La grossesse est un sujet extrêmement classique chez les comédies françaises. Le cinéma hexagonal a même réussi à nous livrer un film intitulé 9 Mois. Alors si les ventres qui s’arrondissent font rire, pourquoi ne pas en proposer non pas un seul, mais deux à la fois. C’est le point de départ de Telle Mère, Telle Fille. Un film qui, vous l’aurez facilement compris, nous raconte l’histoire d’une mère et d’une fille enceintes en même temps. Un point de départ que l’on peut considérer comme un peu léger et qui donne au final un film qui l’est tout autant. Mais la légèreté est souvent loin d’être un défaut.
En fait, Telle Mère, Telle Fille est avant tout un film bordélique. On sent parfois que Noémie Saglio et Agathe Pastorino, les deux scénaristes, ne savent pas trop quoi nous raconter au-delà du fait que la situation est marrante sur le principe. Alors elles meublent comme elles peuvent, sans trop savoir où aller, dans un grand n’importe quoi joyeux. Heureusement, elles ont crée une galerie de personnages assez fournie pour pouvoir multiplier les idées et les situations pour meubler une heure et demi. Mais c’est clair qu’elle pouvait difficilement aller au-delà.
Mais bon, parfois le joyeux bordel est avant tout joyeux. C’est bien le cas de Telle Mère, Telle Fille qui finit tout de même par entraîner le spectateur avec lui. Tout cela grâce à la remarquable énergie et l’enthousiasme entraînant d’un casting qui a l’air de vraiment s’éclater à l’écran. Du coup, il se dégage du film une réelle énergie qui permet de facilement passer outre toutes les faiblesses et tous ces petits défauts qui, au final, contribuerait presque au charme de ce film. Certainement pas la comédie de l’année donc, mais l’occasion de passer un bon moment.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Flamme Film, Gaumont, France 2 Cinéma Distribution : Gaumont Distribution Réalisation : Noémie Saglio Scénario : Noémie Saglio, Agathe Pastorino Montage : Sandro Lavezzi Photo : Pierre Aïm Décors : Samantha Gordowski Musique : Matthieu Chedid, Pierre-Marie Dru Durée : 94 min
Casting : Camille Cottin : Avril Juliette Binoche : Mado Lambert Wilson : Marc Olivia Côte : Cécile Jean-Luc Bideau : Debulac Stéfi Celma : Charlotte Catherine Jacob : Irène Charlie Dupont : Romain Michaël Dichter : Louis
Aussi étonnant que cela puisse paraître, les deux plus grandes Catherine du cinéma français n’avaient jamais été réunies à l’écran. C’est chose faite désormais ! Catherine Deneuve et Catherine Frot sont en effet à l’affiche de Sage Femme. Un titre au jeu de mot subtil, puisqu’il désigne à la fois la profession d’un des deux personnages, mais aussi sa nature profonde. Un titre surtout assez révélateur de la nature profonde du film. Ce dernier est l’archétype du film portrait, même s’il s’agit ici d’un portrait croisé. Un genre très dépendant de la qualité du casting.
Du coup, avec un tel duo, on peut facilement penser que Sage Femme ne peut être que très réussi. Malheureusement, le film est loin d’être dénué de défauts. Déjà, il est nettement trop long. Près de deux heures, alors qu’une heure et demi aurait suffi vu le contenu du récit. Cela tourne légèrement en rond et n’avance jamais en ligne droite. De plus, tout cela même à un dénouement qui laisse un peu le spectateur sur sa faim car il ne permet pas d’aboutir à véritable conclusion, pour ne pas dire une morale, à cette histoire.
