L’ANNEE DU LION (Deon Meyer) : Le monde d’après

lanneedulionQuand Deon Meyer a écrit l’Année du Lion en 2016, il ne pensait pas décrire l’année 2020. Bon pas tout à fait, mais presque, puisque son roman raconte le destin d’une poignée de survivants après que l’humanité ait été décimée par un… coronavirus, issu d’une chauve-souris. Comme quoi, l’épidémie qui nous frappe cette année n’était peut-être pas si imprévisible que ça. En tout cas, la lecture de ce roman prend en cette période particulière une toute autre portée. Evidemment, nous sommes loin de connaître l’apocalypse décrite dans cette histoire, mais elle nous parle forcément un peu plus fortement désormais.

Si on fait abstraction de tout ça, l’Année du Lion reste un roman inégal, mais globalement très bon. Les premiers chapitres sont en effet particulièrement prometteurs avant que le soufflet ne retombe quelque peu. Heureusement, le récit reprendra peu à peu de l’intensité, jusqu’à un dénouement réussi. Le lecteur n’aura pas eu le temps de décrocher totalement et n’aura jamais lâché le fil qui le relie à l’intrigue. Le roman est très riche en personnages et traite un grand nombre de sujets. C’est de cette richesse que le livre tire tout intérêt.

Le pendant à cette richesse est que le lecteur se perd parfois un peu dans toutes ses considérations. Cela nuit parfois à l’intensité du cœur de l’intrigue. On le perd parfois de vue, d’où le petit décrochage à un moment donné. L’histoire est racontée par plusieurs narrateurs, qui se succèdent souvent au sein d’un même chapitre. Cela donne une touche d’originalité à l’Année du Lion, mais contribue à la légère confusion qui règne parfois dans l’esprit du lecteur. Ce denier ne se plaindra cependant pas de la qualité globale de ce livre qui vaudra le coup d’être lu en 2020, mais pas que !

LES QUATRE (Agatha Christie) : Hercule Poirot 007

lesquatreAgatha Christie est sans doute l’auteur dont j’ai lu le plus de livres. Je pense même que je peux enlever sans risque le « sans doute ». Ses romans ont pourtant un style particulièrement reconnaissable et les intrigues ont souvent beaucoup de points communs entre elles. Pourtant, quand on aime Hercule Poirot ou Miss Marple, on ne se lasse pas de ces histoires de meurtres au sein de la bonne société anglaise. Et le plaisir est d’autant plus grand lorsque l’on attaque une de ces œuvres pour très vite s’apercevoir qu’elle ne correspond pas du tout à ce qu’Agatha Christie nous réserve habituellement. Pourtant, les Quatre met bien en scène le célèbre inspecteur belge.

Les Quatre tient en effet plus du roman d’espionnage que du roman policier. La bibliographie d’Agatha Christie compte quelques ouvrages de ce type, cela ne constitue donc pas en soi une surprise. Par contre, voir Hercule Poirot en être le principal protagoniste est assez inattendu. En écrivant cette critique, j’ai découvert que le roman est en fait un recueil de douze nouvelles qui ont été rassemblées pour former une seule et même histoire. Cela explique le côté quelque peu haché du récit, qui avance par petits à-coups. C’est assez dommage ne pas avoir conservé la structure originelle. Le choix de le faire passer pour un roman classique rend la structure de l’histoire assez peu fluide et crée un peu d’incompréhension quand on ignore cette anecdote.

L’intérêt que l’on peut porter à Les Quatre tient plus de son caractère inattendu que de la qualité du roman en lui même. Cette histoire de complot international, où quatre figures tiennent le destin du monde dans leurs mains, frise la parodie, entre naïveté et caricature. Les rebondissements du récit prêtent plutôt à sourire qu’à faire naître le frisson chez le lecteur. Le dénouement tourne un peu au grand n’importe quoi. N’empêche qu’Agatha Christie parvient tout de même à faire naître autour de son histoire un élan de sympathie qui nous empêche de regretter ces quelques heures (pas très nombreuses, le roman est court) passées à parcourir ses pages. Pour les curieux donc.

