TERMINATOR GENISYS : Le grand recyclage

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terminatorgenisysafficheComme je disais l’autre jour, il y a des films dont on attend beaucoup et qui sont juste géniaux, à l’image de Vice-Versa. Malheureusement, il existe l’exact symétrique, c’est à dire les films dont on n’attend rien et qui sont juste terriblement médiocres. C’est le cas de Terminator Genisys qui occupera une place de choix dans le panthéon des suites en mal d’inspiration. Un film qui arrive à être à la fois un reboot, un remake et une suite. Bref un grand recyclage à l’intérêt écologique limité néanmoins.

Terminator Genisys, par un tour de passe-passe scénaristique à base de lignes temporelles alternatives, arrive à justifier le fait de réexploiter à peu près toutes les idées des trois premiers épisodes, à nous faire revivre des événements largement similaires et à nous livrer un plat qui sent passablement le réchauffé. A côté de ça, le film nous propose bien quelques idées nouvelles, quelques nouveaux concepts. Mais leur exploitation est souvent maladroite, même si certains sont assez sympathiques. Bref, l’impression d’assister à une vaste escroquerie cinématographique n’est absolument pas compensée par ces quelques nouveautés.

terminatorgenisysDans les rares raisons de se réjouir, figure, malgré ce qu’on pouvait craindre, l’éternel Arnold Schwarzenegger. Trop vieux pour le rôle ? Le scénario arrive justement à utiliser les années qui ont passé de manière assez intelligente et nous offre sûrement l’aspect le mieux réussi de Terminator Genisys. On pourra aussi saluer la prestation convaincante de Emilia Clarke, que les fans de Game of Thrones connaissent bien. Par contre, celle de Jai Courtney est bien fade. Comme l’est ce film, parmi les plus inutile jamais tourné.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Production : Skydance Productions, Paramount Pictures
Distribution : Paramount Pictures
Réalisation : Alan Taylor
Scénario : Laeta Kalogridis, Patrick Lussier
Montage : Roger Barton
Photo : Kramer Morgenthau
Décors : Neil Spisak
Musique : Lorne Balfe
Effets spéciaux : ILM
Durée : 126 mn

Casting :
Arnold Schwarzenegger : Guardian
Jason Clarke : John Connor
Emilia Clarke : Sarah Connor
Jai Courtney : Kyle Reese
J.K. Simmons : O’Brien
Dayo Okeniyi : Danny Dyson
Courtney B. Vance : Miles Dyson
Matt Smith : Alex
Byung-hun Lee : Flic, T-1000

COMME UN AVION : Larguez les amarres !

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commeunavionafficheQui n’a jamais rêvé de tout laisser tomber, son boulot, son quotidien et même son couple, pour partir à l’aventure ? Une aventure qui ne nous emmène pas forcément à l’autre bout du monde, mais à faire plus simplement du kayak sur une rivière tout près de chez soi, jusqu’à atteindre la mer. C’est le rêve qui un jour germe dans la tête du personnage principal de Comme un Avion, le nouveau film de Bruno Podalydes. Une fable humaniste et joyeuse tout à fait réjouissante !

Comme un Avion est à la fois tendre et drôle. Tendre envers ses personnages tous un peu perchés, mais tous terriblement attachants ! Bruno Podalydes arrive à créer des protagonistes dont le vrai grain de folie fait qu’ils ressemblent rarement globalement à des gens que l’on connaît (même si je connais quand même beaucoup de gens qui ont un grain…), mais qui présentent des forces et des faiblesses qui sont celles de tout à chacun. On arrive donc à s’identifier malgré tout au propos de ce film qui donne envie, comme son personnage principal, de larguer les amarres quelques temps.

Comme un Avion est aussi très drôle. On rit vraiment, de vrais fous rires francs et massifs. Le film est aussi parcouru par un humour situationnel constant, plus subtil, mais tout aussi efficace. Bref, le ton est léger, avec de vraies fulgurances comiques. Du coup, le sourire ne quitte jamais le visage d’un spectateur vraiment ravi !

commeunavionComme un Avion se démarque aussi par la forme. En effet, Bruno Podalydes fait preuve d’une véritable imagination visuelle pour illustrer son propos. Cela contribue à l’ambiance un peu décalée de ce film. Cette créativité n’est jamais gratuite, elle est toujours là pour souligner un point précis, décupler un effet comique. Bref, un vrai travail de réalisateur.

