FLIGHT et DIE HARD 5 – BELLE JOURNEE POUR MOURIR : Vodka frelatée

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flightafficheCe dimanche, j’ai passé une après-midi cinématographique fortement marquée par la vodka. Tout d’abord avec Flight, dans lequel le personnage principal, un pilote de ligne qui arrive miraculeusement à sauver son avion du crash grâce à une manœuvre aussi audacieuse que désespérée, en boit beaucoup. Ceci lui vaudra évidemment beaucoup d’ennuis lorsque les enquêteurs se demandent si sa consommation d’alcool et de stupéfiants n’auraient pas joué un rôle dans l’accident. Un film qui commence comme un film catastrophe, mais qui se révèle en fin de compte être consacré à l’alcoolisme et à ses méfaits.

Ah ce qu’on aimerait revoir Robert Zemeckis nous livrer un grand et beau film, comme il savait le faire dans les années 80, avec notamment la trilogie Retour Vers le Futur ou Qui Veut la Peau de Roger Rabbit ?. Ce ne sera pas pour cette fois, tant il s’efforce de crasher son film à l’inverse de son personnage. En effet, le Flight débute par 30 superbes premières minutes, celles qui se passent dans l’avion. Ensuite, nous avons le droit à un propos sur l’alcoolisme qui arriverait presque à être un minimum subtil, avec certaines ambiguïtés, même si tout cela reste quelque peu attendu.

flightPuis vient tout d’abord l’avant-dernière scène, celle qui constitue le dénouement de l’intrigue. Elle est marquée par une forte tension narrative, qui aurait pu la rendre acceptable, même si forcément elle nous conduit à la conclusion que l’alcool et le mensonge, c’est mal ! A la fois, on peut difficilement attendre autre chose d’un film hollywoodien. Mais le pire est à venir avec une ultime scène d’une lourdeur apocalyptique, un long discours moralisateur à l’excès, qui donne avant tout envie de se coller deux doigts au fond de la gorge pour vomir. Elle prend surtout le spectateur pour un débile profond, lui expliquant comme à un enfant de quatre ans ce qu’il est censé conclure de tout cela, alors que le propos était déjà au final assez limpide et direct. Cela vient balayer tout ce qu’on avait pu aimer dans cette histoire pour ranger Flight dans la catégorie des films ratés, malgré une réalisation (Robert Zemeckis reste Robert Zemeckis) et une interprétation (Denzel Washington, toujours aussi impeccable et Kelly – L’Auberge Espagnole – Reilly, toujours aussi charmante) au top.

diehard5afficheDie Hard 5 – Belle Journée pour Mourir nous amène en Russie, patrie de la vodka. Malheureusement, on sent dès les cinq premières minutes que le scénario sera catastrophique et qu’il y a de fortes chances que tout le reste suive. C’est effectivement bien le cas, tant la pauvreté de l’intrigue est désespérante malgré deux rebondissements obligatoires. Les scènes d’action sont sans aucune imagination et Bruce Willis erre au milieu de tout ça, en essayant de rappeler au spectateur qu’il est bien John McLane, le même personnage que dans l’inoubliable Piège de Cristal. Mais cela ne prend pas, ce vieux sur le retour n’a rien à voir avec le héros du génial Une Journée en Enfer ! Bref, un cinquième épisode sans aucun intérêt et qui maintient artificiellement en vie une franchise sous perfusion.

 
 
 
FLIGHT
Production : Paramount Pictures, Parkes / MacDonald Productions, Imagemovers
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Robert Zemeckis
Scénario : John Gatins
Montage : Jeremiah O’Driscoll
Photo : Don Burgess
Format : 35mm
Décors : Nelson Coates
Son : Randy Thom
Musique : Alan Silvestri
Effets spéciaux : Michael Lantieri, Kevin Baillie
Durée : 138 mn
 
Casting :
Denzel Washington : Whip Whitaker
John Goodman : Harling Mays
Kelly Reilly : Nicole
Don Cheadle : Hugh Lang
Melissa Leo : Ellen Block
Bruce Greenwood : Charlie Anderson
 
DIE HARD 5 – BELLE JOURNEE POUR MOURIR
Production : Dune Enetrtainment, Ingenious Film Partners, Origo Film Group, 20th Century Fox
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : John Moore
Scénario : Skip Woods, d’après les personnages de Roderick Thorp
Montage : Dan Zimmerman
Photo : Jonathan Sela
Décors : Daniel T. Dorrance
Musique : Marco Beltrami
Costumes : Bojana Nikitovic
Durée : 97 mn
 
