Cannes, Venise et Berlin sont les trois villes qui accueillent les plus prestigieux festivals cinématographiques internationaux. Mais il est vrai que c’est sans doute le troisième qui bénéficie de la plus faible notoriété et qui a l’impact sur le public le plus limité. Au moins chez nous. Pour preuve, la disparition en tout juste deux semaines des écrans de Corps et Ame qui a pourtant remporté l’Ours d’Or en 2017. Un échec retentissant donc, mais surtout totalement incompréhensible.
Corps et Ame aurait pu être un film tout ce qu’il y a des plus banal. Une histoire d’amour, pour ne pas dire une comédie romantique, entre deux êtres singuliers et un peu paumés. La trame narrative sous-jacente est donc extrêmement classique, pour ne pas dire éculée. Mais se pose sur celle-ci des éléments qui le sont pas du tout, bien au contraire. Les personnages d’abord, mais aussi le décor ou les différentes étapes qui vont jalonner ce parcours amoureux, tout est marqué par une réelle audace et qui est à chaque fois pleinement récompensée. Le tout est au final parcouru d’une sublime poésie, d’un brin d’humour savoureux, d’un rien de mélancolie et d’une infinie tendresse.
Corps et Ame bénéficie également d’une mise en scène d’une rare élégance. Le film est beau, dans tous les sens du terme. Il bénéficie aussi de l’interprétation magnifique de ses deux acteurs principaux, qui nous font pleinement croire à cette histoire aussi touchante qu’incroyable. Tout cela concourt à un résultat où chaque élément sublime l’autre. Ce film est infiniment plus que la somme de ses parties. Il mérite surtout pleinement son Ours d’Or et certainement pas cette indifférence incroyable et déplorable du public. Cette fois, c’est clair, il n’a pas toujours raison !
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Réalisation : Ildikó Enyedi Scénario : Ildikó Enyedi Photographie : Máté Herbai Montage : Károly Szalai Musique : Ádám Balázs Durée : 116 minutes
Casting : Géza Morcsányi : Endre, Alexandra Borbély : Mária Rácz Zoltán Schneider : Jenő Ervin Nagy : Sanyi Tamás Jordán : thérapeute pour enfants de Mária Zsuzsa Járó : Zsuzsa Réka Tenki : Klára Júlia Nyakó : Rózsi Itala Békés : Zsóka Éva Bata : Jutka Köves Pál Mácsai : enquêteur
Il n’est pas rare que les artistes mettent un peu de leur propre histoire dans leurs oeuvres. Ils peuvent même mettre leur propre histoire en scène à travers une autobiographie. Réaliser un documentaire sur son propre passé est moins fréquent. C’est ce que nous propose Eric Caravaca avec Carré 35. Un film qui nous plonge au coeur d’une histoire incroyablement personnelle et intime. Un film bouleversant mais qui ne permet pas d’échapper à un léger malaise.
La question que soulève Carré 35 est la raison qui a poussé Eric Caravaca de faire de cette recherche sur son passé un film visible par le plus grand nombre. J’avoue avoir été parfois gêné par ce partage d’une histoire qu’on ne raconterait normalement qu’à des proches. Cette gène était encore plus forte quand Eric Caravaca commet quelques maladresses, comme une image esthétisée de son père sur son lit de mort ou bien un parallèle avec l’idéologie nazie dont on se demande ce qu’elle vient faire là.
Carré 35 véhicule cependant une émotion hors du commun. On n’en ressort pas indemne, le coeur et l’esprit en vrac. La narration, si elle reprend les étapes de la recherche d’Éric Caravaca, maintient un vrai « suspense » au-delà de l’émotion brute. Impossible donc de rester indifférent face à ce film, témoignage d’une rare intensité. On ne regrette donc pas qu’Eric Caravaca se soit lancé dans cette démarche singulière qui marquera profondément tous ceux qui auront vu ce film.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Les films du Poisson, Niko film Réalisation : Eric Caravaca Scénario : Eric Carvaca, Arnaud Cathrine Montage : Simon Jacquet Photo : Jerzy Palacz Distribution : Pyramide Musique : Florent Marchet Durée : 67 min
Un film de personnage implique évidemment un personnage auquel le spectateur s’attache et se soucie donc de ce qui lui arrive. Mais ce lien n’a pas forcément à être immédiat. Personnage et spectateur peuvent avoir besoin de temps pour se découvrir, se connaître et d’apprivoiser. Un processus qui va donner toute son épaisseur et son intérêt au film. Comme dans ce très réussi Jeune Femme.
