DU NOUVEAU SOUS LE SOLEIL D’AFRIQUE DU SUD

espagneenfinale

espagneenfinaleLa Coupe du Monde en Afrique du Sud s’achèvera donc par le couronnement d’une nation qui n’a encore jamais connu ce bonheur suprême. C’est un réel événement car le cercle des nations championnes du monde de football est un club très fermé, où les nouvelles admissions sont rares. Il aura fallu attendre 12 ans entre le premier sacre du Brésil en 1954 et celui de l’Angleterre en 66 et encore 12 avant que l’Argentine ne s’impose pour la première fois en 78. Ensuite, le club resta en l’état pendant 20 ans avant que la France n’y entre enfin en 98. 12 nouvelles années viennent donc de s’écouler avant qu’une place supplémentaire ne soit enfin accordée. Mais le sera-t-elle à l’Espagne ou aux Pays-Bas ?

 

L’événement est encore plus extraordinaire quand on réalise que l’Angleterre, l’Argentine et la France ont conquis leur premier titre à la maison, jouer à domicile constituant quand même un avantage non négligeable. C’est donc un véritable exploit que réalisera un des deux finalistes dimanche soir. Mais si j’ai longuement insisté tout au long de ce tournoi sur le resserrement des valeurs, le sacre des Espagnols ou des Pays-Bas constituera-t-il vraiment une révolution sur la planète football ?

 

Pour les Pays-Bas la réponse est clairement non. Le deuxième pays du fromage a déjà joué deux finales dont une, en 1974, qu’elle aurait du remporter si la noble incertitude du sport n’était pas parfois synonyme d’injustice. Les voir triompher ne serait que la réparation d’une aberration, même si l’équipe de cette année est loin d’être la plus belle que le football hollandais nous ait jamais proposé.

 

Pour l’Espagne, la réponse est moins tranchée. Pas tellement par rapport à la valeur historique du football espagnol, mais par rapport aux performances habituellement décevante de la sélection ibérique, qui n’avait encore jamais atteint la finale, ni même les demi-finales depuis 1950. Il y’a toujours eu un fossé immense entre le niveau de leurs clubs et celui de leur équipe nationale. Ceci tire ses racines de multiples facteurs liés à l’histoire du pays. Mais voir enfin les Espagnols devenir champion du monde constituerait peut-être une révolution dans l’histoire des équipes nationales, mais pas vraiment dans l’histoire du football dans sa globalité.

 

Mais encore une fois, que le meilleur gagne.

LA VIEILLE EUROPE VOUS SALUE BIEN !

allemagneargentinecm2010

allemagneargentinecm2010On l’annonçait moribonde, dépassée, vouée au déclin et à la défaite, éclipsée par la puissance de l’Amérique du Sud… Tous les journalistes étaient unanimes, Brésil-Argentine serait la finale rêvée ! La vieille Europe était aux fraises, rien ne pourrait plus la sauver. Sauf que, comme toute prédiction faite avec trop d’assurance, tout cela s’est révélé totalement faux et le vieux continent a prouvé à l’occasion des quarts de finale de la Coupe du Monde qu’il constituait encore bien le centre du monde footbalistique.

Le sport, et le football en particulier, a ceci de merveilleux qu’il est imprévisible et incertain, mais cela n’empêche en rien la plupart des commentateurs de lancer constamment des prévisions inéluctables et des certitudes inébranlables. Bon, Domenech l’a prouvé, parfois, tout se passe exactement comme on pouvait le prévoir, mais cela ne fait qu’équilibrer la manière dont Aimé Jacquet nous avait prouvé qu’il vaut mieux parfois savoir fermer sa gueule.

Cependant, ce flot de commentaires critiques envers les équipes européennes n’est pas non plus né de rien. Cette Coupe du Monde montre bien que si l’élite du football reste encore très européenne, le niveau se ressert et on peut s’interroger sur la pertinence de la répartition actuelle des équipes qualifiées pour la Coupe du Monde. Une sur deux venait d’Europe à l’entame de la compétition, elles ne furent plus que 6 sur 16 au moment des 8èmes. Voir le contingent européen réduit d’une ou deux unités refléterait sûrement mieux l’équilibre actuel des forces entre les différents continents.

