500 JOURS ENSEMBLE : Le coeur d’un Homme

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500joursensembleLe cœur des Hommes a été un de plus gros succès mérités du cinéma français, un film culte pour beaucoup. Généralement les films sur l’amour sont soit des comédies romantiques, pas très réalistes et dont on connaît déjà la fin avant même de l’avoir vu, soit des films épousant plutôt un regard féminin. Ce film a aussi bien marché parce qu’il rééquilibrait quelque peu les choses en donnant enfin un vrai regard masculin sur les relations amoureuses. Et bien, nous avons été des précurseurs puisque le cinéma américain s’y met également avec le splendide 500 jours ensemble. Bon, ok, ce cocorico était peut-être un tantinet superflu. Mais pour une fois que je peux dire du bien du cinéma français…

Tom a aimé Summer dès le premier regard. C’est le destin, c’est elle et personne d’autre. Elle est la femme de ses rêves. Mais les rêves ne deviennent pas toujours l’entière réalité.

500 jours ensemble n’est pas une comédie romantique. Je ne gâche pas la surprise, c’est dit dès les premières secondes par le narrateur. Mais n’allez surtout pas croire que ce film est triste. Non, il est avant tout drôle, mais aussi touchant, tendre, émouvant, triste, cruel… Bref un condensé de vie. Il y’a de la tristesse aussi parfois, mais toujours traité avec assez de dérision pour nous arracher tout de même un sourire.

Le film n’épouse pas tout à fait le regard de Tom. Il y’a du recul et de l’humour, ce qui nous permet de relativiser et même de nous moquer de ses moments de déprime. Mais 500 jours ensemble est tout de même bâti autour de lui et de ses sentiments. L’histoire est celle de son amour pour Summer, pas celle de leur relation. Et le tout est traité avec une immense intelligence et beaucoup de subtilité. Honnêtement, je ne vois pas quel homme ne pourrait pas s’identifier au personnage de Tom et à ce qu’il ressent… à moins de n’être jamais tombé amoureux et de n’avoir jamais souffert à cause de ça.

500joursensemble2Pour autant, mesdames, ne vous privez pas d’aller voir 500 jours ensemble. Déjà, vous y apprendrez peut-être à mieux nous connaître. Et puis, comme je l’ai déjà dit, le film est assez drôle et touchant pour satisfaire tous les publics.

Mais 500 jours ensemble ne serait pas une si grande réussite sans le charme époustouflant, mais alors époustouflant, de Zooey Deschanel. Que Tom en tombe instantanément amoureux n’a franchement rien d’étonnant. Elle n’a pourtant rien d’une bombe à la Megan Fox (je reviendrai sur son cas dans ma prochaine critique) mais dégage un tel charme qu’on n’a pas envie de chercher à coucher avec elle, mais plutôt la convaincre de nous épouser. On n’a pas vu, depuis Drew Barrymore, une actrice provoquer un tel effet !

Du côté à côté d’elle, Joseph Gordon-Levitt paraît un rien fade. Mais en fait, ce qui aurait pu être un défaut, ne fait que renforcer la crédibilité de l’ensemble et permet une identification encore plus forte avec le personnage. Le charme de Tom n’est en rien comparable à celui de Summer. Du coup, un acteur plus charismatique n’aurait pas collé du tout. Après, reste à savoir si le manque de charisme était fait exprès ou pas…

Pour finir, on se lève tous et on applaudit Marc Webb. Pour une premier film, 500 jours ensemble est une incroyable réussite. Car en plus de toutes les qualités que je viens d’énumérer, ce film est merveilleusement réalisé, avec beaucoup d’imagination aussi bien visuelle que dans le montage. L’histoire n’est pas raconté tout à fait dans l’ordre chronologique, mais cela n’est pas fait que pour faire joli. Cela renforce réellement l’intérêt du film et surtout ne le rend pas une seule seconde confus. Espérons que ce film ne constitue pas l’œuvre d’une vie, mais le début d’une grande carrière.

500 jours ensemble est réellement une réussite. Un vrai moment de cinéma, de bonheur, d’humour, d’amour et de vie !