Sage Femme compte évidemment également bien des qualités. La première d’entre elle reste son casting. Catherine Deneuve et Catherine Frot se complètent parfaitement et incarnent avec le même immense talent leur personnage. Mais il ne faut pas non plus oublier Olivier Gourmet qui lui aussi tire le film vers le haut. Au final, le film arrive à séduire par l’attachement que l’on ressent pour les protagonistes, aussi différents qu’ils soient. Le spectateur est ému car il partage les émotions des personnages. Ce sont des derniers qui restent à l’esprit à la fin du film et qui permettent surtout de rester sur une bonne impression.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Curiosa films, France 3 Cinéma, Versus production Distribution : Memento films Réalisation : Martin Provost Scénario : Martin Provost Montage : Albertine Lastera Photo : Yves Cape Décors : Thierry François Musique : Grégoire Hetzel Costumes : Bethsabée Dreyfus Durée : 117 min
Casting : Catherine Frot : Claire Catherine Deneuve : Béatrice Olivier Gourmet : Paul Quentin Folmaire : Simon Mylène Demongeot : Rolande Pauline Etienne : Cécile Audrey Dana : la chef de service
Pour jouer un même personnage à plusieurs âges, il existe plusieurs options. Avec les progrès de la technique, il est de plus en plus facile de grimer un même acteur jusqu’à le faire ressembler à un vieillard. On peut aussi choisir différents comédiens d’âges variés, si possible ayant quelques traits en commun. Mais on peut aussi choisir des acteurs n’ayant pas spécialement de ressemblance. Cela peut aussi tout à fait fonctionner. La preuve avec Orpheline qui rassemble joli casting féminin pour interpréter un seul et même personnage aux différentes étapes de sa vie.
Certes, j’ai mis la moitié du film à comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un film choral, mais bien l’histoire d’un seul et même personnage. C’est l’âge, je pense. Certes, j’ai aussi comme excuse que le film est raconté à l’envers, c’est à dire que les différentes étapes du récit de la plus récente pour remonter jusqu’à l’enfance. Un procédé de narration pas si original que ça, mais qui a le mérite d’attiser la curiosité du spectateur. On ne s’ennuie pas devant Orpheline car il propose toujours des questions ouvertes qui ne trouveront réponse qu’en remontant dans la passé.
Orpheline brille avant tout par sa distribution. Si on met de côté le rôle enfantin forcément un peu à part, les trois actrices sont vraiment formidables. Et que dire du casting de seconds rôles qui ferait bien des envieux en tête d’affiche. Ils sont parfaitement mis en valeur par une réalisation d’Arnaud Des Paillères élégante et qui nous plonge vraiment dans l’intimité des personnages. Le film est également très sensuel, avec de nombreuses scènes que l’on qualifiera de légèrement crues. Ce n’est évidemment pas moi que ça dérangera outre mesure, mais le côté récurent de la chose finit par l’assimiler par un tic qui n’apporte plus grand chose à l’histoire. Mais heureusement pas assez pour gâcher ce film imparfait mais qui peut valoir un petit coup d’œil.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Arte, Les Films d’ici, Les Films Hatari Distribution : Le Pacte Réalisation : Arnaud des Pallières Scénario : Christelle Berthevas, Arnaud des Pallières Montage : Emilie Orsini, Arnaud des Pallières, Guillaume Lauras Photo : Yves Cape Format : couleur HD – 35 mm – 2,35:1 – son Dolby numérique Décors : Guillaume Deviercy Durée : 111 min
Casting : Adèle Haenel : Renée, Karine adulte Adèle Exarchopolous : Sandra, Karine jeune Sergi Lopez : Lev Gemma Arterton : Tara Nicolas Duvauchelle : le père de Karine Solène Rigot : Karine à 13 ans Jalil Lespert : Darius Véga Cuzytek : Kiki, Karine enfant Sergi Lopez : Maurice
Quand on est un artiste, on possède forcément des sources d’inspiration. D’illustres prédécesseurs que l’on admire et que l’on cherche forcément à imiter d’une manière ou d’une autre. Il apparaît assez évident que Rosmary Myers compte Wes Anderson dans ses modèles. Mais à trop copier ses illustres prédécesseurs, on risque de ne pas se montrer à la hauteur de la comparaison. Fantastic Birthday n’a pourtant pas à rougir. Même si l’élève est loin d’avoir égalé le maître.
