J’aurais du donc attendre 35 ans avant d’écouter enfin un album de Leonard Cohen. On se demande bien ce que j’ai pu écouter pendant toutes ces années, tant cet homme est un monument de la musique. En 2011, il nous a livré son 12ème album, Old Ideas, 44 ans après le premier. Un album qui nous plonge dès les premières secondes dans sa voix profonde et murmurée, qui nous immédiatement aux tripes. Les instrumentations sont minimalistes, mais quel régal d’entendre cette voix qui chante à peine, mais n’est jamais monotone ! Parmi tous les petit bijoux que contient cet album, je retiendrai « Show Me the Place », mais rien n’est à jeter !
J’enchaîne avec une légère déception. Je connaissais les principaux single tirés de Born to Die, l’album qui nous a fait découvrir Lana Del Rey, mais pas le reste de son œuvre. Là aussi, on est immédiatement pris par la voix, mais c’est par contre beaucoup plus monotone. Elle fait toujours preuve d’une grande maîtrise, mais du coup tout cela reste souvent assez froid. Quelques titres sont même carrément gonflants. Au final, on retient surtout les titres que l’on connaissait déjà, au premier rang desquels Blues Jeans qui est lui un petit chef d’œuvre.
On termine avec Lost for Love de Slow Joe & The Ginger Accident. J’ai téléchargé « par erreur » cet album sorti en 2014 lorsque j’ai téléchargé Sunny Side Up, dont je vous ai parlé il y a quelques jours. Grand bien m’a pris, car cet album est encore meilleur. Il prend des accents jazzy, toujours maîtrisés et convaincants. Il se dégage de chaque morceau une vraie énergie, une vraie conviction. Du coup, l’album n’est jamais monotone, malgré des instrumentations assez simples. Et je retiens en particulier Cover Me Over, un très beau duo avec Yael Naïm.

Au-delà, force est de constater que The Voices s’appuie sur une intrigue comportant bien des faiblesses. Du coup, le film est amusant, mais pas passionnant, faute d’une vraie tension narrative. On est loin de la richesse de Perspolis qui mêlaient humour, péripéties, réflexion et imagination visuelle. Là, seul le premier et le dernier éléments constituent deux réels points forts de ce film. Il est au final sympathique et distrayant, mais il est difficile ne pas admettre qu’on attend mieux de Marjane Satrapi.
Il y avait donc de quoi faire de Dear White People un très grand film. Malheureusement, la réalisation manque de ce que je sais quoi pour le faire totalement décoller. Un léger manque de rythme, de punch et de mordant dans l’humour. Pas grand chose, mais suffisamment pour nous laisser avec une légère sensation de frustration. Cela n’enlève rien au mérite de ce film qui est passé bien trop inaperçu !

Shaun le Mouton est une vraie réussite parce qu’il est très drôle. C’est tout de même la première qualité que l’on demande à un tel film. Il n’y a pas de temps morts, les éclats de rire fusent pendant un peu moins d’une heure et demi. Les surprises sont nombreuses et les gags se renouvellent constamment. On ne peut que tomber amoureux de ces moutons facétieux et maladroits, mais surtout terriblement attachants. Allez, si je devais émettre une toute petite réserve, elle porterait sur le personnage du fermier pour lequel je n’ai pas ressenti de sympathie particulière et qui est largement éclipsé par ceux dont il a la charge.
On peut cependant être rassuré sur le talent prometteur d’Alix Delaporte. En effet, elle nous propose dans Le Dernier Coup de Marteau quelques très beaux moments de cinéma. Des plans qui ont ce je ne sais quoi de génie et de poésie pour vraiment capter un sentiment, une émotion et nous la faire partager juste par l’image. Voilà un talent qui ne s’invente pas et qui pourra être réutilisé au plus vite espérons-le sur des scénarios plus aboutis. Le résultat pourrait être alors aussi convaincant que bouleversant.
Tim Burton est également quelque peu maladroit dans sa direction d’acteur. Si Amy Adams reste toujours très juste dans son interprétation, Chistoph Walz semble parfois le cul entre deux chaises, ne sachant pas s’il peut totalement se lâcher ou s’il doit donner de la crédibilité à son personnage. Son personnage est au final un peu bancal, surtout si on relève les quelques faiblesses du scénario. Cependant, ce dernier reste le point fort de ce film. Une histoire édifiante, qui en dit long sur l’aspect totalement artificiel des modes et des emballements médiatiques. Une histoire tellement grosse qu’elle ne peut être que vraie !
On enchaîne avec Horrors, un autre groupe britannique, et leur album Skying. Un nous propose un rock un peu évaporé, avec un effet « loin du micro » qui a une fâcheuse tendance à m’énerver. Leur musique est parfois parcourue par quelques sonorités électros. L’ambiance est sombre, la musique quelque peu lancinante… pour ne pas dire chiante donc. Certains titres sont plus franchement rock, sans que cela ne change grand chose au résultat.
On termine par Night Visitor de la chanteuse suédoise Anne Ternheim. Sa musique et sa voix font immédiatement penser à Suzanne Véga. Mais une Suzanne Véga sous Prozac, alors que cette dernière n’est déjà pas non plus la plus « à fond la déconne » qui soit. Le résultat est doux et mélodieux, mais encore une fois un peu chiant sur les bords. Quelques titres néanmoins du lot, notamment les quelques duos que comptent l’album. Mais globalement ont est là devant une musique folk sympa, mais qui manque d’épaisseur et de tonus.
A contrario, Paul Thomas Anderson reste un cinéaste possédant un sens de l’esthétique assez hors du commun. Il fait étalage de ce talent fou à chacun de ses plans. Certains trouveront que cela prend du coup un aspect quelque peu artificiel, faisant ressembler Inherent Vice à un exercice de style un peu vain. Personnellement, je trouve surtout que cela contribue à créer une ambiance assez unique qui nous permet quand même malgré tout de rentrer dans cette histoire. Cette intrigue à tiroirs aurait d’ailleurs pu être un point fort de ce film si elle avait été déroulée avec plus de dynamisme. Au final, ce film est donc un bel objet cinématographique, mais dont l’utilité reste tout de même limité.
Liam Neeson et Ed Harris n’ont pas trop à forcer leur talent pour se montrer convaincants. Deux rôles qui ressemblent à beaucoup d’autres dans leur carrière. Cependant, quand on est un grand acteur, on ne confond pas habitude et routine. Ils mettent assez de conviction dans leur interprétation pour rendre crédibles des personnages qui ne le sont pas forcément dans l’absolu. On n’en dira pas autant d’un Joel Kinnaman, bien transparent. Comme quoi c’est souvent encore dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes.
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