Enfin, Comme un Avion, c’est un très beau casting. On passera vite sur les deux frères Podalydes, absolument parfaits dans des rôles écrits de toute façon pour eux-mêmes. Par contre, j’ai été personnellement agréablement surpris par la performance d’Agnès Jaoui dans un registre plus large et un peu différent de ce qu’elle nous propose d’habitude. Elle y est rayonnante et sensuelle et c’est un vrai régal. Un mot enfin sur la charmante Vimala Pons qui donne à son personnage une fraîcheur incroyable. Une fraîcheur qui parcourt tout ce film particulièrement réussi et donc particulièrement salutaire en ces temps de canicule.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Scénario : Bruno Podalydès
Photographie : Claire Mathon
Montage : Christel Dewynter
Son : Laurent Poirier, Nicolas Moreau et Cyril Holtz
Décors : Guillaume Deviercy
Costumes : Dorothée Guiraud
Société de production : Why Not Productions et France 3 Cinéma
Producteur : Pascal Caucheteux
Durée : 105 minutes

Casting :
Bruno Podalydès : Michel
Sandrine Kiberlain : Rachelle
Agnès Jaoui : Laetitia
Denis Podalydès : Rémi
Jean-Noël Brouté : Damien
Michel Vuillermoz : Christophe
Vimala Pons : Mila
Pierre Arditi : le pêcheur, sosie de Pierre Arditi
Noémie Lvovsky : la voisine de l’ascenseur
Stéphanie Cléau : la femme du jardin
Blutch : Bastien
Benjamin Lavernhe : Bernard
Leslie Menu : Annabella
Samir Guesmi : le livreur
Olivier Miconi : le trompettiste
Mehdi Djaadi : le vigile

VALLEY OF LOVE : Papys sans résistance

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valleyofloveafficheDécidemment, les papys du cinéma français font de la résistance. Après Catherine Deneuve éblouissante dans La Tête Haute, voici Gérard Depardieu et Isabelle Huppert en tête d’affiche de Valley of Love, nouveau film de Guillaume Nicloux. Un réalisateur à la filmographie plutôt éclectique, à qui on doit notamment le Poulpe et la Réligieuse (ce dont deux films différents…). Il signe là un film éclectique à lui tout seul. Et convaincant ? C’est déjà moins sûr !

Valley of Love aurait pu être un film assez classique sur le deuil et les restes d’amour et d’affection au sein de couples depuis longtemps séparés. L’originalité vient d’un point de départ quelque peu surprenant et d’un aspect ésotérique un peu déstabilisant. Tous ces aspects se mélangent, mais se superposent plus qu’ils ne se complètent. Il n’y a pas de synergie entre eux et le propos attise au mieux la curiosité, mais guère plus. Et la conclusion laisse quelque peu sur sa faim, du genre « tout ça, pour ça ».

valleyofloveValley of Love aurait pu au moins être l’occasion de s’extasier devant la qualité du jeu de deux monstres sacrés. Mais même pas… Faute à des rôles qui ne les poussent pas vraiment dans leurs derniers retranchements. Du coup, ils déroulent leur jeu avec maîtrise, et même un certain brio, mais sans qu’il y ait vraiment de quoi s’extasier. Bref, cela fait peu de raison pour aller voir un film, devant lequel notre curiosité nous empêche de vraiment nous ennuyer, mais dont on ressort plus déçu que satisfait.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Production : Les Films du Worso, LGM productions
Réalisation : Guillaume Nicloux
Scénario : Guillaume Nicloux
Montage : Guy lecorne
Photo : Christophe Offenstein
Décors : Olivier Radot
Distribution : Le Pacte
Durée : 91 mn