Le moins que l’on puisse dire c’est que la jeune femme en question est dans un premier temps particulièrement horripilante. Puis on découvre peu à peu le malaise que cache ce comportement et toutes les jolies choses qui restaient cachées derrière. Tout cela donne un portrait singulier et dont on ne sait jamais où il va nous mener. Jeune Femme est au final plaisant à défaut d’être emballant et l’attachement qui finit par naître fait qu’on sort de la salle en regrettant si vite un personnage qu’on aura mis du temps à aimer.
Jeune Femme est l’occasion de découvrir Laetitia Dosch, que l’on avait déjà aperçue dans la Belle Saison. Elle tient là avec un brio épatant son premier grand rôle. Elle porte le film sur ses frêles épaules sans jamais trembler. Le film doit beaucoup à la narration de Léonor Serraille. Elle parvient à dévoiler progressivement toutes les facettes de son personnage avec un joli sens du timing qui préserve totalement le spectateur de l’ennui. Elle livre donc un joli premier film qui en appelle d’autres.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Blue Monday Productions Réalisation : Léonor Serraille Scénario : Léonor Serraille Montage : Clémence Carré Photo : Emilie Noblet Décors : Valérie Valéro Distribution : Shellac Musique : Julie Roué Durée : 97 min
Casting : Laetitia Dosch : Paula Grégoire Monsaingeon : Joachim Souleymane Seye Ndiaye : Ousmane Léonie Simaga : Yuki Nathalie Richard : la mère de Paula Erika Sainte : la mère de Lila Audrey Bonnet : la médecin
Thor est un peu la parent pauvre des films Marvel. Personnellement, je n’ai jamais vraiment apprécié les Iron-Man non plus, mais il faut avouer que les productions où le fils d’Odin intervient au solo ont pour l’instant été assez médiocres. Cependant, la bande-annonce de Thor : Ragnarok arrivait malgré tout à nous faire envie et nous donner l’espoir de passer un très bon moment cinématographique. Au final, le moment est bon, mais pas autant qu’espéré, car la médiocrité n’a pas totalement disparu.
Le scénario de Thor : Ragnarok ne ressemble à peu près à rien. Il arrive à mettre bout à bout deux parties qu’on aurait imaginé difficile à relier. Le résultat est bancal et broder de grosses ficelles totalement artificielles. C’est souvent fun, souvent spectaculaire et surtout Marvel respecte sa nouvelle ligne de conduite. En effet, le film est empli d’humour et d’autodérision qui sauve en fait l’histoire du ridicule. On ne s’ennuie pas, mais on a bien du mal à s’enthousiasmer, du fait de l’absence total de souffle épique. On est devant un produit de pure consommation qui rassasie le ventre, sans faire chavirer de bonheur les papilles.
La bonne surprise de Thor : Ragnarok vient de Chris Hemsworth. Il confirme un talent comique qu’on avait déjà aperçu dans le remake de Ghostbusters. Il arrive à rendre son personnage beaucoup plus sympathique et moins monolithique que d’habitude. Il apporte une vraie touche de fraîcheur. Autre satisfaction, la bande-originale, très rock, qui porte les scènes les plus spectaculaires. La musique est sûrement l’élément qui apporte quelques frissons fugaces au spectateur. Pas assez pour en redemander encore et encore, mais assez pour attendre avec une réelle impatience le prochain Avengers, dont ce film n’est qu’une vague introduction.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Marvel Studios, Walt Disney Pictures Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures International Réalisation : Taika Waititi Scénario : Stephany Folsom, Craig Kyle, Christopher Yost Montage : Zene Baker, Joel Negron Photo : Javier Aguirresarobe Décors : Dan Hennah Musique : Mark Mothersbaugh Durée : 130 min
Casting : Chris Hemsworth : Thor Mark Ruffalo : Hulk Tessa Thompson : Valkyrie Cate Blanchett : Hela Anthony Hopkins : Odin Tom Hiddleston : Loki Benedict Cumberbatch : Doctor Strange Karl Urban : Skurge Idris Elba : Heimdall
On ne peut que se réjouir de voir de plus en plus de films parlant de la condition des femmes au Maghreb et au Moyen-Orient. Ce qui est évidemment nettement moins réjouissant c’est que ces films rendent compte d’une situation particulièrement catastrophique. La Belle et la Meute apporte un nouveau témoignage de celle-ci, nous transportant en Tunisie, où une jeune fille essaye désespérément de porter plainte après un viol par des policiers. Un film qui possède une grande valeur en tant que témoignage, mais à force d’enfoncer un clou, on finit par le rendre invisible.