Sans faire injure à l’Uruguay, dont la présence en demi-finale tient plus du miracle que de la valeur absolue, on peut raisonnablement penser que le prochaine champion du monde sera à nouveau européen… Sauf qu’évidemment, si je lance cette affirmation avec trop de certitude, je risque fort de me tromper. Je me contenterai donc d’un proverbial « que le meilleur gagne ! ».

INELUCTABLE VIDEO

angleterreallemange

angleterreallemangeVoici une merveilleuse invention que l’erreur d’arbitrage. Rien de mieux qu’une bonne bourde de l’homme en noir (qui n’est plus jamais de cette couleur soit dit en passant) pour alimenter des débats sans fin entre des gens qui, sans cela, n’auraient rien eu à se dire. Et je ne parle même pas de tous les journalistes qui dissertent dessus, trop heureux d’avoir un sujet tout cuit pour noircir du papier. Et depuis, hier cette frénésie est repartie de plus belle après les deux erreurs grossières qui ont faussé Allemagne-Angleterre et Mexique-Argentine.

Alors évidemment, les victoires de l’Allemagne et de l’Argentine ne sont en rien des vols sportifs. Il n’a y’eu de la part de ces deux équipes aucune tricherie délibérée (enfin les déclarations faites aujourd’hui par le gardien allemand ne sont pas vraiment en son honneur, si ce n’est le mérite de l’honnêteté quant à la malhonnêteté de la veille), c’est pourquoi je ne ferai pas de parallèle hasardeux avec la main de Thierry Henry. Mais bon, les Anglais et les Mexicains ont tout à fait le droit d’être furieux et de réclamer, en chœur avec une large majorité des amateurs de football, le recours à la vidéo pour les matchs de haut niveau.

Plus le temps passera, plus la position des instances dirigeantes du ballon rond deviendra intenable. Leurs arguments perdent, à chaque scandale de ce type, un peu plus de leur pertinence. Alors deux d’un coup… Le premier de ces arguments massue est l’université du football. Il est vrai, et je suis le premier à le rappeler sur ce site, que le football tient sa popularité unique du fait qu’il ne faut pas grand chose pour jouer au foot, un truc vaguement rond et deux bouts de bois pour faire les buts (dont on peut même éventuellement se passer). Alors oui, le football est LE sport universel inventé par l’homme.

Cependant, en matière d’arbitrage, l’égalité n’est déjà pas la règle. Tout d’abord, tous les matchs se déroulant chaque week-end sur notre planète ne disposent pas d’un homme dont le métier dans la vie est arbitre de football, avec deux arbitres assistants avec qui il fait équipe depuis de nombreuses années et un quatrième arbitre qui a le droit de brandir un beau panneau lumineux. Et quand on sait que la principale innovation proposée par la FIFA pour contrer la vidéo est le recours à deux arbitres supplémentaires placés derrière les buts (dispositifs qui ne pourra être appliqué qu’à haut niveau, vue la pénurie généralisée d’arbitres), on se dit qu’on est là devant un argument complètement bidon !

Le second l’est un peu moins, mais à peine. Il repose sur le fait que la vidéo n’éliminerait pas toutes les erreurs, voire en engendrerait de nouvelles. Avec LE contre-exemple du penalty accordé à la Norvège contre le Brésil en 98, où l’arbitre de champs avait effectivement raison contre l’impression laissée par les images du direct. Mais voilà, c’est comme le pauvre agriculteur de l’Ile de Ré que l’on ressort à chaque débat sur l’ISF, quand vous n’avez qu’un seul contre-exemple que vous ressortez invariablement depuis plus d’une décennies, c’est que votre argument est faible, très faible.

Enfin, le dernier, et sans doute le seul vraiment pertinent, est que le recours à la vidéo va hacher le jeu, quand le football est par essence le sport le plus fluide, celui où le temps de jeu réel est le plus important par rapport à la durée finale du match. Certes, on se doit de réfléchir avec soin sur les modalités exactes de son utilisation. Il y’a pour l’instant autant de propositions qu’il y’a de défenseurs du recours aux images pour aider l’arbitre de champs. Mais en s’interdisant toute expérimentation en la matière, la FIFA prouve que son opposition est une opposition de principe et qu’elle n’a aucune envie de voir se dérouler un essai concluant sur l’un ou l’autre des moyens d’intégrer la vidéo dans l’arbitrage.