LES AVENTURIERS DE LA MER : L’INTEGRALE 3 (Robin Hobb) : A bon port

lesaventuriersdelamer3Dernier volet des Aventuriers de la Mer, « Ship of Destiny » a été édité en français sous la forme de trois romans, ce qui constitue une mauvaise habitude pour les éditions français d’œuvres d’heroic fantasy. Mais passons, car j’ai lu les trois volumes à la suite, retrouvant ainsi l’esprit et la structure de ce roman, tel qu’il a été imaginé par Robin Hobb, avec son début, son milieu et sa fin. C’est bien mieux comme ça et m’a permis d’apprécier pleinement cette conclusion particulièrement réussie. Cela confirme que cette saga, si elle est loin d’être aussi inoubliable que l’Assassin Royal, est allée crescendo.

Les Aventuriers de la Mer répond à un schéma particulièrement classique de ce genre. L’histoire débute alors que les très nombreux personnages se retrouvent dispersés, loin les uns des autres. Et parfois dans une situation relativement difficile. Ils finiront pas se retrouver dans un long final de haute volée. Ceci se fera à travers de nombreux rebondissements, parfois surprenants, qui préserveront totalement le lecteur de l’ennui. Robin Hobb fera même quelques choix osés, notamment un qui peut vraiment prêter à débat. Pas question de spoiler, mais attendez-vous à un moment donné à être assez choqué par ce que vous allez lire.

La plume de Robin Hobb est réellement une des plus agréables du monde de l’heroic fantasy. Elle sait faire naître des univers riches, avec de très nombreux personnages, sans jamais perdre le lecteur. Le récit est clair et, à quelques exceptions près, les protagonistes assez marqués pour que l’on garde toujours clairement à l’esprit qui est qui, quel est son but et ses motivations. Cela semble être la base, mais ces qualités ne sont pas toujours présentes dans les œuvres d’heroic fantasy, y compris dans des œuvres à très grands succès (ne le prends pas mal George!). Au final, les Aventures de la Mer apparaît clairement comme une œuvre annexe dans l’univers créé par Robin Hobb. Mais cela ne retire rien au plaisir que l’on prend à voyager en son sein, sans jamais avoir le mal de mer.

PUREE D’AVOCAT SAUCE CHILI : Savoureux Poulpe

pureedavocatsauchechiliQuoi de mieux pour sortir du confinement qu’un excellent Poulpe. En effet, Purée d’Avocat Sauce Chili est un des meilleurs épisodes de la série qu’il m’ait été donné de lire. Peut-être parce que la série s’ouvre ici à des auteurs étrangers, en la personne de Francisco Gonzales Ledesma, un auteur de polar espagnol. Il a même écrit le livre dans sa langue natale puisqu’il est indiqué un nom de traducteur. Mais rassurez-vous, l’inspecteur aux longs bras continue bien d’exercer ses talents à Paris et ce roman respecte totalement l’esprit de la série.

Le contenu de Purée d’Avocat Sauce Chili n’a rien de révolutionnaire. Un polar auquel se mêle un peu de géopolitique et des acteurs au passé trouble qui se dévoile peu à peu. Par rapport au reste de l série, ce volume se démarque par contre vraiment par la qualité de la narration. Les coups de théâtre et les rebondissements sont nombreux et convaincants. S’il n’est pas plus long que la moyenne, sa trame s’avère beaucoup plus riche que d’habitude. Cela reste un simplement divertissement littéraire et policier, mais vraiment de qualité. L’intrigue tient debout et on la suit de bout en bout, avec une réelle impatience de voir où elle va bien pouvoir nous mener.

Purée d’Avocat Sauce Chili est de plus très bien écrit. Tant mieux car la richesse de la narration n’aurait pu être appréciée si elle avait été porté par un style confus. Pour faire tenir autant d’éléments dans aussi peu de pages, ce dernier va forcément à l’essentiel, même s’il prend tout de même le temps de nous offrir quelques beaux personnages. Je ne sais pas quelle place exacte Francisco Gonzales Ledesma occupe dans l’histoire du polar espagnol, mais en tout cas il donne envie de s’intéresser à ce qui s’écrit de l’autre côté des Pyrénées dans ce style. Le cinéma nous a parfois offert un aperçu. Ne doutons pas que la littérature soit du même niveau.