La Belle et la Meute bénéficie d’une forme relativement audacieuse. En effet, il est composé d’un nombre limité de longs plans séquences, qui arrivent à merveille à créer une impression d’oppression quand la jeune fille se heurte encore et encore à un mur de mépris. Si la technique n’est pas nouvelle, elle est ici assumée pleinement et jusqu’au bout et surtout employée à bon escient pour servir son propos. Si on ajoute à cela la prestation remarquable de Mariam El Farjani, ce film est incontestablement réussi d’un point de vue formel.
Evidemment, en nous livrant les faits de façon direct, pour ne pas dire brutal, Kaouther Ben Hania ne peut qu’inspirer la révolte chez le spectateur, face à une situation aussi abjecte. L’absence total de recul, de perspective, de réflexion ne constitue pas forcément un problème en soi, c’est un choix de narration, mais elle limite forcément la portée du film. On ne mesure pas bien à quel point ce qui nous est présenté est un cas extrême ou bien est vraiment révélateur de l’état de la société et des institutions tunisiennes. La Belle et la Meute ne peut évidemment pas laisser indifférent, mais on reste dans une émotion comme face à un fait divers tragique. Une émotion forte, mais une émotion qui passe.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Kaouther Ben Hania Scénario : Kaouther Ben Hania Photographie : Johan Holmquist Montage : Nadia Ben Rachid Musique : Amine Bouhafa Production : Nadim Cheikhrouha Pays d’origine : Tunisie Langue originale : arabe Format : couleur Genre : thriller, drame Durée : 100 minutes
Au cours de ce récit, je vais essayer de m’efforcer de ne pas donner une image injustement négative de mes dix années de militantisme. Il est vrai que le tout va bien donne moins à raconter que les travers drôles, pathétiques ou dramatiques. Je ne me serais pas autant investi s’il n’y avait pas eu aussi de bons moments, où je pouvais parler avec fierté des actions entreprises. Je vais donc vous parler cette fois-ci d’une de ces périodes… et de sa fin lamentable.
A la fin du congrès fédéral du Congrès de Reims, la responsable du site internet de la fédération PS des Yvelines vient me voir pour me demander si je veux bien reprendre sa mission, puisqu’elle est amenée à d’autres fonctions. Je faisais précédemment partie de son équipe et j’étais très flatté de cette « promotion » pas du tout sollicitée et totalement inattendue, surtout qu’il y avait dans l’équipe également un militant beaucoup plus expérimenté et compétent techniquement. Mais j’accepte volontiers.
Cette fonction me fait intégrer l’équipe communication de la fédération, dirigée par une camarade de la même commune que moi avec qui je m’entends plutôt bien. Globalement, c’est toute l’équipe qui fonctionne à merveille et qui surtout bosse ! Chaque mois, nous nous réunissons pour travailler et nous parvenons à tenir un site internet à jour donc, mais aussi à publier une newsletter hebdomadaire, le BIF ou Bulletin d’Information Fédéral, et même un petit « magazine » d’une dizaine de page, YAG, acronyme de Yvelines à Gauche. Cela nous demande beaucoup de temps, mais à la fois, si nous sommes militants, ce n’est pas pour nous tourner les pouces !
Au niveau national, le Parti a pansé les plaies du Congrès de Reims et s’est mis au travail. Ma Section viroflaysienne coule des jours heureux faites d’action et de débat. Et la fédération des Yvelines est au travail. Pour cette dernière, ce n’est pas que le service communication qui assure. Une conférence est organisée chaque mois (les Mardis du PS), des formations pour les militants, des moments de convivialité comme un barbecue fédéral annuel. J’étais alors loin de me douter que je vivais la seule période où mon Parti allait fonctionner normalement et efficacement à tous les niveaux. Cette période fut malheureusement assez courte, mais en tout cas heureuse.