Fiche technique :
Production : Watermark
Distribution : Fox Searchlight pictures
Réalisation : Marc Webb
Scénario : Scott Neustadter, Michael H. Weber
Montage : Alan Edward Bell
Photo : Eric Steelberg
Décors : Laura Fox
Musique : Mychael Danna, Rob Simonsen
Costumes : Hope Hanafin
Durée : 96 mn

Casting :
Joseph Gordon-Levitt : Tom
Zooey Deschanel : Summer
Geoffrey Arend : McKenzie
Chloë Grace Moretz : Rachel
Matthew Gray Gubler : Paul

LE PRIX A PAYER POUR RESTER PROPRE

douche

doucheRécemment mon pommeau de douche a rendu l’âme. J’en ai été fort chagriné car ça n’était pas vraiment prévu au budget et quand on a des fins de mois parfois un peu difficiles, et bien même 10 euros, ça compte, car ce seront 10 euros qui ne seront pas dépensés à autre chose de plus plaisant que changer mon pommeau de douche.

Mais bon, de quoi je me plains ! Ca pourrait être pire ! Je pourrais être Nicolas Sarkozy et être obligé de dépenser 245 772 euros pour pouvoir prendre une douche ! Le pauvre, comment va-t-il faire ? A ce rythme, soit il ne se lave plus, soit il sera ruiné…

Ah oui mais non, je suis con, cet argent, ça ne sera pas le sien, mais le mien, le tien, le nôtre… Bref l’argent du brave contribuable ! Mais bon, c’est vrai, c’est important d’avoir un Président qui soit propre et qui ne sente pas la croûte de fromage lors des sommets internationaux. Ca serait quand même dommage pour l’image de la France à l’étranger.

Donc, il vaut mieux dépenser cette argent pour laver notre Président plutôt que payer des profs. L’hygiène de Nicolas Sarkozy est à ce prix ! Un poste de prof supprimé, un shampoing présidentiel assuré ! Franchement, on se demande pourquoi après tout ça, la gauche continue à lui chercher des poux…

LUCKY LUKE : Un beau gâchis !

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luckylukeafficheAvouons-le, je vais être un tantinet indulgent avec Lucky Luke. En effet, après le scandaleusement médiocre Le Petit Nicolas, les aventures de notre cow-boy préféré est juste médiocre. La mémoire de René Goscinny en serait presque préservé. Pourtant dans l’absolu, ce film constitue une immense déception, surtout qu’il n’est pas dénué de qualités, mais qui sont, malheureusement, balayés par les aspects négatifs.

Lucky Luke est chargé par le Président des Etats-Unis de rétablir l’ordre à Daisy Town, où doit se faire la jonction entre les chemins de fer de l’Ouest et de l’Est. Mais ce lieu est aussi celui de l’enfance du cow-boy solitaire. Le lieu aussi où ses parents furent assassinés par le gang des tricheurs, vingt ans auparavant.

Commençons par le positif. Si Le Petit Nicolas était très loin de l’esprit originel, Lucky Luke ne s’en éloigne que très peu. La seule trahison est peut-être d’avoir donné à ce héros un passé plutôt sombre, totalement absent de la bande-dessinée. Sinon, les références réussies à l’univers crée par Morris et Goscinny se multiplient, au plus grand bonheur des fans. Les personnages secondaires, Calamity Jane, Billy the Kid, Jesse James, Pat Poker, Phil Defer, sont fidèles aux originaux.

Lucky Luke multiplie aussi les clins d’œil aux grands classiques du western et notamment l’œuvre de Sergio Leone. Ceci colle bien sûr tout à fait à l’esprit de la bande-dessinée, où les références cinématographiques étaient souvent présentes. Le passage sur grand écran ne pouvait qu’amplifier le phénomène. Et cela est fait avec une certaine réussite. De toute façon, l’univers de Lucky Luke était sûrement le plus facilement adaptable parmi ceux crées par Goscinny, car c’est sans doute le plus « premier degré ». Et globalement, cette adaptation ne trahit en rien l’œuvre originale.