LE COMPLOT CONTRE L’AMERIQUE (Philip Roth) : Si c’était vrai…

lecomplotcontrelameriqueCertaines œuvres prennent un sens et une dimension supplémentaires quand elles sont lues à une certaine époque avec laquelle elles rentrent en résonance. Par exemple, on lit certainement 1984 différemment aujourd’hui qu’il y a trente ans, quand on imaginait pas nos vies ainsi à la merci de structures pouvant accéder à toute l’information que nous laissons sur nous sur Internet. Lire en 2020 le Complot contre l’Amérique de Philip Roth, écrit en 2002, se révèle une excellente idée. Parce que ce que le romancier avait imaginé pour son pays 60 ans plus tôt s’avère être prophétique de ce qui arrivera à son pays 15 ans plus tard.

Le Complot contre l’Amérique est un dystopie, faussement autobiographique. Il nous raconte l’histoire d’une Amérique qui finit par élire, en 1940, Charles Lindbergh, aux sympathies nazies et antisémites notoires, au lieu d’offrir un troisième mandat à Roosevelt. On peut facilement imaginer que la face de la guerre s’en verra changer et surtout le quotidien des juifs vivants aux Etats-Unis. La figure d’un Président terriblement populiste, jouant constamment avec la vérité en rappelle évidemment un autre. Certes, le récit est surtout tourné vers le quotidien du narrateur, plutôt que sur ce qui se passe précisément à la Maison Blanche, mais, placée dans le contexte actuel, l’œuvre prend incontestablement une dimension supplémentaire.

Le Complot contre l’Amérique n’en demeure pas moins un extraordinaire roman, indépendamment du reste. Passionnant et remarquablement bien écrit, il se dévore avec avidité. Il s’agit d’un immense œuvre profondément politique, tout en nous plongeant dans le quotidien de citoyens ordinaires. Le récit est vivant et riche, tourné vers les péripéties, même si le narrateur, âgé de sept ans nous fait largement partager ses réflexions. Mais jamais elles ne viennent couper le rythme de la narration. Le seul bémol que l’on peut formuler est un dénouement pas vraiment à la hauteur du reste et qui laisse le lecteur quelque peu sur sa faim. C’est dommage, mais pas assez pour ne pas apprécier la grande de ce très fort moment de littérature.

NOS CHEVEUX BLANCHIRONT AVEC NOS YEUX (Thomas Vinau) : Pas un cadeau

noscheveuxblanchirontavecnosyeuxVous l’aurez bien compris si vous êtes un ou une fidèle lecteur/lectrice de ce site, j’aime laisser le hasard mettre sur mon chemin des lectures que je n’aurais pas forcément choisies de moi-même. Parfois pour le meilleur, parfois pour le pire. Pour Nos Cheveux Blanchiront avec nos Yeux, je me méfiais quelque peu. En effet, il s’agissait d’un roman offert quand on achetait deux livres du même éditeur. Je me doutais bien que ce dernier n’aurait pas agi ainsi pour écouler un best-seller unanimement salué par la critique. Effectivement il y a peu de chance que ce roman rentre dans cette catégorie quand on considère que sa plus grande (seule ?) qualité est sa brièveté.

Nos Cheveux Blanchiront avec nos Yeux est difficile à résumer puisqu’il n’y a pas vraiment d’histoire, même si on suit vaguement le parcours du personnage/narrateur. Le livre est en fait plutôt un recueil d’impressions sur le temps ou une mouette qui passe. Un enchaînement de courts paragraphes, entre un tiers et une demi-page petit format, grande police, sur tout un tas de sujets, dont le principal point commun est d’être totalement inintéressants. Évidemment d’un sujet totalement inintéressant, on tire le plus souvent un texte qui l’est tout autant, si ce n’est plus. Tout cela ressemble à un exercice d’atelier d’écriture, fort sympathique au demeurant, mais ne méritant clairement pas d’être publié. En tout cas, ça donne de l’espoir aux écrivains amateurs comme moi. Tout le monde a une chance de l’être un jour.

Si je ne me trouve en aucune façon trop sévère avec Nos Cheveux Blanchiront avec nos Yeux, je le suis peut-être avec son auteur, Thomas Vinau. Il faut savoir qu’il est avant tout un auteur de poésie, ce qui n’étonnera personne en lisant ce roman. En fait, il ne semble pas avoir fait totalement la bascule entre les deux genres littéraires et nous propose une sorte de recueil de poésies en prose, un peu bancal. Je lui reconnais tout de même une qualité d’écriture qui en fait sans doute un poète remarquable. Par contre, pour un être romancier, il faut avoir une histoire à raconter. Elle manque cruellement ici. Heureusement, avec 90 pages seulement, on peut lire ça en moins d’une heure et vite passer à autre chose.