Casting :
Gérard Depardieu : Gérard
Isabelle Huppert : Isabelle
Dan Warner : Paul
Dionne Houle : une femme

MUSTANG : Ode à la liberté

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mustangafficheUne œuvre cinématographique peut être faite pour divertir, émouvoir, faire rire, informer, faire rêver… Et peut aussi porter un message fort, dénoncer les petits et les grands travers de notre monde et du genre humain. Quelque fois, elle peut faire tout cela (ou presque) à la fois. C’est le tour de force de Mustang, un des films les plus remarqués du dernier festival de Cannes, couronné par une Caméra d’Or (meilleur premier film) amplement méritée.

Mustang brille avant tout par le fond. Le propos présenté ici est d’une rare intelligence. Ce n’est pas un film à thèse, plutôt un témoignage sur une situation dont chacun pourra se faire une opinion… même si cette dernière sera vite vue pour toute personne un minimum saine d’esprit. Le film nous emmène au cœur de la Turquie où le poids des traditions va venir écraser le destin de cinq sœurs qui n’aspirent qu’au bonheur et à la liberté. A mon sens, Deniz Gamze Ergüven a fait un choix décisif et incroyablement pertinent en supprimant de son film quasiment toute référence à la religion. Il dénonce bien l’attitude d’une société toute entière, l’hypocrisie d’individus qui bénéficient pourtant de leur libre arbitre. En faisant ça, elle n’élude pas une part importante du problème, au contraire, elle se concentre sur l’essentiel pour frapper au cœur le spectateur.

mustangLa qualité de Mustang tient aussi par sa forme. Non pas tellement la réalisation qui est particulièrement sobre. On peut considérer que c’est ce qui manque à ce film, c’est un peu plus d’imagination visuelle pour prendre définitivement une dimension supplémentaire, mais on peut aussi considérer que cela aurait détourner le spectateur de l’essentiel. Par contre, la narration qui sous-tend le propos est elle absolument remarquable. Alternant les moments de joie, d’inquiétude et aussi quelques fois de profonde tristesse, le scénario n’est jamais misérabiliste, ne laisse jamais le pathos prendre le dessus. Les personnages sont parfaitement équilibrés pour que l’on sente bien à la fois le poids des choix individuels et ceux d’un poids social beaucoup plus larges. On peut certes distinguer des gentils et des méchants, mais au fond, le film nous montre bien qu’il n’y a avant tout que des victimes de traditions absurdes qui broient les rêves de bonheur de chacun, mais broiera la vie tout entière de quiconque voudra y échapper.

Mustang est aussi l’occasion de découvrir cinq jeunes actrices qui portent le film sur leurs épaules avec une force, un talent et une énergie assez incroyables. La synergie entre elles crée un attachement immédiat chez le spectateur, qui ressort de ce film le cœur plein de sentiments aussi forts que contraires. Un hommage particulier à la plus jeune d’entre elles, Gunes Nezihe Sensoy, formidable de la première à la dernière minute. Mais c’est bien tout ce film qui est formidable du début à la fin.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : CG Cinéma
Réalisation : Deniz Gamze Ergüven
Scénario : Deniz Gamze Ergüven, Alice Winocour
Montage : Mathilde Van de Moortel
Photo : David Chizallet, Ersin Gök
Distribution : Ad Vitam
Musique : Warren Ellis
Directeur artistique : Serdar Yemisci
Durée : 97 mn

Casting :
Güne Nezihe Şensoy : Lale
Do Zeynep Doğuşlu : Nur
Tu Sunguroğlu : Selma
Elit Iscan : Ece
Layda Akdoğan : Sonay
Nihal Kolda& : La grand-mère
Erol Afsin : Osman

VICE-VERSA : Génie en tête

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viceversaafficheJe parle souvent des films qu’on espérait géniaux et qui ne sont que bons et qui du coup nous déçoivent, ou à l’inverse des films dont on attendait rien et qui nous enthousiasment parce qu’ils se révèlent simplement meilleurs qu’espéré. Heureusement parfois, il y a des films dont on attend énormément et qui ont la simple et bonne idée d’y répondre. Tous les nouvelles productions issues des studios Pixar suscitent toujours une attente fébrile. Alors quand en plus la critique encense le film, on se rend au cinéma avec une gourmandise non feinte ! Au final, Vice-Versa comblera les plus grands appétits !