Comment tout cela s’est-il terminé alors ? Le militant expérimenté que j’évoquais plus haut semblait avoir bien pris dans un premier temps ma nomination et m’avait proposé de continuer d’aider, se chargeant notamment de nourrir le site le plus régulièrement possible. Or, il s’est vite avéré qu’il avait en fait très mal vécu la chose et a décidé alors de me pourrir la vie. Cela passait par des petites remarques acerbes, quand par exemple je publiais directement une info sur le site pour gagner du temps et éviter un échange de mails inutiles. Tout choix d’évolution du site était systématiquement contesté. Le ton est monté progressivement. Sa grande spécialité était notamment de jouer un maximum la provocation, d’attendre une remarque désagréable de ma part avant de faire une réponse le présentant comme une victime, avec en copie des représentants des instances supérieures de la fédération. C’est peut-être la seule fois de ma vie où quelqu’un cherchait directement à me nuire personnellement. Et c’est peut-être aussi la seule fois de ma vie où j’ai eu autant de haine pour quelqu’un.
Ceci a pris une ampleur insupportable le jour où la plate-forme Overblog a connu un bug majeur. Beaucoup de sites, dont le notre, ont vu leur affichage perturbé, y compris après la « réparation » du dysfonctionnement. Ceux pour qui le problème persistait devaient contacter le support de la plate-forme pour qu’ils interviennent. J’ai fait le choix de maintenir plusieurs jours un site visiblement « bugué » pour que un support quelque peu débordé puisse analyser et corriger le problème et qu’on ne perde pas tout le travail accompli sur le nouveau design. Nouveau design qui déplaisait fortement à la personne en question, qui s’est alors déchaîné contre ma décision, arguant qu’elle donnait une mauvaise image du PS 78 vis-à-vis de la presse (comme si elle s’amusait à regarder notre blog tous les jours…). Il finit par revenir lui-même à l’ancien design, particulièrement ringard, mais qui ne buguait effectivement pas et surtout a changé les codes d’accès pour prendre seul le contrôle du site.
La responsable de la communication et moi nous sommes alors tournés vers notre premier fédéral. Malheureusement, ce dernier figurait sur la liste pour les élections européennes de 2009 et n’avait pas vraiment le temps de se pencher sur la question. De toute façon, tout cela se heurtait à une caractéristique des partis politiques. Malgré leur aspect d’organisation pyramidale, ils sont foncièrement différents d’une entreprise. En effet, il n’existe aucun rapport naturel d’autorité entre ses membres, quels que soient leurs échelons respectifs. Il s’agit d’un monde fait principalement de militants amateurs où chacun peut se comporter aussi mal qu’il le souhaite sans que personne ne puisse rien y faire. Et personne ne doute que cela soit particulièrement vrai au PS…
Je finis donc par claquer la porte de la vie fédérale. La mort tragique de notre premier fédéral l’été suivant (un homme absolument remarquable par ailleurs) me convainc d’en rester éloigner quelques temps. J’y suis revenu un peu plus tard pour un des épisodes les plus ridicules de la vie du PS de ces dernières années : le lancement de la COOPOL. Mais ceci vaudra bien un chapitre à lui tout seul.
Personne n’a vraiment cru Steven Soderbergh quand il avait annoncé qu’Effets Secondaires, sorti en 2013, serait son dernier long métrage. Effectivement pour un réalisateur qui tournait quasiment deux films par an, la pause fut longue. Elle lui a permis notamment de se consacrer à une série, mais le voilà revenu à ses premiers amours cinématographiques avec Logan Lucky. Et il revient au meilleur de sa forme, avec un casting d’enfer pour nous offrir un vrai bon moment de cinéma jouissif et une nouvelle fois réalisé à la perfection.
Pour son retour, Steven Soderbergh n’a pas pris trop de risque et s’est aventuré sur un terrain particulièrement connu pour lui. En effet, Logan Lucky a des faux airs de Ocean’s Eleven (et ses deux suites). Bref, c’est un film de casse et même si le contexte et le décor sont ici assez différents, les mécanismes sont les mêmes. Mais on y replonge avec grand plaisir, se laissant porter par une mécanique sans faille qui nous amène vers le twist final qui va bien. Pas de grande originalité à l’horizon donc, mais des personnages assez savoureux et un second degré qui ne l’est pas moins, égratignant toujours au passage les travers de la société américaine. De quoi passer un bon moment !