LES CHRONIQUES D’ALVIN LE FAISEUR, TOME 5 : FLAMMES DE VIE (Orson Scott Card) : La fin du tas

flammesdevieUn beau jour de 2009, un de mes voisins déposent devant l’entrée de mon immeuble deux cartons plein de livres. Ils deviendront « les livres du tas », me rappelant une époque et un appartement où par terre était un meuble. J’ai depuis emménagé dans des logements m’autorisant à avoir la quantité adéquate de bibliothèques. Mais cette bonne centaine de livres resteront à jamais associés à ce surnom. Le cinquième des Chroniques d’Alvin le Faiseur, Flammes de Vie, est le dernier que je lirai. Il m’en reste bien encore un autre dans ma bibliothèque, mais je ne le lirai pas en tant que tel (parce qu’il correspond à un demi-tome de l’édition livre de poche d’une autre saga). Bon ça peut paraître anecdotique, mais c’est un petit d’émotion pour moi !

Et sinon ce roman ? Les Chroniques d’Alvin le Faiseur est une saga que j’ai appris à aimer au fur et à mesure, surtout après un premier tome qui m’avait laissé froid. Orson Scott Card revisite l’histoire de l’Amérique du début du 19ème. Une Amérique où la magie et le merveilleux ont fait dévié l’histoire du cours que nous lui connaissons. Clairement, Flammes de Vie n’est pas le meilleur épisode de la saga. L’auteur a voulu y traité deux thèmes intéressants de l’histoire américaine, l’esclavage et les procès pour sorcellerie, mais le fait d’une manière un rien artificielle. Du coup, l’intrigue principale se retrouve quelque peu parasitée et n’avance pas comme on aurait aimé qu’elle le fit.

Mais quand on aime un univers, on aime y traîner, même quand l’histoire ne fait pas des bonds de géants. J’ai donc apprécié de parcourir Flammes de Vie, même quand le récit devient parfois un peu confus. La deuxième moitié est heureusement bien meilleure et on en ressort avec l’envie de lire le sixième volet des Chroniques d’Alvin le Faiseur. En se plaçant comme ça à la frontière entre le roman fantastique et le roman historique, Orson Scott Card donne une vraie personnalité à son œuvre. Pas facile de trouver des romans vraiment originaux dans ce style. Celui-là l’est, alors autant l’apprécier. Et remercier encore une fois mon ancien voisin.

TERMINUS LES ETOILES (Alfred Bester) : Monte-Cristo dans les étoiles

terminuslesetoilesCe n’est pas parce que l’homme a inventé la science-fiction et décidé de raconter des histoires imaginaires dans des futurs éloignés ou dans des galaxies lointaines, très lointaines, qu’il a abandonné les grandes thématiques qui ont toujours donné les meilleurs récits depuis que l’humanité en invente. Je sais, ma phrase d’introduction est un peu longue. Bref, parmi les sentiments qui habitent les personnages de fiction les plus remarquables, le désir de vengeance occupe une belle place. Gully Foyle, le personnage principal de Terminus les Etoiles s’ajoute à la liste. Il prend vie dans une œuvre incontournable d’un des pères de la science-fiction moderne.

Alfred Bester reçu le premier prix Hugo, le prix Nobel de la science-fiction, de l’histoire en 1953 avec un autre roman, L’Homme Démoli. Mais chaque œuvre de cet auteur est un moment d’histoire du genre car il en a écrit relativement peu (une demi-douzaine). Terminus les Etoiles permet de la découvrir à travers une histoire qui rappelle quelque peu celle du Conte de Monte-Cristo. On est vraiment face à de la science-fiction profondément classique… tout simplement parce que ce sont des auteurs comme Alfred Bester qui ont inventé les référence du genre. Par contre, il possède des qualité qui ne sont pas si classiques que cela dans ce type de roman.

La plume d’Alfred Bester est vraiment agréable. Elle donne au récit une grande vivacité, doublé d’une réelle profondeur. Terminus les Etoiles est tout sauf contemplatif mais il creuse assez loin dans la psychologie des son personnage central. Un héros complexe et torturé, qui évolue dans une histoire qui nous offre de nombreux rebondissements, jamais gratuits. Il n’y a pas de superflu ici, les amateurs de longue description n’en n’auront pas pour leur argent. Les autres apprécieront ce joli moment de la littérature de science-fiction. Bref, de la littérature tout court.