Vice-Versa est un vrai moment de bonheur cinématographique. C’est drôle, émouvant, intelligent et j’en passe. Allez, si je veux chercher la petite bête, je parlerais d’un moment un peu faible au milieu, quand il devient un simple film d’aventures un peu enfantin et perd de sa richesse. Mais ce léger trou d’air permet simplement à ce petit bijou de repartir de plus belle pour un final parfaitement réussi. Maîtrise de l’écriture et bien sûr maîtrise visuelle. Le style de Pixar est devenu un standard, mais un standard particulièrement élevé, avec toujours le même sens de l’esthétisme et une imagination toujours aussi foisonnante.

Vice-Versa est drôle, terriblement drôle… par moments, mais aux moments où il le faut. L’humour est ici au service d’une histoire beaucoup plus riche et non le but premier. Cependant, il y en a ici pour tous les goûts, des petites têtes blondes qui apprécieront les gags visuels cartoonesques et premier degré aux adultes exigeants qui saisiront les 256 degrés suivant dont l’humour de ce film est pourvu. Il y a bien plus d’un niveau de lecture de cette histoire qui déboussolera peut-être les plus petits, mais comblera vraiment toutes les autres générations. On a souvent dit ça des films de Pixar, mais cela prend ici une nouvelle dimension.

viceversaVice-Versa est émouvant, terriblement émouvant… par moments, mais aux moments où il faut. Emouvant parce qu’il parle de chacun de nous, de la façon dont nous fonctionnons. On se reconnaît forcément un peu dans ce tiraillement interne entre différentes émotions. On est aussi touché parce qu’on s’attache aux personnages… et aux personnages qui vivent au sein des personnages. Arriver à donner une personnalité propre à chacune des composantes d’une personnalité propre est le principal tour de force de ce film vraiment étonnant.

Vice-Versa est intelligent, terriblement intelligent… tout le temps, du début jusqu’à la fin. Il livre une réflexion sur l’être humain, sur la fin de l’enfance d’une rare pertinence. On peut toujours contester le fondement profond et scientifique de la conclusion, mais franchement, on est face à un film d’animation, pas d’une thèse en psychologie. La démonstration est assez convaincante pour se laisser convaincre. Elle est surtout enthousiasmante, vivifiante et magistrale !

A mettre devant tous les yeux !

LA NOTE : 16/20

Fiche technique :
Production : Pixar Animation Studios, Walt Disney Pictures
Réalisation : Pete Docter, Ronaldo Del Carmen
Scénario : Pete Docter, Meg LeFauve, Josh Cooley
Décors : Ralph Eggleston
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Musique : Michael Giacchino
Durée : 94 mn

Casting :
Amy Poehler : Joie
Mindy Kaling : Dégoût
Bill Hader : Peur
Phyllis Smith : Tristesse
Lewis Black : Colère
Diane Lane : la mère
Kyle MacLachlan : le père

A LA POURSUITE DE DEMAIN : Brad Bird, ce génie !

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alapoursuitededemainafficheParfois de très grands artistes ne sont pas reconnus à la juste valeur, car leur moyen d’expression ne bénéficie pas d’assez de considération pour cela. C’est le cas à mon sens de Brad Bird, qui a dirigé deux chefs d’œuvre du 7ème art, ayant connu un succès à la fois critique et commercial. Mais alors pourquoi tant d’indifférence ? Parce que ces deux grands succès, Les Indestructibles et Ratatouille, sont deux films d’animation, dont on retient généralement le nom du studio dont ils sont issus, très rarement le nom du réalisateur. Le voir passer à un film avec de « vrais » acteurs pouvait donc lui apporter enfin une reconnaissance amplement méritée. Malheureusement, A la Poursuite de Demain est en train de passer relativement inaperçu. Pourtant le talent est bel et bien là.