Casting :
Bruce Willis : John McClane
Jai Courtney : Jack McClane
Sebastian Koch : Komarov
Mary Elizabeth Winstead : Lucy
Yuliya Snigir : Irina
Radivoje Bukvic : Alik
Cole Hauser : Collins

LEO, ARRETE LA THEORIE ET PASSE A LA PRATIQUE

leonardo

leonardoDire du mal de Leonardo, voilà une activité que j’aime beaucoup et à laquelle je ne me suis pas adonné depuis longtemps. Mais sa sortie d’hier soir, après la piteuse défaite du PSG à Reims, vaut bien de s’y remettre un coup. Sa théorie de l’équipe bâtie pour la Ligue des Champions et non pour le championnat a fait rire la France entière. Un récent sondage publié dans France Football a parfaitement souligné le problème d’image du club parisien. Il faut dire que son directeur sportif fait tout pour entretenir le désamour.

Quitte à trouver des excuses en bois, il aurait pu au moins respecter les traditions de notre beau pays et s’en prendre à l’arbitre, puisque le but d’Ibrahimovic qui aurait tout changé était bel et bien valable. Parce qu’essayer de nous convaincre qu’en fait son équipe est de trop haut niveau pour battre un promu qui n’avait pas gagné depuis plusieurs mois est une tâche relativement vaine, vu le côté ridicule de la théorie. Surtout qu’il n’y avait pas besoin d’en développer une. Les joueurs parisiens, après deux matchs à enjeu contre Marseille et avant un match de Ligue des Champions, étaient tout simplement absents mentalement, parce qu’ils sont humains et qu’ils ont leurs limites, même si certains en ont plus que d’autres.

Je suis peut-être rancunier. Je n’ai peut-être toujours pas digéré le renvoi injuste d’Antoine Koumbouaré. Mais même en essayant de faire preuve de la plus grande honnêteté intellectuelle, je ne vois toujours pas ce que Leonardo a apporté au club parisien. Ses réseaux en Italie diront certains, mais de mon côté je dirais plutôt que c’est là le problème. Il s’est montré incapable de recruter ailleurs qu’en Série A et c’est plutôt inquiétant. Quand tous les grands clubs ont des yeux et des recruteurs partout en Europe, voire dans le monde, le PSG semble uniquement capable de recycler des joueurs venus de l’autre côté des Alpes. Certes, au dernier mercato, les arrivées de Lucas et Beckham ont changé un tout petit peu la donne, mais pas encore assez pour évacuer le doute.

J’aime infiniment le PSG mais je n’aime définitivement pas Leonardo. Pour moi, n’importe qui (ou presque) ferait aussi bien avec le chéquier des Qatari. Mais j’espère me tromper… Sincèrement…

WADJDA et SYNGUE SABOUR – PIERRE DE PATIENCE : Combats de femmes

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Le hasard du calendrier et de la programmation cinématographique m’a conduit à voir dans la même soirée deux films assez proches par leur sujet : Wadjda et Syngué Sabour – Pierre de Patience. Deux films sur la condition féminine dans deux pays dont ce n’est pas vraiment le point fort, à savoir l’Arabie Saoudite et l’Afghanistan. Deux très beaux films surtout, très émouvants, même si l’un m’a plus convaincu que l’autre.

wadjdaafficheWadjda est déjà un événement en soi puisqu’il s’agit du premier film tourné en Arabie Saoudite, un pays où il n’y a aucune salle de cinéma. Un film qui plus est réalisé par une femme, Haifa Al Mansour, et qui traite forcément de sujets assez tabous. Une histoire simple, celle d’une jeune fille qui a l’aube de l’adolescence ne rêve que d’une seule chose : avoir un vélo. Mais dans une société d’une telle lourdeur, aussi oppressante pour les femmes, cela tourne vite à l’aventure qui va demander beaucoup de courage et d’entêtement.

Wadjda rejoint la démarche de Une Séparation, le film iranien qui a séduit le monde entier l’année dernière. Il ne s’agit pas d’un film revendicatif ou porteur d’un message contestataire flagrant. Non, il nous montre la société saoudienne telle qu’elle est, sans rien qui puisse être frappé par la censure. Mais il nous la montre avec un rien d’ironie qui en souligne son absurdité parfois totale. Pas la peine d’en rajouter, le quotidien se suffit à lui-même pour délivrer un message fort. Une démonstration brillante qui amène le spectateur à sourire, tout en mesurant toute l’horreur de cette oppression.