La vidéo, on y viendra, c’est sûr. En attendant, bon nombres de cris d’injustice continueront de raisonner dans la gorge des supporters. Et bon nombres de pensées profondes continueront d’être échangées au café du commerce…

UN MONDE DE PLUS EN PLUS FOOT

usa8emes

usa8emesA quelques minutes du début de Uruguay-Corée du Sud, le premier 8ème de finale de cette Coupe du Monde, on peut déjà faire un petit bilan de cette compétition.

La grande leçon de cette phase de poules est le formidable resserrement des valeurs sur la planète football. Cela se situe dans le sens de l’histoire, mais on a vraiment l’impression qu’un palier a été franchi lors de cette compétition. La notion de petite équipe ou de tirage facile semblent être désormais à ranger aux oubliettes. Ce n’est évidemment pas la France et l’Italie qui diront le contraire, elles qu’on pensait être les plus gâtées par le tirage au sort.

Le football s’uniformise, c’est désormais évident. On peut d’ailleurs noter que la seule nation qui n’a pas du tout été au niveau, la Corée du Nord, est la seule à être renfermée sur elle même. Les compétitions de clubs permettent aux joueurs du monde entier de se rencontrer constamment tout au long de l’année. Cette Coupe du Monde n’a donc concerné quasiment que des joueurs habitués au niveau international et l’homogénéité de la compétition n’en a été que renforcée.

On peut cependant désigner un grand gagnant de ce premier tour, à savoir l’Amérique du Sud, qui place ces 5 représentants au deuxième tour, dont 4 ont fini premier de leur poule. Du coup, le monde se prend à rêver d’une finale Argentine-Brésil. Mais si l’Europe a connu des déceptions, elle peut compter sur le duo Pays-Bas et Espagne pour rivaliser avec les Sud-Américains sur la qualité du jeu proposé. Sur les résultats, ça, seule la suite de la compétition en décidera.

En 1998, les deux plus grandes puissances économiques mondiales, les Etats-Unis et le Japon, avaient fini dernières de la compétition. Cette année, ils joueront tous les deux les 8ème de finale. C’était déjà le cas en 2002, mais cela nous rapproche du jour où un pays ne faisant pas partie de l’élite historique du ballon rond sera sacré champion du monde. Ce ne sera peut-être pas pour cette fois, mais l’échéance est proche. Et si on évoque souvent la perspective qu’un pays africain remporte la compétition, le nouvel ordre mondial qui s’annonce pourrait bien venir d’outre-Atlantique.

Mais là encore, seule la compétition nous donnera la réponse…

N’IMPORTE QUOI

roselynebachelot

roselynebachelotDans mon billet de mardi, je vous avais déjà fait part de mon agacement face aux réactions ridiculement auto-satisfaites des journalistes et autres consultants à qui on demandait leur avis sur le fiasco des Bleus en Afrique du Sud. Mais lorsque j’ai écrit ces lignes, j’étais encore loin de me douter de l’ampleur que tout cela allait prendre, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. C’est tout simplement un grand n’importe quoi, un n’importe quoi qui repousse les frontières du n’importe quoi. Bref un n’importe quoi qui a engendré un autre n’importe quoi…

Que Nicolas Sarkozy s’agite dans tous les sens, annule des réunions de préparation du G20 pour recevoir Thierry Henry, personne n’est dupe, c’est surtout pour détourner l’attention médiatique de la grogne sociale sur les retraites. Quant à la sortie de Roselyne Bachelot à l’Assemblée, qui semblait prête à ressortir la guillotine, on a touché là des sommets de… n’importe quoi… Oui, bon je sais, ça fait déjà de nombreuses fois que j’emploie cette expression dans ce billet, mais c’est vraiment celle qui résume le plus parfaitement ce que je pense de la réaction des uns et des autres.

Que les journalistes soient prêts à raconter tout et n’importe quoi pour faire vendre du papier, ce n’est pas nouveau non plus. J’aimerais bien en entendre certains rappeler que toute la merde autour d’Anelka est née de la une de l’Equipe rapportant des propos passablement déformés. Il faut relire à quel point l’article est bourré de certitudes, comme si le journaliste avait été lui-même dans le vestiaire à ce moment-là. On ne saura jamais ce qui s’est réellement passé dans cette équipe au quotidien, dans l’intimité. Mais je reste persuadé que dans tout ce qu’affirment les commentateurs avec une violence inouïe et aucune remise en question, il y’a une large part de fantasme.

