Wes Anderson fait partie de ces très rares réalisateurs possédant une personnalité artistique assez forte pour que l’on reconnaisse son style au premier regard. Un style qui séduit par sa poésie, la folie douce qui anime ses personnages, le tout mis en image avec une maîtrise et une originalité hors du commun. Des films reconnaissables, mais tous différents. L’Ile aux Chiens constitue une nouvelle œuvre qui ne ressemble à aucune autre, même si on est vite tenté de la comparer à Fantastic Mr. Fox, sa précédente incursion dans le monde de l’animation. Mais en tout cas, le talent est toujours aussi éclatant.
L’Ile aux Chiens est d’abord une belle histoire, pleine de poésie, d’aventures, de romance… Une histoire particulièrement romanesque qui montre ce qu’on peut faire d’un film d’animation où les animaux parlent (une petite pensée aux scénaristes de Comme des Bêtes, qui auront pris des notes devant ce film j’espère). Du rythme, des rebondissements et des personnages, humains et animaux, toujours aussi attachants. On est au cœur de tout ce qui a toujours fait le succès de Wes Anderson. Un univers enfantin, mais d’une subtilité et d’une richesse qui séduiront le plus adulte des spectateurs.
L’Ile aux Chiens est cependant comme tous les films de Wes Anderson. On ressent pour eux une profonde affection, une infinie tendresse, un vrai élan du cœur. Mais cela reste un rien platonique. La forme particulièrement soignée, où l’on sent que chaque élément est pensé au millimètre fait de ce film un exercice de style, d’une formidable qualité, mais qui n’arrive pas tout à fait à faire naître l’émotion brute et souvent inexplicable qui fait les réels chefs d’œuvre. Si on peut aimer profondément ce film, on saura toujours exactement pourquoi. Et un amour sans mystère ne sera jamais le plus passionnel qui soit.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : American Empirical Pictures
Distribution : Twentieth Century Fox France
Réalisation : Wes Anderson
Scénario : Wes Anderson, d’après une histoire de Roman Coppola, Jason Schwartzman, Kunichi Nomura
Montage : Andrew Weisblum
Photo : Tristan Oliver
Décors : Paul Harrod, Adam Stockhausen
Musique : Alexandre Desplat
Directeur artistique : Curt Enderle
Durée : 101 min
Casting :
Greta Gerwig : Tracy
Liev Schreiber : Spots
Frances McDormand : interprète
Bryan Cranston : Chief
Scarlett Johansson : Nutmeg

On poursuit avec une valeur sûre : PJ Harvey et son album The Hope Six Demolition Project. La voix démarre sans introduction et on retrouve tout de suite tout ce qu’on aime chez cette artiste. On notera cependant un ton peut-être un peu plus enjoué que d’habitude. Tous les titres sont pleinement maîtrisés, d’une qualité constante. Sa voix est toujours aussi électrisante. Il manque simplement ici un titre vraiment accrocheur. Du coup, c’est beau, mais pas trop non plus. Surtout que l’album s’achève avec quelques titres qui ressemblent quelque peu à du remplissage.
On reste toujours en Grande-Bretagne avec un duo formé par Teddy Thompson et Kelly Jones, qui ont signé un album intitulé Little Windows. Un album dont je ne sais pas exactement quoi penser au final. Il nous livre une jolie série de titres entre pop et folk, voire country, mais toujours sur un ton plutôt sucré. C’est sympa, maîtrisé, mais surtout très gentillet. Ca ne casse pas trois pattes à un canard, mais ça se laisse écouter. En tout cas, la qualité est constante.
Foxtrot est à l’origine de vives polémiques dans son pays d’origine. C’est un film qu’il fallait oser faire et Samuel Maoz a osé. On ne peut qu’être admiratif pour cela. Il se révèle au final décevant, non pas parce qu’il l’est dans l’absolu, mais bien parce qu’on aurait vraiment aimé être entraîné par tant de témérité. Mais on reste uniquement spectateur d’un spectacle qui n’a pas su emporter le public avec lui à cause d’une forme au final plus sophistiquée que provocante. On reste donc un peu au milieu du gué, déçu d’être déçu.