wadjdaWadjda n’est jamais frappé de lourdeur grâce notamment à son remarquable personnage principal. Cette jeune fille espiègle, un rien rebelle et surtout terriblement têtue délivre à elle seule un formidable message d’espoir. La tendresse que l’on ressent immédiatement pour elle nous fait rentrer dans l’histoire et surtout apporte un vrai rayon de soleil dans une société qui en manque tant. Le film n’est donc jamais déprimant et l’on en sort avec une petite part de l’énergie déployée par la jeune fille pour accéder au vélo de ses rêves. Un grand bravo donc à Waad Mohammed qui lui donne vie.

synguesabourafficheSyngué Sabour – Pierre de Patience est quant à lui l’adaptation par l’auteur elle-même du Prix Goncourt 2008. Une histoire qui nous emmène en Afghanistan, où la guerre vient de commencer, à la rencontre d’une femme qui veille son mari, un taliban, plongé dans le coma depuis quelques jours. Devant cet homme à la fois si familier et étranger, immobile et silencieux, elle va libérer sa propre parole, lui dire enfin ce qu’elle peut ressentir et par la même se libérer le corps et l’esprit.

Syngué Sabour – Pierre de Patience est donc un monologue face à un personnage immobile, sous forme d’un huis-clos dans une pièce assez réduite. On peut reconnaître un grand mérite à Atiq Rahimi pour avoir tout de même réussi à nous livrer un vrai film, grâce à quelques flashbacks, mais surtout une caméra jamais statique. Mais forcément elle se heurte aux limites de l’exercice et d’un point de vue purement artistique, le résultat est parfois à l’étroit. Ceci n’enlève rien à l’intérêt du propos, même si tout cela nous mène à une fin que l’on voit venir d’un peu trop loin.

Cependant, on ne peut que saluer la prestation de Golshifteh Farahani sur les épaules de laquelle repose une grande partie du film et qui s’en sort magistralement. Et je ne dis pas ça que parce qu’elle est incroyablement belle. L’émotion ne pouvait passer que par elle et elle parvient parfaitement à nous la transmettre. C’est en grande partie grâce à elle que Syngé Sabour – Pierre de Patience constitue tout de même globalement une belle réussite. 

WADJDA :
Production : Razor Film
Distribution : Pretty pictures
Réalisation : Haifaa Al Mansour
Scénario : Haifaa Al Mansour
Montage : Andreas Wodraschke
Photo : Lutz Reitemeier
Décors : Thomas Molt
Son : Sebastian Schmidt
Durée : 97 mn

Casting :
Reem Abdullah : La mère
Waad Mohammed : Wadjda
Abdullrahman Al Gohani : Abdallah
Ahd : Mme Hussa
Sultan Al Assaf : le père

SYNGUE SABOUR – PIERRE DE PATIENCE
Production : Studio 37, The Film, Razor Film, Corniche, Arte France Cinéma, Jahan-E-Honar Productions
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Atiq Rahimi
Scénario : Atiq Rahimi, Jean-Claude Carrière d’après le roman d’Atiq Rahimi
Montage : Hervé De Luze
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Erwin Prib
Son : Dana Farnzanehpour, Noemi Hampel, Lars Ginzel
Musique : Max Richter
Durée : 102 mn

Casting :
Golshifteh Farahani : La femme
Hamidreza Javdan : L’homme
Massi Mrowat : Le jeune soldat
Hassina Burgan : La tante

CIAO CIAO !

ciao

ciaoUne page se tourne… Bon ok, ça peut paraître un peu excessif comme formulation, mais quand je fais le bilan, ça restera quelque chose qui aura compté dans ma vie… au moins en termes de temps passé. 1151 avis, en comptant disons 30 minutes pour chacun, cela fait 575 heures, soit environ 24 jours. Si on ajoute à cela au moins une heure de lecture par semaine de avis des autres membres, on n’est pas loin des 40 jours passés sur Ciao. Le tout pour entre 15 et 40 euros par semaine, soit en tout sûrement entre 1500 et 2000 euros. Et surtout pour avoir échangé et même rencontré des gens intéressants et curieux.

Bien sûr, j’écrivais ce genre d’avis avant et j’ai bien l’intention de continuer après (je vous sens soulagé d’un coup). Si j’arrête, ce n’est pas que parce que les avis que j’écris vont cesser d’être rémunérés correctement. Disons que c’est l’étincelle qui a finalisé un processus en cours. C’est aussi une envie de retrouver une certaine liberté et du temps pour faire autre chose. Je pourrais désormais abandonner le formatage Ciao, soit environ une page Word par avis, pour écrire deux lignes sur un film s’il ne mérite pas plus, ne parler que des livres ou des disques qui m’ont vraiment marqué. Cela va surtout arrêter de rythmer ma vie. Je ne penserai plus aux nombres d’avis que j’ai à écrire en rentrant chez moi le soir.