A la Poursuite de Demain reprend un thème assez classique dans la science-fiction et de la fantasy. Un jeune homme, ou plutôt une jeune fille dans le cas présent, appelé à un grand destin (en gros, sauver le monde), alors que rien ne l’y a jamais préparé. Cela a donné par exemple le très moyen Jupiter de Andy et Lana Wachowski plus tôt cette année. Mais quand ces derniers s’enferment dans un cinéma du toujours plus spectaculaire, espérant ainsi retrouver le souffle magique qui les avait habité pour Matrix, Brad Bird nous rappelle ici de manière assez magistrale ce qui fait un grand film : un bon scénario et de bons personnages. Le reste n’est que décor et accessoire…

alapoursuitededemainA la Poursuite de Demain nous propose une formidable histoire. Elle ne cherche pas à tout prix l’originalité, à choquer ou à provoquer un suspense insoutenable. Mais elle est tout simplement parfaitement construire, riche et jamais cousue de fil blanc. Le film délivre aussi un vrai message étonnement subtil et intéressant, quand le tout aurait pu sombrer particulièrement facilement dans une bouilli poético-écologiquo-ridicule. Il véhicule au contraire de vraies valeurs positives, sans pour autant tomber dans le bien pensant facile, sans alourdir son propos d’une guimauve écœurante. On en ressort donc avec un vrai sourire aux lèvres… tout en ayant quand même assisté à un vrai film d’aventures !

Mais un film d’aventures ne veut pas dire un clip vidéo ou un déluge d’effets spéciaux. La réalisation de Brad Bird est sobre, totalement au service de son histoire. Certes, quand elle a besoin d’un décor spectaculaire, il y met les moyens, mais cela reste toujours un moyen, jamais une fin. On retiendra notamment un joli moment de bravoure mettant en scène notre Tour Eiffel nationale. Les quelques scènes d’action sonnent plus comme de courts intermèdes au sein d’une intrigue qui elle prend son temps pour avancer. La bande-annonce pouvait d’ailleurs donner une fausse idée de ce qu’est A la Poursuite de Demain. On est là totalement à contre-courant d’un Jurassic World qui tombe quant à lui tête la première dans une course au « toujours plus » qui n’a jamais empêché de produire un navet. Et c’est vraiment tant mieux !

Pour finir, ce qui fait vraiment de A la Poursuite de Demain un vrai délice cinématographique, ce sont ses personnages. Les quatre figures principales sont immédiatement terriblement attachantes (enfin pour le « méchant », c’est évidemment plus ambigu). Cela nous plonge au cœur de l’histoire, nous permet de nous l’approprier de manière quasi instantanée, pour ne jamais en ressortir. Bien sûr, les quatre acteurs sont à saluer en premier lieu. Honneur aux deux jeunes filles, Britt Robertson et Raffey Cassidy, absolument épatantes! Hugh Laurie passe avec bonheur du petit au grand écran, sans jamais tomber dans un cabotinage qui lui tendait pourtant les bras. Quand à George Clooney… Bref George Clooney.

Et pour ainsi dire, bref, Brad Bird !

LA NOTE : 15,5/20

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, A113
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Réalisation : Brad Bird
Scénario : Brad Bird, Damon Lindelof
Montage : Walter Murch, Craig Wood
Photo : Claudio Miranda
Décors : Scott Chambliss
Musique : Michael Giacchino
Durée : 130 mn

Casting :
George Clooney : Frank Walker
Britt Robertson : Casey Newton
Hugh Laurie : Nix
Raffey Cassidy : Athena
Tim McGraw : Eddie Newton
Kathryn Hahn : Ursula

JURASSIC WORLD : Plus de dents, mais pas de mordant

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jurassicworldafficheIl nous avait manqués, les revoilà. Qui ?, me demandez-vous. Les dinosaures du Trias qui peuplent Jurassic Park (mais on n’en est plus à une approximation près) ! Cette fois, on change même de dimension, puisque le film nous emmène même carrément à Jurassic World. Tout un programme qui pouvait mettre l’eau à la bouche et ravir petits et grands. Plus de dix ans nous sépare de l’épisode précédent, on pouvait donc légitimement imaginer que les idées nouvelles seraient nombreuses et les progrès techniques nous offriraient des images spectaculaires comme jamais. De grands espoirs donc… De grands espoirs largement déçus.