Fantastic Birthday pêche avant tout par une certaine inégalité. Certains passages fonctionnent parfaitement, d’autres moins. Le film, pourtant très court, comporte du coup quelques longueurs. Pour le reste, on retrouve cette poésie décalée et absurde, cette imagination visuelle et le thème du passage à l’âge adulte que l’on attendrait d’un film de Wes Anderson. Et dans une majorité de passages, Rosmary Myers arrive à créer la même magie pour le plus grand bonheur de nos petites mirettes. S’il manque encore un peu de consistance, le même talent pointe chez cette réalisatrice australienne qui signe là un premier film remarqué.
La réussite de Fantastic Birthday tient aussi à la prestation remarquable et remarquée de la jeune Bethany Whitmore qui de son côté fait preuve d’un talent constant. Elle apporte vraiment un réjouissant supplément d’âme et de charme au film. Là aussi beaucoup de promesses pour l’avenir. Au final, s’il est trop tôt pour savoir si Rosmary Myers sera la nouvelle Wes Anderson, on est déjà heureux de savoir qu’elle peut être Rosmary Myers. Ce qui constitue déjà une bonne raison d’aller voir ce film.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Soft Tread Enterprises, Windmill theatre Distribution : UFO Distribution Réalisation : Rosemary Myers Scénario : Matthew Whittet, d’après sa pièce de théâtre Montage : Karryn de Cinque Photo : Andrew Commis Décors : Jonathon Oxlade Son : Luke Smiles Musique : Jemma Burns, Harry Covill Directeur artistique : Jonathon Oxlade Durée : 80 min
Casting : Bethany Whitmore : Greta Harrison Feldman : Elliott Tilda Cobham-Hervey : Huldra Imogen Archer : Genevieve Eamon Farren : Adam, Benoit Tremet Amber McMahon : Janet, La femme de glace Matthew Whittet : Conrad, l’homme abject
Un avis rempli de découvertes, dont aucun n’est emballante malheureusement. On commence par The Aparments, un groupe australien qui sévit depuis 1985, mais dont je n’avais jamais entendu parler. Encore moins donc de leur dernier album en date, sorti en 2015, intitulé No Song, No Spell, No Madrigal. Ce groupe se caractérise par un style où la voix n’est pas tout à fait en rythme avec la musique. Le problème est ce que cette voix ne présente aucun intérêt particulier. Elle prend un ton un peu crooner quelque fois, mais en gardant une voix aiguë. Heureusement que quelques titres sont chantés en duo. Au final, ce n’est même pas vraiment mauvais, juste monotone et parfois même lancinant.
On poursuit avec la pop maîtrisé et fraîche de The Leisure Society, un groupe anglais, et leur album the Fine Art of Hanging On. Bon le problème avec la pop anglaise, c’est que le créneau est largement encombré. Le résultat est ici trop transparent pour sortir vraiment du lot du coup. Ce n’est pas mauvais non plus, mais le style manque franchement de punch. Le résultat est donc au final un rien monotone. Trop pour être remarqué en tout cas.
On termine par le groupe Wire et leur album éponyme. Un autre groupe anglais au style déjà plus original. Un rock avec à la fois de grosses guitares, mais aussi parfois des sonorités électro. Le résultat est maîtrisé avec une ligne mélodique toujours assez claire. Malheureusement, cela reste parfois un peu lancinant, pas désagréable, mais trop formaté. On retiendra tout de même un titre : Joust & Jostle.
Que les acteurs comiques fassent d’excellents acteurs dramatiques est un fait largement établi. On pourrait facilement multiplier les exemples, même si celui de Coluche dans Tchao Pantin, récompensé par un César, est le plus souvent cité. Ramzy Bédia est loin de me faire toujours rire, surtout quand il sévit avec son compère Eric Judor. Mais pourtant, je ne suis en rien surpris qu’il soit arrivé à m’émouvoir dans Une Vie Ailleurs dans un rôle que certains qualifieraient de « sérieux ».
