
A la Poursuite de Demain reprend un thème assez classique dans la science-fiction et de la fantasy. Un jeune homme, ou plutôt une jeune fille dans le cas présent, appelé à un grand destin (en gros, sauver le monde), alors que rien ne l’y a jamais préparé. Cela a donné par exemple le très moyen Jupiter de Andy et Lana Wachowski plus tôt cette année. Mais quand ces derniers s’enferment dans un cinéma du toujours plus spectaculaire, espérant ainsi retrouver le souffle magique qui les avait habité pour Matrix, Brad Bird nous rappelle ici de manière assez magistrale ce qui fait un grand film : un bon scénario et de bons personnages. Le reste n’est que décor et accessoire…

Mais un film d’aventures ne veut pas dire un clip vidéo ou un déluge d’effets spéciaux. La réalisation de Brad Bird est sobre, totalement au service de son histoire. Certes, quand elle a besoin d’un décor spectaculaire, il y met les moyens, mais cela reste toujours un moyen, jamais une fin. On retiendra notamment un joli moment de bravoure mettant en scène notre Tour Eiffel nationale. Les quelques scènes d’action sonnent plus comme de courts intermèdes au sein d’une intrigue qui elle prend son temps pour avancer. La bande-annonce pouvait d’ailleurs donner une fausse idée de ce qu’est A la Poursuite de Demain. On est là totalement à contre-courant d’un Jurassic World qui tombe quant à lui tête la première dans une course au « toujours plus » qui n’a jamais empêché de produire un navet. Et c’est vraiment tant mieux !
Pour finir, ce qui fait vraiment de A la Poursuite de Demain un vrai délice cinématographique, ce sont ses personnages. Les quatre figures principales sont immédiatement terriblement attachantes (enfin pour le « méchant », c’est évidemment plus ambigu). Cela nous plonge au cœur de l’histoire, nous permet de nous l’approprier de manière quasi instantanée, pour ne jamais en ressortir. Bien sûr, les quatre acteurs sont à saluer en premier lieu. Honneur aux deux jeunes filles, Britt Robertson et Raffey Cassidy, absolument épatantes! Hugh Laurie passe avec bonheur du petit au grand écran, sans jamais tomber dans un cabotinage qui lui tendait pourtant les bras. Quand à George Clooney… Bref George Clooney.
Et pour ainsi dire, bref, Brad Bird !
LA NOTE : 15,5/20

Pour les nouvelles idées, on repassera. Allez, je suis sévère, il y en a quelques unes et même des bonnes. Mais tout de même, le fil rouge principal, la création d’un super tyrannosaure, ne permet pas vraiment de renouveler le concept. Et à côté de ça, on a trop souvent l’impression de vivre un recyclage en règle de tout ce que nous avait offert les trois premiers épisodes. En gros, on fait pareil, mais avec plus de tout, et notamment plus de dents… Franchement, ce n’était pas la peine de remettre le couvert après tant d’années pour nous resservir autant d’éléments qui sentent le réchauffé.
Mais… parce qu’il y a pour moi deux « mais » qui, sans gâcher mon plaisir, m’ont empêché de tomber dans l’enthousiasme complet qui aurait pu faire de Mad Max : Fury Road un vrai film culte. Déjà, si j’ai souligné que la narration allait droit au but, ce qui est plutôt une qualité en soi, il n’empêche qu’elle ne prend pas le temps du coup de donner la moindre épaisseur aux personnages. Du coup, notre attachement est extrêmement limité et c’est avant tout le spectacle pyrotechnique qui nous fait vibrer, bien sûr que la mise en danger des protagonistes. Ensuite, si le spectacle est assez incroyable pendant deux heures… il est relativement répétitif… Ce n’est pas vraiment qu’on se lasse, mais on finit par sombrer dans une sorte de routine, certes terriblement excitante, mais une routine quand même.
La réalisation de Stéphane Brizé est d’une grande sobriété. Ceci n’est ni un vice, ni une vertu en soi, mais ce choix, s’il permet au film de ce focaliser sur son propos, rend d’autant plus exigeant sur le reste. La performance des seconds rôles, alors qu’ils sont interprétés en grande majorité par des comédiens non professionnels, montre bien la qualité de la direction d’acteurs. Au-delà de ça, La Loi du Marché reste un remarquable témoignage, décrivant de manière minutieuse la violence des petites humiliations que la situation de chômeur impose. C’est sur ce plan-là que le film mérite tout le bien qui en a été dit. Cependant, j’ajouterai que l’absence d’une vraie conclusion limite le film à sa dimension descriptive.