Jurassic World nous offre un monde de médiocrité. Le film débute déjà très mal, avec une mise en route laborieuse et déjà bien lourdingue. En gros, le scénario introduit un à un, longuement et en détail, tous les clichés qui peupleront le film. Certes, ils étaient relativement inévitables et pas forcément hyper gênants dans un pur divertissement comme celui-là. Mais les envoyer comme ça à la figure du spectateur ne l’incite pas à le mettre en confiance. Mention spéciale pour les habituelles valeurs familiales, si habituelles à Hollywood, mais qui nous agressent ici de manière assez spectaculaire et immédiate.

jurassicworldPour les nouvelles idées, on repassera. Allez, je suis sévère, il y en a quelques unes et même des bonnes. Mais tout de même, le fil rouge principal, la création d’un super tyrannosaure, ne permet pas vraiment de renouveler le concept. Et à côté de ça, on a trop souvent l’impression de vivre un recyclage en règle de tout ce que nous avait offert les trois premiers épisodes. En gros, on fait pareil, mais avec plus de tout, et notamment plus de dents… Franchement, ce n’était pas la peine de remettre le couvert après tant d’années pour nous resservir autant d’éléments qui sentent le réchauffé.

La réalisation est au diapason du reste. Quelques jolis plans, quelques moments d’imagination, d’élégance, bref un peu de talent chez Colin Trevorrow. Mais ces bons moments mettent généralement en lumière les éléments les plus anodins. Au contraire, quand il s’agit de donner vie aux rares bonnes idées, il fait preuve d’une médiocrité confondante. L’usage du ralenti à un moment des plus cruciaux et les plus intenses par exemple montre juste un réalisateur en manque flagrant de génie et personnalité. Clichés sur le fond, clichés sur la forme donc !

LA NOTE : 9/20

Fiche technique :
Production : Universal Pictures, Amblin Entertainment, Legendary Pictures
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Colin Trevorrow
Scénario : Colin Trevorrow, Rick Jaffa, Amanda Silver, Derek Connolly
Montage : Kevin Stitt
Photo : John Schwartzman
Décors : Ed Verreaux
Musique : Michael Giacchino
Effets spéciaux : Tim Alexander
Maquillage : Vivian Baker
Durée : 130 mn

Casting :
Bryce Dallas Howard : Claire Dearing
Chris Pratt : Owen Grady
B.D. Wong : Dr Henry Wu
Omar Sy : Barry
Nick Robinson : Zach
Ty Simpkins : Gray
Vincent D Onofrio : Vic Hoskins
Irrfan Khan : Simon Masrani

MAD MAX : FURY ROAD : Démesure et maîtrise

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madmaxfuryroadafficheRarement une bande-annonce n’aura fait autant envie que celle de Mad Max : Fury Road. Envie décuplée par les critiques éminemment positives que ce film a reçu, y compris par ceux qui ne sont pas forcément tendres avec les films de genre. Alors quand on est quand même moi un vrai amateur de ces derniers, l’envie atteignait des sommets. Fallait-il encore que le résultat soit à la hauteur des attentes ainsi crées. Pour mon plus grand bonheur, il l’est… ou presque.