Que vais-je donc faire de ce temps gagné ? Une grande partie sera encore consacrée à l’écriture. Sur ce site déjà en vous livrant encore plus souvent mon regard sur l’actualité, qui n’intéresse peut-être que moi, mais que je suis quand même heureux de partager (c’est l’avantage du net). Ensuite, pour écrire des choses plus « littéraires », ce dont j’ai toujours envie et mais auxquelles je consacre un temps dérisoire et surtout terriblement épisodique. Enfin, entre les réunions, la politique, les jeux vidéos auxquels je ne joue pas, les dizaines de livres et de DVD encore emballés qu’il y a chez moi, je n’aurais que l’embarras du choix pour occuper ce temps supplémentaire.

Et surtout quand j’aurais fini mon régime, j’aurais beaucoup plus de temps pour prendre l’apéro !

PASSION : Un bon remake, pas de génie

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passionafficheBrian De Palma fait tant souffrir les cinéphiles. Comment un tel génie a-t-il pu exploser en vol à ce point ? Depuis son échec en 1990 avec le Bûcher des Vanités, on aimerait tant retrouver le réalisateur des inoubliables Phantom of the Paradise, Scarface ou les Incorruptibles. A chacune de ses nouvelles productions, on guette, on scrute le retour de la petite étincelle qui ferait toute la différence. Mais si Passion est un agréable polar, le retour du grand Brian se fait encore attendre. Encore et encore…

Isabelle travaille sous les ordres de Christine au sein d’une grande société internationale de marketing. Elle est fascinée par sa supérieure, qui ne fait rien pour éliminer l’ambiguïté de leurs rapports. Mais quand elle se fait voler une de ses idées par sa chef, son regard change et la relation se tend au point de devenir malsaine et violente. Une tension qui pourrait conduire au pire.

Passion est une remake de Crime d’Amour d’Alain Corneau, sorti à l’été 2010. Il est vrai que le scénario avait tout pour séduire Brian de Palma et ce dernier se l’est approprié avec une grande fidélité. C’est d’ailleurs une des principales limites du film, si vous avez déjà vu sa version originale. Certes, reste l’intérêt de voir dont les deux hommes traitent de manière un peu différente la même histoire, mais du coup, le suspense ne tient plus. Or c’est un des points fort de cette histoire.

Passion a le grand mérite d’arriver à nous faire croire à cette histoire, en rendant crédible la tension qui va naître entre les deux personnages, ce qui n’était pas toujours le cas de Crime d’Amour. Il faut dire que l’on touche là à certaines obsessions de Brian De Palma. La tension sexuelle est omniprésente et explique notamment les aspects parfois irrationnels des réactions des personnages. Le réalisateur américain est comme un poisson dans l’eau et s’en donne à cœur joie, avec tout le talent qu’il possède encore.

Mais il se heurte aussi aux limites de ce scénario qui n’a, dans sa trame principale, pas grand chose d’original. Or le cinéma de Brian De Palma a été fait à sa grande époque d’inattendu, de surprenant et de dérangeant. Dans Passion, si l’ambiance est parfois un rien malsaine, tout cela tient avant tout de l’exercice de style. C’est totalement maîtrisé, sans doute trop. Le film est peut-être moins froid que pouvait l’être Crime d’Amour, mais il n’arrive pas à faire naître des sentiments ambigus chez le spectateur. On assiste à l’affrontement entre les deux femmes, mais on reste trop en dehors, on ne prend pas partie.

passionBrian De Palma garde une certaine élégance dans la caméra, même si son esthétisme montre bien qu’une partie de lui-même est resté à jamais dans les années 80. On retrouve ses tics de réalisateur, notamment l’écran coupé en deux. Il le maîtrise tout ça à la perfection, mais cela donne un côté daté à sa réalisation. Il continue à nous offrir de beaux plans séquences, à soigner sa photographie et son montage. Mais il semble toujours en quête de lui même, cherchant à renouer le film d’une carrière en nous offrant ce qui a fait son succès. Cela reste beau à regarder, mais une beauté peut-être désormais un peu trop nostalgique.

Entre Passion et Crime d’Amour, le match du casting se termine sur un match nul. En effet, d’un côté Rachel McAdams ne peut lutter avec le talent et la classe de Kristin Scott Thomas. De l’autre, Noomi Rapace nous livre une interprétation beaucoup plus convaincante que Ludivine Sagnier qui n’était pas taillée pour le rôle. On pourrait alors rêver à une troisième version opposant Kristin Scott Thomas à Noomi Rapace.