Le casting est également très réussi. Jean Dujardin, Melvil Poupau, Daniel Prevost, Jean-François Balmer, un Michael Young presque supportable et surtout une formidable Sandrine Testud. Elle est de loin la plus brillante étoile de ce casting, peut-être parce que c’est une tellement bonne actrice qu’elle n’a pas besoin d’être dirigée. La seule qui soit un peu en retrait est Alexandra Lamy, qui est bien trop transparente pour donner du corps à un personnage déjà à la base limité.

luckylukeMais alors qu’est-ce qui cloche ? Je n’aime pas dénoncer, mais si on doit trouver un coupable, on peut désigner James Huth pour pendre quelqu’un. Je n’aime pas être méchant, mais il est tout simplement un très mauvais réalisateur. On l’avait déjà vu dans Brice de Nice et il se révèle une nouvelle fois incapable de diriger un acteur aussi cabotin que Jean Dujardin. Ce dernier nous livre son numéro habituel, qu’il maîtrise à la perfection, mais semble parfois perdu à l’écran, nous offrant quelques mimiques en attendant que quelque chose se passe.

Car le plus gros défaut de Lucky Luke, c’est d’être mou du genou ! Jamais, ne serait-ce qu’une seule seconde, on y trouve l’étincelle d’énergie indispensable à une comédie. Aucune scène ne décolle, les gags ne s’enchaînent jamais, tout est poussif, s’étire désespérément en longueur, gâchant irréversiblement la moindre bonne idée. Ce film est tout simplement très mal réalisé. Vu le budget, le mythe en question, le casting, cela constitue quand même un immense gâchis. Je n’ai pas un amour fou des réalisateurs français, mais tout de même, on a des dizaines de gens plus talentueux que James Huth, auxquels on aurait pu confier un tel projet. Le résultat en aurait été que bien meilleur. Espérons que la suite (avec le Dalton ?) qui ne manquera pas d’arriver changera de mains. Mais je crains fort que cela ne soit pas le cas.

Heureusement que le prochain mythe de la culture francophone à être adapté à l’écran, à savoir Tintin, sera réalisé par Steven Spielberg himself. Après le désastre du Petit Nicolas, il est désolant de constater que c’est d’Hollywood qu’on attend le meilleur pour valoriser notre propre culture !

Fiche technique :
Production : UGC YM, UGC Images, Captain Movies, France 2 cinema
Distribution : UGC
Réalisation : James Huth
Scénario : James Huth, Sonja Shillito, Jean Dujardin, d’après la BD de Morris et Goscinny
Montage : Antoine Vareille, Frédérique Olszak
Photo : Stéphane Le Parc
Décors : Pierre Quefféléan
Musique : Bruno Coulais
Effets spéciaux : Doc Ransanberg
Durée : 104 mn

Casting :
Jean Dujardin : Lucky Luke
Sylvie Testud : Calamity Jane
Michaël Youn : Billy the Kid
Daniel Prevost : Pat Poker
Alexandra Lamy : Belle Star
Melvil Poupaud : Jesse James
Jean-François Balmer : le gouverneur Cooper
Bruno Salomone : Jolly Jumper (la voix seulement)

CHAPEAU MONSIEUR LOEB !

sebastienloeb

sebastienloebSebastien Loeb a encore renforcé sa place au panthéon du sport français. En devenant pour la 6ème fois consécutive champion du monde des rallyes, on peut même dire que c’est au panthéon du sport mondial qu’il est entré, s’il n’y était pas déjà. Son statut de sportif préféré des français n’est donc en rien usurpé. Pour une fois que notre pays ne tombe pas amoureux d’un éternel loser.

Cependant, on ne peut s’empêcher de se poser un certain nombre de questions quant à la valeur réelle de ses exploits. C’est toujours le cas pour les champions qui écrasent leur discipline de manière insolente. Sont-ils vraiment des champions exceptionnels ou bien est-ce la concurrence qui n’est pas à la hauteur ? Si quelques sports comme l’athlétisme permettent de juger les performances dans l’absolu, grâce aux chronomètres, la plupart des sports ne possèdent pas de tels points de comparaison. Cela donne donc lieu à d’interminables débats. De vains débats certes, mais que toute personne aimant ne serait-ce qu’un tantinet le sport adore mener.