Mad Max : Fury Road est un film qui allie de manière rare maîtrise et démesure. Démesure dans le bruit, la fureur et l’action. Démesure dans la description d’un monde décadent où la folie et la violence règnent en maître. Démesure dans l’imagination visuelle, où des détails totalement gratuits mais hautement spectaculaires viennent nous surprendre à chaque plan. Maîtrise dans la réalisation qui ne transforme jamais ce film en clip vidéo. Maîtrise dans une narration qui va droit au but, livre au spectateur ce qu’il est venu chercher. Maîtrise dans une esthétique qui allie futurisme et vintage, rendant un hommage appuyé à la trilogie initiale, tout en la réinventant de manière profonde.

madmaxfuryroadMais… parce qu’il y a pour moi deux « mais » qui, sans gâcher mon plaisir, m’ont empêché de tomber dans l’enthousiasme complet qui aurait pu faire de Mad Max : Fury Road un vrai film culte. Déjà, si j’ai souligné que la narration allait droit au but, ce qui est plutôt une qualité en soi, il n’empêche qu’elle ne prend pas le temps du coup de donner la moindre épaisseur aux personnages. Du coup, notre attachement est extrêmement limité et c’est avant tout le spectacle pyrotechnique qui nous fait vibrer, bien sûr que la mise en danger des protagonistes. Ensuite, si le spectacle est assez incroyable pendant deux heures… il est relativement répétitif… Ce n’est pas vraiment qu’on se lasse, mais on finit par sombrer dans une sorte de routine, certes terriblement excitante, mais une routine quand même.

LA NOTE : 14,5/20

Fiche technique :
Production : Kennedy Miller Productions, Village Roadshow Pictures
Réalisation : George Miller
Scénario : George Miller, Brendan McCarthy, Nick Lathouris
Montage : Jason Ballantine, Margaret Sixel
Photo : John Seale
Décors : Colin Gibson
Distribution : Warner Bros.
Musique : Junkie XL
Directeur artistique : Shira Hockman, Jacinta Leong
Durée : 120 mn

Casting :
Tom Hardy : Max Rockatansky
Charlize Theron : L’impératrice Furiosa
Zoë Kravitz : Toast
Nicholas Hoult : Nux
Rosie Huntington-Whiteley : Splendid
Riley Keough : Capable
Nathan Jones : Rictus Erectus
Megan Gale : Valkyrie

LA LOI DU MARCHE : La loi des séries

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laloidumarcheafficheCette année est sorti sur nos écrans un excellent film nous racontant l’histoire d’un ancien ouvrier syndicaliste finissant vigile dans un hypermarché, le tout porté par l’interprétation magistrale d’un formidable acteur. Je veux bien sûr parler… de Jamais de la Vie avec Olivier Gourmet. Bon j’admets cela peut aussi définir La Loi du Marché, dont on a infiniment plus parlé, suite au Prix d’Interprétation reçu à Cannes par Vincent Lindon.

Le jeu des comparaisons est peut-être quelque peu malvenu car au final les films n’ont pas du tout le même esprit. Jamais de la Vie était un polar sur fond social, La Loi du Marché est un film social tout court. Mais le point de départ est tellement similaire qu’il est difficile d’échapper à la sensation de voir deux fois le même film à quelques semaines d’intervalle. Et de mon point de vue, la comparaison n’est pas toujours favorable au film dont on a le plus parlé. Stéphane Brizé signe un film remarquable à bien des points de vue, mais qui présente bien des limites.

laloidumarcheLa réalisation de Stéphane Brizé est d’une grande sobriété. Ceci n’est ni un vice, ni une vertu en soi, mais ce choix, s’il permet au film de ce focaliser sur son propos, rend d’autant plus exigeant sur le reste. La performance des seconds rôles, alors qu’ils sont interprétés en grande majorité par des comédiens non professionnels, montre bien la qualité de la direction d’acteurs. Au-delà de ça, La Loi du Marché reste un remarquable témoignage, décrivant de manière minutieuse la violence des petites humiliations que la situation de chômeur impose. C’est sur ce plan-là que le film mérite tout le bien qui en a été dit. Cependant, j’ajouterai que l’absence d’une vraie conclusion limite le film à sa dimension descriptive.