Ramzy Bédia porte vraiment le film sur ses épaules et nous ferait presque oublier les quelques faiblesses du scénario. Presque mais pas tout à fait. Personnellement, je n’ai pas pu croire totalement cette histoire, en particulier certaines réactions du personnage interprété, avec beaucoup de talent néanmoins, par Isabelle Carré. Cependant, la narration parvient à créer assez de tension pour que l’on ne s’ennuie pas devant Une Vie Ailleurs. On reste constamment curieux de connaître quel sera le dénouement.
Olivier Peyron nous livre un film particulièrement élégant. Une réalisation qui met parfaitement en valeur les comédiens, mais aussi les décors. Une Vie Ailleurs propose aussi un voyage, au-delà du simple récit. Cela insuffle un supplément de qualité dans ce film qui reste imparfait mais n’en demeure pas moins agréable. On retiendra avant tout la performance à contre-emploi de Ramzy Bédia mais ce film vaut quand même un peu plus que ça.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Réalisation : Olivier Peyon Scénario : Olivier Peyon et Cécilia Rouaud Producteur : Bertrand Faivre Coproducteur : Alexander Akoka et Philippe Akoka Producteur associé : Agustina Chiarino et Fernando Epstein Photographie : Alexis Kavyrchine Musique : Nicolas Kuhn Chef monteuse : Tina Baz Monteur son : Dominique Vieillard Costumière : Adriana Levin et Bethsabée Dreyfus Maquilleuse : Stéphanie Selva Directeur de production : Jean-Christophe Colson Durée : 96 minutes
Casting : Isabelle Carré : Sylvie, la mère de Felipe Ramzy Bédia : Mehdi Maria Dupláa : Maria, la tante paternelle de Felipe Dylan Cortes : Felipe Virginia Méndez : Norma, la mère de Maria Lucas Barreiro : Hector Olivier Ruidavet : le consul français Flavio Quintana : Luis Gabriela Freire : Florencia, la nouvelle réceptionniste de l’hôtel à Montevideo
Pour attirer le spectateur dans une salle obscure, la bande-annonce peut donner une image plus ou moins réaliste et complète du contenu réel du film. Elle peut mettre en avant à l’excès un des aspects les plus « vendeurs » ou au contraire éluder certains sujets qui occupent pourtant une place importante. Lorsque le spectateur est confronté à ce décalage, il peut réagir négativement en ayant l’impression d’être trompé, ou bien être heureux de la surprise, car il est très énervant de voir une bande-annonce qui vous raconte tout le film avant de l’avoir vu. Je me situe clairement dans cette deuxième catégorie. 1:54 aurait du donc me séduire par un sujet central qui n’est pas du tout celui que laissait présager la bande-annonce. Malheureusement le traitement du sujet est trop défaillant pour que le film constitue globalement une bonne surprise.
1:54 est en fait un film sur l’homosexualité telle qu’elle peut être vécue par des adolescents. Le sujet est ici traité avec beaucoup de dramaturgie. Trop sans doute. Certes, le film n’élude pas les aspects les plus douloureux, notamment le suicide, mais traiter un sujet délicat demande un minimum de subtilité. Or le scénario en manque cruellement. Il est soutenu par des ficelles trop grosses pour que l’émotion soit vraiment au rendez-vous. Le propos reste par beaucoup d’aspects extrêmement manichéens, notamment à travers la figure du « méchant » qui est vraiment très méchant, alors qu’il n’est au fond qu’un petit con d’ado, pas un dictateur sanguinaire.
Reste l’aspect rivalité sportive, la seule vraiment mis en avant par la bande-annonce. Il représente bien une partie importante de l’intrigue, mais sans pour autant être à même de déchaîner les passions. Les scènes de course sont de plus particulièrement mal filmées. Donc rien de bien enthousiasmant et qui justifierait de se déplacer jusque dans une salle obscure. Sans même parler du prix exorbitant à payer si vous n’avez pas une carte d’abonnement. Au final, à moins d’être un fan absolu de l’accent québecois, qui vaut à ce film un sous-titrage, il n’y pas beaucoup de raison d’aller voir 1:54.