Même si ce sixième titre fut remporté in-extremis, Sebastien Loeb profite sûrement d’un certain désamour du sport automobile en général, et du rallye en particulier. Quand on sait que le plateau des constructeurs n’est plus composé que de Citroën et Ford, on sent bien que ce sport a un peu de mal à exister à l’ombre de la F1. Il manque à Sebastien Loeb un rival. Des rivaux, il en usé quelques uns, mais pas de rival capable de le battre.

Sebastien Loeb se retrouve un peu dans la peau d’un Federer du temps où ce dernier enchaînait les Petits Chelems avec trop de facilité pour que ça ne paraisse pas louche. D’ailleurs, on ne peut le nier, l’arrivée de Nadal et un degré moindre Djokovic, a considérablement ralenti la constitution de son formidable palmarès. C’est donc qu’avant eux, la concurrence n’était pas au niveau. Mais qu’il arrive encore à gagner des titres du Grand Chelem, bien que cette dernière se soit considérablement renforcée, ne leur donne que plus de valeur et a fait définitivement taire les sceptiques !

Faut-il donc espérer pour Sebastien Loeb qu’il soit battu l’année prochaine pour mieux reconquérir son titre en 2011 ? Pour la légende peut-être, mais pas sûr que le compétiteur qu’il est soit d’accord. Et pas sûr qu’aucun de ses rivaux ne soit capable de l’en empêcher.

LYON, PETIT GRAND D’EUROPE

liverpoollyon

liverpoollyonLyon vient de nous offrir une très belle soirée de football. Il vient également de signer une performance quasi historique, même si Marseille avait ouvert la voix deux ans auparavant. Mais entre la victoire surprise de l’OM et celle de l’OL ce soir, il y’a un monde.

On savait Liverpool handicapé par les blessures et sur une mauvaise dynamique, et du coup, on s’attendait presque à un tel résultat. C’est avant tout le signe que l’Olympique Lyonnais est devenu un acteur récurent et majeur de la Ligue des Champions. Ses exploits passés contre le Bayern et le Real Madrid nous ont habitué à voir les Lyonnais triompher de grands d’Europe lors des phases de poule.

Mais si le Lyon de Le Guen et Houiller avait parfois atteint des sommets dans son niveau de jeu, le Lyon de Puel a peut-être réalisé une performance qui fait de ce club définitivement un « petit » grand d’Europe. En effet, ce n’est pas en signant une performance exceptionnelle que Lyon a triomphé, mais en faisant preuve de solidité, de maturité, de sang-froid et de capacité à prendre des initiatives, malgré le contexte. Des qualités qui manquent si souvent aux clubs français.

Combien de fois avons-nous entendu « l’expérience a parlé » après une défaite qui nous semblait injuste (Marseille-Milan en fut le dernier exemple). Ce soir, l’expérience était au moins autant du côté lyonnais que de celui de Liverpool. Pas de fébrilité, pas de jambes qui flanchent, pas d’équipe qui regarde jouer l’autre. Bref, un vrai match de Ligue des Champions, avec une vraie équipe de Ligue des Champions. Une équipe nommée Olympique Lyonnais.

Pour devenir un grand d’Europe tout court, Lyon devra aller au bout et remporter la coupe aux grandes oreilles. Mais ça, c’est une autre histoire…

LA VOIX DU PEUPLE

daviddouillet

daviddouilletLe peuple souverain a parlé et nul ne peut contester sa parole. Il a choisi d’élire un type qui a touché une coquette somme pour faire de la pub pour une boîte qui s’est révélé une vaste arnaque dont ont été victimes des gens très modestes et n’en a jamais rien eu à foutre. Un type qui a visiblement un compte bien planqué au Luxembourg (même si ça reste à prouver). Un type qui n’a aucune compétence. Un type qui n’avait sûrement jamais mis le pieds ni à Poissy, ni à Plaisir avant le début de l’année. C’est le choix du peuple et la démocratie impose de le respecter.