Encore une fois, je ne vais pas user mon clavier à parler de tout ça. Ca serait faire trop d’honneur à tous ceux qui cherchent avant tout à se faire mousser. Le seul moyen d’améliorer l’image et l’ambiance en Equipe de France est de lui faire retrouver des résultats à hauteur de la qualité des joueurs qui la composent. Laurent Blanc est là pour ça, faisons lui confiance pour réussir. Quant au fonctionnement de la fédération, il était le même en 98… Les jours d’Escalettes à la tête de cette institution presque centenaire sont comptés. Après qu’il parte demain ou en décembre, cela ne changera pas la face du football français, juste un peu l’épaisseur du ridicule dans lequel il se complet depuis quelques jours.

Les réflexions de fond ne se font pas à chaud. Par contre, les candidatures spontanées pour un poste à la fédération, visiblement oui…

TOURNER LA PAGE

franceafriquedusudcm2010

franceafriquedusudcm2010« Le calice jusqu’à la lie » est l’expression toute faite qui vient à l’esprit en pensant à ce France-Afrique du Sud. Le miracle n’a évidemment pas eu lieu, mais la défaite et la manière dont elle est intervenue rajoute plusieurs couches au parcours abracadabrantesque de l’Equipe de France. Mais on sait très bien qu’en football comme ailleurs la chance et la réussite se provoquent et l’ensemble des acteurs de cette histoire n’ont jamais fait quoique ce soit pour qu’elles soient de notre côté.

Même si elle a commencé depuis quelques jours, la chasse aux responsables va désormais occuper le champs médiatique. En écrivant ces lignes, je regarde l’émission de TF1 qui suit ce match. Et là, on se dit qu’entre juge et accusé, la différence est parfois ténue. C’est un festival de « moi, je l’ai toujours dit… ». Combien même c’est vrai, l’humilité est visiblement une qualité partagée par personne.

Alors du coup, je vais m’abstenir d’écrire l’article que j’avais l’intention d’écrire, tourner la page, savourer le reste de cette Coupe du Monde et attendre Laurent Blanc.

RECOLTER CE QUE L’ON A SEME

francemexique

francemexiqueAllez avouons-nous le. On y croyait ! On se disait qu’il y’avait bien un moment où tout cela allait s’arrêter, qu’on allait se réveiller d’un cauchemar irrationnel. Tout cela durait depuis si longtemps, était si incompréhensible que cela paraissait irréel. Tout cela avait assez duré, les joueurs, au vu de l’enjeu, allait mettre fin à la plaisanterie. Ils jouaient si mal qu’on se demandait s’ils ne le faisaient pas exprès. Si c’était le cas, c’est donc qu’ils avaient le pouvoir de jouer mieux. Il suffisait juste de le vouloir. On y croyait…

L’Equipe de France n’a livré aucun match réellement satisfaisant depuis septembre 2006, et une victoire contre l’Italie. Cela remonte à près de 4 ans, 4 ans pendant lesquels les Bleus se sont englués dans des problèmes d’organisation aussi bien offensive que défensive. Domenech avait beau changer les joueurs, les schémas de jeu, rien n’y a fait, la lumière n’est jamais venue et va nous conduire tout droit au désastre qui de dessine très nettement désormais.

On y croyait parce que les miracles en football existent. La France en 2006 en fut la preuve éclatante. Des collectifs qui naissent à partir de rien, le temps d’une compétition, où des joueurs moyens deviennent des génies, où des entraîneurs médiocres deviennent de fins tacticiens. Mais les miracles ont beau exister, ils restent des miracles, c’est à dire des évènements rares. Ils sont l’exception, pas la règle. Alors, oui, nous avions raison d’y croire, mais au final, c’est la logique qui va triompher.

C’est nulle la logique. C’est triste, ça n’a aucune imagination. Ca ne fait pas rêver, ça ne déçoit même pas vraiment. Nous étions bien naïfs de croire que les Bleus allaient d’un coup réussir ce qu’ils échouent à réaliser depuis 4 ans. Mais le football n’est qu’un jeu après tout. Alors nous aurions bien tort de nous interdire une douce naïveté enfantine.