LA NOTE : 08/20
Fiche technique : Réalisation : Yan England Scénario : Yan England Producteur : Denise Robert et Diane England Durée : 106 minutes
Casting : Antoine Olivier Pilon : Tim Sophie Nélisse : Jennifer Lou-Pascal Tremblay : Jeff David Boutin : Pierre Patrice Godin : M. Sullivan Robert Naylor : Francis
Je suis un petit être sensible. Je pleure quand un film est triste, je me cache les yeux quand il se veut effrayant. Je détourne parfois également le regard quand le sang coule de manière trop réaliste. Je n’aime pas ça dans la vraie vie et guère plus à l’écran. C’est donc avec une certaine imprudence que j’ai été voir Grave. Certes, je savais qu’il s’agissait d’anthropophagie, mais je ne m’attendais tout de même pas à ça. Rarement, voire jamais, un film m’aura inspiré un seul et même mot : répugnant.
Grave n’est pas un film gore. Il n’y a aucun excès d’hémoglobine, pas de gros plans sur des flots de sang coulant à l’excès ou jaillissant de manière spectaculaire. Ici, on n’est pas dans le grand-guignol, mais dans une représentation froidement réaliste des événements. Une froideur que l’on peut qualifier de clinique, surtout quand on sait que le décor de cette histoire est une école vétérinaire. Tout cela donne un spectacle incroyablement dérangeant, flirtant parfois avec l’insoutenable. Mais aussi un spectacle, il faut bien l’avouer, parfois totalement fascinant.
Grave repousse les limites, mais de manière assez gratuite. Ne cherchez pas ici de grande réflexion philosophique ou l’étude d’un quelconque sujet de société. Mais il n’est pas plus gratuit que le premier film de vampire venue. Sauf que le film abandonne toute forme d’hypocrisie, abattant tous les codes qui rendent les horreurs que l’on se raconte depuis toujours au coin du feu pour se faire peur supportable. On peut donc détester ce film, le trouvant juste abject. Mais l’incroyable malaise qu’il est susceptible de provoquer en fait un film unique et audacieux. Une audace répugnante, mais une véritable audace. Et l’audace est trop rare au cinéma pour ne pas être saluée.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Petit film Réalisation : Julia Ducournau Scénario : Julia Ducournau Montage : Jean-Christophe Bouzy Photo : Ruben Impens Décors : Laurie Colson Distribution : Wild bunch Musique : Jim Williams Durée : 98 min
Casting : Ella Rumpf : Alexia Garance Marillier : Justine Laurent Lucas : Le père Joana Preiss : La mère Rabah Naït Oufella : Adrien Bouli Lanners : Le routier Marion Vernoux : L infirmière
Je n’ai pas toujours aimé les films de James Gray. Mais je reconnais sans retenue qu’ils sont tous beaux, bénéficiant d’une mise en scène totalement maîtrisée et particulièrement esthétique. Par contre, les scénarios ne m’ont pas toujours totalement convaincus et m’ont parfois légèrement ennuyé. Heureusement, The Lost City of Z fait partie des longs métrages totalement réussis, sans doute son meilleur avec La Nuit Nous Appartient. C’est d’autant plus remarquable, qu’il quitte son terrain de prédilection, la faune urbaine des quartiers les moins huppés, pour la jungle d’Amérique du Sud.
The Lost City of Z reste tout de même plus proche de l’univers habituel de James Gray que ce qu’il semble à première vue. En effet, le film traite avant tout des ressorts les plus profonds de l’âme humaine, de ce que la détermination et la poursuite d’un rêve poussent à faire au-delà de ce qui apparaît comme raisonnable. Même si le décor a changé, les thèmes restent donc les mêmes. Mais ce mélange de nouveauté et d’un sujet parfaitement maîtrisé donnent un résultat particulièrement convaincant et parfois même fascinant.
