Puisque tous les chanteurs ayant connu un minimum de succès ont eu droit à leur biopic, il faut bien se tourner vers d’autres catégories d’artistes. Parmi elles, les écrivains constituent un gisement dans lequel il est encore possible de puiser. Et quoi de plus vendeur que raconter l’histoire de l’homme qui aura écrit le roman le plus lu de l’histoire (si on ne considère pas la Bible comme un roman, ce qui peut évidemment se discuter), à savoir J.R.R Tolkien ? Avec ce film, sobrement intitulé Tolkien, on en apprendra plus sur l’histoire de cet homme à la postérité hors du commun. Dommage simplement que le film essaye de manière grossière et maladroite d’établir des ponts entre l’auteur et son œuvre.
L’idée était pourtant séduisante, voire évidente. A quoi bon porter la vie d’un auteur à l’écran si on n’explique pas en quoi elle a influencé son œuvre ? Sauf que dans Tolkien, les liens sont tissés entre des épisodes de l’existence de l’écrivain et le Seigneur des Anneaux… le film !!!! Alors que évidemment, on n’est pas devant le biopic de Peter Jackson. Ce choix malheureux enlève au propos toute crédibilité, sans même parler de profondeur ou d’intérêt. Cela ramène le film au rang de production formatée pour exploiter les pulsions de tous les fans qui se sont sentis obligés d’aller le voir. C’est vraiment dommage car il semble évident que Dome Karukoski avait d’autres ambitions pour son histoire.
C’est dommage aussi parce que par ailleurs, dans la forme, le film se défend. Nicolas Hoult est plutôt convaincant et Lily Collins permet à son personnage d’être bien plus qu’un simple faire-valoir féminin. La réalisation de Dome Karukoski serait plutôt élégante si elle n’était pas ponctuée des parallèles douteux évoqués plus haut. Il en fait parfois trop. Les scènes de guerre sont notamment d’une lourdeur parfois effroyable. Bref, beaucoup de talent ici, mais utilisé à bien mauvais escient. Resteront de ce film les quelques éléments factuels que le fan de Tolkien en retirera. Mais bon, si c’était juste pour cela, un bon documentaire aurait été beaucoup plus judicieux. On peut donc parler d’un biopic raté.
LA NOTE : 08/20
Fiche technique :
Production : Fox Searchlight Pictures, Chernin Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Dome Karukoski
Scénario : David Gleeson, Stephen Beresford
Montage : Harry Ylönen
Photo : Lasse Frank Johannessen
Décors : Grant Montgomery
Musique : Thomas Newman
Durée : 112 min
Casting :
Nicholas Hoult : J.R.R. Tolkien
Lily Collins : Edith
Anthony Boyle : Geoffrey Smith
Patrick Gibson : Robert Gilson
Tom Glynn-Carney : Christopher Wiseman
Derek Jacobi : Pr Wright
Colm Meaney : Père Francis
La boxe et les chevaux ont un point commun. Dans la réalité, je n’en suis pas spécialement adepte (et c’est un euphémisme). Par contre, au cinéma, je dois admettre qu’ils peuvent être à la base de grands films et forcer mon admiration. Une nouvelle preuve avec Nevada, qui nous raconte la relation qui se noue entre un prisonnier et un cheval sauvage. L’histoire d’une rencontre donc, qui intervient entre deux vrais personnages, à la carrure et au charisme étonnants. Une sorte de Belle et la Bête, même si on ne sait pas très bien qui est qui dans l’histoire. En tout cas, cette dernière se montre convaincante et émouvante.
Nevada doit beaucoup au charisme hors du commun de Matthias Schoenaerts qui envahit l’écran de sa présence, même dans un rôle où on lui demande de parler assez peu. Il confirme aussi qu’il est particulièrement à l’aise dans des rôles d’une grande sensibilité, malgré un physique qui le prédisposerait plus à des films d’action. Laure Clermont-Tonnerre fait preuve d’un sens de la mise en scène remarquable, notamment dans les face à face entre l’homme et la bête. Un vrai moment de cinéma, où on comprend à quel point une image n’est pas un produit brut, mais dépend intimement du cadrage choisi ou de l’angle de vue. Sans cette réalisation de très grande qualité, le film n’aurait clairement pas été le même. Et ça aurait été bien dommage !
Il est de bon ton ces derniers temps de gloser sur le manque d’imagination et de renouvellement chez les scénaristes. Surexploitation des franchises, suites à n’en plus finir, remake, reboot, prequel… Bref beaucoup de réchauffé et de recettes éculées et peu de nouveautés à se mettre sous les yeux des gourmets cinématographiques. Mais au milieu de tout ça, il reste quand même quelques bonnes raisons de se réjouir. La saga Toy Story en fait partie. Son quatrième volet, sorti ces dernières semaines, démontre avec brio qu’elle n’est toujours pas arrivée au bout de ce qu’elle peut nous offrir. En réalisation du changement dans la continuité, les studios Pixar nous émerveillent une nouvelle fois.
