la problématique concerne tout un peuple. Certes, on a envie d’être exigeant concernant le fond d’un film comme celui-là. Cependant, il ne faut jamais perdre de vue qu’il ne s’agit que d’une fiction, pas d’un documentaire. Pour le passionné d’histoire que je suis, il a soulevé au moins autant de questions qu’il n’a apporté de réponses. Mais n’est-ce pas là la preuve que le film fonctionne ?

lelabyrinthedusilenceD’un point de vue purement cinématographique, le Labyrinthe du Silence est simplement un bon film. Les éléments du récit se dévoilent progressivement avec un vrai sens de la narration qui maintient une tension constante. La réalisation est sobre, mais totalement au service de l’histoire. L’interprétation est impeccable, avec un très beau duo formé par Alexander Fehling et Friedierike Becht. Bref, on s’intéresse à l’histoire et donc au sujet qu’il traite. En ayant pleinement conscience de ses limites en tant que fiction, le film pousse à creuser le sujet, à en savoir plus, à avoir un point de vue d’historien qu’une production cinématographique ne peut de toute façon pas apporter. Il est sans doute dommage qu’une partie du public s’arrête à cette vision fictionnelle. Mais il serait injuste de condamner le film pour cela et surtout d’oublier que ce qu’il apporte vaut déjà inifiment mieux qu’une désespérante ignorance.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Giulio Ricciarelli
Scénario : Elisabeth Bartel et Giulio Ricciarelli
Costumes : Aenne Plaumann
Photographie : Roman Osin
Son : Günther Gries
Montage : Andrea Mertens
Musique : Sebastian Pille
Production : Jakob Claussen et Ulrike Putz
Distribution : Universal Pictures (Allemagne)
Genre : Drame historique
Durée : 120 minutes

Casting :
Alexander Fehling : Johann Radmann
André Szymanski : Thomas Gnielka
Friederike Becht : Marlene
Johannes Krisch : Simon Kirsch
Johann von Bülow : Otto Haller
Gert Voss : Fritz Bauer

AVENGERS 2 : L’AGE D’ULTRON : Un bon best of, pas un grand album

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avengers2affichePremière levée Marvel de l’année, avant Ant-Man et le reboot des 4 Fantastiques, et sûrement la plus attendue (les deux autres font un peu peur à vrai dire). Avengers 2 – L’Ere d’Ultron avait la lourde tâche de venir après un premier volet très réussi, alliant succès commercial et critiques. Mais quand on rassemble les plus grands super-héros dans une même équipe, une équipe occupée régulièrement à sauver le monde des pires menaces, on ne recule pas devant un défi aussi insignifiant !

Avengers 2 – l’Ere d’Ultron confirme une nouvelle fois la qualité du travail d’adaptation de l’univers Marvel sur grand écran. Evidemment ce critère ne concerne que les lecteurs les plus assidus de comics, mais encore une fois, le scénario reprend beaucoup d’éléments fidèles à la bande-dessinée, tout en les revisitant et les modernisant quelque peu. Les fans les plus pointilleux noteront quand même quelques trahisons. A commencer par le titre, qui se réfère à une saga bien précise dont le scénario n’est pas vraiment l’adaptation. Et surtout, l’absence du personnage d’Hank Pym, l’inventeur d’Ultron dans le comics, qui ne sera d’ailleurs pas non plus Ant-Man dont il est pourtant logiquement la première incarnation. Bref, le commun des mortels s’en balance, mais l’amateur éclairé grogne un peu.

avengers2Cependant, il ne grogne pas longtemps, noyé sous le flots des scènes d’action spectaculaires qui s’enchaîne à vitesse grand V. C’est d’ailleurs là, la grande force de Avengers 2 – L’Ere d’Ultron. Le film va à l’essentiel. Un peu moins d’humour et de psychologie que dans le premier volet, mais avouons-le, on ne vient pas là pour ça. Mais c’est vrai que les meilleurs des films Marvel sont ceux qui savent ajouter un petit plus à l’action pure. C’est donc là aussi, la plus grande limite de ce film qui ne nous réserve de plus pas vraiment de morceau de bravoure vraiment inoubliable et porteur d’une vraie idée originale. Beaucoup de scènes terriblement spectaculaires, mais qui se ressemblent quelque peu et nous rappellent la scène finale du premier volet. Ce film ressemble donc à une sorte de compilation du meilleur des films Marvel. Mais on sait bien que les artistes deviennent légendes par de grands albums, pas à travers leur best of.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Marvel Studios
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Réalisation : Joss Whedon
Scénario : Joss Whedon, d’après les comics de Stan Lee et Jack Kirby
Montage : Jeffrey Ford, Lisa Lassek
Photo : Ben Davis
Décors : Charles Wood
Musique : Danny Elfman, Brian Tyler
Durée : 141 mn

Casting :
Robert Downey Jr : Tony Stark, Iron Man
Scarlett Johansson : Natasha Romanoff, Black Widow
Chris Evans : Steve Rogers, Captain America
Chris Hemsworth : Thor
Mark Ruffalo : Bruce Banner, The Hulk
Jeremy Renner : Clint Barton, Hawkeye
Idris Elba : Heimdall
Paul Bettany : Jarvis, La vision
Aaron Taylor-Johnson : Quicksilver