The Lost City of Z est un film inclassable. Il reprend beaucoup d’éléments des grands films d’aventures d’autrefois, mais la réflexion quasi philosophique qu’il porte en fait bien plus qu’un divertissement qui ne chercherait qu’à nous en mettre plein les yeux. Le rythme ne correspond d’ailleurs pas du tout à un tel film. Mais il n’est en rien un film contemplatif, bien qu’il prenne le temps de développer un propos introspectif. C’est bien l’équilibre relativement inédit entre ces deux aspects qui donne à ce film sa personnalité. Et qui en fait surtout une belle réussite.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Keep Your Head, MICA Entertainment, MadRiver Pictures, Plan B Entertainment, Sierra / Affinity Distribution : StudioCanal Réalisation : James Gray Scénario : James Gray, d’après la biographie de David Grann Montage : John Axelrad, Lee Haugen Photo : Darius Khondji Décors : Jean-Vincent Puzos Musique : Christopher Spelman Costumes : Sonia Grande Durée : 141 min
Casting : Charlie Hunnam : Col. Percival Fawcett Robert Pattinson : Henry Costin Sienna Miller : Nina Fawcett Tom Holland : Jack Fawcett Harry Melling : William Barclay Franco Nero : Baron de Gondoriz Angus Macfadyen : James Murray Aleksandar Jovanovic : Urquhart
Le twist est une danse qui fait bouger les hanches en rythme. C’est aussi un horrible anglicisme qui désigne un retournement de situation, une expression tout de même un peu longue à prononcer. Il constitue souvent la cerise qui donne tout son goût à un gâteau cinématographique. S’il fonctionne, c’est tout le scénario qui fonctionne car il aura transporté jusqu’au bout le spectateur sans que ce dernier ne puisse faire autre chose que se laisser faire sans résistance. Miss Sloane propose un tel twist et m’a offert une jolie ballade vers un dénouement que je n’ai pas vu venir.
Miss Sloane est un film typiquement hollywoodien, mais dans ce que Hollywood nous offre de meilleur. Avant tout, et vous l’aurez compris, un scénario parfaitement mené du début à la fin. Une intrigue qui peut facilement s’assimiler à un film de procès, le genre peut-être le mieux maîtrisé de l’autre côté de l’Atlantique. Tout cela ne présente aucune originalité révolutionnaire, mais échappe totalement à l’impression de déjà-vu. Et puis, tout est assez rythmé et filmé avec une efficacité à toute épreuve pour que le spectacle soit plus que plaisant.
Miss Sloane bénéficie en plus de la présence de Jessica Chastain. Elle s’affirme définitivement comme une immense star qui peut assurer à elle seule une grande partie de la réussite d’un film. Sa présence, son charisme, tout simplement son talent irradient à l’écran. Elle rend crédible cette dénonciation du rôle du poids des lobbies qui porte pourtant des gros sabots. Mais certaines personnes gardent la classe et l’élégance quelque soit ce qu’ils portent. Ce film prouve qu’une Jessica Chastain en sabots vaut mieux que beaucoup d’autres actrices en Louboutin.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Transfilm, Archery Pictures, Canal +, FilmNation Entertainment, France 2 Cinéma Distribution : EuropaCorp Réalisation : John Madden Scénario : Jonathan Perera Montage : Alexander Berner Photo : Sebastian Blenkov Décors : Matthew Davies Musique : Max Richter Costumes : Georgina Yarhi Directeur artistique : Mark Steel Durée : 132 min
Casting : Jessica Chastain : Elizabeth Sloane Gugu Mbatha-Raw : Esme Manucharian Michael Stuhlbarg : Pat Connors John Lithgow : Senateur Ron M. Pearling Mark String : Rodolfo Schmidt Alison Pill : Jane Molloy Douglas Smith : Alex Sam Waterston : George Dupont Dylan Baker : le présentateur TV
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