Passion ne signera pas donc pas le retour du mot chef d’œuvre dans la filmographie de Brian De Palma, qui signe là un remake un peu superflu d’un film auquel il apporte son sens artistique, mais qui se heurte aux même limites du scénario.

Fiche technique :
Réalisation : Brian De Palma
Scénario : Brian De Palma, d’après le scénario original d’Alain Corneau et Nathalie Carter
Directeur de la photographie : José Luis Alcaine
Montage : François Gédigier
Direction artistique : Astrid Poeschke
Décors : Cornelia Ott Décorateur de plateau : Ute Bergk
Costumes : Karen Muller Serreau
Musique : Pino Donaggio
Durée : 100 min

Casting :
Rachel McAdams : Christine
Noomi Rapace : Isabelle
Karoline Herfurth : Dani
Paul Anderson : Dirk
Rainer Bock : Inspecteur Bach
Benjamin Sadler : le procureur
Michael Rotschopf : l’avocat d’Isabelle
Max Urlacher : Jack Koch
Leila Rozario : la femme dans l’ascenseur
Alexander Yassin : le concierge

MIEUX QUE RIEN

angleterrefrance

angleterrefranceUne bonne nouvelle est venue de Twickenham hier après-midi. Le XV de France sait finalement toujours jouer au rugby. Bon, moins bien que les Anglais certes, mais au moins les joueurs de l’Equipe de France ont-ils pratiqué un sport qui s’apparente à celui que l’on associe normalement à un ballon ovale. Après les avoir vu toucher à ce point le fond contre l’Italie et le Pays de Galles, on se rassure comme l’on peut ! Si on peut se moquer de notre pays et son habitude de perdre « avec les honneurs », au moins peut-on admettre que le match d’hier fut une simple défaite, pas une humiliation.

Le chemin reste encore long avant de renouer avec les promesses de l’automne. La supériorité de l’Angleterre fut incontestable et la défaite largement limitée. Le plus inquiétant reste que nos adversaires du jour n’ont pas vraiment eu à forcer leur talent, qui est visiblement lui aussi limité, pour l’emporter. Ils ont pu se contenter d’attendre les fautes françaises avec discipline, patiente et abnégation. On ressort de ce match en ayant l’impression que le XV de France a marqué tous les points, tant les cadeaux distribués à leurs adversaires furent nombreux en deuxième période. Mais les meilleurs ont gagné, il n’y a rien à redire là-dessus.

Si on voit le verre à moitié vide, on retiendra surtout une troisième défaite d’affilée qui commence à nous faire redouter la cuillère de bois. Si on le voit à moitié plein, on peut dire que le XV de France monte en puissance. Mais bon, quand on part de moins que rien…

DES ABEILLES ET DES HOMMES : Les abeilles font le buzz

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desabeillesetdeshommesafficheIl paraît que l’humanité est bientôt vouée à disparaître. Non que notre espèce soit sur le point de s’échanger quelques bombes nucléaires en guise de politesses, mais nous serions des victimes collatérales du déclin du nombre d’abeilles de part le monde. En effet, ces petites bêtes sont indispensables à la reproduction de bon nombre de végétaux. Sans elles, nous allons mourir de faim. On en est un peu plus persuadé en allant voir des Abeilles et des Hommes, un documentaire qui laisse cependant un peu sur sa faim.

Markus Imhoof nous fait voyager d’un bout à l’autre de la Terre pour établir toujours le même constat : partout les populations d’abeilles reculent. Doit-on alors prendre très au sérieux la citation d’Einstein qui veut que si l’abeille disparaît du globe, alors l’humanité n’a plus que quatre ans à vivre ?

Des Abeilles et des Hommes est sûrement très intéressant pour qui ne connaît pas du tout le sujet, grâce à une très jolie forme, sur laquelle je reviendrai. Ceux qui ont déjà un peu étudié le problème iront voir ce film pour avoir des éléments de réponses supplémentaires à deux questions : pourquoi les abeilles disparaissent-elles ? Quelles seraient les conséquences de leur extinction ? Malheureusement, ils ne seront guère plus éclairés en sortant. Le film devient réellement concret et factuel que dans son dernier tiers. Les deux premiers sont plutôt consacrés à une réflexion et une présentation générale du problème.