Efficacité est bien le terme qui domine quand on pense à Avengers : Infinity War. Le film n’est pas sans âme, grâce à ses personnages mais sans génie artistique. Certes, il souffre de la sortie récente de Ready Player One qui nous a rappelé quel spectacle fantastique peut nous livrer un génie du cinéma quand il met en scène des batailles épiques. Anthony et Joe Russo sont pourtant loin d’être maladroits derrière la caméra, mais n’est pas Steven Spielberg qui veut. Au final, on suit ce film avec énormément de plaisir, il serait mentir de dire le contraire. On en ressort avec une réelle envie de voir la suite au plus vite (surtout vu la fin…). Mais on en ressort aussi en se disant que notre histoire d’amour avec les héros Marvel se situe désormais plus dans la routine que dans la passion. Parfois, cette dernière renaît, mais parfois ce sentiment constitue un prélude à la rupture.
Le traitement de l’ensemble de ses sujets est réalisé avec finesse, ce qui fait de Mes Provinciales un film intéressant, qui parvient à ne pas nous ennuyer malgré ses 2h15. Clairement, le film aurait gagné en impact avec un bon quart d’heure de moins, mais sa légère et constante lenteur fait aussi partie de son charme. On reste tout de même toujours assez curieux de savoir où l’histoire va nous mener pour y rester, même si on aimerait parfois qu’elle nous y conduise un peu plus vite. Si on ajoute à cela la jolie prestation du jeune Andranic Manet et une réelle esthétique en noir et blanc, on obtient un film assez réussi. Pas aussi inoubliable que le meilleur de Balzac, mais qui comblera les amateurs du genre.
En effet, malgré tout, Comme des Garçons fonctionne plutôt bien et on suit cette histoire avec un grand plaisir et le sourire aux lèvres. La galerie de personnages est vraiment réussie, portée par des comédienne beaucoup plus à l’aise dans jeu d’acteur que dans le jeu avec ballon. Par contre, si Max Boubil incarne clairement le personnage principal, on peut lui reprocher une légère tendance au cabotinage qui ne tire pas le film vers le haut. Il dégage cependant tout de même assez de capital sympathie pour qu’on s’y attache aussi, comme on s’attache en fait globalement à ce film imparfait mais tout de même réussi.
On poursuit avec un autre valeur sûre, le groupe américain Weezer et leur album sobrement intitulé Weezer (The White Album). Il nous propose un rock maîtrisé, solide et parfois réellement emballant. Cela reste cependant très classique, avec rien qui ne dépasse. De joli riffs de guitare viennent ponctuer les titres qui sonnent comme du rock US pur et dur. On retiendra en premier lieu le titre Do You Wanna Get High, le meilleur titre d’un album vraiment impeccable de bout en bout.
On termine avec une découverte, à savoir la chanteuse de jazz américaine Esperanza Spalding et son album Emily’sD+Evolution. Dès les premières secondes, sa voix claire nous interpelle. Elle la pose sur des mélodies parfois dissonantes, pour un résultat loin d’être désagréable, même fascinant parfois. En tout cas, tout cela concourt à créer un réelle univers musical, dans lequel l’artiste fait preuve d’une parfaite maîtrise. Tout les titres ne sont pas parfaits loin de là, mais l’album nous offre une jolie rencontre musicale.
On revient vite dans l’histoire, mais avoir flirté ainsi avec l’ennui apporte un petit bémol qui nous empêche d’être tot
Une des forces de Ready Player One repose dans le nombre phénoménal de morceaux de bravoure cinématographiques qu’il nous offre. Ceci connaîtra un point d’orgue lors d’une des plus formidables scènes de bataille de l’histoire du cinéma. Du cinéma à immense spectacle, filmé avec le talent d’un des plus grands cinéastes. Chaque plan est maîtrisé, jamais l’action n’est confuse, alors qu’elles sont marquées par des déluges pyrotechniques d’une rare ampleur et d’une foule de protagonistes intervenant au même moment.
Mektoub, my Love : Canto Uno est un film au sujet presque anodin, mais qui touchera chacun de nous. Un film sur l’amour, les souffrances, les déceptions, les humiliations familières qu’il fait vivre à chacun de nous. Quiconque a déjà senti son cœur se serrer douloureusement à un moment où il ne faut rien laisser paraître retrouvera toute la force de ces instants à l’écran. Le film est composé de longues scènes d’une banalité ordinaire, mais il nous fait partager les sentiments de son personnage principal avec une telle acuité, qu’elles ressemblent toutes à une épreuve que l’on vit avec la même intensité que lui.
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