Cette même naïveté qui pourrait nous faire encore espérer que tout est possible ? Ou enfin bon, faut pas non plus confondre naïveté et aveuglement…

PREMIER BILAN

espagnesuisse

espagnesuisseVoilà, toutes les équipes engagées dans cette Coupe du Monde ont joué leur premier match. A l’heure où j’écris ces lignes, l’Afrique du Sud et l’Uruguay ont même attaqué leur deuxième. Bien sûr, la compétition est encore longue, mais on peut essayer de tirer quelques premières conclusion.

Pour commencer, une remarque générale sur le jeu pratiqué par les 32 équipes. Certes, il n’y eu pour l’instant que peu de grands moments enthousiasmants et surtout assez peu de buts. Mais cela n’est guère étonnant, car c’est souvent le cas à l’entame d’une telle compétition. L’ensemble des sélections sont arrivées préparées physiquement et les différences ne peuvent encore vraiment se faire à ce niveau là. Et puis, la formule de la compétition avec seulement trois matchs pour faire la différence n’incite pas à prendre beaucoup de risques, les conséquences d’une défaite étant lourdes, vu qu’il n’y a ensuite que deux matchs pour se rattraper. Au troisième match, l’enjeu immédiat et les différences de conditions physiques devraient nous permettre de voir bien plus souvent trembler le filets.

Parmi les favoris, le bilan est contrasté. Le plus impressionnant fut de loin l’Allemagne qui a su marier le score et la manière. L’Argentine et les Pays-Bas ont gagné sans vraiment se faire peur, même si le jeu ne fut pas toujours enthousiasmant. Le Brésil quant à lui, vu le niveau de sa poule et son piètre niveau de jeu, peut se faire un peu de soucis. L’Angleterre, l’Italie et la France ont raté leur entrée avec un match nul qui ne compromet pas leurs chances de qualification, mais a donné quelques sueurs froides à leurs supporters. La grosse déception vient de l’Espagne, grand favori de la compétition, mais qui désormais devra faire mentir toutes les statistiques si elle veut l’emporter, et devenir ainsi le premier champion du monde à avoir perdu pour son entrée dans la compétition. Mais vu son niveau de jeu aujourd’hui, on ne doute pas de sa capacité à battre le Honduras et le Chili et se qualifier aisément.

La grosse déception vient d’Afrique. Si l’Afrique du Sud affiche un niveau de jeu bien supérieur à ce que l’on attendait, si la Côte d’Ivoire et le Ghana ont montré leur solidité, le Cameroun et l’Algérie ont profondément déçu. Deux défaites face à des nations largement à leur portée et qui rendent leur qualification pour le deuxième tour très hypothétique. Quant au Nigéria, il a échappé à un score écrasant grâce à son gardien et on peut douter que cela soit suffisant pour aller vraiment plus loin.

A l’inverse, le Japon et la Corée du Sud ont confirmé leur niveau affiché en 2002. Ils n’avaient pas confirmé quatre ans plus tard, mais il semblerait que, cette fois-ci, les progrès soient profonds et que leur présence au second tour va cesser de constituer de réelles surprises. Surtout que la Corée du Nord a surpris par son niveau de jeu, ce qui montre bien que c’est toute la confédération asiatique qui a progressé et qu’aucune équipe de seconde zone ne pourra plus s’y qualifier.

Maintenant, vivement la suite !

DANS LA TËTE A RAYMOND…

franceuruguay

franceuruguayOn n’a pas pris de but ! C’est merveilleux, fantastique, formidable, extraordinaire… On le sait bien, les équipes championnes du monde sont celles qui ont la meilleure défense. Aimé Jacquet a triomphé grâce à son bloc équipe, Domenech triomphera avec… bah, on ne sait pas trop en fait…

Plus sérieusement, si le match contre l’Uruguay n’a pas été le grand n’importe quoi que l’on pouvait craindre, il n’a pas non plus offert de solides raisons de se réjouir. On peut tout de même célébrer l’éclosion d’Abou Diaby qui semble s’être dessiné un avenir de titulaire dans cette compétition. Par contre, quand on réalise qu’il a pris la place du meilleur joueur français de la saison, à savoir Florent Malouda, on se réjouit déjà nettement moins. C’est simplement incompréhensible de le voir sur le banc alors que Sidney Govou est sur le terrain. Mais les voies du Raymond…