Des Abeilles et des Hommes a la bonne idée de ne pas désigner de boucs émissaires. En tant qu’ingénieur agronome, j’y suis allé avec une certaine appréhension, ayant la crainte d’assister à un énième brûlot à charge contre ces vilains agriculteurs, dont on oublie trop souvent qu’ils nous nourrissent. Non, le propos est plus général et rappelle bien la multiplicité des causes. C’est l’occasion d’une réflexion plus globale sur nos modes de vie et sur l’absurdité de certains de nos choix. Le tout est présenté avec une certaine poésie et le propos reste totalement accessible, même pour ceux qui ne savent même pas ce que ce signifie le terme entomologie.

Des Abeilles et des Hommes n’aboutit pas à une conclusion pessimiste sur le « on va tous mourir ». La dernière partie, la plus intéressante à mon sens, n’épargne pas non plus les apiculteurs, se demandant si ce n’est pas non plus une trop forte domestication qui est à la base de ce déclin, quand des espèces sauvages gagnent du terrain sur leurs petites sœurs. Il y a là une vraie prise de hauteur, une volonté de regarder la situation de manière globale et de se démarquer des débats trop partisans. Le film apporte alors un éclairage original sur la question et présente alors un intérêt indéniable. Cependant, encore une fois, je regrette l’absence d’éléments plus factuels pour éclairer l’ensemble.

desabeillesetdeshommesAu-delà de son intérêt intellectuel, Des Abeilles et des Hommes constitue également un très beau film cinématographiquement parlant. Les gros plans sur les insectes n’échappent pas à une certaine anthropisation, mais est-ce vraiment évitable si on veut un minimum toucher le spectateur ? Certaines séquences sont vraiment superbes et rendent le propos très vivant. Markus Imhoof enchaîne parfaitement les témoignages d’humains, avec les scènes de la vie animale. Là encore, le tout n’est pas dénué d’une certaine poésie qui nous fait oublier à quel point certaines séquences constituent avant tout des prouesses techniques.

Mon esprit de biologiste est donc ressorti quelque peu frustré de Des Abeilles et des Hommes. Je n’y ai rien trouvé qui m’ait choqué, mais je n’en suis pas ressorti avec l’impression d’avoir appris beaucoup de choses.

Casting :
Réalisateur et scénariste : Markus Imhoof
Chef monteur : Anne Fabini
Ingénieur du son : Nils Kirchhoff
Directeur de la photographie : Attila Boa
Compositeur : Peter Scherer (II)
Mixage : Bernhard Maisch
Directeur de la photographie : Jörg Jeshel

Avec la voix ce Charles Berling

LA CHUTE DES FAUSSES IDOLES

oscarpistorius

oscarpistoriusLe procès d’Oscar Pistorius fascine toute la planète, d’une manière que l’on peut juger assez malsaine, car ce n’est jamais qu’un fait divers. Mais l’accusé est bien plus qu’un homme. C’est un symbole, une icône porteuse de tant de choses tellement positives que la voir chuter est un spectacle qui inspire à la fois horreur et fascination.

Pourtant, si l’on en croit ce qu’on a pu lire ces derniers jours, il y avait de quoi classer Oscar Pistorus dans les individus de la pire espèce depuis déjà bien longtemps. Son amour des armes à feux, dont il se vantait d’une manière proche de l’aliénation mentale, aurait du nous épargner la surprise face à ce drame affreux. Mais qui en a parlé, alors que tout le monde saluait le fait de voir un invalide courir au milieu des valides ? Le coureur sud-africain était alors un héros, une icône médiatique chargée de soulager la culpabilité du monde. A ce titre, il fallait nous faire croire à tout prix que l’homme était digne des symboles qu’il portait.

Il était alors interdit de critiquer un homme supposé si admirable. Un athlète paralympique est forcément tellement plus respectable et courageux qu’une vulgaire star du foot, le contraire est inimaginable. L’aveuglement dont les médias et le public ont fait preuve est terriblement symptomatique de l’idolâtrie souvent arbitraire de notre époque. Enfin pas si arbitraire que ça, car Oscar Pistorius a cherché par tout les moyens à devenir cette idole. Il a mené de nombreuses campagnes pour s’auto-promouvoir, pour nous expliquer qu’il était victime d’une injustice. Au final, on retiendra surtout qu’il s’est révélé être un meilleur agent marketing qu’un être humain.