Toy Story 4 est aussi évidemment un divertissement familial, avec son lot d’aventures, de péripéties et de rebondissements. Le dosage entre action et réflexion autour des personnages est proche de la perfection. Le film nous propose quelques petits moments de bravoure franchement enthousiasmants. L’histoire est soutenue par un souffle épique qui ne laisse pas le spectateur s’ennuyer une seule seconde. Ces deux facettes du film sont réellement en synergie, ce qui lui confère une dimension incomparable par rapport aux autres sagas Pixar, qui sont déjà pour la plupart des nids à petits chefs d’œuvre. Il est tout à fait possible qu’après cette épisode, les producteurs ne résistent pas à la tentation de nous en proposer un cinquième. Bizarrement, on ne s’en plaindra pas.
La Rome antique représente un lieu et une époque très présente dans notre imaginaire collectif. En effet, c’est un peu le berceau de la civilisation occidentale et on voudrait facilement y voir un moment de l’histoire de l’humanité proche de la perfection. Cette image d’Epinal s’efface peu à peu pour laisser place à une vision plus réaliste. Danila Comastri Montanari et son personnage Publius Aurélius y contribuent. Comme toutes les histoires de meurtres, les siennes lèvent le voile sur les pires vicissitudes d’une époque pas si bénie que ça. Parce Sepulto ne représente cependant pas l’épisode le plus réussi de la série.
Prendre un nouveau départ, repartir de zéro, faire table rase du passé pour recommencer sur de nouvelles bases. Voilà qui peut donner envie et permettre de rallumer une flamme que l’on pensait éteinte. Après un troisième volet décevant, la franchise Men In Black semblait être arrivée à son terme définitif. Mais toujours prêts à exploiter la moindre trace de nostalgie, les producteurs ont décidé qu’elle devait renaître de ses cendres, avec de nouveaux acteurs et même une nouvelle localisation, puisque Men In Black : International nous emmène en Europe, entre Londres et Paris. Mais parfois, il vaut mieux rester chez soi.
Le casting parlons en. Il constituait le principal motif d’espoir d’assister à un nouveau départ réellement réjouissant. Chris Hemsworth n’est toujours pas le meilleur acteur du monde, mais dégage toujours cette aura de sympathie assez unique. Mais ici, il ne se donne vraiment pas la peine d’en faire plus que le strict nécessaire. Il est totalement éclipsé par Tessa Thompson qui est la seule à sembler y croire vraiment, mais sans parvenir à vraiment nous enthousiasmer. Quant à Liam Neeson et Emma Thomson, ils s’amusent visiblement, mais semblent chercher un rôle facile et amusant plutôt qu’à nous éblouir et postuler pour un Oscar. On leur pardonne de ne pas en faire plus que le minimum tant le scénario est parfois indigent et d’une totale platitude. On pardonne moins aux producteurs de nous imposer ça.
Certaines personnes s’avèrent particulièrement horripilantes. Non pas parce qu’elles ont beaucoup de talent, ce que l’on pardonne quand même aisément. Mais parce qu’elles ont beaucoup de talents, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Quentin Dupieux fait partie de ces gens-là. Parce qu’en plus d’être Quentin Dupieux, réalisateur, il est aussi connu pour être Mr Oizo, musicien électro qui a connu son heure de gloire au début des années 2000. Au cinéma, il s’est spécialisé dans les OVNI cinématographiques. Mais des OVNI de très grande qualité. Après Réalité et Au Poste !, il revient avec le Daim, un film qui a fait beaucoup parler de lui (en bien !) au dernier Festival de Cannes.
La réussite du film doit beaucoup au couple actrice-acteur qui lui donne vie. Il faut dire que Quentin Dupieux parvient toujours à rassembler des castings de très haut niveau pour des films aussi courts à aussi petit budget. Preuve d’à quel point son talent est reconnu. Jean Dujardin est parfait, en faisant preuve d’une certaine retenue alors que le rôle appelait facilement le cabotinage. Cependant, il est presque éclipsé par une Adèle Haenel d’abord discrète mais qui donne une épaisseur progressive à son personnage, avant de crever l’écran. Ils parviennent tous les deux à rendre totalement crédible leur personnage respectif, ce qui n’était pas gagné d’avance (mais encore une fois, je ne dirai rien). En tout cas, que vous soyez fan ou non des blousons en cuir à franges, n’hésitez pas un seconde à aller voir le Daim.
Certains films reçoivent des avis négatifs de la part des spectateurs, non pas parce qu’ils sont de mauvaise qualité dans l’absolu, mais parce qu’ils créent de la déception en ne se révélant pas être ce qu’ils semblaient être au premier abord. On peut légitimement penser que c’est ce qui se passe avec Zombi Child dont le titre pourrait être celui d’un film d’horreur tout à fait classique. Mais quand on voit que Bertrand Bonello est derrière la caméra, on se doute alors qu’il s’agit d’une œuvre plutôt cérébrale et hors des sentiers battus. Faut-il encore savoir qui est Bertrand Bonello. Et puis, très honnêtement, même en sachant pertinemment ce que l’on va voir, on peut fort bien trouver ce film fort ennuyeux.