frederikbernardLe peuple souverain et nul ne peut contester sa parole. Il a choisi de ne pas élire un élu de terrain, qui a milité pendant 30 ans dans sa commune. 30 ans pendant lesquels une victoire semblait inaccessible, dans une terre de mission, où la politique était un sacerdoce, non une ambition. Un homme qui a sué sang et eau pendant plusieurs décennies pour l’unique amour de ses idées et de ses convictions. Un homme qui sait ce que c’est que de tracter dans une ville qui ne vous est pas favorable, par –5°, quand personne n’a envie de sortir les mains de ses poches pour prendre le papier que vous lui tendez. Un homme qui avait même rasé sa moustache pour l’occasion. C’est le choix du peuple et la démocratie impose de le respecter.

Mais bon, dans le peuple, y’a quand même beaucoup de blaireaux et ils sont quand même particulièrement concentrés dans les Yvelines !

TOUS LES ESPOIRS SONT PERMIS…TOUS LES DOUTES EGALEMENT

franceautriche

franceautricheUne de mes plus grandes fiertés idiotes est le fait que, même lorsque les pires critiques pleuvaient sur l’équipe d’Aimé Jacquet, j’ai toujours affirmé que nous serions Champion du Monde en 1998. Nous étions chez nous, avions les meilleurs joueurs au monde, une défense de fer. Bref, cela me semblait logique et j’avais raison.

Et bien, cette fois je vous annonce qu’en 2010 ; la France va…participer à la Coupe du Monde. Oui bon, pour le reste, cette fois-ci, je dois bien avouer qu’il n’y a aucune certitude. Mais est-ce une raison pour ne pas y croire ?

A peu près toutes les équipes championnes du monde ont été porté par un grand joueur, un très grand joueur. Matthäus, Romario, Zidane, Ronaldo pour les dernières éditions. Toutes ? Non, il y’a trois ans, l’Italie a triomphé avec une équipe très homogène mais sans une individualité qui se détachait vraiment. A ce jour, nous n’avons pas non plus un tel joueur, malgré la dimension prise par Ribery et toutes les promesses portées par Gourcuff.

L’Equipe de France pourrait donc ressembler à la Squadra Azzura de 2006. Une équipe que l’on placerait parmi les favoris par habitude, mais sans vraiment y croire. Une équipe qui passerait peut-être péniblement le premier tour, triompherait peut-être de justesse en 8ème de finale contre une équipe de seconde zone (par exemple, au hasard,…l’Australie !), monterait peut-être doucement en régime et gagnerait peut-être la finale sans vraiment le mériter, en faisant notamment disjoncter le meilleur joueur d’en face en insultant sa sœur… Oui bon ok, ça, j’en doute fort, ce n’est pas vraiment dans la culture tricolore.

Dans tout ce que je viens de dire, ce qui est important évidemment, ce sont les peut-être. Car une élimination honteuse dès le premier tour peut tout aussi bien arriver. Mais justement, on ne sait pas, c’est ça qui est beau dans le football, le sport le plus imprévisible qui soit.

Bon, vous me direz que j’oublie quand même un point de détail. Les fameux barrages… Oui certes, c’est un gros détail. Mais qui ne m’inquiète pas plus que ça. Comme en 98, je suis persuadé que j’aurais finalement raison…ou pas !

LE PETIT NICOLAS : Indigne de Goscinny

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lepetitnicolasafficheRené Goscinny est un des plus grands génies de l’histoire de la francophonie. Son humour d’une subtilité remarquable nous a laissé des œuvres qui ont profondément marqué la culture de la seconde moitié du 20ème siècle : Les Dingodossiers, Astérix, Lucky Luke et… le Petit Nicolas. Bon, même si ces derniers temps les mots petit et Nicolas ont tendance à désigner une personne relativement antipathique que l’on voit partout, il servait précédemment à désigner un personnage de roman, dont le héros est un petit garçon espiègle. Le voici enfin adapté sur grand écran. Mais le génie de Goscinny est-il vraiment transcriptible au cinéma ?