Oscar Pistorius n’a pourtant jamais rien eu d’un héros. Certes, il restera un très bon athlète paralympique. Mais sa défaite aux derniers JO et les accusations qu’il a lancé à son vainqueur, qui aurait porté des prothèses trop longues, montrent bien que lui-même n’avait rien à faire dans une course avec des valides, tout simplement parce qu’il faut comparer ce qui est comparable. La moindre variation dans les normes techniques lui aurait fait perdre ou gagner de nombreuses places dans la hiérarchie, totalement indépendamment de la valeur profonde de l’athlète. Oscar Pistorius a vendu du rêve à une foule avide trop heureuse d’y croire, mettant de côté toute objectivité.

Le sport est vecteur de valeur positive et nous souhaitons à tout prix qu’il le reste. C’est pourquoi, on blâme l’argent qui circule dans le sport comme responsable de tous les maux de la Terre, car il faut bien un coupable, une excuse, c’est tellement plus rassurant. Une partie de nous n’a toujours pas renoncé à cette image ridicule du sport amateur et pur. Il faut voir comment on idéalise à l’excès nos handballeurs, qui gagnent pourtant très bien leur vie. On veut faire d’eux les remparts contre l’image déplorable renvoyée par les footballeurs. On veut se prouver que tant qu’ils ne sont pas corrompus, les sportifs restent tous des mecs formidables, pour ne pas dire des saints. Or, entre la mise à sac de plateau télé et les paris contre sa propre équipe, un athlète comme Nikola Karabatic n’est pas le demi-dieu que l’on essaye de nous vendre, mais bien un pauvre type assez méprisable. Bref, un être humain…

La reconnaissance médiatique d’Oscar Pistorius n’a pas été une victoire pour les sportifs handicapés, mais un triomphe du mensonge et de la manipulation médiatique. Même pour une bonne cause, cela ne constitue jamais une bonne nouvelle.

 

RETOUR VERS LE PASSE… 2007 ? 2002 ?

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Après Alain Juppé, voici Bernadette Chirac qui prend la parole dans la presse pour appeler de ses vœux la candidature de Nicolas Sarkozy en 2017. Hasard ou bien manœuvre souterraine pour préparer son retour ? On le sait en politique, il est fréquent de lancer des idées l’air de rien, histoire de tester la température de l’opinion, avant éventuellement de passer aux choses sérieuses. On peut donc vraiment se demander si l’ancien chef de l’Etat n’a pas fait comprendre à certains qu’il serait bon qu’ils s’expriment sur le sujet.

Les sondages qui ont suivi ont montré que l’opinion n’est pas vraiment enthousiaste à cette idée. Mais la route est longue jusqu’en 2017 et le spectacle affligeant donné par le couple Fillon-Copé peut lui faire espérer que la concurrence sera trop faible pour s’opposer à une réelle volonté de retour. L’élection de Nicolas Sarkozy dans 4 ans tient encore de la politique fiction, mais pas non plus de la science-fiction.

On peut cependant s’inquiéter d’un tel scénario. Déjà, il en dirait long sur l’incapacité de notre pays à renouveler son élite politique. Quand on est au pouvoir en France, on l’est souvent pour longtemps et qu’importe votre bilan et vos erreurs passées, vous trouverez toujours des électeurs à la mémoire courte pour voter pour vous. Mais ce phénomène n’est pas nouveau et existera indépendamment de la candidature de Nicolas Sarkozy.

En fait, tout dépendra de la situation économico-sociale de notre pays en 2017. Soit le bilan de François Hollande s’avère finalement positif, ce qui n’est pas gagné avouons-le, et dans ce cas-là le Président actuel aura l’image de celui qui aura redressé la situation laissée par son prédécesseur. On voit mal alors les électeurs voter pour ce dernier, qui, à mon sens, ne se présenterait de toute façon pas dans ce cas de figure. Soit, la situation ne s’est pas améliorée significativement et la grogne sociale sera plus forte que jamais. Nous aurons alors une élection qui opposera les deux hommes qui seront considérés par l’opinion comme les deux principaux responsables de la situation. On imagine alors facilement qu’un troisième homme saura profiter de la situation.

Ce dernier peut s’appeler François Bayrou… non, je rigole…, Jean-Luc Mélenchon, même si je n’y crois guère, mais plus certainement Marine Le Pen. Même en dehors d’une éventuelle candidature de Nicolas Sarkozy, on sait que chaque jour supplémentaire où la crise s’éternise lui fait gagner de nouveaux suffrages. Mais lui opposer les deux derniers Présidents reviendrait à lui dérouler le tapis rouge vers le deuxième tour.