Cette pause de 4 ans n’a en rien rouillé l’œil de grand réalisateur que possède Steven Soderbergh. Le style reste le même, parfaitement reconnaissable, mais difficilement imitable tant il demande une grande maîtrise du montage notamment. Il reste également un formidable metteur en scène, dirigeant de main de maître un casting particulièrement riche. Logan Lucky offre notamment un rôle à contre-emploi à Daniel Craig, mais qui lui va au final comme un gant. On sent bien que toute la distribution s’éclate à faire vivre cette histoire et ses protagonistes qu’ils incarnent. Cet enthousiasme se transmet au spectateur qui ne regrette sûrement pas d’être venu voir ce film léger certes, mais ô combien réjouissant.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Réalisation : Steven Soderbergh Scénario : Rebecca Blunt Direction artistique : Eric R. Johnson et Rob Simons Décors : Howard Cummings Costumes : Ellen Mirojnick Photographie : Steven Soderbergh (crédité sous le nom de Peter Andrews) Montage : Steven Soderbergh (crédité sous le nom de Mary Ann Bernard) Musique : David Holmes Production : Reid Carolin, Gregory Jacobs et Mark Johnson Producteur délégué : Zane Stoddard Coproducteur : Matt Summers Durée : 119 minutes
Casting : Channing Tatum : Jimmy Logan Adam Driver : Clyde Logan Seth MacFarlane : Max Chilblain Riley Keough : Mellie Logan Katie Holmes : Bobbie Jo Chapman Katherine Waterston : Sylvia Harrison Dwight Yoakam : Warden Burns Sebastian Stan : Dayton White Jack Quaid : Fish Bang Brian Gleeson : Sam Bang Hilary Swank : agent spécial Sarah Grayson Daniel Craig : Joe Bang David Denman : Moody Macon Blair : agent spécial Brad Noonan Jim O’Heir : Cal Brandon Ray Olive : le manager général
N’ayant pas lu le roman dont il est l’adaptation, c’est avec un œil neuf et sans a priori que je suis allé voir Au Revoir Là-haut. Un œil impatient également, séduit par une bande-annonce qui faisait naître une réelle envie de voir ce film. Enfin, la présence d’Albert Dupontel derrière la caméra présageait du meilleur. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le résultat est à la hauteur des attentes, nous offrant un des meilleurs films français de l’année. Et même un des meilleurs films tout court de 2017. Une nouvelle preuve de l’immense talent de son réalisateur qui ne semble définitivement plus avoir de limite.
Au Revoir Là-Haut repose d’abord sur une grande histoire. Le roman n’a pas reçu le Prix Goncourt pour rien visiblement. Une histoire inattendue et riche, peuplée de personnages relativement inoubliables. On se laisse emporter par elle dès les premières secondes jusqu’aux derniers instants. Elle arrive à véhiculer des sentiments et des émotions aussi nombreuses que contradictoires, ne laissant jamais une seconde de répits au spectateur. Tour à tour, on rit, on tremble, on pleure aussi un peu. Tout ce qu’il faut pour un récit qui marque vraiment les esprits.
Le talent d’Albert Dupontel irradie de partout dans Au Revoir Là-Haut. S’il ne peut revendiquer qu’une petite partie de la qualité d’écriture dont bénéficie ce film, il ne faut pas non plus penser que le travail d’adaptation est un travail facile. Mais là où son mérite est incontestable, c’est dans une mise en scène brillante, sachant créer des atmosphères aussi différentes que les sentiments qu’elles véhiculent. Il parvient surtout à mettre sublimement en lumière personnages et donc comédiens, au premier rang desquels Nahuel Perez Biscayart qui après 120 Battements par Minute, fait une entrée fracassante au firmament du cinéma français ! Albert Dupontel y siège depuis longtemps, mais semble avoir encore gagné en altitude. Il est bien là-haut, tout là-haut !
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : Stadenn prod, Manchester films, Gaumont, France 2 cinéma, Entourage pictures Distribution : Gaumont Réalisation : Albert Dupontel Scénario : Albert Dupontel, d’après le roman de Pierre Lemaître Montage : Christophe Pinel Photo : Vincent Mathias Décors : Pierre Queffelan Musique : Christophe Julien Durée : 117 min
Casting : Albert Dupontel : Albert Maillard Nahuel Perez Biscayart : Edouard Péricourt Laurent Lafitte : Pradelle Niels Arestrup : Marcel Péricourt Emilie Dequenne : Madeleine Péricourt Mélanie Thierry : Pauline Héloïse Balster : Louise André Marcon : Officier gendarme Michel Vuillermoz : Joseph Merlin
A l’heure de décerner des prix, c’est évidemment la subjectivité qui l’emporte. Sur quels critères objectifs peut-on juger qu’un film est meilleur qu’un autre ? La Palme d’Or est évidemment soumise aux mêmes règles et le jury est souverain. Pourtant, nombreux spectateurs sont allés voir The Square en se demandant s’il était possible que ce film soit vraiment meilleur que 120 Battements par Minute. Au final, en qualité pure, ce dernier l’emporte largement. Mais le Festival de Cannes a toujours récompensé une audace formelle et une certaine originalité non consensuelle. Et en ce sens, la récompense est loin d’être imméritée.