PIETR-LE-LETTON (George Simenon) : Débuts hésitants

pietrlelettonMême les plus grands peuvent avoir connu des débuts hésitants. Même un immense auteur comme George Simenon. Son œuvre est marquée par une volonté d’explorer l’envers du décor d’une bourgeoisie bien pensante. C’est un élément que l’on retrouve pratiquement dans tous ses romans et qui leur donne toute leur saveur et tout leur intérêt. Mais cet angle est sûrement né de l’expérience venue avec le temps. Pietr-le-Letton constitue la première enquête du commissaire Maigret et la première histoire que l’auteur signe sous son nom. Il explore d’autres sujets : le grand banditisme international avec un petit fond de géopolitique. Le résultat n’est pas totalement convaincant.

Une blague est rarement drôle quand on est obligé de l’expliquer. L’intrigue de Pietr-le-Letton se trouve un peu dans le même cas. Le lecteur a bien du mal à la suivre et à la comprendre, et surtout de saisir où tout cela va en venir. George Simenon a du le sentir car l’enquête se termine par une longue explication de ce qui s’est réellement passé, de qui était finalement qui et du pourquoi des agissements de chacun. Ca peut rappeler la fin d’un Agatha Christie, mais cela sonne ici plutôt comme un aveu de faiblesse d’un récit mal maîtrisé. Et qui a vrai dire aura assez peu passionné le lecteur auparavant.

Du coup, on ne parvient même que difficilement à apprécier la plume magnifique de George Simenon. Evidemment, Pietr-le-Letton n’est pas mal écrit, loin s’en faut, mais le lecteur se débat trop pour tenter de démêler les fils de l’intrigue, pour prendre le temps d’admirer le style. Comme tous les livres de cet auteur, il s’agit d’un roman assez court et on ne pourra donc pas trop lui en vouloir de nous avoir fait perdre trop de temps avec ces débuts hésitants. Il nous en laisse largement assez pour découvrir et apprécier le reste de son œuvre magnifique.

MINI-ACCRO DU SHOPPING (Sophie Kinsella) : Toujours accro

miniaccrodushoppingIl y a des choses difficile à assumer dans la vie. Il faut un peu de courage pour l’avouer et oublier la peur des conséquences pour son image auprès de ses proches ou de ses collègues. Mais aujourd’hui, j’ai envie de faire cette terrible confession… Oui j’adore les roman de Sophie Kinsella et en particulier la série l’Accro du Shopping. Je sais, c’est moche, mais que voulez-vous, il y a midinette qui vit en moi. Mais même ce goût bizarre et quasi-pathologique pour une homme de 40ans ne m’empêchait pas d’admettre que la série perdait peu à peu de son intérêt. Heureusement, Mini-accro du Shopping relance un peu la machine.

En plein confinement, on a plutôt envie de légèreté et de détente. Le moins que l’on puisse dire est qu’une lecture comme celle de Mini-accro du Shopping ne vous donne pas trop mal à la tête. C’était donc parfait pour cette période passablement étrange. Surtout que cet épisode est nettement plus réussi que les précédents. Peut-être parce qu’à cours d’idées intéressantes « réalistes », Sophie Kinsella a été obligé de se lâcher. Cet épisode tombe parfois dans l’improbable, frôlant même le n’importe quoi. Mais au final, cela fonctionne plutôt bien. Elle parvient à entraîner son lecteur dans les nouvelles aventures de l’inénarrable Becky de la première à la dernière page.

Mini-accro du Shopping n’est peut-être pas aussi drôle que les deux premiers volets de la série, mais on passe tout de même un très bon moment. Quand on est aussi attaché aux personnages que je peux l’être, on ressent évidemment beaucoup de plaisirs à les retrouver. Surtout que la série paraît est ici un peu moins en roue libre. La plume de Sophie Kinsella est aussi légère que les histoires qu’elle raconte. Le roman aurait peut-être pu un tout petit peu plus court, mais ça se dévore tellement facilement, que ce défaut passe presque inaperçu. En tout cas, ce n »est pas cet épisode qui me rendra moins fan de la série.