Cela montre l’étendue de la responsabilité à laquelle fait face le gouvernement et François Hollande. Déjà parce que notre pays va mal, mais aussi parce que, pour l’instant, aucun alternative acceptable ne semble émerger dans le camps d’en face. L’échec est donc définitivement interdit…

CARLOS DANS SON OASIS

carlosghosn

carlosghosnL’avantage quand on est riche et puissant, c’est que l’on peut se foutre de la gueule du monde sans vraiment craindre pour ses fins de moi. Si cette sentence peut paraître un cliché facile pour gauchistes convaincus, elle a pourtant été magnifiquement illustrée par Carlos Ghosn, le merveilleux patron de Renault. Son annonce de renoncement à 30% de la part variable de son salaire de 2012, si jamais l’entreprise arrivait à faire passer l’accord de compétitivité qu’elle veut imposer à ses salariés (consistant, pour faire court, à travailler plus pour gagner autant, voire moins) frise la provocation.

Petit rappel historique, Carlos Ghosn est arrivé en 2005 à la tête de Renault, auréolé d’un sauvetage inespéré de Nissan. Il a immédiatement présenté un plan ambitieux et s’est, au passage, augmenté de 40% pour porter la part fixe de son salaire à environ 1,2 millions d’euros. Le tout est complété par une part variable qui peut facilement doubler son salaire, comme en 2011. Le problème réside dans le fait que quasiment aucun des objectifs qu’il avait fixé n’ont été atteints. Renault perd régulièrement des parts de marché (au-delà de la baisse générale des ventes d’automobiles due à la crise et aux changements de comportement), si bien que certains soupçonnent une volonté de sa part de faire disparaître totalement Renault au profit de Nissan, entreprise qui le rémunère à une hauteur 5 fois supérieure.

Je n’irai pas jusque-là (non pas que je sois convaincu du contraire, je n’ai juste aucune opinion sur le sujet), mais cette affaire pose déjà deux questions. Déjà, on mesure à quel point la gouvernance des entreprises n’est plus guidée par la rentabilité financière à court terme. En effet, en diminuant sa production tout en maintenant ses profits, une entreprise préserve certes ses revenus mais perd du capital. Pour un particulier, cela revient à maintenir son train de vie en vendant son patrimoine. C’est évidemment une logique qui ne peut pas durer éternellement et qui surtout ne correspond en rien à un enrichissement. Depuis l’arrivée de Carlos Ghosn à sa tête, Renault n’est ni plus riche, ni plus solide, éventuellement parvient-elle à maintenir une certaine rentabilité à coup de licenciements et de délocalisation, ce qui représente une perte nette de capital humain. Même si certains ont du mal à l’admettre, ce dernier reste tout de même une des principales richesses d’une entreprise.

Ensuite, cela pose la question de la signification de la part variable des salaires des grands patrons. Dans mon ancienne boîte, une année s’étant soldée par un déficit m’a valu un chèque d’intéressement de 150 euros, ce qui ressemblait à un pourboire quand les bonnes années le montant approchait les deux mois de salaire. Mais au moins, cela avait un sens ! Les 1,5 millions de Carlos Ghosn en ont-ils un quand on considère qu’il n’a pas réussi à atteindre les objectifs qu’il avait fixé (et qui justifiait son augmentation initiale, rappelons-le) ? Quand on considère que Renault est vu comme une entreprise en déclin, mal positionné sur le marché et qui ne propose plus de produits innovants ?

Les défenseurs des rémunérations délirantes rappellent à l’envie que ces salaires sont mérités. Alors comment expliquer que Carlos Ghosn gagne chez Nissan sept fois plus que le patron de Toyota, pourtant premier producteur automobile mondial ? Certes, il a sauvé l’entreprise de la faillite et continue de bénéficier d’une certaine aura grâce à cela. On peut aussi opposer que le patron de Volkswagen gagne lui le double. Mais les résultats de la firme allemande font rêver tous ses concurrents. Tout cela démontre en fait un fonctionnement oligarchique totalement déconnecté d’une quelconque réalité ou performance. Ce ne sont pas tant les montants dans l’absolu que cette déconnection qui est grave. Tant qu’il arrose les actionnaires, un PDG peut s’octroyer tout l’argent qu’il veut sans que personne ne s’inquiète de la solidité à long terme des résultats. De toute façon, la variable d’ajustement sera l’emploi, pas le salaire, y compris la part variable, de sa direction.

Carlos Ghosn a essayé de nous faire croire le contraire, mais c’est trop gros pour être convaincant. Au football, quand une équipe va mal, on commence souvent par virer l’entraîneur. Chez Renault, personne ne semble avoir compris que l’adage « on ne change pas une équipe qui gagne »a un corollaire en cas de mauvais résultats. En attendant, les salariés, eux, savent bien ce qu’ils risquent de perdre !