Je finirai sur un petit mot sur la performance de Vincent Lindon. Elle est en tout point remarquable, dans le sens où elle s’apparente plus à une incarnation qu’à un jeu de comédien. Il y a là une fusion rare entre l’acteur et son personnage. Méritait-il pour autant son prix d’interprétation ? Personnellement, je reste quelque peu circonspect. En effet, le personnage subi constamment les événements, de manière assez passive, sans exprimer d’émotions fortes. Je nie pas la subtilité du jeu de Vincent Lindon qui arrive parfaitement à transmettre beaucoup de sentiments et d’émotions à travers un registre d’expression congru… Néanmoins, le rôle reste limité et toute la subtilité du monde n’arrive pas à le faire totalement oublier. Je fais peut-être mon difficile et n’enlève rien à tout ce qui est remarquable dans La Loi du Marché.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : CNord-Ouest productions, Arte France Cinema
Réalisation : Stéphane Brizé
Scénario : Stéphane Brizé, Olivier Gorce
Montage : Anne Klotz
Photo : Eric Dumont
Décors : Valérie Saradjian
Distribution : Diaphana
Son : Emmanuelle Villard
Durée : 93 mn

Casting :
Vincent Lindon : Thierry
Yves Ory : le conseiller Pôle emploi
Karine de Mirbeck : La femme de Thierry
Matthieu Schaller : le fils de Thierry
Xavier Mathieu : le syndicaliste
Noël Mairot : le prof de danse
Catherine Saint-Bonnet : la banquière

TROIS SOUVENIRS DE MA JEUNESSE : L’amour n’attend pas le nombre des années

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troissouvenirsdemajeunesseafficheCela me fait toujours un peu de peine quand je me montre incapable d’apprécier l’œuvre d’un réalisateur pourtant salué par la critique et les cinéphiles les plus avertis. Arnaud Desplechin est de ceux-là. En effet, je suis très loin d’avoir apprécié aussi bien Un Conte d’Hiver ou encore Jimmy P. Mais tout vient à point à qui sait attendre, puisque c’est avec un vrai bonheur que j’ai apprécié pleinement Trois Souvenirs de ma Jeunesse. Un film plein de sensibilité, de poésie… et non dénué d’un certain érotisme.

Dieu sait si les films sur les amours de jeunesse donnent souvent des résultats désastreux. La nostalgie de leurs auteurs, un regard soit idyllique, soit à l’inverse totalement condescendant, conduit trop souvent ces derniers à livrer un propos sans intérêt entre ridicule et clichés. Mais Trois Souvenirs de ma Jeunesse ne se laisser pas dévorer par la nostalgie. Elle est présente, le film étant raconté « à la première personne » par un narrateur faisant preuve d’un certain recul par rapport aux événements. Mais le cœur du film reste avant tout une grande histoire d’amour entre deux personnages d’exception. Qu’ils sortent tout juste de l’adolescence ne change pas grand chose.

troissouvenirdemajeunesseLe cinéma d’Arnaud Desplechin place toujours ses personnages au centre de ses œuvres parce qu’ils constituent un sujet en eux-mêmes. Paul et Esther forment un couple exceptionnel. Vous aurez bien du mal à vous identifier à eux, mais ils valaient bien un film. Trois Souvenirs de ma Jeunesse est sublimée par une casting de jeunes acteurs vraiment formidable. Le duo forme par Quentin Dolmaire et Lou Roy Lecollinet est étonnamment crédible dans des rôles loin d’être évidents, où ils auraient vite pu rendre leurs personnages antipathiques. Il n’en est rien, bien au contraire, et cela donne un très beau moment de cinéma, porté par une réalisation élégante et subtile qui retranscrit parfaitement à l’écran toutes les dimensions du sentiment amoureux.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Why Not Productions, France 2 Cinéma
Réalisation : Arnaud Desplechin
Scénario : Arnaud Desplechin, Julie Peyr
Montage : Laurence Briaud
Photo : Irina Lubtchansky
Décors : Toma Baqueni
Distribution : Le Pacte
Son : Nicolas Cantin, Sylvain Malbrant, Stéphane Thiebaut
Musique : Grégoire Hetzel
Durée : 120 mn

Casting :
Quentin Dolmaire : Paul Dedalus jeune
Lou Roy Lecollinet : Esther
Mathieu Amalric : Paul Dedalus
Francoise Lebrun : Rose
Louise : Anne Benoit
Dinara Droukarova : Irina