J’ai développé une théorie sur la psychologie de notre sélectionneur. Il aime tellement avoir raison contre tout le monde, qu’il fait exprès de faire l’exact opposé de ce que le bon sens et par la même occasion l’ensemble des amateurs de football pensent être la solution logique aux problèmes de l’Equipe de France. Mais Monsieur, quoiqu’il arrive, fera autrement, continuera à titulariser Nicolas Anelka qui refuse de remplir son rôle d’avant-centre et à faire rentrer Gignac à l’aile…

Inutile d’épiloguer, seule l’histoire, et accessoirement le Mexique et l’Afrique du Sud, décideront de qui avaient raison. Et j’espère sincèrement avoir tort…

C’EST BEAU UN MONDE QUI JOUE

coupedumonde2010

coupedumonde2010Demain commence un moment à part. Un moment qui revient tous les quatre ans pour un bon mois. Un mois d’émotions, de spectacle, de souvenirs à jamais gravés. Un mois de cris, de pleurs, de tremblement, d’espoirs, de déceptions, et surtout et avant tout de joie. Un mois pendant lequel le reste du monde s’arrête quelque peu de tourner pour laisser place au plaisir infantile, mais si humain, si pur, du jeu. Demain commence la Coupe du Monde de football.

J’aime le football passionnément, comme j’aime le cinéma. Si je devais choisir l’un ou l’autre, ce serait le pire des déchirements. Ils sont à la fois très différents, mais aussi terriblement similaires. Ils ont tous les deux leurs héros, leurs mythes, leurs gentils, leurs méchants, leurs drames et leurs happy-ends. Ce sont deux spectacles dont les acteurs maîtrisent leur gestuelle pour transmettre une émotion. Ce sont surtout deux vecteurs de rêve et d’évasion à nul autre pareil.

Il n’y a rien de plus universel que le football. Partout dans le monde, même dans les coins les plus reculés, vous pouvez parler football. Qu’importe alors les différences culturels, la barrière de la langue, vous parlerez alors le même langage. Pendant un mois, l’humanité entière va se retrouver autour d’un poste de télé ou de radio pour célébrer cette Coupe du Monde, la première sur le continent africain. Le ballon de football est rond, comme l’est notre monde.

Alors évidemment, il ne tourne pas toujours si rond que ça. Il y’a naturellement tous les intéressés pour faire fructifier sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes l’enthousiasme innocent des amateurs de football. Bien sûr, il y’a tous ceux qui transforment cette enthousiasme en une haine et une violence qui n’a parfois pas de limite. Mais tout cela n’est qu’une goutte d’eau au milieu de l’océan des millions de matchs qui se déroulent chaque week-end pour le simple amour du jeu. Une goutte d’eau grossie à l’infini par la loupe médiatique qui ne fera jamais sa une sur le match entre copains, poteaux de but en blouson, où le père qui emmène son fils pour la première fois au stade.

Le monde entier se retrouvera donc en Afrique du Sud. Enfin presque, 32 nations sur les 200 que compte notre planète. Mais aucune compétition ne rassemble une telle diversité pour un même jeu. L’athlétisme est le seul sport qui peut se targuer d’un tel universalisme, mais cela n’est déjà plus vrai si on le considère épreuve par épreuve. Il faut peu de chose pour jouer au football. Même le ballon n’est pas un dispensable, une canette vide peut faire l’affaire. Qu’on soit riche ou pauvre, qu’on soit deux ou cinquante, qu’on soit petit ou grand, qu’on soit noir ou blanc, on peut jouer au football où que l’on soit. C’est ce qui fait la force du football et explique l’amour irrationnel que l’humanité lui porte.

Demain commence la Coupe du Monde de football. Alors oui peut-être que je maudirais quelques Italiens, que je jalouserais les Espagnols, que je souhaiterais bien du mal aux Anglais, tranchant avec le discours de fraternité universelle que j’ai l’air de tenir. Comme les meilleurs films, le football a besoin de quelques méchants et l’enthousiasme aidant, on se retrouve souvent à renier ses beaux principes et ses belles postures intellectuelles. Mais ce n’est qu’un jeu, alors une fois le spectacle terminé, on sort et on reprend une activité normale.

Demain commence la Coupe du Monde de football. Que le spectacle soit beau ! Que la fête soit belle ! Que le meilleur gagne…ou à défaut la France !