Betrand Bonello se montre particulièrement habile avec une caméra et nous offre de très belles images, à l’esthétisme travaillé. Mais comme souvent avec lui, on a quelque peu l’impression qu’il s’en contente et oublie que de belles images n’ont jamais fait un film à elles toutes seules. Cette légère autosatisfaction contemplative se remarquait déjà dans Saint Laurent et se retrouve clairement dans Zombi Child. Cela noie aussi quelque peu la jolie performance d’ensemble du casting adolescent. Le résultat final s’avère donc plus décevant qu’enthousiasmant. On en ressort surtout avec une légère impression de gâchis car tous les éléments se trouvaient rassemblés pour proposer un film d’un tout autre intérêt.
La franchise Avengers vient de connaître un épilogue grandiose qui a fait la une de l’actualité et provoqué des queues sans fin au cinéma. L’autre grand univers cinématographique Marvel, celui des X-Men, connaît quant à lui une plongée progressive vers l’indifférence. Il faut dire que le précédent épisode s’avérait fort mauvais et les spin-offs n’ont vraiment valu le coup que lorsqu’ils se montraient franchement décalés (Logan et Deadpool). Alors ce X-Men : Dark Phoenix ne pouvait que redresser la barre. Mais force est de constater qu’il n’y parvient que de manière très limitée.
X-Men : Dark Phoenix sous-exploite totalement son casting XXL. Les habitués de la franchise, James McAvoy, Michael Fassbender et Jennifer Lawrence nous proposent des performances paresseuses sans émotion. Ils donnent vraiment l’impression d’attendre avec impatience de
Trois artistes que je connais bien de nom, mais sans forcément connaître leur discographie sur le bout des doigts, au programme. On commence par Girls in Hawaii, un groupe belge comme son nom ne l’indique pas, et leur album Nocturne, sorti en 2017. Le quatrième en seize ans de carrière. Un groupe à la musique rare donc. L’album débute par une ouverture tout en douceur qui sonne comme une invitation. On a très envie de se laisser bercer. C’est très bon et maîtrisé, même envoûtant par moment. Mais l’album finit aussi par être plus transparent par moments. Notamment quand les titres se font plus électro (ok, c’est peut-être un goût personnel, j’admets). Cependant, si l’album baisse incontestablement en densité sur la fin, tout le reste de grande qualité jusqu’au bout.
De la Belgique à la Normandie, il n’y a qu’un pas, que l’on franchit avec Orelsan et son album la Fête est Finie. Je n’ai pas écouté beaucoup d’albums de rap en entier depuis le début des années 2000, mais comme j’aime globalement beaucoup l’artiste, je me suis laissé tenter. Je n’ai pas été déçu par les qualités des textes. Il nous livre une série de chansons livrant un regard à la fois nostalgique et désabusé sur la famille, avec comme point d’orge le titre La Famille, la Famille. On notera cependant un flow parfois un peu heurté et des instrumentations de fond parfois vraiment basiques.
On termine avec Eels, des vieux routiers du rock américain. Je me rappelle très bien en 1995, quand le groupe a débuté, on les avait présenté comme les futurs méga stars de la musique. Ils n’ont pas tout à fait suivi ce chemin, mais 24 ans plus tard, il sont toujours là avec l’album The Deconstruction. Ils nous proposent toujours un rock éthéré, parfaitement maîtrisé, mais il faut bien avouer pas toujours transcendant. Le résultat est même parfois quelque peu tristounet. On notera tout de même quelques petits éclairs, comme le titre jazzy et très sympa, You Are the Shining Light, nous rappelant quand même qu’ils ne sont pas toujours là après tant d’années pour rien.
Une Palme d’Or est rarement un film comme les autres. On attend d’elle qu’elle soit suffisamment originale pour déstabiliser le spectateur. Alors on peut s’étonner de voir l’une d’entre elle vendue par les distributeurs comme étant « la Palme d’Or la plus accessible depuis Pulp Fiction ». Cependant, en découvrant le caractère dithyrambique des critiques de Parasite, on pouvait se dire qu’une exceptionnelle qualité compenserait largement le caractère quelque peu conventionnel. C’est donc avec beaucoup d’espoir que je me suis rendu dans une salle obscure pour découvrir ce film. L’espoir d’assister au chef d’œuvre annoncé. Incontestablement, j’aurais assisté à un très bon film.
Parasite méritait-il la Palme d’Or ? Voilà un passionnant débat… que je vais vous épargner. Le jury est souverain et la qualité globale du film mérite bien un prix. Celui-là ou un autre, ça reste à voir. Ce film prouve une nouvelle fois l’incroyable richesse du cinéma coréen, qui nous fait découvrir à chaque nouvelle production de nouveaux interprètes absolument formidables. Il faut dire que ce film offre une galerie de rôles particulièrement savoureuse. La réalisation est quant à elle relativement classique, mais totalement maîtrisée. Ici et ailleurs, il manque peut-être un vrai grain de folie pour faire basculer définitivement ce film dans une toute autre dimension. Mais la dimension où il se situe reste déjà inaccessible au commun des longs métrages.
Commentaires récents