Le Petit Nicolas croit comprendre un jour que ses parents vont lui donner un petit frère. Il s’imagine alors les pires catastrophes et craint d’être abandonné dans la forêt. Avec ses amis, il fonde alors une bande secrète pour trouver une solution au problème.

N’y allons pas par quatre chemins, le Petit Nicolas est un film raté et sans intérêt, vaguement mignonnet, même pas vraiment drôle et surtout totalement indigne du génie de Goscinny. Une comédie sans rythme, sans énergie, sans imagination et surtout sans la moindre dose de subtilité. Relire du Goscinny à l’âge adulte nous permet de voir enfin que derrière la farce, il y’a une critique très juste de nos petits travers quotidiens et franchouillards. Du 8ème degré qui nous échappait quand nous étions enfant, mais qui redonne un intérêt à son œuvre à tout âge de la vie.

Rien de tout cela dans le Petit Nicolas, le film, où seuls la farce et l’humour premier degré subsistent. Si au moins, le film avait été une réussite à ce niveau là, on aurait pu pardonner. Mais là, rien ne vient donner à ce film le souffle et l’intérêt minimal que l’on aurait pu attendre pour un tel « blockbuster » à la française. La scène du dîner entre les parents du Petit Nicolas, le patron du père et sa femme aurait du être le moment de bravoure de ce film puisque sa préparation est un des fils rouges de l’intrigue. Le résultat est une scène où l’on voit Valérie Lemercier s’agiter dans tous les sens, sans nous arracher à peine plus qu’un sourire.

lepetitnicolasAutre chose m’a également gêné dans ce film, mais cela reste très personnel. En effet, j’ai trouvé le petit garçon interprétant le Petit Nicolas absolument pas mignon. Au contraire, j’ai eu envie pendant tous le film de lui filer une bonne paire de claques, pour rien, comme ça, juste pour le plaisir. Bon j’exagère un tantinet (je rassure tout le monde, je n’ai pas ce genre de pulsions envers les enfants !). Il y’a, certes, une vraie ressemblance avec le personnage dessiné par Sempé mais du coup, il semble artificiel, un extra-terrestre parmi de vrais petits garçons.

Car heureusement que ses camarades sont là. Ils représentent, avec les décors et les costumes qui forment une reconstitution des années 50 tout à fait remarquable, la seule réussite du film. Au moins, eux, ils y croient et donnent tout ce qu’ils ont. Pas comme la multitude de « guests » qui se contentent du minimum. Sortir Galabru de l’hospice (ok, j’ai décidé d’être méchant ce soir) pour lui faire faire le pitre en Ministre de l’Education, comme moi je suis coureur de 100m, n’était vraiment pas digne de sa grande carrière… Enfin, si Galabru n’avait pas tourné dans un grand nombre de navets, ça se saurait…

Bref, heureusement qu’Alain Chabat a réussi son Astérix Mission Cléopâtre, car sinon les adaptations de l’univers de Goscinny à l’écran tourneraient toutes à la catastrophe. La pression est maintenant sur Lucky Luke qui sort dans les semaines à venir. De toute façon, il y’a peu de chance qu’il fasse pire que ce Petit Nicolas qui est un petit, mais alors un tout petit film.

Fiche technique :
Production : Fidélité, Imav
Distribution : Wild Bunch distribution
Réalisation : Laurent Tirard
Scénario : Laurent Tirard, Grégoire Vigneron, Alain Chabat, d’après l’oeuvre de Sempé et Goscinny
Montage : Valérie Deseine
Photo : Denis Rouden
Format : 1.85, Dolby SRD DTS
Décors : Françoise Dupertuis
Musique : Klaus Badelt, Renan Luce (chanson)
Costumes : Pierre-Jean Laroque
Durée : 90 mn

Casting :
Maxime Godart : Nicolas
Valérie Lemercier : La maman
Kad Merad : Le papa
Sandrine Kiberlain : la maîtresse
Daniel Prévost : M. Moucheboume
Anémone : Mlle Navarrin
François-Xavier Demaison : Le bouillon
Michel Galabru : Le Ministre
Louise Bourgoin : La fleuriste 