Le cinéma d’Arnaud Desplechin place toujours ses personnages au centre de ses œuvres parce qu’ils constituent un sujet en eux-mêmes. Paul et Esther forment un couple exceptionnel. Vous aurez bien du mal à vous identifier à eux, mais ils valaient bien un film. Trois Souvenirs de ma Jeunesse est sublimée par une casting de jeunes acteurs vraiment formidable. Le duo forme par Quentin Dolmaire et Lou Roy Lecollinet est étonnamment crédible dans des rôles loin d’être évidents, où ils auraient vite pu rendre leurs personnages antipathiques. Il n’en est rien, bien au contraire, et cela donne un très beau moment de cinéma, porté par une réalisation élégante et subtile qui retranscrit parfaitement à l’écran toutes les dimensions du sentiment amoureux.
Si le point de départ est déjà original en lui même, c’est son traitement aussi qui est à saluer. On pouvait vraiment craindre une certaine paresse de la part de Clovis Cornillac, dont c’est le premier film. Allez certes, il cabotine un peu et à un peu de mal à se diriger lui-même, mais il arrive à donner à Un Peu, Beaucoup, Aveuglément un équilibre, un souffle, un sens de la narration qui nous font croire à ce point de départ pourtant improbable. Il rend les deux personnages particulièrement attachants, ce qui est se révèle totalement indispensable dans une comédie romantique. Il ne néglige pas non plus les très bons personnages secondaires (Manu Payet dans un caméo génial!) qui viennent enrichir le tout. Bref, ça fonctionne à la perfection, ça nous arrache pas mal de sourires, cherche à nous raconter quelque chose plutôt que de faire de l’humour pour de l’humour. Et ça nous touche. En tout cas, moi, ça m’a touché en plein cœur…
J’ai déjà cité la prestation tout simplement parfaite de Catherine Deneuve, pas besoin d’y revenir. Mais c’est vraiment tout le casting qui est à saluer, tout comme le travail de direction d’acteurs. Je trouve même Benoît Magimel très bon et convaincant, c’est dire ! Sara Forestier est elle aussi impressionnante, avec une vraie transformation physique. Mais c’est surtout la justesse du jeu des acteurs adolescents qui montre la qualité du travail accompli. Le jeune Rod Paradot est la vraie star de ce film et on peut déjà lui promettre un César du Meilleur Espoir Masculin. Quant au César du Meilleur Film, on en a connu des pires !
On poursuit avec Good Kill, un film qui nous plonge au cœur de la guerre menée par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan… mais vu derrière un écran et un joystick depuis Las Vegas. En effet, ce film nous parle des pilotes de drônes qui font la guerre avec des horaires de bureaux. Après Demineurs et American Sniper, on découvre une nouvelle facette de l’impact que peuvent avoir ces conflits d’un nouveau genre sur ceux qui les vivent. Ce film rappelle avec force que même si le missile est lancée à des milliers de kilomètres de distance, il n’en reste pas moins des morts à l’arrivée et des hommes qui doivent vivre avec la culpabilité de les avoir provoqués. Et rentrer chaque soir retrouver bobonne n’y change rien. Le film est peut-être parfois un peu répétitif, mais le propos est salutaire, très bien construit et parfois passionnant. Il s’agit avant tout d’un film de personnages et ceux-ci sont marquants, aider par le talent de leurs interprètes, Ethan Hawke en premier lieu. Un film fort qui méritait mieux qu’un passage finalement assez discret sur nos écrans.
D’un point de vue purement cinématographique, le Labyrinthe du Silence est simplement un bon film. Les éléments du récit se dévoilent progressivement avec un vrai sens de la narration qui maintient une tension constante. La réalisation est sobre, mais totalement au service de l’histoire. L’interprétation est impeccable, avec un très beau duo formé par Alexander Fehling et Friedierike Becht. Bref, on s’intéresse à l’histoire et donc au sujet qu’il traite. En ayant pleinement conscience de ses limites en tant que fiction, le film pousse à creuser le sujet, à en savoir plus, à avoir un point de vue d’historien qu’une production cinématographique ne peut de toute façon pas apporter. Il est sans doute dommage qu’une partie du public s’arrête à cette vision fictionnelle. Mais il serait injuste de condamner le film pour cela et surtout d’oublier que ce qu’il apporte vaut déjà inifiment mieux qu’une désespérante ignorance.
Cependant, il ne grogne pas longtemps, noyé sous le flots des scènes d’action spectaculaires qui s’enchaîne à vitesse grand V. C’est d’ailleurs là, la grande force de Avengers 2 – L’Ere d’Ultron. Le film va à l’essentiel. Un peu moins d’humour et de psychologie que dans le premier volet, mais avouons-le, on ne vient pas là pour ça. Mais c’est vrai que les meilleurs des films Marvel sont ceux qui savent ajouter un petit plus à l’action pure. C’est donc là aussi, la plus grande limite de ce film qui ne nous réserve de plus pas vraiment de morceau de bravoure vraiment inoubliable et porteur d’une vraie idée originale. Beaucoup de scènes terriblement spectaculaires, mais qui se ressemblent quelque peu et nous rappellent la scène finale du premier volet. Ce film ressemble donc à une sorte de compilation du meilleur des films Marvel. Mais on sait bien que les artistes deviennent légendes par de grands albums, pas à travers leur best of.
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