The Square à le grand mérite d’être toujours surprenant. Il s’apparente presque à un film à sketchs et chaque séquence réserve son lot d’inattendu. Le tout est parcouru d’un humour pince sans rire et décalé relativement déstabilisant. Malheureusement, la plupart des scènes semblent s’être arrêtées au milieu de l’idée qui les sous-tend. On est surpris, curieux, mais rarement enthousiaste. Certains passages savoureux, comme celui autour d’un préservatif usagé, arrachent un vrai sourire, mais une sorte de froideur toute nordique nous retient de totalement adhérer au délire.
The Square fait partie de ces films dont on ressort sans vraiment savoir si on l’a adoré ou détesté. Si l’oeuvre est audacieuse ou juste intellectuellement prétentieuse. Mais malgré sa longueur, le film n’ennuie jamais le spectateur. La diversité des séquences s’accompagne d’un sens de l’esthétisme particulièrement affûté. Photographie, mise en scène, mais aussi direction d’acteurs sont largement du niveau d’une Palme d’Or. Mais au final, le film échoue à être aussi génial que ce qu’il aurait du être. On ne peut que saluer ses qualités, sans pour autant dépasser le stade de l’admiration raisonnable.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Plattform Production, Essential Films, Parisienne Réalisation : Ruben Östlund Scénario : Ruben Östlund Montage : Ruben Östlund, Jacob Secher Schulsinger Photo : Fredrik Wenzel Décors : Josefin Asberg Distribution : Bac Films Durée : 142 min
Casting : Dominic West : Julian Gijoni Claes Bang : Christian Elisabeth Moss : Anne Terry Notary : Oleg Marina Schiptjenko : Elna Elijandro Edouard : Pojken Daniel Hallberg : le consultant RP
Quand on pense cinéma d’animation, on pense souvent au Japon, avec les animes tirés des mangas, ou bien aux Etats-Unis, avec Disney et Pixar. On pense moins souvent à la France, révélant là la faculté de notre pays à mettre au second plan ses propres réussites pour penser avant tout à ce qui ne va pas. Notre pays n’a pourtant rien à envier aux deux autres dans ce domaine et on se rappelle que certaines productions « internationales » sont en partie réalisées en France (comme les Minions notamment). Un film comme Zombillénium prouve une nouvelle fois la qualité de notre école d’animation.
Adaptation d’une bande-dessinée dont j’ignorais totalement l’existence, Zombillénium constitue un divertissement familial de qualité. Un scénario agréable, rythmé, mêlant humour et action, tout est rassemblé pour passer un bon moment. Il séduit avant tout par sa galerie de personnages légèrement décalés qui emportent rapidement l’affection du public. On ne voit pas le temps passer, même si on ne ressort pas de ce film avec un souvenir impérissable. Ca fait passer un bien bon moment et c’est déjà pas mal.
J’imagine que le style graphique de Zombillénium correspond à celui de l’œuvre d’Arthur de Pins dont il est adapté. Au final, il n’est ni beau, ni laid. Il semble hésiter entre un trait vraiment « dessin » et une image qui soit clairement « de synthèse ». Cela donne un résultat relativement impersonnel et assez passe-partout, qui permet de se concentrer pleinement sur l’histoire, sans pour autant apporter un vrai plus au film. On n’a pas vraiment de quoi se plaindre, mais on reste tout de même en droit de le regretter.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Maybe Movies, 2 minutes, Pipangai Production, Gao Shan Pictures, Dupuis édition & audiovisuel, Gebeka films, Belvision Distribution : Gebeka Films Réalisation : Arthur de Pins, Alexis Ducord Scénario : Arthur de Pins, Alexis Ducord, d’après la BD d’Arthur de Pins Montage : Benjamin Massoubre Photo : Nicolas Vercruyssen Musique : Eric Neveux, Mat Bastard Durée : 78 min
Casting : Emmanuel Curtil : Hector Kelly Marot : Gretchen Alexis Tomassian : Steven Mat Bastard : Sirius Alain Choquet : Francis
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