MARY ET MAX : Pâte à modeler l’émotion

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maryetmaxafficheIl y’a des films dont on attend rien, où l’on va en traînant un peu des pieds. Bon ok, c’est surtout à moi que cela arrive lorsque j’enchaîne trois films en une soirée et que j’ai besoin que les horaires concordent. Bref, on entre dans la salle à reculons et on en sort…à reculons aussi parce que le spectacle nous a tellement enthousiasmé qu’on aimerait bien qu’il se prolonge un peu. Mary et Max qui est, pour moi, un vrai coup de cœur cinématographique.

Mary est une petite fille solitaire qui vit en Australie. Affublée d’une tâche de naissance sur le front couleur marron, elle vit avec sa mère passionnée par le sherry et son père passionnée par la taxidermie. Un jour, elle choisit au hasard un nom dans l’annuaire de New York et lui écrit une lettre. Ce dernière arrive chez Max Horowitz, 44 ans, obèse et atteint du syndrome d’Asperger. Va alors débuter la plus improbable correspondance, mais aussi la plus sincère amitié.

Réalisé entièrement en pâte à modeler, Mary et Max est très loin de l’univers de Wallace et Gromit. Il s’agit d’un vrai film pour adultes, mais surtout une fable magnifique et bouleversante. Un film sur l’acceptation de la différence et, encore plus, l’acceptation de soi-même, exercice ô combien délicat pour beaucoup d’entre nous.

En choisissant de faire de cette histoire, un film d’animation, Adam Elliot s’est donné toute liberté pour l’illustrer et lui donner vie. Et il utilise à merveille toutes les possibilités qui lui sont offertes. Le film reste cependant intensément humain, les effets visuels n’étant jamais une fin en soi mais un outil pour renforcer la force et la profondeur du message.

maryetmaxSi Mary et Max avait été un film classique, il n’aurait pas eu la même poésie. Et c’est justement cette dernière qui le rend si émouvant. Sans elle, il aurait été juste glauque et dramatique. Grâce à elle, il y règne un élan d’optimisme humaniste malgré toute la tristesse de l’univers des deux personnages. Leurs échanges constituent une des rares lueurs qui éclairent leurs vies, dans un monde qu’ils ne comprennent pas bien. La manière dont ils sont illustrés apportent cette touche de fantaisie et d’humour qui apporte plus bien au propos que tous les moments larmoyants qu’on pourrait imaginer.

Mary et Max vous fera donc au moins rire que pleurer. Et même les larmes versées seront des larmes d’émotion où se mêle tristesse et joie. La fin notamment ne pourra laisser personne indifférent. Moment magnifique, parfaite conclusion d’un récit aussi riche qu’original, délirant parfois, profondément humain toujours.

Mary et Max est donc une vraie bonne surprise cinématographique. Un moment d’émotion pure mise en scène de manière originale. Bref, un film extraordinaire dans tous les sens du terme.

Fiche technique :
Production : Mélanie Coombs, Melodrama Pictures
Distribution : Gaumont Distribution
Réalisation : Adam Elliot
Scénario : Adam Elliot
Montage : Bill Murphy
Photo : Gerald Thompson
Décors : Adam Elliot, Isabel Peppard et Claire Tennant
Son : Peter Walker
Directeur artistique : Craig Fison
Durée : 92 mn

Casting :
Toni Collette : Mary Daisy Dinkle
Philip Seymour Hoffman : Max Jerry Horovitz
Eric Bana : Damien
Barry Humphries : le narrateur
 

THE INFORMANT ! : Steven, pense plutôt à la qualité qu’à la quantité !

theinformantaffiche

theinformantafficheSteven Soderbergh vient de réaliser un petit exploit en sortant en 2009 pas moins de quatre films, dont le petit dernier, The Informant ! S’il n’a toujours été assez productif, il bat ici tous les records. Sa filmographie comporte la particularité d’enchaîner des films de commande, orienté vers le grand public, et des projets plus personnels, nettement moins abordables. Pour ne pas dire parfois méga chiants, comme le diptyque sur le Che. The Informant ! est une comédie légère qui s’adresse à une audience large. Mais à trop en faire, Steven Soderbergh a peut-être oublié d’y mettre tout son talent.

Mark Whitacre est un des principaux cadres d’ADM, un géant de l’agroalimentaire américain. Un jour, suite à une affaire d’espionnage industriel par des concurrents japonais, il est confronté au FBI, auquel il finit par avouer une vaste organisation d’entente sur les prix entre les différents acteurs du marché. Il devient alors informateur et chargé de réaliser des enregistrements pour prouver ses allégations.

The Informant ! a un côté Erin Brokowich, du moins dans sa première partie, avec un aspect parodique tant le personnage de Mark Whitacre prête à sourire. La bande-annonce insistait d’ailleurs énormément sur son côté « Je me prends pour James Bond », alors qu’il est en fait particulièrement maladroit et se trouve sur le point de faire capoter toute l’enquête.

Mais voilà, au bout d’une heure, The Informant ! prend une toute autre tournure. Il serait dommage d’en dire quoi que ce soit et de gâcher la surprise de ceux qui auront l’occasion de voir ce film. Le glissement se fait petit à petit, et le spectateur commence à comprendre peu à peu que les choses ne sont pas tout à fait ce qu’elles semblaient être au début. C’est beaucoup plus subtil que le retournement final classique dont le cinéma hollywoodien use et abuse. Il y’a donc une vraie intelligence dans le scénario… mais malheureusement il lui manque bien d’autres choses.

theinformantDéjà, du rythme. The Informant ! est un film mollasson. Il se veut une comédie, mais n’est absolument pas parcouru par l’énergie indispensable à ce genre de film. Il est amusant, sympa, marrant, mais certainement pas drôle, alors qu’il promettait de l’être et que tout était réuni pour cela. C’est bien dommage et regrettable. En fait, le film donne un peu l’impression d’avoir été bâclé et le rythme de sorties des films de Soderbergh donne à penser que l’on ne doit pas être très loin de la vérité en pensant cela.

Car The Informant ! avait du potentiel. Déjà la caméra de Soderbergh reste malgré tout une de plus élégantes du cinéma mondial. On avait déjà fait la remarque pour le Che, tous ses films sont beaux à voir. Mais du coup, il a franchement tendance à tomber dans le contemplatif. Et les productions de cette année donnent à penser que ce défaut s’accentue avec l’âge, signe peut-être que sa créativité artistique tourne en rond, et surtout plus autour que d’elle-même. Mais bon, un tel talent ne saurait se complaire dans la médiocrité bien longtemps.

Et puis, The Informant ! avait la chance d’avoir comme tête d’affiche l’immense Matt Damon. Mais voilà, aussi bon soit-il, il ne peut à lui seul apporter tout ce qui manque à ce film. Du coup, son interprétation tourne elle aussi vite en rond, autour des mêmes mimiques. Même quand la vision que l’on a du personnage évolue, son jeu ne change pas, ou si peu. Mais il n’y avait sans doute pas matière à.

The Informant ! restera un Soderbergh plutôt raté. Mais après l’échec du diptyque sur le Che, même ses plus farouches adeptes vont peut-être commencer à se faire du soucis.

Fiche technique :
Production : Warner Bros. Pictures, Participant Media et Grounswell Productions, Section eight-Jaffe / Braunstein Entrprise
Distribution : Warner Bros. Entertainment France
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Scott Z.Burns
Montage : Stephen Mirrione
Photo : Peter Andrews
Format : 35mm
Décors : Doug Meerdink
Son : Denis Touwns
Musique : Marvin Hamlisch
Directeur artistique : David E. Scott, William Hunter
Durée : 107 mn

Casting :
Matt Damon : Mark Whitacre
Melanie Lynskey : Ginger Whitacre
Tom Papa : Mick Andreas
Eddie Jemison : Kirk Schmidt
Lucas McHugh Carroll : Alexander Whitacre
Rusty Schwimmer : Liz Taylor